Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 08:08
"Passions conflictuelles" - huile sur toile- 130 x 97 cm - 2010- 1ère étape

"Passions conflictuelles" - huile sur toile- 130 x 97 cm - 2010- 1ère étape

Surgissement sur la toile blanche

(1)

           Pourquoi afficher ici cette suite d’images piégées par le numérique au cours de la réalisation d’une toile peinte ? Sans doute pour montrer d’où surgit l’improbable et à quel point tout cela n’est pas prémédité, ne répond pas à un projet précis soigneusement élaboré. Certains de mes amis tout aussi obsédés par l’imaginaire et la créativité intérieure que moi procèdent différemment. Bien souvent ils font des croquis, des ébauches, des approches successives. Certains vont même jusqu’à agrandir au carreau une esquisse déjà très élaborée ou à projeter sur la toile la photo de leur projet. Je comprends fort bien et je respecte. D’ailleurs des peintres anciens et non des moindres procédaient ainsi. C’était traditionnel. Et il est vrai qu’on ne peut pas peindre le plafond de la chapelle Sixtine en improvisant sauvagement. Ni la taille, ni le lieux, ni les exigences des commanditaires n’auraient pu s’en accommoder. Rendons hommage à Michel-Ange pour ce qu’il a fait. C’est la même chose pour ses sculptures. Tailler d’énormes blocs de marbre suppose une aide préparatoire et surtout une absence d’hésitation dans la progression. En taille directe, pas question de recoller un morceau et de rajouter le petit doigt manquant à la Sainte Vierge. Nul repentir n’est possible. Je sais bien qu’avec les matériaux modernes de synthèse on est maintenant plus libre et qu’ils tolèrent l’hésitation. Mais malgré tout…

 

                                                                                                        à suivre

 

353 - Surgissement sur la toile blanche
353 - Surgissement sur la toile blanche
353 - Surgissement sur la toile blanche
353 - Surgissement sur la toile blanche
353 - Surgissement sur la toile blanche
353 - Surgissement sur la toile blanche

C'est donc une affaire à suivre.

A bientôt!

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 08:39
Image numérique obtenue avec la participation d'Alice et l'aide bienveillante de Photoshop

Image numérique obtenue avec la participation d'Alice et l'aide bienveillante de Photoshop

La vie, la mort

Et  ce qui en découle (suite)

 

                   Rien ne vaut l’observation directe, c’est certain mais connaissant les limites de mes sens et de ma compréhension je profite sans vergogne de tout ce que peuvent m’apporter les spécialistes qui ont le temps et les moyens techniques d’observer de façon beaucoup plus pointue.

           Donc je regarde Arte. Là les prodigieux progrès des caméras vidéos fournissent des images du monde infiniment plus saisissantes. Polyvalentes elles peuvent aller traquer l’information partout, dans les airs et sous les eaux, au cœur des volcans et des glaciers. Embarquées sur des drones rien ne les arrête et fixées sur la tête d’un aigle elles nous donnent une vision de rapace.

           Elles peuvent aussi se jouer du temps avec les prises de vues en accéléré ou en ralenti et faisant fi de  nos proportions humaines vont explorer le microscopique et le très grand des espaces cosmiques.

           L’homme augmenté par la technique n’est plus un mythe, une divagation pour esprits fiévreux. Cyrano de Bergerac est bien dépassé et tout ce que l’imagination humaine a pu échafauder dans ses rêveries les plus débridées est en train de se réaliser sous nos yeux. La science-fiction devient de la science expérimentale, méthodique et raisonnable, à ce petit détail près que la vision élargie dépasse de bien loin tout ce que l’on osait à peine imaginer. Bien au-delà des contes et légendes chers à Marco Polo.

           Sans arrêt les chercheurs découvrent de nouvelles formes de vie ou des ressources imprévues. Parfois très improbables. Que ce soit dans les milieux les plus hostiles et les plus extrêmes ou au contraire dans des conditions qui nous semblent si ordinaires et de ce fait tellement banales qu’elles attirent peu l’attention de ceux qui croient tout connaître.

