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  • : "L'imaginaire" selon Christian Lepère
  • : "L'homme est un animal capable de transcendance" et d'humour...
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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 11:05
"La caverne des naturistes" - huile sur toile - 51 x 45 cm - 2010

"La caverne des naturistes" - huile sur toile - 51 x 45 cm - 2010

Sombre désespoir

Et tout ce qui peut y faire suite

 

 

 

 

 

                 Armé de sa Kalaschnikoff il arpentait les rues. Glauques et tristes elles se succédaient enchaînant leur désolation de place en place, répétitives, lugubres, sans nul intervalle pour soulager sa peine.

             Ca faisait un sacré bail qu’il se traînait ainsi, accablé, solitaire, sans espoir d’aborder un carrefour ou une bifurcation. Un décrochement ou une  altération  dans l’alignement  morne et répétitif de la grande ville. Mais rien à perte de vue, pas le moindre soupçon de discontinuité, la moindre hésitation dans la réitération du même et du désespérément semblable. Lugubres, les façades se succédaient comme une falaise hostile , hautes et lointaines comme des blocs d’indifférence grises et pesantes

             A quoi bon poursuivre quand nulle lueur ne semble palpiter à l’horizon. Quand nul tremblement ne vous attend frémissant au carrefour. Quand nulle césure ne vient rompre la monotonie d’un avenir désespérant et sans issue…
             Pourtant il avait bien cru parfois déceler une rumeur, un clapotis vague de présences humaines. Mêmes indécises. Même à peine suggérées ou vaguement superposées à de lointaines altérations d’un silence opaque et définitif.

             Là bas, au loin n’y avait-t-il  pas comme un remugle ; un frémissement de présence ; un soupçon de vie prête à prendre de l’ampleur ? Mais non !c’était le calme létal, la fin de tout espoir de vie.

             Bien sûr remontaient en lui les rumeurs d’un lointain passé. Il était jeune alors et plein d’un frémissement adolescent. Dans son cœur vibraient des révoltes devant les malheurs du monde. La chape de plomb  de ses espoirs déçus se fissurait aux prémisses d’un printemps tant attendu

             Quelques charges de CRS suivant de longs piétinements au Quartier Latin et déjà l’avenir semblait perdre de son poids et de sa lourde opacité. Enfin ça bougeait ou ça semblait devoir le faire. Ah ! les longues files de cars aux abords de la République. Grises et opaques mais prêtes à libérer les forces de l’ordre pour en découdre en de violents affrontements. Et cela aux pieds même  du symbole de l’espoir du monde. De la liberté et de la démocratie triomphante. Au pied de la statue sereine et pacifique de cette femme inflexible dominant un vain tumulte. Se découpant sur un ciel plein d’espoir et de lendemains qui chantent tout nimbés des lueurs roses d’un soleil qui se couche pour mieux ressurgir à nouveau. A tout jamais ! A tout jamais !  

             Mais l’heure n’était pas  à l’apaisement. D’ailleurs qu’y aurait-il eu à apaiser ?. Quand tout est anéanti le pire ne peut plus se produire . Et c’était bien là le problème. 

             Laissons le donc poursuivre la vanité de sa quête. Laissons le donc ronger son frein dans sa solitude accablée. De toute façon ce n’est pas si grave.

             Car je ne saurai rien prétendre ni m’avancer sans preuves objectives. Enfin avec un peu de chance et un soupçon de vraisemblance il est toujours possible que le destin ne change d’avis. Il n’est donc pas impossible qu’une jeune  personne, une ravissante hurluberlue ronde et volubile ne soit à ce moment en train de se diriger vers lui, sans le savoir, prête à, remplir  son champ visuel à l’improviste  d’une douceur aussi sensuelle qu’inattendue  Et que voulez-vous, si la chair est faible, il est aussi vrai qu’elle peut vous remonter le moral de façon surprenante. Vous précipitant non pas de Charybde en Scylla mais de la plus morose des déprimes  à des vues nettement plus optimistes sur la vie et tout ce qui peut lui redonner un intérêt plus immédiat et somme toute bien naturel !

             Adieu tourment ! Adieu Kalaschnikoff ! A chaque instant suffit sa peine, fût-elle la plus irrémédiable ou au contraire un petit bonheur bien humain causé par la  simple évidence des choses de la vie.

             Alors à plus… si ça vous tente !

