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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 06:47
"Bel canto" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

"Bel canto" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

Et pourtant elle tourne…

 

 

             On se souvient de Jacques Benveniste et de la polémique dont il a été victime. Son erreur, fatale pour sa notoriété semble d’avoir été un peu trop en  avance sur son époque, ce qui ne pardonne pas aux yeux de ceux que les valeurs établies rassurent.

             Portant il avait eu son heure de gloire. Il était reconnu comme un scientifique hautement compétent. Il avait découvert un activateur des plaquettes sanguines qui aurait pu le rendre « Nobélisable ». Mais voilà qu’il s’intéresse à un domaine tabou.  Un de ceux qui risqueraient de remettre en cause les « certitudes » scientifiques actuelles, celles qu’on a apprises à l’université et dont on ne peut douter sans se remettre en cause soi-même.

             Voilà donc qu’il se met en tête d’étudier la « mémoire de l’eau ». Pourtant depuis des temps immémoriaux la sagesse antique connaissait cela en Orient. Les médecines traditionnelles chinoises, hindoues ou japonaises en avaient  fait usage sans problèmes. Il est vrai qu’il n’y avait, dans ces contrées lointaines que peu de rationalistes cartésiens ne faisant confiance qu’à leurs cinq sens en oubliant la tragique limitation  de ceux-ci.

             Mais la nature humaine  est frileuse et devant toute nouveauté un peu surprenante les réactions sont prévisibles. Un jeune  scientifique, nommé  Idriss Aberkane, doté d’une tête bien pleine et surtout bien faite résume tout cela en une formule qui a le mérite d’être simple, aisément mémorisable et à mon avis, d’une justesse accablante : «Tout fait nouveau et surprenant est d’abord jugé RIDICULE ensuite EFFRAYANT et enfin après une lente évolution des esprits considéré comme EVIDENT !!! » , formule un peu abrupte qui mérite quelques commentaires :  face à une approche nouvelle et révolutionnaire, trois réactions se succèdent : D’abord c’est la dérision, l’idée étant jugée folle parce qu’elle est le fait d’un plaisantin, d’un gros naïf ou d’un escroc manipulateur. Ensuite vient un sentiment de peur. Car on commence à douter. Après tout si c’était vrai … ? Ce serait très dangereux ! Si la terre tournait autour du soleil en tournant sur elle-même nous deviendrions tous fous et ceux qui sont aux antipodes auraient le sang à la tête et tomberaient dans le vide…

             Mais les faits réels finissent par s’imposer quand les esprits ont mûri et qu’à ce stade la vérité prouvée devient évidente et indiscutable, même si on la colporte par simple conformisme. Parce qu’après tout nous faisons confiance sans avoir les moyens de vérifier par nous-mêmes. J’avoue que pour ma part si je me fie à mon expérience quotidienne je continue de voir le soleil se lever et se coucher chaque jour, me prouvant ainsi qu’il tourne autour de la terre. Quoi qu’en dise Galilée ! Seulement voilà,  je n’accorde qu’une confiance relative à ce qui me paraît visuellement indéniable. Comme tout un chacun je suis victime d’illusions d’optique et je sais bien qu’après vérification minutieuse les lignes d’un dessin vont toujours me paraître divergentes alors que l’usage d’une règle droite me prouve qu’elles son parallèles…Et j’ai bien peur qu’Einstein ou le Dalaï Lama soient à mettre dans le même sac que moi,  dans la mesure ou  leurs cerveaux interprètent les images perçues de la même façon et se laissent leurrer tout comme pour le béotien que je suis.

             Mais toutes ces réflexions sur des sujets qui fâchent ne sont pas si graves et ne vont pas nous empêcher d’apprécier une bonne choucroute garnie arrosée d’un petit verre de Gewutztraminer venu d’Alsace pour la joie de nos papilles. A moins qu’il ne s’agisse d’œufs en meurette et d’une bouteille de rouge de derrière les fagots. Car ici c’est la Bourgogne et que j’y réside. A temps complet et sans remords

 

                                               La Brosse Conge le 25 septembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

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Reprenons pied braves gens !

La terre est plate

et le soleil

brille !

D'ailleurs

nous vaincrons

parce que nous sommes

les plus forts ! Qu'on se le dise !

 

 

 

 

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 06:55
"Pic flamboyant" - Huile sur toile -61 x 50 cm -1990

"Pic flamboyant" - Huile sur toile -61 x 50 cm -1990

Ce soir à Samarcande

 

 

              Des personnes aussi cultivées que vous connaissent certainement ce petit conte soufi du 12ème ( ?) siècle. Vous en avez sans doute tiré des vues profondes sur le destin et ses manigances.

