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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 13:31

J'ai la joie et l'honneur

de participer

au salon

de

St Léonard de Noblat

Vous y êtes cordialement invités

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 09:19
"Feu d'artifice" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1987

"Feu d'artifice" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1987

Intermède bourguignon

 

               Le ciel est gris et bas. Depuis ce matin il bruine. Pourtant elles sont là bien alignées sur les fils électriques. Toujours aussi menues, toujours aussi vives, les hirondelles se rassemblent en vue de leur départ vers des contrées lointaines et plus propices. L'Afrique les attend.

               Dans mon enfance c'était une sorte de rendez-vous. En ces temps lointains la rentrée était le 1er octobre et septembre assurait la transition. Les jours raccourcissaient de plus en plus et le soleil souvent voilé se faisait plus bas, plus discret, sombrant dans des crépuscules mystérieux, parfois rougeoyants et souvent précédés d'ambiances dorées voilées de nostalgie.

               Mais des ribambelles de petits migrateurs sont pour lors en train de tournoyer sur le hameau. Et c'est toujours surprenant de les voir d'abord si calmes, alignés comme des images, sans un frémissement et tout à coup s'élancer en tourbillonnant pour accomplir des arabesques pleines d'exubérance. L'explosion est soudaine, le ballet harmonieux bien qu'imprévisible. Il dure l'espace d'un instant et puis tout le monde se repose sur le perchoir le plus proche, fil téléphonique, poteau ou antenne radio de la télévision. En attendant le prochain élan.

               Pour des raisons très personnelles et qui n'intéressent personne je viens d'arriver en Bourgogne pour en repartir demain. Après l'autoroute et les paysages vallonnés baignés d'une petite pluie discrète, incessante et parfaitement inutile pour la végétation j'arrive à la sortie d'Auxerre. C'est là que m'attend mon vieux copain : le péage. Après avoir bénéficié d'un trajet rapide et sans histoire voilà qu'il faut payer pour le service rendu.

               Mais rien n'est simple ! Jadis une personne humaine, souvent aimable et tout au moins polie recevait votre obole. Mais on n'arrête pas le progrès et tout doit être cadré suivant des normes précises. On a donc supprimé la caissière pour laisser place au robot.

               Celui-ci n'accepte plus que les cartes bleues ou à la rigueur des espèces. Oui mais voilà… Pour régler 9 € et 20 centimes on serait tenté de mettre des pièces. Impossible ! Seuls les billets sont acceptés. J'en mets deux de 5 €. Ils me sont restitués sans explication. Je les remets ...Ils me reviennent...Il ne me reste plus qu'à introduire un billet de 50 € qui est avalé goulûment. Alors la suite relève du comique de répétition car j'y ai déjà eu droit en ces lieux par le passé. La machine ne rend la monnaie que sous forme de pièces et pour rembourser 40 € et 80 centimes ça fait beaucoup même si les 2 € sont majoritaires. Le bruit est intéressant. La manœuvre pour récupérer ce tas de pièces sans en faire tomber sous les roues de la voiture l'est également. Enfin ça reste faisable et il est vrai que ça ajoute une petite note de fantaisie dans ce monde où tout est normalisé au nom de la rentabilité.

 

                                                       La Brosse Conge le 5 septembre 2016

                                                       Copyright Christian Lepère

"Feu d'artifice" - détail

"Feu d'artifice" - détail

"Feu d'artifice" - détail

"Feu d'artifice" - détail

Affaire à suivre

de retour dans la région

parisienne.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 14:25
"Eternelle histoire" - dessin aquarellé - 46 x 122 cm - 1994

"Eternelle histoire" - dessin aquarellé - 46 x 122 cm - 1994

Passé si présent

 

              Depuis peu le passé lui revenait par bouffées. Le moindre souffle de vent à un carrefour, la moindre senteur humée au détour d'un chemin creux, la plus légère altération atmosphérique et d'autres variables encore plus discrètes venaient réveiller sans crier gare les souvenirs les plus enfouis au fin fond de lui-même. Ses souvenirs d'enfance tapis aux confins  oubliés de son jeune âge ou de ce qui avait fait suite, de la pré adolescence à l'âge le plus mûr, se mêlaient en un fouillis anachronique sans soucis d'ordre ou de chronologie. Sans queue ni tête. Sans foi ni loi oserais-je dire si la notion morale n'était en ce domaine totalement hors-sujet.

              Certes il l'avait un peu cherché. C'est qu'on ne peut impunément essayer de faire le point et jauger ce que l'on est devenu sans un réveil progressif et parfois violent de tout ce qu'on a vécu et qui a tissé notre histoire. Tout ce qui nous a fait en quelque sorte le héros d'une histoire unique et irremplaçable. Infiniment importante à nos yeux puisque c'est la nôtre.

              Il en était donc là et que cela se soit passé à la campagne dans la douceur vallonnée de la France profonde ou au cœur de la capitale, sans cesse surgissaient des pans de son histoire parfois notables d'un point de vue officiel et homologué mais souvent infimes et saugrenus. Enregistrés cependant, allez savoir pourquoi, en attendant leur heure pour le submerger à nouveau de leurs effluves de nostalgie. Car le passé révolu sait nous faire croire à ses histoires et nous les rend si chères.

              Parfois c'était une bouche de métro exhalant sa puissante odeur d'humanité, à moins qu'une odeur de légume frais ne vienne titiller ses narines distillé par un étal en plein air. Vous savez, un de ceux que tiennent encore des maghrébins ou d'autres immigrés venus d'encore plus loin et dont la boutique reste ouverte quand tous les hyper- marchés ferment leurs portes pour se réapprovisionner et accorder un peu de repos légal aux caissières dont le confort leur incombe.

              Certains endroits étaient privilégiés. Ainsi le vieux cimetière communal où chaque monument, chaque croix et la moindre inscription à moitié effacée lui rappelaient tant de disparus, des plus proches parents aux amis d’enfance fauchés par leur destin bien avant l’âge réglementaire. Donc des jeunes, des vieux et des intermédiaires entre deux âges.

              A chaque pas, à chaque arrêt le passé se manifestait par touches discrètes ou plus impératives, accompagné de tout un éventail de sentiments, du doux-amer au franchement cocasse en passant par toutes les nuances du tout-mêlé et du contradictoire.

              La campagne ne lui était plus d’aucun repos. Qu’il fît beau ou que le temps se soit gâté, tout s’évertuait à ranimer des traces de vie dans sa mémoire. La moindre fuite d’un lézard entre des pierres disjointes, le plus infime bourdonnement d’abeille, la plus exquise senteur de chèvrefeuille rallumait en sa mémoire des étincelles crépitantes sur fond d’ombres portées sur des rumeurs enfuies.

              Qu’il marche sur la route surchauffée, dans un sentier humide envahi d’herbes folles ou qu’il flâne au bord de la rivière, tout lui était occasion de renouer avec du très ancien, de revivre du déjà vu et de replonger dans les labyrinthes du temps jadis.

