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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 06:33
160 - Le retour d'Anatole

 

Le retour d’Anatole

 

                 Souvenez vous. La dernière fois (Il y a trois semaines) je vous ai parlé du trépas et comment Anatole, quittant cette vallée de larmes, avait joué un rôle non négligeable bien qu’involontaire dans la vie d’une âme sensible. Il lui avait fait découvrir à son insu les grandes énigmes de la vie.

                 Mais peut-être êtes vous un grand lecteur, un drogué de la littérature ou plus simplement quelqu’un qui à un certain âge s’est réfugié dans les rêves des autres pour supporter la banalité de son quotidien. Dans ce cas, sans doute avez-vous lu Conan Doyle et son Sherlock Holmes. Ces histoires ingénieuses et bien ficelées, propres à distraire un esprit maussade reposaient sur les recettes bien éprouvées du roman feuilleton. Et surtout sur le rebondissement propre à réveiller l’intérêt. Ainsi le héros laissé pour mort pouvait ressurgir à seule fin de se venger du traître ou de l’assassin. C’est ainsi qu’après avoir mis fin aux aventures dudit Sherlock Holmes, parce qu’il était las d’écrire à son sujet, Conan Doyle l’avait ramené sur le devant de la scène, après un temps convenable, sollicité par ses lecteurs en état de manque. Non ! Le héros n’était pas mort englouti dans un gouffre abominable et tourbillonnant dans les gorges du massif Suisse de la Rosenlaui tout près de Grindelwald.

                 Tendant ses membres tétanisés, bandant ses muscles et sa volonté farouche, accrochant ses doigts crispés à quelques touffes d’herbe, il avait réussi à remonter la pente fatale tandis que son ennemi juré basculait dans le vide. Ce qui n’est que justice !

                 Mais je ne suis pas là pour distraire un vain lecteur avec les rebondissements d’un roman populaire. Mais pour vous éclairer sur les dessous de ce qui fait notre quotidien.

                 Ainsi Anatole après un léger évanouissement dû sans doute à une baisse de tension s’était mis à flotter, mort en apparence. Mais son taux de glycémie enfin rétabli il avait repris du poil de la bête. A tel point que personne dans les environs n’avait fait cas de l’incident.

                 Tel le malheureux victime d’un arrêt cardiaque que l’on remet sur pied avec quelques massages et peut-être une réanimation plus technique nécessitant l’intervention du Samu, Anatole avait récupéré et pouvait s’élancer vers de nouvelles aventures.

                 Parmi ses compagnons d’aquarium, de toutes formes et de toutes couleurs, l’un d’eux attirait l’attention. Grand, un peu maigre, le crâne rasé de près il se tenait hiératique derrière un rocher. Intrigué Anatole lui tournait autour. Sans succès. Car l’autre était indifférent au monde. D’ailleurs on avait enquêté à son sujet et l’on avait appris qu’il se disait membre d’une Association (à but non lucratif) de type loi de 1901…Mais qu’il vérifiait en ce moment quelques informations métaphysiques qu’il avait trouvées dans des livres d’origine asiatique. En bref il se présentait comme un grand méditant.

                 Anatole d’abord surpris et déboussolé avait fini par trouver de l’intérêt à la démarche. Après tout c’est un peu lassant de tourner en rond en agitant la queue pour chercher sa nourriture sans même  avoir à lutter contre ses semblables. Ca manque un peu de stress ! La lutte pour la survie est sans nul doute le sel de l’existence. Au moins on a un but ! Au moins on a une mission à accomplir ! Survivre coûte que coûte ! Sauver sa peau ! C’est plus exaltant que de calculer ses points de retraite.

                 Ici tout était prévu et à portée de main. Et comme dans les époques de décadence on pouvait sombrer dans l’oisiveté qui est la mère de tous les vices. Des plus ordinaires aux plus pernicieux que sont l’attrait pour la dissolution dans un ennui existentiel et son cortège de tentations suicidaires. Mais se jeter à l’eau n’était pas la solution et le gaz n’était pas installé. Quand aux barbituriques il n’y fallait pas songer dans ce milieu clos et mal approvisionné.

                 Dieu merci Anatole avait trouvé une nouvelle motivation à son existence. Sans aller jusqu’aux excès des grands mystiques qui sont quand même des excès quel que soit leur héroïsme, il avait trouvé sa voie du juste milieu.

                 Après quelques assouplissements et une préparation psychologique adéquate il pouvait s’installer en demi lotus sur un tapis de petites algues. Les nageoires détendues, le souffle apaisé il pouvait laisser passer ses pensées les plus saugrenues et même les moins avouables sans y prêter attention outre mesure. Au sein des eaux profondes il pouvait enfin se laisser couler dans son intériorité.

                 Et si quelque gamin effronté venait le taquiner, il considérait que c’était de bonne guerre : Une mise à l’épreuve ne peut qu’aiguiser une âme à la détermination farouche.

                 Sa pratique dura longtemps. Longtemps il reposa aux limites de l’introspection.

                 Et puis un jour…

                 Mais rendons grâce à Conan Doyle qui nous a averti du danger. Si vous souhaitez conserver un lecteur il faut savoir s’arrêter à temps, quand l’attente à son paroxysme va l’empêcher de dormir, de se nourrir et d’assumer son devoir normal de citoyen.

                 Allons, je ne vais pas vous sous-estimer et j’espère que vous ne m’en voudrez pas si d’aventure il n’y a pas cette fois ci de suite…Ni de happy end !

 

                                                       Le Chesnay le 1 octobre 2013              

                                                         Copyright Christian Lepère

                

 

160 - Le retour d'Anatole
"Les doux zinzins" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

"Les doux zinzins" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

Les plaisanteries les plus courtes

étant les meilleures

nous pourrons

enfin

passer

à autre chose !

 

 

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 06:24
"Automne" - gravure à l'eau forte imprimée sur Arches, format demi-raisin - 1978

"Automne" - gravure à l'eau forte imprimée sur Arches, format demi-raisin - 1978

 

La semaine dernière

Je vous ai promis une surprise…

Il faudra l’attendre.

Le souvenir s’impose à moi et je vais donc me soumettre.

Voici donc :

 

 

Michèle

 

          Il y a un an que mon épouse m’a quitté. Sans doute lasse de se heurter toujours aux mêmes limites, hantée par un déraisonnable besoin d’absolu, elle n’a rien fait pour se raccrocher. Rien fait pour faire durer. Pour elle son histoire semblait se transformer en impasse.

          Le besoin d’aller voir plus loin la hantait de longue date et la sagesse lui proposait  d’accepter sans résister. C’est ainsi qu’elle a plié bagage sans vraiment protester.

          Au dehors le temps était de saison. Le monde suivait son cours et me laissa régler toutes les formalités inévitables. Les obsèques et la succession.

          Par chance notre fils était présent et des amis proches nous ont honorés de leur présence et de leur soutien. C’est vrai que ne pas être seul facilite l’acceptation de l’inévitable.

