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  • : "L'imaginaire" selon Christian Lepère
  • : "L'homme est un animal capable de transcendance" et d'humour...
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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 10:51
"Folle végétation" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

"Folle végétation" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

Armée de l’ombre  (suite et fin)

 

 

 

         Le but de l’Empereur était de dominer le monde et de devenir immortel. A cette fin  il envoyait sans relâche et  dans toutes les directions des émissaires et des fidèles chargés de lui procurer un élixir de jouvence, Un remède miraculeux capable de maintenir sa jeunesse et sa vigueur intactes malgré les aléas. En gros de lui épargner le naufrage de la décrépitude. Hélas ! Malgré tous leurs efforts ceux-ci n’y parvinrent jamais et ayant failli à leur mission  ils méritaient d’être châtiés. Ils étaient donc exécutés séance tenante. Pour l’exemple et parce qu’ils le méritaient bien. De toute façon ça leur apprendrait…après tout c’est bien de leur faute si le chef suprême est mort à 49 ans, terrassé par un virus peu soucieux de sa gloire immortelle.

         Mais rien n’est simple et après de longues recherches on est arrivé à des conclusions expliquant les techniques de réalisation de cette armée de terre cuite. D’abord ce n’est pas du simple travail d’artisan qui aurait façonné les personnages un à un comme des objets uniques. La tâche aurait été colossale. C’est pourquoi des méthodes très modernes ont été utilisées : production en série d’éléments standards, bras, jambes, têtes et cuirasses. Ensuite tout cela était assemblé un peu comme sur une moderne chaîne de montage. Ensuite tout était retravaillé et orné avant une mise en couleur très réaliste, comportant des teintes vives pour les vêtements. Par ailleurs tous les visages étaient particularisés, reconstituant la diversité d’une foule réelle. Voilà pour la technique. Pour satisfaire les égos tatillons et les conventions de l’époque la taille des personnage dépendait de leur place dans la hiérarchie. Ainsi les gradés de haut vol, entouraient de plus petits fantassins ! Mais c’est ce qui était pratiqué chez nous au moyen-âge.

         Enfin, pour terminer, l’empereur qui devait se prémunir contre les invasions (barbares puisque non-chinoises) venant du nord a décidé de construire un mur fortifié. Plus connu sous le nom de Grande Muraille  il déroule ses 6.000 km par monts et par vaux dans des régions accidentées. Là aussi la main d’œuvre surabondante était taillable et corvéable à merci. Beaucoup mouraient et étaient enterrés sur place. Ce qui est un honneur non-négligeable qui aurait permis de contempler leur sépulture depuis la lune. Hélas cette affirmation était fausse, la Grande Muraille ne mesurant que six mètres de large et échappant donc à l’observation des télescopes jusqu’à une époque récente. Mais on n’arrête pas le progrès et avec des rayons lasers c’est désormais chose faite !

         Ainsi tout est relatif et rien dans l’histoire et les activités humaines ne saurait relever de l’Absolu qui est pourtant le principal sujet de préoccupation de l’espèce humaine, envers et contre toute vraisemblance, depuis toujours et à tout jamais. 

 

                                                                                                                                                      La Brosse Conge le 19 octobre 2019

                                      Copyright Christian Lepère

 

 

         Pour voir des photos de cette armée de l’ombre il suffit de taper « Armée d’argile-Chine » puis de choisir pari les sites.

 

 

 

 

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C'en est bien fini de ces périodes légendaires

dignes de l'Odyssée...

Mais la Chine a réussi la fusion nucléaire

que la France  lorgnait avec son E.P.R.

(mais sans en avoir les moyens humains, tactiques et idéologiques)

La Chine est donc bien le Centre du Monde

(à part quelques autres...)

 

 

 

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 10:01
"La girouette" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1988

"La girouette" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1988

        

         Surfant sur internet je suis tombé sur des photos et des documents parlant du 1er Empereur de Chine et de l’immense tombeau qu’il a fait ériger pour atteindre l’immortalité et laisser son souvenir vivant à tout jamais. On y voit, bien sûr l’immense armée de soldats de terre cuite qui entourent le mausolée.

