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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:42
"Invention de la brouette" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2007

"Invention de la brouette" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2007

Le temps m’attend

 

Que n’ai-je à ce jour oublié

La vie tout au long du chemin

Au creux des vals et du passé

Antérieur à ce qui advint

Et revient se réitérer

Plus loin qu’après l’après demain

Quand la vie en ses simagrées

Tout enrobée de doux parfums

Sans se presser

S’en vient

 

C’est le murmure en la ramure

Au feuillage si verdoyant

Qui se combine et qui perdure

Inondée de soleil couchant.

 

Pourquoi faut-il que cela fasse

Perler au cœur d’une âme vaine

Un doux oubli de temps qui passe

Ondoyant dans les champs d’en face

Qui s’étendent au loin dans la plaine ?

 

Mais la vie qui n’en a que faire

Poursuit son cours en dérivant.

Ah que n’ai-je et dès à présent

Moins de temps qui me désespère…

 

                                                                                         La Brosse Conge le 16 juin 2017

                                                                                         Copyright Christian Lepère

 

"Invention de la brouette" - détails

"Invention de la brouette" - détails

346 - Le temps m'attend
346 - Le temps m'attend
346 - Le temps m'attend

Il fait chaud disent les braves gens...

Comme ils ont raison!

Alors cuisons!

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 15:34
"Parking improbable" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2007

"Parking improbable" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2007

Intermède périphérique

Suite et fin

 

           Mais pour parvenir à ce grand anneau routier il faut d’abord le rejoindre. Cependant quoi de plus facile quand l’autoroute vous y mène directement ? Il est vrai qu’il peut y avoir un malaise au départ de ce dernier quand surgissant d’une banlieue verte il faut se raccorder et que du haut d’un pont, à peine engagé on découvre d’un seul coup d’œil que toutes les voies sont saturées à perte de vue. Et qu’il est trop tard pour faire demi-tour et s’échapper par un itinéraire bis. Alors irrémédiablement on va aller se coincer dans la cohorte figée. Là-bas, au loin dans un léger brouillard de pollution se dresse la fière silhouette de la Tour Eiffel autour de Paris qui s’éveille à un nouveau jour d’activité incessante. Mais le pire n’est jamais certain et voilà que le flot s’ébranle, doucement… doucement… puis plus vite, de plus en plus vite… « B.P. à 12 minutes » !!! C’est le panneau lumineux qui le promet et comme il est électronique on peut lui accorder une confiance que seuls des aléas imprévisibles peuvent remettre en question…Mais malgré tout ça fait chaud au cœur.

           Enfin on progresse sous le tunnel de St Cloud. On glisse sur la rampe immense qui franchit la Seine en une courbe majestueuse. A gauche  une église projette sa flèche de pierre dans toute sa gloire tandis que les tours de la Défense se profilent au loin. Ça rappelle les remparts de Carcassonne dominant un panorama immense de leurs tours pointues. Et c’est grandiose comme les abords de la grande ville hypertrophiée.

           Maintenant nous y sommes ! Les souterrains se succèdent. Les voies se démultiplient puis se conjuguent  avant de se raccorder à des bretelles qui vont se ramifiant sans fin pour se perdre dans le réseau environnant. Sans cesse le flot s’allège vers des sorties : Ivry, porte de Versailles, et s’enrichit de nouveaux participants venus d’un peu partout. Voilà qui réchauffe l’ambiance ! Oui, l’essentiel est de participer…A quoi ? Mais à l’exubérance vitale pleine de créativité et de CO2.

           Pour compléter le tout les motards, omniprésents, ont créé une file supplémentaire entre la 3ème et la dernière à gauche. Elle est étroite et indéfiniment renégociée car dépendant de la bonne volonté de ceux à qui quatre roues donnent plus de stabilité mais moins de souplesse. Enfin le tout-venant a intégré les règles tacites et acquis les réflexes nécessaires. Un œil sur le rétro arrière, l’autre sur le rétro de gauche et les deux pour ce qui fait obstacle devant. Quand à ce qui surgit à droite le coin de l’œil correspondant devrait suffire…Mais rien n’est parfait et la plus souple des trajectoires négociée avec une grâce féline n’empêche que les motos ont aussi des rétroviseurs. Et que ceux-ci dépassent de la ligne aérodynamique des deux roues. Donc parfois ça accroche…même si on en est quitte pour un bruit sec n’entraînant pas de dommages collatéraux. Rétro contre rétro ! Ça passe ou ça casse…

