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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 08:40
"L'orée des bois" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"L'orée des bois" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

A nous deux Paris !

 

                Ce matin-là il sortit de chez lui. Tout était calme et reposait dans un épais brouillard qui noyait tout le voisinage. Un blanc linceul recouvrait un monde figé. Certes la vie n'était  pas absente mais simplement et en toute discrétion elle marquait la pause. Elle se recueillait sans doute en vue de préparer de printanières exubérances. C'était ainsi. La marmotte se prélassait en son terrier et les graines reposaient sous l'humus tandis que de lents processus végétaux s'acheminaient vers leur éveil.

                C'est à pas lents qu'il s'achemina en direction du parc. Sous un édredon de couleur blanc écru, parmi les taillis ou patientait une végétation en attente. Le monde était sans bruit et comme minéralisé. Tout se tenait coi.

                De rares passants surgissaient de la brume pour s'y dissoudre à nouveau, fugitives apparitions, fantômes flottants dont seul le bruit de pas trahissait la présence. Une silhouette se dessinait, d'abord diffuse puis prenant forme et consistance. Débouchant du vide floconneux un passant venait à sa rencontre. Paisible promeneur ? Retraité du gaz ? Ou jeunesse aguichante emmitouflée dans sa parka ? A moins que ce ne fut un djihadiste se hâtant vers le lieu de ses méfaits où il pourrait déclencher sa ceinture d'explosif avec le maximum d'efficacité, celle qu'on apprécie au nombre d'infidèles neutralisés de façon définitive. Mais en ces temps de frima où tout est emballé dans du polaire, allez donc savoir qui vous croisez... Seule une explosion lointaine pourrait vous avertir du danger que vous venez de côtoyer, à moins qu'au contraire ce ne soient  les effluves d'un air fredonné par une âme limpide et joyeuse vous confirmant que le bonheur existe et qu'il se promène aussi dans le parc.

                Mais lui-même ne faisait que passer et son âme était en accord avec la brume paisible en attendant de se voir plongée dans des activités plus utilitaires, plus strictement contemporaines et même plus aptes à relancer la croissance qui s'obstine à  marquer le pas honteusement. Sans tenir compte des sondages et des statistiques pourtant alarmants.

                Maintenant il se dirigeait vers la gare qu'il vit enfin surgir du brouillard. Voilà qui allait changer l'ambiance. Du rêve cotonneux on débouchait sur le monde hyper actif de l'efficacité et de la prévision. Celui des trains qui vous font monter à Paris, lieu de toutes les activités et de tous les stress. Terre de progrès exubérant et de compétition acharnée. Lieu de tous les délires paroxystiques conduisant droit au burnout, au crash, à la déprime mais aussi à la fortune et à la gloire !

                Pour prendre le train il faut prendre un ticket afin de le composter. Devant cette exigence bureaucratique il fit profil bas et s’apprêtât à se conformer. Un guichet était ouvert offrant le réconfort d'une présence humaine pour l'acquisition du titre de transport. Bien ! Mais une file assez longue laissait présager une attente déraisonnablement longue. Au risque de rater le départ.  Mais tout est prévu ! Trois distributeurs automatiques sont à la disposition des usagers. Cependant le premier était en cours d'utilisation par une dame qui semblait avoir des problèmes. Elle finit par renoncer décrétant que ça ne marchait pas. A son tour il essaya et en effet ça ne marchait pas. Le mécanisme se bloquait. Qu'importe ! Il se dirigea vers le second distributeur devant lequel se trouvait maintenant la première dame. Et à nouveau elle s'énervait car à nouveau ça continuait à dysfonctionner...Ce qu'il put vérifier derechef avant de se retrouver devant le troisième appareil derrière toujours la même personne qui enfin obtint satisfaction ! Lui aussi d'ailleurs et il en fut tout content.

                Mais cela avait pris beaucoup de temps pendant lequel le train était sans doute parti. Mais les horaires peuvent être changés et il n’eut pas à attendre les 30 minutes réglementaires. Ensuite le train prit ses aises. Il s’arrêtait à toutes les stations mêmes les plus négligées ordinairement. Ainsi il fit halte à Pont Cardinet ! Et pour accentuer ses effets il se déplaçait à un rythme paisible avoisinant la nonchalance, démarrant tout en douceur et freinant avec suavité pour éviter tout heurt et ne blesser personne. C’était doux et reposant mais bien indigne d’un accès triomphal à la capitale  dont rêve toute âme bien née.

                « A nous deux maintenant ! » clamait Rastignac débarquant à Paris, ainsi que le décrit Balzac dans sa « Comédie humaine ». Mais ce n’est pas dans cet état d’esprit positif qu’il débarqua avant de se laisser engloutir par le métro qui l’emmènerait au boulot avant de revenir au dodo comme tout ancien soixante-huitard qui connaît ses classiques. Mais il eut entre-temps bien des aventures et des occasions de se faire valoir. Je ne vous importunerai donc pas avec ces menus faits et gestes qui n’intéressent personne d’autre que lui-même. D’ailleurs vous les devinez aussi bien que moi, fréquentant la même époque moderne où tout est possible sans que tout soit forcément souhaitable.

 

                                                                     Le Chesnay le 14 janvier 2016

                                                                     Copyright Christian Lepère

 

"L'orée des bois" - détail

"L'orée des bois" - détail

"L'orée des bois" - détail

"L'orée des bois" - détail

Et le rêve dans tout ça?

Patience!

Il nous attend au loin dans l'au-delà du par-delà.

Mais 

en attendant

il faut gérer le quotidien.

"L'histoire d'un français moyen"

vous en dira tant et plus sur l'humain de base.