 

 

Armée de l’ombre

 

         Surgissant de l’obscurité ils forment une multitude immobile. Alignés comme les soldats d’une improbable armée. Tirés au cordeau autour de leur Seigneur et Maître pour qui ils se sont sacrifiés. Cohorte immense et pétrifiée, ils attendent pour l’éternité. Leurs silhouettes sont blanchâtres mais encore dignes de respect. Hiératiques elles inspirent encore l’effroi  bien que la mort les ait figés. Mais dans l’anonymat de leur cohorte chacun a conservé ses traits et sa personne, sa moustache élégamment retroussée ou son crâne chauve et ses lèvres sensuelles.

         Leur mort a été acceptée car ils le savaient depuis toujours leur rôle était d’être fidèle au chef suprême et de le suivre dans l’au-delà pour continuer à le servir à tout jamais. Mais ils ne sont pas seuls à avoir servi l’Empereur et, outre  cavaliers  ainsi que les chevaux attelés aux chars, il y a bien d’autres créatures  humaines ou non. Ainsi la famille et les proches, mais aussi les obscures et les sans-grades. Les nobles et les roturiers, les jongleurs et les acrobates car le maître du monde connu, le Maître de l’Empire du Milieu avait besoin de se distraire et de se divertir.

         En bon despote oriental il les a tous entraînés dans la mort. Car c’est la loi et la coutume. On ne rigole pas avec le mâle dominant qui règne sur le Monde depuis son Palais, centre naturel et incontesté de tout ce qui se meut sur la planète. Le Roi Soleil n’a rien inventé à Versailles et à sa suite Hitler et Mao ont tout compris même si entre-temps les mœurs avaient évolué et ne demandaient plus le sacrifice suprême, du moins pas sous cette forme... Mais les mentalités continuent de s’adoucir et Donald Trump aurait du mal à exiger de ses ministres et conseillers qu’ils en arrivent à offrir leur vie en signe de respect et d’allégeance ! Car nous vivons dans une époque moderne, éclairée, démocratique et bien-pensante. Du moins c’est ce que nous susurre gentiment une habile communication justifiant l’usage de la démagogie découlant des connaissances psychologiques. Celles qui nous ont tant appris sur nos motivations cachées et les coulisses de notre subconscient.

 

                                                                                              à suivre

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Au moins en ces temps farouches

avouez qu'on savait rigoler!

et qu'on n'hésitait pas

à employer

les grands moyens!

Au moins ça n'était pas du virtuel

du numérique du faux-semblant  et du trompe l’œil...

 

 

 

 

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:13
"Joli mois de mai" - Huile sur toile - 100 x 81 cm - 1990

"Joli mois de mai" - Huile sur toile - 100 x 81 cm - 1990

 

 

Au jour le jour

 

 

 

         L’été s’en est allé, suivi des brumes automnales Les jours se sont réduits comme peau de chagrin, comme neige au soleil, comme givre sur les branches. Tout disparaît, tout se dissout dans ce qui a précédé et qui finira par revenir inlassablement. Retour à l’origine.  L’ellipse s’est mordue la queue  Pourtant la planète tourne  et vogue dans l’immensité autour de son étoile. Les lois la maintiennent en son éternité évoluant selon des lois qui nous échappent en l’asservissant. Mais en est-on bien sûr ? Est-ce vraiment démontré ? Preuves à l’appui et clefs en main ?

         Ah !  Vouloir tout comprendre, tout expliquer et rendre compte du cours des choses  qui nous entourent et nous cernent sans relâche! Détenir la formule, l’équation résolvant tout avec une élégance implacable, indiscutable, et prouvée par la rigueur de la Mathématique… Mais je m’égare. Depuis toujours et bien avant sans doute,  dans quelque hypothétique antériorité et depuis l’aube des temps qui nous échappe. Depuis toujours disais-je et bien avant nos grands-parents et les aïeux de leurs ancêtres, bien avant les pithécanthropes et autres Cro-magnons hirsutes promenant leur pré-humanité en se gardant des prédateurs qui  aimaient tellement en faire leur quotidien. A charge de revanche, bien sûr !