           Tout ce flot n’est pas sans rappeler la circulation sanguine avec ses globules rouges nourriciers qui iraient se ravitailler à Rungis en denrées consommables. Et puis il y a aussi le système immunitaire qui veille à la sécurité, prêt à sévir contre le contrevenant ou le hors-la-loi qui n’en fait qu’à sa tête en zigzaguant de file en file. Souriez, des véhicules banalisés sont peut-être en train de vous filmer ou de vous jauger avec leur radar embarqué. Faites bonne figure et présentez votre meilleur profil, il vaut mieux être aimable avec des responsables zélés prêts à appliquer la loi pour calmer les velléitaires et les petits malins qui louvoient pour profiter du moindre interstice. Et il y a aussi les bons Samaritains, ceux qui veillent à bord de leurs véhicules de secours et de dépannage. Prompts à laisser le passage au Samu et aux urgences extrêmes qui, sirènes hurlantes et gyrophares tournoyants, se taillent un passage dans la masse figée des simples usagers. Ceux dont je fais partie et qui ne prétendent que se rendre là où les attendent le devoir à accomplir où les amis à rejoindre. De toute manière avec d’excellentes raisons de venir célébrer un moment de convivialité périphérique et de participation à l’activité intense de la capitale. Ici au moins on ne risque pas de s’ennuyer.

                                                                     La Brosse Conge le25 mai 2017

                                                                     Copyright Christian Lepère

 

"Parking improbable" - détails

"Parking improbable" - détails

345 - Intermède périphérique
345 - Intermède périphérique

Après cette escapade citadine

nous reviendrons peut-être à des sujets plus sereins...

si le destin l'autorise...

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 09:00
"Gardiens du seuil" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2004

"Gardiens du seuil" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2004

Intermède périphérique

 

           Je coulais des jours heureux à la campagne en contemplant les bovins du haut de ma fenêtre. Tout à l’entour la nature verdoyait. Le joli mois de mai déployait ses fastes. Mais la vie est complexe, contradictoire et toujours alternée par soucis d’équilibre.

           Ainsi des obligations que je m’étais créées de façon un peu compulsive m’ont-elles amené à envisager un aller-retour de quelques jours dans la région parisienne. Je ne suis pas un fanatique de l’autoroute mais c’est quand même un moyen rapide de regagner la capitale. Certes les petites routes ont leur charme mais à condition d’être prêt à flâner. Prêt à se laisser détourner par le pittoresque qui peut vous entraîner dans ses méandres. Donc la voie rapide s’imposait pour respecter les horaires prévus et tenir mes engagements.

           A peine arrivé chez moi je retrouvai la joyeuse animation coutumière et mes habitudes de déplacements intra urbains. Ainsi pour aller à Paris j’ai repris les trains de banlieue. Toujours aussi ponctuels sauf incident indépendant de toute prévision raisonnable. Mais toujours aussi envahis par les accros des tablettes et autres smartphones, car nul ne saurait se passer de ses applications familières sans avoir l’air un peu bizarre. Au minimum débranché, has been et à côté de la plaque. Et ce de façon plus ou moins grave suivant l’âge,  le niveau bac + de la personne et son statut social, Tout cela sans appartenance communautariste déplacée.

           Enfin je schématise un peu car j’ai quand même noté parmi les branchés isolés par leurs écouteurs la présence de quelques lecteurs traditionnels, de ceux qui tiennent en main un bon vieux livre broché à la jaquette écornée. J’ai même parfois vu des gens assez désœuvrés pour jeter un coup d’œil sur le paysage. Celui-ci défilant derrière des vitres douteuses parce que rayées à mort par quelque signature rageuse identifiant des tags joyeusement bariolés faisant écho à d’autres investissant les abords de la voie ferrée. Tout cela proclame avec force les revendications d’égos hypertrophiés broyés par l’anonymat des villes-dortoir. Pour faire bon poids les sièges  aussi bénéficient du même statut d’affirmation primaire, mais de ce côté-là rien de nouveau sous le soleil. Dès la plus haute Antiquité tout un chacun s’est toujours senti investi du devoir de proclamer sa présence et d’en laisser des traces indubitables. Il n’y a pas que l’écorce des grands arbres qui soient ainsi tenue de témoigner et les bâtiments, en ruine ou pas, ont toujours permis à quiconque d’affirmer qu’il est venu, qu’il a vu et qu’il a vaincu…au moins l’oubli et l’indifférence des autres, de tous les autres dont l’anonymat n’est que mérité. Ainsi Julot et Nini se sont aimés à tout jamais et pour la vie conviant ainsi le monde à célébrer un souvenir impérissable. Et glorieux.

