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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 07:28

 

J’ai le plaisir  d’exposer

dans une galerie parisienne

 

« concept Store Gallery »

18, rue Dauphine 75006 Paris

(métro Odéon)

 

Du 20 avril au 3 mai 2017

Y figureront 9 de mes peintures.

 

Il y aura deux vernissages :

Le jeudi 20 avril et le jeudi 27 avril à partir de 18 heures.

 

Par ailleurs la galerie est ouverte tous les jours

De 11 à 20 heures, sauf le lundi.

 

Bonne visite dans ce quartier accueillant

dédié à la culture !

 

 

"La vie au grand air" - huile sur toile - 100 x 81 cm -

"La vie au grand air" - huile sur toile - 100 x 81 cm -

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 08:03
"Les temps accomplis" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2002

"Les temps accomplis" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2002

Dernière ligne droite

 

           C’est reparti pour un petit tour. Le but approche à grands pas et il va bien falloir choisir. Alors les candidats se galvanisent et redressent le torse. Tous veulent y croire. Tous comme un seul homme sans oublier les femmes qui après tout sont aussi des hommes comme les autres.

           Ils vont donc à nouveau s’opposer, se traiter de moins que rien et de pas grand-chose tout en gardant le contact en sous-main, parce que dans le fond on ne sait jamais. L’adversaire honni peut toujours redevenir un appui tactique pour venir à bout d’encore pire que lui.

           La partie est serrée, l’issue incertaine et pour rallier les indécis  il faut au minimum faire semblant d’y croire et le clamer haut et fort. Voilà où nous en sommes. En cette époque moderne où tout est numérisé, où les sentiments humains les plus viscéraux et les plus volatils se doivent d’être traduits  en prévisions basées sur des données statistiques  d’une rigueur accablante. Mais c’est bien connu, peu de gens fonctionnent de façon aussi rigoureuse, mais plutôt au jugé et à l’affectif, pour ne pas dire selon des convictions irrationnelles.

           Hélas le progrès se mord la queue. Et plus on peaufine les stratégies, plus on prétend être habile, plus on intègre les contraires mine de rien et plus on introduit le doute chez les électeurs de base qui finissent bien par subodorer les magouilles, même s’ils ont tellement envie de croire en des thèses simplistes où l’on sait au moins discerner les bons des méchants.

           C’est qu’à trop vouloir convaincre on finit par n’être plus crédible. A trop louvoyer on finit par être suspect d’opportunisme.

           Enfin tout se passe comme si la multiplication des sources d’information et des statistiques officielles s’auto détruisait en installant le doute. Car à des chiffres  établis selon une procédure qui se veut rigoureuse on peut toujours en opposer d’autres obtenus avec des paramètres un peu différents. Ce qui permet de clouer le bec à l’adversaire avec des chiffres aussi péremptoires qu’accablants. A ce petit jeu c’est le plus habile qui gagne, celui dont «l’ordinateur » cérébral est le plus performant et le plus riche en données tenues pour indiscutables.

           A ce stade on peut d’ailleurs remarquer que les candidats actuels sont de grands professionnels capables de haute voltige. Avec l’aide bien sûr de leurs conseillers en communication et de psychologues connaissant parfaitement les points faibles du psychisme humain pour le manipuler sans vergogne. Comme les grands publicitaires et autres marchands de soupe et de poudre aux yeux. Mais avec les réseaux sociaux l’opinion se laisse moins facilement convaincre par « le système », tout en prêtant l’oreille aux rumeurs les plus folles…Savez-vous que les Américains n’ont jamais été sur la lune mais ont fait semblant, ce qui Dieu merci ne les a pas empêchés de détecter des restes de base extra-terrestre sur la face cachée… C’est le revers de la médaille, ce qui prouve que tout excès se retourne tôt ou tard contre lui-même.

           Enfin revenons au bon peuple et à ses désirs les plus légitimes. Que souhait-t-il ? Etre heureux bien sûr ! Et par quel moyen s’il vous plaît ? Mais en réalisant ses désirs évidemment. Que certains soient basiques et incontournables est certain, mais les autres ? Ceux qui ne dépendent pas de données objectives pour tout le monde. Ceux qui dépendent d’une subjectivité qui fait toute notre humanité ? On voudrait croire  l’humanité raisonnable, logique et cohérente. Or elle ne l’est guère. On fait semblant d'être convaincu qu’elle sait ce qu’elle veut. C’est déjà faux pour une seule et même personne en proie à ses contradictions. Et encore plus pour des groupes qui s’opposent.

           Un rapide coup d’œil sur les grands mouvements de foule du 20ème siècle prouve que les rebondissements imprévus dépendent de pulsions obscures, collectives et non préméditées qui nous entraînent dans des revirements sans fin. Sans fin ? Non ! Bien sûr tout finit toujours par disparaître quitte à revenir sur la scène un  peu plus tard sous des formes déguisées. De l’Empire romain au 3ème Reich qui devait durer mille ans jusqu’au  Grand Bond en Avant qui transformerait  la Chine en modèle d’un communisme radical et définitif. Mais l’histoire continue de s’écouler et les réactions s’enchaînent en s’opposant nous menant d’un extrême à l’autre avant de revenir à la case départ un peu chamboulée. Mais au fait, une révolution est bien un tour complet à 360° ?

           L’histoire a toujours procédé ainsi et le petit jeu des montagnes russes se poursuit pour nous divertir en nous procurant un bon shoot d’adrénaline. Sans cesse nous balançons d’un extrême à l’autre comme à la foire du trône où l’on jouait à se faire peur dans les manèges ou en s’engouffrant dans le train fantôme pour en ressortir hilare et soulagé.

           Il faut bien constater que le processus s’est accéléré et que notre monde s’ingénie à nous distraire par tous les moyens. Jadis le mouvement du balancier était beaucoup plus lent et discret. On pouvait même croire dur comme fer à l’idéologie dominante. D’ailleurs on avait tout intérêt à s’en convaincre si l’on ne voulait pas finir prématurément sur le bûcher ou tout au moins aller croupir dans un cul de basse-fosse jusqu’à ce que mort s’ensuive. L’argument était convaincant et mettait un frein efficace à la contestation des certitudes en vigueur. Qu’elles soient religieuses ou réputées plus scientifiques.

           Mais nous n’en sommes plus là et certains petits candidats peuvent se permettre une critique de base de la société actuelle sans se faire lapider. J’avoue que ceux-là ont ma sympathie mais bien sûr ils n’ont aucune chance de passer. Et d’ailleurs ce n’est pas ce qui les intéresse. Mais au moins ils peuvent attirer notre attention sur d’autres fonctionnements possibles de notre monde en attendant que les mentalités évoluent. Ce sera long ? Peut-être… Mais au train où vont les choses le pire et le meilleur pourraient bien nous attendre un peu plus loin après avoir passé quelques carrefours, contourné quelques ronds-points et bifurqué sur des bretelles qui permettraient enfin de sortir de l’autoroute où veulent nous maintenir les joyeux candidats actuels.

