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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 09:25
Trophée "Apocalypse Dore"

Trophée "Apocalypse Dore"

 Retour de la chaîne des Puys

 

           Un peu fourbu je reviens du Mont Dore où s’est déroulé le vernissage du SAFADORE. Ce salon de prestige créé par Roger Erasmy est consacré à l’imaginaire dans tous ses états et notamment au fantastique qui en est la forme la plus connue actuellement.

           Quinze artistes se sont réunis pour affirmer une même intention : témoigner de l’infinie richesse intérieure de la nature humaine et de sa profondeur. Avec ses sommets et ses abîmes. Ses ravissements et son épouvante.

           Tout cela est excellent mais ne saurait convaincre qu’avec le soutien d’une technique pleinement maîtrisée. Cela me paraît très clair mais j’entends déjà les protestations de ceux qui croient que sincérité et spontanéité ne peuvent s’épanouir qu’en dehors des contraintes. Qu’ils se détrompent car il suffit de revisiter le passé pour constater que les plus grands chef-d ‘œuvres sont le résultat d’une discipline acceptée et d’un travail acharné. N’en déplaise aux nostalgiques de mai 68 qui confondaient liberté et licence et qui en bons fanatiques de la libération interdisaient d’interdire. Cela au nom d’un inaliénable droit de naissance au « n’importe quoi » à condition qu’il soit spontané, pulsionnel et merveilleusement subjectif.

           Mais nous vivons l’instant présent. Ainsi en ce 20 et unième siècle délirant et mondialisé, remis en cause et questionné par les adeptes du tout-conceptuel voici qu’étrangement, à contre-courant et sans aucun soutien du Ministère de la Culture des artistes s’obstinent à œuvrer avec passion. C’est sans doute ce qu’on ne leur pardonne pas en cette époque utilitaire où ne sont valables que les productions qui font du chiffre et de l’audience massive. Qui assurent aussi des bénéfices juteux à d’habiles financiers dénués de toute inhibition morale et pour qui la moindre notion d’éthique ou d’esthétique est vieillotte et bien-pensante. En tout cas incapable de générer du profit immédiatement mis à l’abri dans des paradis fiscaux.                                                                                

           Nous voici donc dans cette belle région de la chaîne des Puys. Nature pittoresque et pleine de charme avec ses crêtes enneigés dominées par le sommet du Sancy. L’endroit est chaleureux même si les Thermes néo-Byzantins ne nous ont pas accueillis cette année. Dommage car l’ambiance y était parfaitement adaptée pour servir d’écrin à des créations oniriques. Et encore plus si l’on songe que le thème principal proposé cette fois-ci aux participants était justement celui des Thermes…

           Je suis donc arrivé dans cette exposition pendant l’accrochage. Dès l’abord l’impression a été excellente. La cuvée était bonne, voire meilleure que certaines du passé où la sélection des talents manquait parfois de rigueur.   

           Cette fois-ci tout est convaincant. Les œuvres exposées ont été longuement méditées et réalisées avec rigueur. Une grande diversité dans les sujets et la façon de les traiter prouve à quel point chacun a eu à cœur de nous livrer sa sensibilité la plus intime. Les approches sont donc très diverses, les façons de faire également. Je ne saurais tout vous citer  mais voici quelques exemples qui ont su réveiller l’intérêt du professionnel attentif que je suis et qui en a tant vu depuis tant d’années et dans les circonstances les plus diverses. Mais qui malgré tout se laisse encore surprendre par la magie de l’inattendu quand il est réalisé avec ferveur.

                                                     La suite au prochain numéro…

 

327 - Retour de la chaîne des Puys
327 - Retour de la chaîne des Puys
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 08:17
"Hommage à Monsieur Ingres" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2016

"Hommage à Monsieur Ingres" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2016

 

Préambule

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière le Salon

SAFADORE

Va avoir lieu au Mont Dore à partir du 4 février.

Voici la peinture consacrée au thème des Bains et un petit texte de circonstance ;

 

 

Bains turcs et autres

 

             Depuis la plus Haute Antiquité les hommes, les durs, les vrais ont toujours eu besoin de se détendre. Après les conquêtes lointaines,  les expéditions fantastiques au-delà des terres et des océans, après l’effervescence et la gloire du combat il leur tardait de retrouver leurs pénates et de goûter dans un mol abandon le repos du guerrier enfin mérité.

             C’est une des raisons qui ont poussé l’ingéniosité humaine à créer des Bains. Même si l’Occident n’a pas  toujours eu un grand souci de l’hygiène aux périodes sombres du Moyen-Age c’est vers la fin de cette époque tellement méprisée par les nobles esprits du Grand Siècle qu’on allait aux étuves pour se purifier, se restaurer et nouer des relations ( et plus si affinités, cela va de soi…).

A l’époque les bains étaient mixtes, du moins si l’on en croit l’iconographie où l’on voit de belles dames et de nobles messieurs partager les mêmes bassins en bois bien souvent dans le plus simple appareil. Mais avec des bijoux, des parures et des chevelures apprêtées. Au siècle de Villon, Blanche la Savetière et Guillemette la Tapissière y retrouvaient leurs clients et tout le monde s’y esbaudissait en se gobergeant de mets raffinés et de boissons adéquates. Le « Jardin des délices » de Jérôme Bosch nous en fournit une version idéalisée d’ailleurs pleine de symboles et de sous-entendus qui en font un archétype difficile à déchiffrer pour  les pesanteurs d’une mentalité moderne qui se veut rationnelle.

             C’est à la fin de cette époque bénie qu’on a commencé à avoir des doutes à propos de l’hygiène. Se laver paraît souhaitable mais encore faut-il le faire avec de l’eau propre. Or elle ne l’était pas toujours et l’on risquait de mijoter dans le jus et la promiscuité des autres corps pas toujours irréprochables. Les grandes épidémies se répandaient  avec la peste et le choléra. C’est pourquoi à la Renaissance on a commencé à se méfier, ce qui est raisonnable, mais avec excès, ce qui l’est moins.

             Ainsi on en arriva aux paradoxes du Grand Siècle où sous la monarchie absolue de Louis 14 la noblesse de l’apparence comptait beaucoup plus que la médiocre réalité des jours sans gloire. On en arriva donc à créer le plus beau des Palais à Versailles en oubliant les commodités et les exigences des nobles vessies des courtisans. Mais l’honneur était sauf. En changeant de linge et en s’inondant de parfum on peut très bien tenir son rang sans se mouiller dans des eaux malsaines.