 

                                               La Brosse Conge le 27 février 2020

                                               Copyright Christian Lepère       

 

 

 

 

 

           

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Donc à la prochaine fois

où de nouvelles aventures nous attendent

car notre destin ne saurait d'arrêter de façon aussi courte

et sans crier gare!

 

 

 

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 14:09
"Moloch" - Huile su panneau - 27 x 22 cm - 2015

"Moloch" - Huile su panneau - 27 x 22 cm - 2015

 

 

 

 

 

Troubles mnésiques

 

             Une personne que je connais depuis fort longtemps est en train de perdre la mémoire. C’est un cas de plus en plus fréquent mais qui progresse  dans nos régions civilisées.

             Si la mémoire ancienne reste préservée et même parfois de façon surprenante, c’est la mémoire de fixation immédiate qui disparaît presque instantanément et cela donne lieu à bien des quiproquos et des malentendus. Avec des effets comiques de répétition tant que le sens de l’humour est préservé

dans la vie quotidienne

             Certes il n’est pas toujours facile de répondre douze fois de suite à la même question et d’obtenir à chaque fois la même réponse surprise ou amusée. Mais on se fait à tout, du moins tant qu’on a le temps et pas d’obligation plus pressante…

             Il arrive aussi que cela vire au cauchemar quand la personne insiste de façon déraisonnable parce que la réponse qui la gêne entraîne des réactions véhémentes et réitérées.

 

                                      La Brosse conge le 8 février 2020

                                      Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

"Papy et ses amis" - Huile sur panneau - 2015

"Papy et ses amis" - Huile sur panneau - 2015

Bien sûr, tout oublier...

Mais même ses monstres?

La vie risque d'être un peu vide...

 

 

 

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 19:37
"Représailles" - Huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2015

"Représailles" - Huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2015

A tout Jamais

 

 

 

 

                 A nouveau les hordes s’affrontaient .Massées au bord du gouffre, chargées à mort de rage recuite et de haines amassées, prêtes au pire et à l’inavouable. Prêtes à tout pour s’étriper, s’anéantir dans des spasmes convulsifs. Prêtes à tout précipiter dans un néant glauque et putride. Œil pour œil, dent pour dent et la mâchoire en prime. Pas de quartier ! Pas de pardon ! La rage au corps et le fourchu pour tous avec ses griffes sanglantes prêtes à déchirer, à mordre, à lacérer !

                 Pourtant l’aube s’était levée pimpante et fleurdelisée de roses excroissances. A l’est de petits nuages tout dentelés s’étaient amassés en exquises floraisons présageant un jour plus clément.

                 Mais maintenant tout était gris, d’un gris sale de désespoir total et sur la plaine lourde de menaces confuses des vols de prédateurs tournoyaient dans un ciel livide. A la recherche de proies exsangues, encore palpitantes dans leur agonie toumentée.

                 Mais pourquoi tant de haine et de clameurs mortelles ? Pourquoi la vie ne saurait-elle se faire pardon et renoncer à ses vengeances ?

                 Il s’en était fallu de peu pour que le pire soit évité et qu’enfin  la paix retrouve son bon droit.

                 Mais voilà ce n’était ni le jour ni l’heure. Et la charge était telle qu’il eut fallu quelque miracle pour éviter le pire ! Car bien que celui –ci ne puisse jamais être certain, il n’en reste pas moins toujours possible !

                 Car nous sommes dans le relatif et qu’à ce niveau tout déséquilibre attend son contraire pour retourner à l’Absolu dont il émane. A tout jamais ! A tout jamais !

 

                                               La Brosse Conge le 12 février 2022

                                               Copyright Christian Lepère      

"Motard étonné" -  Huile sur panneau - 27 x 22 cm -2015

"Motard étonné" - Huile sur panneau - 27 x 22 cm -2015

Allons! on se calme...

Car si demain peut être encore pire

l'apaisement est 

toujours

en vue.