          Depuis j’assume une solitude bien entourée et je peux assurer que je vais bien. Mais mon âme est triste.

          Perdre sa complice après quarante deux années de vie commune n’est pas chose aisée surtout si l’on a partagé les mêmes recherches de l’ailleurs et du caché profond.

          Enfin c’est plus facile si l’on a l’intime conviction que la vie n’est pas absurde et qu’elle fait sens derrière ses apparentes incohérences. Surtout si l’épisode qui se termine n’est qu’un moment dans un cheminement de plus longue durée.

          Mais quand même, perdre son âme sœur…

          Je sens bien que mes propos peuvent vous plonger dans des pensées grises et des sentiments de peine. Je n’insisterai donc pas. La vie continue. Elle suit son chemin sans se soucier de nos préférences et c’est sans doute très bien ainsi.

 

                                              -----------------------------

 

"Les rivages du zen" - gravure à l'eau-forte imprimée sur demi-Jésus - 1990

"Les rivages du zen" - gravure à l'eau-forte imprimée sur demi-Jésus - 1990

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 Après cet hommage rendu au passé  encore présent occupons nous donc maintenant d’une autre personne qui pourrait être notre sœur ou notre fille ou simplement une amie. Ou la voisine de palier. Voici donc son destin, c’est tout cru qu’il vous est livré.

 

                                           --------------------------------------------

 

Eglantine ou la vie facile

(Et sans relâche on positive !)

 

              Ce matin là…

              Ce matin là elle s’était levée du pied droit. A moins que ce ne soit du gauche... C’est d’ailleurs sans importance puisqu’elle ne  s’en souvenait plus. Et qu’il n’est pas bon d’être superstitieux. Car c’est bien connu ça porte malheur ! Donc ce n’était pas un vendredi treize et sortant de son immeuble elle n’avait pas été contrainte à passer sous une échelle pour éviter un chat noir.

              Tout allait pour le mieux. Après un délicieux petit déjeuner : thé à la bergamote, tartines finement enduites de beurre bio, allégé en matières grasses mais finement enrichi des fines saveurs du sel de Guérande pour la subtilité du goût. Ensuite confiture de myrtilles sauvages récoltées à la main dans les sous bois de conifères du massif Alpin par des saisonniers venus tout exprès d’Europe centrale.

              Enfin la journée se préparait sous d’heureux auspices. D’abord la douche à jet pulsé hydro énergisante, puis le bain chaud relaxant et moussant parfumé aux extraits d’eucalyptus, suivi d’un raffermissement des tissus à l’aide d’un vibromasseur à variateur électronique pour préserver la douceur de l’épiderme. Enfin tout ce qu’il faut pour restaurer votre tonicité et recharger votre potentiel énergétique.

              A la radio les nouvelles n’étaient pas mauvaises : Un attentat islamiste mais sans prise d’otages, un hold up dans une bijouterie niçoise mais sans destruction de la vitrine qu’on aurait pu fracasser à la voiture bélier… Un Sarkozy discret, un pape bienveillant et un Ben Laden définitivement mort constituaient un contexte humain acceptable.

              Sortant de chez elle, son sixième sous les toits, elle avait pris l’ascenseur sans y trouver de cadavre gisant derrière la porte palière. Et tout en bas, dans l’arrière cour il n’y avait pas le moindre rongeur derrière les poubelles. Pas de chat non plus car elle était allergique au poil de ces félins et se réjouissait de leur absence.

              Passé la porte cochère elle eut la bonne surprise de constater que le trottoir était vide. La grève des éboueurs enfin terminée nul immondice ne venait souiller les abords. Ne restaient que quelques tracts jetés par des passants négligents. Ceux la ne s’étaient pas laissés séduire par l’invitation qui leur était faite d’aller en boîte à Pigalle la nuit prochaine. Mais le résultat était plutôt joli. Les couleurs exaltées, le graphisme contemporain et les photos suggestives  de ravissantes créatures en bas résille et dessous affriolants qu’aucun dessus ne venait masquer apportaient une touche primesautière à la grisaille du trottoir. C’étaient comme de grands confettis venant égayer de leur chatoiement les étendues d’asphalte que seules quelques crottes de chien venaient animer de leur présence olfactive et visuelle.

              Un peu plus tard le métro l’accueillit. Qu’il était doux par ce temps frisquet de s’aller blottir dans les profondeurs utérines et accueillantes de ces souterrains où la chaleur humaine vient renforcer celle du thermomètre en vous frottant à vos semblables.

              De correspondance en correspondance (Que ce mot est doux qui nous fait sentir l’unité et la complicité du monde…) elle arriva enfin à ses fins. Son poste de travail n’attendait plus qu’elle. Elle allait pouvoir se consacrer à sa mission et de son standard téléphonique répondre inlassablement, avec bienveillance, aux questions de tout ceux qui, lui faisant confiance, allaient lui exposer leurs griefs les plus légitimes. Mais elle méritait bien ça, car ce n’est pas sans raisons qu’on se consacre au service après vente d’une grande marque. Evidemment  il faut gagner sa vie ! Mais si on peut le faire en apportant un réconfort à ses semblables soumis aux vicissitudes du monde moderne, alors là on se sent vraiment utile.  On participe au monde. Et comme il n’est pas ingrat il saura bien vous le rendre le moment venu.

 

                                                Le Chesnay le 11 octobre 2013

                                                Copyright Christian Lepère                         

 

"Bain de Cléopâtre" - gravure à l'eau-forte imprimée sur Arches demi-Jésus - 1970

"Bain de Cléopâtre" - gravure à l'eau-forte imprimée sur Arches demi-Jésus - 1970

 

 

Enfin la prochaine fois

vous aurez droit à la suite

de ce qui a précédé : « le cri du poisson rouge » !

 

Vous bénéficierez donc d’ un effet littéraire bien connu

Que Conan Doyle a utilisé sans vergogne !

 

Donc place aux bonnes vieilles recettes !

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 06:01
Détail d'une peinture ancienne adaptée avec Photoshop

Détail d'une peinture ancienne adaptée avec Photoshop

Le cri du poisson rouge

Chapitre deux

 

            Ce matin quelle ne fût pas ma surprise de me surprendre à songer à  nouveau à Anatole. Ce petit poisson rouge visitant mes pensées avait surgi la semaine dernière, sans tambour ni trompette. Au moment précis où perplexe je me demandais quelle idée saugrenue allait pouvoir alimenter mon blog et me fournir prétexte à noircir du papier. Car c’est ainsi, nul plan ne me guidait, nulle intention mercantile, nul désir de capter l’attention d’autrui.

            Non, simplement une idée qui passe et semble devoir s’imposer  dans la mouvance des reflets faisant palpiter les vitres froides d’un aquarium.

            Donc Anatole dont le joli nom chrétien m’était venu comme ça, bien qu’il y eut sans doute des raisons, mais fort obscures et cachées à ma conscience lucide, Anatole dis-je, venait d’éprouver à la fin de l’épisode un choc sans précédent, une sorte de révélation.