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 08:33
"Où allons-nous?" - Eau-forte imprimée sur Arches demi-Jésus - 1961

"Où allons-nous?" - Eau-forte imprimée sur Arches demi-Jésus - 1961

Dernières nouvelles

de la Grande Pyramide

 

 

               J'avais du vague à l'âme. Un aller-retour dans l'ouest de la région parisienne en passant par la Francilienne m'avait conduit jusqu'au Plessis-Pâté, charmante bourgade très contemporaine dont les lotissements sont regroupés autour d'une vieille église au charme discret. Mon expédition avait pour but d'aller consulter mon implantologue, habile praticien qui m'a doté de dents sur pivot. Bien que performante la technique a des lacunes. Les couronnes sont vissées sur des tiges  plantées directement dans l'os maxillaire et peuvent donc prendre du jeu, ce qui nécessite une intervention. Mais pourquoi ne les fixe-t-on pas plus solidement ? Et de façon définitive ? Mais pour la simple raison qu'on implante dans du vivant qui bouge et continue d'évoluer. Comme toute structure biologique la mâchoire se déforme au fil des ans. L'os est malléable et soumis à de multiples pressions et interactions énergétiques. Et bien sûr la matière en est sans cesse renouvelée. Mais je vous épargnerai les commentaires bouddhistes sur l'impermanence du monde.

               L'intervention s'est bien passée, merci ! Et a même été gratuite… Je revenais donc chez moi sous un beau soleil. Dépassant les poids lourds, respectant les limitations de vitesse aux approches des radars et m'insérant harmonieusement dans une circulation intense mais d'une fluidité acceptable. J'avais donc traversé l'agglomération de Versailles à l'aller avec tous ses ralentisseurs, chicanes  et feux multiples canalisant des hordes de piétons se précipitant vers la gare Chantiers pour atteindre la capitale. Pendant ce temps d’autres allaient en sens inverse vers des établissements scolaires  administratifs ou même conviviaux. Mais maintenant c'était le retour et le jour du marché sur la place du même nom. Enfin après les incidents de parcours inévitables j'arrivai chez moi.

               C'est ainsi qu'un peu plus tard je m'installai devant mon ordinateur. Je ne sais quelle pulsion m'a alors amené à consulter un site proposant des vidéos sur la grande pyramide, celle de Khéops. Depuis quelque temps un livre m'y avait préparé : « L'univers décodé » d'un certain Nassim Haramein. Ce dernier, physicien, enclin à la rigueur mathématique et expert en géométrie  est par ailleurs très informé dans des domaines qui vont de l'histoire des religions à l'intérêt pour les aspects non-conventionnels des civilisations anciennes. Ajoutez à tout cela une attirance pour tout ce qui dérange, les sujets qui fâchent en remettant en question nos certitudes les plus  « rationnelles » et sans doute les moins fondées. Je rangerai dans ces catégories contestées tous les témoignages sur d'éventuels ovnis ou l'observation, elle très concrète, de crop-circles un peu partout dans le monde. Sans oublier d'autres faits bizarres qui s'obstinent à se manifester sans vergogne et sans nous demander notre avis, ni même celui des « experts » qui sont là pour nous rassurer.

               J'entrepris donc de visionner les vidéos sur « La révélation des pyramides ». Vidéos que j'avais déjà vues et qui m'avaient fait dresser l'oreille.

               Comme tout un chacun je n'ignore pas les dissensions qui peuvent exister entre les multiples interprétations de faits bizarres qui pourraient expliquer le passé de l'humanité. Dans tous les domaines tous les spécialistes  sont issus d'une culture et d'un système de références servant à étayer leur vision du monde. Par ailleurs ils ont eu des maîtres, ils ont gravi des échelons dans des hiérarchies, ils ont été cooptés par leurs pairs. Bref ils ont fait carrière et se sont intégrés dans un système. Dès lors comment leur reprocher d'y tenir et de refuser de remettre en question les fondements sur lesquels ils se sont construits ? Devenir anti-stalinien après avoir cru dur comme fer aux mérites du petit père des peuples pose sans doute quelques problèmes de réajustement. Peu y parviennent et tant pis pour les autres.

               Or, « La révélation des pyramides » qui me semble être une réalisation claire et bien documentée, remet en cause  les dogmes de l’Égyptologie classique. Pour cette dernière issue de la pensée et des connaissances du 19ème siècle les choses paraissaient simples. Les anciens Egyptiens disposant de techniques très rudimentaires avaient fait ce qu'ils pouvaient avec les moyens dont ils disposaient. Comme ils étaient nombreux, infiniment patients et que la main d'œuvre était gratuite ou presque on en déduisait qu'un obscurantisme religieux implacable et tyrannique les avait mis en demeure de réaliser des exploits stupéfiants. Ce qu'ils avaient fait au prix d'efforts insensés.

               Fort bien ! Mais il y a quand même quelques petits détails qui gênent. D'abord la taille puis la conception et enfin les  moyens simplement techniques pour réaliser la 7ème merveille du monde.  On peut envisager des foules innombrables d'esclaves fouettés et mourant comme des mouches sur le chantier. Mais cela suppose même pour le plus odieux des tyrans d'arriver à résoudre de menus problèmes d'intendance. Comment gérer les foules, les nourrir, les contraindre et faire accomplir à des ouvriers hautement non-qualifiés des tâches fort subtiles et exigeant bien autre chose que de la simple compétence artisanale. L'enjeu ici n'a rien à voir avec ce qui s'est passé à la grande époque des cathédrales où des œuvres prodigieuses ont été élaborées avec des moyens techniques et artisanaux très suffisants. Dans ce cas pas de mystère. La foi et l'enthousiasme permettaient d'élever les plus hautes cathédrales, celles où l'on a été jusqu'au bout des possibilités quitte à ce que tout s'écroule comme à Beauvais.

               Je reste béant devant les témoignages d'un certain spécialiste des vues traditionnelles affirmant benoîtement que si les Égyptiens ont pu réaliser des exploits avec des moyens simples et limités, cela prouve qu'avec des moyens simples et limités on peut réaliser des exploits. C'est la preuve, vous dis-je...Comme cela est affirmé devant les colosses de Memnon dont la démesure serait un défi pour les possibilités de la  technologie actuelle de très haut de gamme,je ne peux m'empêcher d'être perplexe. Mais enfin puisque les anciens l'ont fait, c'est que c'est faisable avec les moyens dont ils disposaient.