         Mais nous n’allons pas refaire l’histoire. Elle a eu lieu, une bonne fois pour toutes ! Et personne n’empêchera le Tyrannosaurus Rex de nous avoir précédés dans les détours d’une improbable évolution.

         Le brouillard se lève avec hésitation. Va-t-il laisser surgir un clair soleil qu’il maintenait emprisonné ? Comme ça, bêtement, pour nous faire la nique ? On verra bien…L’avenir nous le dira s’il est sympa avec nous.

 

                                               La Brosse Conge le 5 décembre 2015

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

 

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Dernier bourgeon de l'évolution

nous contemplons

tout ce qui

nous a

précédé

sur cette planète

qui a de plus en plus

de mal à nous supporter...

 

 

 

 

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 17:22
"L'oiseau bariolé" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

"L'oiseau bariolé" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

 

 

Paisibles ruminants

Réflexions du petit matin suivant

 

 

 

         Je vous entretenais de mes amies ruminantes, de leurs mœurs et comportements. Du moins de ce qui est visible et identifiable pour un  humain qui anthropomorphise et les imagine comme lui. Avec les mêmes attentes, les mêmes désirs de petit bourgeois soucieux de son confort. Mais elles ne sont pas syndiquées et n’ont aucune exigence statutaire. Pour elles pas de prime de pénibilité. Pas de points de retraite à calculer. Tout est simple et se doit de le rester.

           Ce matin elles sont figées. Statues marmoréennes blanches et hiératiques. La  gelée semble les avoir stoppées net. Plus rien ne bouge. Leur masse s’est minéralisée sur place. Droit sorties du musée Grévin avec une rigidité de monument aux morts elles sont posées l’une derrière l’autre. C’est comme une procession qui ferait halte.

           Et puis, allez savoir pourquoi, la vie les ébranle à nouveau. Sous le cuir épais qui  les protège du froid pénétrant la vie reprend ses droits. Les machines biologique redémarrent, avec lenteur. Pleines de noblesse et de componction. C’est un cortège qui se dirige en direction du hangar. Pourtant ce vaste entrepôt métallique ne les attirait guère. Que pluie ou vent fassent leur office elles s’en désintéressaient. Leur épiderme épais leur suffisait et assurait le bien-être vital auquel elles prétendaient. En fait tout était bien, tout était conforme.

           Peut-être ont-elles entendu la camionnette de leur propriétaire venue comme chaque matin leur rendre visite pour constater l’état des lieux ? A moins qu’un autre signe, plus discret ait rappelé dans les circuits de leur cervelle bovine l’imminence d’un autre événement ? D’une autre visite ?

           N’étant pas dans leurs confidences je m’abstiendrai d’interpréter. Il est vrai qu’intellectuellement nous leur sommes bien supérieurs et que l’évaluation de leur Q.I. nous paraîtrait assez faible. Cependant elles existent depuis tant de temps et elles ont réussi à s’adapter ce qui suppose une forme d’intelligence instinctive supérieure à celle de bien des humains dont la survie n’est assurée que de façon artificielle par les prouesses de la chirurgie.

 

                                                        La Brosse Conge le 22 novembre 2019

                                                        Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

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Avouons le, nous sommes des mammifères.

Mais capables de transcendance.

Ce qui n'est pas rien

même si certains

persistent 

à se 

croire

biodégradables

en totalité et dans les moindres détails!

 

 

 

 

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 07:23
"Les colimaçons" - huile sur toile - 46 x 38 cm -1990

"Les colimaçons" - huile sur toile - 46 x 38 cm -1990

 

Paisibles ruminants

 

 

 

           Elles broutent. De long en large, inlassablement, elles broutent ; Rien ne saurait arrêter leur lent cheminement. Leur paisible progression. Parfois un obstacle les détourne. Une haie infranchissable ou une fondrière se dérobant. Un terrain glissant traitreusement sous leur pas ou bien un autre ruminant leur barrant la progression rectiligne nécessitant un moindre effort. Mais rien ne saurait véritablement les arrêter si ce n’est l’incontournable obstacle qui impose l’immobilité

           Hier je revenais de la gare après un long périple. A pied avec quelques bagages. Longeant un pré je distinguais dans la pénombre des silhouettes claires, debout dans la nuit tombée, mais animées d’un lent mouvement de progression. Le même qu’elles auraient eu sous la chaleur estivale ou dans la douceur printanière. Car rien ne saurait les détourner de leur rôle de tondeuse inconditionnelle entretenant les espaces verts.

