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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 13:55

MESSAGE COLLECTIF

 

Participation à une exposition

 

J'expose 6 peintures

dans la galerie

 

« Espace Image in Air »

 

(Concept Store Gallery du Club des Ateliers d'Artistes)

 

119 rue St Martin – 75004 Paris

En face du centre Georges Pompidou

 

Du jeudi 24 novembre au 7 décembre

Heures d’ouverture : de 11 à 20 heures tous les jours sauf le mercredi

 

Vernissages : jeudi 24 novembre et jeudi 1 décembre

De 17 à 20 heures

 

      

 

"S.D.F. en attente de jours meilleurs" - huile sur toile - 100 x 81 cm

"S.D.F. en attente de jours meilleurs" - huile sur toile - 100 x 81 cm

Exposition de peintures
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 07:49
 "Sardanapale" - huile sur toile -  46 x 38 cm -  1992

"Sardanapale" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1992

Donald

Mâle dominant

 

           Voilà c'est fait ! C'est établi et confirmé ! Sans discussion et sans bavure. Donald est l'homme le plus puissant du monde. Grand délirant, menteur prolifique, grand pourfendeur de vérités premières il a su s'imposer. Il est vrai que c'est un grand communicant, un spécialiste du show-biz. Certes il n'est pas le premier et un certain Hitler (Adolf pour ceux qui le regrettent) a fait encore mieux dans le genre, surtout  pour son époque et avec les moyens réduits dont il disposait. Mieux, mais pas aussi grandiose que Staline, le petit père des peuples tellement aimé par ceux qu'il sacrifiait pour l'intérêt supérieur de son pouvoir, ou Mao le Grand Timonier dont le rayonnement n'est pas encore totalement éteint.

           Les grands manipulateurs ont souvent commencé leur carrière en promettant justice et équité au bon peuple opprimé. Le milliardaire Donald est dans la continuité. Il va protéger l'accablé et l'injustement brimé, snobé par les élites, laminé par la mondialisation et lui rendre toute sa dignité.

           La situation globale n'est guère favorable et d'autres s'y sont cassé les dents. Comment faire quand on est entouré de toutes parts par des peules, des ethnies et des populations dont les croyances et les convictions sont pour le moins irréductibles à un consensus raisonnable ? Comment concilier des athées matérialistes qui ne jurent que par leurs statistiques financières et leurs courbes du chômage avec des croyants qui se préoccupent de leur âme et de son avenir post-mortem ? Je parle ici du bon peuple, pas de ses dirigeants plus roués qui savent tirer parti des revenus juteux des pétrodollars et faire fructifier leurs dividendes dans des paradis plus fiscaux que proches du 7ème ciel cher au Prophète.

           Donc Donald a gagné et Hillary est accablée. De première femme Président des États-Unis, virtuelle, c'est entendu, la voilà rétrogradée. Pourtant ça aurait fait date et même sans doute marqué l'histoire. Mais que voulez-vous ? Les esprits n'étaient pas prêts...Et puis quand même un grand mâle dominant c'est autre chose qu'une bonne femme intellectuelle, d'ailleurs soutenue par ses complices de l'Establishment.

           Mais Donald est élu. Finis les grands meetings. Finis les flonflons et les déclarations fracassantes. Il lui va falloir passer à l'acte. De fins exégètes ont observé tout cela avec acuité. Et ils tentent de prévoir les suites. D'abord les promesses faites sont des promesses électorales. On sait quelle confiance on peut leur accorder, même si leur auteur n'avait pas été un spécialiste éblouissant du paradoxe et de la déclaration à l'emporte-pièce. Donc tout a été promis, ainsi que son contraire, mais dans l'enthousiasme et la bonne humeur. Avec brio leur auteur pourra s'en sortir avec quelques pirouettes et des guirlandes de justifications adéquates.

           Il risque probablement d'y avoir un grand gagnant : le réchauffement climatique qui pourra s'en donner à cœur joie. Jugé avec dédain comme une mauvaise plaisanterie, il se pourrait qu'il nous réserve un avenir chaleureux. Mais il donnera une excellente occasion de se battre contre la nature donc de prouver que les citoyens des U.S.A. sont les plus forts. Capables aussi de se défendre par eux-mêmes puisque le port d'arme est un droit imprescriptible, plus important que la sécurité sociale.

           L'avenir est à un monde viril où on ne se laisse pas faire ! Cela vous rappelle certaines idéologies qui ont eu leur succès? Et suscité de grands enthousiasmes ? Allons, vous n'êtes que des passéistes qui se gargarisent avec des histoires anciennes. Place à l'avenir ! Place au progrès social ! Mais ne soyons pas naïfs...Fermons les frontières pour nous protéger des intrus et serrons nous les coudes entre gens de bonne compagnie. Enfin débarrassés de tous ces autres qui s'obstinent à être pauvres, on se demande pourquoi, et à venir chez nous alors que chez eux il y a tant de place vide. Un peu désertique peut-être mais pleine de possibilités si on ne se complaît pas dans une paresse coupable. Et délétère.  Et contre-productive.