            Flottant jusqu’à ce jour dans un bonheur médiocre mais sans soucis, il n’avait jamais mis en doute son statut de base. Poisson rouge il était, poisson rouge il resterait, jusqu’à plus soif, si la familiarité de l’expression ne vous choque pas trop.

            Hélas ! Nulle transcendance ne visitait son quotidien. Nourri, logé, il ne se remettait pas en cause. Son statut de petite créature autosuffisante et ne doutant pas d’être le centre du monde le rassurait pleinement.

            Mais le destin veillait. Il attendait son heure et tout à coup frappa les trois coups sans sommation.

            Anatole était donc aux bons soins de madame Michu. De cette excellente personne vous ne savez que ce que je vous ai dit. Ce qui est un peu court. Alors complétons. Non seulement elle prenait grand soin de son pensionnaire, mais elle cherchait à améliorer son confort. Ainsi chaque semaine elle changeait totalement l’eau du bocal, pourtant régénérée en permanence par un dispositif à bulle assez sophistiqué. Anatole était alors transféré dans un saladier pour peu de temps, fort heureusement car il aurait pu faire un bond pour se retrouver gisant sur le carreau de la cuisine.

            Et c’est pourtant ce qui advint. Madame Michu maniant le balai brosse heurta tout à coup le saladier. Celui-ci bascule et se brise. Et son occupant se retrouve suffocant dans une petite flaque. Flaque qui s’amenuise à vue d’œil, aspirée par la serpillière. Dieu merci le chat n’est pas là avec ses griffes acérées, ni le chien avec sa dentition canine.

            Peu de temps après tout est rentré dans l’ordre. Madame Michu peut enfin aller remplir sa mission d’entretien journalier…Tout le monde est content : « La concierge est dans l’escalier »

            Mais Anatole vient de connaître son second traumatisme. Le monde est un endroit dangereux et même entouré de la bienveillance attentive de ses proches on peut être anéanti à tout instant. Réduit à l’état de débris organiques souillant le sol de la cuisine.

            Mais la veuve Michu n’était pas complètement solitaire. Son époux lui avait fait de beaux enfants qui eux-mêmes avaient procréé. Elle était donc mamie et accueillait ses petits enfants à l’occasion. Bien sûr qu’ils aimaient mamie Michu et ses confitures et ses tartes au pommes, mais quand même, la perspective de venir visiter une vieille dame un peu âgée habitant une loge exiguë et pas très aérée ne les enthousiasmait que modérément. Alors il y avait Anatole. Mais il était solitaire et tournait tristement dans son petit bocal.

            A force de cris et d’implorations ils avaient convaincu leurs parents d’offrir à mamie Michu un aquarium pour son anniversaire. Plus grand, plus rutilant, il pourrait accueillir de la compagnie.

            C’est ainsi qu’Anatole ne fût plus seul. D’abord il put fréquenter des semblables un peu plus gros ou plus enjoués mais de même espèce. Puis vinrent des exotiques, des atypiques, des étrangers. Certains étaient minuscules mais rutilants comme des pierres précieuses. D’autres très grands et plats, rayés comme des zèbres promenaient leur silhouette triangulaire dénuée d’épaisseur. Tandis que d’autres enfin se paraient de couleurs fluorescentes luisant même dans l’obscurité et vous empêchaient de sommeiller paisiblement la nuit, comme tout le monde se doit de faire.

            Anatole découvrit donc avec stupeur que tous n’étaient pas comme lui, qu’il n’était pas lui-même la norme universelle régissant tout. Et il en eut du chagrin. Parce qu’enfin, si je suis normal, tout ceux qui diffèrent de moi ne le sont sans doute pas tout à fait… En un mot il découvrit l’autre et que cet autre est différent.

            Cela comportait cependant un avantage : la diversité. Et il en profita pour s’enchanter de leurs couleurs bariolées, de leurs formes extravagantes et de leurs comportements dont l’inattendu mettait un grain de sel dans son eau, un peu fade à la longue…

            Comme il n’était pas sot il remarqua aussi que dans une même espèce il y avait des différences. Certains spécimens plus brutaux dans leurs ébats ne s’occupaient que d’eux-mêmes sauf pour combattre leurs congénères. Alors que d’autres plus gracieux avec de longs cheveux et des formes plus enveloppantes passaient beaucoup de temps à se peindre les ongles des orteils en rouge. Ce qui n’était pas pour lui déplaire car il le ressentait comme un hommage à sa couleur native. Et puis ces créatures plus douces semblaient assurer l’avenir de l’espèce. Car il y avait des décès. Quelle que fût la qualité de la nourriture et la constance de la température, on retrouvait parfois l’un des occupants flottant le ventre en l’air entre deux eaux avant de remonter à la surface. Puis sa dépouille se dissolvait pour retourner au milieu nourricier qui lui avait donné vie.

            Fin observateur Anatole en tira bien des conclusions sur la marche du monde et les créatures qui le peuplent. Il en arriva même à la notion d’impermanence chère au Bouddha dont pourtant il ignorait tout.

            Ainsi se déroula sa vie. Car tout a une fin et un beau jour ce fut à son tour de flotter inerte au fil de son eau familière. A quoi sa vie avait-elle servi ? Il ne se le demandait point, n’ayant pas vu venir le trépas. Alors à quoi bon toutes ces histoires ? Et ces complications sans fin ? Sans doute y avait-il trouvé du plaisir…Mais tout passe, lasse ou trépasse… Sans doute avait-il entrevu la relativité, mais il n’était pas Einstein et puis ce n’est pas d’un intérêt immédiat au sein d’un aquarium…

            Allons ! Pas de pessimisme ni de conclusions bêtement logiques. Vous n’y êtes pas ! Car parmi les petits enfants de mamie Michu l’un d’eux, un peu bizarre et moqué par ses frères et sœurs l’avait observé avec passion et avait compris bien des motivations de cette modeste créature. En son âme et conscience, en bon observateur, ce bipède omnivore avait envisagé les grandes questions sur notre destin. Et il en avait tiré bien des conclusions. Je crois même qu’il était arrivé à quelques certitudes, de celles qu’on peut garder pour soi si elles n’intéressent pas les autres.

            Espérons simplement que l’âge venu il ne se montrera pas ingrat et que c’est avec reconnaissance qu’il se souviendra d’Anatole, pauvre créature impuissante mais qui, sans le vouloir aura été pour lui un oupa-gourou non négligeable. Mais le terme d’oupa-gourou vous fait sursauter ? Il est nouveau et exotique ? Peut-être mais il ne fait que désigner dans la tradition indienne celui ou celle, ou ce qui nous a aidé à devenir un peu plus perspicace. Ce qui nous a aidé à devenir moins opaque. Ce qui nous a éclairé dans notre ignorance crasse.

En gros, ce qui le moment venu nous permettra de ne pas mourir idiot. Si du moins on le souhaite… Mais il me semble que Lao Tseu est bien d’accord avec cet avis. Et ça me rassure.