               Mais il y a bien d'autres énigmes dans la pyramide de Khéops. D'abord la stupéfiante précision d'assemblage de blocs énormes de tailles et de formes variées. Ensuite que la pyramide comporte huit faces au lieu des quatre réglementaires. Chaque grande face étant divisée par le milieu avec une différence d'orientation très subtile qui n'est visible qu'avec l'éclairage frisant d'un jour d'équinoxe. Ensuite ce « tombeau » ne semble jamais avoir contenu de momie. Elle a été volée par des pillards nous dit-on... Certainement !  Pourtant on ne sait comment ils ont réussi à s'introduire alors que les premiers chercheurs ont dû employer la dynamite pour se frayer une entrée avant de découvrir la chambre haute. Le« tombeau » était scellé avec une dalle énorme. Ils l'ont soulevée, pris la momie (pour en faire quoi?) avant de refermer l'objet en y remettant les scellés. Enfin ils ont tout nettoyé et bien remis en place avant de refermer la porte soigneusement (enfin la porte...introuvable par la suite…). Voilà ce que nous dit Nassim Haramein dans son livre avec la touche d'humour qui ne le quitte jamais.

               Et puis il y a la Chambre Haute, celle du Roi avec ses cent blocs de granits de 70 tonnes taillés à la perfection, s'ajustant avec une précision parfaite et où la verticalité et l'horizontalité sont restés parfaits alors que la région a connu bien des tremblements de terre, notamment celui qui a détruit entièrement la ville du Caire, juste à côté.

               Je ne voudrais pas déflorer totalement le sujet ni y glisser une part dommageable de subjectivité. Je ne saurai donc conseiller à tous ceux qui ne sont pas trop crédules d'aller se renseigner directement sur internet ou de voir les vidéos de Nassim Haramein dont une, datée de 2015, est en français d'origine car l'auteur s'exprime fort bien dans notre langue.

 

                                                        Le Chesnay le 11 février 2016

                                                        Copyright Christian Lepère

"Où allons-nous?" - détail

"Où allons-nous?" - détail

Après le passé grandiose

retour au présent

quotidien

"A nous deux Paris" 

vous en apprendra plus que vous ne croyez

sur ce quotidien qui nous environne de toute parts sans relâche.

 

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 08:15
"La visite" - dessin aquarellé - 27,5 x 39,5 cm - 1986

"La visite" - dessin aquarellé - 27,5 x 39,5 cm - 1986

 

Le dragon de Komodo

et autres bêtes antérieures à notre humanité

 

 

         On le sait bien, la vie biologique a toujours évolué en se nourrissant d'elle-même. Dans la nature  proies et prédateurs se complètent, chacun étant à sa place dans la chaîne alimentaire, se nourrissant et servant de nourriture. Mais il existe des façons de chasser fort originales et la force brutale du fauve broyant sa proie n'est pas toujours la solution adéquate.

         C'est sur Arte et par le plus grand des hasards que j'ai vu un documentaire sur les dragons de Komodo.  A huit heures du matin ce n'est pas la meilleure façon de se préparer à déguster son petit déjeuner, mais c'est plus fort que moi j'ai un besoin compulsif de m'instruire.

         Le dragon de Komodo est un varan et le plus grand des lézards depuis Jurassic Parc. Cependant ses deux mètres et ses soixante-dix kilos le font paraître un peu chétif à côté d'un buffle. Car il aime se délecter de cet herbivore quand il n'a pas de charogne en état de décomposition avancée à se mettre sous la dent. C'est un délicat et il ne se contente de viande fraîche que quand il n'a rien d'autre à croquer.

         Le voilà donc tapi à côté d'un buffle vautré dans une mare boueuse et accablé par la chaleur ambiante. Le dragon s'avance, mine de rien, sans éveiller autre chose qu’un intérêt ennuyé pour un intrus. Il n'est qu'un gêneur qui ne respecte pas les distances convenables. Mais soudain il attaque. Il se jette et mord le mammifère au jarret. L'autre se met en garde et se fait mordre à nouveau. Mais  les blessures sont peu profondes. C'est tout juste si un peu de sang coule et voilà que le reptile cesse son attaque. L'adversaire est beaucoup trop grand, inutile d'insister… Mais l'odeur du sang va attirer d'autres varans. Vont-ils attaquer en meute ? Pas du tout ! Ils vont rester à proximité et former une petite colonie qui va suivre discrètement le buffle dans ses déplacements. Et ça va durer longtemps. Trois semaines selon les commentaires de la voix off.

         Mais petit à petit la victime va commencer à dépérir rongée par un mal mystérieux. C'est que les morsures bénignes du lézard lui ont inoculé un venin redoutable à action très lente mais continue jusqu'à ce que mort s'en suive. L’animal est donc condamné et il n’y a plus qu’à attendre sa mort par épuisement pour pouvoir s’en régaler. C’est ce que fait notre petite bande de prédateurs. Pouvant se passer de nourriture pendant un mois ils ne s’affolent pas. Ils n’ont plus qu’à attendre l’issue fatale qui va sonner l’heure du festin. C’est vrai qu’ensuite ils ne vont pas s’embarrasser de bonnes manières ou se faire des politesses. Ils ont faim et c’est tout. C’est simple et vital et tout commentaire est superflu.

         Mais la nature nous réserve d’autres surprises. Certains comportements peuvent paraître beaucoup plus altruistes au moins dans leur forme. Ainsi une espèce de grenouilles de bonne taille mais de mine assez patibulaire et dont j’ignore le nom parce que j’ai raté le début du film, suite à un changement de chaîne.