           Mais j’en reviens à mes visites parisiennes pour lesquelles j’ai fait usage de mon véhicule automobile. Ce qui m’a fourni l’occasion de retrouver ce bon vieux périphérique et la foule qui s’y presse à qui mieux mieux. Cet anneau magique est décidément bien pratique pour contourner la grande ville en évitant le labyrinthe des sens interdits et des voies pour taxis et autobus. Et il est exempt de tous ces feux rouges qui freinent votre enthousiasme et vous contraignent à attendre votre tour. Enfin c’est toujours exaltant de n’être pas seul et de participer à l’élan communautaire de tous ceux qui, momentanément, vont dans la même direction, avec un même élan tout juste tempéré par la limitation de vitesse.

                                                                                            A suivre…

 

 

"Gardiens du seuil" - détails

"Gardiens du seuil" - détails

344 - Intermède périphérique

Pas de panique!

le périphérique saura bien nous attendre

patiemment...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 08:43
"L'amateur d'art" - huile sur toile - 61 x 50 cm

"L'amateur d'art" - huile sur toile - 61 x 50 cm

Temps incertain

 

 

           De lourds nuages dérivent sur la Bourgogne. Comme des fleurs gigantesques ils épanouissent leurs pétales en ondes concentriques. Ils se chevauchent, s’opposent et mêlent leurs extravagances. Leurs couleurs sont variées pleines de nuances et de contrastes. Oublié le ciel bleu. Maintenant c’est le règne du sombre opposé au crépitant. Ici un gris tendre est lentement dévoré par des volutes à la profondeur anthracite. Là-bas c’est une lumière intense qui s’élance en rayons acérés rebondissant sur des rondeurs plus accueillantes. Et tout cela dérive comme une interminable procession.

           La fantasmagorie aérienne n’en finit pas de déployer ses fastes. Et c’est sans fin. C’est comme une armée en marche vers des lointains improbables  à moins que ce ne soit une troupe en déroute qui repart au pays natal après des conquêtes hasardeuses, des coups d’éclat et des rapines. Et maintenant c’est le reflux avec ses coups de théâtre improbables, ses revirements à l’emporte-pièce. Mais je m’égare et un spécialiste en météorologie officielle rendrait compte de tous ces mouvements de façon plus rationnelle et circonstanciée. Il nous parlerait de zones de pression et de dépression, d’anticyclone et de flux océaniques convergeant selon des paramètres soigneusement calculés et simulés à grand renfort d’ images de synthèse. Car tout s’explique, que voulez-vous…

           Mais sous mes yeux ce ne sont que courants aériens qui se conjuguent en s’enroulant ou en s’opposant avec véhémence. Des lumières diffractées rebondissent en crépitant. Des ruissellements qui pétillent avant d’être engloutis par des masses obscures se refermant comme de lourds couvercles. La pluie va-t-elle survenir ou nous contourner ? Allons…on verra bien. En attendant pas d’affolement. Car même si c’est d’une précision mathématique digne de l’ordinateur universel, l’extrême complexité des causes interdépendantes rebondissant sans fin peut nous réserver bien des surprises et des évolutions. En réalité tout se passe comme si une fantaisie débridée nous réservait maintes facéties et s’ingéniait à nous envoyer en promenade sans parapluie pour le plaisir malin de nous faire mouiller jusqu’à l’os. Ou à nous encombrer de cet ustensile alors que le soleil s’infiltrant entre les masses nuageuses va nous réchauffer à l’excès et nous faire suer à grosses gouttes. Mais après tout c’est ce qui fait le charme de la campagne avec son grand air et ses sautes d’humeur que nous ignorons superbement quand nous jouissons de la sécurité tiède des couloirs du métro. Car là au moins on est sûr de son fait et le manque de parapluie ne comporte aucune conséquence fâcheuse. Ah oui …j’oubliais il va bien falloir finir par sortir des souterrains pour continuer un peu à l’air libre. Décidément le risque zéro n’existe pas !

                                                              La Brosse Conge le 16 mai 2017

                                                              Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

"L'amateur d'art" - détails

"L'amateur d'art" - détails

343 - Temps incertain
343 - Temps incertain

L'avez-vous remarqué?

Le temps se fait selon sa fantaisie

mais patientons

il finira bien par être de saison...

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 08:41
"Verte campagne" - huile sur toile - 73 x 60 cm

"Verte campagne" - huile sur toile - 73 x 60 cm

Verte prairie

 

           En bas dans la prairie, sous mes fenêtres, s’étend l’herbe verte toute gorgée d’eau. La couleur est somptueuse et printanière jonchée de petites fleurs des champs, pâquerettes et boutons d’or qui éclosent sur le tapis végétal comme en une tapisserie médiévale aux mille fleurs. Il ne manque plus qu’une Dame à la Licorne, hiératique et paisible pour donner une âme à la campagne qui m’est chère. Et coutumière depuis l’enfance car elle perdure comme moi-même.