 

                                                      Le Chesnay le 28 septembre 2013

                                                          Copyright Christian Lepère

 

 

Détail revu et adapté par Photoshop

Détail revu et adapté par Photoshop

 

La semaine prochaine ?

 

SURPRISE !

 

 

   

 

 

La semaine prochaine ?

 

SURPRISE !

 

 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 07:07
Détail d'une peinture ancienne revu sur Photoshop

Détail d'une peinture ancienne revu sur Photoshop

 

Le cri du poisson rouge

le soir au fond des bois

 

 

              Il s’appelait Anatole. C’est un beau nom pour un poisson rouge. Enfin rouge c’est vite dit car si cette couleur fondamentale comporte de nombreuses nuances, il ne s’était pas fait faute d’en profiter. Ainsi si ses flancs étaient d’un rouge vif écarlate d’une belle intensité, ses flancs en revanche étaient un peu saumonés et sa queue, toute diaphane et diaprée comportait même des nuances de rose rehaussées de magenta. Il n’était donc ni banal, ni bêtement convenu. Il avait même sa personnalité.

              D’ailleurs son nom n’était p as une vaine fantaisie. Non ! Si madame Michu la concierge du 125 bis rue de Vaugirard l’avait ainsi baptisé c’est qu’elle avait de solides raisons. D’abord elle était veuve, ce qui est compatible avec la mission de veiller sur les locataires d’un immeuble parisien. Ensuite la solitude lui pesait car elle vivait seule après avoir connu les joies et les peines du mariage avec Anatole Michu. Cet excellent homme, retraité de la Compagnie du Gaz avait passé ses derniers beaux jours en compagnie de sa fidèle épouse à s’occuper de son poisson rouge. Car la responsabilité ne lui faisait pas peur et chaque jour, avec persévérance il procurait à son petit compagnon tout l’indispensable : l’eau régénérée par un système adéquat, les daphnies pour la subsistance du corps et l’affection pour les besoins relationnels.

              Anatole avait donc une vie plutôt douce. Depuis tout petit il tournait en rond dans son bocal, se permettant parfois l’improvisation d’un huit ou d’une montée en spirale. Mais dans l’ensemble il s’en tenait à son répertoire de base et son comportement rassurait pleinement celle qui, un beau jour, l’avait fait transiter de son aquarium rectangulaire natal que lui avait imposé le marchand pour le faire arriver dans un bocal rond. Il y avait quand même eu la transition par un sac en plastique plein d’eau, assez traumatisante, mais il s’en était remis et sa jeunesse lui avait fait tout oublier. Il était donc passé du 118 au 125 bis rue de Vaugirard car c’était son destin.

              Si on l’avait questionné sur sa conception du monde, il aurait répondu sans hésiter que certainement celui-ci était rond et plein d’eau tiède avec quand même un petit rocher en bas, quelques algues anémiées et une étoile de mer en plastique. Plus loin parfois on apercevait de vagues formes qu’un autre plus expérimenté et instruit aurait peut-être identifiées comme étant le nez ou l’index de madame Michu ou même la moustache de son époux. Mais il n’en avait cure. Nourri, logé et dénué de désirs compulsionnels il poursuivait son existence sans problème majeur.

              Or, voici qu’un beau jour, enfin peut-être pas si beau que ça, dérivant un peu vite et  négociant mal le virage, il vînt à heurter la paroi du bocal. L’incident ne s’était jamais produit, aussi imaginez sa stupeur en prenant conscience d’une limite. Quoi ? Il y a autre chose et je ne connais pas tout ?

              Dans son angoisse il tenta de pousser un cri pour évacuer le stress. Hélas son gosier n’en était pas capable. Il ne pût pas. Il dût se résigner à faire une bulle. Imaginez un sourd muet réduit à communiquer avec les autres par le seul langage des mains, vous aurez une faible idée de son sentiment d’impuissance. Mais pour symbolique qu’il restait ce cri avorté ne perdit rien de son intensité. Même inaudible et invérifiable avec des instruments de mesure perfectionnés, c’était un cri du cœur. Un de ceux dont l’importance est vitale. Un cri primal diront certains.

              Mais vous allez me reprocher d’avoir mis un titre à ce beau témoignage en parlant du « soir au fond des bois ». J’avoue m’être laissé aller un peu en forçant sur la métaphore. Mais que voulez-vous seule cette image chère au poète était capable de restituer toute l’intensité de la douleur d’Anatole. Alors qu’importe ! Il y a vérité et vérité et l’on sait bien que celle des rapports de gendarmerie ne rend pas compte de toute la subtilité du réel et de l’angoisse métaphysique qui parfois étreint notre âme.

 

                                                            Le Chesnay le 22 septembre 2013

                                                            Copyright Christian Lepère

 

157 - Le cri du poisson rouge

 

Y aura-t-il une suite ?

Par les temps qui courent

allez donc savoir…

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 06:10
"Dans l'azur éperdu" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1993

"Dans l'azur éperdu" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1993

Liberté bien encadrée

 

                 Ainsi l’Absolu est absolu. Rien ne saurait lui échapper. Certes, depuis des temps immémoriaux on a essayé de trouver des portes de sortie. De se mettre en marge. D’emprunter des itinéraires bis. De découvrir des échappées. Hélas ! Rien n’y fait ! Ou bien on admet que le monde est unitaire et cohérent et que rien ne peut être hors de ses lois ou bien on commence à délirer gentiment en cherchant d’improbables interstices dans l’enchaînement des causes et des effets.

                 En gros on se croit libre. Il est vrai que c’est tentant parce qu’on nous l’a affirmé et qu’on en a déduit qu’on était responsables. Dès tout petit on nous a fait comprendre qu’on pouvait bien ou mal faire. Dans le pot ou à côté…Et donc qu’on avait le choix en toute circonstance. Toutes ? Oui, on peut préférer la glace à la vanille à cette autre à la pistache. On peut dire bonjour à la dame ou lui tirer la langue. On peut faire pipi sur le gazon quitte à importuner les coccinelles, plutôt que dans un urinoir Jacob Delafon beaucoup plus hygiénique et réglementaire mais aussi plus contraignant.

                 Nul ne saurait faire obstacle à notre liberté de choix, si ce n’est par des moyens condamnables. Personne, pas même le plus coercitif des tyrans ne peut nous interdire tout choix personnel. Et après tout si nous préférons finir la tête sur le billot plutôt que d’obéir à ses injonctions paranoïaques, c’est bien la preuve qu’en dernière analyse nous pouvons décider. Fort bien ! Jusque là ça va !

                 J’ajouterai que non seulement nous pouvons préférer la plage à la montagne et la tête de veau à l’escalope milanaise. Nous pouvons même décider de dilapider nos économies au jeu plutôt que de chercher à faire fructifier notre modeste pension de retraite en la confiant à des spéculateurs bienveillants dans des paradis fiscaux. Je suis libre, que voulez vous ! Ou alors prouvez moi le contraire.