              Mais tout cela n’était qu’avant-propos. Et il le savait bien, car comment faire vraiment connaissance avec soi-même sans avoir exploré tout ce que la vie nous a proposé de connaître. Et elle y a mis du cœur. Inlassablement elle nous a plongés dans tant de circonstances. Dans sa créativité délirante elle n’a eu de cesse de nous imposer tout ce qui pouvait être expérimenté. Or le domaine est vaste, autant que le monde peuplé par nos semblables. Car nous sommes tellement plus,  nous que la vie quotidienne s’évertue à cantonner dans un petit rôle bien reconnaissable, fût-il celui d’un créatif délirant ou d’un acteur capable d’incarner des rôles de composition à la limite de l’improbable.

              Il comprenait maintenant que rien de ce qui est humain ne pouvait lui être étranger et que ce qu’il récusait avec véhémence ou traitait par la dérision  faisait aussi partie de sa profondeur. Mais le bel été se terminait. L’année finirait bien par boucler son circuit et d’autres suivraient…peut-être ? Mais nul ne sait ce qui va encore lui advenir et que la transcendance lui prépare avec soin.

              Pour lors il erre de strate en strate dans le mille feuilles du passé. Tel un mineur il découvre au hasard de son exploration de multiples pépites qui dormaient sous terre. Bien sûr toutes ne sont pas brillantes et façonnées. Beaucoup sont encore dans leur gangue, cachées sous des aspérités brunâtres. Elles reposent telles les truffes qu’un sol périgourdin recèle sous l’humus entre les racines. Mais qu’importe, la fouille s’approfondit et il approche du fond. De subconscient plus ou moins conscient en inconscient des grandes profondeurs de nouvelles couches se révèlent toujours plus enfouies, toujours plus vastes. De moins en moins personnelles elles gagnent en humanité. C’est par les racines que se révèlent les connexions aux autres, à tous les autres, frères et sœur de misère et de gloire.

              Alors il se sent moins seul et c’est d’un cœur plus léger qu’il continue à creuser jusqu’à ce que la prison privée de fondation s’écroule en avouant son illusion. Mais pour lors il n’en est pas là. Alors patientons, on finira bien par voir.

 

                                                   La Brosse Conge le 24 août 2016

                                                   Copyright Christian Lepère 

"Histoire éternelle" - détail

"Histoire éternelle" - détail

"Histoire éternelle" - détail

"Histoire éternelle" - détail

Fini le bronzage!

Maintenant

il faut 

se

remettre

au travail sans attendre.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:48
"Baignade autorisée sous toute réserve" - dessin aquarellé - 28 x 39 cm -

"Baignade autorisée sous toute réserve" - dessin aquarellé - 28 x 39 cm -

Guy Ribes

Peintre faussaire

 

 

               C'est un étrange personnage que Guy Ribes. Né d'un père qui tenait une maison close à Roanne, joliment appelée « Hôtel du Cheval Blanc », il passa sa jeunesse dans la région Lyonnaise. Mais la société évolue, les mœurs changent et la loi Marthe Richard  vint mettre fin à cette époque feutrée. Ses parents emprisonnés, le futur génie mystificateur est recueilli en internat et initié à la peinture par un père Jésuite.

               C'est le début d'une vocation. Après avoir un peu roulé sa bosse dans la marine et vécu à Athènes il se met à créer des œuvres à la manière des peintres français de son époque. C'est sa rencontre avec un professionnel qui le lancera dans l'élaboration d'une abondante production de seconde main.

               Habile, décomplexé et doté de peu de scrupules il va alors se couler dans la peau des grandes figures de l'art moderne. Souple et inventif il ne va pas recopier platement mais créer des compositions originales à la manière de...Et c'est là que la connaissance des profondeurs humaines va nous fournir quelques indices.

               Si l'homme moderne croit et tient à quelque chose, c'est bien à sa personnalité. Et c'est sur cela que s'est établie la fabuleuse notoriété des « génies novateurs » du début du 20ème siècle. Bousculer les règles, tout remettre en question et n'en faire qu'à sa tête. C'est ainsi qu'ont pratiqué Matisse, Picasso et bien d'autres un peu moins célèbres. L'ennui est que tous ces braves gens, génies auto-proclamés ne se sont pas toujours donné les moyens d'assurer une qualité suffisante. C'est bien gentil de vouloir se libérer de toutes les contraintes mais c'est oublier qu'un certain socle de connaissances et un minimum d'exigence technique sont indispensables pour construire une œuvre.

               On a donc tout remis en question et depuis Van Gogh et Cézanne les dérapages ont été incessants. Après avoir largué les sujets religieux puis les sujets tout court, on s’est attaqué à la représentation plus ou moins convenue du monde visuel qui nous entoure. Fort bien ! Car il était temps de se libérer des conventions pesantes et dogmatiques de l’art officiel. Après les règles de composition et l’harmonisation des couleurs on en est donc arrivé à vouloir s’affranchir de toute contrainte. La voie était grande ouverte vers l’abstraction dénuée de  références  à une éventuelle réalité ne dépendant pas de la simple fantaisie du créateur. La liberté se devait donc d’être sans frein et sans limite. Vaste programme mais sans garde-fou à une époque où chacun se veut libre et autonome. On s’est donc lancé dans l’abstrait où nul modèle n’est à respecter. Cette quête éperdue menait tout droit à la toile blanche puis au cadre vide qu’Yves Klein pratiqua avec enthousiasme. On en arrivait au n’importe quoi déguisé en quête métaphysique et où le seul bénéfice était de pouvoir s’affirmer en tant qu’esprit libre de tout préjugé. Sans doute cherchait-on l’absolu sans se donner la moindre chance d’y parvenir. Bien sûr l’Art Contemporain le plus officiel, encouragé par les pouvoirs publics ne pouvait ensuite poursuivre que dans cette direction. L’artiste tout puissant ne dépendant que de lui-même pouvait enfin affirmer n’importe quoi sans risquer d’être contredit, si ce n’est par quelques attardés accrochés désespérément aux références d’un passé devenu totalement obsolète. Exit Michel-Ange. Au diable Breughel et ses continuateurs

               Un pas restait à franchir, se libérer du visuel. On en arriva donc au concept pur, celui qui n’a même pas besoin de se concrétiser dans une forme soit banale , soit élaborée. La chose importe peu  quand on en est plus à chipoter sur  des subtilités byzantines dignes de Bouvard et Pécuchet. Bien sûr l’Art Contemporain le plus officiel, bardé de références prestigieuses ne pouvait ensuite poursuivre que dans le sens du radicalisme au point de consacrer une exposition prestigieuse au thème du Vide dans les bâtiments officiels du musée des Arts Décoratifs.

               Entre-temps l’art réel semblait avoir disparu au moins de façon médiatique. Mais c’était oublier la profondeur subsistant derrière la façade. Donc il perdurait telle une forêt cachée par l’arbre  des conventions officielles. Car dans les époques les plus délirantes le bon sens subsiste, caché mais tenace et attendant son heure en faisant le gros dos.

