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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 08:15
"La visite" - dessin aquarellé - 27,5 x 39,5 cm - 1986

"La visite" - dessin aquarellé - 27,5 x 39,5 cm - 1986

 

Le dragon de Komodo

et autres bêtes antérieures à notre humanité

 

 

         On le sait bien, la vie biologique a toujours évolué en se nourrissant d'elle-même. Dans la nature  proies et prédateurs se complètent, chacun étant à sa place dans la chaîne alimentaire, se nourrissant et servant de nourriture. Mais il existe des façons de chasser fort originales et la force brutale du fauve broyant sa proie n'est pas toujours la solution adéquate.

         C'est sur Arte et par le plus grand des hasards que j'ai vu un documentaire sur les dragons de Komodo.  A huit heures du matin ce n'est pas la meilleure façon de se préparer à déguster son petit déjeuner, mais c'est plus fort que moi j'ai un besoin compulsif de m'instruire.

         Le dragon de Komodo est un varan et le plus grand des lézards depuis Jurassic Parc. Cependant ses deux mètres et ses soixante-dix kilos le font paraître un peu chétif à côté d'un buffle. Car il aime se délecter de cet herbivore quand il n'a pas de charogne en état de décomposition avancée à se mettre sous la dent. C'est un délicat et il ne se contente de viande fraîche que quand il n'a rien d'autre à croquer.

         Le voilà donc tapi à côté d'un buffle vautré dans une mare boueuse et accablé par la chaleur ambiante. Le dragon s'avance, mine de rien, sans éveiller autre chose qu’un intérêt ennuyé pour un intrus. Il n'est qu'un gêneur qui ne respecte pas les distances convenables. Mais soudain il attaque. Il se jette et mord le mammifère au jarret. L'autre se met en garde et se fait mordre à nouveau. Mais  les blessures sont peu profondes. C'est tout juste si un peu de sang coule et voilà que le reptile cesse son attaque. L'adversaire est beaucoup trop grand, inutile d'insister… Mais l'odeur du sang va attirer d'autres varans. Vont-ils attaquer en meute ? Pas du tout ! Ils vont rester à proximité et former une petite colonie qui va suivre discrètement le buffle dans ses déplacements. Et ça va durer longtemps. Trois semaines selon les commentaires de la voix off.

         Mais petit à petit la victime va commencer à dépérir rongée par un mal mystérieux. C'est que les morsures bénignes du lézard lui ont inoculé un venin redoutable à action très lente mais continue jusqu'à ce que mort s'en suive. L’animal est donc condamné et il n’y a plus qu’à attendre sa mort par épuisement pour pouvoir s’en régaler. C’est ce que fait notre petite bande de prédateurs. Pouvant se passer de nourriture pendant un mois ils ne s’affolent pas. Ils n’ont plus qu’à attendre l’issue fatale qui va sonner l’heure du festin. C’est vrai qu’ensuite ils ne vont pas s’embarrasser de bonnes manières ou se faire des politesses. Ils ont faim et c’est tout. C’est simple et vital et tout commentaire est superflu.

         Mais la nature nous réserve d’autres surprises. Certains comportements peuvent paraître beaucoup plus altruistes au moins dans leur forme. Ainsi une espèce de grenouilles de bonne taille mais de mine assez patibulaire et dont j’ignore le nom parce que j’ai raté le début du film, suite à un changement de chaîne.

         Ces batraciens, comme d’autres, s’accouplent en respectant les rituels de leur espèce. Ne cherchant pas à séduire leur partenaire ils vont employer les grands moyens en roulant des mécaniques pour évincer les adversaires. Que le plus fort gagne ! Ce sera lui le géniteur. Donc les mâles s’affrontent. Ils se jettent les uns sur les autres avec vigueur et après un choc brutal ils récidivent tels des catcheurs implacables. « L’Ange de Béthune » ou « Fredo le massacreur » ne feraient pas plus ni mieux. Et ils remettent ça jusqu’à ce que, comme disait le poète, « …le combat cessât faute de combattants. »

         Enfin les accouplements ont lieu car il n’y a quand même pas un unique vainqueur régnant sur un harem innombrable. Non car il y a plusieurs « meilleurs ». Ensuite les femelles pondent des œufs qui éclosent, puis les têtards se lancent dans la mêlée au sein de leur mare natale. Mais dans sa sagesse la nature a prévu un gardien pour assurer la sécurité. C’est un mâle, un seul qui va surveiller tout ce petit monde. Et c’est bien indispensable dans ces pays chauds où l’eau s’évapore sans s’inquiéter des petites bêtes qui risquent de se dessécher. Par bonheur l’adulte veille et en responsable il voit le drame se profiler. Déjà une flaque est en train de s’assécher avec sa population qui frétille désespérément. Heureusement à côté il y en a une autre plus vaste et plus profonde. Alors le mâle gardien va intervenir. Labourant avec son corps il va faire des allers-retours pour creuser un canal. Tel Ferdinand de Lesseps reliant deux mers en creusant  un canal. Et tout à coup l’eau de la flaque va se déverser avec toute sa population dans une cuvette plus propice. Tout cela sous l’œil de l’ange gardien qui observe le sauvetage avec détachement.

         Que se passe-t-il dans sa petite tête de batracien ? Allez donc savoir. En tout cas certainement pas des pensées logiques, organisées en raisonnements rationnels pour élaborer un plan d’urgence. Si cet animal pense ce ne peut être que de façon non-verbale et sans le secours des concepts. Car ce sont là des particularités proprement humaines. Mais décidément l’humanité n’a rien inventé puisque même les ordinateurs qui n’existent pas dans la nature reproduisent malgré tout et de façon encore rudimentaire les fonctionnements cérébraux qui sont eux parfaitement naturels.