 

                                                                  Le Chesnay le 11 novembre 2016

                                                                  Copyright Christian Lepère 

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

"Sardanapale" - détail

Après les turpitudes humaines

vous aurez droit à la malveillance du numérique connecté.

Bonne semaine en attendant!

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 08:12
"Décadence rock" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2010

"Décadence rock" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2010

Nature améliorée

Suite et fin

 

            La chose est maintenant bien connue : toute forme d'amélioration du vivant déclenche des réactions d'adaptation. C'est ainsi que les germes et autres bactéries deviennent  par d'ingénieuses mutations, résistants aux antibiotiques. Alors bien sûr il faut augmenter les doses et, inévitablement, les effets secondaires de ce matraquage aussi pervers qu'inévitable.

            On en est donc arrivé assez vite à multiplier les épandages d’insecticides. Par avion c’est plus rapide et beaucoup plus radical. Ça ressemble un peu à la déforestation par le napalm mais c’est pour la bonne cause. Ah, bien sûr il subsiste des populations à proximité des « déserts verts » et elles en prennent plein les narines. C’est ce qu’on appelle des dommages collatéraux. Infiniment regrettables mais que voulez-vous on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs… Cependant Monsanto a une éthique et sait se plier aux lois, surtout celles qui abondent dans son sens et lui permettent de faire de juteux bénéfices. Tenez, par exemple, le monopole des brevets qui permettent à un inventeur, bienfaiteur de l’humanité, de toucher les bénéfices de ses trouvailles. D’éviter d’être pillé. Appliquons donc cela aux recherches génétiques. La firme qui a concocté une nouvelle espèce de soja miracle ou de maïs néo- libérale va pouvoir la faire breveter.

            C’est là que la logique légale va échapper au simple paysan qui a utilisé l’espèce génétiquement modifiée. Après avoir récolté il va maintenant épargner une partie des graines pour pouvoir les replanter ainsi qu’il le faisait depuis toujours. Eh bien non ! C’est intolérable ! L’espèce modifiée est devenue la propriété intellectuelle de son créateur. Il va donc devoir l’acheter à nouveau. Sinon il sera traîné devant les tribunaux comme tout contrevenant qui enfreint la loi.

            Je ne crois pas que les négriers du commerce triangulaire invoquaient ce genre de principe que seuls les progrès de la manipulation génétique ont rendu possibles. A l’époque on était plus spontané et naturel. Et la loi du plus fort n’avait même pas vraiment besoin d’être justifiée ou alors par des arguments religieux devenus parole d’évangile. Par exemple : Les indigènes ont-ils une âme qui en ferait des humains ? Des chrétiens potentiels ? Il suffit alors de les plonger dans des conditions ou leur comportement sera celui d’un animal assurant sa survie. C’est-à-dire bestial. Et la preuve sera faite. Mais sur le radeau de la Méduse, chère à Géricault les pratiques anthropophages n’étaient pas forcément le fait de brutes à faciès négroïde. La majorité était de carnation plus nuancée. L’occasion ferait-elle le larron ? Espérons qu’aucun fait divers actuel ne viendra conforter cet horrible soupçon.

            Pour les plantes transgénique le progrès n’aura donc pas été aussi massif et linéaire que prévu. Il semblerait même que les effets pervers accumulés finissent par contredire l’excellence des intentions proclamées. Mais nous vivons dans un monde libéral jusqu’à plus soif où les élites persistent à penser que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes. Laissez les gens s’enrichir, ils finiront par se calmer et pleins de reconnaissance seront prêts à partager les bénéfices en regrettant amèrement leurs erreurs. Avouez que c’est une perspective enivrante. Alors dormez en paix braves gens ! Tout est sous contrôle. La zone est sécurisée.

 

                                                             Le Chesnay le 17 octobre 2016

                                                             Copyright Christian Lepère

 

"Décadence rock" - détail

"Décadence rock" - détail

"Décadence rock" - détail

"Décadence rock" - détail

"Décadence rock" - détail

"Décadence rock" - détail

Le progrès est en marche.

inexorablement!

Affaire à suivre...

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:38
"Ainsi va la vie" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1993

"Ainsi va la vie" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1993

Nature améliorée

 

            Ce soir j'ai du vague à l'âme. Les jours raccourcissent et le ciel se fait moins serein. Au loin des nuages se sont accumulés. Alors je saisis la télécommande et j'appuie pour avoir des nouvelles du vaste monde. Mal m'en a pris. Sur Arte un document apparaît où il est question d' o.g.m.

            La télévision est un moyen magique, tel Internet il permet d'affirmer n'importe quoi haut et fort. Les politiques, hommes et femmes, nous en assènent la preuve à longueur d’antenne. Les informations dont on nous inonde ne sont jamais dénuées d'intentions et de parti pris. Malgré cela Arte semble avoir un certain recul, une relative objectivité. Alors je prête une oreille attentive à ce qui s'y révèle. Avec quand même le recul nécessaire. Ouverture ne veut pas dire candeur naïve.

            Il s'agissait donc de traiter le problème préoccupant des o.g.m. J'y ai vu confirmer bien des soupçons et en tout cas remettre en question quelques certitudes douteuses.