               Mais le temps passe et la roue tourne. Ce qui semblait avoir disparu n’était qu’en attente de ressurgir comme les graines enfouies prêtes à germer au printemps.

               Même dans les époques les plus délirantes il reste un peu de bon sens. En ce jour un grand nombre d’artistes, créateurs authentiques et exigeants avec eux-mêmes sont revenue à des vues plus équilibrées tout en profitant des audaces des novateurs mais disposant d’un peu plus de rigueur ou de moins de candeur naïve. Tout au long du 20ème siècle une résistance s’est donc constituée derrière la marche triomphale des avant-gardes pour snobs intellectualisant. Et maintes œuvres ont été réalisées en marge de l’Art Officiel International. Vous voulez des noms ? Claude Verlinde et Beksinski sont de ceux qui pourront perdurer. Mais il y en a de plus en plus, surtout dans la mouvance qui se consacre à l’exploration de l’imaginaire, du fantastique et de tout ce qui nous parle des profondeurs du psychisme humain.

               Mais j’en reviens à Guy Ribes. A force de tricher il s’est fait prendre. Puis il est passé en procès et par la case prison retrouvant le bon vieux schéma du jeu de l’oie. Cela a permis de prendre conscience de l’ampleur de ce qu’il a réalisé. Un grand coup de projecteur a brutalement éclairé la vérité. Mais rassurez-vous les suites ont été bénignes car des experts reconnus avaient authentifié des tableaux qui se trouvent maintenant dans des collections officielles, voire dans des musées, donc au-dessus de tout soupçon ! Et puis il y a tellement d’argent en jeu…et de pouvoir et de compromissions…

               Reste la question purement plastique. Après tout si des œuvres de Chagall, Léger et Braque ont pu être complétées de la sorte c’est qu’elles ne sont sans doute pas si difficiles à élaborer. Cela prouve en tout cas qu’une seule et même personne peut avoir une sensibilité assez polyvalente pour pouvoir pratiquer un style et son contraire. Passer de Dali à Modigliani relève du grand écart mais après tout la plupart des peintres modernes se sont cherchés en passant d’un style à un autre avec parfois une diversité surprenante. Voire contradictoire. Certains ont même eu des périodes abstraites entre d’autres beaucoup plus figuratives jusqu’à l’hyper-réalisme.

               En tant qu’homme Guy Ribes semble être plutôt un brave type, possédant un certain talent pictural et pas trop inhibé par des considérations morales. On peut voir sa vie comme une sorte de jeu où il a été utilisé par les habituels prédateurs professionnels vivant des productions picturales de ceux dont ils s’occupent. Est-ce que cela l’excuse ? Pas forcément car la probité reste quand même une qualité fondamentale, même en ce 21ème siècle tellement porté sur la fabulation, les faux-semblants et si riche en rumeurs invérifiables. Mais on peut lui accorder qu’après tout il a joué son rôle d’escroc très honnêtement et pour cela il lui sera sans doute beaucoup pardonné.

 

                                             La Brosse Conge le 8 août 2016

                                             Copyright Christian Lepère

 

 

 

               

"Baignade autorisée sous toute réserve" - détail

"Baignade autorisée sous toute réserve" - détail

Les vacances vont se terminer?

Enfin

on va pouvoir s'entretenir de sujets

sérieux.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 13:11
Sans titre - crayon de couleur - hauteur: 40 cm - 1969

Sans titre - crayon de couleur - hauteur: 40 cm - 1969

Temps de saison

Enfin ça se discute…

 

             Pour lors le temps est incertain. Les variations de température se suivent et se compensent. Aujourd'hui une bouffée de chaleur, demain un petit coup de frais, quelques gouttes pour faire semblant d'abreuver la végétation et puis c'est reparti. Les nuits  un peu plus fraîches permettent de récupérer et voilà que, vaille que vaille, l'été se passe en déployant ses fastes.

             Parler de la pluie et du beau temps a toujours été la façon la plus immédiatement conviviale d'engager la conversation. D'abord parce que tout le monde est concerné ou fait semblant de l'être. Ensuite parce qu'il y a une sorte de consensus. Il est clair que pour le citadin qui n'a pas un potager où fruits et légumes se languissent sous la canicule, le gros beau temps hyper-bronzant reste le top au hit-parade des loisirs estivaux.

             Mais si certains ont besoin d'alternance et de contraste, sentant bien que la vie est faite d'excès compensés rebondissant sans cesse, pour tous les autres il est évident et définitif que le beau temps est indispensable aux loisirs balnéaires et au farniente les doigts de pied en éventail.

             Alors on s'étend sur la plage, on se fait rôtir, côté pile puis côté face. Et de s'enduire de crème bronzante et filtrante. C'est qu'il faut impérativement s'assombrir l'épiderme. Les blancs auraient-ils besoin de vérifier qu'eux aussi sont capables de mûrir au soleil ? Mais c'est toujours étonnant de voir des personnes si intensément persuadées de la supériorité d' un épiderme aux couleurs claires sur tout ce qui est plus coloré et en même temps si avides de ressembler à ce que leur subconscient considère pourtant comme une sorte d'infériorité congénitale.

             Mais l'ambivalence humaine fait tout son charme bien qu'elle soit la source de multiples complications. A cet égard le niveau de culture et d'éducation ne change rien à l'affaire et c'est dans un pays aussi moderne que les États-Unis que les préjugés en ce domaine restent les moins discutés. Au point de provoquer des répressions policières agrémentées de bavures ponctuelles déclenchant des réactions viscérales qui ne sauraient rester sans suite. C'est d'autant plus confondant que la police américaine comporte toutes les ethnies et que des noirs bénéficiant de l'autorité de l'uniforme répriment eux aussi leurs frères de couleur. Mais la nature humaine n'est pas foncièrement logique ou raisonnable et le besoin d'appartenir au troupeau est plus fort que tous les raisonnements, fussent-ils citoyens et humanitaires.

             Et puis nous sommes des êtres de passion, toujours oscillant entre le désir de sécurité et le besoin de dominer l'autre, bronzé ou pas mais jamais conforme et qui ne cesse de s'adonner à des pratiques saugrenues que le bon sens ne saurait approuver.

             Allons ! J'arrête là. De toute façon le temps continue de faire comme bon lui semble et de nous faire bénéficier de ses initiatives plus ou moins justifiées selon nos attentes les plus légitimes. Au moins on ne s'ennuie pas et en cette période estivale c'est bien la moindre des choses.

                              

                                                   La Brosse Conge le 6 août 2016

                                                   Copyright Christian Lepère

             

Sans titre - crayon de couleur - hauteur: 40 cm - 1969

Sans titre - crayon de couleur - hauteur: 40 cm - 1969

C'est bien gentil de parler de la pluie et du beau temps

mais

ça ne saurait suffire.

J'en reviendrai donc à des sujets plus roboratifs.

C'est promis!