 

                                                                Le Chesnay le 10 avril 2017

                                                                Copyright Christian Lepère

"Les temps accomplis" - détails

"Les temps accomplis" - détails

336 - Dernière ligne droite
336 - Dernière ligne droite

A bientôt

pour les dernières nouvelles 

de demain!

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:14
"Orgueil de Babel" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2008

"Orgueil de Babel" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2008

               Ce texte a été rédigé en 1999 à l’occasion d’une exposition sur le thème de la tour de Babel. Ses conclusions me paraissant plus que jamais d’actualité je vous le soumets sans y apporter le moindre changement.

 

 

 

LE MYTHE DE BABEL

 

            Aussi vieux que l’humanité, le mythe de la Tour de Babel est essentiel dans l’inconscient collectif. Au même titre que le défi prométhéen dont il est une variante, il est l’illustration parfaite des débordements de la folie humaine perdant tout sens de la mesure. La sagesse universelle, des rives du Gange aux abbayes du Haut Moyen-âge, du Bouddha à Socrate et du Christ à Krishnamurti  n’a cessé d’enseigner quelques vérités essentielles. Pour elle, l’homme est caractérisé par une pathologie particulière, celle de l’obsession de la puissance absolue. Dans une optique religieuse on pourrait dire que la créature de Dieu n’a de cesse qu’elle n’ait égalé son créateur. Il arrive même qu’une sorte d’absolu soit atteint lorsque des penseurs proclament froidement la mort de ce dernier

            Le mythe de Babel est donc à ce titre parfaitement actuel. Il est le modèle et le moteur du monde occidental depuis la Renaissance. C’est en effet à cette époque que la mentalité religieuse est devenue profane et que l’homme s’est attribué deux missions : d’abord étudier les lois de la nature, avec efficacité et sans états d’âme, ensuite pour en tirer parti en favorisant systématiquement l’humanité au détriment de tout le reste. C’est une longue histoire, très progressive mais qui a été en s’accélérant de façon foudroyante durant le 20° siècle.

            Nous sommes maintenant au bout du processus où l’homme « tout puissant » en arrive à jouer avec le matériel génétique, après avoir trouvé le secret de l’annihilation de la matière (ce n’est pas le néant, mais ça y ressemble…). D’Auschwitz à Hiroshima la créature est devenue Dieu, capable d’anéantir la création.

            Pour les peintres présents dans cette exposition, l’enjeu n’est pas aussi grave. Conscients des risques de notre époque et de la folie qui la mène, ils jouent plutôt sur le registre de la dérision et de l’humour. Le discours moral n’étant pas ici de mise, ils préfèrent caricaturer le délire actuel et faire sourire plutôt que pleurer. Cette attitude très actuelle est sans doute plus efficace pour toucher nos contemporains et les inciter à de salutaires réflexions. Mais tout dans cette exposition ne relève pas de la critique. Certaines œuvres sont des constructions audacieuses à la limite du délire, bien faites pour exalter le rêve, tandis que d’autres expriment la mélancolie des ruines d’époques de légende. Enfin certains artistes se sont permis des fantaisies surréalistes où l’absurde et la poésie se conjuguent dans d’étranges compositions délirantes.

            Mais revenons au mythe d’origine. Après avoir bravé le ciel, les hommes y sont punis de façon effrayante. Se mettant à parler des langues incompréhensibles aux autres, ils ne peuvent plus « s’entendre » avec leurs semblables. C’est très précisément ce qui nous arrive à ce jour. Les moyens de communications les plus performants et les plus admirables d’un point de vue technique sont en train de compliquer à plaisir les rapports humains, sous couvert de les rendre plus faciles. Plus on communique et moins on se comprend. Ils réussissent aussi le prodige d’amener un nivelage universel, très visible notamment dans l’enseignement. On égalise, bien sûr, mais par le bas, par le plus petit dénominateur commun.

            On se doute que toute cette évolution était inévitable car, comme disent les braves gens : « on n’arrête pas le progrès ». Sans doute, mais sans être trop pessimiste, on peut penser qu’ils n’y a plus qu’à attendre que les retombées s’autodétruisent pour qu’enfin on revienne au « juste milieu » cher au Bouddha et à Lao-Tseu. Si c’est le prochain épisode de l’aventure humaine, celui qui nous attend sous peu, sans doute vaudrait-il mieux s’y préparer.

                                                                         le Chesnay le 20 octobre 1999

                                                                         Copyright Christian Lepère

 

 

"Orgueil de Babel" - détails

"Orgueil de Babel" - détails

335 - Le mythe de Babel
335 - Le mythe de Babel

Donc

je persiste et signe 

en attendant de savoir qui va diriger

d'une main de fer mais avec la plus grande bienveillance

notre beau pays.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 08:20
"Effervescence d'un ciel changeant" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2009

"Effervescence d'un ciel changeant" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2009

Clovis ou l’appel du large

 

           « Un jour je mourirai sans avoir vu Machu Pichu… ». Voilà la triste conclusion qui s’était imposée à son esprit accablé dans sa fraîcheur enfantine. Pourtant Clovis présentait encore bien. Le cheveu grisonnant mais le mollet nerveux et la mâchoire toujours carnassière alors que le temps continuait de s’écouler irrémédiablement piétinant ses illusions à coup d’occasions manquées.

           Pourtant il avait été un jeune homme plein d’allant affamé de découvrir le vaste monde. Mais voilà, qu’après l’ivresse des découvertes dejadis  la vie s’était affadie. Pleine d’obligations convenues et de comportements qui ne l’étaient pas moins.

           Mais remontons hardiment le cours du temps. Replongeons- nous dans les origines de sa jeune sensibilité. Depuis sa naissance dans le 11°, cet arrondissement peu connu de la capitale parce qu’un peu excentré sans être franchement périphérique. Un quartier vaguement anonyme mais riche en découvertes pour qui sait déambuler les bras ballants et l’âme vacante.

           Remontant dans son enfance il se souvenait avec émoi de ses attentes et de ses désirs de vastitude quand, au détour des pages glacées d’une revue de bonne tenue, il découvrait des contrées lointaines au parfum exotique. De la mer noire dont le nom  lugubre le faisait frémir au désert de Gobi de meilleure réputation. Des étendues sableuses cernant les pyramides aux côtes escarpées du Péloponnèse. Du cours majestueux de l’Amazone aux pics altiers des Sierra Nevada de l’Ancien et du Nouveau Monde.