                 D’accord ! C’est assez simple…

                 En bonne logique, si l’on obéit à une motivation c’est qu’on n’est pas libre puisqu’on est contraint par une raison. Or, quel que soit notre choix il repose toujours sur une appréciation des données. Que cette appréciation dépende de nos goûts, de notre caractère et de notre passé familial, éventuellement traumatisant, c’est indiscutable. Mais qu’y pouvons nous ? Si une éducation bien pensante jointe à une allergie au sucre et renforcée par des aperçus sur les effets néfastes du cholestérol m’amènent à dédaigner les sucreries, il est possible aussi qu’un manque affectif puissant ou libidinal soit compensé par un besoin de chatteries et de confitures. C’est subtil et seul un psy particulièrement averti pourrait démêler les tenants et les aboutissants.

                 Mais mon choix est déterminé pour le meilleur et pour le pire. C’est aussi vrai pour les grandes que les petites choses. Pour mes choix politiques et la couleur de mes chaussettes. Et également vrai pour mes proches et leurs amis et leurs relations. Même pour le chat, le chien et le canari dans sa cage.

                 Mais élargissons le débat. Si le monde a été créé ce ne peut être que par un créateur. Ce serait donc lui le grand responsable, lui qui en décidant des attributs de toutes choses et en déterminant les suites de leurs interactions a décidé de toute l’histoire du monde, de l’implacable déroulement des faits.

                 Alors je le vois d’ici se frotter les mains ! Son plan est bon. Ca marche ! Et c’est tellement performant que le déroulement naturel des choses nous amène de façon logique et contraignante à croire que nous sommes libres. Puis, à partir de cette conviction à nous livrer à toutes sortes d’actions que nous n’aurions jamais envisagées sans cette croyance. Notamment celles qui nous permettent de nous affirmer pour prouver aux autres qui nous sommes. Des gens qui ne vont pas se laisser marcher sur les pieds.

                 Car c’est bien pour cette raison que Néron, Jules César et Bachar el Assad ont commis tous leurs méfaits. Alors que bien d’autres, animés de sentiments humanitaires ont inlassablement œuvré pour réparer les dégâts. Mais de toute façon il n’y a pas à s’en faire car tout est sous contrôle.

                 « Et ainsi va la vie dans la vallée des castors ». C’est sur cette phrase émouvante que se terminait un film de Walt Disney dont le souvenir m’émeut encore alors que bien des décennies se sont écoulées depuis. Mais c’est le destin qui m’a fait comme je suis, veuillez m’en pardonner.

 

                                                           Le Chesnay le 14 septembre 2013

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

"Danse de Shiva" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 1993

"Danse de Shiva" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 1993

Et la semaine prochaine ?

 

C’est une histoire belle et triste qui vous attend

cependant

comme elle débouche sur l’essentiel

il est possible que, sait-on jamais,

son mystère vous semble

bien familier…

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 08:12
"L'amie des gastéropodes" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 1996

"L'amie des gastéropodes" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 1996

Les escargots du temps passé

 

        Tout petit j’étais fasciné par ces étranges bêtes. Au cœur de la Bourgogne où je passais les vacances leur prolifération était impressionnante. Car c’est leur domaine d’élection et le royaume des gastronomes.

          Au long des chemins creux envahis d’herbes folles ou sur les amas de vieilles pierres moussues et branlantes qui avaient jadis formé des murs d’enceinte, il n’y avait qu’à se baisser pour faire la récolte. Il suffisait d’une bonne averse un peu longue et pénétrante et voilà qu’aux papillons succédaient ces gastéropodes itinérants sans domicile véritablement fixe. Certes leur coquille  ingénieusement conçue était une excellente protection contre les prédateurs à la dent acérée et les rigueurs du climat.

          Mais comment font donc les limaces ? Elles qui n’ont pas de carapace protectrice, dont la chair est tendre  et la couleur d’un beau rouge orangé idéal pour attirer les gourmands. Ne seraient-elles pas comestibles ? En tout cas elles ne nous font pas saliver, allez savoir pourquoi…Il est vrai qu’en matière d’us et coutumes, nous qui sommes prêts à faire des dépenses somptuaires pour des cuisses de grenouilles voyons nos amis anglais, traditionnellement nous désapprouver avec condescendance.

          Qu’un temps morose survienne, le moment était venu d’aller aux escargots. On enfilait un imperméable, on mettait des bottes et clopin clopant on ratissait les environs. Il n’y avait pas à aller bien loin : sur la route du cimetière assez caillouteuse et pleine de flaques où tout au long de la rivière là où l’herbe est plus verte et sent bon la menthe sauvage.

          Ecartant les ronces, se gardant des orties dont le piquant est encore plus redoutable sous la pluie, on cheminait lentement pour repérer les proies. Délicatement saisies  elles repliaient leurs cornes et se calfeutraient dans leur coquille. Et bien vite on remplissait son sac qui gonflait, se boursouflait et trahissait par des ondulations l’agitation affolée des prisonniers. Dans cette pénible proximité les malheureux sortaient la tête, dépliaient leurs antennes et tentaient par tous les moyens de trouver une issue. Parfois ils réussissaient, car bien que lents dans leurs mouvements, leur opiniâtreté et leur nombre faisaient de nous des gardiens vite dépassés par la révolte de leurs victimes.

          Ensuite, triomphalement, on revenait à la maison où l’on déversait le contenu des sacs dans un saladier ou un faitout recouvert ensuite d’un couvercle. De préférence assez lourd celui-ci n’empêchait pas nos escargots d’arriver à s’immiscer par le plus petit interstice et à réussir des évasions qui nous chagrinaient fort.

          La récolte était mixte. Entre les « petits gris » plus élégants et plus fins de goût et les « gros Bourgogne »  dodus et potelés, plus aptes à satisfaire un solide appétit, on pouvait répondre à la demande de chacun. Qu’importe d’ailleurs puisque c’est bien connu personne ne connaît vraiment la saveur de ces bestioles, la puissante sauce à l’ail qui les nappe s’imposant sans vergogne à nos papilles.

          Pour ne pas quitter ce registre, je me souviens de mon père qui adorait le ragoût de lapin, mais surtout pour les petits lardons qui mijotaient dans la sauce. Dans ce cas c’était clair, l’essentiel n’était pas là où il aurait du être.

          Mais avant de passer à table, il faut un peu de patience. Nos gastéropodes qui ont vécu leur vie en se nourrissant de tout ce qu’ils ont rencontré au cours de leur vagabondage doivent d’abord être mis à la diète. Puis on les fait dégorger avec du sel et je ne sais trop quoi. Enfin on leur fait des misères et c’est un spectacle bien affligeant pour les jeunes enfants. Du moins pour certains. Là encore d’autres souvenirs me reviennent. Notamment celui où descendant à la cave j’avais surpris mon grand père qui venait d’assommer un lapin en lui faisant le coup du même nom et qui, après l’avoir dépouillé avait laissé traîner les boyaux dans une bassine. J’avoue ce jour là n’avoir pas eu beaucoup  d’appétit.