           Mais semblable lieu ne saurait rester désert bien longtemps. Voici donc qu’arrivent mes copines les vaches. Sans hâte elles vont broutant de -ci de –là, au gré de leur démarche débonnaire. C’est qu’elles sont à leur aise sans nul horaire impératif. Pas de stress ou d’emploi du temps. Personne ne viendra les presser à rentrer au bercail. Du moins pour le moment et le moment est éternel pour ces sages créatures. Bien sûr on viendra les chercher en temps opportun et Dieu sait avec quelle intention pour leur avenir. Mais de cela elles n’ont pas le moindre soupçon, pas le plus petit pressentiment. Alors elles broutent puisque c’est leur rôle et qu’elles le tiennent avec un inaltérable naturel. Sans relâche et sans nul arrêt si ce n’est pour se reposer. Et ruminer comme il se doit.

           Balançant du col, roulant doucement les mécaniques elles vont d’un bout à l’autre de l’espace dont elles disposent. Moins régulières qu’une faucheuse au parcours programmé et maîtrisé par l’homme aidé d’un g.p.s., elles se laissent un peu aller à l’improvisation. Evitant un creux, pliant la patte pour franchir une bosse elles s’adaptent aux aléas. Contournant une taupinière ou allongeant le col pour se repaître d’une touffe d’herbe jugée plus savoureuse. Ou plus fleurie. A moins que le terrain glissant ne les détourne du droit chemin.

           Mais elles ne sont pas seules. Leurs petits veaux les suivent. Moins solides et plus facétieux ils n’ont pas encore la belle allure des grands mammifères qui broutent sans relâche. La force tranquille leur fait encore défaut. Il suffira qu’à leur tour ils prennent possession des lieux avec l’autorité indiscutée du bovin que nul prédateur ne saurait agresser en ces contrées paisibles. Alors ils pourront régner à leur tour sur ce domaine verdoyant plein d’herbe tendre et de petites fleurs printanières.

                                                         La Brosse Conge le 14 mai 2017

                                                         Copyright Christian Lepère

 

"Au bord de l'étang" - détails

"Au bord de l'étang" - détails

342 - Verte campagne
342 - Verte campagne

Et pendant ce temps

des hordes d'hallucinés hypnotisés par leur smartphone

sont tassés dans le métro

en quête des dernières nouvelles du dernier attentat frappant notre monde médiatique

plein de bruit et de fureur et raconté par un idiot comme disait William

qui en connaissait un rayon...

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 08:10
"Entrelacs" - huile sur toile - 46 x 38 cm

"Entrelacs" - huile sur toile - 46 x 38 cm

Ce que je veux et que je n’obtiens guère

Suite et fin

 

                 Comme je vous l’ai dit précédemment toute la société fonctionne sur le principe de base qu’on ne saurait être heureux que si on a tout pour l’être. Ce qui fait que l’important n’est pas de se sentir vraiment bien  mais d’affirmer qu’on a de solides raisons de le proclamer. C’est vrai aussi pour le malheur. Comment donc oser remettre en cause des bases jouissant d'un tel consensus? Et c'est pourtant ce que d'autres me firent découvrir. Leur explication était simple et méritait d'être soumise à vérification.

                 La voici donc en quelques mots. Si l'homme veut être heureux, assurément, c'est à la condition expresse et indiscutable que ce bonheur soit assuré par tout ce qu'il considère subjectivement comme indispensable. Etre heureux, certes, mais pas par n'importe quel moyen. On a sa dignité et l'on préfère être malheureux plutôt que de se résoudre à un bonheur non justifié par les préjugés en cours dans la période envisagée. Par exemple aller skier à Courchevel avec son jet privé  ou posséder une résidence de rêve au bord la mer d’où l’on peut contempler son yacht digne d’Onassis où l’on va sabler le champagne avec des top model plus que sublimes.

                 Or, dans ces conditions le bonheur ne peut être que dépendant. Pour l'un ce sera l'argent, pour l'autre la gloire ou la notoriété et pour beaucoup les satisfactions des rapports sociaux gratifiants. Avoir des amis, une famille, une descendance qui vous fait honneur, sans oublier l'amour et la sensualité. Voilà pour le commun.

                 Pour les êtres d'exception il faudra des conditions un peu plus originales. Etre le champion du monde du dix mille mètres ou le plus grand collectionneur de porte-clés. Enfin certains se plairont à considérer que seule la Présidence de la République sera capable de leur procurer toutes les joies nécessaires.