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 08:57
"Au cœur du samsara" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm

"Au cœur du samsara" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm

A chacun sa motivation

 

           Nous vivons une époque étrange. Des jeunes issus des banlieues ou d'endroits moins conventionnels et par ailleurs normalement névrosés comme tout un chacun, je veux dire comme vous et moi, se radicalisent tout à coup. Parfois il y avait anguille sous roche et leurs milieux et fréquentations les y avaient préparés. Mais d'autres fois c'est plus inattendu, voire inexplicable. Rechercher les causes profondes et cachées serait un travail de spécialiste en sciences humaines, car il faudrait tenir compte de tous les paramètres affectifs et familiaux dont beaucoup relèvent de l'intimité la moins avouée. Mais voilà le résultat est là et un beau jour un petit jeune homme sans histoire ou bien sa sœur encore plus discrète vont commencer à délirer en se dévouant corps et âme à la réalisation d'un idéal. Et l'on sait bien que cela peut mener aux pires excès. C'est toujours au nom du Bien que les  pires égarements ont conduit à la violence la plus extrême. Donc après s'être laissé pousser la barbe ou être devenue accro du voile voilà qu'ils vont commencer à se répandre sur internet pour y tenir des propos violents et simplistes. Car c'est une chose que d'être convaincu d'être dans le vrai, mais l'assentiment des autres  est bien utile pour passer à l'acte. Plus on est de fous, plus on est serrés, comme disait monsieur Fenouillard, et plus on se tient chaud ce qui encourage l'exaltation...Le problème actuel est que cette évolution qui comporte sa logique peut devenir avec les connections actuelles très rapide et explosive quant à ses conséquences.

                Pendant ce temps le pape François , tout de blanc vêtu, parcourt le monde pour y porter la bonne parole. C'est son rôle me direz-vous mais c'est agréablement étonnant de constater qu'ensuite il fait ce qu'il dit et n'hésite pas à mettre en œuvre les principes de la charité chrétienne qui n'a rien à envier à la compassion bouddhiste. Mais ne serait-ce pas deux façons de parler d'une seule et même ouverture du cœur ?

                Bien au-delà des dogmes et des principes, c'est l'esprit prévalant sur la lettre. Dommage pour les intégristes qui peuvent mijoter dans leur bonne conscience en fustigeant le mal incarné par l'autre, le différent, celui qui n'a pas la même idée de ce qui est bon et souhaitable.

 

                                                                  La Brosse Conge le 3 août 2016

                                                                  Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

 

 

"Au cœur du samsara" - détails

"Au cœur du samsara" - détails

Pas d'affolement

la prochaine fois je vous parlerai du temps qu'il fait...

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 07:16
"Lassitude" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1994 - détail

"Lassitude" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1994 - détail

Fin du match

Cet article a été rédigé le 12 juillet. Les machinations du destin en ont retardé la publication.

 

 

             Enfin l'euro de football est terminé ! Après ces grand-messes de ferveur sportive les passions sont retombées. Étrange quand même tout ce déploiement de comportements viscéraux et de pulsions identitaires. Tous ces drapeaux brandis par des exaltés peinturlurés affirmant haut et fort leur appartenance à une nation ou à un territoire dont les hasards des guerres et des flux migratoires leur ont fourni l'environnement propice. Mais c'est ainsi, n'étant rien de bien imposant par soi-même, il faut bien se remonter le moral en s'intégrant à plus vaste et surtout plus impressionnant. Ma modeste personne va se trouver magnifiée par ce qui l'englobe et la dépasse même si ce quelque chose  reste tout relatif à l'échelle de la planète, elle-même infime détail d'un système cosmique incommensurable.

             Tribale à l'origine l'identification est devenue plus vaste et plus complexe. Les cultures sont apparues et se sont diversifiées en s'enracinant dans des territoires  de plus vaste étendue. De la province au royaume et à l'empire les plus forts ont phagocytés les plus faibles et les indécis pour former des blocs puissants d'une tout autre importance. Naturellement tout ceci est aléatoire, tout ce qui se développe  en intégrant le voisinage finit à nouveau par se morceler. Et c'est le jeu de la vie, de la mort et de tout ce qui s'ensuit. Tous les grands conquérants l’ont bien remarqué, plus leur réussite était insolente, moins elle a duré. Plus le succès a été foudroyant et plus dure a été la chute. Ce ne sont ni Alexandre le Grand, ni Napoléon, ni Hitler qui pourraient prétendre le contraire.

             Mais nous vivons dans un monde en train d’imploser. Avec Internet et le portable de plus en plus d’informations sont à la disposition de n’importe qui, à n’importe quel moment. Tout le monde en profite, du spécialiste le plus pointu à l’ignorant de base. Si vous ajoutez à cela que la liberté sans frein des échanges sur les réseaux sociaux permet de prétendre tout et son contraire avec beaucoup d’assurance et de faire circuler les rumeurs les plus folles sans le moindre soupçon de preuve, vous aurez une petite idée de l’étendue de la confusion.

             Certes le fait n’est pas nouveau et si la Renaissance a été globalement une période de progrès pour la rigueur scientifique, cela ne s’est pas fait dans le calme et la sérénité. Les affrontements de dogmes et de croyances fanatiques y ont été particulièrement propices aux pires égarements. Organiser de grands « brûlements d’hérétiques » était plus exaltant que de se réunir pour réfléchir posément entre gens bien informés. Même pour la recherche scientifique qui se veut la plus rigoureuse, avec expertise, contre-expertise et vérification en double-aveugle les risques d’affirmation hâtive ne sont pas négligeables.

             D’abord parce que les spécialistes sont trop souvent juges et parties et que leurs intérêts financiers ou de prestige sont plus immédiats que la recherche opiniâtre d’une vérité qu’il faut traquer en la soumettant longuement à vérification. Ensuite parce que reconnaître qu’on s’est trompé n’a rien de confortable. On préfère laisser ce soin aux opposants, ces jaloux, ces incompétents qui prétendent n’importe quoi pour le simple plaisir de vous nuire.

             J’en reviens donc au sport. La compétition n’a qu’un but, permettre à l’heureux gagnant de voir confirmer sa supériorité. Fort bien, mais encore faudrait-il que deux adversaires naturels s’affrontent. Or, c’est bien connu une équipe de foot n’est pas une entité biologique. C’est un amalgame, un ensemble mouvant sans cesse remis en cause. On échange des joueurs, on les achète et comme à l’époque glorieuse de la Renaissance déjà citée, les mercenaires se vendent au plus offrant, quitte à combattre jusqu’à la mort leurs frères de combat de la veille au soir…Et puis il y a les entraîneurs et autres coach qui ont aussi un égo à confirmer.