          Mais la jeunesse est inconstante et oublie bien vite. Depuis j’ai repris goût au lapin  et ai cessé de me poser trop de ces questions qui fâchent.

          Ah ! J’oubliais encore, l’escargot consommé n’est plus qu’une coquille. Banale aux yeux de beaucoup mais cependant fascinante pour qui s’intéresse aux productions de dame Nature pour  résoudre les problèmes de croissance du vivant. Comment développer une forme en expansion ? La spirale est une solution universelle. Depuis les galaxies jusqu’aux formes les plus microscopiques du végétal et de l’animal, cette solution a été testée sous toutes ses formes avec toutes ses variantes. Dans le cas du gastéropode cette spirale a une belle ampleur et une rondeur de forme. D’ailleurs, même si le gros Bourgogne manque un peu de fantaisie, d’autres espèces sont plus finement décorées. Le petit gris  qui est d’ailleurs plutôt brun avec des nuances ocrées reste encore bien sobre si on le compare à ses petits frères colimaçons dont les minuscules coquilles se parent de teintes raffinées, du jaune citron au roux  avec de fines lignes noires  et même des nuances de gris froid…Mais ceux la ne sont guère comestibles… Du moins  ils n’attirent pas notre attention alors que l’on fait grand cas des bigorneaux, même si il faut une épingle pour les extraire de leur petite coquille noire, tout cachés qu’ils sont sous leur opercule de même couleur.

          Tout cela paraît à ce jour relever des us et coutumes. Mais nous sommes des êtres de conformisme et l’on sait bien qu’il serait difficile de convaincre un honnête français moyen de manger des insectes, alors qu’il n’a aucun problème avec les crevettes. Ou, encore pire, quelque serpent familier de nos contrées, couleuvre verte ou vipère aspic alors que l’anguille, pourtant visqueuse, est un met fort prisé.

 

                                                    Le Chesnay le12 septembre 2013

                                                        Copyright Christian Lepère

 

 

"Fière monture" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2003

"Fière monture" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2003

INFORMATION

 

           Mon ami peintre Michel Dubré expose ses œuvres à Paris à l’Ecole Estienne dont il fût jadis l’élève. Intellectuel de haut de gamme mais très méfiant à  l’égard de l’intellectualisme, il nous livre inlassablement ses fantasmes picturaux. Sa technique est impeccable, son inspiration vaste comme le monde et son imagination délirante. Si ce cocktail vous convient vous pouvez passer par l’Ecole Estienne :

  • 18 boulevard Auguste Blanqui – Paris 13°
  • du 3 au 27 septembre
  • du lundi au vendredi de  9 à 19 heures
  • et c’est gratuit…

 

Michel Dubré - "L'île cathodique de Cécile" - peinture - 50 x 50 cm

Michel Dubré - "L'île cathodique de Cécile" - peinture - 50 x 50 cm

Mais il serait temps de s’occuper de choses sérieuses…

La prochaine fois :

« Liberté bien encadrée »

Vous parlera de notre situation

actuelle…

 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 08:25
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 08:14
"Les masses laborieuses" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1994

"Les masses laborieuses" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1994

Un français moyen

 

              C’est au cœur de la France profonde. Un petit café de province avec quelques habitués. En face de moi, à deux mètres, un vieux monsieur seul. Sympathique à première vue. Un beau visage buriné par les ans sous sa casquette de retraité et un regard un peu lointain. Une tête de médecin de campagne, de ceux qui ont consacré leur vie au soulagement de la misère physique. Peut-être même a-t-il fait plus en apportant un secours moral à ses patients ? Mais la fille du patron vient lui servir son petit café. Poli il a remercié en hochant la tête. Mais voilà qu’au moment où elle lui a tourné le dos il m’a semblé percevoir un regard un peu appuyé sur sa chute de reins. Allons c’est humain et ça pourrait le rendre plus proche…

              Mais voici qu’il déplie son journal. Hum…Plutôt de droite et plein de gros titres racoleurs. Voilà qu’il se met à lire et je vois son visage trahir d’infimes nuances d’appréciation ou de critique. Serait-il pour une justice moins laxiste ? Ou au contraire pour une libéralisation de la répression ? L’état des choses en Syrie semble le préoccuper mais là aussi, quel camp est-il en train de désapprouver ? Le penchant dictatorial de Bachar el Assad ou les manœuvres perfides des islamistes qui ne rêvent que de châtier les infidèles en leur imposant la charia.

              Au fil des pages je vois maintenant d’autres sentiments percer discrètement. Les faits divers c’est fait pour ça, titiller les profondeurs. Et les exploits sportifs ont mission de réveiller les passions et de permettre à la bête de compenser ses faiblesses. Dis moi sur qui tu te projettes, je te dirai ta névrose et de quoi on t’a frustré quand tu étais gamin…

              Mais il progresse de page en page, passant de l’enthousiasme discret à l’abattement de bonne compagnie, de l’affirmation machiste à l’anéantissement des espoirs les plus fous.

              Mais d’autres habitués arrivent, des copains, des complices de comptoir. Vont-ils lui proposer de jouer à la belotte ? Ou lui faire part de tous les petits potins de la bourgade. Ou l’informer de l’avenir grisâtre de nos pensions de retraite non indexées sur l’inflation et ne tenant aucun compte de la pénibilité ? A coup sûr il va me livrer d’autres aspects de sa personne.

              Mais au fait il a un passé ? Forcément ! Alors au juste quel bambin a-t-il été ? Enfant de cœur ou engagé dans les jeunesses communistes à douze ans ? Sincère et exalté ou contraint par la famille qui cherchait à l’empêcher de nuire ? Ou par désoeuvrement ? Ou simplement pour se faire des copains ?

              Et sa vie sentimentale dans tout ça ? Pour qui s’est-il ému, avec qui a-t-il partagé les méandres de son existence ? Et maintenant est-il veuf, célibataire ou divorcé pour la troisième fois après des tentatives de recomposition si prisées par les temps qui courent ? Est-il enfin un grand papa gâteau ou un solitaire définitif ?

              Voila que je me suis laissé prendre comme d’habitude et que à la vue de ce simple français moyen je me suis permis de supposer, de compléter, d’ inventer et même de broder des hypothèses assez gratuites. Pourtant je ne sais rien. Et comme tout un chacun je classe tout ce qui me tombe sous les yeux en bon et en mauvais, sympa ou pas, présentable ou à jeter aux chiens…

              Alors ce vieux monsieur est-il un très brave type ? Un serial killer calmé par l’âge ? Un ancien déporté ou un inventeur primé au concours Lépine pour avoir révolutionné le concept de base de l’ouvre-boîte ? Mais au fait n’a-t-il pas été un peu tout ça. A moins qu’il n’ait rien fait, comme « Le baron perché » ce héros d’Italo Calvino dont la vie s’était usée en vain à vivre dans les arbres de son domaine, pour n’en redescendre que contraint et forcé par l’âge après une vie d’oisiveté tout à fait indigne de son rang et de sa naissance. Alors que ses pairs menaient de justes guerres et géraient leur domaine pour le bien de leurs sujets.