                 Mais voici qu'on m'assène maintenant l'affirmation contraire et que l'on vient me dire que le bonheur véritable ne dépend de rien. Et que d'ailleurs s’il dépendait de quoi que ce soit il serait tellement menacé à chaque instant que la jouissance qu'il procure s'en trouverait perpétuellement minée par la crainte de sa disparition. Interloqué par la logique de l'argumentation je n'en ai pas moins continué à faire comme si, malgré tout, telle ou telle chose pouvait quand même me rendre heureux, ou au minimum un peu moins insatisfait. Et je me suis acharné vers des buts divers qui, à mon avis devaient m'apporter quelques joies. Comme il se doit cette obstination a perduré et je n'ai pu y renoncer petit à petit que sous l'effet de l'accablement ressenti devant les échecs réitérés s'accumulant pour ma plus grande édification. Mais le temps est implacable et même mon opacité ne saurait y résister indéfiniment. J'en suis donc arrivé à ne plus croire à ce qui m'était apparu indispensable. J'ai cessé tout doucement de poursuivre mes chimères favorites. Je n'ai plus cru que les vacances, le beau temps et l'opinion des autres sur mes faits et gestes étaient nécessaires à mon bonheur quotidien. En un mot je me suis détaché.

                 Ai-je atteint par ce moyen un état stable et définitif? Je dois avouer que pour l'instant rien ne serait plus mensonger. Car perdre ses références, point d'appuis et croyances diverses n'est pas une mince affaire. C'est que l'on s'est identifié à tant de choses…Aussi nos habitudes invétérées sont-elles amplement suffisantes pour maintenir l'optique habituelle coûte que coûte.

                 Passer sans coup férir de la croyance en la responsabilité des causes extérieures à la pratique beaucoup moins naturelle de la remise en  question de nos prétentions les moins fondées relève carrément de l'ascèse et je crois bien d'ailleurs que s'il n'en était pas ainsi le monde tel qu'il perdure en prendrait séance tenante un sacré coup dans l'aile. Mais il suffit d'ouvrir Paris- Match pour se convaincre qu'il n'en est rien et que la poursuite effrénée du bonheur par les moyens habituels a encore beaucoup de beaux jours devant elle.

                                                                    Le Chesnay le 20 avril  1996

                                                                    Copyright Christian Lepère

                

"Entrelacs" - détails

"Entrelacs" - détails

341 - Ce que je veux et que je n'obtiens guère - suite et fin

Jusque-là ça va?

Alors

à bientôt !

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 06:37
"La dame en vert" - huile sur toile - 46 x 33 cm - 1986

"La dame en vert" - huile sur toile - 46 x 33 cm - 1986

Ce que je veux et que je n'obtiens guère

 

                 Demandez-leur, ils vous le diront tous qu'ils veulent être heureux. Et cela paraît à première vue assez légitime. D'ailleurs pourquoi se priver si une occasion de bonheur se présente? Comment se fait-il alors que la suite soit si décevante? En cet instant je crois, en admettant que les comptes soient corrects, que plusieurs milliards de nos semblables recherchent le bonheur. Avec assez peu de succès me semble-t-il. Car dans le cas contraire le nombre de chercheurs devrait diminuer peu à peu. Et ça finirait par se remarquer…

                 Or la situation n'est pas nouvelle et ne semble en tout cas pas évoluer de façon significative. Il est donc admis une bonne fois pour toute que l'espèce humaine est faite pour rechercher le bonheur sans jamais réussir à s'y établir. Devant cette étrange situation on peut s'interroger: ces cohortes de malheureux opiniâtres s'y prendraient-elles de façon maladroite? Je me suis donc comme tout un chacun évertué à atteindre un état satisfaisant et comme tout le monde je n'y ai guère réussi. Constatant que comme pour tout ceux qui m'entourent et que je côtoie, cette quête ne réussissait que rarement et en tout cas de façon très momentanée, chaque satisfaction étant suivie de complications et de remises en cause on ne peut plus pénibles pour qui croyait toucher au but

                 La chose est devenue intéressante lorsque j'ai enfin rencontré des gens heureux. Pas de ceux qui affirment et qui proclament leur bonheur avec une énergie un peu suspecte et voudraient à tout prix vous convaincre de monter à bord de leur bateau. Non, pas non plus des raisonneurs logiques qui nous prouvent de façon péremptoire que, puisque ils ont tout pour être heureux, ils ne peuvent que l'être. Non, des gens qui non seulement avaient l'air heureux mais de plus n'éprouvaient nul besoin de vous le prouver ou d'aller le crier sur les toits. Je me suis donc approché pour y voir d'un peu plus près. Quoique discrets ces étranges personnages étaient capables de s'expliquer. Et même de fournir des arguments dignes d'être écoutés. Ce n'étaient ni des naïfs, ni des idiots de village. Il se révéla même qu'ils n'avaient pas fait de découvertes miraculeuses et spontanées, mais qu'ils avaient bénéficié eux-mêmes de conseils avisés. On leur avait dit que…et ils avaient tenu à vérifier par eux-mêmes ces conseils transmis au fil des siècles. Leurs sources, lointaines et dûment testées à chaque génération semblaient être crédibles et capables de mener au but.