             C’est au 18ème siècle que les mœurs s’adoucissent et que la pompe royale s’humanise. Le Siècle des Lumières s’oriente vers une vue plus quotidienne des comportements, la douceur de vivre reprend ses droits et l’on n’hésite plus à créer de petits cabinets pour les soins intimes de la toilette. L’eau n’est plus ce qui transmet les germes mais ce qui permet de s’en débarrasser.

             C’est au 19ème siècle que l’hygiène devient une préoccupation essentielle également pour le bon peuple. Car jusque-là Paris était nauséabond, les déchets jonchaient les rues et les pots de chambre étaient vidés par la fenêtre… Les rats en étaient enchantés et la population ne protestait pas trop contre leur présence. Après tout elle était naturelle. C’étaient des animaux de compagnie. C’est ainsi qu’on commence à revoir le problème pour y porter remède. Pasteur arrive à temps, armé de son microscope il nous prouve que nos yeux ne voient pas tout et que ce qui leur échappe peut être redoutable. Le microbe est démasqué. Il doit périr !

             Mais revenons à un peu de poésie. Avec la fascination pour l’Orient lointain terre de légende et des « Mille et une nuits » on va porter attention aux pratiques pittoresques des peuples asiatiques. C’est ainsi qu’un certain Ingres (Jean-Auguste-Dominique) va se passionner pour les Bains Turcs. Mis en esthétique selon les canons de son milieu et de son époque il va nous en donner une version fantasmée. Ce n’est pas le compte-rendu scrupuleux d’un rapport de gendarmerie mais cela répond aux désirs d’un petit ou d’un grand bourgeois Louis-Phillipart que son quotidien ne fait pas trop rêver.

             Enfin nous en arrivons à l’époque moderne où le thermalisme a recommencé à séduire. Ainsi les plus antiques coutumes remises à l’honneur sous le second Empire vont prospérer en ce début du 21ème siècle. Après avoir été l’apanage des nobles et des nantis, la clientèle va se diversifier et devenir plus bariolée.

             C’est ainsi que les Thermes du Mont dore vont attirer une clientèle soucieuse de sa santé et de son bien-être. Dans ces étonnants bâtiments néo-Byzantins à l’atmosphère mystérieuse tout un chacun va pouvoir se faire masser, doucher et dorloter ou se laisser mollement flotter dans des eaux apaisantes. Au cœur de l’Auvergne profonde un accueil convivial va permettre de se ressourcer en portant remède aux dysfonctionnements des organismes stressés par le rythme de la vie moderne. Et cela dans le cadre de paysages accueillants  qui verdoient au pied du Sancy dont la fière silhouette domine la nature enneigée à cette époque de l’année.

             Et l’art dans tout ça ? Rassurez-vous il a trouvé sa place pendant des années dans les Thermes à l’architecture rappelant un somptueux passé oriental. Hélas d’indispensables travaux suspendent cette belle tradition pour le moment. C’est dommage car le cadre était idéal pour accueillir les rêves et les fantasmes d’un art fantastique tout pétri d’imaginaire. Mais la Mairie a pris la relève et cette année encore vous pourrez vous plonger dans ce que la créativité contemporaine présente de plus profond et de plus abouti dans la réalisation de notre nature profonde.

            

                                                           Le Chesnay le 26 janvier 2017

                                                           Copyright Christian Lepère

 

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

Le SAFADORE m'attend

vive le

SAFADORE

A bientôt pour de nouvelles aventures!

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 08:50
"Anges radieux" - huile sur toile - 60 x 60 cm - 2006

"Anges radieux" - huile sur toile - 60 x 60 cm - 2006

Et plus si affinités…

 

            Encore jeune, mais sans excès, l’œil vif et la démarche souple il n'aurait pas eu de mal à trouver l'âme sœur. Ajoutez à cela qu'il réussissait plutôt bien. Après des études ni trop courtes ni trop longues, diplômé juste ce qu'il faut et plein d'allant pour s'auto-entreprendre il pouvait envisager la suite avec assurance.

            Donc tout allait bien. Enfin presque tout, car s'il était normalement névrosé comme l'immense majorité de nos contemporains, il avait quand même un point faible. Étais-ce dû à quelque traumatisme du très jeune âge ? A des antécédents familiaux ? A une éducation un rien psychorigide ? Toujours est-il qu'il n'osait pas se lancer dans les jeux de la séduction. Pourtant il était environné de créatures jeunes et rieuses qui,  elles, n'auraient pas fait problème pour se laisser entreprendre. Et plus si affinités…

Il en était donc là et sa vie s'écoulait comme un long fleuve tranquille, sans tracas mais un peu morose. Pour s'améliorer, car nul n'est parfait, il lui arrivait de regarder la télé. Cela lui ouvrait l'esprit sur tout ce qui se passe dans le vaste monde. Bien que ce ne fussent pas ses préoccupations, il en vînt donc à regarder les publicités qui scandent les programmes de nos chaînes et nous inondent de propositions alléchantes.

            On sait quelle influence de simples spots de quelques secondes peuvent avoir sur notre subconscient. D'abord on regarde naïvement. Puis on pense s'en sortir à bon compte et voilà qu'on se surprend à vouloir changer son réfrigérateur sans raison vraiment impérative. Ou bien d'un seul coup on décide de passer le prochain week-end à Palma de Majorque alors qu'on a bien des affaires en suspens, des priorités absolues qui vont devoir patienter.

            Voilà pourquoi il s'inscrivit à un club de rencontres. Certes le propos est alléchant. Pouvoir rencontrer des personnes qui correspondent à votre profil, comme la côte africaine pourrait s'emboîter avec celle de l'Amérique du Sud sans heurt et tout naturellement. Évidemment les services rendus sont payants mais au moins cela garantit un certain sérieux et puis on vous l'affirme sans hésitation : « En amour aussi soyez ambitieux ! ». Voilà qui vous remonte les bretelles et donne une démarche plus assurée.

            Il avait donc tenté le coup. Le premier essai se solda par un échec. Sandra était une personne accorte et sympathique pleine de vie et d’exubérance. Ce qui est très positif mais l'amena à se faire agresser par un détraqué alors qu'elle pratiquait son jogging matinal dans les bois de Fausse Repose. Circonstance où elle perdit la vie de façon inopinée et hélas définitive. Dieu merci il n'en fût pas inquiété outre mesure et pût poursuivre sa quête.

            La seconde, Marie-Christine, était caissière à Prisunic et jouissait donc de stabilité. De plus elle ne courait pas dans les bois. Mais le destin s'acharnant , à la suite d'une réorganisation du personnel son poste fût remplacé par une machine, un automate plus méticuleux qu'elle ne l'était. De plus il présentait l'avantage  de ne pas vouloir à tout prix être syndiqué pour exprimer des revendications douteuses  telles qu'aller aux toilettes plus souvent qu'il n'est prévu par les algorithmes qui gèrent le personnel.