           Parfois on l’emmenait au cinéma. Alors, au détour d’un documentaire, le lent roulis des caravanes berçait son âme et le plongeait dans des torpeurs enivrantes. Les mélopées, les transes d’étranges autochtones se livrant à des rituels mystérieux lui faisaient entrevoir un au-delà de son quotidien.

           Bien sûr cette nostalgie de l’ailleurs, cet appel vers les lointains azurés l’avait entraîné à aller voir plus loin que le bout de son nez ou les murs pourtant joliment décorés de sa petite chambre.

           Déjà tout petit quand sa famille habitait au second étage d’un immeuble de bel aspect, un peu Haussmannien mais sans plus il lui arrivait de céder à la tentation d’aller voir plus loin et plus haut. De poursuivre l’escalade et de finir par atteindre le 5° étage. Etrange expédition ! La spirale obscure de l’escalier devenait plus claire au point d’éclater dans une lumière intense en arrivant en haut. Mais ce n’était pas tout car la topologie des lieux changeait. D’abord le palier était plus étroit, les portes plus serrées. C’est que sous les toits un balcon bordait tout le long de la façade empiétant sur la surface habitable. Mais si les lieux étaient plus petits, ils étaient aussi plus lumineux. Ce n’était pas le paradis mais au moins ses abords. Et il en redescendait dans un état tout imprégné d’une douce exaltation.

           Pour aller à la petite école il avait le choix entre plusieurs parcours. D’abord la voie directe, sûre et approuvée par l’autorité parentale. Ou alors le chemin des écoliers et ses diverse variantes. Ainsi on pouvait longer le square et ses vertes frondaisons, surtout à la belle saison. Mais on pouvait aussi couper entre des immeubles grisâtres et passer par une petite rue dérobée se terminant en impasse. Mais il suffisait d’en sortir par un pas de côté en bifurquant à gauche.  De toute façon c’était l’aventure avec son lot d’inattendu, son exaltation aventureuse ou son morne accablement suivant l’état de ses pensées.

           Quel qu’il fût le trajet permettait aussi de longer quelques devantures, la papeterie où se cachaient des livres étranges parlant d’astronomie ou de sciences très occultes pour une âme puérile. Tout cela pour vous dire que Clovis qui n’était pas né de la dernière couvée s’était toujours senti attiré  par les contrées lointaines où siégeaient avec majesté Machu Pichu et la cordillère des Andes. Celles qui nous promettent monts et merveilles à la vitrine des agences de voyage, mais aussi celles qu’une éducation religieuse de bon ton lui faisait entrevoir. Emporté il rêvait de Jeanne d’Arc la sainte pucelle et autres saints anachorètes perchés sur des colonnes au milieu du désert le plus hostile. Les meilleurs restant en équilibre sur un pied du matin au soir, voire plus pour les plus exaltés. Le Golgotha le terrifiait mais la gloire de Jérusalem au soleil couchant le faisait fondre en actions de grâce. Enfin Rome, lieu de tous les supplices de tous les saints et de leurs camarades d’agonie lui arrachait des larmes de compassion attendrie.

           A l’adolescence il commença à s’émanciper, en profitant pour aller plus loin que la station de métro qui pourtant était le début d’explorations sans fin menant même jusqu’au trajet aérien qui permet de dominer Paris et sa multitude empressée. Et de descendre à Barbès où une foules multicolore et interlope vous plonge dans des ambiances de souk au cœur d’un Orient rêvé, pouilleux et rutilant, digne de Shéhérazade.

           Mais l’air pur de la campagne l’attirait. C’est ainsi que dépassant les abords du hameau où sa famille avait une petite maison qui l’abritait pendant les vacances il  aborda le village qu’il atteignit en vélo. Puis poussant l’audace et reculant sans cesse les limites du possible il fit irruption dans d’autres communes où il découvrit des autochtones bourrus bien qu’ils fusent de race blanche comme lui. Enfin presque tous car la guerre qui les avait poussés vers une terre plus accueillante avait amené des réfugiés sous divers prétextes  qui depuis s’étaient fondus dans le paysage. Ainsi le cordonnier et l’ouvrier agricole étaient-ils devenus des citoyens sans histoires, gaulois comme tout un chacun même s’ils se prénommaient Ibrahim ou Melchior.

           Enfin n’y résistant plus il partit vers les lointains brumeux, les monts du Morvan dont la ligne bleutée l’appelait vers cet horizon qui ne cesse de reculer à mesure qu’on croit s’en rapprocher.

           Mais sa passion était farouche, sa détermination assurée. C’est ainsi qu’il visita l’Europe, du moins celle limitrophe de sa patrie qui restait à ses yeux le centre du monde civilisé.

           Cependant la télévision soutenue par la complicité des autres médias ne cessait d’ouvrir des meurtrières dans les frontières du monde connu de lui. Ainsi il découvrit d’autres cultures et d’autres façons d’envisager notre présence au monde. Tout cela était étrange et bien déroutant. Mais vaille que vaille il finit par acquérir un ordinateur et se retrouva branché sur le Web qui l’entraîna dans sa ronde en le surinformant.

           Et voilà pourquoi il se retrouvait en ce jour de bilan s’avouant qu’il ne verrai jamais Machu Pichu qui pourtant mérite le détour si l’on en croit les personnes bien informées. Je ne peux que compatir avec sa tristesse mais j’espère en sa compréhension. Peut-être arrivera-t-il  enfin à l’évidence que Machu Pichu n’est pas ailleurs, ni plus loin, ni au-delà mais au-dedans au plus profond de son for intérieur et que le chercher ailleurs est tout à fait vain. Si ce n’est désopilant.

 

                                                       Le Chesnay le 5 mars 2017

                                                       Copyright Christian Lepère

"Effervescence d'un ciel changeant" - détails

"Effervescence d'un ciel changeant" - détails

334 Clovis ou l'appel du large
334 Clovis ou l'appel du large

Laissons Clovis à son destin

et en attendant poursuivons le nôtre

dont nous sommes irrémédiablement responsable...

...................................................................?

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 07:57
"Ambiance préélectorale " - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2012

"Ambiance préélectorale " - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2012

Le grand cirque

 

           Appuyez sur le bouton et le spectacle est assuré. En boucle et sans relâche. Sur toutes les chaînes, de BFM tv à ARTE, de la 2 à la 5 on ne peut plus y échapper. Le grand jour approche, l’échéance est inéluctable. L’élection présidentielle est au hit-parade. Qui va diriger notre beau et grand pays, centre du monde et fleuron de l’humanité, pays des droits de l’homme et de l’enthousiasme révolutionnaire ? Qui va reprendre les choses en main d’une main de fer dans un gant de velours ? Relancer la croissance, gommer les inégalités en récompensant les meilleurs, tout en préservant les valeurs traditionnelles les plus délicieusement obsolètes, mais tellement douces à nos cœurs ?