                 Venu pour m'enquérir, je ne tardais pas à me voir préciser les points essentiels de toute recherche adéquate.

                 J'appris donc ainsi que si tout le monde souhaite le bonheur, bien peu se livrent à des investigations logiques et réfléchies pour y parvenir. Aussi chacun va-t-il chercher à sa façon, ce qui est bien sûr tout à fait légitime, mais hélas sans tenir compte de la dure réalité. Chacun partira donc très naïvement de son propre point de vue et des sages conseils que lui prodiguèrent jadis papa, maman, sans oublier l'oncle Emile et la concierge.

                 Or tous ces braves gens lui ont fait comprendre, preuves pédagogiques à l'appui, qu'on ne pouvait être heureux qu'en obtenant ce que l'on désire. Ce qui est évident puisque dans le cas contraire on est soumis au déplaisir.

                 Ainsi comme chacun a pu le constater dans son enfance, si j'ai une sucette et si on me la retire, je crie, je pleure et je me sens lésé. De là a conclure que l'obtention de confiserie est indispensable à mon bonheur il n'y a qu'un pas bien vite franchi avec l'appui souriant des adultes qui en profitent sournoisement pour établir des stratégies à leur avantage. Chantage et démagogie. Négociation. Je te donne, tu me donnes et tout le monde est content. Enfin presque tout le monde.

                 Je vous en dirai donc un peu plus la prochaine fois afin de dissiper d’éventuels malentendus.

                                                                             A suivre

 

 

 

"La dame en vert" - détails

"La dame en vert" - détails

340 - Ce que je veux et que je n'obtiens guère

En attendant portez-vous bien

et soyez

gais!

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 08:36
 315 - " Le cercle de famille" - eau-forte imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1982

315 - " Le cercle de famille" - eau-forte imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1982

Albert, citoyen intègre

Suite et fin

 

          

           La soirée précédente Albert avait regardé la télé pour y jouir d’un film sur Bonaparte et la campagne d’Egypte. La chose n’était pas déplaisante à regarder. L’histoire y déployait son effervescence à l’aide d’images numérisées, trafiquées et pleines d’effets très spéciaux rendant compte de réalités  anciennes devenues depuis des légendes dont l’enfance est friande. L’équivalent des images d’Epinal en version enrichie et corrigée pour Smartphone de dernière génération dispensant la 4 G. Un bon spectacle pour se détendre avant d’aller remplir son devoir de citoyen. En tout cas suffisant pour toute âme ayant conservé sa fraîcheur enfantine et voulant discerner les bons des méchants.

           Le général Bonaparte était donc le héros qui se lance dans une folle aventure militaire mais avec la meilleure conscience. C’est qu’après avoir combattu victorieusement pour l’idéal révolutionnaire il veut maintenant apporter la civilisation et le progrès à tous ces malheureux qui après leur heure de gloire hélas très ancienne, ont sombré sous des dominations adverses pendant des éternités. Il veut donc retourner aux sources pour les revivifier. Le projet est beau et exaltant. Ne reste plus qu’à le concrétiser ou, comme on dit familièrement, « Y a plus qu’à… ». Il lance donc sa flotte sur les mers, réussit à déjouer la vigilance des Anglais et permet à des artistes, des scientifiques et des penseurs de parvenir en Egypte. Là ils pourront s’instruire, s’ouvrir à des pratiques inconnues et en retour apporter tous leurs savoirs et leurs compétences. Tout ce que l’Europe a développé depuis la Renaissance avec l’apothéose du siècle des lumières. Il s’agit donc de redécouvrir le passé pour se propulser vers l’avenir. Ce n’est pas dit mais clairement on se dirige vers des lendemains qui chantent.

           Hélas, trois fois hélas ! Les Anglais arrivent inopinément et font le coup de Trafalgar. Voilà notre général Bonaparte amputé de sa flotte, coincé en Egypte. Mais qu’importe il est prêt à tout. Y compris lancer son armée à travers le désert pour atteindre le Caire. C’est marche ou crève pendant que quelques-uns artistes et chercheurs se la coulent douce à Rosette au bord de la Grande Bleue. Mais les hommes sont félons et les autochtones ne veulent pas trop se laisser envahir. Pourtant Bonaparte a fait part de bonne volonté. Non content d’admettre les coutumes religieuses voilà qu’il les encourage et se sent des velléités musulmanes. Mais les foules sont versatiles et le premier enthousiasme passé elles se mettent à exprimes des doutes. La situation se renverse. Les féroces mamelucks attaquent puisque c’est leur métier. Il les repousse. Ils s’esquivent et l’entraînent au loin vers le Sud. Comment s’entendre avec des gens qui ne jouent pas franc-jeu ?