           Je viens donc d’en apprendre de belles sur la bioluminescence. Tout petit j’avais découvert les vers luisants. Pépé Louis ou tata Olga, à moins que ce ne soit une autre grande personne avait attiré mon attention sur ces petites lumières vertes s’allumant dans les herbes folles à la tombée de la nuit. C’était magique et rigolo. Mais ça servait à quoi ? Les scientifiques ont donc cherché et trouvé. Comme tout ce qui est naturel la bioluminescence a permis à bien des espèces de se donner les moyens de mieux survivre. D’abord dans le domaine essentiel de la sexualité. Comment attirer un partenaire autrement qu’en émettant des phéromones au parfum envoutant ? Ou  en se livrant à des parades complexes savamment codifiées ? Eh bien en émettant des signaux lumineux visibles de loin et modulés savamment pour transmettre de précieuses informations sur leurs producteurs. C’est un peu l’équivalent des petites annonces matrimoniales qui permettent de choisir chaussure à son pied. Et plus si affinités.

           Ensuite il y  a l’aspect prédation. Aspect qui peut être vu du côté du chasseur pour attirer la proie en la trompant ou du côté de la victime pour faire peur au prédateur ou être jugé non consommable. Enfin, comble de raffinement certains planctons se rendent visibles  pour se faire dévorer…et se retrouver dans les entrailles ou les poumons ou Dieu sait où à l’intérieur d’un hôte qui leur est indispensable pour accomplir la suite de leur programme avant de se faire éjecter. Mais c’est une stratégie bien établie chez les micro-organismes qui ont besoin d’être confortablement installés dans un système digestif ou autre avant de repartir pour de nouvelles aventures…

           Enfin il y a la bio fluorescence. Un peu différente de la bio luminescence car la lumière n’est pas produite par une réaction chimique mais simplement réfléchie. Il lui faut donc une lumière naturelle extérieure mais qui est ensuite réémise en devenant fluorescente.

           Depuis peu on constate que le phénomène est très courant dans les océans. Poissons, crustacés et coraux y ont recours et ce toujours dans les mêmes buts : assurer sa survie en se nourrissant, se protégeant et se reproduisant. Les moteurs vitaux de base sont toujours les mêmes et servent indifféremment toutes les formes de vie, depuis toujours et à tout jamais. Il s’agit simplement de  croître et proliférer pour pouvoir durer le plus longtemps possible.

 

                                                                   La Brosse Conge le 30 juillet 2017

                                                                   Copyright Christian Lepère 

 

Sébastien mis en scène par Photoshop

Sébastien mis en scène par Photoshop

Après la canicule le fond de l'air est frais...

Profitons-en en attendant la suite.

Bonnes vacances!

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 08:54
"Quand la mer se retire" - acrylique sur panneau - 31 x 40 cm - 1984

"Quand la mer se retire" - acrylique sur panneau - 31 x 40 cm - 1984

La vie,la mort

Et ce qui en découle

 

           J’étais petit et je m’émerveillais du spectacle de la campagne. Cependant tout ne m’y plaisait pas car la mort et le drame sont planqués derrière les taillis et  sous la plus verte des touffes d’herbe qui faisaient mon quotidien dans le jardin de mon grand-père.

           On le sait bien, les animaux, du plus considérable au plus insignifiant passent le plus clair de leur temps à s’entre-dévorer, à manger ou à se faire manger. En toute innocence bien sûr puisqu’il s’agit simplement de survivre et qu’ils ont un besoin vital de protéines qu’ils ne sont pas capables d’élaborer eux-mêmes. La chaîne du vivant mérite bien son nom car tous les maillons y sont indispensables. Qu’un seul manque et c’est tout l’équilibre qui est remis en cause.

           C’est ce que l’on appelle l’interdépendance naturelle qui perdure depuis que la vie biologique est apparue sur cette planète. D’ailleurs elle sévit tout autant dans notre propre organisme. Au plus intime de nos personnes, nos cellules se nourrissent en recyclant tout ce qui leur est indispensable pour continuer à faire bonne figure dans l’ensemble. Pour se faire elles ne peuvent se contenter des apports extérieurs mais doivent aussi assurer le nettoyage en se nourrissant des restes de leurs petites sœurs qui ont fait leur temps et dont les restes corrompraient le voisinage. Comme sur les champs de bataille de Napoléon la gangrène est prête à sévir. Mais la nature a tout prévu.