         Ces batraciens, comme d’autres, s’accouplent en respectant les rituels de leur espèce. Ne cherchant pas à séduire leur partenaire ils vont employer les grands moyens en roulant des mécaniques pour évincer les adversaires. Que le plus fort gagne ! Ce sera lui le géniteur. Donc les mâles s’affrontent. Ils se jettent les uns sur les autres avec vigueur et après un choc brutal ils récidivent tels des catcheurs implacables. « L’Ange de Béthune » ou « Fredo le massacreur » ne feraient pas plus ni mieux. Et ils remettent ça jusqu’à ce que, comme disait le poète, « …le combat cessât faute de combattants. »

         Enfin les accouplements ont lieu car il n’y a quand même pas un unique vainqueur régnant sur un harem innombrable. Non car il y a plusieurs « meilleurs ». Ensuite les femelles pondent des œufs qui éclosent, puis les têtards se lancent dans la mêlée au sein de leur mare natale. Mais dans sa sagesse la nature a prévu un gardien pour assurer la sécurité. C’est un mâle, un seul qui va surveiller tout ce petit monde. Et c’est bien indispensable dans ces pays chauds où l’eau s’évapore sans s’inquiéter des petites bêtes qui risquent de se dessécher. Par bonheur l’adulte veille et en responsable il voit le drame se profiler. Déjà une flaque est en train de s’assécher avec sa population qui frétille désespérément. Heureusement à côté il y en a une autre plus vaste et plus profonde. Alors le mâle gardien va intervenir. Labourant avec son corps il va faire des allers-retours pour creuser un canal. Tel Ferdinand de Lesseps reliant deux mers en creusant  un canal. Et tout à coup l’eau de la flaque va se déverser avec toute sa population dans une cuvette plus propice. Tout cela sous l’œil de l’ange gardien qui observe le sauvetage avec détachement.

         Que se passe-t-il dans sa petite tête de batracien ? Allez donc savoir. En tout cas certainement pas des pensées logiques, organisées en raisonnements rationnels pour élaborer un plan d’urgence. Si cet animal pense ce ne peut être que de façon non-verbale et sans le secours des concepts. Car ce sont là des particularités proprement humaines. Mais décidément l’humanité n’a rien inventé puisque même les ordinateurs qui n’existent pas dans la nature reproduisent malgré tout et de façon encore rudimentaire les fonctionnements cérébraux qui sont eux parfaitement naturels.

 

                                                           Le Chesnay le 31 décembre 2015

                                                           Copyright Christian Lepère

 

"La visite" - détail

"La visite" - détail

"La visite" - détail

"La visite" - détail

Le vent souffle en rafale

le CAC 40

plonge

et

la Chine

polluée à mort

voit sa croissance ralentir...

Cependant il reste Donald Trump pour nous réjouir!

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 08:55
"Fin paisible d'un soir d'automne" - dessin aquarellé - 46 x 34 cm - 1995

"Fin paisible d'un soir d'automne" - dessin aquarellé - 46 x 34 cm - 1995

 

Le maladroit congénital

 

        Pourtant sa mère avait été un homme célèbre. Mais pour sa part il n'était pas à la hauteur. Il ne faisait pas le poids et cela le minait dans ses soubassements. Certes, en sa dignité intrinsèque il se sentait humain, pour le meilleur et pour le pire, au sein de la masse et du tout-venant. Bien au-delà des aléas qui viennent ternir votre statut social et vous privent de l'estime chaleureuse de vos semblables.

        Donc il assumait mais le handicap était rude. Rédhibitoire ?  Pas vraiment...mais bien encombrant au regard du quotidien et de ce qu'on attend d'un destin honorable et sans histoire.

        Pourtant il était de belle allure. Ni trop grand ni trop petit. Ni efflanqué ni encombré de superflu. Sa masse corporelle était agréablement répartie selon les normes dûment établies  par les autorités les plus compétentes. En fait il se noyait dans la foule sur un quai de métro sans attirer une attention soupçonneuse. Il pouvait même attendre l'autobus  sans qu'on lui lança des pierres.

        Vous le répéterais-je encore, quitte à vous lasser, sans être insignifiant il passait inaperçu aussi bien aux caisses du super marché que dans des circonstances où attirer l'attention peut être préjudiciable.

        Mais au fait que lui reprochait-on ? Parce qu'enfin il faut bien en venir à l'essentiel. Pourquoi en arrivait-on à le considérer  comme considérable ? En fait c'est sa maladresse qui interpellait toute personne amenée à le subir. Plus maladroit que lui n'était simplement pas possible.

        Certes la nature humaine n'est pas parfaite et chacun a ses petites lacunes. D'ailleurs cela a son charme et nous permet d'apprécier nos semblables dont la supériorité n'est pas trop insolente. Et puis c'est une occasion de rigolade dans ce monde formaté où l'on se doit d'être propre sur sa personne morale. Avouez que c'est réconfortant de voir l'autre se planter comme on l'aurait fait soi-même si l'on n'avait pris garde. Cependant il faut bien admettre que trop c'est trop et qu'en certains cas l'insuffisance est rédhibitoire, le manque aliénant.

        Pensez qu'il ne pouvait uriner sans mouiller ses chaussures, ne tenant aucun compte du sens du vent même si celui-ci soufflait en rafale et qu'il oubliait son parapluie plus que de raison au grand bénéfice des fabricants de ce gadget souvent onéreux. Et c'est au quotidien que cela arrivait sans relâche. Un jour il se mettait le doigt dans l’œil en voulant retire sa casquette. Un autre il glissait sur une peau de banane en tentant d’éviter une crotte de chien. Enfin il n'était pas de jours où il ne lui arrivât quelque inconvénient dû à son incapacité.

        Tout cela était navrant mais cependant on l'aimait bien. On l'accueillait même avec joie. Avec un petit air de commisération, il va sans dire, mais dans l'ensemble on le tenait pour un brave bougre, un vieux de la vieille. Quelqu'un de rassurant qui ne saurait nuire délibérément tellement il a un bon fond. Et peu de malice.

        Mais tout a une fin et la sienne fut peu glorieuse. Sans crier gare il mourut pauvre, ses maigres économies ayant servi pour l’essentiel à remplacer tout ce qu’il avait égaré au cours  d’une vie de vaine agitation. On peut noter à sa décharge qu’il se supprima lui-même. Economisant ainsi sur des interventions extérieures souvent maladroites parce qu’inadaptées. Enfin pour une fois il ne se rata pas. Le tube de somnifère était plein. Il l’avala puis s’éteignit. Sans laisser de testament. Sans laisser d’héritiers éplorés. Avouez qu’un tel tact est admirable et témoigne d’un détachement qui frôle la perfection. Pourtant on le sait bien, nul n’est parfait. Mais avouez qu’en l’occurrence si l’idéal n’est pas atteint, il s’en faut à peine d’un cheveu.

 

                                                           Le Chesnay le 19 décembre 2015

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

Cette semaine commence l'exposition 

SAFADORE 2016

(voir le blog précédent)

Nous nous retrouverons après!