           J’avoue qu’Albert, mon héros, bien que séduit par les péripéties se lasse un peu de ces histoires vieilles comme le monde. Guignol c’est bien mais à consommer avec modération comme toutes les bonnes choses. Il est donc allé reposer ses membres un peu las pour se réfugier dans un sommeil apaisant.

           Donc Albert après une nuit réparatrice a pu aller accomplir son devoir, ce qui vous a été dûment relaté. Il a de plus sur le chemin de l’aller et du retour croisé quelques amis et connaissances qui s’apprêtaient à faire comme lui. Et cela l’a réconforté de ne pas se sentir seul. C’est donc la conscience tranquille qu’il a pu revenir chez lui, point de ralliement d’où il repartira comme d’habitude vers de nouvelles aventures, comme Tintin, comme Bonaparte. En attendant le second tour des élections où enfin l’aventure de la France éternelle pourra se poursuivre dans les meilleures conditions. Enfin souhaitons-le car plusieurs candidats, selon des sources bien informées quoique contradictoires sont prêts à nous entraîner vers le chaos et la déchéance. Mais le pire n’est jamais certain même s’il reste toujours possible. Enfin, comme l’avait dit je ne sais plus trop qui mais qui avait de l’expérience : « Nous étions face à l’abîme, nous avons fait un pas en avant ! »

 

                                                         Le Chesnay le 23 avril 2017

                                                         Copyright Christian Lepère

"Le cercle de famille" - détails

"Le cercle de famille" - détails

339 - Albert, citoyen intègre - suite et fin

Le soleil

brille à nouveau!

laissons- le accomplir sa mission

en attendant les dernières nouvelles du vaste monde où il éclaire

 les bons comme  les méchants.

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 06:38
"The Jolly Joker" - huile sur toile " 52 x 45 cm - 2006

"The Jolly Joker" - huile sur toile " 52 x 45 cm - 2006

Albert, citoyen intègre

 

 

Albert se sentait tout chose après une bonne nuit passée en son chez-soi. Il venait de s’éveiller à un jour nouveau. Jour de gloire, radieux et plein d’un joyeux soleil. Pourtant son âme était triste. Allez savoir pourquoi…

           Par la grande baie vitrée il voyait le vaste ciel déployer sa splendeur au -dessus des résidences. Au loin la ville, les bois, le parc de Versailles et ses nobles frondaisons. Enfin le Grand Trianon au charme ancien avec ses colonnades roses au parfum suave.

           Sur tout cela et formant couvercle se déployait l’immensité azuréenne d’un ciel limpide pourtant lacéré des traces croisées des jets emportant ses semblables aux quatre coins du monde. Ce n’étaient que balafres rectilignes  se heurtant ou se chevauchant à moins qu’elles ne s’infléchissent en courbes gracieuses préparant un atterrissage soigneusement prévu. Pourtant chaque petit point engendrant une nouvelle ligne tendue vers l’avenir était plein d’humanité, bondé de ses semblables alignés dans leurs sièges low cost ou classe affaire au confort accru. Là-haut dans une coque métallique les isolant de l’inconfort de l’altitude ses semblables, ses frères et sœurs et leur progéniture se laissaient emporter vers leur destin. Qu’ils soient d’Asie, du Nouveau Monde ou de la banlieue lyonnaise, peu importe. Chacun allant où il devait aller. Du moins tant qu’un terroriste fanatique ne tenterait pas de détourner la trajectoire de la puissante machine vers des buts moins louables aux yeux des infidèles que je suis, que vous êtes, que nous sommes. Mais qui ont bien le droit de ne pas être privés de leur devenir légitime.

           Après ces pensées grandioses inspirées par l’état du ciel il s’alla brosser les dents, puis se peignit et se vêtit. C’est qu’il avait son devoir de citoyen à accomplir. Car il lui incombait de voter pour choisir celui ou celle qui allait devenir le chef et le guide de la nation. Ce qui n’est pas peu. Ce qui est même beaucoup car l’enjeu moral est de taille. Comment choisir alors que tous, prêts à tous les sacrifices sont décidés à tout consacrer au bien commun pour faire profiter de leur expérience et de la sagesse de leur réflexion  un vain peuple abusé par la démagogie des autres. De tous les autres, toutes tendances confondues et qui ne songent qu’à vous leurrer en vous abreuvant de bêtises et d’inepties grossières. De contre-vérités opaques assénées comme parole d’évangile.