 

 

 

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 14:33
"Tranche de vie un peu saumâtre" - Gravure à l'Eau-Forte imprimée sur papier Arches - 1975

"Tranche de vie un peu saumâtre" - Gravure à l'Eau-Forte imprimée sur papier Arches - 1975

La Der des Der

 

 

 

              Gloire à l’ortoptère bien glavavantureux ! Car il était encore jeune et n’avait pas encore éructé toute sa substance dans des parties-raves où s’illustraient ses copains de Khâgne. Las de pourchasser le guilledoux en l’honneur de quelque donzelle gracile qui aurait profité des lacunes du gardiennage de sa marâtre à cet effet dévolue, il s’était gratifié de menues privautés. Car la chair est faible et sans une attentive surveillance elle risque fort de faillir. Que ceux qui n’ont jamais pêché même sur les bords de la Baltique lui accordent un peu d’indulgence. Qu’ils se souviennent de leurs émois à l’âge d’innocence dont nous profitâmes sans vergogne. Et que surtout ils respectent en tout points une âme bien née et au sabot fourchu.

             C’est mon grand-père qui m’a narré cette anecdote. Je lui suis donc reconnaissant de ne pas l’avoir alourdie de menus détails dont la crudité aurait pu pervertir une innocence non-feinte.

             Ainsi je me suis abstenu. Tout en reconnaissant à mon aïeul une délicatesse  que les horreurs de la guerre de 14 n’avaient pas réussi à pervertir ! Or le temps a passé. Autre temps, autres mœurs. Nos jeunes générations libérées par une déliquescence mondialisé n’ont plus cet à-propos ni ce sens de la juste mesure. Privés de bornes elles ne connaissent plus de limites. Pourtant mon grand père était revenu  vivant du Chemin des Dames. Vivant mais avec un moral en dents de scie qui le taraudait dans son intime. Jusqu’à ce que sa fin survienne, l’âge aidant le travail de sape des tranchées à se montrer fatal.

             Mais Dieu que la guerre était jolie quand on faisait encore mine d’y croire. Et qu’on rêvait toute honte bue à de grandioses revanches. Sur un destin inique faut-il le préciser…Ah l’ivresse de la Der des Ders. Quand plus rien ne saurait se surajouter au désastre final ! Définitif. A tout jamais.

 

                                               La Brosse Conge le 10 février 2020

                                               Copyright Christian Lepère   

 

 

 

   

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Mais le passé s'en est allé !

Reviendra-t-il? Sait-on jamais...

 

 

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 18:05
"L'escalade" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

"L'escalade" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

 

 

 

 

Gras et dodus petits cochons

 

 

 

 

Les trois petits cochons

Tireli-tirela

 la queue en tire-bouchon

Dansaient en rond sans s’inquiéter

Du grand méchant loup obsédé

Par leurs jambons

gras et dodus

Qu’il  voulait tant

Tambour battant

Croquer à belles dents.

Pointues !

 

Pourtant il y mettait du sien :

ruse et malice

duplicité…

pour les faire choir dans ses projets

De grand méchant loup obsédé

Et qui s’en va tout dépité

Le ventre creux

et l’air penaud 

d’un gros nigaud !

 

Il espérait une occasion

Que l’avenir rendrait propice !

Mais l’histoire nous  est bien connue

Et rien ne peut être changé.

Il ne faut pas  que soient déçus

Les tout petits, les enfants  sages

 Qui ne sauraient tourner la page

Frustrés par quelque  nouveauté !

car on ne récrit pas l’histoire que l’on ne saurait modifier

dans le paradis de jadis

en hommage à l’éternité

où rien ne peut être changé

de ce qui a toujours été

de père en fils!

 

 

 

                                                        La Brosse Conge le  14 janvier 2020

                                                        Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

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Le jambon c'est bon

mais c'est comme tout

il ne faut pas en abuser...

 

 

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 16:10
"Visage gris" - Eau-forte imprimée sur papier Arches- 1969

"Visage gris" - Eau-forte imprimée sur papier Arches- 1969

 

Etat du monde à cet instant

 

 

 

         Sept milliards de nos voisins de palier sont en train de s’agiter. Certains naissent, d’autres meurent et beaucoup sont en train de dormir suivant la latitude qui les héberge en ce moment. Pour faire simple je ne tiens pas compte du décalage horaire ni du fait que quelques-uns soient veilleurs de nuit (ou veilleuse, respectons la parité).