           Parfois la pluie leur rend visite. Le brouillard les enveloppe d’où elles surgissent, fantomatiques et paisibles. Retrouvant leurs consœurs après un instant de solitude ouatée.

           Je me souviens du bon vieux temps, celui où pépé Louis nous réveillait à l’aube pour aller aux champignons. C’est dans le brouillard qu’on gravissait la colline derrière la maison. Ce n’était pas bien haut, mais assez pour surgir dans le soleil éclairant le plateau au dessus de la vallée. Celle-ci restait un gouffre blanc où nous allions peut-être replonger au retour.

           C’est là, dans l’herbe verte saturée d’humidité  qu’il fallait louvoyer entre les bouses de vaches, larges et onctueuses qui favorisaient l’apparition spontanée et comme miraculeuse des champignons de rosée,  Leurs chapeaux étaient blancs avec un dessous dessous garni de lamelles d’un rose tendre. Ils venaient de surgir à l’aube,  frais et innocents et tellement bons en salade avec de la vinaigrette.

 

                                               La Brosse Conge le 20 novembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

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Le temps jadis n'est plus.

N'en reste plus que des souvenirs diaphanes 

flottant

dans l'amnésie

d'une enfance ressurgie

sans crier gare! 

 

 

 

 

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 14:18
"L'innocence" - Huile sur toile - 65 x 54 cm - 1990

"L'innocence" - Huile sur toile - 65 x 54 cm - 1990

 

Jacques Brel

 

 

 

 

             J’étais jeune et déjà l’absolu me manquait. Comme pour bien des adolescents je côtoyais un vide intérieur. Je souffrais d’un besoin de m’évader hors des limites quotidiennes et de la médiocrité des adultes m’entourant de toutes parts. Mes pauvres parents s’usaient à la tâche et j’étais poursuivi par des études qui me paraissaient vaines. Déjà j’avais renoncé au second cycle pour m’orienter vers une école d’art. Mais l’Ecole des Arts Appliqués ne répondait guère à mes attentes. D’une part des enseignants qui s’efforçaient de transmettre ce qui les avait marqués (conformisme ou remise en question datant de l’époque précédente et qui à mes yeux n’avait guère d’intérêt). Et d’autre part ceux qui attendaient la retraite en bénéficiant des quelque avantages dus aux fonctionnaires. Je ne pouvais dans un cas comme dans l’autre que me replier sur moi-même. Heureusement Breughel et Jérôme Bosch m’avaient fait un clin d’œil complice, planqués entre les volumes de la bibliothèque. Je n’étais plus tout à fait seul et pourtant mon âme étouffait.

             C’est alors que Jacques Brel  a surgi sur les ondes. Au début il y eut « Les Flamandes » …les Fla, les Fla, les Flamandes ! Le rythme était entraînant et bientôt d’autres chansons éclatèrent véhiculant un message de révolte et d’espoir. Avec des moyens simples et efficaces les mots étaient sortis de leur ronron quotidien. Ils s’entrechoquaient et fulguraient portés par une voix chaude pleine de tendresse et de vigueur. J’étais sous influence…mais pas comme une midinette qui veut rêver à bon compte, sans prendre de risque. Ni comme un loubard qui hurle sa révolte en s’en prenant aux autres. Qui veut en découdre avec ce qui l’empêche de s’affirmer sans s’interroger sur lui-même.