            Vous parlerais-je de la troisième ? Elle était hôtesse de l'air mais eu la mauvaise idée d'être au mauvais endroit au mauvais moment. C'est ainsi que son Boeing explosa au large de Madagascar et qu'il n'y eut aucun survivant. L’attentat n'étant même pas revendiqué par Daesh on l'oublia très vite et la vie poursuivit son cours.

            Enfin il y eut Tania qui était Russe. Il ne connaissait pas sa langue natale mais il fût séduit par la profondeur de l’ âme slave. S'il ignorait tout des vastes contrées neigeuses  d'où elle était issue, en revanche il n'ignorait pas les apparitions du camarade Poutine sur le petit écran. Mais… camarade ? J'ai dit camarade ? Excusez mon inculture et mon oubli de l'état actuel du monde. J'aurais donc dû dire le Tsar Poutine, maître et guide de toutes les Russies. Gardien des traditions et rempart de la culture orthodoxe face à l'Occident dégénéré vautré sous la coupe des États Unis d'Amérique. Mais je m'égare encore…

            Comme il avait de la suite dans les idées tous ces petits ennuis ne l'empêchèrent pas de s'obstiner dans cette voie prometteuse. La dépense était régulière et prélevée automatiquement sur son compte. C'est ainsi qu'il connût Philomène, Clarisse, Priscilla et Marie-Adélaïde. Continuerais-je de vous les énumérer ? Cela prendrait du temps et risquerait de vous lasser.

            Sachez donc qu'un jour il en eût assez. Allait-il se faire moine ? Entrer à la Trappe ? Partir comme Gauguin vers les cieux plus cléments de la Polynésie ? Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il a enfin compris qu'en amour il vaut mieux ne pas être ambitieux. Et que le plus simple est de faire confiance à sa bonne étoile. Ni plus, ni moins. Car après tout vivre sa propre vie est le plus évident et ne nécessite pas d'efforts particuliers.

            Enfin il vécut longtemps puis un jour il mourût. Comme tout cela est très normal je ne vous en dirai pas plus. Du moins pour cette fois-ci...

           

                                                          Le Chesnay le 15 janvier 2017

                                                          Copyright Christian Lepère

 

"Anges radieux" - détail

"Anges radieux" - détail

"Anges radieux" - détail

"Anges radieux" - détail

Message

 

J’ai l’honneur de participer

au

SAFADORE 2017

Exposition d’Art Fantastique

Qui aura lieu comme chaque année au Mont Dore

Structurée autour du Livre de l’Apocalypse, l’exposition

de prestige des «Héritiers de Dali» réunira 15 artistes

fantastiques du plus haut niveau :

Andrée BARS, Invité d’honneur

Bruno ALTMAYER

Michel BARTHELEMY

Michel BASSOT

Jef BERTELS

Giorgio BRUNACCI

David DE GRAEF

Monica FAGAN

Howard FOX

Jean-Marie GASTEUIL

Christian LEPERE

MARIFEY

Tony QUIMBEL

Christophe VACHER

Thierry VAN QUICKENBORNE

Commissaires du salon SAFADORE 2017,

Bruno ALTMAYER

et Michel BARTHELEMY

Jean-François DUBOURG

Maire du Mont-Dore

a le plaisir de vous inviter au vernissage du 12ème Salon de l’Art Fantastique Du Mont-Dore

SAFADORE 2017

En présence de

Christine BONNARD

Sous-Préfète d’Issoire

sous la présidence d’honneur de

Laurent WAUQUIEZ

Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes

et en présence de

Brice HORTEFEUX

Ancien Ministre, Député Européen, Vice-Président de la région Auvergne Rhône-Alpes

de

Louis GISCARD-D’ESTAING

Président du jury, Conseiller Régional de la région Auvergne Rhône-Alpes, Maire de Chamalières,

Vice-Président de l’Association des Maires du Puy-de-Dôme

et de

Lionel GAY et Elisabeth CROZET

Conseillers départementaux du Canton du Sancy

le Vendredi 3 Février 2017 à 18h

à l’Espace Culturel «Joseph Forêt»

L’inauguration sera suivie de la remise du

Trophée Apocalypse Dore

 

Peinture d'Andrée Bars

Peinture d'Andrée Bars

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 07:58
"Cocottes mélomanes" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2006

"Cocottes mélomanes" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2006

 

OVNI soit qui mal y pense

 

            Rassurez-vous braves gens je n'ai jamais vu de soucoupes volantes et je n'ai jamais eu l'honneur de serrer la main palmée d'un petit homme vert. Je mène par ailleurs une vie assez sobre sans aucune addiction à quelque variété de champignons hallucinogènes. J'avoue cependant avoir fait tourner des guéridons, mais c'était dans ma prime jeunesse et je n'étais pas seul, encouragé par une joyeuse compagnie dont l'ambition était de rigoler un bon coup au cours de fêtes familiales où l'on s'esbaudissait en toute innocence.

            Ceci étant posé, le rationaliste que je m'obstine à être n'en est pas moins curieux. Ainsi il m'arrive d'aller flâner sur Internet pour y visionner des vidéos aimablement distribuées par You Tube.

            J'avoue m'être ces temps derniers intéressé au problème des OVNIS. Au fil des hasards j'ai eu entre les mains plusieurs livres et sous les yeux des enregistrements traitant de ce sujet. Or, parmi les témoins on trouve de tout, depuis les inconditionnels pour qui toute lueur un peu étrange est un objet venu d'ailleurs, jusqu'au ultra-rationnalistes qui trouvent toujours une explication adéquate. Celle-ci allant de la foudre en boule aux feux d'artifice du 14 juillet sans oublier toutes les illusions d'optique et les affabulations de ceux qui voient ce qu'ils s'attendent à voir. Entendons par là les naïfs, les gogos et les habiles mystificateurs qui se font mousser à bon compte. Il suffit dans ce cas d'affirmer avoir été kidnappé à bord d'une soucoupe pour y subir les examens les plus saugrenus, à son corps défendant bien entendu.

            Cependant des personnes plus posées s’intéressent aussi à la question. Par exemple un certain Nassim Haramein, physicien et  esprit scientifique assez pointu qui porte son attention  aussi sur les civilisations anciennes  et s’étonne de leurs réalisations très anachroniques si l’on considère le niveau technique qu’on consent à leur accorder. Niveau pour le moins rustique et rudimentaire aussi bien chez les Précolombiens que chez les anciens Egyptiens.