           Qui va résoudre la quadrature du cercle ? Récompenser les actifs et punir les paresseux qui se laissent aller à vau-l’eau. Qui va porter secours à la veuve, à l’orphelin et réconforter le bourreau d’enfant qui ne fait lui-même que réitérer les traitements iniques de ses pauvres parents eux aussi victimes d’un sort implacable.

           Pour triompher chacun a sa méthode, ses convictions inébranlables. L’un prône la rigueur, le courage et l’abnégation en menant pour lui-même un train de vie non dépourvu de superflu. J’entends par là ce qui fait que la vie n’est pas qu’un désert morne et égalitaire dénué de toute fantaisie. C’est bien joli l’égalité, mais tout le monde ne peut pas tout  avoir. D’ailleurs ce serait frustrant. Enfin avouez que c’est plus seyant d’être bien vêtu, sur mesure et dans des étoffes de qualité qui mettent votre sveltesse en valeurs. Admettez aussi que des revenus annexes, peut-être pas totalement légaux vous permettent d’être propre sur votre personne et digne de représenter des smicards justifiant leur  négligence vestimentaire par des soucis d’économie. De la dignité citoyens ! Et soyons fiers de nos élites qui représentent le meilleur de nous-mêmes car elles seront dignes de reposer un jour au Panthéon.

           L’autre, avec une compassion bien féminine veut redonner la parole au peuple et propose à ce dernier l’occasion de se libérer du carcan d’une vaine administration, pléthorique et trop bien nourrie, corrompue et dictatoriale. Et européenne par surcroit. Donc étrangère à toute aspiration hexagonale pour un chez-soi douillet entre gens de bonne compagnie.  C’est un noble projet mais comment voulez-vous le faire aboutir quand une justice inique influencée par le pouvoir en place vous cherche noise au nom de lois rigides dénuées de toute chaleur humaine. Un peu de souplesse ! Un peu de vie ! D’ailleurs la loi ça se discute si l’on a un bon avocat qui comprend vos intérêts. Au diable les magistrats intègres, les perfectionnistes psychorigides, les pisse-vinaigre, les suppôts de la légalité ! Dieu merci si elle arrive au pouvoir elle saura châtier les méchants et les corrompus et assainir les lois qui permettront au bon peuple de marcher à nouveau la tête haute dans des banlieues sécurisées.

           D’autres enfin, plus nuancés allient la chèvre et le chou,  en mélangeant un peu tout selon des proportions variables. Selon leur sensibilité profonde. Ou plutôt celle de leurs conseillers grands experts en décryptage de données numérisées établies à partir de sondages d’une fiabilité irréprochable.

            Mais le résultat de tout ce remue-ménage a un côté positif. Celui de nous mettre en face des ressorts humains qui font mouvoir les candidats. Et c’est là que ça devient éclairant. Car si tous affirment haut et fort être dénués d’ambition personnelle et ne se présenter que pour défendre des convictions indiscutables, qui sont ou  devraient être celles de toute personne sensée et un peu informée, ils ne peuvent s’empêcher de poursuivre en dénonçant la corruption, les magouilles et les alliances douteuses des autres, de tous les autres qu’ils soient de gauche, de droite, du centre ou de contrées plus improbables. Et n’oublions pas les traîtres, les transfuges et les indécis opportunistes.

           Suis-je pessimiste ? Ou simplement blasé… à moins que mon intérêt ne se porte sur d’autres sujets laissant un peu plus d’espoir. Car enfin entre les informations ou les confrontations entre les candidats d’autres émissions parviennent jusqu’à nous. Des documentaires sur les animaux par exemple ou des chercheurs intègres se livrent à des observations fines en s’aidant de tout ce que les techniques de pointe mettent à leur disposition. Caméras miniaturisées filmant sous l’eau ou dans les milieux les plus hostiles, drones survolant un volcan en éruption, micros ultra-sensibles, puces électroniques, balises radio permettant de suivre à la trace des animaux marins et des oiseaux. Et les résultats sont surprenants car on est bel et bien en train de découvrir, preuves à l’appui que les animaux sont beaucoup plus sophistiqués que tout ce que l’on pouvait supposer, que leurs moyens de communications peuvent surpasser les nôtres et que leur intelligence est aussi adaptée à leur morphologie que la nôtre. Bref qu’ils sont différents mais pas totalement inférieurs. Et qu’en tout cas ils nous ont précédés dans l’élaboration de tout ce que l’on croyait être notre apanage. Jusqu’au langage, jusqu’à l’auto observation.

           Je conclurai donc en disant que dans ce domaine au moins il y a de l’espoir, ce qui n’est pas forcément le cas quand je m’installe dans mon canapé devant ma bonne vieille télé. A moins que ce ne soit pour me détendre en regardant les dernières facéties de Donald et de ses petits camarades européens. Mais lui au moins est président et il peut faire ce qu’il dit, enfin… si le congrès est d’accord…

                                                                    Le Chesnay le 17 mars 2017

                                                                     Copyright Christian Lepère 

 

                                                   

"Ambiance préélectorale" - détails

"Ambiance préélectorale" - détails

333 - Le Grand Cirque
333 - Le Grand Cirque
333 - Le Grand Cirque

Hier soir c'était le grand débat entre les principaux candidats.

Au meilleur de leur forme  ils nous ont gâtés!

Alors que dire de plus?

RIEN!

Le spectacle est permanent,

gratuit et à suivre

jusqu'à 

PLUS SOIF!

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 08:08
'Exubérante humanité" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2013

'Exubérante humanité" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2013

L’errant et la minette

Suite et fin

 

             Donc elle allait. Après avoir contourné un sdf qui obstruait le plus court chemin pour accéder à la boulangerie elle s’était offert une petite gâterie. Oh ! Trois fois rien… Un petit pain au chocolat encore tout chaud de la dernière fournée. Puis elle était ressortie non sans avoir payé son dû en menues piécettes jaunes. Ensuite elle avait à nouveau évité le sdf qui quémandait un ticket restaurant et se répandit en remerciements quand elle lui mit dans sa main un billet qu’elle avait pris pour un prospectus plié en quatre dans sa poche de blouson. Trop tard le geste était commis.

             En sortant de la boutique elle faillit heurter un grand gaillard qui s’engouffrait. C’est qu’après avoir déambulé de par les rues encombrées Nathanaël avait ressenti une petite faim et venait se sustenter. Il contourna le sdf et ressorti peu après en se pourléchant d’une barre chocolatée pleine d’énergie revigorante. D’Hermeline il ne restait plus trace, du moins identifiable car elle avait laissé tomber négligemment l’emballage de son petit pain, preuve irréfutable de son passage. Mais parmi les mégots jonchant le trottoir ça restait assez discret.