             Il est question dans ce récit d’un malheureux qui en voulant échapper à la mort qu’il a croisé fortuitement sur la place du marché va se précipiter en grande hâte au lieu où elle l’attendra  ce soir à Samarcande. Or, la mort fait son boulot, elle remplit sa mission. Son absence d’intention est manifeste. Elle n’a ni ruse ni état d’âme et est même surprise de trouver là celui qu’elle se doit d’aller chercher ailleurs…

             Ceci dit, j’ai bien peur que cela nous concerne tous, jeunes et vieux, tous sexes confondus. Humbles ou puissants ; Napoléon, Gengis Khan ou le dernier des derniers des smicards, sans domicile fixe et accablé de dettes. Même Nietzsche décrétant la mort de Dieu. Même Sartre s’obstinant à proclamer que l’homme  est condamné à être  libre.

             Et bien entendu nous-mêmes qui ne l’entendons pas de cette oreille. Comment, moi je ne serais pas libre ? Vous rigolez ! D’ailleurs j’ai le droit de vote et j’ai ma carte vitale qui me donne droit aux remboursements de mes frais pharmaceutiques et de mes prothèses auditives. Même mes cachets d’aspirine me sont remboursés…

             Il est vrai que l’invention du libre arbitre n’est pas récente. Depuis fort longtemps les humains, mâles et femelles ont voulu à tout prix affirmer leur liberté personnelle. Avec une clause restrictive cependant, puisque jusqu’à la fin du moyen-âge Dieu supervisait tout l’ensemble de sa Création Bien sûr on pouvait lui désobéir, mais c’était très mal et on pouvait finir en enfer. Pour l’éternité. Qui est très longue comme chacun sait…

             Donc nous ne sommes pas libres et une logique implacable détermine avec une précision hallucinante toute ce qui survient dans la trame de nos jours Pourtant le déroulement des événements comporte tant de surprises, d’inattendu, d’accablant, de drôle ou de franchement loufoque. Tant d’enchaînements invraisemblables et de synchronicités qui vous laissent coi ! Tant de coq-à-l’âne et de rapprochements douteux…

             Mais le monde est infiniment vaste et complexe et subtil. Nos cinq sens auxquels les rationalistes pragmatiques, scientistes et autres pisse-vinaigre accordent une telle confiance ne nous renseignent que sur une infime partie de ce qui nous entoure de toutes parts. Que savons-nous des ondes radios qui nous cernent et nous traversent impunément à chaque milliardième de seconde ? Que dire du téléphone portable nous apportant des nouvelles, bonnes ou mauvaise de Mathilde et de Clodomir partis passer le weekend aux Bahamas ? Du moins si la pile n’est pas déchargée, auquel cas on ne saurait même pas que l’on a tenté de nous joindre !

             Allons, la cause est entendue, nous ne connaîtrons jamais qu’une infime partie de ce qui tisse nos vies à notre insu. Pourtant nous le savons bien tout le film est contenu dans un CD. Du début jusqu’à la fin. Quelles que puissent être les péripéties du drame ou du polar, du thriller ou de la romance à l’eau de rose.

Celui qui a déjà vu le film connaît tous les rebondissements même les plus improbables et sait qu’il n’y peut rien  changer. Et c’est très bien comme ça !

 

                                               La Brosse Conge le 16 septembre 2019

                                                        Copyright Christian Lepère

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Nous avons tous

rendez-vous 

ce soir

à

Samarcande

mais d'ici là la vie est belle !

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 07:05
"Tour de Babel" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 1990

"Tour de Babel" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 1990

Psychorigidité

 

 

 

               Hyppolite était psychorigide et c’est ce qui attirait l’attention. Mais pas la sympathie. Je ne dis pas qu’il attirait des foules de supporters ni que les femmes se précipitaient pour se pâmer dans ses bras. Mais au moins on le respectait et l’on évitait de piétiner ses plates-bandes.

               Cependant, si certains s’obstinaient à le contourner, d’autres lui barraient le chemin avec une arrogance non feinte.  Comme il était myope comme une taupe il ne s’en apercevait guère. En fait on le soupçonnait d’être sage alors qu’il était simplement indifférent.

               Sa taille était moyenne et si son quand-à -soi le poussait à se redresser une certaine timidité native et naturelle l’inclinait naturellement vers le sol. Par ailleurs il arborait une fine moustache à la Clark Gable qui parachevait  son personnage lequel aurait sans cela pu paraître falot et mesquin. Enfin un léger zozotement adoucissait sa mine un peu sévère.