           Ainsi tout se renouvelle en un flux perpétuel où la destruction est indispensable au renouvellement de ce qui a été tout neuf avant de devenir obsolète. La vie et la mort, biologiques et contingentes, sont irrémédiablement confondues et  s’entendent comme larrons en foire. On pourrait même dire qu’il n’y a que la vie sous ses deux aspects de création et de destruction jouant avec elle-même inlassablement.

           Mais c’est l’été et même s’il fait très beau et que la nature exulte, il m’arrive de regarder la télé pour me tenir au courant des faits et gestes de mes semblables. Grands et petits, hommes considérables et femmes d’envergure mais aussi  tout-venants de base,  obscurs et  va-nu pieds dont le destin n’en est pas moins humain et plein d’enseignements. Donc je regarde et entre Poutine et Trump, entre le Tour de France et la chaude ambiance des feux de forêt sur les bords de la Grande Bleue, je vois aussi des documentaires qui complètent ma culture pleine des lacunes  qui la rendent moins pontifiante.

                                                                                                 à suivre

 

"Quand la mer se retire" - détails

"Quand la mer se retire" - détails

351 - La vie, la mort et ce qui en découle
351 - La vie, la mort et ce qui en découle

En attendant

vivons

joyeux

!!!

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 13:39
"Crépuscule flamboyant" - huile sur toile - 61 x 46 cm - 1985

"Crépuscule flamboyant" - huile sur toile - 61 x 46 cm - 1985

En passant le pont

Suite et fin

 

           Au cours des âges on avait aménagé le cours de la rivière. Dans la plupart des villages traversés un petit barrage avec déversoir permettait de créer une zone navigable. Le courant y était plus paisible et une réserve d’eau fournissait de l’énergie au moulin. C’était le cas à Sermizelles. Mais il est bien connu que le progrès est l’ennemi de la tradition. Ainsi après- guerre le moulin servait de moins en moins ayant peu de grain à moudre. On s’était résolu à utiliser l’énergie produite  pour activer la scierie située sur une île au milieu du courant. Mais là aussi le progrès allait frapper et l’électricité remplacer une énergie naturelle moins abondante et intermittente selon les saisons.

          Comme toujours ce qui ne sert plus se dégrade et faute d’utilité on se désintéresse de la question. Pourquoi consacrer du temps et des moyens pour maintenir des aménagements anciens même pleins des charmes du bon vieux temps. Place à l’efficacité ! Nous vivons une époque moderne.

           Pendant des années le barrage et le paisible plan d’eau qu’il créait fût maintenu. On avait même aménagé une baignade avec plongeoir à cet endroit. Là où l’eau profonde était bordée d’une plage de sable amené par camion et renouvelé à la demande. C’était l’époque où les vacances se démocratisaient et où l’on se satisfaisait des possibilités locales. L’heure n’était pas encore à la mondialisation et pour beaucoup les vacances pouvaient se passer à la campagne, dans un cadre familial bon enfant. C’étaient les vacances des pêcheurs à la ligne et de ceux qui venaient se reposer en se retrouvant d’année en année entre copains.

           Mais le barrage vieillissait et s’en allait par petits morceaux. Personne ne songeant à le réparer sérieusement par manque de moyens. Mais c’est ne pas tenir compte de la nostalgie qui habite les braves gens attachés à leur lieu de vie. C’est ainsi qu’un ancien natif du pays  avait bien essayé de susciter un élan réparateur parmi la population. Un jour tout le monde avait été convié à venir nettoyer et remettre en état le barrage et son déversoir. On avait même poussé l’enthousiasme jusqu’à nettoyer et recreuser la canalisation permettant à l’eau de passer à nouveau sous le moulin sans entraîner une roue d’ailleurs absente. Et l’eau s’écoulait  revivifiant les eaux stagnantes de ce bras de rivière devenu mort. Une pelleteuse était même intervenue pour déblayer des bancs de sable qui achevaient de retenir l’eau sans lui permettre de rejoindre le courant principal vivifiant. Mais le renouveau avait été d’assez courte durée et l’année suivante tout aurait été à refaire.