              Mais aujourd’hui il est là, assis, et je suis en face. J’ai terminé mon café en compagnie de mon fils avant de ressortir au grand air. Ainsi la vraie vie va continuer, celle ou replongés dans l’épaisseur du quotidien on va s’occuper de choses sérieuses. Mais peut-être êtes vous dans le même cas ? Je vais donc vous laisser vaquer et faire face aux obligations qui vous incombent. En attendant le prochain épisode.

 

                                                           Le Chesnay le 6 septembre 2013

                                                                   Copyright Christian Lepère

 

"Le gros timide" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1993

"Le gros timide" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1993

Le prochain épisode…

 

nous fera quitter l’instant présent

pour nous replonger dans

le monde fabuleux

de l’enfance

avec :

 

« Les escargots du temps passé »

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:01
"Le temps retrouvé" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2005

"Le temps retrouvé" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2005

 

D’avant à plus tard

 

       Sans arrêt l’avenir se tricote. Eparpillés aux quatre coins de la planète tous les ingrédients mijotent en attendant leur heure. Celle ci surviendra le moment venu, quand les conditions nécessaires seront remplies. Quand elle n’aura plus le choix.

            Alors de cette réunion problématique surgira un événement, éclosion d’une fleur de pissenlit ou chute de l’Empire Romain. Fin  du Ramadan  ou invention du tricycle à pédale. De toute façon nous serons surpris, incapables que nous sommes de connaître tous les tenants et les aboutissants qui en découlent. C’est comme pour la météo, multipliez les paramètres, les satellites géostationnaires, les sondes et les mesures hygrométriques, vous n’obtiendrez qu’une approximation douteuse qui permettra de fêter Noël au balcon et Pâques aux tisons…

            Le problème c’est que nos humeurs vont s’en ressentir. Serons nous réjouis ou accablés ? Réjouis par un Cognac vieilli en fût de chêne  ou atterrés par un brouet infâme qui ferait le délice des cancrelats blottis sous la plinthe de la salle de bain ? Serons nous contentés ou amères et déçus en voyant se faner les papillons bleus de nos rêves secrets ?

            Envisageons maintenant le passé. Là c’est plus simple. Enfin si l’on veut…Car tout est déjà dit, fixé, enregistré. Rien ne peut y être changé. Tout est dans la boîte. In the box ! Donc les archives sont complètes, celles qu’on connaît et dont on se souvient avec nostalgie ou amertume. Mais aussi toutes les autres planquées au plus profond de nos oubliettes. Celles qu’on aimerait pas trop voir surgir de leur boîte, renaître de leurs cendres et se révéler encore vivaces alors qu’elles gisaient discrètes sous la poussière des ans. Mais rien ne peut disparaître et même la momie de Toutankhamon, pour inerte et desséchée qu’elle soit, même si elle se tient peinarde, va susciter encore bien des passions et des querelles de spécialistes qui n’auront pas compté les dents selon une méthodologie stricte. Un chicot est-il encore une dent ? Et un fragment de chicot ? Et une trace de fragment ? Dormez en paix puissants de la terre, vous qui avez régné sur les terres immémoriales de la Haute Egypte.

            Hélas tout est bon pour recycler les plus improbables vestiges, les traces les plus infinitésimales des artefacts préhistoriques ou de la chlamyde qu’une discrète fibule retenait sur l’épaule gracieuse d’une péripatéticienne de Lesbos. Tout est bon et inlassablement on continuera ce petit jeu créatif, faire du neuf avec du vieux. Fût-il hors d’âge.

            C’est ainsi. Le monde est implacable. Entre le passé révolu et l’avenir qui en découle il n’y a plus que l’éternel présent. Ce moment fugace où se réalise en relief et en cinémascope tout ce qui était prévu depuis le big-bang et qui s’accomplira avant le big-crunch qui devrait tout naturellement en découler.

                                                     La Brosse Conge le 27 août 2013

                                                     Copyright Christian Lepère

 

 

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

La prochaine fois : 

Le sujet sera digne d’intérêt au yeux de tous (ou presque)

car il parlera d’un français moyen

dans lequel chacun pourra se reconnaître au moins en partie.

Même si il est une femme.

                                                                          

 

 

 

             

 

 

 

La prochaine fois :

 

Le sujet sera digne d’intérêt au yeux de tous (ou presque)

car

il parlera d’un français moyen

dans lequel chacun pourra se reconnaître au moins en partie.

Même si il est une femme.

                                                                          

            

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 08:04
"Ambivalence problématique" - gravure à l'eau-forte imprimée sur Demi-Jésus - 1983

"Ambivalence problématique" - gravure à l'eau-forte imprimée sur Demi-Jésus - 1983

Sans papiers

 

            Il avait perdu sa sacoche. En soi l’objet n’était pas trop précieux. En cuir brun, un peu usagé, il n’était pas un souvenir sentimental dont la perte peut vous briser le cœur. Mais c’est qu’elle contenait tous ses papiers : carte d’identité, permis de conduire, carte grise et même sa carte vitale, celle qui justement permet de  prolonger sa vie dans de bonnes conditions. Toutes ses références sociales étaient là  pour justifier une existence légale dont la société a besoin pour nous cadrer. Car nous nous devons d’être des gens sérieux et identifiables. De bons citoyens qui votent et payent leurs impôts.

            Pour faire bonne mesure il y avait aussi sa carte bleue et son chéquier… Et comme le savent les psys, la banque c’est la mère. Il devenait ainsi totalement orphelin après avoir perdu depuis longtemps ses parents biologiques, voilà qu’il était privé de son pouvoir financier.

            Par surcroît si une personne jeune et pleine d’allant aurait pu faire face et rebondir sans attente, il se trouve qu’il n’était plus si jeune et que depuis peu il avait sombré dans une dépression bien insidieuse. Son moral était au plus bas et sa démarche chancelante. Son épouse fort inquiète et sujette elle aussi à des oublis et des méprises conséquences d’une mémoire qui s’étiole et se laisse aller prenait peur et s’affolait, explosant dans de vaines colères et alternant le miel, le fiel et la révolte vaine.

            N’étant pas très loin son propre frère se mit en tête de l’aider à résoudre le problème. Comment faire ? Se rendre à la mairie du village et aux services de la sous-préfecture ? Mais internet peut nous fournir des pistes et est prêt à coopérer gentiment. A force de clics, il apprit ainsi que toutes affaires cessantes il fallait d’abord prévenir la gendarmerie en déposant une déclaration de perte ou de vol. Fort bien ! Mais la présence physique de l’intéressé est requise  et il est indispensable qu’il se présente sur place en compagnie de son épouse. Hélas, comment identifier celui qui justement est sans papiers ?  Avec son livret de famille et la carte d’identité de sa conjointe qu’il fallait donc retourner chercher à son domicile.