            Mais ce qui me fait dresser l’oreille est une constatation que la visite d’Internet m’a imposé. Nassim Haramein est bien connu. Il écrit, il fait des conférences en anglais et en français et est en relation avec de nombreux chercheurs. Or, étrangement il n’existe pas pour Wikipédia alors qu’il y a deux ans environ  il y était présenté comme quelqu’un de peu crédible. Voilà qu’il a disparu des écrans radars. Après tout ses théories sont discutées et on peut comprendre que certains s’en méfient. Mais dans ce cas pourquoi n’en parles-t- on pas ? Ne serait-ce que pour démasquer l’imposture …

            En revanche d’autres peuvent prendre la parole  ouvertement ave You Tube. Je viens de voir hier le témoignage très précis, frontal et sans ambiguïté d’un ancien ministre de la défense canadien, Paul Hellyer. Lui affirme sans ambages  que non seulement nous sommes visités par des extra-terrestres mais que certains vivent actuellement parmi nous…Ca va très loin. En fournit-il les preuves ? C’est à des spécialistes d’en juger. Mais Hassim de son côté nous parle des crop circles et là il y a des faits indéniables. Certes les moyens techniques actuels permettent des réalisations aussi étonnantes. Mais qui sur cette planète est prêt à mettre en œuvre les énormes moyens nécessités par les plus spectaculaires de ces apparitions spontanées ? Qui est prêt à dépenser des sommes considérables pour simplement bluffer les braves gens et les pousser à se gratter le crâne pensivement ? En d’autres termes qui, humainement est prêt à ce genre de plaisanterie  onéreuse et pour en tirer quel profit ? Qu’on m’amène les coupables, leur cas m’intéresse. Et qu’on me démontre que tous les crop circles de la terre sont l’œuvre indéniable de nos semblables.

            La science la plus actuelle ne cesse de nous l’affirmer : le monde est infiniment plus vaste, plus subtil et plus complexe que ce que les explications scientifiques  et rationalistes les plus pointues ne peuvent tenter d’expliquer.  C’est en fait un énorme mystère qui nous entoure de toutes parts. A ce jour chaque réponse à une question  précise pose séance tenante une série de questions subsidiaires souvent déroutantes. Le processus ne cesse de s’amplifier et de croître indéfiniment. C’est comme pour l’univers en expansion.

            La vie qui nous a fabriqués a une obsession maniaque, celle de se multiplier indéfiniment en tentant inlassablement les solutions les plus improbables. Et elle en a les moyens, ses ressources et son ingéniosité semblent illimitées. D’ailleurs l’homme issu de cette même nature ne peut s’empêcher de prendre le relais. Pour le meilleur et pour le pire ? C’est une question d’appréciation toute personnelle à laquelle je ne saurais répondre.

 

                                                             Le Chesnay le 10 janvier 2017

                                                             Copyright Christian Lepère

"cocottes mélomanes" - détail

"cocottes mélomanes" - détail

"Cocottes mélomanes" - détail

"Cocottes mélomanes" - détail

"Cocottes mélomanes" - détail

"Cocottes mélomanes" - détail

Voilà c'est dit!

Et

je persiste et signe.

Mais de quoi vous entretiendrais-je la prochaine fois, Ce sera selon l'humeur...

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 08:00
"Les grands espaces" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2004

"Les grands espaces" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2004

Noémie est partie

 

              Cette fois c'était fini et bien fini. Noémie reposait dans son cercueil de chêne  allongée sur un capiton satiné. C'était plutôt doux et confortable et il n'était pas utile de s'en faire. La mort l'avait figée dans une posture un peu hiératique mais sans excès. Il est vrai que l'éternité c'est très long et qu'il vaut mieux se ménager si l'on veut faire bonne figure. Donc, sous la dalle grise dans le caveau obscur son corps pouvait reposer paisiblement.

              Sans préambule l'affaire avait été vite bouclée. Un jour qu'elle flânait en rêvant parmi les herbes folles ondulant au flanc du coteau elle avait ressenti une petite douleur . Discrète et anodine comme l'éclatement d'une bulle de savon. Sans doute étais-ce dans le cœur ou dans son voisinage. Légère et fugace la sensation se révéla cependant mortelle.

              Dans un soupir elle s'était laissé choir dans les plis chiffonnés  de sa robe à fleurs. Tendre corolle aux couleurs pastel. Tout était paisible. La nature était complice. D'ailleurs le spectacle n'inquiétait guère car elle gisait tel un bouquet de marguerite jonchant la prairie parmi les pâquerettes et les boutons d'or.

              Mais revenons sur ses antécédents. A quoi le décès avait-il mis fin ? Quel en était le point final ?

              Heureuse son enfance l'avait peu marquée. D'abord ses parents lui avaient épargné le catéchisme et son âme était innocente comme un matin de printemps. En elle ni croyance ni superstition. C'est pourquoi à son trépas elle ne fût pas accueillie par les anges ou la Sainte Vierge. N'ayant jamais côtoyé de lama tibétain elle n'eut pas de visions de divinités tantriques grimaçantes et terribles  ni d'autres plus compatissantes dans leur transcendance extatique. Enfin, comme elle avait aussi échappé au rationalisme pur et dur des doctes scientistes elle ne croyait pas au néant qui attend toute créature persuadée de sa biodégradabilité irrémédiable. Pour elle tout restait ouvert. Dans son innocence naïve elle était prête à tout, prête à s'ouvrir au mystère infini du monde qu'on dit réel.

              Comme son trépas avait eu lieu à la campagne rien ne fût fait pour la ranimer. Pas de SAMU ni de secours médicalisés intempestifs. Pas d'intervention lourde et nul électrochoc pour la ramener à la vie de gré ou de force. Pas de massage cardiaque compatissant mais superflu. Le destin lui avait donné sa chance.

              Et c’est pourquoi sans doute elle n’a pas cherché à s’attarder. Un peu lasse de côtoyer sa dépouille elle s’en est écartée, la laissant comme un vieux vêtement abandonné sur le dossier d’une chaise. Pas de bla-bla, de falbala ni de souvenirs à perpétuité. Ni fleurs ni couronnes diraient les intransigeants, les jusqu’auboutistes les plus radicaux. Mais ce n’était pas son cas.

              On avait pensé à la crémation qui est une façon de redonner au corps un dernier sursaut énergétique comme le bouquet final d’un feu d’artifice qui clôt les festivités et y met fin. Mais c’est fugace. Eparpiller ses cendres au vent est certes poétique mais aussi un peu radical.

              Donc lassée d’une vaine attente son âme s’en est allée. Qu’en dire de plus ? Le monde est si vaste et le mystère si impénétrable. Mais comment pourrait-il ne pas y avoir de suite ? Autant croire aux miracles. Sur cette planète aussi bleue qu’une orange les choses vont leur cours. Elles se suivent et s’enchaînent. Indéfiniment.