           Enfin l’ère du camping de proximité était de plus en plus révolue. Alors que des camps rustiques s’étaient développés dans beaucoup de villages le long des vallées de la Cure et de l’Yonne, leur nombre ne faisait plus maintenant que décroître. Un cercle vicieux s’imposait : moins de vacanciers et moins de commerce local, donc moins de ressources, donc moins de vacanciers…Mais voilà le niveau de vie s’est amélioré et on circule mieux. Alors on va plus loin là où la télé nous appâte avec des images de rêve. Les plages de bords de Cure ne peuvent guère rivaliser avec celles de la Costa Brava si ce n’est toutes les autres du Club Med  où l’on peut se cultiver la tête tout en bronzant de la façon la plus intégrale. Et je ne vous parle pas de la Culture devenue indispensable comme moteur de consommation de la croissance. Mais c’est un problème infiniment plus vaste, celui de la mondialisation qui est en train de chambouler notre petite zone de confort en nous faisant participer à toutes les activités souhaitables pour le plus grand bien du libéralisme international.

                                                                 La Brosse Conge le 3 juillet 2017

                                                                 Copyright Christian Lepère 

          

"Crépuscule flamboyant" - détails

"Crépuscule flamboyant" - détails

350 - En passant le pont - suite et fin
350 - En passant le pont - suite et fin

Voilà 

tout est dit

et cependant tout reste à dire...

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 08:17
"Chaise à porteurs" - huile sur toile - 40 x 61 cm - 1985

"Chaise à porteurs" - huile sur toile - 40 x 61 cm - 1985

En passant le pont

Suite

 

           Lieu de passage, le pont était aussi l’endroit de divers rassemblements. De la jeunesse aux retraités chacun pouvait y rencontrer son semblable ou son opposé. Opposé voulant aussi dire complémentaire dans le grand jeu de l’oie de l’existence. Car les motivations ne cessent d’évoluer au cours d’une vie un peu longue et bien remplie.

           On débutait par la rencontre de tricycles et de petits vélos avec stabilisateurs, après les voitures d’enfants des tout débuts. Cela sous le regard bienveillant des grandes personnes assurant la sécurité. En grandissant on continuait avec le vélo amélioré par un guidon de course pour décupler les performances. Puis on en arrivait à la mobylette avant de parvenir au scooter, summum du deux-roues efficace avant la moto de l’adulte confirmé. Pour ma part je n’ai pas dépassé le stade du vélo solex de mon grand-père. Un vaillant petit moteur à entraînement à galet faisant l’appoint pour soulager l’effort et ménager les mollets. Mais l’aide restait discrète et ne suffisait pas pour franchir la petite pente accédant au pont sans se remettre à pédaler…

           De toute façon la lenteur favorisait la contemplation du point de vue sur le village. Changeant de rive on changeait aussi de monde, voire de mœurs et de coutumes. Au-delà du pont plus rien n’était vraiment semblable. Pour les rares habitants du hameau le village était déjà la ville avec ses deux épiceries et sa boucherie. Il y avait même un maréchal-ferrant et occasionnellement un coiffeur. Sans oublier les débits de boisson où l’on peut se requinquer en bonne compagnie avec des boissons fortes mais cependant licites. Et taper la belotte entre initiés, anciens de 14-18 dont le nom par chance ne figurait pas au monument aux morts.

           Mais les affaires du monde sont fluctuantes. Ainsi il arrivait à l’occasion que les flots se déchaînent. Souvent au printemps l’eau montait inexorablement malgré les précautions prise pour éviter les risques d’inondations. Plusieurs barrages hydrauliques créés au cœur du Morvan d’où sont issus la Cure et ses affluents permettaient de régulariser le débit. Mais rien n’est parfait et les lacs artificiels étant pleins il fallait bien se résoudre à voir l’eau se répandre comme bon lui semblait.

           D’abord le débit augmentait et prenait un aspect plus menaçant. Chargée d’alluvions et de débris flottants l’eau boueuse envahissait les berges. Ensuite elle filtrait dans les caves du village avant de submerger la rue qui la longeait et, sur l’autre rive, les champs avoisinants. Le pont, de par son altitude toute relative échappait à la crue mais il arrivait qu’on ne puisse plus le passer, privés de voies d’accès encore fréquentables. D’ailleurs au-delà il était courant que la route menant au hameau et entourée d’eau telle une digue se voit elle-même coupée au niveau de l’abreuvoir. Là où les vaches allaient se désaltérer après une journée à l’étable ou dans les prés. Allait-on être isolés du monde ? Privés de nourriture ? Ravitaillés par les corbeaux ? Ou réduits à ne plus consommer que les produits locaux, pissenlits et escargots de Bourgogne ?