 

                                                           Le Chesnay le 31 décembre 2015

                                                           Copyright Christian Lepère

 

"La visite" - détail

"La visite" - détail

"La visite" - détail

"La visite" - détail

Le vent souffle en rafale

le CAC 40

plonge

et

la Chine

polluée à mort

voit sa croissance ralentir...

Cependant il reste Donald Trump pour nous réjouir!

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 08:55
"Fin paisible d'un soir d'automne" - dessin aquarellé - 46 x 34 cm - 1995

"Fin paisible d'un soir d'automne" - dessin aquarellé - 46 x 34 cm - 1995

 

Le maladroit congénital

 

        Pourtant sa mère avait été un homme célèbre. Mais pour sa part il n'était pas à la hauteur. Il ne faisait pas le poids et cela le minait dans ses soubassements. Certes, en sa dignité intrinsèque il se sentait humain, pour le meilleur et pour le pire, au sein de la masse et du tout-venant. Bien au-delà des aléas qui viennent ternir votre statut social et vous privent de l'estime chaleureuse de vos semblables.

        Donc il assumait mais le handicap était rude. Rédhibitoire ?  Pas vraiment...mais bien encombrant au regard du quotidien et de ce qu'on attend d'un destin honorable et sans histoire.

        Pourtant il était de belle allure. Ni trop grand ni trop petit. Ni efflanqué ni encombré de superflu. Sa masse corporelle était agréablement répartie selon les normes dûment établies  par les autorités les plus compétentes. En fait il se noyait dans la foule sur un quai de métro sans attirer une attention soupçonneuse. Il pouvait même attendre l'autobus  sans qu'on lui lança des pierres.

        Vous le répéterais-je encore, quitte à vous lasser, sans être insignifiant il passait inaperçu aussi bien aux caisses du super marché que dans des circonstances où attirer l'attention peut être préjudiciable.

        Mais au fait que lui reprochait-on ? Parce qu'enfin il faut bien en venir à l'essentiel. Pourquoi en arrivait-on à le considérer  comme considérable ? En fait c'est sa maladresse qui interpellait toute personne amenée à le subir. Plus maladroit que lui n'était simplement pas possible.

        Certes la nature humaine n'est pas parfaite et chacun a ses petites lacunes. D'ailleurs cela a son charme et nous permet d'apprécier nos semblables dont la supériorité n'est pas trop insolente. Et puis c'est une occasion de rigolade dans ce monde formaté où l'on se doit d'être propre sur sa personne morale. Avouez que c'est réconfortant de voir l'autre se planter comme on l'aurait fait soi-même si l'on n'avait pris garde. Cependant il faut bien admettre que trop c'est trop et qu'en certains cas l'insuffisance est rédhibitoire, le manque aliénant.

        Pensez qu'il ne pouvait uriner sans mouiller ses chaussures, ne tenant aucun compte du sens du vent même si celui-ci soufflait en rafale et qu'il oubliait son parapluie plus que de raison au grand bénéfice des fabricants de ce gadget souvent onéreux. Et c'est au quotidien que cela arrivait sans relâche. Un jour il se mettait le doigt dans l’œil en voulant retire sa casquette. Un autre il glissait sur une peau de banane en tentant d’éviter une crotte de chien. Enfin il n'était pas de jours où il ne lui arrivât quelque inconvénient dû à son incapacité.

        Tout cela était navrant mais cependant on l'aimait bien. On l'accueillait même avec joie. Avec un petit air de commisération, il va sans dire, mais dans l'ensemble on le tenait pour un brave bougre, un vieux de la vieille. Quelqu'un de rassurant qui ne saurait nuire délibérément tellement il a un bon fond. Et peu de malice.

        Mais tout a une fin et la sienne fut peu glorieuse. Sans crier gare il mourut pauvre, ses maigres économies ayant servi pour l’essentiel à remplacer tout ce qu’il avait égaré au cours  d’une vie de vaine agitation. On peut noter à sa décharge qu’il se supprima lui-même. Economisant ainsi sur des interventions extérieures souvent maladroites parce qu’inadaptées. Enfin pour une fois il ne se rata pas. Le tube de somnifère était plein. Il l’avala puis s’éteignit. Sans laisser de testament. Sans laisser d’héritiers éplorés. Avouez qu’un tel tact est admirable et témoigne d’un détachement qui frôle la perfection. Pourtant on le sait bien, nul n’est parfait. Mais avouez qu’en l’occurrence si l’idéal n’est pas atteint, il s’en faut à peine d’un cheveu.

 

                                                           Le Chesnay le 19 décembre 2015

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

"Fin paisible d'un soir d'automne" - détail

Cette semaine commence l'exposition 

SAFADORE 2016

(voir le blog précédent)

Nous nous retrouverons après!

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 09:24
"Le Zodiaque en folie" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2015 - exposé au Mont Dore

"Le Zodiaque en folie" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2015 - exposé au Mont Dore

 

Le zodiaque en folie

 

       J'ai toujours eu des rapports ambigus avec l'astrologie. En mon jeune âge j'étais sensible au pittoresque des archétypes. Et quoi de plus prenant que cette farandole de symboles qui vous touchent au plus profond par leur ambiguïté et leur simplicité apparente. La vierge et le taureau, les poissons et le sagittaire, toutes ces images d’Épinal pour almanach populaire.