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 09:24
"Le Zodiaque en folie" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2015 - exposé au Mont Dore

"Le Zodiaque en folie" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2015 - exposé au Mont Dore

 

Le zodiaque en folie

 

       J'ai toujours eu des rapports ambigus avec l'astrologie. En mon jeune âge j'étais sensible au pittoresque des archétypes. Et quoi de plus prenant que cette farandole de symboles qui vous touchent au plus profond par leur ambiguïté et leur simplicité apparente. La vierge et le taureau, les poissons et le sagittaire, toutes ces images d’Épinal pour almanach populaire.

           Mais j'étais aussi un rationaliste convaincu, un de ceux qui ont besoin de décortiquer et de comprendre. De traquer le pourquoi du comment. Mettez ces deux tendances sous un même crâne et vous obtiendrez un être humain complexe, polyvalent et contradictoire.

           Pendant longtemps le rationaliste en moi a surveillé étroitement l'intuitif et l'a tenu en laisse. Bien sûr le rêveur avait sa cour de récréation bien à lui mais sous surveillance. A tout instant l'instituteur pouvait survenir avec son sifflet et calmer les débordements enfantins. Aligner les têtes et calmer les ardeurs.

           Le cosmos me faisait rêver et qu'il put nous influencer me paraissait plausible mais je ne me laissais pas aller au -delà… On ne me la faisait pas !  Au fil des années je passais par des états d’âme variés. De la rêverie délirante au raisonnement implacable. Sous l'influence de Dürer et de Breughel je me mis à graver à l'eau-forte. Cela me permit de laisser libre cours à l'irrationnel et au non-explicable mais restait une parenthèse, un jardin secret.

           C'est tardivement que j'ai fini par intégrer certaines réalités subtiles. Les avancées de la science y ont été pour beaucoup détruisant par des découvertes inattendues le peu de consistance des croyances rationalistes du 19ème siècle, toutes percluses de positivisme.

           Le monde était donc beaucoup plus subtil et enchevêtré qu'il n'y paraissait. Sur cette lancée je rencontrai des gens qui pratiquaient des techniques ésotériques sans chercher à en tirer profit ou gloire. Certains avaient même l'humilité d'admettre qu'ils ne pouvaient expliquer l'essentiel et qu'ils se bornaient à les utiliser sans chercher à rationaliser. On était loin de madame Irma et de son chat tapis derrière la boule de cristal sous l’œil inquisiteur d'une chouette empaillée.

           J'en arrivais à comprendre que si certaines coïncidences sont bien indéniables, ce n'était sans doute pas dû à des enchaînements de causes et d'effets mécaniques mais à des concordances plus subtiles. S'agirait-il des synchronicités chères à Gustave Jung ? Je n'en sais rien. Mais il me semble que sous des dehors étonnants l'astrologie peut nous permettre de mieux comprendre le monde en y introduisant du non-prouvé mais qui se révèle curieusement opérationnel.

           La peinture que je présente ici n'a aucune prétention de cet ordre. Elle n'est que pure extravagance et souhaite simplement vous amuser par sa fantaisie. Elle va être exposée dans le cadre du SAFADORE 2016 du 5 février au 4 mars. Bonne visite!

 

                                                         Le Chesnay le 23 octobre 2015

                                                         Copyright Christian Lepère

 

Élaboration du "Zodiaque en folie"

Élaboration du "Zodiaque en folie"

« Le zodiaque en folie »

Va être exposé dans le cadre du

 

SAFADORE 2016

 

Ce Salon de prestige va avoir lieu au Mont Dore

pour la 11ème année.

 

Voici la carte d'invitation :

274 - Le zodiaque en folie
274 - Le zodiaque en folie
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:36
273 - Guillaume Dessinger

 

Guillaume Dessinger

graphiste

 

 

                Il m'arrive en tant qu'ancien professeur d'Arts Plastiques de rencontrer des élèves que j'ai connus jadis. C'est toujours sympathique mais il est rare que cela intéresse aussi le peintre que je suis toujours. C'est donc par hasard que j'ai croisé Guillaume Dessinger et que j'ai appris qu'en dehors de ses activités courantes il continuait à pratiquer la créativité plastique.

                D'emblée j'ai été séduit. Sa maîtrise du graphisme, sons sens inné de la composition et de l'utilisation de la couleur font de lui un professionnel potentiel capable de s'attaquer à des sujets variés. Ce qui lui manque car il y a un « mais » c'est une justification pour pouvoir publier ses productions. Actuellement seuls quelques grands comme Manara peuvent se permettre d'éditer un livre d'images sans texte à illustrer. Pour tous les autres il faut d'abord un thème ou un scénario, bref une histoire à raconter justifiant toutes leurs fantaisies graphiques. Ensuite il faut répondre aux attentes  d'un public potentiel même si elles ne sont pas formulées.

                Voici donc quelques créations de Guillaume. A vous d'apprécier ses œuvres qui à mes yeux mériteraient d’être utilisées dans le cadre de l’édition et dont il serait dommage qu’elles dorment indéfiniment dans ses cartons à dessin.

 

                                                                     Christian Lepère

                                                                     Le Chesnay le 16 janvier 2016

273 - Guillaume Dessinger
273 - Guillaume Dessinger
273 - Guillaume Dessinger
273 - Guillaume Dessinger

La prochaine fois :

Aperçus 

sur l'exposition

SAFADORE 2016

et les signes du ZODIAQUE

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 08:34
"Pays de Cocagne" - gravure à l'eau-forte imprimée sur vélin d'Arches - format raisin (50 x 65 cm) - 1976

"Pays de Cocagne" - gravure à l'eau-forte imprimée sur vélin d'Arches - format raisin (50 x 65 cm) - 1976

 

 

La dalle de Palenque

Suite et fin

 

               J'en arrive maintenant à Palenque. Sur ce site mexicain mondialement connu les Mayas ont érigé une puissante cité. Temples et pyramides y sont noyés dans une végétation exubérante. C'est dans un tombeau que se trouve la fameuse dalle. C'est le couvercle du sarcophage d'un grand roi. De dimensions imposantes elle est sculptée en bas-relief d'un sujet précis et parfaitement conservé. Aucun flou. Aucun manque. Tout est là sous nos yeux, intact.