              Bien sûr des âmes chagrines agrippées à leurs rationalisations vous diront que tout cela n’est que vaine rêverie, désir de perdurer au-delà de toute évidence. A moins qu’ils n’aient tout simplement une peur frileuse de l’inconnu qui nous attend sans se presser car il aura le dernier mot que ça nous plaise ou non.

 

                                                       Le Chesnay le 15 décembre 2016

                                                       Copyright Christian Lepère

"Les grands espaces" - détail

"Les grands espaces" - détail

"Les grands espaces" - détail

"Les grands espaces" - détail

"Les grands espaces" - détail

"Les grands espaces" - détail

N'ayons pas peur 

des sujets 

qui

fâchent.

Je vous parlerai donc de ce que je n'ai jamais vu mais qui m'intrigue : les ovnis, leurs tenants et leurs détracteurs

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 08:05
"Au fond des bois" - Terre cuite peinte - 70 x 50 x 30 cm (hauteur) - 2010

"Au fond des bois" - Terre cuite peinte - 70 x 50 x 30 cm (hauteur) - 2010

Libre arbitre sous influence

 

               En tant que mécanique biologique perfectionnée nous fonctionnons comme nos sœurs les bêtes. Pour assurer son projet la nature nous a dotés d'un accélérateur et d'un frein. A moins que la paresse ne nous pousse à bailler aux corneilles en nous délectant de débilités télévisuelles n'entraînant pas d'agitation superflue. Auquel cas ces améliorations sont inutiles.

               Pour l'accélérateur la nature a tout prévu. D'abord les instincts qui assurent notre survie animale, puis les pulsions et enfin les désirs, ceux-ci étant plus intellectuels et souvent prémédités. En guise de freins  nous avons les peurs comme n'importe quelle proie pourchassée par ses prédateurs naturels. Ensuite viennent les inhibitions dont la culture ambiante nous a gratifiés, nous évitant ainsi de perdre la face en nous laissant aller au naturel, par exemple compisser un pied de réverbère sous prétexte d'une nécessité impérative. Ou bien  pousser par la fenêtre la personne dont le rire strident nous horripile. On sait d'ailleurs que l'alcool désinhibe et permet de passer à l'acte, ce qui le rend très populaire. Mais cela peut valoir de se retrouver dans la case « prison » dans le grand jeu de l'oie de l'existence.

               Ainsi notre comportement semble se résumer à un jeu de forces antagonistes qui nous poussent ou nous retiennent.

              De tout temps ce schéma a paru un peu court. Que diable ! Nous sommes des humains, intellectuellement performants et capables de se soumettre à des lois et des interdits. D'ailleurs les religions ont enfoncé le clou. Entre le Bien et le Mal on peut toujours choisir. Choisir ? Oui ! Puisqu’on peut peser le pour et le contre. Et voici qu'est apparue la notion de libre arbitre.

               Entraînés par nos bas instincts, Dieu sait de quoi nous pourrions nous rendre coupables ! Le vol, le viol, le meurtre et l'infamie nous guetteraient. Oui, mais il y a la volonté. Certes certains n'en ont guère et sont justement méprisés alors que d'autres se mènent eux-mêmes à la baguette avec une ardeur admirable. Ceux-là se feront respecter et pourront même devenir Grand Inquisiteur, condamnant au bûcher, mais pour le bien de leur âme, les indécis et les faibles qui se laissent dériver au fil du courant…

               J'avoue que depuis quelque temps ce beau consensus me paraît suspect. Nous serions donc libres de choisir et dans ce cas les conséquences de nos actes seraient bien différentes, voire contradictoires, selon l'option envisagée. Or, si le monde est infiniment vaste et subtil et complexe, il semble également être d'une précision effarante. Toute cause engendre des effets et si une multitude de causes conjuguées est indispensable pour provoquer le moindre résultat, il n'en reste pas moins que l'histoire du monde qui a précédé ne peut aboutir qu'à l'état des lieux que l'on constate. D'ailleurs si l'on était libre on remettrait en question à chaque décision la totalité du processus cosmique universel. Puisque tout se tient, tout s'enchaîne et influence de proche en proche tout ce qui est mitoyen. C'est à dire tout. C'est à dire l'infini.

               Vous me suivez ? Dans le cas contraire ce n'est pas grave. Il vous suffit de zapper. Je veux dire quitter ce blog débile où l'on coupe les cheveux en quatre en se demandant combien d'anges peuvent s'asseoir sur la tête d'une épingle.

               Je vais cependant insister. Je viens de dire que nous n'étions pas libres. Et je persiste. Pourtant nous pouvons faire preuve de volonté. Par exemple en nous mettant au régime pour perdre les disgracieux kilos qui nuisent à notre esthétique. Ou en décidant que demain on va apprendre le russe.

               Hélas ! Trois fois hélas ! Ne s'agirait-il pas tout simplement de désirs s'opposant à d'autres désirs ? Tels que se goinfrer à l'aise ou ne pas apprendre le russe car ce serait une perte de temps stérile quand on est charcutier à Carpentras et que la clientèle est plutôt autochtone.

               Or, sommes-nous les auteurs de nos désirs ? Ils surgissent à vrai dire à l'improviste des profondeurs obscures où le passé les a façonnés à partir de tout ce que l'on a vécu et mémorisé. Et voilà qu'une occasion leur permet de faire surface. Serions-nous influençables à ce point ? Et pour en être libres ne nous resterait-il plus qu'à faire le mort ? Éviter toutes les tentations, ne plus lire le journal, ne plus se laisser hypnotiser par la télé. Avancer à tâtons dans la rue, les yeux fermés  pour ne plus être sollicités par des créatures de rêve qui sourient langoureusement du haut de leurs affiches.

               Enfin tout cela n'est pas bien grave. D'ailleurs la fin de l'année approche. Les fêtes se profilent avec leurs rêves de champagne et de foie gras. Et les nouvelles du monde ne sont pas toutes catastrophiques. Et puis c'est à chacun de voir comment il se sent, libre comme l'air ou mené par le bout du nez par ses pulsions biologiques et son désir de conformisme. Ou d'anticonformisme selon les cas. Ce qui revient au même.

 

                                                          Le chesnay le 23 novembre 2016

                                                          Copyright Christian Lepère

 

               La publication de ce texte ayant été retardée pour diverses raisons, je vous prierai d’excuser le côté anachronique de sa conclusion. Les Fêtes sont passées ? Vive les Fêtes !

 

"Au fond des bois"

"Au fond des bois"

"Au fond des bois"

"Au fond des bois"

Bien entendu

vous êtes libres de souhaiter connaître la suite

de ces réflexions 

qui n'engagent que leur auteur....