            Comme souvent l'intention de départ des grandes firmes semblait très moral. Comment nourrir correctement la population mondiale ? Comment se charger de 7 milliards d'individus se reproduisant à qui mieux mieux ? Logiquement la solution est d'accroître la production mondiale par tous les moyens connus. Industrialisation, usage massif d'engrais et de pesticides dispensés à l'aide d'un matériel technique hautement performant. Fort bien ! Et l'économie libérale mondialisée en est enchantée. Enfin elle va pouvoir s'éclater ! Et pour la meilleure des causes…

            Mais les dangers sont bien connus. D'abord l'avenir du monde va se retrouver entre les mains des plus puissants, des prédateurs capables d'imposer leurs vues. Pour le plus grand bien des arriérés incapables de survivre par leurs propres moyens. Reste le prix à payer. Appauvrissement des sols, diminution de la biodiversité et effets secondaires des épandages chimiques prodigués avec une frénésie très profitable à quelques multi nationales.

            Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions. En créant les o.g.m. on pensait naïvement régler plusieurs problèmes insolubles. Protéger les cultures intensives contre leurs prédateurs naturels semblait primordial. Comment soustraire les plantes à la voracité des insectes et de leurs larves sans les inonder de pesticides. Mais voyons, en leur donnant les moyens de se protéger par leurs propres moyens ! En bricolant le génome. En introduisant dans leur ADN des séquences qui  leur permettent de faire face toutes seules et de rendre inutile l’intervention chimique…

            Alors tout le monde il est beau, tout le monde il est content et de plus en excellente santé ! Mais ce beau rêve n'oubliait qu'un détail, merveilleux et accablant, c'est à dire  l'inépuisable créativité de la nature et ses prodigieuses facultés d'adaptation. Celles-là mêmes qui ont permis l'évolution de la vie sur notre planète vers des formes de plus en plus complexes et délirantes d'invention.

 

                                                                                                       à suivre…      

 

"Ainsi va la vie" - détail

"Ainsi va la vie" - détail

"Ainsi va la vie" - détail

"Ainsi va la vie" - détail

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 07:23
"Bleu comme le ciel" - huile sur toile - 61 x 46 cm - 1985

"Bleu comme le ciel" - huile sur toile - 61 x 46 cm - 1985

Second service

 

              Pourquoi chercher plus loin quand une histoire a fait ses preuves ? Je vous avais il y a quelque temps (le 11 octobre 2011, N° 68) raconté les aventures édifiantes de ce malheureux qui, en prenant l'ascenseur pour descendre  de chez lui un matin avait trouvé, gisant derrière la porte palière, un cadavre. La suite en découlait comme dans un thriller en haute définition. Mais tout s'use et d'ailleurs l'effet de surprise est essentiel dans ce genre de récit  apte à déclencher des flots d'adrénaline en vous procurant l'étrange jouissance  du voyeur non concerné calé dans son fauteuil avec sa petite bière et ses pop corn.

             Mais on ne peut se shooter indéfiniment au fait divers fut-il ignoble au-delà du bienséant. Ou bien gare à l'overdose suivie de l'accoutumance puis de l'ennui irrémédiable.

              Donc ce matin là mon héros, appelons le Albert car c'est son nom, a pénétré dans la cabine suspendue sans émoi particulier. Tout était simple et ordinaire. Nulle trace de sang coagulé suspecte en ce lieu de claustrophobie discrète. Nulle touffe de cheveux arrachée jonchant le paillasson. Pas la moindre trace de lutte ou de résistance. Rien enfin pour vous faire frémir et palpiter d'angoisse. Que c'était-il passé? Rien vraisemblablement. Ce qui est peu.

              Pourtant nous vivons une époque délirante. Celle où tous les possibles se pressant à qui mieux mieux sont prêts à nous submerger d'évidences accablantes ou à nous livrer à des accès euphoriques suivis de dépressions et de burn out .

Après tout Donald Trump peut devenir président des États-Unis et la petite Marine se retrouver à la barre de notre beau pays enfin pacifié et voguant « Fluctuat nec mergitur » sur des eaux tumultueuses où s'anéantissent des hordes de migrants venant y engloutir leur misérable existence aussi vaine que surnuméraire.

              Tout cela est bien triste mais au moins on aura sauvé les meubles. Jeanne d'Arc pourra reposer paisiblement, elle qui  en son temps a bouté les Anglois hors de France pour nous permettre de vivre entre Gaulois de bonne compagnie. Et puis Dieu merci, depuis ces temps mythiques Zorro est arrivé et sous le masque du justicier c'est Sarkosy qui renoue avec Vercingétorix, héros et complice de Napoléon 3 chantre de la France éternelle.

              Donc ce matin il n'y avait aucun cadavre dans l'ascenseur. Après avoir atteint le rez de chaussée en passant par l'entresol Albert était sorti de chez lui. La porte était grande ouverte. Pas de code à taper ni de verrou à débloquer. Les poubelles étaient sur le trottoir, vides, ce qui est plus propre. En tout cas Salam Abdeslam n'y avait pas jeté sa ceinture d'explosifs.

              Un peu plus tard aucun colis suspect n'attirait l'attention vigilante des autorités sur le quai du métro et personne ne songeait à tirer le signal d'alarme au risque de bloquer des hordes d'usagers qui auraient failli à leur mission en arrivant en retard au bureau. Tout allait pour le mieux.