               Un homme, sans doute le roi enseveli, est vu de profil dans une posture curieuse en ce genre de circonstance. Penché en avant il semble scruter attentivement Dieu sait quoi. Ses mains ont l'air de manipuler quelque chose. Il est confiné dans un espace qui fait plus penser à l'intérieur d'un habitacle qu'à celui d'un tombeau enfin, derrière lui  un objet indéfini est complété par un tracé de lignes qui font curieusement penser aux moyens graphiques employés par les dessinateurs de b.d. pour suggérer le mouvement ou même une poussée. Certains voient dans cette figure un cosmonaute en pleine action pendant que d'autres rigolent grassement devant tant de naïveté. Mais non ! Il s'agit du roi, un brave primitif qui se livre à quelque rite cérémoniel pour son passage dans l'au-delà. C'est très joli et fort bien sculpté. Chapeau pour l'artiste ! Mais vous n'allez pas nous demander de croire aux soucoupes volantes !

 

Dalle de Palenque

Dalle de Palenque

 

               Certes non, car il y a une différence entre croire et se poser des questions. En ce sens les détracteurs me semblent aussi englués dans la croyance que ceux qui naïvement prennent leurs désirs pour des réalités  et se précipitent sur une hypothèse qui correspond à leur fantasme. J'ai quand même eu la surprise un peu consternée que sur Wikipédia on faisait évidemment mention de la fameuse dalle mais sans même mentionner l'hypothèse du cosmonaute qui a pourtant attiré l'attention sur la toile. Et qui après tout mérite d'être étudiée ne serait-ce que d'un point de vue psychologique. Après tout on étudie bien les coutumes et croyances relieuses. Pourquoi pas aussi les fantasmes des adeptes de « Stars Wars » ?

 Pour ma part, aussi loufoque qu'elle puisse paraître la première explication me semble difficile à contester d'emblée. Bien sûr, l'examiner avec soin amènerait à remettre en cause bien des certitudes et toutes nos références habituelles tant historiques qu'archéologiques. Il est vrai que c'est beaucoup ! Que c'est trop ! Que ça dérange…. Et un tas de spécialistes sérieux et diplômés seraient amenés à se remettre en question. Voyons ! Soyons raisonnables ! Continuons à dormir mollement calfeutrés dans nos certitudes ! Celles de ceux qui n'ont pas cru que la terre tournait et qu'on pourrait, contre toute logique, faire voler un plus lourd que l'air ou même propulser une fusée pour la faire échapper à la pesanteur sans disposer d'une quantité telle de carburant que son poids la clouerait au sol irrémédiablement. Sans croire à la dérive des continents pourtant encore contestée avec virulence en 1960…

               Je ne sais plus qui a dit « Ce n'est pas la vérité qui triomphe, mais ses adversaires finissent toujours par mourir ». Je cite de mémoire.

               Je n'ai pour ma part jamais vu de soucoupe volante, ni fréquenté de petits hommes verts, sauf au carnaval de Nice. Je ne fais pas tourner les tables et je me méfie beaucoup des affirmations péremptoires de témoins dont le surmoi a besoin de croire aux miracles, à moins qu'ils ne soient que d'habiles menteurs très doués pour monter des canulars lucratifs. Dans ces domaines incertains n'importe qui peut prétendre n'importe quoi. Cependant il y a tant de choses étranges et inexpliquées dans ce vaste monde que la moindre des prudences serait de s'y intéresser. D'aller voir sur place, ne serait-ce que pour démasquer la supercherie. Mais c'est un fait que le haussement d'épaule et le sourire dédaigneux exigent moins de recherche, de travail et d’honnêteté intellectuelle. Moins d'efforts, surtout.

               Se pourrait-il que la paresse intellectuelle soit une composante de base d'un grand nombre de scientifiques ? Surtout ceux qui ont une image de marque à préserver et une carrière à protéger car elle leur permet de faire bonne figure dans notre société de consommation ? A vous de voir.

               Mais je ne peux m'empêcher d'attirer l'attention sur un des maux provoqués par internet : le forum. Le principe peut en paraître séduisant puisqu'il permet d'échanger des idées et de s'éclairer mutuellement. Hélas ! C'est tellement facile et ça incite tant à dire n'importe quoi sur tout pour le simple plaisir de rebondir. Si c'est un jeu, pourquoi pas ? Mais l'ennui est que beaucoup se prennent au sérieux et propagent des idées simplistes étayées à coup d'arguments à la va comme je te pousse. Le tout émaillé de fautes de frappe et bourré d'initiatives orthographiques pleines de créativité. Quand ce n'est pas rédigé selon une syntaxe digne des modes d'emploi traduits automatiquement depuis le chinois d'origine. Donc tout est là pour que des rumeurs puissent se répandre. C'est ainsi que les théories du complot vont s'opposer à la frilosité des « spécialistes » bardés de références et de statistiques et qui ont une réputation à défendre, quitte à ignorer tout ce qui fâche. Tout ce qui pourrait les faire sortir de leur consensus habituel où ils occupent une position plus ou moins privilégiée, digne d’eux-mêmes et du respect de leurs pairs.

 

                                                                    Le Chesnay le 27 décembre 2015

                                                                    Copyright Christian Lepère

 

 

"Pays de Cocagne" - détail

"Pays de Cocagne" - détail

272 - La dalle de Palenque - suite et fin
272 - La dalle de Palenque - suite et fin

A bientôt 

pour

de

nouvelles aventures!

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:08
"La conquête de l'air" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

"La conquête de l'air" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

La dalle de Palenque

Préambule

 

               J'avoue, je suis un sceptique, mais pas de la race de ceux qu'un tempérament hypocondriaque pousse à douter de tout et à se détruire la santé par peur d'un optimisme naïf. Certes le pire est toujours possible, cependant comme il n'est jamais certain on peut se laisser vivre sans remords excessifs.

               Ceci étant posé, je me sens plus léger pour aborder des sujets qui laissent perplexes.