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:19
"Pourquoi chercher si loin" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2006

"Pourquoi chercher si loin" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2006

L'amour fourvoyé

 

         C'est vrai qu'elle était sublime avec son déhanché languide et ses allures de gazelle éthiopienne. Toujours somptueusement parée, ornée de colifichets  et flottant dans les effluves de fragrances exotiques. Elle était experte à mettre ses courbes en valeur avec la grâce ingénue d'une qui a tout vécu du paradisiaque au saumâtre du quotidien. Mais elle s'avançait nimbée de mystère et des messages subliminaux de ses effluves olfactives.

             Tous étaient prêts à craquer, à se vouer corps et âme et à se traîner à ses genoux comme des esclaves serviles et consentants. Rien n'aurait été trop risqué. Rien n'aurait été trop beau.

             Parmi les prétendants était Nathanaël. Plutôt bien de sa personne, la mâchoire carnassière et l’œil langoureux il était prêt à tout. Du sublime au dérisoire, de l'évident à l'incertain. Nulle extravagance n'aurait pu l'effrayer ou le détourner d'un destin qu'il souhaitait exceptionnel. En toute simplicité.

             C'est ainsi que le projet le plus fou se mit à fleurir dans sa cervelle enfiévrée. Lui seul serait à la hauteur. Lui seul saurait prouver sa passion par un don fabuleux. Car c'est son cœur qu'il était prêt à offrir. Son cœur ? Mais c'est d'un conventionnel désuet diront les grincheux, les pisse-vinaigre du bistrot du coin. Les bougres insensibles à toute élévation de l'âme. Oui, certes mais c'est de son cœur biologique qu'il était question. Pas de vains sentiments exaltés nourris de fantasmes fiévreux et bientôt retombés comme un soufflé mal cuit.

             Car, voyez-vous il était aussi pratique et prévoyant. Il avait tout prévu et tout manigancé. Son projet il l'avait élaboré en tenant compte des aléas et de ces contraintes sordides qui rendent la vie si malaisée. Du moins pour les âmes nobles qui n'en ont que faire. Il avait tenu compte de ces complications mesquines qui assombrissent nos jours et nos nuits.

             Donc il voulait donner son cœur. Et pas n’importe comment mais en tenant compte des plus récents progrès de la chirurgie cardiaque permettant les transplantations les plus spectaculaires.

             Mais pourquoi en était-il arrivé à cette conclusion héroïque ? C’est que son idole, par ailleurs parfaite à tous les égards avait un point faible, un vice de conception. En l’occurrence un souffle au cœur qui aurait eu raison d’elle avec autant de sûreté que la tuberculose interdisant tout avenir à une héroïne romantique. Elle aurait été condamnée si la science n’avait prévu les aménagements nécessaires et Dieu merci suffisants. Les solutions étaient connues, depuis la greffe d’une valve porcine jusqu’à celle d’une prothèse moins compromettante. Pour tout dire un cœur artificiel, mélange de métal haut de gamme, de substances synthétiques merveilleusement souples et performantes, le tout impulsé par de l’électronique de dernière génération. La solution était bonne mais dégradante. En effet comment son idole pourrait-elle perdurer et conserver son âme au moyen d’une prothèse certes de haut de gamme mais tristement mécanique ?

             C’est ainsi qu’il décida de se substituer. De donner son propre cœur, jeune et biologique en acceptant de se voir implanter la prothèse tristement utilitaire.

             Dans un premier temps on lui, ôta le cœur, puis on le lui remplaça par l’artefact promis et tout allait bien. Ensuite cet organe naturel dûment cryogénisé fût conservé le temps nécessaire avant d’être placé à l’endroit adéquat chez la créature de rêve objet de sa passion dévorante. Elle pût ainsi reprendre sa vie éperdue de top model surbooké et faire à nouveau rêver des malheureux qui continuèrent à se morfondre devant leur télé ou en lisant leur magazine people préféré.

             C’est donc ainsi qu’il fût pratiqué et tout se passa pour le mieux. Tout ? Enfin presque… C’est que le cœur de Nathanaël sain et puissant était viril. S’il propulsait de l’énergie sans relâche dans un corps sauvé du désastre, il restait celui d’un mâle dominant, si vous voyez ce que je veux insinuer.

             Ainsi la belle langoureuse et fatale, si délicieusement primesautière fût la première étonnée de se découvrir une passion pour le foot qu’elle ne se connaissait pas ou de constater que la vue des filles du Crazy Horse innocemment perverses ne la laissaient plus totalement insensible contrairement à ces malheureux esthètes qui ne voient que jeux de lumières abstraites sur des formes un peu trop parfaites pour éveiller des instincts humains plus ordinaires. Elle fût ainsi perturbée et je me demande si Nathanaël n’est pas en train de regretter l’héroïsme de son sacrifice il est vrai dicté par la passion. Mais chacun sait combien la passion est funeste et peut déboucher sur des drames. Celui de Roméo et Juliette,  de Tristan et Ysolde et de tant d’autres plus obscurs et si souvent morts et enterrés à tel point qu’on en a tout oublié et qu’il serait vain de s’attarder sur leur cas.

 

                                                             Le Chesnay le 13 décembre 2016

                                                             Copyright Christian Lepère

"Pourquoi chercher si loin" - détail

"Pourquoi chercher si loin" - détail

"Pourquoi chercher si loin" - détail

"Pourquoi chercher si loin" - détail

"Pourquoi chercher si loin" -

"Pourquoi chercher si loin" -

Le cœur a ses raisons

mais cette dernière ronge son frein et peaufine ses arguments.

Je lui laisserai donc la parole un peu plus tard.

A elle de ne pas en

abuser...

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 09:12
Yo Coquelin - "Utopia" - huile sur toile

Yo Coquelin - "Utopia" - huile sur toile

Yo Coquelin

 

            Un peu las je feuillette les pages d' « Univers des Arts » consacrées à l'art contemporain, le vrai celui qui est l’œuvre des vivants d'aujourd'hui, celui qui au-delà du bruit médiatique continue à exister à l'ombre de l'Art Officiel le plus pesant.

             Comme d'habitude il y a de tout, du bon et du moins bon, de l'attirant et du répulsif. Enfin je découvre les quatre pages consacrées à Yo Coquelin. Les œuvres sont belles, dignes d'être visitées et la mise en page les met bien en valeur. De plus le texte qui les accompagne est pertinent et sincère pour la simple raison que le rédacteur qui pose sobrement les questions laisse l'artiste y répondre avec toute la franchise qu'on lui connaît. Ici pas de faux semblant, pas de désir de paraître ou de se mouler dans du conventionnel. Yo nous parle d'elle-même.