             Poursuivant son chemin Nathanaël poursuivit en direction de la rue de Seine. D’un œil critique il lorgnait du coin de l’œil les vitrines des galeries exposant des œuvres réputées artistiques. Il y avait de tout sans oublier le reste et parmi cette profusion certaines choses lui agréaient. C’eut été tout différent pour Hermeline qui n’en avait cure et n’appréciait que le calendrier des postes. Et encore parce que son facteur  lui   en avait aimablement proposé un orné de petits chats dans une corbeille et qu’il avait les yeux bleus et une petite boucle d’oreille discrète mais pleine de sous-entendus sur les contraintes de la censure morale qui nous gâche la vie. Et cela plaisait à son âme rebelle

             C’est sur le trajet du retour que nos deux amis, mais qui ne l’étaient pas l’un pour l’autre se croisèrent à nouveau. La rencontre eut lieu, cette fois sur un passage pour piéton. Exalté notre héros s’était précipité pour aider une vieille dame chancelant sous le poids de son cabas plein de choses indispensables à sa survie mais fort lourdes et il avait glissé sur une épluchure, victime de la négligence d’un irresponsable qui l’avait jetée là. A quelques mètres d’une corbeille, ce qui en dit long sur la dégradation morale des gens et contre laquelle Marine, peut-être future présidente de nos destinées hexagonales nous met en garde inlassablement. D’ailleurs le fautif qui avait disparu était originaire de contrées au-delà des mers…

             Mais je n’insisterai pas car Hermeline choquée par la violence de la scène avait détourné le regard et évité d’entrer en collision à son tour. Déjà Nathanaël s’était relevé. La vieille dame était confuse mais sauve. L’épisode était clos. La rencontre n’avait pas eu lieu.

             Je crois bien que d’autres occurrences se sont ensuite présentées. On ne peut pas fréquenter la même ville, fut-elle capitale sans finir par se croiser à un moment ou à un autre. Mais à chaque fois le destin s’est montré  contraire. Jamais il n’a daigné  réunir deux âmes tellement différentes mais qui auraient fort bien pu se compléter comme deux névroses qui s’équilibrent et se compensent. Nathanaël a fini par rencontrer une intellectuelle surdiplômée experte en concepts abscons. Et adepte des outrenoirs de Soulages qui, faute d’être stimulants sont tout au moins d’un grand repos pour l’œil et favorisent sans doute la méditation transcendantale quand elle est pratiquée sous forme de relaxation  informelle.

             Hermeline pour sa part a bien vécu. Ses ambitions n’étaient pas trop grandes et son surmoi relativement fréquentable ne lui faisait pas honte de ses penchants simples et naturels. Cela lui a permis de travailler dans une grande surface sans s’y perdre et de gravir les échelons avec aisance. Elle attend maintenant la retraite et si rien de fâcheux n’intervient elle pourra y arriver. C’est tout ce qu’on peut lui souhaiter. En attendant je vais vous saluer avant de me retirer pour reposer en paix. Alors faites de beaux rêves en attendant demain qui est un autre jour et dont nul ne sait ce qu’il nous réserve.

                                                                   Le Chesnay le 16 février 2017

                                                                 Copyright Christian Lepère

 

"Exubérante humanité" - détail

"Exubérante humanité" - détail

332 - "L'errant et la minette"
332 - "L'errant et la minette"

 

Mais

Je ne voudrais pas retenir votre attention 

avec des futilités 

alors

que le sort de la France

pour ne pas dire son avenir est en train de se jouer

sur les écrans de nos téléviseurs et de nos smartphones en des luttes fratricides implacables!

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 07:50
 - huile sur toile - "L'amour vache" - 100  x 81 cm - 2013

- huile sur toile - "L'amour vache" - 100 x 81 cm - 2013

L’errant et la minette

 

             Avec ses longs cheveux flottants au vent d’automne il allait en grandes enjambées. Ses vêtements un peu rapiécés montraient assez sa condition. Celle d’un errant, d’un dérivant que toute  sécurité a fui. Dans sa tête exaltée des milliers de pensées s’entrechoquaient en mêlant leurs circonvolutions exaltées. C’était un labyrinthe de questionnement, une foire d’empoigne pour argumentations spécieuses, une redondance de points de vue antagonistes. Rien n’aurait pu dépasser en invraisemblance cet assaut de justifications contrariées ! Rien ! Pas même le spectacle de nos élus s’acharnant à rallier les suffrages pour accéder au poste suprême, devenir président de tous les Français.

             Eussiez-vous voulu être à sa place ? Sans doute pas car les prestations les plus musclées de Donald, l’homme le plus puissant du monde  vous accablent par leur efficacité douteuse, victime qu’il est de l’incompréhension de ceux à qui il veut éviter le pire. Et qui ne sont que des ingrats.

             Peut-être préfèreriez-vous vous prélasser au soleil. Et coincer la bulle en dégoisant sur les copains. Après tout ça ne fait de mal à personne et ça permet d’avoir une meilleure opinion de soi-même. C’est tout bénéfice je vous assure.

             Pour sa part, car c’est bien de cela qu’il s’agit, il ne pouvait faire autrement. Il le faisait donc…

             De son côté, dont je ne pourrais rien vous dire n’ayant pas eu accès récemment à ses opinions politique, pour autant qu’elle en ait eu, Hermeline avait un prénom charmant. Pas très grande mais toute en rondeur judicieusement réparties, elle se déplaçait d’un point à un autre avec une démarche chaloupée qui balançait ses courbes avec langueur. Mais vous voyez fort bien ce que je ne veux que suggérer. Sans vous imposer le moindre point de vue… d’ailleurs discutable si l’on est salafiste intégriste et soucieux de l’avenir de son âme.

             Elle promenait donc sa vacuité souriante avec une nonchalance non feinte à moins que ce ne soit très bien imité. Ce n’est pas elle qui aurait été couper ses cheveux en quatre car leur longueur soyeuse aurait découragé toute intervention en ce sens. Tout au plus se permettait-elle de se peindre les ongles des doigts de pied avec des couleurs très pop. Parfois, portée par l’inspiration elle y ajoutait même la frimousse de Mickey ou de Donald en décalcomanies finement transférées. Ce qui suscitait la jalousie de sa petite sœur dont les moyens financiers  plutôt  réduits étaient dévolus à d’autres priorités nécessaires à son train de vie d’adolescente.

             Mais Hermeline n’aurait pas été se compliquer la vie en vaines interrogations, ni cherché le pourquoi d’un comment qui s’imposait tout naturellement. N’ayant nul chat à fouetter ni de questions existentielles à résoudre de façon impérative elle poursuivit donc son petit bonhomme de chemin. Comme ça. En humant l’air frais d’une belle fin d’après-midi citadine toute enveloppée de pollution aux particules fines. Mais si fines et si coutumières que leur absence lui eut été un manque, une béance dans son quotidien, un manque de repère débouchant sur l’inquiétude. Un viol de son intimité subjective.