           Mais j'étais aussi un rationaliste convaincu, un de ceux qui ont besoin de décortiquer et de comprendre. De traquer le pourquoi du comment. Mettez ces deux tendances sous un même crâne et vous obtiendrez un être humain complexe, polyvalent et contradictoire.

           Pendant longtemps le rationaliste en moi a surveillé étroitement l'intuitif et l'a tenu en laisse. Bien sûr le rêveur avait sa cour de récréation bien à lui mais sous surveillance. A tout instant l'instituteur pouvait survenir avec son sifflet et calmer les débordements enfantins. Aligner les têtes et calmer les ardeurs.

           Le cosmos me faisait rêver et qu'il put nous influencer me paraissait plausible mais je ne me laissais pas aller au -delà… On ne me la faisait pas !  Au fil des années je passais par des états d’âme variés. De la rêverie délirante au raisonnement implacable. Sous l'influence de Dürer et de Breughel je me mis à graver à l'eau-forte. Cela me permit de laisser libre cours à l'irrationnel et au non-explicable mais restait une parenthèse, un jardin secret.

           C'est tardivement que j'ai fini par intégrer certaines réalités subtiles. Les avancées de la science y ont été pour beaucoup détruisant par des découvertes inattendues le peu de consistance des croyances rationalistes du 19ème siècle, toutes percluses de positivisme.

           Le monde était donc beaucoup plus subtil et enchevêtré qu'il n'y paraissait. Sur cette lancée je rencontrai des gens qui pratiquaient des techniques ésotériques sans chercher à en tirer profit ou gloire. Certains avaient même l'humilité d'admettre qu'ils ne pouvaient expliquer l'essentiel et qu'ils se bornaient à les utiliser sans chercher à rationaliser. On était loin de madame Irma et de son chat tapis derrière la boule de cristal sous l’œil inquisiteur d'une chouette empaillée.

           J'en arrivais à comprendre que si certaines coïncidences sont bien indéniables, ce n'était sans doute pas dû à des enchaînements de causes et d'effets mécaniques mais à des concordances plus subtiles. S'agirait-il des synchronicités chères à Gustave Jung ? Je n'en sais rien. Mais il me semble que sous des dehors étonnants l'astrologie peut nous permettre de mieux comprendre le monde en y introduisant du non-prouvé mais qui se révèle curieusement opérationnel.

           La peinture que je présente ici n'a aucune prétention de cet ordre. Elle n'est que pure extravagance et souhaite simplement vous amuser par sa fantaisie. Elle va être exposée dans le cadre du SAFADORE 2016 du 5 février au 4 mars. Bonne visite!

 

                                                         Le Chesnay le 23 octobre 2015

                                                         Copyright Christian Lepère

 

Élaboration du "Zodiaque en folie"

Élaboration du "Zodiaque en folie"

« Le zodiaque en folie »

Va être exposé dans le cadre du

 

SAFADORE 2016

 

Ce Salon de prestige va avoir lieu au Mont Dore

pour la 11ème année.

 

Voici la carte d'invitation :

274 - Le zodiaque en folie
274 - Le zodiaque en folie
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:36
273 - Guillaume Dessinger

 

Guillaume Dessinger

graphiste

 

 

                Il m'arrive en tant qu'ancien professeur d'Arts Plastiques de rencontrer des élèves que j'ai connus jadis. C'est toujours sympathique mais il est rare que cela intéresse aussi le peintre que je suis toujours. C'est donc par hasard que j'ai croisé Guillaume Dessinger et que j'ai appris qu'en dehors de ses activités courantes il continuait à pratiquer la créativité plastique.

                D'emblée j'ai été séduit. Sa maîtrise du graphisme, sons sens inné de la composition et de l'utilisation de la couleur font de lui un professionnel potentiel capable de s'attaquer à des sujets variés. Ce qui lui manque car il y a un « mais » c'est une justification pour pouvoir publier ses productions. Actuellement seuls quelques grands comme Manara peuvent se permettre d'éditer un livre d'images sans texte à illustrer. Pour tous les autres il faut d'abord un thème ou un scénario, bref une histoire à raconter justifiant toutes leurs fantaisies graphiques. Ensuite il faut répondre aux attentes  d'un public potentiel même si elles ne sont pas formulées.

                Voici donc quelques créations de Guillaume. A vous d'apprécier ses œuvres qui à mes yeux mériteraient d’être utilisées dans le cadre de l’édition et dont il serait dommage qu’elles dorment indéfiniment dans ses cartons à dessin.

 

                                                                     Christian Lepère

                                                                     Le Chesnay le 16 janvier 2016

273 - Guillaume Dessinger
273 - Guillaume Dessinger
273 - Guillaume Dessinger
273 - Guillaume Dessinger

La prochaine fois :

Aperçus 

sur l'exposition

SAFADORE 2016

et les signes du ZODIAQUE

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 08:34
"Pays de Cocagne" - gravure à l'eau-forte imprimée sur vélin d'Arches - format raisin (50 x 65 cm) - 1976

"Pays de Cocagne" - gravure à l'eau-forte imprimée sur vélin d'Arches - format raisin (50 x 65 cm) - 1976

 

 

La dalle de Palenque

Suite et fin

 

               J'en arrive maintenant à Palenque. Sur ce site mexicain mondialement connu les Mayas ont érigé une puissante cité. Temples et pyramides y sont noyés dans une végétation exubérante. C'est dans un tombeau que se trouve la fameuse dalle. C'est le couvercle du sarcophage d'un grand roi. De dimensions imposantes elle est sculptée en bas-relief d'un sujet précis et parfaitement conservé. Aucun flou. Aucun manque. Tout est là sous nos yeux, intact.