               Il y a peu une amie m'a remis entre les mains un livre un peu dérangeant et d'un volume menaçant d'être indigeste. Intrigué je l'ai lu. C'était « Le champ » de Lynne Mac Taggart, personne inconnue de moi et peut-être aussi de vous-même. C'est une journaliste qui porte intérêt aux sciences et notamment à la physique quantique et à ses aspects dérivés pouvant concerner tout un chacun. L'ouvrage est sérieux et très documenté car l'auteur a beaucoup fréquenté les scientifiques dont elle raconte la vie et les recherches. Ceux-ci intéressés par des sujets que les autorités officielles ont tendance à ignorer, si ce n'est à suspecter, n'ont jamais joui de beaucoup d'appuis et ont même souvent été mis sur la touche. Par exemple Jacques Benveniste et ses travaux sur la « mémoire de l'eau ». Travaux menés avec rigueur mais qui avaient le grave défaut de justifier l’homéopathie alors que la position officielle est que l'action bénéfique d'un médicament résidant dans ses molécules actives se trouve annulée en  l'absence de ces dernières. Il est vrai qu'à force de dilutions il n'en reste plus la moindre trace...et que l'industrie pharmaceutique allopathique a absolument besoin de ces dernières qui constituent son fonds de commerce…

               Or, « Le champ » parle des recherches sur le « vide quantique », c'est à dire sur le plus impalpable dont apparemment nous n'avons que faire ! Pourtant ce « vide » qui occupe la quasi-totalité de l'espace aussi bien interplanétaire qu'atomique semble avoir des propriétés étranges. D'abord il faut bien qu'il soit quelque chose sinon les particules  ne pourraient communiquer entre elles. Qui plus est les « particules élémentaires » n'en ont que la qualification puisqu'elles sont elles-mêmes composées de « quarks » et autres entités dont les  noms exotiques désignent ce qui est totalement impalpable et dont même la localisation devient problématique. Nous voilà confrontés à un monde de « Champs » et de « forces » bien éloigné de la pesanteur  contondante du pavé qui vient agresser les forces de l'ordre chargeant les barricades qui leur font obstacle.

               Mais le vide a des propriétés étranges. Il est plein d'énergies potentielles et semble pouvoir stocker des informations. De là à se demander si nous ne sommes pas reliés les uns aux autres par des réseaux d'énergies et des ondes d'une grande variété véhiculant des informations à tous les niveaux...Après tout nous admettons qu'un tas de matériaux composites enjolivés d'un écran et plein de circuits électroniques puisse nous réjouir de spectacles lointains et nous enchanter de musiques suaves. Nous admettons aussi que l'ordinateur le plus banal, même de bas de gamme, puisse nous brancher avec l'aide de la Wi Fi sur de lointaines banques de données.

               Tout cela est vrai et j'en témoigne ! J'ai même vu des personnes d'apparence très ordinaires invoquer les esprits et se mettre en relation avec Tante Agathe qui pourtant habite dans le Nord -Pas -de -Calais à l'aide d'une sorte de boîte noire aux propriétés de gris- gris ou de fétiche, qu'elles appelaient gentiment « Mon Smartphone » et ce dans le métro au vu de tout le monde. Cérémonie vaudou à domicile ? Mais le service après-vente est assuré.

               Devant ces faits avérés, certains se demandent si l'espèce d'ordinateur biologique qu'abrite notre boîte crânienne serait totalement dépourvu des capacités que nous reconnaissons à des objets usuels produits en grande série et jetables dans nos poubelles si nous n’avons pas la conscience écologique.

               Mais la science progresse et de braves gens dont le bons sens n'est pas douteux en arrivent à se soumettre à des expériences. Rigoureuses, menées en laboratoires, avec expertise, contre-expertise et analyses statistiques. Même des moines zen ou tibétains laissent enregistrer leurs ondes cérébrales en posture de méditation et les résultats ne sont pas neutres.

               Une des hypothèses majeures serait que le vide quantique constitue un immense réservoir de souvenirs et d'informations. Une encyclopédie Wikipédia cosmique à l'échelle de notre galaxie, la Voie Lactée, mais aussi, évidemment de tout ce qui est au-delà et qui n'en est séparé que par du vide tout aussi quantique…

               Je n'insisterai pas, n'étant nullement spécialiste et étant affligé d'une  allergie aux mathématique gravement congénitale qui me force à croire les physiciens sur parole. Ce qui me chiffonne… mais que voulez-vous nul n'est parfait.

 

                                                                                                  A suivre

 

"La conquête de l'air" - détail

"La conquête de l'air" - détail

"La conquête de l'air - détail

"La conquête de l'air - détail

A suivre...

Si ça vous chante

et si vos obligations diverses

vous en laissent le loisir

et lenéfice

final.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 08:31
"vont-ils donc?" - huile sur toile - 61 x 50 cm -2005

"vont-ils donc?" - huile sur toile - 61 x 50 cm -2005

Ciel !

 

           Des lignes prodigieuses s'élancent dans le ciel. Elles se précipitent les unes sur les autres, s'entrecroisent et se chevauchent. Elles forment un réseau d'une géométrie brutale, instantanée et fugace. Surgies de rien elles ne s'attardent guère et laissent la place à d'autres sans cesse renouvelées.

                 Pourtant cette abstraction géante témoigne de la présence humaine et de ses traces. Qu'ils soient douillettement installés dans leur classe confort ou tassés dans un low cost minimal où tout est calculé au plus juste, voilà nos semblables en route vers leur devenir lointain ou pas. Exotique ou routinier. Totalement autre ou d'un banal à pleurer même s'il est situé aux antipodes.

                 Car plus c'est loin, plus c'est semblable et rien ne ressemble plus à un terminal hexagonal qu'un autre terminal australien ou patagon.

                 Pourtant la nature continue ses extravagances. Inlassablement l'eau s'évapore à la surface de l'océan et s'élève en s'exaltant. Elle va alors s'accumuler en formations nuageuses pleines d'imprévu avant de dériver à l'intérieur des terres. Pour lors cela moutonne, se gonfle et vogue avec nonchalance. Dans le genre cumulus c'est assez arrondi et floconneux. Ça n'a pas l'air de trop s'en faire...Ni de vouloir inquiéter les passagers des gros oiseaux métalliques.