             La vie était-elle belle ? La question n’était guère pressante. Il suffisait de se laisser aller. De faire confiance à un destin propice. D’ailleurs son horoscope était formel, elle finirait bien par trouver ce qu’elle ne cherchait pas. Puisqu’elle n’en avait pas le moindre soupçon…

             Mais Nathanaël N’avait que mépris et condescendance pour quiconque ne s’inquiétait pas. Comment peut-on vivre sans se demander de quoi il retourne et à quoi peut bien servir ce long détour de l’existence ? De la naissance à la mort que de stérile agitation, que d’attentes enfiévrées, que d’espoirs déçus ! Et tout cela pour revenir à la case départ sans avoir rien compris ni rien oublié. Horreur et calamité ! Funeste déréliction !

             D’un point de vue concret et immédiat il n’était pas serein après avoir raté le bus qui devait l’emmener au Quartier Latin. Et pourtant il l’avait attendu mais au dernier moment le vertige engendré par la chute de reins d’une donzelle en baskets fluos l’avait distrait et détourné de son intention première. Que voulez-vous c’est humain ! Que celui qui n’a jamais failli lui jette la première pierre. D’ailleurs où la saisir dans ce monde urbain qui cache ses pavés sous une couche  d’asphalte impénétrable ? Donc personne ne l’avait lapidé mais il avait vu le bus redémarrer sous ses yeux incrédules. Ça lui apprendrait à se laisser aller à ses pulsions primaires indignes d’un intellectuel évolué qui lit Kant dans la version originale non expurgée.

             Ensuite il avait évité les bouches de métro dont l’haleine post prolétarienne déplaisait à ce tenant de l’écologie tout régénéré de nourritures  bio. C’est une chose d’avoir besoin de la capitale et de son effervescence culturelle, c’en est une autre de se laisser polluer par des miasmes nauséabonds. Dès le départ de son domicile, fixe ou presque, il avait négligé l’usage de sa mobylette et préféré la marche à la facilité pour se diriger droit vers son avenir qu’il souhaitait culturel et partagé avec des élites de lui seul connues.

Mais rien ne lui avait été dévoilé. Il était donc prêt à tout, relevant les défis et profitant des occurrences qui parsemeraient son périple.

             Pour Hermeline c’était plus simple. La fraîcheur limpide de son âme et sa confiance dans la providence guidaient ses pas vers un devenir inconnu mais plein de promesses. Après avoir fait quelques emplettes, renouvelé sa garde-robe  avec l’achat d’un jean finement lacéré autour des genoux qu’elle avait  charmants, mais juste ce qu’il faut pour ne pas être jugée has-been et reléguée au rang des vestiges de l’avant-dernière mode. Sans être non plus une fashion victime un peu snob. Elle y avait adjoint un tee-shirt particulièrement sémillant orné d’une tête de mort très graphique couronnée de roses d’un style gothique du meilleur goût. Mais toujours sans excès ni retenue exagérée. Et sans aucune inscription péremptoire affirmant des opinions discutables pouvant attirer des remarques désobligeantes. Tout cela était convenable et cependant libéré des tabous d’une société aliénante dans sa normalité intrinsèque.

             Moderne elle l’était. Moderne elle s’obstinerait à perdurer. Donc elle allait insouciante et libre. En sens inverse et selon sa logique propre Nathanaël venait à sa rencontre. Allaient-ils se rencontrer ?

Peut-être le saurez-vous la prochaine fois si mon état de santé me  permet de vous en dire plus. 

                                                                            La suite au prochain numéro

"L'amour vache" - détail

"L'amour vache" - détail

331 - L'errant et la minette
331 - L'errant et la minette

La suite vous intéresse?

Alors

rendez-vous ici la semaine prochaine!

A bon entendeur...

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 08:12
330 - Catherine Pearce

Catherine Pearce

 

             Un jour un ami m’a parlé d’une personne de sa connaissance prodiguant des soins énergétiques. J’avais sur le sujet des notions assez vagues. Malgré cela la fréquentation assidue d’un acupuncteur m’avait habitué à une approche un peu subtile de la physiologie. En tout cas assez pour remettre en question les belles certitudes des réductionnistes contemporains qui prétendent ramener tout effet tangible à l’action de molécules et aux performances de la chirurgie. Bref à tout ce  qu’ils expérimentent et en quoi ils ont une foi aveugle.

             Je me suis donc rendu à l’adresse indiquée. D’emblée je me retrouvais plongé dans une ambiance un peu étrange mais curieusement familière. Comme si je revenais chez moi après quelques détours. L’appartement débordait d’objets disparates accumulés mais avec un souci évident d’harmonie dans le bric à brac. J’avais l’impression   d’être dans les réserves d’un brocanteur passionné et vivant dans le monde convenant à sa sensibilité. Ce n’était donc pas qu’une accumulation de bibelots, de luminaires et de sièges, mais un ensemble cohérent formant le cadre de vie d’une personne peu ordinaire.

             Ajoutez à cela que la littérature remplissait bien des rayonnages sur des sujets qui m’importent, Art, psychologie, poésie attestant d’un esprit curieux et ouvert. Catherine, l’occupante de cet endroit un peu magique ornait aussi les murs de ses productions picturales. Celles-ci, visiblement faites par une personne très spontanée n’étaient pas indifférentes. Mais les mots sont impuissants pour expliquer le charme de la profondeur   et de la sincérité. Même si la technique avoue ses limites.

             L’ambiance était donc au mystère, mais sans aucun sentiment d’inquiétude ou de malaise. Non, c’était le mystère de l’intériorité accueillante, impression renforcée par un éclairage discret de nombreuses petites lampes et bougies palpitant dans l’obscurité.

             Mais j’en viens à Catherine, âme et gardienne du lieu. Dotée d’une capacité inhabituelle à communier avec les énergies subtiles de ceux qui lui font confiance, elle se consacre à les accueillir pour les aider dans leur cheminement. Ce point de vue qui peut paraître naïvement optimiste repose sur une manière de vivre que d’aucuns jugeraient désuète. C’est qu’elle assume toutes les conséquences d’une attitude ouverte et sans calcul même inconscient. Il s’agit d’un lâcher-prise digne du zen le plus pur. Innocence ou sagesse profonde ? A vous de voir…

             Pour ma part j’ai le sentiment d’avoir trouvé une thérapeute dans le sens le plus plein du terme. Quelqu’un qui peut vous aider à vous soigner vous-même, à vous découvrir. Mais voilà le mot est lâché : se découvrir, se connaître, donc accepter de perdre ses illusions et ses fausses certitudes. Bref tout ce qui nous permet de faire semblant et de nous mettre d’accord avec la société et son idéologie dominante. Tout ce qui permet aux candidats à l’élection présidentielle de tenter de se faire élire. Avec toute la fausseté et la démagogie indispensables pour obtenir des chiffres de sondage encourageants.