             On en arrive enfin aux supporters. Certains seraient naturels. Nés dans le même village, élevés sur les bancs de la même école, punis ou récompensés par le même instituteur, ils auraient des affinités viscérales avec ceux qui les représentent. Mettons que ce soit vrai à Clochemerle si l’on n’y regarde pas de trop près. Car même dans ce cas simpliste il faut tenir compte des familles, du voisinage immédiat et de la corporation du travailleur. Le coiffeur a-t-il des intérêts communs avec le charcutier ? Et lesquels ? Ah ! J’oubliais la religion et l’influence de monsieur le maire qui a bien aussi son mot à dire. Pardonnez cette faiblesse mais le petit monde de don Camillo et du « camarade »Peppone font partie de mes références culturelles. Mais ne soyons pas tatillons. Tout ça peut faire d’excellents supporters pour peu qu’une passion commune enflamme les esprits. Au moins momentanément. Et même peut-être jusqu’au prochain euro de foot.

 

                                                                 La Brosse Conge le 12/07/2016

                                                                 Copyright Christian Lepère

 

"Lassitude" - détail

"Lassitude" - détail

L'été déploie ses fastes,

les flots migratoires se croisent

et le devenir se prépare dans les coulisses.

A bientôt!

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 09:54
"Effusions" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm

"Effusions" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm

Auto-justification

en espérant votre indulgence

 

           C'était il y a six ans. Une personne aimable venait de me suggérer de tenir un blog. L'idée me plaisait car j'avais au fil des années accumulé des écrits variés dont je ne savais que faire. Selon l'occasion j'avais couché sur le papier des souvenirs de petites madeleines proustiennes, des opinions plus ou moins discutables et des états d'âme allant de la nostalgie à l’exubérance la plus gratuite.

           Mais ma production n'était pas si importante et j'ai dû bientôt compléter par de nouveaux textes. La vie incessante s'est alors chargée de me fournir des sujets de réflexion, de rêverie ou des occasions de délirer en toute impunité. Dieu sait si j'en ai profité, passant joyeusement du coq à l'âne et de l'appréciation dithyrambique d'idéaux farfelus à l’apitoiement circonstancié sur les aléas de destin de tout un chacun.

           Tout y a donc été mêlé à profusion comme dans la vraie vie. Mais sans lecteur un texte reste vain. D'ailleurs on sait bien que c'est ce dernier qui lui donne sens en l'éclairant de sa propre expérience ou en le traduisant en termes de compréhension plus acceptables pour la mentalité commune.

           Mais pourquoi commenter alors qu'il suffit de se plonger dans le témoignage pour noter  ce qui hante une âme particulière ? La mienne en ce cas, mais qui n'est jamais qu'un cas particulier de la nature humaine qui  est notre fonds de commerce. Celle-là même dont nous pouvons retrouver les sources au plus profond de notre originalité irremplaçable.

 

                                                        La Brosse Conge le 20 juillet 2016

                                                        Copyright Christian Lepère

"Effusions" - détail

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300 - Auto-justification
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LISTE DES ARTICLES PAR CATEGORIES

Depuis la création du blog le 17 avril 2010

 

1 En Bourgogne

 

N° 8 – Pépé Louis et son destin 21-5-2010

N° 9 – Le centre du monde (café de l'Europe à Avallon) 24-5-2010

N° 10 – Au-delà du Champ du Feu 4-6-2010

N° 14 – Le cimetière de Sermizelles 27-7-2010

N° 16 Au moulin de Sermizelles 16-8-2010

N° 46 – Home, sweet home 17-5-2011

N° 51 – La grange 10-7-2011

N° 56 – Pierre sur pierre 15-8-2011

N° 59 – La pluie sans fin 9-9-2011

N° 92 Insouciante jeunesse 5-6-2012

N° 103 – La grotte 2-9-2012

N° 155 – Les escargots du temps passé 20-9-2013

N° 194 – La nature qui verdoie 30-6-2014

N° 207 – Noyers sur Serein 7-10-2014

N° 212 – Toussaint 11-11-2014

N° 231 – Dur comme pierre 24-3-2015

N° 242 -Les merveilleux nuages 9-6-2015

N° 263 – Automne bourguignon 9-11-2015

N° 294 – Mes jeunes années au grand air 14-6-2016

N° 295 - 296 – Le dépotoir 21-6-2016 - 28-6-2016

 

 

2 Arts plastiques

 

N° 1 – Masques et miroirs 17-4-2010

N° 3 – Parfums de femmes 18-4-2010

N° 12 – Squelette et concept 6-7-2010

N° 28 – Histoire d'un naufrage 24-12-2010

29 – Cubisme 1-1-2011

30 – Installations 8-1-2011

31 – Cézanne 17-1-2011

32 – Matisse 25-1-2011

33 – Notions d'éthique 2-2-2011

34 – Van Gogh 7-2-2011

35 – Abstraction 15-2-2011

36 – Récupération et détournement 20-2-2011

37 – Marcel Duchamp 27-2-2011

N° 41- 42 – 43 – Abstraction et créativité 10-4-2011 -17-4-2011 - 24-4-2011

N° 50 Hommage à Photoshop 30-6-2011

N° 54 – L'art de l'imaginaire 1-8-2011

N° 98 – Propos sur l'art n'engageant que leur auteur 27-7-2012

N° 117 – Propos choisis sur un sujet de longue haleine 20-10-2012

N° 122 – Confidences d’un électron libre 24-1-2013

N° 125 -b 126 – Dis moi qui tu tagues 14-2-2013 - 21-2-2013

N° 147 – Mais où vont-ils chercher tout ça ? 23-7-2013

N° 149 – Quand l'introverti sort de ses gonds 9-8-2013

N° 167 – Le wagon de Dali 13-12-2013

N° 192 – Révolution (exposition au Mont Dore) 17-6-2014 -20-6-2014

N° 196 – Lettre ouverte aux uns et aux autres… 15-7-2014

N° 203 – Charte FABER 21 9-9-2014

N° 204 – Autour de la Charte Faber 16-9-2014

N° 208 – Soulages- Outrenoir 14-10-2014

N° 223 – 224 - Création picturale 27-1-2015 -3-2-2015

N° 225 – 226 – Fondation Maeght 10-2-2015 -17-2-2015

N° 237 – Van Gogh et Millet 6-5-2015

N° 238 – Petit Pablo, bobo… 12-2-2015

N° 239 – Petit Pablo a grandi 19-5-2015

N° 256 – Dirty Corner 22-9-2015

N° 257 – Le canon de la république 29-9-2015

 

3 Artistes et gens connus

 

N° 64 – Michel Barthélémy, peintre 20-10-2011

N° 74 – Roger Erasmy ( Héritiers de Dali) 25-1-2012

N° 81 – Brigitte Solberg, graveur 16-3-2012

N° 82 – Michel Ogier, peintre 23-3-2012

N° 101 – On n’arrête pas le progrès ni Matthieu Ricard 17-8-2012

N° 131 – Giorgio Brunacci, peintre 29-3-2013

N° 141 – 142 – Yahne le Toumelin ,peintre 7-6-2013 -14-6-2013

N° 147 bis – Art Contemporain (Michel Barthélémy) 28-7-2013

N° 174 – Djaipi ( J.P. Tingaud, graveur 1-1-2014

N° 206 – L’enfant prodigue de la gloire 30-9-2014

N° 273 – Guillaume Dessinger 19-1-2016

N° 286 – Joseph Goebbels 19-4-2016

 