         Que dire de ce qu’ils sont en train de vivre ? Que c’est sans doute d’une extrême diversité et dépend de leur sexe, de leurs antécédents et ne peut relever que de l’appréciation subjective la plus inaliénable. Certains sont accablés par le dérèglement climatique. Celui qui dessèche le sol sous leurs pieds ou qui emporte leur lieu de vie dans des torrents de boue ravageant l’arrière –pays Niçois. Quelques climato sceptiques dotés du pouvoir des élus et habitant l’Australie n’ont pas encore réalisé que la contrée était en feu ou tout au moins ont bien d’autres chats à fouetter. La reprise de la croissance exponentielle, mondiale et néolibérale permettra de leur redistribuer des dividendes autrement juteux.. D’ailleurs on sait bien que la destruction par le feu n’est pas inutile à la végétation. Si l’on n’est pas trop  pressé…et si l’on a pas la malchance de partir en fumée. D’ailleurs le feu purifie et peut vous affranchir de vos mauvaises pensées qui, en  occupant l’esprit avec de vaines récriminations pourrait nuire à votre quiétude bien légitime. Alors vive le grand nettoyage, la remise à zéro. Et le départ pour de nouvelles aventures !

         La planète en a vu bien d’autres. Et nous ne sommes pas forcés de regretter un passé qui a eu tout son temps pour accumuler toutes les erreurs possibles et envisageables !

 

                                               La Brosse Conge le15 janvier 2020

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Sarabande" - Eau-forte imprimée sur papier Arches - 1969

"Sarabande" - Eau-forte imprimée sur papier Arches - 1969

La planète est en ébullition !

Rendez-vous dans quelques jours

pour juger de l'état des lieux.

A plus !

 

 

 

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 11:08
"Rencontre" - Eau-forte imprimée sur papier Arches -1968

"Rencontre" - Eau-forte imprimée sur papier Arches -1968

 

Retour sans fin

 

 

L’hiver est là, le temps est frais

Mon âme que ne m’a-tu fait

Me souvenir de cet automne

Aux couleurs si mordorées ?

 

J’y côtoyais le  monotone

Sanglot des souvenirs passés

dont la suite s’est emparée

pour y joindre le temps comme

si on pouvait le restaurer.

 

L’hiver a sonné l’hallali

et c’est au creux de cette nuit

Que l’espoir au loin a fugué

Aux confins des fins de la vie

Aux lisières d’un futur été.

 

Qu’importe ce qui a été

Et n’est plus qu’écume apaisée.

Passé qui fût, demain qui vient

Et qui tristement se souvient

De ce qu’il n’a encore été…

 

Mais la vie coule à son idée

Eternel recommencement

Qui vient de loin, va de l’avant !

Et se rit de ce qui sera.

Qu’on n’attend plus, qu’on n’attend pas.

 

 

____________

 

La Brosse Conge le 10 janvier 2020

Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Lutte sylvestre" - Eau-forte imprimée sur papier Arches - 1968

"Lutte sylvestre" - Eau-forte imprimée sur papier Arches - 1968

Le temps suit son cours

sans se presser....

A bientôt!

 

 

 

 

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 17:16
"Tendres marguerites" - Gravure à l'eau-forte - Imprimée sur papier Arches - 1968

"Tendres marguerites" - Gravure à l'eau-forte - Imprimée sur papier Arches - 1968

 

En chapelet

 

 

 

         En chapelet les jours s’égrènent. Ni vraiment les mêmes, ni vraiment d’autres qui leur ressembleraient au point de s’y méprendre. Ce ne sont ni des frères, ni des semblables ni de subtiles variations  qu’on pourrait croire presque comparables. D’abord parce qu’ils s’allongent, imperceptiblement après avoir été irrémédiablement décroissants. En cohortes lentes ils se suivent à la queue leu-leu pour effacer leur prédécesseur, celui du jours d’avant qui plus jamais ne réapparaîtra. Celui qui a sombré la veille  et n’est plus que souvenir englouti dans les limbes.

         Sans se presser tout se dissout après avoir marqué le pas. Après avoir hésité à nous quitter dans l’embrasement d’un coucher de soleil hivernal, ou s’être anéanti dans des brumes qui s’approfondissent. Jusqu’au noir le plus noir,

          Ici règne la nuit obscure de l’âme, celle qui semble si définitive qu’on oublie de souhaiter la suite, feignant même de se souvenir qu’il se pourrait qu’il y en ait une…

         La marmotte est gitée et sous la terre la vie s’est repliée. Taupes et reptiles se sont planqués. Ils font le mort pour survivre à l’hiver Tout a été dit et maintenant il n’y a  plus qu’a attendre la suite Ce qui s’est replié finira bien par jaillir à nouveau en de nouvelles exubérances. Quand la chaleur aura vaincu le froid et que la sève à nouveau fera surgir les tiges. Quand la nature reprendra sa marche triomphale, allongeant les jours pour y prendre ses aises. En attendant le plein été.