             Que dire de plus ? Tout simplement qu’en cette époque de libéralisme sauvage et de recherche de profit immédiat, l’exact contraire existe et que, même marginal pour l’instant il n’est pas impossible qu’il finisse par imposer sa sagesse.

Le monde actuel est infiniment complexe et contradictoire mais son âme profonde est en train de se réveiller. A sa manière et à son rythme et sans hâte superflue.                                                                       

 

                                                              Le Chesnay le 21 février 2017

                                                             Copyright Christian Lepère

 

330 - Catherine Pearce
330 - Catherine Pearce
Christian Lepère - "Terres en friche" - Gravure à l'eau-forte - imprimée sur Arches Demi-Jésus - 1982

Christian Lepère - "Terres en friche" - Gravure à l'eau-forte - imprimée sur Arches Demi-Jésus - 1982

330 - Catherine Pearce

Après ce petit intermède

dans le vécu

vous aurez droit 

a un peu de délire banalement vraisemblable.

Si tout va bien et si rien de fâcheux ne vient s'immiscer...

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 08:49
"Le temps qui passe" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

"Le temps qui passe" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

détail

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Les grandes oreilles du monde

 

           Etabli sur l’ile de Porto Rico le radiotélescope d’Arecibo est le plus grand du monde. C’est du moins ce que j’ai cru jusqu’à ce jour car Wikipédia vient de m’informer des dernières performances en ce domaine. C’est en septembre dernier que les Chinois ont inauguré le FAST qui a pour sa part 500 mètres de diamètre. Et pendant ce temps en Inde  un énorme complexe comportant 30 paraboles  bat tous les records en multipliant les sources d'informations interconnectées.  

           Où va-t-on s’arrêter dans cette progression folle ? Nul ne le sait mais il est certain que le besoin de connaître le vaste monde est un moteur implacable qui ne se laisse pas débrayer. D’ailleurs avons-nous le choix ? L’actuelle prise de conscience des limites de notre planète et de ses ressources non renouvelables, l’évidence flagrante de la déraison humaine qui s’obstine pour le moment à tout gaspiller, la vitalité exubérante de Donald, 45ème président des Etats-Unis d’Amérique, les égos exacerbés des dirigeants et de tous ceux qui leurs délèguent le pouvoir pour se prémunir contre les autres nous montrent la complexité et l’irrémédiabilité du probléme. Mais j’ai dit  les autres ? Quels autres ? Ceux qui par pure malice et esprit de contradiction veulent imposer leurs vues complètement stupides et d’ailleurs indéfendables pour qui sait de source sûre combien ils ont tort…Enfin tout ce qui fait que le monde continue de s’agiter en querelles intestines et encourage l’enthousiasme des opposants  ivres de vouloir en découdre. Mais une fois de plus je vous parle de l’ego qui voudrait tant avoir le dernier mot et rêve d’une toute-puissance qui lui permettrait d’anéantir le mal à sa source. Ah ! Comme la guerre est jolie quand elle nous prépare des lendemains qui chantent.

           Mais reprenons pied. Depuis quelque temps je m’intéresse aux OVNIS. Non pas de façon directe ou anecdotique n’ayant jamais eu l’occasion de constater personnellement des faits troublants. Vous savez de ces faits qui mettent du piment dans le quotidien et vous permettent de vous faire mousser en exhibant sous les yeux de vos copains rigolards la photo non retouchée d’un petit homme vert qui a daigné vous rendre visite de façon inopinée. Non, pas de preuve, pas de scoop, pas de lueur suspecte aperçue depuis mon balcon. Nulle rumeur persistante non plus. Donc rien ! A part internet. Car c’est sur la toile que je m’informe. Au moins dans cette mouvance ou tout ou presque est disponible et n’attend que votre approbation ou votre dédain outragé. C’est d’ailleurs là que divers forums permettent à des gens qui ne connaissent que leurs pseudos de s’insulter avec enthousiasme en rebondissant sur les arguments les plus spécieux, les moins démontrables donc souvent les plus convaincants.

           Mais parmi cette masse d’informations certaines paraissent moins invraisemblables que d’autres. Ce qui ne veut pas dire qu’elles soient prouvées, mais que tout au moins les gens qui les avancent peuvent bénéficier du doute, être présumés innocents et de bonne volonté.

           La liste serait longue des canulars montés sciemment et des naïvetés des braves gens qui ont tellement besoin de croire. Bien sûr un militaire, même de haut grade et retraité, donc plus libre de divulguer les informations qui fâchent n’est pas automatiquement crédible. Un pilote de chasse chevronné averti de sa subjectivité et des illusions de ses sens peut se laisser aller à divaguer pour de multiples raisons. Mais enfin il est plus crédible que le garagiste de Vaisons -la -Romaine qui ne connaît bien que les véhicules à lui confiés par ses clients pour réparation et qui ne fait pas bien la différence entre de surprenants phénomènes naturels et l’irruption de technologies venues d’ailleurs. Ce qui est plus douteux pour un professionnel chevronné qui a eu l’occasion de manipuler un chasseur furtif de dernière génération aux performances surprenantes.

           Mais les connaissances progressent et lorsqu’ une sonde spatiale se permet de se poser sur une comète pour y prélever des échantillons dûment analysés, il est certain que cela peut accréditer des hypothèses jusque-là bien aléatoires. Ainsi l’on sait qu’une comète est composée de glace et de poussière, que cette dernière formée d’eau peut contenir des éléments pré-biotiques dont la conjonction pourrait finir par former de la matière vivante.

           L’idée suivante est que la vie ne s’est peut-être pas développée spontanément sur terre, ce qui est pour le moment l’opinion officielle, mais aurait bénéficié de l’évolution ayant eu lieu ailleurs. Où ça ?  Mais plus loin, au-delà de nos limites habituelles…Comme le nombre d’exo-planètes ne cesse d’augmenter, l’hypothèse de l’apparition de la vie un peu partout dans la galaxie et ailleurs devient de plus en plus plausible.

           C’est, entre autres, pour cette excellente raison qu’on a construit le radiotélescope d’Arecibo. Car, foin des hypothèses même brillantes et ingénieuses la science se doit de vérifier toutes les idées qui peuvent venir aux scientifiques. Observer, enregistrer, analyser et petit à petit arriver à des certitudes. Mais c’est oublier la pesanteur psychologique. C’est occulter à quel point nous tenons au consensus qui permet de vivre en société sans risquer de déstabiliser les braves gens en donnant des coups de pied dans leurs béquilles, en l’occurrence les préjugés qui permettent de croire à des certitudes…discutables. Donc on s’est mis à capter les ondes radio qui nous proviennent du cosmos. Puis, dans la foulée on a été jusqu’à envoyer un message en direction d’éventuels êtres évolués perdus comme nous au sein d’un monde incommensurable. Sans résultat pour le moment…mais on ne s’y attendait guère ! Le petit jeu de la bouteille lancée à la mer donne rarement des résultats spectaculaires. Enfin le fait qu’on ait essayé prouve que l’idée n’était pas totalement absurde.