 

4 Autobiographie

 

N° 72 – Vague à l’âme 13-1-2012

N° 75 - N° 76 – Une affaire qui marche 2-2-2012 -10-2-2012

N° 79 – 80 – Je me souviens 2-3-2012 -9-3-2012

N° 83 - Etranges insectes 3-4-2012

N° 93 – Le petit voyant rouge 14-6-2012

N° 101 bis – Transports en commun 19-8-2012

N° 102 – Rapport d’inspection 26-8-2012

N° 107 – Le zèbre et le poisson rouge 1-10-2012

N° 123 – Perte de repères 31-1-2013

N° 128 – Monter à Paris 7-3-2013

N° 130 – Roule ta bille 21-3-2013

N° 132 – 133 – Nous ne sommes pas au monde 5-4-2013 -12-4-2013

N° 152 – Sans papiers 30-8-2013

N° 159 – Michèle 18-10-2013

N° 168 – Traintrain 20-12-2013

N° 177 – 178 – Paris, ville accueillante 25-2-2014 -4-3-2014

N° 181 – Ici repose 25-3-2014

N° 183 – 184 – Attention travaux 8-4-2014 -15-4-2014

N° 197 – Au-delà des volcans éteints 22-7-2014

N° 209 – Quand on a la santé 21-10-2014

N° 235 – 5 ans de blog 21-4-2015

N° 245 – 246 – 247 – 248 – Le faisceau de His 1-7-2015 à 28-7-2015

N° 251 – 252 – 253 - Le peintre soumis à la question 18-8-2015 à 1-9-2015

N° 260 – Pourquoi faire simple 20-10-2015

N° 274 – Le zodiaque en folie 26-1-2016

 

 

5 Sciences et techniques

 

N° 95 – Histoires de gênes 5-7-2012

N° 96 – Les accros du portable 12-7-2012

N° 97 – Y a plus de saisons… 20-7-2012

N° 98 – Le boson de Higgs 27-7-2012

N° 104 – Dans l’azur éperdu 9-9-2011

N° 146 – A.D.N. canin 12-7-2013

N° 198 – Le fidèle serviteur 29-7-2014

N° 201 – Charme piquant des méduses 26-8-2014

N° 202 – I love Facebook 2-9-2014

N° 259 – Nos amies les bactéries 13-10-2015

N° 271 – La dalle de Palenque 5-1-2016 -12-1-2016

N° 276 – Le dragon de Komodo 9-2-2016

N° 277 – Dernières nouvelles de la grande pyramide 16-2-2016

N° 285 – Patinettes 12-4-2016

N° 289 – Les pouvoirs du cerveau 10-5-2016 -17-5-2016

 

6 Histoires inventées

 

N° 68 – Drame en lieu clos 11-12-2011

N° 71 – Couple idéal 6-1-2012

N° 111 – Oui, mais quelle est la question ? 6-11-2012

N° 114 - La petite feuille de papier gris 28-11-2012

N° 116 – L’ultime secrifice 13-12-2012

N° 119 – La fin du monde 3-1-2013

N° 120 – L’amer destin du serial killer 10-1-2013

N° 121 – Marilou et Zarathoustra 17-1-2013

N° 124 – Au cœur de nos poubelles 7-2-2013

N° 135 - 136 – Troc de cœur 26-4-2013 3-5-2013

N° 157 – 158 – Le cri du poisson rouge 4-10-2013 -11-10-2013

N° 159 – Eglantine ou la vie facile 18-10-2013

N° 160 – Le retour d’Anatole 25-10-2013

N° 164 – Gratte-papier 22-11-2013

N° 180 – Le petit chat est mort 18-3-2014

N° 186 – Etats incertains (Charles-Edouard) 6-5-2014

N° 188 – Auguste en son jardin 20-5-2014

N° 217 – 218 - La vie d’Yvan 16-12-2014 -23-12-2014

N° 233 – Du haut de sa mansarde 8-4-2015

N° 254 – Destins entrecroisés 8-9-2015

N° 258 – Nono court toujours 6-10-2015

N° 261 – La crotte de chien au milieu du trottoir 27-10-2015

N° 262 – La fin du monde 3 -11-2015

N° 266 – Drame au quotidien 1-12-2015

N° 269 – Un jour parmi tant d’autres 22-12-2015

N° 275 – Le maladroit congénital 2-2-2016

N° 278 – A nous deux Paris 23-2-2016

N° 279 – Histoire d’un français moyen 1-3-2016

N° 280 – Après la fin du monde 11-3-2016

N° 282 – Ambivalence problématique 22-3-2016

N° 283 – Clopinette 29-3-2016

N° 287 – Gontran 26-4-2016

N° 298 – Aléas du destin 12-07-2016

 

 

7 Poèmes et prose poétique

 

N° 40 – Les eaux du Grand canal 2-4-2011

N° 53 – Le ras du ras du bol 24-7-2011

N° 57 – Autobiographie 24-8-2011

N° 61 – Septembre 27-9-2011

N° 69 – Traces de mémoire 22-12-2011

N° 78 – Problèmes de muse 24-2-2012

N° 87 – Le temps qui prend son temps 1-5-2012

N° 89 – Vierge Marie 16-5-2012

N° 94 – La poutre et le caïman 26-6-2012

N° 109 – Le temps qui fuit si lent 23-10-2012

N° 137 – Paysage baroque 10-5-2013

N° 138 – Cités espagnoles 17-5-2013

N° 169 – Dérive au couchant 27-12-2013

N° 195 – La bique 8-7-2014

N° 240 – Le petit train sifflette 26-5-2015

N° 284 – Petit lapin 5-4-2016

N° 288 – Détours de vie 3-5-2016

 

 

8 Réflexions au second degré

 