           Après avoir lu les programmes, soupesé les arguments et séparé le pour et le contre. Après avoir tenté de démêler le vrai du moins vrai et de l’approximatif. Après avoir démasqué les faux-semblants et les invraisemblances et les compromis inévitables, il avait enfin  décidé de choisir. Oui ! Mais pour qui ? Voter à droite ? Voter à gauche ? Au centre ? Ou plus ou moins à la gauche du centre d’une droite tempérée ?  Fallait-il saisir une occasion d’alternance ou ménager la chèvre et le choux à condition qu’ils fussent bio ? Longtemps il avait contemplé les petits candidats, petits mais dignes d’estime bien que leur obscurité, toute relative d’ailleurs, ne les empêchassent pas de profiter de l’aubaine pour monter à la tribune défendre leurs intimes convictions. Il avait donc porté son attention sur les obscurs et les sans-grade, ceux qui s’immiscent tous les cinq ans dans la cour des grands, profitant de l’aubaine démocratique. Il avait même été jusqu’à envisager ceux qui renonçant à toute prétention ne souhaitent pas réussir et vont  se présenter dans leur simplicité foncière. Au moins ceux-là n’ont pas de magouilles derrière les prétentions, pas de stratégie sournoise, pas de plan B. Ils frôlent le lâcher-prise cher aux adeptes du zen et aux sages qui ont tout largué.

           Il s’était donc rendu à la mairie pour déposer son bulletin dans l’urne et participer à la grand-messe. Puis, fier du devoir accompli il avait regagné ses pénates. Une longue journée l’attendait encore. Comment allait-il la consommer ? Cuite à point ou encore moelleuse à cœur ? Allait-il regarder la télé en attendant fébrilement sinon des résultats, du moins des tendances, des approximations, voire des commentaires sur l’abstention ou le vote blanc ? Enfin tout ce qui aide à patienter en se rongeant les ongles dans l’attente fébrile du verdict final. D’ailleurs même celui-ci ne serait que partie remise à l’issue d’un premier tour en préparant un deuxième.

 

                                                          La suite au prochain numéro…

 

"The Jolly Joker" - détails

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338 - Albert, citoyen intègre
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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:06
"Babel au fil du temps" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1998

"Babel au fil du temps" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1998

 

Le blog de l’Imaginaire fête son 7ème anniversaire !

avec

 

Néron  le tournoyant

 

           C’est sur le Mont Palatin que se dressait la salle à manger tournante de Néron. Dans sa folie celui qui se prenait pour un dieu avait eu l’idée grandiose de placer ses convives sur orbite. Etait-ce pour leur faire tourner la tête ? A moins que ce ne soit par compassion pour les malheureux inférieurs dont sa grandeur d’âme lui permettait de supporter la présence en ces lieux augustes. Avouez que l’idée est grandiose et mérite attention de la part des pauvres béotiens que nous sommes.

           Découvert en 2009 tout le soubassement a permis de comprendre la logique du mécanisme qui animait la partie mobile de cet édifice, par ailleurs d’une stabilité toute classique. D’abord un aqueduc proche fournissait l’eau en abondance. Celle-ci faisait tourner une roue de moulin dont le mouvement circulaire était transmis vers les hauteurs par d’ingénieux mécanismes et finissait par animer une charpente mobile   sur laquelle prenait appui un plateau. Ce dernier couvert d’un dallage taillé dans le marbre le plus noble pouvait enfin accueillir tout le mobilier adéquat. Enfin on pouvait convier les invités à  festoyer dans cet espace sublime digne de l’Olympe.

reconstitution du mécanisme

reconstitution du mécanisme

C’est alors que l’ensemble pouvait se mettre à tourner dans un rythme lent et solennel entrainant les convives dans sa giration, tels des astres autour du soleil ou, mieux encore, tels des satellites rendant hommage à la divinité.  On atteignait ainsi au plus haut des cieux habité par le maître des lieux à l’exact Centre du Monde.

           J’admets que c’est un peu compliqué. Et indirect. Mais que voulez-vous n’est pas Néron qui veut. Et si l’on n’a pas eu cette chance à la naissance, du moins peut-on se rapprocher de Celui qui l’a eue tout naturellement quand il était petit.

 

                                                 Le Chesnay le 1er mars 2017

                                                 Copyright Christian Lepère

"Babel au fil du temps" - détails

"Babel au fil du temps" - détails

337 - Néron le tournoyant

Et

le monde

continue de tourner

inlassablement

et sans

fin

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