              Aucun camion fou n'avait semé la terreur en dépassant les bornes. Sur le boulevard Sébastopol des files de voitures circulaient à allure réglementaire en respectant les feux rouges. Aucune n'était piégée. Et même les camions de livraison stationnés sur les places qui leur étaient réservées ne voyaient s'échapper de sous leurs bâches aucun échappé de la jungle de Calais qui se seraient trompé de direction, croyant partir pour l'Angleterre et un avenir radieux.

              Donc tout était cool. Mais Albert n'était pas si simple. Quand tout allait bien,  c'est lui qui allait mal. Lui qui se rongeait les sangs. Car sa vie était insipide, sans relief et sans espoir.

              Certes il avait un bon poste et siégeait au  54ème étage d'une des tours majeures de la Défense. Son poste était irremplaçable. Il gérait les ressources humaines d’une grande compagnie d’assurance et jouissait d’une vue panoramique sur le grand Paris. Jusqu’à l’horizon sa vue était enchantée par la tour Eiffel et la tour Montparnasse ponctuant la grande ville de leurs signaux totémiques.

              Il est notoire qu’il passait ses vacances sur la côte Dalmate ce qui est moins banal que le club Med des Maldives. Sa voiture hybride cumulait les avantages d’un modernisme écologique à l’assurance de ce qui a fait ses preuves même si l’émission de CO 2  est encore fautive. Car on sait où mène l’idéalisme et la recherche des solutions irréprochables. Sa famille était honnêtement recomposée mais sans excès, sans esbroufe et sans conformisme. Il avait eu plusieurs épouses mais successivement et elles étaient toutes de sexe féminin. Du moins jusqu’à preuve du contraire car en ce domaine les progrès de la chirurgie et des manipulations hormonales nous ouvrent des perspectives fantastiques de bi, de trans et de poly sexualités assumées. Après les O.G.M. les Homo G.M…Ses enfants étaient pluriethniques et de couleurs nuancées. Et enfin il était écolo ne jurant que par les médecines douces et alternatives sauf en cas de grippe car alors il ne faut pas rigoler en prenant des risques avec des souches virales qui déploient des stratégies réactionnaires dignes des époques révolues ou Pasteur traquait les microbes et les germes avec des moyens obsolètes.

              Pourquoi vous en dire plus ? Albert est un brave homme, si ce n’est un homme brave et après tout il est heureux qu’il n’ait pas eu à affronter l’horreur d’un fait divers. Au moins cela lui permettra de rentrer paisiblement chez lui en prenant l’ascenseur pour rejoindre son bel appartement au 5ème, vaste et confortable où il pourra visionner sur sa télé super extra plate le drame horrible du malheureux qui découvre un cadavre dans la cabine. Et si cette œuvre de fiction lui change agréablement les idées en le déstressant ce sera tout bénéfice pour son épouse actuelle et sa progéniture agréablement diversifiée.

 

                                                               Le Chesnay le 10 octobre 2016

                                                               Copyright Christian Lepère

 

"Bleu comme le ciel" - détail

"Bleu comme le ciel" - détail

"Bleu comme le ciel" - détail

"Bleu comme le ciel" - détail

Après ces considérations vaines

sur un sujet

un peu 

niais

à quoi peut-on s'attendre? Au pire? On verra bien...

 

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 07:38
"La route des crêtes" - dessin aquarellé vernis acrylique - 30 x 42 cm - 1984

"La route des crêtes" - dessin aquarellé vernis acrylique - 30 x 42 cm - 1984

The Big One

Dis moi qui tu Trump

 

             Ah Donald ! Mais c'est toute mon enfance qui surgit en se dandinant du croupion, claquant du bec et nasillant pour mieux convaincre. Quelle joie de retrouver un facétieux à tout faire ! Un qui n'hésite pas à mettre ses grands pieds palmés dans le plat des autres.

             Tout cancanant le revoilà . Et derrière lui l'oncle Picsou, ce vieux grognon qui machine et peaufine ses tours pendables, ses ruses véloces pour s'emparer de tout et du reste. Vieil avaricieux qui n'aura de cesse avant de pouvoir attendre la fin du monde assis sur son magot.

             Mais depuis le bon vieux temps l'ambiance est devenue plus morose. Avec des fins de mois de fonctionnaires smicards accablés par les soucis mesquins du quotidien et qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Les bouts de quoi au fait ? Mais les bouts de ficelle-de cheval-de course-à pied-à Terre de Feu….qui faisaient tant rigoler mes copains de la petite école.

             Alors pensez si Donald Trump a la cote à mon hit parade ! C'est qu'il me rappelle tant d'émois de l'époque où le héros pouvait tout se permettre. Tout emberlificoter et se prendre les pattes dans le tapis sans coup férir. Et cependant rebondir avant de s'aplatir sur la porte qu'il oublie d'ouvrir. Avec enthousiasme et fracas comme dans les bons vieux films du bon vieux Disney. Ce cher Walter, idole du pré-adolescent que je fus en son temps et à son heure comme il se doit. Mais rien n'est grave et ça cartoone  et ça rebondit et ça postillonne !