                 C'est qu'il y a différence d'altitude et que de mon 3ème étage résidentiel tout semble se côtoyer. Mais de grandes distances séparent les nuages des longs courriers qui s'apprêtent à franchir l'océan pour atteindre le Nouveau Monde. Enfin on peut toujours rêver en contemplant ce spectacle grandiose, toujours gratuit, toujours offert et que bien peu remarquent tant il est passé dans le quotidien, dans le normal, dans le banal, dans la routine des jours et des saisons.

 

                                                Le Chesnay le 3 septembre 2015

                                                Copyright Christian Lepère

"Où vont-ils donc?" - détail

"Où vont-ils donc?" - détail

"Où vont-ils donc ?" - détail

"Où vont-ils donc ?" - détail

 

Je vous parlais du quotidien...

Rassurez-vous

bientôt

je

vous 

emmènerai

voir la dalle de Palenque!

Ambiance exotique garantie. A consommer avec modération

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 08:26
"Des cieux gris bleus" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"Des cieux gris bleus" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

Un jour parmi tant d’autres

 

               Ce matin-là il émergea en tombant de son baldaquin. Pestant et maugréant sur l'inclémence climatique qui obscurcissait l'aurore de son lever.

               A tâtons il rechercha ses escarboucles. D'ordinaire à son chevet elles s'étaient éclipsées sans crier gare. Enfin il en trouva une moitié de paire, seulette et orpheline. Comme de coutume il fulmina sur l'inconséquence des personnels de maison pourtant dûment appointés. Tous ! Que des incapables, des parasites, des syndiqués planqués dans leurs conventions sociales au prorata de la pénibilité. Des assistés de la gidouille. Des bons à pendre qu'en un sac on va ligoter. Le tout à jeter en Seine et à vau-l'eau. « Fluctuat nec mergitur » qu'ils disaient… Tiens ! Ça leur apprendra !

               Mais ce n'était pas suffisant et il en rajouta derechef. C'était pour l'exemple ! Pour le renouveau moral ! Pour un ordre social enfin pérenne et contre la dictature du prolétariat ! N'en déplaise à Lénine et ses thuriféraires assermentés.

               Fier de sa diatribe il pût enfin entamer sa journée. A perte de vue elle s'étendait à ses pieds. Vaste espace béant de tous les possibles. Champ d'affirmation de son moi péremptoire. On allait voir ce qu'on allait voir…

               Hélas ! Le sort était traître. Planqué derrière la tenture son avenir lui souriait d'un œil torve. Les dieux étaient hostiles on se demande bien pourquoi. Peut-être s'étaient-ils aussi levés du mauvais pied ?

               Enfin en greluchant des facéties immondes il se lança. Mal lui en prit. S'emmêlant les pinceaux dans les franges du tapis il s'écroula inerte, masse de protoplasme répandue. Douloureux inconfort. Mais Dieu soit loué ! Le mal était bénin. Pas de fracture ouverte ni d'épanchement calamiteux des humeurs internes. Nulle hémoglobine souillant la moquette. Nul besoin du SAMU ou de police secours.

               Il atteignit le métropolitain le plus concomitant. Dévalant vers les profondeurs il atteignit des portillons hostiles. De ces machines à découper le chrétien en tranches ou en rondelles. Suivant réglage.

               Son ticket était valide et il fût sauf. Et même admis parmi les élus, ceux que la rame accueille dans sa chaleur douillette. Là où les effluves d'humanité vous bercent de fragrances sudoripares et d'haleines enrichies à l'oxyde de carbone, si ce n'est de vapeurs d'alcool prohibées en ces lieux publics et conviviaux.

               Alignés en bancroches assoupies les autochtones tenaient d'étranges conciliabules. Ils tapotaient leurs écrans tactiles intuitifs d'un dextre précautionneux, se branchant sur des sites improbables pleins de turpitudes immondes ou d'affaires du siècle à promotion variable terriblement alléchantes.

               Mais il n'avait que faire de ce vain peuple qu'il ignorait superbement. Descendu à Saint Sulpice il fît une halte en la crypte d'icelle et recueillit son âme en des bigoteries niaiseuses mais qui nous font oublier nos arriérés de dettes, nos impayés et nos saisies d'huissier.

               Rasséréné il ressortit. C'est alors qu'il la vit passer. Elle était accorte et fleurette et sentait bon le sable chaud. Sans hâte elle balançait ses rotondités en un roulis précautionneux mais infiniment émouvant. D'un languissant de sourde invite.

              Ce trois fois rien le séduisit. Et prêt à tout jusqu'à l'audace il emboîta sa dérive alanguie. Mais la candeur en tapinois n'était que fourbe hypocrisie. Que jeu d'accroche intéressé. Il avait vu et tout compris… Ah ! On ne l'y reprendrait plus…

               C'est alors que tout désemparé et l'herbe sous le pied coupé il se retrouva tout béant. Ne sachant à quel saint se vouer pour tuer le temps dont il disposait dès lors à profusion, il opta pour son domicile.

               Rentrer chez soi. S'y tenir coi. N'étais-ce pas le plus raisonnable ? Au lieu de se dissoudre en vaine recherche, en quête absolue d’abscons sans fin ? Par chance il attrapa le bus et celui-ci n'était pas bondé. Il pût donc étendre ses membres las et se laisser porter incontinent jusqu'au pied de son domicile.

               Enfin chez lui il exulta. Quelle belle journée il avait passé, pleine de bruit et de rebondissement. Il ne lui restait qu'à noter ses exploits dans ses carnets répertoriés ;

               C'est ce qu'il fit avant de conclure. Oui ! La vie était une fête. Un renouveau de nouveauté. Un délire créatif ininterrompu ! Une manne ! Une jouvence ! Et demain serait un autre jour ! God save the Queen ! Merde à Vauban ! Car honni soit qui mal y pense …

 

                                                               Le Chesnay le 30 novembre 2015

                                                               Copyright Christian Lepère

 

 

"Des cieux gris bleus" - détail

"Des cieux gris bleus" - détail

"Des cieux gris bleus" - détail

"Des cieux gris bleus" - détail

Après

le ras des

paquerettes

nous irons rêver 

dans le ciel plein de splendides aéronefs!

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