 

                                                                 La Brosse Conge le 6 janvier 20207

                                                                 Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

"Imploration" - Gravure à l'eau-forte - 1968

"Imploration" - Gravure à l'eau-forte - 1968

La nature a tout prévu pour assurer son repos hivernal

Il ne lui reste plus qu'à attendre le renouveau

au fond de son terrier!

Et nous voilà

pauvres insensés

incapable d'attendre paisiblement

la saison suivante sans de vaines agitations...

 

 

 

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 17:36
"Samouraï"- gravure imprimée sur papier Arches - 1965

"Samouraï"- gravure imprimée sur papier Arches - 1965

Corridor de la folie

 

 

 

           En ce lieu bien nommé du « Corridor de la Folie » tout était prêt, chargé à bloc. Au premier cri plaintif d’une aube fuligineuse, le chaos s’était déchaîné car rien ne manquait. Les destriers fougueux montés de sombres brutes. La piétaille affolée poussée à la cravache, se piétinant elle-même pour échapper au pire. Arc-bouté le  destin pouvait advenir. Et tout en haut du mirador dominant le tumulte de sa superbe méprisante le Chef Suprême tout cerné de soudards mercenaires régnait impavide. Aucun hasard n’aurait pu s’immiscer ! Tout s’était conjugué pour en arriver là. En ce point de désordre indescriptible. De folie et d’aveuglement déraisonnable. Le choc se devait d’avoir lieu. Et il aurait lieu. Coûte que coûte, le pire dut-il en découler…

           Pourtant le lieu était sublime. Le cirque des montagnes tout crépitant d’orages. La tempête au loin tournoyant en cyclones. Et les lointains brumeux  nimbés de nostalgie…

            Hier encore tout semblait si paisible. Des bouquetins gambadaient multipliant les cabrioles. Chahutant comme des cancres malicieux à la récré avant de rejoindre les rangs quant le maître siffle la mi-temps. Bien sûr c’était hier. C’était un autre temps. Celui d’avant le déluge ? Quand l’âge d’Or berçait les vastes plaines toutes ondulantes de moissons rêvées ? Quand l’harmonie régnait parmi les chants d’oiseaux et les bourdonnements d’insectes.

           On n’en était plus là. Déjà jusqu’aux confins de la plaine submergée ce n’étaient que tas de ruines béantes, débris amoncelés,  montagnes de cadavres exsangues, tranchés menus comme chair à pâté, mêlés sans queue ni tête, effroyable vomi d’un bol alimentaire qu’un ivrogne aurait régurgité.

           Mais on n’était pas là pour s’esbaudir. Et encore moins pour faire semblant. Il y allait du devenir du monde et d’un ordre nouveau prévalant sur tous les faux-semblants. Le maître était là pour régner ! Braves gens qu’on se le dise ! il lui fallait à tout prix imposer Sa loi en faisant fi de tout le reste : les invalides… les estropiés et les manchots, sans oublier les culs de jatte et autres égarements de la nature. Car si on la laisse faire, elle n’en fait qu’à sa tête. En dépit du bon sens, cela va sans dire…

           La bataille faisait rage. Nulle accalmie n’aurait pu ralentir le cycle infernal. En cet instant il fallaitt que ça passe, que ça casse ou que ça dise pourquoi ! On verrait bien ensuite si l’on  pouvait réutiliser quelques vestiges. Pour ne pas tout jeter au nom d’un principe de prudence élémentaire. Et puis, sait-on jamais ?

           La Vie et le sexe n’étaient pas épargnés. Car « la Vie c’est la Mort »comme disait l’autre dont un prof de philo m’avait rapporté les affirmations. Sujettes à caution ces valeurs sûres ? Mais est-ce bien évident ? Donc partout ce n’étaient que  phallus érigés attendant d’être tranchés pour répandre leurs flots de sperme saturés de gamètes vivaces et conquérants. Vulves tendres et béantes prêtes à toutes les compromissions comme à toutes les étreintes. Origine du monde et anéantissement. Le zéro infini, l’alpha et l’oméga.

           Donc tout allait y passer. Remise des compteurs à zéro. Départ vers des lendemains qui chantent des chants guerriers et salvateurs ou de plus douces complaintes… ?