             Mais revenons à la télé et à ses grands show populaires, ceux qui mêlent les élans du coeur à l'information juteuse et au scoop à scandale qui va émouvoir la masse avide de savoir les dessous de tout.

             Mais Donald n'est pas seul, ce serait trop triste. Comme Daisy s'est absentée il doit se contenter d'Hillary. C'est mieux que rien et puis au moins elle a un passé et des connaissances et des appuis et un palmarès. Avec en prime Bill qui veille dans les coulisses. Bref, de quoi rebondir sur autre chose qu'un mol édredon. Le bon peuple est bon, bien sûr, mais il faut que ça saigne, sinon à quoi ça sert ?

             Passons maintenant aux choses sérieuses. Donald a un but, noble et humanitaire. S'il veut devenir Président ce n'est pas par vaine gloriole mais pour faire profiter ses semblables, tous ses semblables et eux uniquement de l'expérience qu'il a acquise durement à la sueur de son front qu'il a vaste comme ses vues.

             Donc il veut devenir The First, The Big One. Car alors il n'y aurait plus de problèmes ! Que des solutions. Définitives et sans appel. Au moins tant que le monde ne s'obstinera pas à vouloir tout compliquer en introduisant de l'aléatoire d'un goût douteux par l’adjonction de conjonctures perverses. Ou bien en créant des atermoiements démocratiques au nom de valeurs rétrogrades.

             Ah ! Où est-il passé le Bon Vieux Temps où des Super Héros dotés de Super-Pouvoirs pouvaient faire plier le genou à l'adversité la plus inconvenante. Et expédier au goulag ceux qui s'obstinaient à refroidir l'enthousiasme des masses prolétaires par pur dépit et jalousie, sans oublier une mesquinerie sans excuse.

             Mais Donald est arrivé comme Zorro. Lui au moins peut ne pas payer ses impôts ni se soumettre à des règlements tatillons juste bons pour les has- been qui ont leur avenir dans le dos et sont tout juste capables d’agiter des banderoles pour demander justice et égalité pour des faibles et des incompétents qui ne leur en seront même pas reconnaissants.

 

                                                            Le Chesnay le 4 octobre 2016

                                                            Copyright Christian Lepère

"La route des crêtes" - détail

"La route des crêtes" - détail

"La route des crêtes" - détail

"La route des crêtes" - détail

Il paraît,

mais on en dit tant

que Donald

a des problèmes actuellement avec Hillary.

Mon texte a été rédigé avant et je ne peux donc pas garantir les suites..

Veuillez m'en excuser.

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 08:18
'Petites cailles dodues" - dessin aquarellé - 28 x 40 cm - 1984

'Petites cailles dodues" - dessin aquarellé - 28 x 40 cm - 1984

Chacun son tour

 

                En traversant la rue il s'était fait écraser. Sans préavis. Sans sommation. Pourtant c'était un bon citoyen payant ses impôts aux dates prévues et respectant la loi. D'ailleurs il avait traversé dans le passage prévu pour les piétons et le petit bonhomme du feu tricolore était vert, totalement permissif. Mais le destin qui a bien d'autres préoccupations ne tient pas toujours un compte rigoureux des preuves de civilité.

                Donc il était mort. Grièvement et sans appel. Autour quelques badauds s'étaient rassemblés et avaient prévenu police secours qui arriva sans délais. On ramassa le corps , très présentable à vrai dire. A peine contusionné et d'un seul tenant ce qui facilita les manipulations. Puis l'on se dispersa car chacun avait à faire.

                Vous entretiendrais-je des pensées qui me sont survenues, des réflexions profondes et désabusées que j'ai nourries, des sentiments éprouvés en me disant que, peut-être, je l'avais échappé belle ?

                Ah ! Si j'étais passé là à l'instant fatal, suivant de quelques mètres celui qui gisait maintenant et qui, allez donc savoir, aurait dans ce cas atteint l'autre trottoir sans problème… Se serait-il alors retourné pour constater mon trépas ? Aurait-il eu une pensée apitoyée devant mon triste sort ?

                Mais je m'égare. Je fabule. J'invoque des faits imaginaires. Je m'emberlificote dans des suppositions alors que les faits relèvent de l'évidence. De la routine. De la rubrique des chiens écrasés et des faits divers pour sous-préfecture. Alors, sans plus s’appesantir il ne nous reste plus qu'à boire un bon coup, remonter nos bretelles et tenter vaille que vaille de reprendre espoir. Après tout la vie est belle, l'automne arrive et de multiples splendeurs nous attendent dans les sous-bois qui vont bientôt s'enflammer des couleurs exaltées de cette arrière-saison.