             Je la connais depuis fort longtemps. Encore bien jeunes et inexpérimentés nous avons vécu une même époque et fréquenté un certain milieu, celui de la peinture imaginaire et fantastique. Puis au fil des années nous avons évolué laissant au hasard le soin d'organiser des rencontres inopinées.

             Cette fois-ci l'occasion est trop belle. J'en profite et je me retrouve par un bel après-midi dans l'appartement-atelier-musée de l'artiste. L'endroit mérite le détour. Surplombant Paris il offre une vaste vue sur la capitale et ses abords. Mais de là on peut aussi constater la pollution qui sévit à ce jours. La grande ville nimbée d'un voile de particules fines… Mais cela fait aussi songer à l'ambivalence des compositions  du peintre où tout n'est pas que luxe, calme et volupté.

             Dans cet intérieur vaste et pittoresque on retrouve les harmonies de couleurs des toiles. C'est accueillant et confortable. Alors que dire de plus ? Yo Coquelin est comme ses œuvres, j'allais dire ses autoportraits, directe, dynamique mais aussi pleine de subtilité et de retenue. Ambivalente comme tout ce qui n'est pas simpliste. Son monde est mystérieux comme celui des peintres de la Renaissance qu'elle admire.

             Elle nous parle des profondeurs de l'âme. Et si certains s'arrêtent sur un aspect anecdotique  au premier abord un peu frivole, talons aiguille et lingeries froufroutantes pour sado-maso rêveurs, c'est qu'ils n'ont pas perçu ce qui se cache derrière. Ce qui est tapi derrière le rideau de scène.

             On sait bien que l'absolu est partout puisqu'il ne peut y avoir rien de plus et que la transcendance s'occupe de tout. Même des accessoires de mode réputés frivoles et de tout ce qui remplis notre quotidien de contemporains surfant à la surface d'un monde dont la profondeur nous inquiète et que nous cherchons à fuir par tous les moyens. Aidés en cela par la technique qui s’empresse de devancer nos désirs.  Mais derrière le virtuel, numérique et manipulable à souhait subsiste le vrai monde, celui que nos sens nous permettent d’apprécier. Merci à Yo de le rappeler en toute discrétion à ceux qui ont encore des yeux pour voir et une sensibilité pour apprécier.

 

                                                             Le Chesnay le 17 décembre 2016

                                                             Copyright Christian Lepère

"Les comploteurs" - huile sur toile - 100 x 73 cm

"Les comploteurs" - huile sur toile - 100 x 73 cm

"La carpe et le lapin" - 92 x 73 cm                                                        "L'ange rebelle" - 92 x 73 cm

"La carpe et le lapin" - 92 x 73 cm "L'ange rebelle" - 92 x 73 cm

320 - Yo Coquelin
"L'intrus"

"L'intrus"

Pourquoi

s'inquiéter de la prochaine fois?

Noël approche

avec ses guirlandes , ses huitres, ses cadeaux, sa crèche  son sapin et mille babioles emballées dans des paquets cadeaux à en avoir le tournis et à en perdre les pédales.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 08:03
"Miroir mon beau miroir" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2003

"Miroir mon beau miroir" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2003

Miroir, mon beau miroir…

 

             Quoi de plus familier et de plus poétiquement rassurant que le reflet dans le miroir ? Pourtant il suffit d'un léger doute, d'une incertitude passagère où l'on ne se sent pas si solide que cela pour avoir besoin de se réconforter. Il suffit alors de se planter devant pour y retrouver l'image rassurante  de soi-même. Rassurante ? Ah, bien sûr pas toujours… Mais à part les lendemains de fêtes arrosées et les convalescences après quelque épisode nauséeux, grippe ou gastro de saison, l'effet est plutôt salutaire.

             Pourtant ce n'est pas si simple. D'abord parce que le reflet qui nous paraît unique et indiscutable n'en est qu'un parmi une multitude de possibilités virtuelles. C'est inquiétant et remet en cause toutes nos perceptions visuelles. Car le reflet n'existe que parce que quelqu'un est en train de regarder le miroir d'un point particulier et de se fabriquer une image mentale pour lui évidente et objective. Sinon les milliards de photons qui, à chaque instant  rebondissent sur la surface du miroir iraient se perdre Dieu sait où, se répercutant sur tout ce qui le permet a moins d'être transformés en chaleur par une matière absorbante et non réfléchissante.

             A chaque seconde, à chaque milliardième de seconde une infinité de reflets possibles se présente. Et parmi tous ceux-ci un seul se trouve matérialisé en devenant une image mentale, sorte de mirage élaboré par la complexité des interférences entre les synapses de nos neurones… Hors de notre cervelle, point de reflet. De même que l'appareil photo enregistre une image qui sans lui n'existerait pas, sans nous il n'y aurait jamais de reflet dans le miroir mais simplement une multitude d'ondes, vibrations multiples se propageant à des vitesses prodigieuses au sein du vide universel, quantique ou pas selon vos croyances ou vos références à la physique du même nom. Sans nous il n'y aurait pas de reflet dans le miroir.

             Mais voilà que je m'égare parce que le «  sans nous » ne réduit pas à néant nos amies les bêtes disposant d'yeux comparables aux nôtres et donc capables d'élaborer des images mentales. Ne fréquentant pas ces charmantes petites bêtes ronronnantes, j'ignore si un chat se « reconnait » dans un miroir. Mais il est certain qu'il y voit un reflet même s’il ne réalise pas ce que c'est. Peut-être croit-il que c'est aussi réel que ce qu'il voit derrière une vitre et qu'il ne peut pas atteindre ? Peut-être pourriez-vous combler une lacune dans mon appréciation du monde en me faisant part de vos observations de Minouchat qui vous réconforte de sa chaleur complice à l'heure où le jour décline irrémédiablement.

             J'en arrive au second miracle. L'expérience le confirme, à chaque instant plusieurs personnes postées devant le même miroir vont percevoir chacune un reflet particulier, irremplaçable, et chaque image dans chaque cervelle va être en perspective, c'est à dire déformée et mensongère même si avec l'habitude nous nous en accommodons très bien. Excusez- moi d'insister. Nous croyons percevoir la réalité alors qu'il ne s'agit que d'une traduction, une interprétation tellement spontanée et naturelle que nous ne nous en apercevons même pas. Essayez donc d'expliquer à un Australopithèque qu'il voit les choses en perspective. Il aura du mal à vous suivre. Pourtant  une vache ou un zébu bénéficient de cette même vision qui ne leur pose aucun problème pour se nourrir ou échapper au prédateur pourvu des mêmes caractéristiques de perception. A notre échelle nous constatons que nous pouvons serrer la main tendue par un ami ou faire la bise à la fille de la concierge avec un pourcentage de réussite impressionnant.