N° 2 – Dimanche matin 18-4-2010

N° 4 – Solitude entourée 21-4-2010

N° 5 – Réalité virtuelle 25-4-2010

N° 6 – Et sur les murs j’écris ton nom : liberté 1-5-2010

N° 7 – Trois petits tours et puis s’en vont 10-5-2010

N° 11 – Monsieur Martin promène son chien 30-6-2010

N° 13 – comment se couper les ailes 15-7-2010

N° 38 – 18 heures 30 à Réaumur-Sébastopol 7-3-2011

N° 44 – Le doux rêveur 3-5-2011

N° 45 – Visites nippones 10-5-2011

N° 47 – Légitime défense 23-5-2011

N° 48 – Du fond de l’amnésie 3-6-2011

N° 49 – Chez les réducteurs de têtes 17-6-2011

N° 52 – Vaste perspective 19-7-2011

N° 58 – Le temps qu’il fait 31-8-2011

N° 63 – Heureux et content de l’être 10-10-2011

N° 65 – Accord presque parfait 26-10-2011

N° 66 – Temps instable 16-11-2011

N° 67 – Marcel et la petite madeleine 29-11-2011

N° 70 – Rien c’est rien ! 19-12-2011

N° 73 – Enfin le jour se lève 20-1-2012

N° 77 – Passé pas si simple 17-2-2012

N° 84 – L’âge du capitaine 10-4-2012

N° 105 – L’essentiel est de participer 16-9-2012

N° 113 – Je n’en crois pas mes yeux 20-11-2012

N° 127 – De moins en plus et au-delà 28-2-2013

N° 144 – Au bon vieux temps jadis 28-6-2013

N° 145 – Espace clos et claustrophobie 7-7-2013

N° 148 – Autour de la piscine (Charmes) 2-8-2013

N° 150 – Le temps ne fait rien à l’affaire 16-8-2013

N° 151 – Avenir et hydrogène sulfuré 23-8-2013

N° 153 – D’avant à plus tard 6-9-2013

N° 154 – Un français moyen 13-9-2013

N° 156 – Liberté bien encadrée 27-9-2013

N° 161 – L’usure des jours 1-11-2013

N° 165 – Vous avez dit génial ? 29-11-2013

N° 171 – L’esprit du terrain vague 10-1-2014

N° 172 – Plaidoyer pour l’altruisme (Matthieu Ricard) 17-1-2014

N° 173 – L’impermanence a encore frappé 24-1-2014

N° 175 – Il fait encore noir 7-2-2014

N° 176 – Blog, blog, blog… 18-2-2014

N° 179 – Le monde à portée de main 11-3-2014

N° 182 – Tout est relatif 1-4-2014

N° 185 – Camp de base 22-4-2014

N° 187 – Perceptions alambiquées 13-5-2014

N° 189 – Proies et prédateurs 27-5-2014

N° 190 – 191 – Gays, gays , marions nous 3 -6-2014 -10-6-2014

N° 193 – Télé- déception 24-6-2014

N° 199 – Zapper pour être cool 12-8-2014

N° 205 – Vaines pensées 23-9-2014

N° 210 – Endormissement 28-10-2014

N° 211 – Les géants brisés 4-11-2014

N° 214 – Trafic 25-11-2014

N° 215 – 216 – Le long de l’eau 1-12-2014 -9-12-2014

N° 219 – Sur le périphérique 30-12-2014

N° 227 – l’instant présent polyvalent 24-2-2015

N° 243 – Les beaux jours 16-6-2015

N° 267 – 268 – Manger ou être mangé 8-12-2015 -15-12-2015

N° 270 – Ciel ! 29-12-2015

N° 281 – Petits potins du quotidien 15-3-2016

N° 291 – Le maître du monde 28-5-2016

N° 293 – Fantaisies climatiques 8-6-2016

 

 

9 Politique et sociologie

 

N° 60 – L’Axe du Mal contre le Grand Satan 18-9-2011

N° 62 – Au-dessus de nos têtes 3-10-2011

N° 85 – Vaches à lait et démocratie 17-4-2012

N° 86 – Titanic attitude 24-4-2012

N° 88 – Les petits pois sont rouges 10-5-2012

N° 90 – Après la bataille 23-5-2012

N° 91 – Vous avez dit diplomatie ? 28-5-2012

N° 115 – Jean-François et François tout court 5-12-2012

N° 118 – L’ami Mitterrand 27-12-2012

N° 162 – Le déconographe 8-11-2013

N° 192 – Les convulsions du réel 17-6-2014

N° 213 – Commémoration 18-11-2014

N° 221 – Fatale rencontre 13-1-2015

N° 222 – C’est selon l’appréciation 20-1-2015

N° 230 – Il n’y a pas de pilote dans l’avion 17-3-2015

N° 234 – Psychologie des foules 14-4-2015

N° 241 – Haute sécurité 2-6-2015

N° 265 – Le réveil de l’ombre 24-11-2015

 

 

10 Méta et pataphysique

 

N° 39 – Le non-né 23-3-2011

N° 106 – Moi et la toute-puissance 23-9-2012

N° 108 – Au petit jeu de pile ou face 7-10-2012

N° 110 – Papy Freud 30-10-2012

N° 129 – Le fond du problème 14-3-2013

N° 134 – Un jeu idiot 19-4-2013

N° 143 – La création du monde 21-6-2013

N° 220 – Le sommet du monde 6-1-2015

N° 236 – Je m’en doutais 28-4-2015

N° 292 – Du profane au plus vaste 3-6-2016

 

 

11 Films

 

N° 55 – Harry Potter tel qu’en lui-même 8-8-2011

N° 139 – 140 – Le jour de la marmotte 24-5-2013 -21-5-2013

N° 163 – La danza de la realidad 15-11-2013

N° 166 – Apocalypse Hitler 6-12-2013

N° 249 – Bicentennial man 3-8-2015

N° 250 – A la recherche du termps perdu 11-8-2015

N° 297 – Le jour des corneilles 05/07/2016

Voila c'est fait !

en route 

vers 

le

NUMERO 301  !

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 07:27
"Les trois grâces" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1990

"Les trois grâces" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1990

Préambule

                     Enfin l’été faisait honneur à lui-même. Cependant j’allais voir mon frère qui coulait des jours bien vides dans une maison de retraite des environs. Les visites auraient pu continuer régulièrement jusqu’à la rentrée si l’idée ne lui était venue tout à coup de quitter la partie. De replier bagage après une vie consacrée à l’éducation des enfants qu’il aimait. Sa mission d’instituteur étant accomplie il avait ensuite cultivé son jardin et ses roses. Et voilà qu’il s’en est allé. Le texte qui suit a été rédigé un peu avant ce dénouement. Le voici tel quel. Sans retouche.

 

                                                                 La Brosse Conge le16 juillet 2016

 

Le déambulateur

 

             C'est dur mais il le faut car le but est ultime. Se prouver à soi-même qu'on est encore capable… De quoi ? Mais de se redresser dans le fauteuil roulant ! D'abord glisser ses fesses bien endolories par la stagnation et toutes percluses d'immobilité. Pencher ensuite un peu le buste, galvaniser ses forces, prendre son élan ...et retomber. Premier essai raté ! Alors on serre les mâchoires, on se concentre sur l'essentiel et en crispant les poignes  on se redresse par saccades puis on détend le superflu.

             C'est comparable à l'haltérophile qui a réussi à élever ses disques de fonte au niveau du thorax avant de les propulser dans les airs au -dessus de sa tête dans un effort ultime. Semblable aussi au sauteur à la perche qui transforme son élan horizontal pour s’élancer vers le ciel. Détente, ajustement, rebond et le corps se fait oiseau ou plutôt félin se détendant comme un ressort, enfin libéré de la pesanteur accablante.

             N'allez pas sourire. Tout est relatif. Ainsi les premiers pas de l'enfant même acharnés dans leur incertitude et très château branlant, sont une victoire enivrante. Et voilà qu'en fin de course, dans la dernière ligne droite de l'existence, tout se répète. A nouveau la pesanteur, l'ankylose, la maladresse accablante sans issue et culpabilisante… Tout cela pour retrouver l'émoi de jadis, l'effort qui menait vers un avenir progressant sans cesse.