                                                                                                                          Hélas ! Tout cela n’était pas qu’un rêve ou même un de ces cauchemars qui vous laissent au réveil tout pantois et privés de repères. Flottant dans des décombres ! Non ! Il se pourrait même que ce soit ce qui nous attend si, par mégarde, nous  partons à la découverte de nous-mêmes suivant les sages conseils des Sages d’entre les Sages : du Bouddha, de Socrate et de Lao-Tseu qui nous en ont parlé avant d’aller voir ailleurs pour vérification. Car à bon entendeur…salut !

 

                                               La Brosse Conge le 1 décembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

"Rêverie" - Gravure imprimée sur papier Arches - 1968

"Rêverie" - Gravure imprimée sur papier Arches - 1968

Très jeune j'étais déjà

envahi par mon subconscient...

Depuis

çà ne s'est pas arrangé!

 

 

 

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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 13:20
"Les jours oubliés" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

"Les jours oubliés" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

 

 

Etre heureux ou pas

 

 

 

         C’est la question à éviter à tout prix si vous souhaitez une réponse sincère véridique et qui ne soit pas de simple convention.

         C’est que, voyez-vous nous sommes des mammifères. Ainsi l’a voulu l’évolution de la vie sur cette planète. Merci à Darwin de nous l’avoir signalé. Or, cela implique bien des conséquences. Du mouton à l’éléphant nous avons un instinct grégaire qui pousse les individus à vivre en groupe. D’abord pour se tenir chaud et se défendre contre les prédateurs. Ensuite pour s’entendre sur des règles de vie commune et assurer la cohésion du groupe, de la tribu ou simplement de l’espèce

         Certes, au niveau humain les choses se compliquent parce que les groupes et les ethnies n’ont pas peaufinées les mêmes principes moraux sur quoi reposent des éthiques qui peuvent s’opposer. Et c’est toute l’histoire de l’humanité qui est expliquée par cette absence de consensus.

           Pour n’importe quelle entité sociale, les autres, tous les autres se comportent de façon étrange pour ne pas dire déraisonnable. L’autre est un étrange étranger aux mœurs facilement incompréhensibles, voire inexcusables.

           Ceci rend compte de toute l’histoire de l’humanité qui n’a pas été de tout repos. Guerres, massacres génocides. Toujours au nom du bien selon nos préjugés personnels et pour anéantir le mal que sont ceux qui prennent leur vessie pour une lanterne (pauvres insensés…)

           Donc pour tout être humain évolué  l’essentiel n’est pas de savoir si l’on est heureux, ou pas… mais si c’est justifiable pour les personnes raisonnables que nous prétendons être. L’important n’est pas ce que nous sommes réellement et qu’il suffirait de constater, mais d’affirmer que nous avons d’excellentes raisons de prétendre être au 7ème ciel ou au 36ème dessous. Suivant les cas et les aléas de la conjoncture. Ainsi donc, nous avons des raisons objectives et incontournables d‘affirmer nous sentir bien ou au contraire de nous lamenter sur un sort injuste et cruel.

           Pour tout compliquer de façon ludique il faut encore tenir compte d’une caractéristique essentielle de notre humanité, celle d’être une personne originale et à nulle autre pareille qui a son libre arbitre et ne saurait être un quelconque mouton du troupeau. Donc mon bonheur dépend de raisons objectives raisonnables mais teintées pas ma subjectivité qui n’appartient qu’à moi. Dont je suis le seul maître.

           On voit bien où cela mène. D’une part je suis raisonnable et comme tout le monde j’ai besoin du consensus du groupe. Mais par ailleurs je suis une personne responsable qui assume  ses désirs et ses peurs. Ainsi certains ne peuvent s’affirmer heureux que s’ils traversent l’atlantique à la rame alors que d’autres n’ont besoin que de cacahuètes grignotées en regardant le foot à la télé.

           En tout cas en ces périodes de festivités de fin d’année, il serait de très mauvais goût de demander à vos proches s’ils sont heureux ou pas. Vous n’auriez droit dans la plupart des cas qu’à des réponses stéréotypées, justifiables et ayant peu de raisons de vous faire connaître une réalité plus profonde. En admettant qu’elle soit connue    et reconnue par soi-même.

 

                                               La Brosse Conge  le 29 décembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

 

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471 - Etre heureux ou pas
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Alors

heureux ?

A vous de voir

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