               Un homme, sans doute le roi enseveli, est vu de profil dans une posture curieuse en ce genre de circonstance. Penché en avant il semble scruter attentivement Dieu sait quoi. Ses mains ont l'air de manipuler quelque chose. Il est confiné dans un espace qui fait plus penser à l'intérieur d'un habitacle qu'à celui d'un tombeau enfin, derrière lui  un objet indéfini est complété par un tracé de lignes qui font curieusement penser aux moyens graphiques employés par les dessinateurs de b.d. pour suggérer le mouvement ou même une poussée. Certains voient dans cette figure un cosmonaute en pleine action pendant que d'autres rigolent grassement devant tant de naïveté. Mais non ! Il s'agit du roi, un brave primitif qui se livre à quelque rite cérémoniel pour son passage dans l'au-delà. C'est très joli et fort bien sculpté. Chapeau pour l'artiste ! Mais vous n'allez pas nous demander de croire aux soucoupes volantes !

 

Dalle de Palenque

Dalle de Palenque

 

               Certes non, car il y a une différence entre croire et se poser des questions. En ce sens les détracteurs me semblent aussi englués dans la croyance que ceux qui naïvement prennent leurs désirs pour des réalités  et se précipitent sur une hypothèse qui correspond à leur fantasme. J'ai quand même eu la surprise un peu consternée que sur Wikipédia on faisait évidemment mention de la fameuse dalle mais sans même mentionner l'hypothèse du cosmonaute qui a pourtant attiré l'attention sur la toile. Et qui après tout mérite d'être étudiée ne serait-ce que d'un point de vue psychologique. Après tout on étudie bien les coutumes et croyances relieuses. Pourquoi pas aussi les fantasmes des adeptes de « Stars Wars » ?

 Pour ma part, aussi loufoque qu'elle puisse paraître la première explication me semble difficile à contester d'emblée. Bien sûr, l'examiner avec soin amènerait à remettre en cause bien des certitudes et toutes nos références habituelles tant historiques qu'archéologiques. Il est vrai que c'est beaucoup ! Que c'est trop ! Que ça dérange…. Et un tas de spécialistes sérieux et diplômés seraient amenés à se remettre en question. Voyons ! Soyons raisonnables ! Continuons à dormir mollement calfeutrés dans nos certitudes ! Celles de ceux qui n'ont pas cru que la terre tournait et qu'on pourrait, contre toute logique, faire voler un plus lourd que l'air ou même propulser une fusée pour la faire échapper à la pesanteur sans disposer d'une quantité telle de carburant que son poids la clouerait au sol irrémédiablement. Sans croire à la dérive des continents pourtant encore contestée avec virulence en 1960…

               Je ne sais plus qui a dit « Ce n'est pas la vérité qui triomphe, mais ses adversaires finissent toujours par mourir ». Je cite de mémoire.

               Je n'ai pour ma part jamais vu de soucoupe volante, ni fréquenté de petits hommes verts, sauf au carnaval de Nice. Je ne fais pas tourner les tables et je me méfie beaucoup des affirmations péremptoires de témoins dont le surmoi a besoin de croire aux miracles, à moins qu'ils ne soient que d'habiles menteurs très doués pour monter des canulars lucratifs. Dans ces domaines incertains n'importe qui peut prétendre n'importe quoi. Cependant il y a tant de choses étranges et inexpliquées dans ce vaste monde que la moindre des prudences serait de s'y intéresser. D'aller voir sur place, ne serait-ce que pour démasquer la supercherie. Mais c'est un fait que le haussement d'épaule et le sourire dédaigneux exigent moins de recherche, de travail et d’honnêteté intellectuelle. Moins d'efforts, surtout.

               Se pourrait-il que la paresse intellectuelle soit une composante de base d'un grand nombre de scientifiques ? Surtout ceux qui ont une image de marque à préserver et une carrière à protéger car elle leur permet de faire bonne figure dans notre société de consommation ? A vous de voir.

               Mais je ne peux m'empêcher d'attirer l'attention sur un des maux provoqués par internet : le forum. Le principe peut en paraître séduisant puisqu'il permet d'échanger des idées et de s'éclairer mutuellement. Hélas ! C'est tellement facile et ça incite tant à dire n'importe quoi sur tout pour le simple plaisir de rebondir. Si c'est un jeu, pourquoi pas ? Mais l'ennui est que beaucoup se prennent au sérieux et propagent des idées simplistes étayées à coup d'arguments à la va comme je te pousse. Le tout émaillé de fautes de frappe et bourré d'initiatives orthographiques pleines de créativité. Quand ce n'est pas rédigé selon une syntaxe digne des modes d'emploi traduits automatiquement depuis le chinois d'origine. Donc tout est là pour que des rumeurs puissent se répandre. C'est ainsi que les théories du complot vont s'opposer à la frilosité des « spécialistes » bardés de références et de statistiques et qui ont une réputation à défendre, quitte à ignorer tout ce qui fâche. Tout ce qui pourrait les faire sortir de leur consensus habituel où ils occupent une position plus ou moins privilégiée, digne d’eux-mêmes et du respect de leurs pairs.