             Le curieux de l’histoire est que je n’ai jamais éprouvé le besoin de révérer une idole. Pas de posters sur les murs de ma chambre et nul besoin d’assister au spectacle ou d’aller écouter le chanteur en direct. Je n’étais pas un fan ! Me suffisait le message et son énergie flamboyante. En réalité l’auteur m’intéressait beaucoup moins que son œuvre. J’ai connu aussi cela par la suite quand j’ai « découvert » l’univers de Charles Trenet. J’avoue avoir éprouvé une immense admiration pour de petits chef d’œuvre pleins d’humour et de tendresse décrivant en trois couplets la vie d’un simple humain ou d’un mythe incarné, comme Raspoutine ou Roland à Roncevaux…Avec tact et concision, avec des mots naïfs le poète rend compte de notre humanité. Et c’est très différent des cris d’écorché de Jacques Brel, mais aussi efficace.

             Mais j’en reviens à ce dernier. Hier « L’étrange lucarne » de la télé m’a proposé une émission  en hommage au grand Jacques. Et j’ai bien vu les limites du personnage que je n’ai jamais souhaité rencontrer …D’abord c’était une sorte de fanatique, un inconditionnel de ses pulsions guidé par un besoin d’absolu dans les relations humaines. Pour lui l’amour devait être total, on devait s’y fondre, s’y donner sans retenue, quitte à tout casser et à tout brûler quand ça tournait mal. Ce qui est plus que fréquent ! Ensuite son besoin d’absolu cherchait à se réaliser dans le relatif, là où c’est impossible et totalement illusoire. C’est en tout cas une illusion qui nous condamne à errer indéfiniment dans le « samsara » décrit par les bouddhistes. Dans son manque de lucidité il en était encore à croire que tout le monde était comme lui ! Que tout être humain éprouvait le besoin de partir pour aller voir plus loin ! C’est vrai pour certains, et non des moindres. Cela prouve simplement que seul celui qui a cherché à aller concrètement au bout de ses rêves peut enfin perdre toutes ses illusions, ses faux espoirs et comprendre  qu’il s’est trompé de direction. Comme tout le monde. Comme la totalité de l’humanité depuis que l’homme existe

             Faut-il conclure ? Jacques Brel était une grande âme qui n’était pas encore parvenue à maturité, qui n’avait pas encore exploré toutes les impasses, quelqu’un  qui croyait encore que le salut est au bout du monde, aux îles Marquises…ou encore plus loin… et qu’on finira bien par le trouver en continuant à naviguer…

             Depuis il est mort. Il est possible, mais ce n’est pas certain que cette issue « fatale » lui ait enfin donné l’occasion d’atteindre « l’inaccessible étoile »qui nous attend tous après la perte de nos dernières illusions. Car seules  celles-ci nous empêchent d’être  libérés du poids d’être une malheureuse créature cherchant à perdurer envers et contre tout en se prenant pour le centre du monde.

 

 

                                               La Brosse Conge le 17 novembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

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Le poète s'en est allé...

Mais nous, où irons-nous?

A moins que d'ici-là nous n'ayons réussi

à nous rejoindre et à entrer en amitié

avec nous-mêmes!

 

 

 

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 17:55
"Industrie légère" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

"Industrie légère" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

Hubert Reeves

 

 

 

         En surfant sur internet je suis tombé sur une vidéo consacrée à Hubert Reeves et à un livre publié en 2017 : « Le banc du temps qui passe » (méditations cosmiques – édité au Seuil-).

         J’ai toujours eu de la sympathie pour cet astrophysicien à la tête bien pleine et bien faite qui se permet d’être un humain simple et ordinaire qui en outre sait vulgariser ses connaissances pour les rendre intelligibles au commun des mortels .

         Comme le titre l’indique ce sont les réflexions de l’homme vieillissant qui en a tant vu et qui médite assis sur son banc au lieu d’aller au bistrot taper la belotte avec les copains.

         Il se pose donc les questions basiques pour faire le bilan d’une vie bien remplie. Or, celle-ci s’insère dans cette époque de fous où toutes les notions de simple bon sens sont remises en question. Où les évidences traditionnelles avouent leur caractère relatif, si ce n’est totalement naïf et à côté de la plaque. Epoque incertaine où de hardis chercheurs, sérieux et surdiplômés se raccrochent aux branches de ce qu’ils ont tenu pour acquis depuis leur formatage universitaire.