           Non ! Car il restait l’issue de secours. Privés d’accès à la route nationale, celle qui remonte droit au nord jusqu’à la capitale ou vers le sud en direction d’Avallon, on pouvait encore s’échapper par la colline…En gravissant la côte de la Rèche on atteignait le plateau. De là on pouvait redescendre sur les villages proches où des ponts restaient accessibles, sereins et insubmersibles dominant les flots déchaînés. Ensuite on n’avait plus qu’à se rendre à Avallon, petite ville pittoresque pleine de ressources usuelles qui permettent de subsister de façon pas trop frugale en attendant le retour des beaux jours.

                                                                                               A suivre

"Chaise à porteurs" - détails

"Chaise à porteurs" - détails

349 - En passant le pont (suite)
349 - En passant le pont (suite)

avec un peu de chance

nous finirons bien par atteindre

l'autre  rive...

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 17:09

Message collectif

 

J’ai la joie de participer

à une exposition collective

au

« CONCEPT STORE GALLERY »

du Club des Ateliers d’Artistes

 

140 avenue du Général de Gaulle

44 500 La Baule

Du 1er au 21 juillet

Ouverture de 11 à 20 heures

 

Vernissage : samedi 8 juillet de 18 à 22 heures

Annonce d'exposition
"Marâtre nature"" - huile sur toile - 54 x 65 cm - 2013

"Marâtre nature"" - huile sur toile - 54 x 65 cm - 2013

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 07:43
"Entrée d'usine" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2007

"Entrée d'usine" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2007

En passant le pont

 

 

            Depuis toujours la rivière longeait le village. Et nul n’y trouvait à redire. Assez large à cet endroit, sa profondeur était médiocre et cela permettait à l’eau de miroiter sous la lumière en vaguelettes innombrables. Le spectacle était mouvant, indéfiniment renouvelé selon l’heure, la saison et les événements climatiques.

           Parfois c’était la sécheresse. Sous un soleil de plomb caniculaire l’eau s’évaporait peu à peu laissant le caillou apparaître. Des bancs de sable se révélaient et parmi les herbes aquatiques emmêlées, des canoés et des kayaks s’évertuaient à descendre le courant chargés de campeurs ou de scouts. Mais les embarcations raclaient le fond et s’échouaient lamentablement. Il fallait alors sauter dans l’eau pour les tirer, les pousser ou les traîner sur la rive où ils pouvaient être transportés en aval pour retrouver des eaux plus profondes. C’était l’occasion de franchir quelques barbelés longeant le bord et de se piquer les mollets aux orties des rives en pestant contre les ronces et les branches mortes échouées. Pour le gamin que j’étais, parfois spectateur et parfois acteur, c’était l’aventure pleine de mystère et de péripéties, d’obstacles à surmonter et de hasards imprévus. Bref de tout ce qui vous permet de lutter et de prouver qui vous êtes. De faire face à l’adversité  et de vaincre  ce qui s’oppose à une volonté farouche de dominer la nature sauvage et sans merci.

           Bien souvent on pouvait observer ce genre de spectacle du haut du pont qui reliait le village au hameau où je résidais. Noble et ancien, tout en pierre de taille il remplissait son office depuis fort longtemps. Comme tous ses petits frères au long de la Cure qui est un affluent de l’Yonne puis de la Seine et dont les eaux après avoir traversé Paris se dirigent avec majesté jusqu’à l’embouchure pour finir par se jeter dans la mer puis dans l’immensité océane… J’avoue que cela me faisait rêver et donnait un peu d’ampleur à une vie un peu trop ordinaire à mon goût. Mais j’étais en cela comme tous les enfants qu’ils soient d’un âge très tendre ou plus adolescents. Timides ou délurés, sages ou exaltés mais animés par un besoin d’aller voir plus loin si le monde tient ses promesses.