             Ainsi la réalité physique régie par les lois de l'optique est d'une complexité et d'une subtilité effarante. Nous vivons dans un monde d'interrelations ou tout réagit sur tout instantanément. Les images que nous enregistrons du monde n'ont qu'une valeur incroyablement sujette à caution. Et surtout on peut conclure en disant que chacun vit dans son monde qu'il se fabrique lui-même à chaque instant et en toute circonstance. Pour le meilleur et pour le pire.

            

 

                                                                 Le Chesnay le 7 novembre 2016

                                                                 Copyright Christian Lepère

"Miroir mon beau miroir" - détail

"Miroir mon beau miroir" - détail

"Miroir mon beau miroir" - détail

"Miroir mon beau miroir" - détail

"Miroir mon beau miroir" - détail

"Miroir mon beau miroir" - détail

J'espère 

que ces considérations ne vous auront pas

donné le tournis.

Sinon il ne vous reste plus qu'à aller prendre l'air en faisant très attention pour traverser la rue.

Toutefois la vision du conducteur du bus étant en perspective je crois qu'il saura vous éviter...

Bonne chance!

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 07:56
"Nostalgie" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2006

"Nostalgie" - huile sur toile - 80 x 80 cm - 2006

Le Beaubourg de Monsieur Pompidou

 

             Somptueuse la pollution recouvre la capitale d'un voile triomphant. Par ce beau soleil hivernal Paris repose sous une lourde chape de particules fines. L'alerte est lancée. Il faut restreindre les activités et se déplacer avec prudence, sinon gare à nos bronches et à notre avenir citadin. Souhaitez-vous profiter longuement de votre retraite de fonctionnaire ? Envisagez-vous de vous maintenir à flot malgré les vicissitudes de la modernité ? Alors attention ! Soyez circonspect et prenez le métro, l'air y est plus sain qu'en surface.

             Je suis maintenant en train de flâner dans les ruelles qui jouxtent l'Hôtel de Ville. C'est le cœur de Paris, vétuste et pittoresque avec le charme un peu désuet de ses vieux immeubles et de ses voies bordées de boutiques et de commerces de proximité. Mais le monstre n'est pas loin...Il se tapit derrière tout cet enchevêtrement, il se planque dans le labyrinthe comme s'il voulait se faire oublier.

             Soudain c'est l'attaque ! La bête se dévoile, elle surgit et s'affirme dans toute son arrogance. C'est à peine si on a pu la pressentit et tout à coup elle est là. Des tubulures aux couleurs criardes, de géantes pièces de lego, des écoutilles monstrueuses et incongrues, sans doute utilitaires, c'est bien le moins. Et tout cela accumulé forme un gadget gigantesque qui vous submerge de sa prétention boursouflée. Ici on a fait très fort. Beaucoup mieux encore qu'avec la Pyramide du Louvre qui elle, au moins n'est pas laide en elle-même mais simplement hors de propos. Infiniment mieux qu'avec les Colonnes de Buren qui ornent le Palais Royal comme un dépôt dérisoire de présentoirs à chaussure pour commerce branché. Les dites installations paraissant délicieusement vieillottes avec le charme suranné des vestiges d'une époque déjà anciennes. Certes elles sont laides et d'un inintérêt flagrant mais on a eu le temps de s'y habituer en allant y promener son chien par de belles soirées paisibles. Et puis leur taille est modeste et malgré leur âge elles se portent bien. D'ailleurs elles accueillent encore la visite révérencieuse de touristes venus de fort loin pour se régénérer dans le bouillon de culture parisien.

             Mais on n'en est plus là. Place à la mondialisation. C'est de tous les horizons que les foules cosmopolites convergent vers ce centre culturel au cœur du patrimoine de l'humanité. C'est par cars entiers qu'elles se pressent toutes races confondues, toutes traditions mêlées pour converger vers le vif du sujet. Vers la laideur systématique promue au rang des Beaux Arts ou vers la provocation inepte présentée comme un questionnement métaphysique sur le devenir de la culture universelle.

             Il est vrai que la réussite est impressionnante et le score sans appel et que c'est une source de devises non négligeable en ces temps de vache maigre. Avouez que c'est au moins aussi rentable que de vendre des Mirages à des tyrans progressistes ouverts aux lois du marché ou à des démocraties fermement dirigées et qui ont bien le droit de se défendre contre les intentions malveillantes de voisins qui ne leur veulent pas que du bien.

             Soyons réalistes et ne négligeons aucun des atouts pour faire redémarrer la croissance et assurer l'avenir d'une économie qui a besoin de l'obsolescence programmée et de la perte de la biodiversité pour pouvoir conforter ses dividendes et faire triompher ses intérêts qui sont aussi les nôtres dans l'immédiat.

             A moins que vous ne soyez des passéistes rêveurs qui prennent encore plaisir à flâner dans les vieilles rues du Vieux Paris, dans ce Marais où l’histoire a laissé tant de traces et d’humanité.

             C’était au Bon Vieux Temps Jadis. Celui où l’humanité s’entre- déchirait avec entrain mais dans une convivialité de bon aloi. Bon an mal an on y érigeait Notre-Dame ou la Sainte Chapelle .Cette Notre-Dame dont on aperçoit encore les tours en descendant la rue Beaubourg avant de tomber sur le monstre, froid malgré ses couleurs criardes, imbécile  en dépit de sa fonctionnalité ingénieuse au regard des spécialistes et tellement polyvalente qu’elle peut accueillir tout, le pire et le meilleur racolant ainsi le plus vaste public qui ne se soucie pas forcément de l’emballage et vient juste voir ce qu’il abrite

             L’homme est un animal, certes, mais capable de transcendance et c’est ce qui le fait homme mais peut-être a-t-il besoin de repoussoirs pour continuer à fonctionner sans se perdre dans les nuées de l’idéalisme, dans les dérives de l’art pour l’art, dans de vaines rêveries. Alors Baubourg existe et perdure et c’est un lieu de rencontre et d’échanges. C’est même un aimant attirant les touristes les plus lointains et les intellectuels les plus soupçonneux comme Versailles dans un autre registre mais sans doute pour d’aussi mauvaise raisons.

 

                                                                   Le Chesnay le 5 décembre 2016

                                                                   Copyright Christian Lepère

            

"Nostalgie" - détail

"Nostalgie" - détail

"Nostalgie" - détail

"Nostalgie" - détail

"Nostalgie" - détail

"Nostalgie" - détail

Ce dernier texte rend compte de l'actualité

la plus contemporaine.

Le prochain

abordera

un thème 

de plus vaste envergure

et de portée plus directement universelle.

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