               Mais son âme était triste. Sous des dehors paisibles il était ravagé par des manques insoutenables. Car la vie ne l’avait pas épargné. Rejeton d’un employé surnuméraire au ministère du travail et d’une brave femme toute simple, vous savez, de celles qu’on croise sur le trottoir sans même remarquer qu’un obstacle vous à détourné de votre trajectoire en principe rectiligne (si vous n’avez pas abusé de boissons alcoolisées ou de substances illicites. Mais je sais bien que c’est votre cas et je ne fais cette remarque que pour rappeler que nous vivons en démocratie et que chacun se doit de respecter les bonnes mœurs.)           Donc, comme il a été mentionné précédemment la vie ne l’avait pas épargné. Car il était né dans un désert d’une masculinité consternante ; Songez plutôt : il n’avait pas de sœur, pas de cousine ni de voisine de palier. De plus en ces temps reculés l’école républicaine, gratuite et obligatoire n’était pas mixte, sans doute pour bien marquer les particularités des femmes, bien qu’elles fussent déjà des hommes comme les autres. C’est donc à un âge avancé après de laborieuses études dans le secondaire qu’il avait enfin côtoyé des jeunes filles dans une école d’art où l’on apprenait à dessiner d’après le modèle nu. C’est donc ainsi qu’il prit conscience du corps féminin avec des créatures figées sur une estrade…ou dans des postures académiques fatigantes même pour les plus robustes. Mais il faut bien gagner sa chienne de vie !

               Un beau jour, bien que le ciel comportât quelques traînées nuageuses déparant sa splendeur d’un bleu printanier, il allait d’un pas lent, humant les senteurs des marronniers qui verdissaient le long de l’avenue. C’est alors qu’il la vit. Marie-Laure était tout son contraire. Ouverte et spontanée de façon parfois excessive elle attirait l’approbation et liait des contacts à l’emporte-pièce. Elle était du genre à fréquenter des clubs de rencontre où les algorithmes de l’ordinateur vous branchent en trois clics sur le partenaire idéal que vous eussiez cherché en vain  votre vie durant à la Belle Epoque. Evidemment on rêve moins  mais que de temps gagné ! Bien sûr elle était sur Facebook en compagnie de deux mille trois cent quarante sept amis, sans compter leurs copains non encore répertoriés.

               On peut se demander pourquoi elle fit attention à lui, simple passant dans la foule anonyme. Et pourtant… comme tout un chacun, sans avoir fait d’études particulièrement supérieures, elle avait quelques notions sur la psychologie des profondeurs. Elle savait ce qu’était un non-dit et même un acte manqué. Alors allez donc savoir pourquoi son attention se focalisa sur Hyppolite ? fût-ce cette imperceptible hésitation qu’il eut en descendant du trottoir ou ce tressaillement dans l’œil droit trahissant un désarroi profond devant l’incivilité de quelques jeunes un peu trop bronzés (ceux-ci  lui ayant fait un bras d’honneur parce qu’il était un obstacle à leur exubérance) ?

               Toujours est-il qu’il fut pour Marie-Laure et à son corps défendant, une petite madeleine de Proust lui rappelant de façon poignante son oncle Gustave qui l’avait fait sauter sur ses genoux à un âge très tendre. Et ça, ça ne se discute pas. Des guerres ont été déclarées pour des motifs encore plus futiles.

               Ainsi je m’abstiendrai de disserter sur ce qui me dépasse car j’ai bien peur que ce soit identique pour vous. Alors devant le mystère impénétrable de l’âme  humaine je ne peux que m’incliner en vous disant à la semaine prochaine.

 

 

                                                          La Brosse conge le 3 septembre 2019

                   :                                       Copyright Christian Lepère

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Être ou ne pas être 

psychorigide?

ou bien 

tout mou

et bien sympa?

That is the question !

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 07:07
"Impermanence" - Huile sur toile - 100 x 81 cm - 2012

"Impermanence" - Huile sur toile - 100 x 81 cm - 2012

 

Nostalgie

 

 

 

             Un jour nous avons acheté à notre voisin cultivateur une très vieille grange sise sur un terrain proche de notre résidence secondaire. C’était un gros bâtiment formé de murs épais en pierre, tout de guingois parce que bâtis sur une absence de fondations, le reste étant à l’avenant.

             Encore jeune j’entrepris quelques travaux avec les moyens du bord et des vues plutôt écologiques. Je dégageai des vieux murs écroulés pour les reconstruire selon ma fantaisie. Pelle, pioche et brouette m’étaient d’une aide précieuse.

             Mais le temps passe…et après le décès de mon épouse, en l’absence de projet précis je décide de cesser toute rénovation. Entre temps j’ai quitté la région parisienne et sa joyeuse agitation. Finie la banlieue verte et le confort de Parly 2. Je me retrouve donc en Bourgogne dans la maison familiale dont je suis l’héritier.

              Il ne me reste plus qu’à mettre la grange en vente. Mais le destin est facétieux. La dame de l’agence immobilière qui prend les choses en main  est une voisine. Elle habite le village, mais de l’autre côté de la rivière. Or, cet endroit dans ma petite enfance était au-delà du bout du monde. C’est que, voyez-vous il aurait fallu non seulement passer le pont principal après en avoir  franchi deux autres, le petit et le moyens puis ensuite tourner à gauche pour aborder l’inconnu et enfin découvrir la petite maison du garde-barrière où elle loge depuis peu.