 

                                                                    Le Chesnay le 27 décembre 2015

                                                                    Copyright Christian Lepère

 

 

"Pays de Cocagne" - détail

"Pays de Cocagne" - détail

272 - La dalle de Palenque - suite et fin
272 - La dalle de Palenque - suite et fin

A bientôt 

pour

de

nouvelles aventures!

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:08
"La conquête de l'air" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

"La conquête de l'air" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

La dalle de Palenque

Préambule

 

               J'avoue, je suis un sceptique, mais pas de la race de ceux qu'un tempérament hypocondriaque pousse à douter de tout et à se détruire la santé par peur d'un optimisme naïf. Certes le pire est toujours possible, cependant comme il n'est jamais certain on peut se laisser vivre sans remords excessifs.

               Ceci étant posé, je me sens plus léger pour aborder des sujets qui laissent perplexes.

               Il y a peu une amie m'a remis entre les mains un livre un peu dérangeant et d'un volume menaçant d'être indigeste. Intrigué je l'ai lu. C'était « Le champ » de Lynne Mac Taggart, personne inconnue de moi et peut-être aussi de vous-même. C'est une journaliste qui porte intérêt aux sciences et notamment à la physique quantique et à ses aspects dérivés pouvant concerner tout un chacun. L'ouvrage est sérieux et très documenté car l'auteur a beaucoup fréquenté les scientifiques dont elle raconte la vie et les recherches. Ceux-ci intéressés par des sujets que les autorités officielles ont tendance à ignorer, si ce n'est à suspecter, n'ont jamais joui de beaucoup d'appuis et ont même souvent été mis sur la touche. Par exemple Jacques Benveniste et ses travaux sur la « mémoire de l'eau ». Travaux menés avec rigueur mais qui avaient le grave défaut de justifier l’homéopathie alors que la position officielle est que l'action bénéfique d'un médicament résidant dans ses molécules actives se trouve annulée en  l'absence de ces dernières. Il est vrai qu'à force de dilutions il n'en reste plus la moindre trace...et que l'industrie pharmaceutique allopathique a absolument besoin de ces dernières qui constituent son fonds de commerce…

               Or, « Le champ » parle des recherches sur le « vide quantique », c'est à dire sur le plus impalpable dont apparemment nous n'avons que faire ! Pourtant ce « vide » qui occupe la quasi-totalité de l'espace aussi bien interplanétaire qu'atomique semble avoir des propriétés étranges. D'abord il faut bien qu'il soit quelque chose sinon les particules  ne pourraient communiquer entre elles. Qui plus est les « particules élémentaires » n'en ont que la qualification puisqu'elles sont elles-mêmes composées de « quarks » et autres entités dont les  noms exotiques désignent ce qui est totalement impalpable et dont même la localisation devient problématique. Nous voilà confrontés à un monde de « Champs » et de « forces » bien éloigné de la pesanteur  contondante du pavé qui vient agresser les forces de l'ordre chargeant les barricades qui leur font obstacle.

               Mais le vide a des propriétés étranges. Il est plein d'énergies potentielles et semble pouvoir stocker des informations. De là à se demander si nous ne sommes pas reliés les uns aux autres par des réseaux d'énergies et des ondes d'une grande variété véhiculant des informations à tous les niveaux...Après tout nous admettons qu'un tas de matériaux composites enjolivés d'un écran et plein de circuits électroniques puisse nous réjouir de spectacles lointains et nous enchanter de musiques suaves. Nous admettons aussi que l'ordinateur le plus banal, même de bas de gamme, puisse nous brancher avec l'aide de la Wi Fi sur de lointaines banques de données.

               Tout cela est vrai et j'en témoigne ! J'ai même vu des personnes d'apparence très ordinaires invoquer les esprits et se mettre en relation avec Tante Agathe qui pourtant habite dans le Nord -Pas -de -Calais à l'aide d'une sorte de boîte noire aux propriétés de gris- gris ou de fétiche, qu'elles appelaient gentiment « Mon Smartphone » et ce dans le métro au vu de tout le monde. Cérémonie vaudou à domicile ? Mais le service après-vente est assuré.

               Devant ces faits avérés, certains se demandent si l'espèce d'ordinateur biologique qu'abrite notre boîte crânienne serait totalement dépourvu des capacités que nous reconnaissons à des objets usuels produits en grande série et jetables dans nos poubelles si nous n’avons pas la conscience écologique.

               Mais la science progresse et de braves gens dont le bons sens n'est pas douteux en arrivent à se soumettre à des expériences. Rigoureuses, menées en laboratoires, avec expertise, contre-expertise et analyses statistiques. Même des moines zen ou tibétains laissent enregistrer leurs ondes cérébrales en posture de méditation et les résultats ne sont pas neutres.

               Une des hypothèses majeures serait que le vide quantique constitue un immense réservoir de souvenirs et d'informations. Une encyclopédie Wikipédia cosmique à l'échelle de notre galaxie, la Voie Lactée, mais aussi, évidemment de tout ce qui est au-delà et qui n'en est séparé que par du vide tout aussi quantique…

               Je n'insisterai pas, n'étant nullement spécialiste et étant affligé d'une  allergie aux mathématique gravement congénitale qui me force à croire les physiciens sur parole. Ce qui me chiffonne… mais que voulez-vous nul n'est parfait.

 

                                                                                                  A suivre

 

"La conquête de l'air" - détail

"La conquête de l'air" - détail

"La conquête de l'air - détail

"La conquête de l'air - détail

A suivre...