         Je veux parler ici de tous ceux qui savent en théorie de quelle façon catégorique la physique quantique, pourtant confirmée depuis un siècle, a remis en question les notions d’espace et de temps pour déboucher sur la relativité chère à Einstein et à quelques autres.

         Hubert Reeves parle des problèmes actuels : recherche de pointe, éducation, questions éthiques posées par les progrès dans la manipulation du vivant. C’est un humaniste comme en a produit la Renaissance. D’ailleurs cette  dernière préfigurait l’époque actuelle. A ce petit détail près qu’elle s’engageait radicalement dans la direction opposée. Celle où l’Homme croyait pouvoir comprendre les lois du monde pour en devenir le Maître. Tentative prométhéenne qui nous a irrémédiablement conduit à la crise mondiale actuelle.

         Un seul point me chiffonne dans tout ce contexte, c’est qu’Hubert tout en admettant l’universalité des lois naturelles et leur rigueur implacable s’obstine à vouloir croire au hasard. Selon lui autorisé par la physique quantique. Cependant d’autres physiciens, comme David Bohm pensent que l’insuffisance de nos moyens concrets nous interdit d’avoir connaissance des « variables cachées » qui compléteraient tout ce que l’on tient pour acquis et définitif , tout en supprimant la part d’incertitude. Et je crois bien qu’à cet égard Dieu ne joue pas aux dés. Même si Nils Bohr a demandé un jour à Einstein  pour qui il se prenait pour dire à Dieu comment il doit faire ! 

         La science actuelle, quelle que soit sa progression en est probablement à ses débuts, ses balbutiements…Et il est probable qu’elle a encore bien des progrès à faire si l’humanité ne parvient pas à se suicider malgré sa tendance à foncer droit dans le mur avec enthousiasme ! Enfin, l’avenir ne nous étant pas connu, malgré l’absence de hasard, nous risquons d’avoir encore beaucoup de surprises, bien que le pire qui est toujours possible ne soit jamais certain.

         Je n’aurai donc pas l’outrecuidance d’insister. Alors portez-vous bien en attendant !

 

                                               La Brosse Conge le 3 octobre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

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Gloire

a la lucidité d'Hubert !

Mais comme l'a dit le Bouddha,

nous n'avons pas à croire

mais à vérifier...

 

 

 

 

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 06:32
"La lucarne" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1990

"La lucarne" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1990

 

Rêve et réalité

Episode ancien à obsolescence programmée

 

          

 

           Je me réveille de bonne heure (6 h 15) . Je me lève. Je ferme les volets et les fenêtres de toute la maison, au rez de chaussée et au premier étage. Je les avais ouverts  pour la nuit. Il fait déjà 20 degrés à l’extérieur.

           Méditation. Je suis calme et détendu. Une multitude d’épisodes de ma vie se déroule comme un film. Images anecdotiques sans aucune importance particulières. De l’ancien, du récent. Vacances de l’enfance, activités dans l’enseignement, vie de famille etc. etc … Succession monotone. C’est ma vie. Ce ne sont que des images fugaces qui passent. Ca dure longtemps. Fin de la méditation. Je retourne me coucher. Je m’endors. Commence une longue suite de rêves. Je dois aller ou retourner quelque part. Il y a un but. C’est une très longue errance. J’emprunte des rues. Je tourne en rond. Je demande à des gens. Je monte, je descends, mais où ? Dans une ville étagée. Je pénètre dans des maisons, des espaces privés. Je rencontre des gens connus ou pas. Je les suis. Par moment je veux les doubler. Ils montent ? Je descend… sans issue…je remonte. C’est très long. J’ai l’impression de ne jamais y arriver… Quelqu’un (ma mère ?) me dit que je suis plutôt en avance, que j’ai le temps…et ça continue. Je finis par me réveiller avec le sentiment d’être en retard alors que je n’ai rien de précis à faire aujourd’hui. Malaise, flottement. Où finit le rêve et où commence la réalité ?