 

                                                    Le Chesnay le 26 septembre 2016

                                                    Copyright Christian Lepère

"Petites c ailles dodues" - détail

"Petites c ailles dodues" - détail

"Petites cailles dodues" - détail

"Petites cailles dodues" - détail

L'issue était fatale

mais

une suite

est toujours possible

du moins si on le souhaite.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 07:38
Sans titre - Dessin au crayon de couleur - 1969 - hauteur : 40 cm

Sans titre - Dessin au crayon de couleur - 1969 - hauteur : 40 cm

Porte close

 

                Jean-Charles Antoine était tout désappointé. Face au grand portail donnant sur la rue du Temple il était en train de réaliser l'horreur de la situation. Après avoir appuyé sur le bouton d'appel l'entrée restait close. Il n'y avait plus qu'à taper le code secret tel un sésame magique. Oui mais voilà, celui qu'il s'empressait de composer restait inefficace. L'avait-on changé entre temps par souci de sécurité ? Comme il avait de la ressource et plus d'un tour dans son sac, il avait réfléchi vite et bien. Plusieurs solutions se présentaient. Soit attendre que quelqu'un sorte de l'immeuble et lui permette de se faufiler ou attendre l'arrivée du facteur ce qui était plus aléatoire si celui-ci était déjà passé dans la matinée. Il pouvait aussi utiliser son portable pour appeler la personne chez qui il se rendait.

                Mais le quartier était bruyant, plein de cars de C.R.S. et de bruit et de fureur. Au loin montait le brouhaha de quelque manifestation « anti-tout » déployant ses mouvements alternés et conflictuels autour de la place de la République toute proche. Ce remugle confus l'empêchait de bien entendre et d'ailleurs son interlocuteur absent lui déléguait son répondeur pour y laisser un message qui n'aurait de suite qu’ultérieurement.

                Tout autour et le cernant de toute parts le vaste trottoir aussi était plein d'une foule allant et venant, se pressant vers des buts inconnus mais assez prenants pour justifier une agitation indispensable. Entre les voitures d'enfants poussées par des femmes voilées et les jeunes à roller zigzagant au mépris des piétons plus ou moins valides, il fallait aussi négocier sa trajectoire entre des hallucinés rivés à leurs portables et tout occupés à régler leurs problèmes immédiats. C'est à dire les demandes impératives adressées à tonton Gustave pour savoir où et comment le joindre afin de régler les contentieux inévitables entre cousins  germains pleins d'affection les uns pour les autres. Ou bien pour savoir si le prix du camembert bio repéré au Monoprix tout proche justifiait de se nourrir plus sainement au détriment de son pouvoir d'achat. Ce qui est essentiel quand on songe que l'indice des prix à la consommation ne tient pas compte de tous ces paramètres pourtant essentiels. Surtout si l'on est modeste et qu'on ne vote pas pour Marine Le Pen par conviction ou par simple conformisme de voisinage.

                Car il faut vivre au quotidien, dans cet entre-deux où il n'y a pas de petits détails si négligeables qu'on ne doive les tenir en ligne de compte. Être ouvert, certes,  adapté aux fluctuations, bien sûr, mais en restant responsable de son budget surtout s'il est modeste et réduit à une pension de retraite de fonctionnaire dont la carrière a été interrompue par plusieurs dépressions et des mises à pied provoquées par des restructurations  inhérentes à la mondialisation du chômage.

                Il en était donc là. Ayant oublié ses écouteurs à la campagne, l'oreille vissée au téléphone, il n'arrivait à entendre que de la bouillie pour les chats. Il avait bien cru améliorer l'écoute en entrant dans le Monoprix, celui ou le prix du camembert bio vous dispense d'aller chercher plus loin, mais cet endroit s'était révélé aussi peu propice qu'ailleurs. Certains rayons étaient pourtant assez silencieux, mais il n'est pas évident de se planter au milieu du passage pour appeler un interlocuteur improbable. D'ailleurs le garde du plan Vigipirate l'avait regardé en coin avec un peu d'insistance. Il n'insista donc pas.

                Enfin en revenant sur ses pas il était à nouveau devant la lourde porte en bois massif, de belle facture et de solidité si assurée qu'elle est impénétrable pour une personne normale.  Même si cette dernière sait bien, et la physique quantique nous le confirme, que les apparences ne sont que des apparences et que derrière cette opacité se cache un vide hallucinant où tournoient des électrons affolés, particules sans plus de substance que le milieu où elles se meuvent. La connaissance la plus rigoureuse ne délivre pas des contingences biologiques et de tout ce qui en découle.

                Il en était donc là, si las qu'à tout le moins il se sentait très affligé. C'est alors que le miracle eut lieu. Se baissant pour caresser un chat qui se faufilait entre ses jambes pour trouver la porte close il se dit qu'après tout rien ne justifiait pareil acharnement. On ne le laissait pas entrer ? La belle affaire ! Et pour quoi faire? Après tout serait-il mieux là qu'ailleurs ? Alors prenant une décision irrévocable il décida de retourner chez lui. Ce qu'il fit dans les meilleurs délais c'est à dire ceux dont la R.A.T.P et la S.N.C.F. voulurent bien le faire bénéficier.

                Maintenant il est de retour chez lui et y coule des jours paisibles. Mais je sais bien que le répit est de courte durée et que bientôt il lui faudra repartir sur les grandes route poussiéreuses, droit vers les horizons lointains qui lui inspirent une telle nostalgie et à quoi il ne saura résister bien longtemps.