Si ça vous chante

et si vos obligations diverses

vous en laissent le loisir

et lenéfice

final.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 08:31
"vont-ils donc?" - huile sur toile - 61 x 50 cm -2005

"vont-ils donc?" - huile sur toile - 61 x 50 cm -2005

Ciel !

 

           Des lignes prodigieuses s'élancent dans le ciel. Elles se précipitent les unes sur les autres, s'entrecroisent et se chevauchent. Elles forment un réseau d'une géométrie brutale, instantanée et fugace. Surgies de rien elles ne s'attardent guère et laissent la place à d'autres sans cesse renouvelées.

                 Pourtant cette abstraction géante témoigne de la présence humaine et de ses traces. Qu'ils soient douillettement installés dans leur classe confort ou tassés dans un low cost minimal où tout est calculé au plus juste, voilà nos semblables en route vers leur devenir lointain ou pas. Exotique ou routinier. Totalement autre ou d'un banal à pleurer même s'il est situé aux antipodes.

                 Car plus c'est loin, plus c'est semblable et rien ne ressemble plus à un terminal hexagonal qu'un autre terminal australien ou patagon.

                 Pourtant la nature continue ses extravagances. Inlassablement l'eau s'évapore à la surface de l'océan et s'élève en s'exaltant. Elle va alors s'accumuler en formations nuageuses pleines d'imprévu avant de dériver à l'intérieur des terres. Pour lors cela moutonne, se gonfle et vogue avec nonchalance. Dans le genre cumulus c'est assez arrondi et floconneux. Ça n'a pas l'air de trop s'en faire...Ni de vouloir inquiéter les passagers des gros oiseaux métalliques.

                 C'est qu'il y a différence d'altitude et que de mon 3ème étage résidentiel tout semble se côtoyer. Mais de grandes distances séparent les nuages des longs courriers qui s'apprêtent à franchir l'océan pour atteindre le Nouveau Monde. Enfin on peut toujours rêver en contemplant ce spectacle grandiose, toujours gratuit, toujours offert et que bien peu remarquent tant il est passé dans le quotidien, dans le normal, dans le banal, dans la routine des jours et des saisons.

 

                                                Le Chesnay le 3 septembre 2015

                                                Copyright Christian Lepère

"Où vont-ils donc?" - détail

"Où vont-ils donc?" - détail

"Où vont-ils donc ?" - détail

"Où vont-ils donc ?" - détail

 

Je vous parlais du quotidien...

Rassurez-vous

bientôt

je

vous 

emmènerai

voir la dalle de Palenque!

Ambiance exotique garantie. A consommer avec modération

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 08:26
"Des cieux gris bleus" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"Des cieux gris bleus" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

Un jour parmi tant d’autres

 

               Ce matin-là il émergea en tombant de son baldaquin. Pestant et maugréant sur l'inclémence climatique qui obscurcissait l'aurore de son lever.

               A tâtons il rechercha ses escarboucles. D'ordinaire à son chevet elles s'étaient éclipsées sans crier gare. Enfin il en trouva une moitié de paire, seulette et orpheline. Comme de coutume il fulmina sur l'inconséquence des personnels de maison pourtant dûment appointés. Tous ! Que des incapables, des parasites, des syndiqués planqués dans leurs conventions sociales au prorata de la pénibilité. Des assistés de la gidouille. Des bons à pendre qu'en un sac on va ligoter. Le tout à jeter en Seine et à vau-l'eau. « Fluctuat nec mergitur » qu'ils disaient… Tiens ! Ça leur apprendra !

               Mais ce n'était pas suffisant et il en rajouta derechef. C'était pour l'exemple ! Pour le renouveau moral ! Pour un ordre social enfin pérenne et contre la dictature du prolétariat ! N'en déplaise à Lénine et ses thuriféraires assermentés.

               Fier de sa diatribe il pût enfin entamer sa journée. A perte de vue elle s'étendait à ses pieds. Vaste espace béant de tous les possibles. Champ d'affirmation de son moi péremptoire. On allait voir ce qu'on allait voir…

               Hélas ! Le sort était traître. Planqué derrière la tenture son avenir lui souriait d'un œil torve. Les dieux étaient hostiles on se demande bien pourquoi. Peut-être s'étaient-ils aussi levés du mauvais pied ?

               Enfin en greluchant des facéties immondes il se lança. Mal lui en prit. S'emmêlant les pinceaux dans les franges du tapis il s'écroula inerte, masse de protoplasme répandue. Douloureux inconfort. Mais Dieu soit loué ! Le mal était bénin. Pas de fracture ouverte ni d'épanchement calamiteux des humeurs internes. Nulle hémoglobine souillant la moquette. Nul besoin du SAMU ou de police secours.

               Il atteignit le métropolitain le plus concomitant. Dévalant vers les profondeurs il atteignit des portillons hostiles. De ces machines à découper le chrétien en tranches ou en rondelles. Suivant réglage.

               Son ticket était valide et il fût sauf. Et même admis parmi les élus, ceux que la rame accueille dans sa chaleur douillette. Là où les effluves d'humanité vous bercent de fragrances sudoripares et d'haleines enrichies à l'oxyde de carbone, si ce n'est de vapeurs d'alcool prohibées en ces lieux publics et conviviaux.

               Alignés en bancroches assoupies les autochtones tenaient d'étranges conciliabules. Ils tapotaient leurs écrans tactiles intuitifs d'un dextre précautionneux, se branchant sur des sites improbables pleins de turpitudes immondes ou d'affaires du siècle à promotion variable terriblement alléchantes.