           Donc le pont, remplissant bon an mal an son office permettait à tous, jeunes ou moins jeunes, fillettes ou vieux paysans chenus de passer d’une rive à l’autre. A pied, à cheval, en carriole et en véhicules automobiles. Egalement avec son vélo et de rejoindre le village et la civilisation dans un sens, ou bien la campagne supposée naïvement non polluée  dans l’autre. Car après tout il y avait le dépotoir du village un peu plus loin en aval. Et ce n’était pas triste…

           En franchissant ce passage sur l’eau on allait du village regroupé autour de son église fortifiée au hameau discret et un peu à l’écart où s'écoulaient mes jours campagnards. Mais il était aussi un lieu de rassemblement. D’abord pour les pêcheurs qui venaient taquiner le goujon, l’ablette et même le brochet dans les grandes occasions. Celles qui laissent des souvenirs glorieux. Bien sûr tout n’était pas serein et parfois une barque furtive remontant sournoisement le courant permettait à des petits malins de lancer un filet et de ramener en un instant ce qui aurait demandé des jours, voire toutes les vacances à des quidams plus scrupuleux  s’acquittant de l’achat de leur permis de pêche. Mais le garde-champêtre était rare et un peu dépourvu d’autorité.

                                                                                                A suivre

 

Entrée d'usine" - détails

Entrée d'usine" - détails

348 - En passant le pont
348 - En passant le pont

La suite viendra

ainsi qu'il est prévu

sinon vous pourrez adresser vos réclamations à qui de droit.

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 09:13
"Le temps circulaire" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2007

"Le temps circulaire" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2007

 

Ici en cet instant

 

 

             C‘était hier, c’était jadis. C’était le premier jour du monde. La lumière dorée du matin éclaboussait l’azur limpide. Bien plus loin palpitait l’océan des jours. En deçà régnait la splendeur et tout à l’entour le monde exultait en sourdine. A pas de loup, à pas de chat  resplendissait la vie en sa candeur furtive.

             Pourquoi faut-il que tout se passe et que la vie s’enlise et se fige en son quotidien ? S’embourbe dans les convenances. Pourquoi faut-il que la fête limpide et fraîche se recroqueville en grand peur du qu’en dira-t-on ?

             L’avenir est ici et le demain jamais. C’est l’instant étonné de se sentir si vaste.

                                                              Le Chesnay  le 18 février 2017

                                                              Copyright Christian Lepère

 

"Le temps circulaire" - détails

"Le temps circulaire" - détails

347 - Ici en cet instant
347 - Ici en cet instant

Donc

attendons

l'instant suivant...

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 08:42
"Invention de la brouette" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2007

"Invention de la brouette" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2007

Le temps m’attend

 

Que n’ai-je à ce jour oublié

La vie tout au long du chemin

Au creux des vals et du passé

Antérieur à ce qui advint

Et revient se réitérer

Plus loin qu’après l’après demain

Quand la vie en ses simagrées

Tout enrobée de doux parfums

Sans se presser

S’en vient

 

C’est le murmure en la ramure

Au feuillage si verdoyant

Qui se combine et qui perdure

Inondée de soleil couchant.

 

Pourquoi faut-il que cela fasse

Perler au cœur d’une âme vaine

Un doux oubli de temps qui passe

Ondoyant dans les champs d’en face

Qui s’étendent au loin dans la plaine ?

 

Mais la vie qui n’en a que faire

Poursuit son cours en dérivant.

Ah que n’ai-je et dès à présent

Moins de temps qui me désespère…

 

                                                                                         La Brosse Conge le 16 juin 2017

                                                                                         Copyright Christian Lepère

 

"Invention de la brouette" - détails

"Invention de la brouette" - détails

346 - Le temps m'attend
346 - Le temps m'attend
346 - Le temps m'attend

Il fait chaud disent les braves gens...

Comme ils ont raison!

Alors cuisons!