             Depuis toujours j’étais fasciné par ce bâtiment modeste. Propre et coquet avec son petit jardin joliment fleuri. Et puis c’était là que logeait un homme puissant, sorte de sorcier, capable d’arrêter les voitures à cheval et les autres fonctionnant à l’essence de pétrole. Et même les vélos ! Tout ça pour laisser passer le monstre de métal dans un fracas assourdissant, crachant à tous vents un énorme nuage noir de fumée dont j’ignorais qu’il n’était pas écologique. D’ailleurs tout le monde s’en accommodait parce que c’était le progrès en marche.

             Il y avait bien de quoi rêver. Et pourtant les trains qui passaient se dirigeaient sur Paris, la capitale , la ville lumière, le monde où je retournerai vivre quand les vacances seraient terminées et où je retrouverais les  rues grisâtres où j’étais né, Alors je n’aurai plus qu’à attendre de revenir, la mauvaise saison passée, dans cette campagne où pépé Louis coulait des jours paisibles en fumant sa pipe et en lisant l’Yonne Républicaine.

 

                                               La Brosse Conge le 4 septembre 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

 

 

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Ainsi le passé ressurgit à l'improviste

en catimini et entre deux portes

pour nous rappeler jadis

le bon vieux temps

quis'est enfui

et qui jamais ne reviendra

 du moins dans sa chronologie

 

 

 

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3 septembre 2019 2 03 /09 /septembre /2019 06:33
"Danse au crépuscule" - huile sur toile - 46 x 30 cm - 1990

"Danse au crépuscule" - huile sur toile - 46 x 30 cm - 1990

Petit délire matinal

 

 

 

« Car Descartes a définitivement remplacé Mérimée ! ». C’est sur cette conclusion hallucinante de terminologie absconse que se termina sa harangue. Certes l’ambiance était surchauffée et dans l’amphithéâtre sorbonnard on sentait la vindicte des détracteurs prête à se déchaîner. Tout était là, tout était prêt pour que l’opposition bondisse de son siège et investissant la chaire ne se lance dans une contre-attaque où les sévices physiques eussent eu leur part.
             Encore un peu et l’on aurait assisté au déferlement de gilets jaunes bloquant un rond-point au mépris du simple savoir vivre élémentaire. De la politesse la plus surannée on passait a l’attaque frontale.

             Mais au fait que voulait donc dire cette phrase sibylline a force de non-dit suggéré ? Et avait-elle un sens autre que celui primaire qu’eussent pu envisager les cancres irrémédiables qui tendaient l’oreille d’un sourd à ces vains propos ? Le spectre du malentendu sémantique et de l’interprétation hasardeuse tentaient le coup en suggérant que la phrase dans sa crudité recelait un sens profond. Sens qui n’était accessible qu’à ceux que de longues études supérieures pouvaient rendre aptes à y déceler un message ou tout au moins une signification échappant au vulgaire, à l’attardé, à l’insuffisant cérébral qui ne juge la pertinence qu’à l’aune de ses lacunes universitaires.

             D’abord, pourquoi Descartes et pas Heideger ?. Descartes ce grand penseur esclave de ses cogitations et prenant sa vessie pour une lanterne au risque de se brûler, comme l’avait pertinemment suggéré ce rigolo de Francis Blanche ! Descartes énonçant avec suffisance : « Je pense, donc je suis… » Négligeant le fait que ce « Je » qui pense est d’une inexistence accablante, pur fantasme concocté par notre outrecuidance, délire se réduisant aux élucubrations intellectuelles d’un égo boursouflé se prenant pour le poste de radio et s’imaginant dans son délire être l’auteur de ce qu’il diffuse…     Et pourtant…et pourtant il n’avait pas tord, à condition de se prendre pour un « moi je » qui ne peut se rassurer qu’en croyant être l’auteur de son petit délire cérébral, son autocélébration de centre du monde.

             Ensuite pourquoi Mérimée,(Prosper pour les intimes dont faisait partie l’impératrice Eugénie, excusez du peu…) ? lui qui a écrit de charmantes nouvelles dont le style sobre et dépourvu de fioritures a fait dire à Victor Hugo : « Le paysage était plat comme du Mérimée ! »

             Mais en quoi le Descartes, intellectuel rigoureux, maniaque du raisonnement et de la preuve par la subjectivité aurait-il pu remplacer Mérimée ? Et à quel propos, je vous prie de m’en éclairer ? Ne serions-nous pas là en présence d’un de ces tours de passe-passe qui mêlent l’amalgame à la mauvaise foi, l’improvisation incantatoire à l’habileté démagogique…Pourtant le dit Prosper avait fait ses preuves en  confiant à Viollet le Duc la restauration de la basilique de vézelay. Lieu pérenne où je me rends parfois à pas lents tout imbibé de ferveur médiévale. Egalement de Notre-Dame de Paris qui vient de briller de tous ses feux dans un incendie malencontreux mais magique qui a attiré l’attention de tout un peuple, pour ne pas dire de la planète mondialisée, sur un drame dont l’Art Contemporain le plus officiel pourrait bénéficier en prônant une reconstruction rapide et plus conforme aux normes actuelles pour remplacer un charme un peu vieillot quoique dûment répertorié.