           Que dire de plus ? Chercher à se rassurer tient de l’instinct de survie et ne saurait être reproché. Mais l’attitude juste est sans doute de continuer à chercher quitte à risquer de perdre ses chères illusions si l’on est rêveur ou, plus prosaïquement son fonds de commerce si l’on est un esprit rationnel et cartésien un peu  psychorigide et fermé à toute idée de transcendance. Car cette dernière a très mauvaise presse dans notre monde de consommation qui se veut utilitaire, pragmatique  et délivré de toute préoccupation qui pourrait nuire à la reprise de ses affaires.

                                                                    Le Chesnay le 10 février 2017

                                                                    Copyright Christian Lepère

329 - Les grandes oreilles du monde
329 - Les grandes oreilles du monde

Persisterez-vous à être à l'écoute?

J'en aurai encore de bien bonnes 

a vous raconter

la prochaine fois...

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 08:40
328 - Retour de la chaîne des Puys - suite et fin

 

Retour de la chaîne des Puys

Suite et fin

 

           Au fil des circonstances j’ai pu m’entretenir avec les uns et les autres et découvrir leur originalité irremplaçable.

           Dès l’entrée on découvre Michel Bassot qui a de la bouteille mais dont la fraîcheur juvénile s’appuie sur une maîtrise technique complexe. Ainsi il se permet de faire poser des modèles vivants dans des postures acrobatiques extravagantes sans recourir aux facilités offertes par la photo, ce que d’autres se permettent sans hésitation alors que quelques exaltés négligeant les garde-fous se lancent dans des improvisations sans filet mais non sans talent.

           Andrée Bars, l’Invitée d’Honneur, possède un métier d’une précision admirable, toute en finesse et en sensualité. Etrangement elle a retouché son tableau après l’avoir donné à reproduire dans le catalogue. Et l’amélioration est évidente…Pardonnez-moi de vous montrer la version incomplète.

           David de Graef est un personnage truculent au physique de bon vivant mais au comportement imprévisible. Curieusement il réalise avec un raffinement extrême des sujets improbables pleins d’anatomies convulsées traduisant toute l’ambivalence des pulsions humaines. Il est Belge comme Michel Barthélémy qui en pédagogue impénitent et curateur de ce salon n’oublie cependant ni la sensibilité ni l’humour. Enfin Jef Bertels vient des mêmes horizons pour nous plonger dans des paysages fantastiques peuplés de créatures venues d’ailleurs. Sa matière est riche et sa palette délicatement nuancée.

           Tony Quimbel est un grand professionnel qui enseigne ce qu’il pratique. Son métier est impeccable, sa rigueur et son savoir-faire à la hauteur de son idéal. En n’utilisant que les trois couleurs primaires il obtient une richesse chromatique remarquable et la perfection du travail le rapproche des maîtres du trompe-l’œil.

Mais laissons-nous glisser vers le Sud pour y trouver le Romain Giorgio Brunacci. Issu d’une tradition toute de beauté et d’harmonie il nous charme avec des tonalité d’ocre et de terre de Sienne en nous emmenant en Toscane. Les encadrements qu’il réalise lui-même habillent somptueusement ses fantasmes. C’est aussi le cas de Bruno Altmayer qui enrichit le pourtour d’œuvres multiples et complexes avec des assemblages de matériaux récupérés complétant le sujet principal. C’est plein d’idées et la réalisation est à la hauteur bien que fortement chronophage. Mais il faut savoir ce qu’on veut…

           Si Monica Fagan nous plonge dans un univers musical peuplé de reines de légende et de divas, c’est dans des décors d’opéra riches en personnages costumés. L’ambiance est plutôt celle du carnaval de Venise avec ses fastes et ses atours. A l’opposé se tient Thierry van Quickenborne, venu du Nord, du froid et de la rigueur. Nous sommes pourtant dans un monde de rêve, oui mais de rêve étrange, désert et inquiétant. La technique est parfaitement adaptée : précise, géométrique et rigoureuse cependant enrichie par l’élégance de réminiscences Modern Style qui viennent adoucir un univers pas toujours très accueillant.

           A côté le monde d’Howard Fox est un Jardin des Délices ! Ici nous sommes en présence d’images enluminées somptueuses. Certains le classeraient dans les naïfs. Attention ! Ce n’est pas une critique car c’est merveilleusement réalisé, plein de charme et d’une ingéniosité déconcertante. Quand l’anecdote est poussée à ce point elle devient grandiose.

           Jean-Marie Gasteuil est aussi un de ceux qui se laissent visiter par l’inspiration et accueillent le surgissement de l’inattendu. Cela repose évidemment sur l’acquis d’un métier très sûr. Cependant il lui arrive de se soumettre à des modèles et c’est étrange de voir à quel point il peut respecter les plis d’un vêtement surtout s’il s’agit d’un sari dont les motifs traditionnels sont alors scrupuleusement reproduits.

            J’en arrive maintenant à Marifey, sculptrice Belge qui travaille la porcelaine de Limoges pour en faire des objets étranges, sortes d’Ovnis réellement non identifiés qui peuvent laisser perplexe. Mais l’esthétique est subtile, le métier impeccable et on peut se laisser visiter par un certain mystère. Celui de la création qui vient du plus profond.

           Enfin pour terminer « The last but not the least… » Christophe Vacher qui vient d’obtenir le « Trophée Apocalypse Dore ». Né en Auvergne et vivant aux Etats-Unis il a traversé l’Atlantique pour venir se joindre à nous. Formé par le cinéma, la B.D. et les techniques digitales il a réalisé une peinture très classique prouvant que le modernisme et la tradition sont parfaitement conciliables. Le prix lui a été décerné pour une peinture discrète mais fort attachante si l’on y prête attention.

En voici le sujet : dans les Thermes du Mont Dore parfaitement restitués se dresse en haut d’un escalier une femme élégante et énigmatique. Peut-être est-elle notre muse ? Celle qui nous enjoint d’aller rechercher nos racines au-delà de tous les délires de la modernité ? A nous de la suivre et de nous laisser guider hors de la vaine agitation de notre vieux monde qui n’en peut plus de se caricaturer lui-même et de se nier dans l’autodérision de l’art officiel.

 

                                                    Le Chesnay le 6 Février 2017

                                                    Copyright Christian Lepère

328 - Retour de la chaîne des Puys - suite et fin
328 - Retour de la chaîne des Puys - suite et fin

Voilà

Vous savez tout... ou presque!

Alors

Rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles aventures

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