 

                                                   Le Chesnay le 23 septembre 2016

                                                   Copyright Christian Lepère

 

Danc cette optique du quotidien

nous continuerons la prochaine fois avec le thème essentiel

et fondamental

de notre

fin

dernière.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 07:18
"Excentricités" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 1993

"Excentricités" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 1993

Mots de passe sans garantie

 

             Pourquoi faire simple au lieu de s'emberlificoter… La messagerie sur internet est un indéniable progrès qui permet de communiquer à vitesse électronique les bonnes comme les mauvaises nouvelles. Les fausses également. Et Dieu sait si les nouvelles les plus saugrenues se répandent vite sur la toile.

             Hier une fausse alerte a atteint Paris. Selon les réseaux sociaux des otages étaient séquestrés dans l’ église St Leu de la rue st Denis par de dangereux terroristes. Aussitôt alertées les autorités ont envoyé des équipes d'intervention performantes. Le quartier a été bouclé pendant qu'une brave commerçante faisait descendre ses clients à la cave où certains s'enfermaient.

             L'alerte était fausse. La gardienne de l'église avait vu passer en courant des individus devant le porche depuis l'intérieur de la nef et avait cru à une attaque méritant de déclencher l'alerte. Et c'est tout à son honneur.

             Voilà où nous en sommes dans notre douce France. Un incident bénin déclenche l'inquiétude et le principe de précaution la justifiant entraîne des suites policières. Ensuite on sait fort bien que le simple fait de répandre la rumeur peut déclencher des vocations chez des jeunes un peu perturbés. Sans oublier les mauvais plaisants qui souhaitent se payer une bonne tranche de rigolade en faisant intervenir les forces de l'ordre sans raison. Ce qui est traditionnellement ressenti comme jouissif par des hurluberlus qui s'ennuient en temps de paix sociale.

             Mais j'en reviens à Internet. Mes loisirs viennent d'être occupés par de longues heures de communication avec les services d'aide d'Orange qui gère mes appels téléphoniques et ma messagerie.

             Depuis peu j'ai eu de nombreux problèmes. On me demande des codes que j'ignore. Ceux que je connais sont refusés et tout se bloque. J'avoue avoir une part de responsabilité. Il peut m'arriver d'avoir oublié de noter une information précieuse. Mais quand même…

             D' abord on nous impose des changement dus au progrès technique.Un jour ma Livebox me refuse ses services. J'appelle au secours et après avoir longuement tout testé on m'apprend qu'elle est obsolète, qu'il faut changer la boîte blanche d'urgence pour la toute nouvelle boîte noire. Il se trouve que je peux faire l'échange tout de suite à la boutique Orange la plus proche. Parfait ! Mais il faut refaire les branchements et enregistrer la petite nouvelle. C'est long et difficultueux. Ça ne marche pas du premier coup. Et puis, naïf comme je suis, je m'embrouille dans les fils et donc c'est aussi un peu de mon fait…

             Enfin mes interlocuteurs, hommes ou femmes qui me guident et me conseillent sont dans l'ensemble aimables, courtois et calmes. C'est qu'ils en ont vu d'autres et si soi-même on reste zen, tout va pour le mieux. Mais le problème est qu'on s'adresse à une grosse organisation dotée de divers services. Et c'est là qu'il y a problème car les communications sont aléatoires entre ceux-ci et suivant la personne qui vous répond les informations ne sont pas toujours les mêmes. C'est que tout change si vite, les contrats et les modalités d'application, que l'on peut vous confirmer des informations inexactes depuis la veille et que les nouvelles seront peut-être à nouveau caduques dès le lendemain.

             Allons ! je n'insiste pas. Chacun a ses petits problèmes et se doit d'y faire face puisque c'est le lot de tous de partager la même planète mondialisée où les problèmes basiques sont de plus en plus universels. Mais c'est si beau de faire partie d'une très, très grande famille partageant les mêmes préoccupations numérisées.

 

                                                       Le Chesnay le 18 septembre 2016

                                                       Copyright Christian Lepère

"Excentricités" - détail

"Excentricités" - détail

"Excentricités" - détail

"Excentricités" - détail

A bientôt

pour les dernières

nouvelles de demain!

(Si Dieu le veut et si la conjoncture  y consent sans trop rechigner.)

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 07:46
"Baigneurs" - gravure à l'eau-forte imprimée sur format Demi-Jésus - 1965

"Baigneurs" - gravure à l'eau-forte imprimée sur format Demi-Jésus - 1965

 

 

                Comme prévu je viens d’assister au vernissage de la Biennale d’Art Fantastique de St Léonard de Noblat. J’y ai eu des échanges  très profitables avec plusieurs peintres visionnaires de belle qualité. Le personnage d’Archibald qui ne décrit aucun d’entre eux nommément est une sorte d’archétype de ce genre d’artiste tout pétri d’intériorité. Parler de portrait robot serait dans ce cas déplacé et réducteur.

Archibald pataphysicien

 

               En son cœur Archibald était pataphysicien. Chose étrange en vérité car il n'avait rien fait pour cela et s'en trouvait parfois tout désorienté. Né de père et de mère sans histoire, issu d'une famille modeste bien que sachant tenir son rang, il avait dès tout petit ressenti comme une étrangeté.