             J’avoue pourtant que la petite phrase : (Car Descartes a définitivement remplacé Mérimée !) qui a suscité ces considérations s’est imposée à mon esprit dans des conditions douteuses. Surgissant de songes étranges aux premières lueurs de l’aube, comme le condamné qu’attend la guillotine.  Après une nuit décousue où mon téléphone portable m’a  évité de m’endormir par deux fois en me livrant aux confidences d’une amie qui m’est chère. Ce qui m’a laissé un peu perturbé et sujet à des pensées confuses.

             Mais tout cela n’est pas bien grave et je m’en voudrais de vous avoir fait perdre de précieuses minutes en vous infligeant la lecture de divagations dont en principe seuls des intellectuel désœuvrés se montrent prodigues.

 

                                                        La Brosse Conge le 25 mai 2019

                                                        Copyright Christian Lepère

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J'espère

ne pas vous avoir perturbé

avec

ces inepties. Mais cependant

mettez votre laine car le temps devient plus frais !

 

 

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27 août 2019 2 27 /08 /août /2019 05:58
"Chevaux" - Huile sur panneau - 25 x 35 cm - 1960

"Chevaux" - Huile sur panneau - 25 x 35 cm - 1960

Réflexions à l’emporte-pièce

 

 

 

           Depuis quelques mois toute ma vie se déroule à la campagne, au cœur de la Bourgogne. C’est paisible et reposant et je peux m’y adonner à mes occupations favorites : constructions de bric et de broc en assemblant de la pierre et du mortier  de façon aléatoire et créative, suivies de longues promenades à pied au long des chemins creux et des lisières de forêt.

           Mais on ne se refait pas et l’intellectuel intériorisé que je suis a besoin de se tenir au courant de l’évolution du monde qui nous cerne de toutes parts et ne cesse de se modifier sous nos yeux effarés. Nous vivons une époque étrange qui certes avait été préparée par tout ce qui l’avait précédé et qui s’enchaînait avec tant de naturel… Ainsi le 20ème siècle, pris de convulsions  nous a gratifié de deux guerre mondiale (excusez du peu…) et de quelques « révolutions » sensées déboucher sur un âge d’or ou enfin, les méchants étant anéantis on allait vivre en paix en compagnie de gens fréquentables. Lénine, Hitler et Mao nous en avaient assurés. Et à leur niveau, plébiscités par des millions de personnes, comment auraient-ils pu se tromper ?

           L’ennui est qu’ils n’étaient pas d’accord entre eux et se le faisaient savoir par des voies pas toujours très diplomatiques.

           Vous connaissez la suite et les médias nous tiennent au courant. Comment se faire des illusions à cet égard ?

           Pourtant je reste très optimiste. J’ai l’intime conviction que nous approchons du bout du tunnel. Mais attention ! C’est sans doute l’endroit le plus dangereux .Celui où les forces antagonistes qui créent le monde vont se déchaîner pour permettre le passage à la vitesse supérieure et nous forcer à changer de paradigme, c'est-à-dire des concepts qui nous servent à expliquer le monde et à faire semblant de le comprendre et de le maîtriser.

           Dans mes moments de loisir j e regarde internet et particulièrement les vidéos sur You Tube. On y trouve absolument de tout. Le plus exaltant et le  plus totalement débile y sont inextricablement mêlés. Il y en a pour tous les goûts. Chacun peu y trouver sa pitance. Les Américains ont-ils réellement été sur la lune ? Les arguments invoqués pour le nier ne sont pas totalement invraisemblables. Mais à l’opposé d’autres affirment qu’ils y ont bien été et qu’ils ont été très surpris d’y trouver des traces de  bases extraterrestres survolées parfois par des ovnis. Or, il semble bien qu’il y ait quelques preuves ayant échappé à la censure  tatillonne de la NASA. Des documents déclassifiés...La vérité est-elle d’un côté ou de l’autre ? A moins qu’elle soit un savant mélange des deux que nos dirigeants nous cachent pour éviter la panique et l’écroulement de toutes nos croyances ce qui est évident dans beaucoup de domaines.