           Dans le jardin le niveau d’eau de mon bassin baisse chaque jour. Une végétation abondantes (mousse, algues…) se développe. Je commence à récurer avant de prendre mon petit déjeuner. J’arrête, je continuerai plus tard car la température commence à monter. Il va faire très chaud. Ce qui se passe dans ce bassin est peut-être une image de mon subconscient et de mes souvenirs. Il est sans doute grand temps de « perdre » le passé (sans l’oublier car c’est impossible. Il convient donc de « Mourir à soi-même », de  se détacher de tout ça pour n’être plus que le spectateur qui voit tout, qui est au courant de tout, qui aime tout, mais sans aucune préférence. Qui jouit de sa propre création !

           Hier, ma belle sœur m’a gratifié d’un nouvel épisode de ses troubles cérébraux. Comme c’est récurrent je ne m’affole pas. Elle arrive complètement paniquée en me disant qu’elle n’a plus rien à manger et qu’au téléphone la personne qui l’emmène faire ses courses à Avallon ne pourra l’y conduire que jeudi. Nous sommes mardi… Je vais faire un tour dans son frigo. Il est plein et pourrait subvenir à ses besoins pour une semaine…Mais c’est la panique et elle me répète en boucle : Tu te rends compte…jeudi !

           Voilà où j’en suis. Côté environnement j’ai un problème avec mon compte BNP. Quelqu’un a réussi à se faire figurer sur la liste des bénéficiaires de mes virements. La banque m’a prévenu dimanche et j’ai supprimé immédiatement ce bénéficiaire fantôme dont j’ignore tout. Mais on m’a dit que l’opération avait déjà eu lieu et que la somme de 5.800 € était déjà prélevée… J’ai porté plainte à la gendarmerie et je n’ai plus eu qu’à attendre les suites de l’enquête. Mais les « bénéficiaires » sont très rusés et même la banque ne sait pas très bien comment empêcher ce genre d’intervention frauduleuse. Enfin on verra…

 

           Depuis la BNP a fait le nécessaire et mon compte a été crédité à nouveau de la somme dérobée. Merci à la finance internationale qui compense pertes et profits sans états d’âme !

 

                                              

                       La Brosse Conge le 24 juillet 2019 revu et corrigé le 22 octobre

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

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Gloire à la BNP

qui veille à ma tranquillité

et assure ainsi la sérénité

de mon âme!

MERCI !

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 05:36
"Au point du jour" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1990

"Au point du jour" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1990

 

Passent les jours

 

 

 

Le temps c’écoule et les jours passent

Passent les jours au fil du temps.

Passent les heures et les saisons.

Sans se presser, prenant son temps.

Suivant son cours sans se presser

le temps s’écoule et suit son cours.

                                

                              

 

             Sous mes fenêtres la campagne reverdit. Après la canicule et ses excès incohérents revoici un petit temps de saison, automnal à souhait, bien rassurant pour les braves gens de la campagne. Enfin tout est normal. Enfin l’on sait où l’on va.

             Par les baies vitrées qui me protègent du froid je contemple les vaches.  Elles ont de l’herbe à brouter. Fini le tapis brosse tout sec dont elles faisaient semblant de se contenter mais où elles continuaient de déambuler inlassablement. C’est qu’elles avaient encore leur mission à accomplir, transformer la prairie en protéines laitières pour le plus grand bien des petits enfants. Ces usines à lait quadrupèdes, contre vents et marées, réchauffement climatique et autres aléas, se devaient d’assurer sans la moindre hésitation. Leur instinct leur tenant lieu de conscience elles ratissaient consciencieusement le pré du voisin. De temps à autres elles s’arrêtaient, non qu’elles fussent fatiguées ou lasses. Non qu’elles se soient découragées devant une tâche ingrate. Non, là encore elles étaient fidèles à leur programmation biologique  et suivaient la loi implacable de l’espèce. C’est qu’après avoir brouté, s’être rempli la panse, il leur faut ruminer. Régurgiter avec soin pour soumettre le bol alimentaire à un  second broyage avant la phase finale des processus digestifs. Enfin leur devoir accompli du début à la fin elles peuvent se remettre à brouter…jusqu’à la nuit tombée. Qui sait quels seront leurs rêves dans l’obscurité reposante ? De toute façon demain matin elles vont se remettre au travail. Comme l’ouvrier à son usine. Comme l’écolier dans son école mais sans la maîtresse pour assurer le sérieux de l’opération

            

                                               La Brosse Conge le 4 octobre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

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Prenons le temps de ruminer paisiblement...