            Pendant ce temps la femme du malheureux se torturant les méninges essayait de reconstituer l’épisode de la perte des précieux documents. « Voyons, il y a quelques jours je l’ai vu avec sa sacoche à la main se dirigeant curieusement vers la salle de bain… Comme il n’avait aucune raison d’en être muni  (Il ne se sert pas de la voiture…) je me suis demandé ce qu’il voulait en faire ». C’est sur ces entre faits que le téléphone avait sonné et avait détourné son attention.

            Ensuite elle avait fouillé partout, sous les meubles, au fond des tiroirs, sous les amas improbables d’objets hétéroclites interdisant l’entrée du garage et même dans la salle de bain…En vain ! En vain ! Son beau-frère s’y était mis aussi, en vain également. Ils avaient minutieusement fouillé les deux voitures et les abords et le jardin. Et voila qu’à la gendarmerie on leur enjoignait de retourner chercher le livret de famille.

            Ils y allèrent donc et pendant que le frère tentait une dernière action sur Internet  pour chercher l’adresse où les  gens honnêtes ont la bonne idée de rapporter les objets trouvés  à la petite ville toute proche, elle regagna son domicile. Après un temps assez long il trouva enfin le renseignement et pensa proposer d’y aller voir. La probabilité était faible mais pas totalement nulle. Il fallait tout tenter. Au moins on aurait l’esprit plus tranquille.

            C’est à cet instant que sa belle-sœur fit irruption, toute bouleversée, la sacoche retrouvée entre les mains. Elle venait de revérifier une dernière fois et s’était accroupie pour regarder sous les sièges de la voiture. Et là, sous ses yeux incrédules, elle avait vu ce qui avait échappé à une recherche plus superficielle quoique méthodique. Mais peut-être avait-elle glissé entre temps et était redevenue visible ?

            Toute exaltée elle fit la bise à son beau-frère. Son moral était au plus haut, du moins dans l’immédiat. Mais rien n’est simple et la résolution brutale du problème anéantissant toute recherche et simplifiant considérablement leurs démarches, ils se retrouvèrent les bras ballants, un peu désoeuvrés.

            Il paraît que cela arrive aussi aux combattants quand la guerre se termine et que désormais ils ne sont plus que d’anciens vétérans…

 

 

                                                               La Brosse Conge le 26 août 2013

                                                               Copyright Christian Lepère

           

 

Sans papiers

 

            Il avait perdu sa sacoche. En soi l’objet n’était pas trop précieux. En cuir brun, un peu usagé, il n’était pas un souvenir sentimental dont la perte peut vous briser le cœur. Mais c’est qu’elle contenait tous ses papiers : carte d’identité, permis de conduire, carte grise et même sa carte vitale, celle qui justement permet de  prolonger sa vie dans de bonnes conditions. Toutes ses références sociales étaient là  pour justifier une existence légale dont la société a besoin pour nous cadrer. Car nous nous devons d’être des gens sérieux et identifiables. De bons citoyens qui votent et payent leurs impôts.

            Pour faire bonne mesure il y avait aussi sa carte bleue et son chéquier… Et comme le savent les psys, la banque c’est la mère. Il devenait ainsi totalement orphelin après avoir perdu depuis longtemps ses parents biologiques, voilà qu’il était privé de son pouvoir financier.

            Par surcroît si une personne jeune et pleine d’allant aurait pu faire face et rebondir sans attente, il se trouve qu’il n’était plus si jeune et que depuis peu il avait sombré dans une dépression bien insidieuse. Son moral était au plus bas et sa démarche chancelante. Son épouse fort inquiète et sujette elle aussi à des oublis et des méprises conséquences d’une mémoire qui s’étiole et se laisse aller prenait peur et s’affolait, explosant dans de vaines colères et alternant le miel, le fiel et la révolte vaine.

            N’étant pas très loin son propre frère se mit en tête de l’aider à résoudre le problème. Comment faire ? Se rendre à la mairie du village et aux services de la sous-préfecture ? Mais internet peut nous fournir des pistes et est prêt à coopérer gentiment. A force de clics, il apprit ainsi que toutes affaires cessantes il fallait d’abord prévenir la gendarmerie en déposant une déclaration de perte ou de vol. Fort bien ! Mais la présence physique de l’intéressé est requise  et il est indispensable qu’il se présente sur place en compagnie de son épouse. Hélas, comment identifier celui qui justement est sans papiers ?  Avec son livret de famille et la carte d’identité de sa conjointe qu’il fallait donc retourner chercher à son domicile.

            Pendant ce temps la femme du malheureux se torturant les méninges essayait de reconstituer l’épisode de la perte des précieux documents. « Voyons, il y a quelques jours je l’ai vu avec sa sacoche à la main se dirigeant curieusement vers la salle de bain… Comme il n’avait aucune raison d’en être muni  (Il ne se sert pas de la voiture…) je me suis demandé ce qu’il voulait en faire ». C’est sur ces entre faits que le téléphone avait sonné et avait détourné son attention.

            Ensuite elle avait fouillé partout, sous les meubles, au fond des tiroirs, sous les amas improbables d’objets hétéroclites interdisant l’entrée du garage et même dans la salle de bain…En vain ! En vain ! Son beau-frère s’y était mis aussi, en vain également. Ils avaient minutieusement fouillé les deux voitures et les abords et le jardin. Et voila qu’à la gendarmerie on leur enjoignait de retourner chercher le livret de famille.

            Ils y allèrent donc et pendant que le frère tentait une dernière action sur Internet  pour chercher l’adresse où les  gens honnêtes ont la bonne idée de rapporter les objets trouvés  à la petite ville toute proche, elle regagna son domicile. Après un temps assez long il trouva enfin le renseignement et pensa proposer d’y aller voir. La probabilité était faible mais pas totalement nulle. Il fallait tout tenter. Au moins on aurait l’esprit plus tranquille.

            C’est à cet instant que sa belle-sœur fit irruption, toute bouleversée, la sacoche retrouvée entre les mains. Elle venait de revérifier une dernière fois et s’était accroupie pour regarder sous les sièges de la voiture. Et là, sous ses yeux incrédules, elle avait vu ce qui avait échappé à une recherche plus superficielle quoique méthodique. Mais peut-être avait-elle glissé entre temps et était redevenue visible ?

            Toute exaltée elle fit la bise à son beau-frère. Son moral était au plus haut, du moins dans l’immédiat. Mais rien n’est simple et la résolution brutale du problème anéantissant toute recherche et simplifiant considérablement leurs démarches, ils se retrouvèrent les bras ballants, un peu désoeuvrés.

            Il paraît que cela arrive aussi aux combattants quand la guerre se termine et que désormais ils ne sont plus que d’anciens vétérans…

 

                                                               La Brosse Conge le 26 août 2013

                                                               Copyright Christian Lepère

           

 

 

 

"Cavalier rouge" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1987

"Cavalier rouge" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1987

La semaine prochaine :

 

« D’avant à plus tard … »

Vous informera sur le temps présent

Coincé entre passé et avenir.

 

 

 

 

 

 

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