           La physique quantique a plus d’un siècle. Elle n’est pas toute jeune ! Elle nous a appris et ensuite confirmé que la matière, celle qui constitue notre réalité la plus tangible (Quand on s’écrase un doigt avec un marteau ça fait très mal !)  n’est pas aussi « matérielle »qu’il nous semble. En réalité notre monde n’est constitué que d’énergie et dans certaines circonstances auxquelles nous sommes habitués elle se met à tourner en rond et devient pour nous un obstacle  indiscutable .Essayez donc d’entrer chez vous sans ouvrir la porte…et pourtant les « particules » ne sont plus que des ondes dès qu’on a le dos tourné, puisque la nature du réel dépend de l’observateur.

           Mais depuis Einstein les physiciens ont été beaucoup plus loin et si les plus grands du début, Pa        uli, Capra, Heisenberg ont tous fini par s’intéresser à la métaphysique et aux grandes traditions spirituelles (Bouddhisme, taoïsme, soufisme et christianisme des origines), leurs collègues actuels dont certains sont prix Nobel vont également chercher dans cette direction. comme David Bohm et les scientiques de haut vol réunis autour du Dalaï Lama.

           Mais peut-être faudrait-il parler du paradigme (vision du monde) qui pendant toute la période moderne a été matérialiste et réducteur, considérant que la technologie, l’industrie et la finance étaient les seuls moteurs  de l’espèce humaine. C’est ce qui justifie notre société de consommation qui est en train de piller et de polluer la planète avec un enthousiasme inlassable. Même si les puissants font semblant de s’y intéresser pour garder leurs électeurs dont leur ego a tellement besoin pour assurer sa célébrité.

 

                                                        La Brosse Conge le 26 août 2019

                                                        Copyright Christian Lepère

 

"Paysage érotique" - Huile sur panneau - 25 x 5 cm - 1960

"Paysage érotique" - Huile sur panneau - 25 x 5 cm - 1960

Assez pensé!

Foin de ces considérations oiseuses.

Le soleil brille sur la Bourgogne

en cet instant!

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20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 07:02
"Neige" - huile sur panneau - 25 x 35 cm - 1960

"Neige" - huile sur panneau - 25 x 35 cm - 1960

Popaul ou la perplexité

Suite et fin

 

 

             Evidemment tout a une fin et un beau jour le combat intérieur cesse faute de combattant. Alors on devient raisonnable et l’on s’intègre au troupeau avec un grand besoin d’être rassuré. « Métro-boulot-dodo » devient l’idéal à atteindre, surtout si l’on est chômeur et si l’on n’est pas devenu djihadiste car dans ce dernier cas on ne se préoccupe guère de la retraite, rêvant à un plus glorieux destin entouré de houris  au septième ciel.

             Mais Popaul est raisonnable. Après une série de petits boulots, d’une diversité ludique et aléatoire, livreur de pizzas, manutentionnaire chez Mammouth ou caissier de station service, il a enfin trouvé sa voie, employé à la BNP.  Dès lors il n’a plus qu’à poursuivre sa carrière, gravissant les échelons et progressant au hasard des mutations. Accumulant aussi des points de retraite et s’intégrant à la foule innombrable des gens normaux, ceux qui se posent des questions pour faire comme tout le monde et qui portent des jugements plus ou moins lucides sur le réchauffement climatique, les atteintes à la biodiversité et l’inconséquence  des hommes et des femmes politiques. Bref de tous ceux qui contestent pour avoir l’air conforme en restant sur leur quant-à-soi

             Mais le vaste monde ne cesse d’évoluer. Sans cesse ses limites reculent. Sans cesse sa complexité s’approfondit. Sans cesse de nouvelles informations nous assaillent et la mondialisation des informations tisse son réseau de notions nouvelles, transmises à la vitesse de la lumière. La physique quantique nous troublait, maintenant elle nous déstabilise en trouvant des applications concrètes, indéniables et patentes dans le quotidien. Même dans le métro ou chacun peut rester accroché à son smartphone.

             Et Popaul dans tout ça ? Eh bien il continue, il s’obstine à suivre son petit bonhomme de chemin. Peut-il tenter autre chose ? Peut-il échapper aux déterminismes de toute nature qui tissent son destin ? C’est à vous de voir…C’est à vous d’apprécier …selon votre propre formatage évidemment ! Mais y a-t–il un moyen d’y échapper ? Si certains y arrivent, pourquoi pas nous ? C’est en tout cas le sage conseil donné par le Bouddha aux foules diverses et bariolées qui venaient l’écouter : « Vous n’avez pas à croire ce que je vous dis, vous avez à le vérifier. ». Très bien ! Et maintenant il ne reste plus qu’à en tenir compte. A bientôt et portez-vous bien en attendant !

 

                                               La Brosse Conge le 11 juin 2019

                                               Copyright Christian Lepère

 

"Conciliabule" - huile sur panneau - 25 x 35 cm - 1960

"Conciliabule" - huile sur panneau - 25 x 35 cm - 1960

Après la canicule, la fraïcheur

Après le beau temps, la pluie...