               Mais il n'avait que faire de ce vain peuple qu'il ignorait superbement. Descendu à Saint Sulpice il fît une halte en la crypte d'icelle et recueillit son âme en des bigoteries niaiseuses mais qui nous font oublier nos arriérés de dettes, nos impayés et nos saisies d'huissier.

               Rasséréné il ressortit. C'est alors qu'il la vit passer. Elle était accorte et fleurette et sentait bon le sable chaud. Sans hâte elle balançait ses rotondités en un roulis précautionneux mais infiniment émouvant. D'un languissant de sourde invite.

              Ce trois fois rien le séduisit. Et prêt à tout jusqu'à l'audace il emboîta sa dérive alanguie. Mais la candeur en tapinois n'était que fourbe hypocrisie. Que jeu d'accroche intéressé. Il avait vu et tout compris… Ah ! On ne l'y reprendrait plus…

               C'est alors que tout désemparé et l'herbe sous le pied coupé il se retrouva tout béant. Ne sachant à quel saint se vouer pour tuer le temps dont il disposait dès lors à profusion, il opta pour son domicile.

               Rentrer chez soi. S'y tenir coi. N'étais-ce pas le plus raisonnable ? Au lieu de se dissoudre en vaine recherche, en quête absolue d’abscons sans fin ? Par chance il attrapa le bus et celui-ci n'était pas bondé. Il pût donc étendre ses membres las et se laisser porter incontinent jusqu'au pied de son domicile.

               Enfin chez lui il exulta. Quelle belle journée il avait passé, pleine de bruit et de rebondissement. Il ne lui restait qu'à noter ses exploits dans ses carnets répertoriés ;

               C'est ce qu'il fit avant de conclure. Oui ! La vie était une fête. Un renouveau de nouveauté. Un délire créatif ininterrompu ! Une manne ! Une jouvence ! Et demain serait un autre jour ! God save the Queen ! Merde à Vauban ! Car honni soit qui mal y pense …

 

                                                               Le Chesnay le 30 novembre 2015

                                                               Copyright Christian Lepère

 

 

"Des cieux gris bleus" - détail

"Des cieux gris bleus" - détail

"Des cieux gris bleus" - détail

"Des cieux gris bleus" - détail

Après

le ras des

paquerettes

nous irons rêver 

dans le ciel plein de splendides aéronefs!

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 08:06
"Gourmets et gourmands" - huile sur toile - détail - 2006

"Gourmets et gourmands" - huile sur toile - détail - 2006

Manger ou être mangé

Suite et fin

 

 

 

           Donc âme il y a même si la science officielle renâcle encore un peu pour aller explorer honnêtement ces domaines et les soumettre à des investigations systématiques. Enfin tout finit par passer, même l’obscurantisme, fût-il le plus rationnel et le plus indiscuté.

           Enfin l’âme n’attend que d’être explorée. Or, que serait le corps sans elle ? Un cadavre tiède, une masse de protoplasme qui survit par habitude tant qu’il a de quoi s’entretenir. C’est-à-dire un objet encombrant, dénué de chaleur humaine et indifférent à toute marque d’affection. Mis à part le coma profond nous n’en sommes pas là ! Nous sommes un peu plus que cliniquement vivants !

           Mais l’âme est matérielle, même si elle est encore plus impalpable que ces ondes qui nous traversent de part en part sans attirer notre attention et que pourtant nous pouvons utiliser de façon tellement banale et prosaïque avec nos téléphones portables et autres smartphones envahissants. Et elle est tellement concrète que comme tout ce qui existe elle peut évoluer, s’affiner, devenir plus vaste et moins égocentrique. Sans doute peut-elle-même offrir à la conscience qui est le cœur de notre être un bien meilleur poste d’observation  que la pesante opacité de nos cinq sens qui d’ailleurs nous mentent sans vergogne et nous font croire que nous percevons le monde alors qu’il ne s’agit que d’une traduction ô combien subjective ! Un cinéma dont la version originale n’existe pas dans notre tête, remplacée qu’elle est par une traduction approximative à laquelle nous croyons dur comme fer…Mais c’est ainsi et nous arrivons a vivre dans un monde en perspective qui n’est qu’illusion d’optique. Nous sommes même capables de traverser la rue sans nous faire écraser ce qui est réellement miraculeux.

           Mais pour subtile qu’elle soit l’âme a les mêmes besoins que le corps et doit inlassablement se nourrir pour croître et embellir. Alors elle se sustente avec ce qui lui correspond et ce ne sont plus des radis, du steak tartare ou du navarin d’agneau. Mais des impressions, des sentiments, des pensées, le tout stocké dans la mémoire, souvenirs personnels ou collectifs siégeant dans des centrales de données dont Google nous donne une vision bien mesquine

           Comme un poste de télévision mais vivant et conscient l’âme a besoin de capter des ondes impalpables pour nous fabriquer un monde dans lequel nous puissions vivre et qui n’est pas celui du mental ordinaire. Le résultat est ce qu’il est, parfois agréable, parfois désespérant.

           Nous n’allons pas nous appesantir sur cette vallée de larmes qui comporte aussi des éblouissements, des instants de grâce et des aperçus flamboyants sur la transcendance. Laissons les poètes les évoquer, les mystiques les explorer et les théologiens en faire des théories, opinions transformées en dogmes ce qui les rend acceptables en en faisant des nourritures allégées assimilables par tout un chacun. Chacun a son créneau. Chacun a sa fonction. Chacun fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose.