Repost 0
Published by L'imaginaire
13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 15:34
"Parking improbable" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2007

"Parking improbable" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2007

Intermède périphérique

Suite et fin

 

           Mais pour parvenir à ce grand anneau routier il faut d’abord le rejoindre. Cependant quoi de plus facile quand l’autoroute vous y mène directement ? Il est vrai qu’il peut y avoir un malaise au départ de ce dernier quand surgissant d’une banlieue verte il faut se raccorder et que du haut d’un pont, à peine engagé on découvre d’un seul coup d’œil que toutes les voies sont saturées à perte de vue. Et qu’il est trop tard pour faire demi-tour et s’échapper par un itinéraire bis. Alors irrémédiablement on va aller se coincer dans la cohorte figée. Là-bas, au loin dans un léger brouillard de pollution se dresse la fière silhouette de la Tour Eiffel autour de Paris qui s’éveille à un nouveau jour d’activité incessante. Mais le pire n’est jamais certain et voilà que le flot s’ébranle, doucement… doucement… puis plus vite, de plus en plus vite… « B.P. à 12 minutes » !!! C’est le panneau lumineux qui le promet et comme il est électronique on peut lui accorder une confiance que seuls des aléas imprévisibles peuvent remettre en question…Mais malgré tout ça fait chaud au cœur.

           Enfin on progresse sous le tunnel de St Cloud. On glisse sur la rampe immense qui franchit la Seine en une courbe majestueuse. A gauche  une église projette sa flèche de pierre dans toute sa gloire tandis que les tours de la Défense se profilent au loin. Ça rappelle les remparts de Carcassonne dominant un panorama immense de leurs tours pointues. Et c’est grandiose comme les abords de la grande ville hypertrophiée.

           Maintenant nous y sommes ! Les souterrains se succèdent. Les voies se démultiplient puis se conjuguent  avant de se raccorder à des bretelles qui vont se ramifiant sans fin pour se perdre dans le réseau environnant. Sans cesse le flot s’allège vers des sorties : Ivry, porte de Versailles, et s’enrichit de nouveaux participants venus d’un peu partout. Voilà qui réchauffe l’ambiance ! Oui, l’essentiel est de participer…A quoi ? Mais à l’exubérance vitale pleine de créativité et de CO2.

           Pour compléter le tout les motards, omniprésents, ont créé une file supplémentaire entre la 3ème et la dernière à gauche. Elle est étroite et indéfiniment renégociée car dépendant de la bonne volonté de ceux à qui quatre roues donnent plus de stabilité mais moins de souplesse. Enfin le tout-venant a intégré les règles tacites et acquis les réflexes nécessaires. Un œil sur le rétro arrière, l’autre sur le rétro de gauche et les deux pour ce qui fait obstacle devant. Quand à ce qui surgit à droite le coin de l’œil correspondant devrait suffire…Mais rien n’est parfait et la plus souple des trajectoires négociée avec une grâce féline n’empêche que les motos ont aussi des rétroviseurs. Et que ceux-ci dépassent de la ligne aérodynamique des deux roues. Donc parfois ça accroche…même si on en est quitte pour un bruit sec n’entraînant pas de dommages collatéraux. Rétro contre rétro ! Ça passe ou ça casse…

           Tout ce flot n’est pas sans rappeler la circulation sanguine avec ses globules rouges nourriciers qui iraient se ravitailler à Rungis en denrées consommables. Et puis il y a aussi le système immunitaire qui veille à la sécurité, prêt à sévir contre le contrevenant ou le hors-la-loi qui n’en fait qu’à sa tête en zigzaguant de file en file. Souriez, des véhicules banalisés sont peut-être en train de vous filmer ou de vous jauger avec leur radar embarqué. Faites bonne figure et présentez votre meilleur profil, il vaut mieux être aimable avec des responsables zélés prêts à appliquer la loi pour calmer les velléitaires et les petits malins qui louvoient pour profiter du moindre interstice. Et il y a aussi les bons Samaritains, ceux qui veillent à bord de leurs véhicules de secours et de dépannage. Prompts à laisser le passage au Samu et aux urgences extrêmes qui, sirènes hurlantes et gyrophares tournoyants, se taillent un passage dans la masse figée des simples usagers. Ceux dont je fais partie et qui ne prétendent que se rendre là où les attendent le devoir à accomplir où les amis à rejoindre. De toute manière avec d’excellentes raisons de venir célébrer un moment de convivialité périphérique et de participation à l’activité intense de la capitale. Ici au moins on ne risque pas de s’ennuyer.

                                                                     La Brosse Conge le25 mai 2017

                                                                     Copyright Christian Lepère

 

"Parking improbable" - détails

"Parking improbable" - détails

345 - Intermède périphérique
345 - Intermède périphérique

Après cette escapade citadine

nous reviendrons peut-être à des sujets plus sereins...

si le destin l'autorise...

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article