Et après les aventures de Popaul et de ses frères et soeurs?

D'autres aventures !

comme il se doit !

 

 

 

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 13:01
"Quadrille" - Huile sur toile - 81 x 60 cm - 1986

"Quadrille" - Huile sur toile - 81 x 60 cm - 1986

            

Popaul ou la perplexité

Deuxième partie

 

 

             Et puis voilà que petit à petit les choses se sont compliquées. L’observateur est apparu, voilà que le « Je » a surgi des profondeurs, Popaul à commencé à réaliser qu’on l’appelait Popaul et que c’était bien de lui qu’il s’agissait. Le spectacle  avait commencé à avoir un spectateur. Un de plus, me direz-vous, ce qui est peu au regard de la planète qui en accueille déjà généreusement sept milliards d’autres

             . Enfin il a pu mettre ses doigts dans son nez ou prendre son pied  en sachant ce qu’il faisait. Popaul émergeait des limbes de l’innocence et allait devenir responsable vis a vis de ses chers parents  et de tonton Georges et de la maîtresse. Enfin il allait pouvoir causer avec les grandes personnes ayant dépassé avec profit l’âge de raison. Enfin il allait pouvoir décréter que certaines choses étaient belles et bonnes et utiles alors que d’autres se révélaient d’une gratuité évidente, à moins qu’elles ne fussent mauvaises et méprisables. Donc à rejeter impitoyablement au nom du simple bon sens. Ou plus simplement au nom de ce qui ne se fait pas, qui est contraire aux bonnes mœurs, à la convivialité et au père fouettard. L’invention de la religion allait  alors commencer  à pointer son nez qu’elle risquait ensuite de fourrer partout sans vergogne. Non que ses préceptes et appréciations soient toujours inutiles (il en faut pour vivre en paix aves ses semblables)  mais parce que le dogmatisme devient facilement systématique et peut vous envoyer au bûcher  facilement alors que dans une autre tradition on vous aurait chaudement félicité…et de cela Popaul commençait à devenir conscient.

             Enfin, bon an mal an il finit par fêter ses sept ans, atteint par la limite d’âge, je veux dire l’âge de raison. Ce n’était que le début de son intégration sociale. Au début tout allait bien car ses besoins affectifs le rendaient encore très dépendant de l’autorité et du consensus général. D’ailleurs ses petits camarades étant pris dans le même engrenage et étant formatés de façon comparable il ne lui restait plus qu’à suivre le mouvement en poursuivant ses chères études et en étant de préférence le premier de la classe. Tout ceci à condition qu’une âme de marginal ne sommeille en lui en attendant de s’élancer sur les barricades de la contestation. Ce fait étant malheureusement fréquent pendant les troubles de l’adolescence.

             Il connut donc aussi cette période de grand chambardement où des incertitudes glandulaires jointes à des crises de croissance remettent en cause les certitudes paisibles de l’enfance.  C’est le moment où Peter Pan pourrait douter de tout et perdre son égocentrisme confortable. C’est que l’égo se retrouve justement en proie à ses contradictions. C’est la guerre civile, le chaos, l’opposition farouche aux autres et à soi-même.

                                                                                              A suivre

 

 

Détail

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C'est une belle aventure que celle de Popaul

tellement humaine et universelle!

Mais il se peut

qu'elle vous évoque

quelques souvenirs anciens,

Enfin attendons la suite qui ne saurait tarder

 

 

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 11:10
"Carnaval" - Huile sur toile - 46 x 33 cm - 1986

"Carnaval" - Huile sur toile - 46 x 33 cm - 1986

Popaul ou la perplexité

Première partie

 

 

 

             C’était il y a bien longtemps. C’était jadis dans la petite enfance. Dans ces temps du début où rien n’était nommé. Là tout n’était que sensation, lumières et parfums, douce chaleur ou froid piquant, langueur musicale ou cacophonie assourdissante et rien ne s’écoulait. Le temps n’existait pas. Seul régnait l’instant présent fait de délices ou d’inconfort. Le chaud, l’humide se succédaient s’annulant ou se chevauchant. C’était le temps magique des sensations qui s’imposaient sans discussion, sans la moindre tentative d’y comprendre quoi que ce soit. C’était l’innocence absolue, sans le moindre recul et  pas encore assombrie par l’ombre d’un doute.