Au moins pendant ce temps-là

on ne fera pas de bêtises !

Portez-vous bien !

A plus  !

 

 

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 06:07
"Week-end" - huile sur toile- 46 x 38 cm - 1990

"Week-end" - huile sur toile- 46 x 38 cm - 1990

 

Suite de « Et pourtant elle tourne … »

 

 

 

             Je vous ai entretenu précédemment du cas de Jacques Benveniste. Ce scientifique sérieux et reconnu par ses pairs est devenu pour le moins suspect parce qu’il s’intéressait un peu trop à un sujet risquant de remettre en cause les « croyances officielles ». Vous savez celles qui ont amené d’éminents intellectuels à affirmer haut et fort qu’on ne pourrait jamais faire voler un plus lourd que l’air. Pourtant ils connaissaient parfaitement les oiseaux qu’ils avaient même peut-être étudiés. Or il est bien connu que le plus léger des colibris a malgré tout un poids et qu’il tombe si on lui rogne les ailes. Ce qui est bête et méchant mais peut être justifié au nom de la recherche scientifique. Voilà qui me rappelle l’histoire du dresseur de puce. Quand il commande  à l’une d’elles de sauter, elle saute ! Jusqu’au jour où par curiosité il décide de lui arracher une patte pour constater qu’elle saute moins bien. Ensuite une seconde patte. La situation s’aggrave ! Quand il a tout supprimé la puce ne saute plus et notre homme, très observateur, en déduit qu’une puce  privée de ses membres devient sourde. Ce qui est évident puisque elle n’obéit plus aux ordres de son bon maître.

             Mais revenons à Benveniste. Parmi ses amis il y a un certain Luc Montagnier. Chercheur respectable qui a obtenu le prix Nobel de médecine en 2008 pour sa contribution à la lutte contre le sida. Après de longues expérimentations menées avec toute la rigueur nécessaire. En double aveugle et en relation directe avec un autre laboratoire de recherches en Italie, il affirme qu’on peut répliquer une molécule d’ADN après l’avoir mise dans de l’eau puis fait subir au contenu de l’éprouvette les dilutions successives dont sont l’objet les préparations homéopathiques. A ce stade il ne subsiste pas la moindre molécule identifiable. Puis il passe à l’étape suivante et transmet les informations contenues dans cette eau « pure » par internet. Le laboratoire situé en fin de parcours peut alors répliquer la molécule d’ADN de façon rigoureuse.

             Je suis évidemment incapable de vous dire si la rigueur scientifique a bien présidé à toute cette expérimentation.  La naïveté me gêne toujours un peu, qu’elle soit le fait de contestataires prêts à gober n’importe quoi pourvu que ce soit mystérieux et « tendance » ; ou au contraire le fait de super spécialistes sclérosée dans les certitudes qu’ils se sont fabriquées pour se rassurer.

             Donc si vous voulez vous faire une opinion, il ne vous reste plus qu’à aller visionner des vidéos sur You Tube. Notamment celles sur Luc Montagnier et la «  mémoire de l’eau ». Ma conviction est cependant qu’il est très maladroit et bien peu scientifique de nier catégoriquement tout fait bizarre ou surprenant, en tout cas non expliqué pour la simple raison que cela vous amènerait à revoir votre copie. Dans mon enfance on appelait ça de la frilosité. Et on risquait même d’être puni par une mauvaise note…

 

                                               La Brosse Conge le 26 septembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

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Si l'eau a une mémoire

attention aux mauvaises pensées

quand nous allons nous baigner ...!

(Vous aurez été prévenus)

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