               Le décalage était subtil et discret mais se faufilait entre la normalité de son milieu naturel et ses profondeurs inventoriées. Pour faire court il se sentait bizarre et ne pouvait s'empêcher de se livrer à des investigations jugées bien inutiles par son entourage.

               Comme il était timide au-delà du raisonnable et poli et très bien élevé, tout cela ne portait pas à conséquence. C'est en son for intérieur que le doute s'était insinué et que les questions qui fâchent s'en donnaient à cœur joie pour le turlupiner.

               Sincèrement il n'était pas très philosophe. Élaborer des théories et argumenter de façon spécieuse en se référant à d'indiscutables autorités ne lui semblait pas pertinent.

               Bien sûr à l'adolescence il s'était laissé aller aux délices d'un intellectualisme de bon ton. Mais Boris Vian raillant Jean Sol Partre dans « L'écume des jours » l'avait amené à douter des maîtres à penser et de tout ce qui prétend faire preuve convaincante. Le fond de commerce de la remise en question des valeurs pérennes ne lui semblait pas plus fiable que les certitudes des doctes plus solidement traditionnelles.

               La métaphysique lui semblant un peu trop sûre d'elle-même, il opta donc pour la « pata » plus souple et moins contraignante. Et puis si délicieusement discutable, en un mot plus ouverte et moins tatillonne. Mais tout cela sans se l'avouer ouvertement, sans profession de foi et justifications à posteriori. C'était un franc-tireur.

               Si l'on s'en réfère à Alfred Jarry, le père fondateur, la pataphysique est une science de l'imaginaire qui remet tout en question. Quitte à se perdre dans des divagations sans fin ou de prendre sa vessie pour une lanterne comme disait l'autre, Francis Blanche le rigolo du déjanté. Elle permet donc d'être loufoque et de retourner la logique de l'évidence en rappelant qu'il y a des illusions d'optique gravement convaincantes. Boris Vian, encore lui, apôtre de la transgression non dénué de bon sens avait pour devise une phrase piratée je ne sais plus trop chez qui  et qui affirme sans honte : « Je m'applique volontiers à penser aux choses auxquelles je pense que les autres ne penseront pas ».

               Dans l'enfance d'Archibald on lui avait inculqué d'excellents principes. Il avait bien compris que mettre ses doigts dans son nez peut entraîner des conséquences graves, physiques d'abord puis morales en finissant par attirer l'attention malveillante des autres sur votre propre personne qui risque d'en sortir humiliée, si ce n'est mise à l'écart. Dans la cour de récré de la communale le risque était gros.

               Il évitait donc tout comportement douteux et ne se permettait que ce qui jouissait d'un honnête consensus comme de se gominer les cheveux ou porter des pantalons de golf. Pour le reste il n'en pensait pas moins et se réservait le droit imprescriptible d'être son seul juge, son autorité suprême.

               Archibald donc avait grandi et mûri dans son chez-soi. Il avait d'abord joui de l'innocence enfantine ou de ce que l'on considère comme tel, car les monstres hideux hantent aussi ces paradis perdus et les plus vilaines pensées y fleurissent sans pour autant réaliser leurs noirs desseins. Puis l'adolescence avait un peu débridé tout cela. Après les émois puérils causés par des petites filles modèles suffisamment lointaines et éthérées, il avait pris conscience de réalités plus biologiques. Des déchaînements hormonaux avaient enflammé son imaginaire tout plein de rêves de gloire et de fantasmes érotiques. Des émois conceptuels, des fulgurations d'illuminations mystiques et tout un dévergondage de créativité avaient alors occupé ses nuits fiévreuses. Que ce soit par l'écrit ou par pinceaux interposés il s'était laissé aller. Avec des hauts et des bas. Des pics d'effervescence et de mornes plaines de régression petite bourgeoise. Ah ! Quand l'inspiration vous abandonne et que vous vous retrouvez tout plat, tout vide et tout penaud…

               Maintenant il a pris de l'âge et du poil de la bête. Un peu plus posé il a pu opérer un salutaire zoom arrière. Avec des vues plus vastes voilà qu'il a relativisé. Et petit à petit il a pu envisager que le monde était ce qu'il était avec ses démons et ses merveilles et ses longues plages insipides. A prendre ou à laisser. Tel quel et sans vaine prétention à vouloir modifier tout ce qui en découle. Bien sûr chacun continue à voir sa propre version avec sa subjectivité inévitable. Chacun autour de lui continue de porter des jugements péremptoires et définitifs. Et chacun est sûr de son fait et défend bec et ongle sa vision unique et irremplaçable.

               Le monde continue de s'agiter, la télé de nous inonder de ses cacophonies pour le meilleur et pour le pire, mais Archibald, pataphysicien de service assis sur la rive contemple le fleuve qui passe entraînant tout dans son flot vers des lointains qu'on ne peut voir. Mais maintenant il sent bien qu'au bout du bout il y a l'Océan et que tout y retourne à son rythme et selon les modalités  de sa nature. Alors à quoi bon s'en faire.

 

                                                          Le Chesnay le 12 septembre 2016

                                                          Copyright Christian Lepère

 

 

Après

cette petite tranche de vie

une autre suivra.

A bientôt !

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