             Popaul était bien jeune. A peine sorti du ventre maternel il affrontait maintenant le vaste monde.  Et même si l’accueil avait été plutôt chaleureux il n’en restait pas moins qu’un passage avait eu lieu et  que de batracien il était devenu mammifère ce qui est assez valorisant au regard de l’évolution. Au moins si l’on en croit Darwin et les nobles penseurs qui lui ont fait suite

             Mais à ce stade, en cet état qui suivait le grand passage de l’arrivée dans le monde,  tout ce qui se présentait était perçu et ressenti avec intensité mais sans la moindre appréciation, sans le moindre soupçon de jugement ou de dénigrement. Le monde était et déployait ses fantasmes. Indéfiniment. Sommeil ou veille tout se succédait sans  ordre et sans logique. Personne n’était là pour expliquer ou justifier ou tenter de rendre compte. Le monde était spectacle, plein de visions et de sensations brutes qui s’imposaient. Mais il n’y avait personne. Enfin, personne qui soit distinct de ce qui se produisait et qui se serait imposé  à lui-même et à nul autre. Il n’y avait d’ailleurs pas d’autre.

             Ensuite, dans sa boîte crânienne les neurones ont proliféré, ils ont tissé leurs réseaux, se sont raccordés les uns aux autres dans des configurations fantastiques leur permettant d’échanger des informations  au moyen de leurs synapses. Et petit à petit le monde a pris forme et consistance. D’une symphonie de sensations magiques il s’est  transformé en collection d’objets palpables,  nommables, observables et dissécables.

                                                                                                       A suivre

 

 

 

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Que Popaul soit !

Et Popaul fût !

Gloire soit rendu au Très Grand

au plus haut des Cieux !

 

 

 

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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 09:08
"L'oiseleur" - Peinture à l'huile sur toile - 73 x 60 cm - 1987

"L'oiseleur" - Peinture à l'huile sur toile - 73 x 60 cm - 1987

 

Soyons objectifs

 

 

 

Un appareil photo a la réputation d’être objectif. A tel point que les clichés qu’il enregistre peuvent constituer des preuves, même aux yeux de la justice la plus tatillonne.

             Et pourtant…tout autant que nous pauvres humains croyant a ce que nos sens nous font percevoir, semblables en cela aux animaux familiers qui nous entourent, chiens, chats et autres, il enregistre des illusions d’optique. Des images fausses que nous avons appris à décrypter et dont l’usage nous permet de traverser la rue sans nous faire écraser. « Dieu soit loué ! ». A condition que vous portiez intérêt à  ce personnage tout puissant qui nous aurait donné vie dans son immense bonté !

             Donc la chose est avérée et parfaitement connue et expliquée de façon rigoureuse depuis la Renaissance : Nous voyons le monde en perspective ! Or, il ne l’est pas. Ainsi le train qui s’éloigne sur ses rails ne devient pas de plus en plus petit en même temps que la voie qui le guide. Et popaul ne se transforme pas en nain quand il s’enfuit sur sa trottinette.

             Ca n’a l’air de rien mais c’est ce qui rend compte du délire humain le plus ordinaire. Car en effet on peut l’admettre ou se récrier en protestant de sa bonne foi et de sa grande modestie mais le fait est patent. Tout être humain en âge de prendre conscience de lui-même et du monde qui le cerne de toutes parts se prend irrémédiablement pour le centre du monde. J’exagère ? Je projette mon délire paranoïaque personnel sur tous mes semblables ? Je dis que les autres sont aussi fous que moi pour faire partie d’une collectivité qui me rassure ?

             Allons, soyons honnêtes. Tout ce qui est au loin est tout petit, pas très discernable et semble ne pas trop me concerner. En général et sauf exception… Mais voici que tout ce qui se rapproche prend du relief et gagne en précision. Pour le meilleur et pour le pire, selon qu’il s’agit de l’autobus qui peut m’écraser ou de l’enfant qui se jette dans mes bras.

             Ainsi, selon les apparences, je suis bien ce qu’il y a de plus important au monde. Pensez qu’avec mon index  placé devant un œil je peux cacher la tour Eiffel ou au moins ignorer sa présence, voire la nier…Bien entendu c’est tout aussi vrai pour les autres, pour les sept milliards d’humains qui nous tiennent compagnie. C’est vrai pour Donald Trump mais tout autant pour le Dalaï Lama. Certes chez ce dernier la persistance des illusions d’optique n’interdit pas une nécessaire lucidité. Mais enfin…

Je vais donc arrêter là mon petit délire logique en vous souhaitant de bonnes vacances et de bien profiter des menus plaisirs qui s’offrent. Une glace à la pistache, un verre de rosé de Provence bien frais ou toute autre chose à votre convenance.

             Donc à bientôt dans un monde qui persiste à se présenter à nous sous des apparences trompeuses propre à nous donner la grosse tête et à donner à notre égo des raisons de se prendre au sérieux.

 

                                                        La Brosse Conge le26 juillet 2019

                                                        Copyright Christian Lepère

 

 

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Il ne nous reste plus qu'à réintégrer nos illusions d'optique 

pour vivre notre réalité quotidienne

au jour le jour!

Bon courage

et à plus si le destin 

nous accorde une prolongation!

 

 

 

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