           L’âme a donc des besoins. Il lui faut se nourrir pour ne pas s’étioler. Alors que lui donner ? Un peu de tout sans doute puisque nous sommes omnivores mais selon la nature de chacun car chaque cas est un cas particulier. Après tout les animaux ne mangent pas tous la même chose et certains font un usage bien personnel de ce qu’ils ingèrent. Ainsi la tradition indienne a  noté que les mêmes céréales donnaient au taureau des muscles puissants et au paon des plumes multicolores.

           Or tout est nourriture. Ne dit-on pas qu’on dévore un livre,  qu’on s’abreuve de musique ou qu’on s’enivre de parfum ? La métaphore n’est pas gratuite et certains textes sont indigestes alors qu’une musique peut nous saouler  et une idéologie nous faire vomir si elle nous pousse à consommer nos semblables.

           J’arrêterai là mes comparaisons car les fêtes vont arriver et je ne voudrais pas vous couper l’appétit en ces temps festifs où l’on réjouit les papilles pour le plus grand bien de l’âme et pour la bonne entente au sein des  familles faisant le cercle autour du sapin.

           Bonnes fêtes à tous !

 

                                                                        Le Chesnay le 2 décembre 2015

                                                                        Copyright Christian Lepère

 

"Gourmets et gourmands" - détail

"Gourmets et gourmands" - détail

"Gourmets et gourmands"

"Gourmets et gourmands"

La fin de l'année approche à grands pas

alors je l'avoue

j'ai craqué.

"Un jour parmi tant d'autres"

vous plongera dans les considérations 

les plus oiseuses sur le quotidien le plus banal

le mien, le vôtre et celui de tous nos semblables humbles ou puissants

performants ou débiles, purs ou félons

mais tellement humains...

Rendez-vous donc

à plus...

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 08:24
"Gourmets et gourmands" -huile sur toile - 130 x 97 cm - 2006

"Gourmets et gourmands" -huile sur toile - 130 x 97 cm - 2006

"Gourmets et gourmands" - détail

"Gourmets et gourmands" - détail

 

Manger ou être mangé

 

            Tout dans notre vaste monde est nourriture pour les créatures biologiques que nous sommes. Et c'est aussi vrai pour nos amies les bêtes. Après tout la matière vivante n'est que de la matière inerte, minérale mais organisée de façon tellement complexe  et subtile qu'il lui devient possible de manifester des qualités étranges. Elle naît, elle meurt, elle souffre et elle engendre. De l'amibe au zèbre, du cob de Buffon à la libellule en passant par les grands singes et les escargots de Bourgogne, sans oublier la concierge de l'immeuble et sa progéniture, tout mange et tout est mangé. C'est la loi et elle est dure mais c'est la loi.

           Peut-être m'objecterez-vous que certains se contentent d'herbes et de fleurs. Ainsi les ruminants égayant nos prairies bourguignonnes seraient de délicats poètes broutant paisiblement les graminées. Ce serait oublier tout ce qui peuple l'herbe tendre et la rend plus juteuse. Innocents insectes vaquant à leurs affaires, gentils gastéropodes et délicieuses limaces glissant de feuille en feuille et même des créatures microscopiques comparables au plancton dont se goinfre la baleine bleue.

           Donc tout se nourrit de tout et le prédateur va devenir proie à son tour dans une ronde inlassable. Certes le lion, roi des animaux, règne avec majesté et défend chèrement sa vie quand le chasseur l'agresse. Mais cela ne l'empêche pas d'être la proie des parasites qui se nourrissent de sa substance en évitant ses coups de queue et ses battements d'oreille sans se laisser impressionner par ses nobles rugissements. Le roi règne mais le petit peuple invisible le dévore tout vif. Voilà qui est digne d'une fable d'Esope.

          En fait, pourrions-nous vivre sans nous emparer des autres pour en faire notre substance ? En aucune façon ! Puisque tout nous vient de l’extérieur, que rien ne nous appartient durablement et que tout nous est prêté pour un temps plus ou moins long. C’est vrai pour les atomes de carbone, d’oxygène, de fer  ou d’azote…Mais c’est aussi vrai pour des substances organiques plus complexes qui nous sont indispensables. Sans protéines nous mourons même si les seules protéines végétales sont amplement suffisantes et ont permis à de larges populations de vivre sans problèmes majeurs depuis les époques les plus reculées. Et même cela ne les a pas empêché de se faire la guerre, tribale comme il se doit. On peut occire son semblable pour d’autres raisons qu’anthropophagiques même si cette dernière solution a souvent été utilisée en des temps où les problèmes moraux paraissaient bien superflus  au cœur de la forêt primaire.

           Mais ce n’est pas tout car si nous avons impérativement besoin des autres formes de vie organique pour entretenir notre personne charnue, nous en avons tout autant besoin à des niveaux plus subtils. Car après tout de quoi sommes-nous composés ? D’un corps biologique fort utile pour vaquer à nos obligations. Mais que serait ce dernier sans ce qui l’anime et qu’on a très judicieusement appelé l’âme dans maintes traditions. A moins qu’on ne la désigne dans d’autres cultures et de façon un peu plus précises comme étant un corps subtil. Subtil, soit, mais plus ou moins selon les cas car il est des âmes un peu balourdes pas très émancipées de la pesanteur biologique.

 

                                                                                        à suivre...

"Gourmets et gourmands" - détail

"Gourmets et gourmands" - détail

Çà vous a mis en appétit ?

Très bien !

La suite

ne saurait

se faire attendre !

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