             Autour il y a les hors-d’âge, les éclopés vétustes. Tous ceux qui finissent leur vie aux bons soins d'une société où l'on n'abandonne jamais complètement à leur triste sort les survivants qui sont au bout du rouleau. Ceux qui régressent avant de s'éclipser en toute discrétion. Ceux qui abandonnent la partie parce qu'elle a assez duré et qu'il est temps d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte dans les Jardins du Seigneur.

             Au long des couloirs ils progressent en béquillant ou en propulsant les roues de leur fauteuil avec les mains. A moins que, luxe technologique, ils ne disposent d'un engin électrique autonome, silencieux, efficace et facilement manipulable, répondant au doigt et à l’œil à de discrètes impulsions digitales. C'est simple il suffit d'appuyer sur le bouton. Encore faut-il que ce soit le bon...

             Voilà pour le corps, le matériel biodégradable de base, la machine qui s'use et oublie ses performances anciennes. Mais aux commandes reste l'esprit, caché dans la matière grise et le système nerveux central. Bien sûr il fait partie du corps et à ce titre en subit les atteintes et les insuffisances. Si la force musculaire décroît, si les articulations perdent leur mobilité, il faut bien constater que le cerveau, lui non plus n'est plus capable de donner les ordres et surtout de les transmettre avec diligence. Alzheimer et Parkinson, ces deux compères complices en décrépitude se chargent de modifier le scénario et de transmettre des ordres incertains, peu cohérents et velléitaires. C'est à dire sans suite et sans logique fonctionnelle. Ou si l'on préfère pleins de fantaisie et d'approximations ludique. C'est selon l'optique de chacun.

             Mais dans un établissement public géré avec l'argent du contribuable, futur utilisateur potentiel, tout est prévu pour le réconfort de l'assisté qui fait ce qu'il peut avec les moyens dont il dispose. Ainsi des fauteuils sont habilement disposés aux endroits stratégiques pour accueillir le promeneur un peu las, le déambulateur épuisé ou la victime du coup de pompe qui a présumé de ses forces. Il va pouvoir récupérer et ce sera encore mieux s'il y a des copains ou des copines prêts à échanger des propos encourageants tout chargés de chaleur humaine. Car le moral est essentiel et beaucoup se laisseraient aller sans vergogne s'il n'y avait de la compagnie  pour les encourager à faire bonne figure.

             Je le sais, je l'ai vu à la télé : dans le Tour de France qui vient de commencer, on sait bien à quel point les encouragements des spectateurs, même maladroits, même excessifs peuvent donner le coup de fouet qui fera gagner des centièmes de secondes sur les autres, les adversaires acharnés, ceux qui voudraient aussi s'imposer à tout prix, on se demande pourquoi d'ailleurs… Mais attention ! En voulant pousser pour aider on peut faire tomber et provoquer l'irréparable.

             Ici c’est la même chose. Et seul le retraité ultime peut sentir où il en est et de quoi il reste capable. Encore qu’une  appréciation incorrecte de son propre état soit toujours possible et le pousse à se sur ou sous-estimer.

             Mais on voit de tout au hasard des couloirs et des services depuis le fatigué chronique qui va quand même récupérer un peu, jusqu’au cas extrême où tout est joué et achevé et qui n’aspire plus qu’au repos pour atteindre la perfection du « Ici repose » qu’une sagesse ancienne faisait figurer sur maintes pierres tombales.

             Mais l’humanité sénile ne manque pas de pittoresque tant qu’elle s’obstine à se maintenir en vie. La perte d’un œil, la surdité cotonneuse bien gérée, le tremblement convulsif interdisant de boire un verre d’eau sans dommage collatéral, tout cela fait partie du lot commun. Mais il y a plus grave ou plus définitif. Ainsi cette femme d’un âge plus qu’incertain véhiculant sa frêle silhouette dans son fauteuil roulant poussé par une pensionnaire plus alerte, révèle qu’à côté d’une jambe maigre réduite à l’os et au tendon  et repliée soigneusement en un demi-lotus très méditatif il n’y a plus que le vide d’une amputation. Ou cette autre à la silhouette plus complète mais tassée, voutée plus que de raison et se déplaçant avec une lenteur pourtant très mécanique.  C’est Breughel et sa « Dulle Griet », sa «  Folle Marguerite » qui vient hanter le bout du couloir, à moins qu’elle ne se soit échappée d’un outre-monde fantomatique  où s’agitent les fantasmes crépusculaires de Jérôme Bosch, Hiéronimus pour les intimes et ceux qui ont de l’instruction.

             J’arrêterai  pour aujourd’hui. De toute façon les habitués des lieux seront encore là cet été et je vous donnerai de leurs nouvelles, si le Bon Dieu me prête vie et s’il ne voit pas d’inconvénient à ce que je rende compte de ce que le destin me permet d’observer.

Permettez cette facilité mais je ne peux m’empêcher de conclure en paraphrasant la citation bien connue, même si elle est moquée par les infidèles  « Car c’est ainsi qu’Allah est grand ! » ou comme dirait notre tradition plus chrétienne les Voies du Seigneur sont décidément impénétrables…

 

                                                                La Brosse Conge le 5 juillet 2016

                                                                Copyright Christian Lepère

 

            

 

"Les trois grâces" - détail

"Les trois grâces" - détail

"Les trois grâces" - détail

"Les trois grâces" - détail

Enfin!

Après six ans de convivialité

le 300 ème

épisode de ce blog

vous attendra ici la semaine prochaine.

Bonne canicule en attendant!

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 09:31
"Halte incertaine" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1989

"Halte incertaine" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 1989

Aléas du destin

 

              Le nez au vent il baguenaudait. La cheville souple, le mollet fringant il allait la tête vide et le cœur léger. La rue qu'il longeait n'était pas très encombrée, ni par les véhicules répandant des miasmes toxiques, ni par la présence de semblables tellement semblables mais pleins d'idées et de projets personnels risquant d'entrer en conflit avec ses propres souhaits. L'air était léger et en ce beau jour de juin il ne s'inquiétait guère pour un avenir à priori plutôt propice, voire bénin, sauf complications inattendues.

              Il allait donc, croisant quelques passants discrets et jetant un coup d’œil oblique aux vitrines qui tentaient d'attirer le chaland et de l'induire en tentation. A quelque distance mais se rapprochant résolument venait un homme. Pas très grand, pas très remarquable, sans caractéristiques particulières. Bref, un de ceux qu'on croise sans s'en apercevoir. Et pourtant ce n'était pas n'importe qui mais un vieux copain d'école qu'il avait revu au fil des années et qui lui servait de point de repère pour ponctuer la fuite du temps et le confirmer dans son histoire. Je veux dire celle dont il était le héros.

              Pourquoi fallut-il qu'au moment précis où il passait devant le kiosque à journaux, celui-là même où il achetait jadis ses Pif gadgets, son attention fut retenue par un gros titre. S'agissait-il d'un attentat ? D'une révélation crapuleuse sur un ténor de la politique ? Ou de quelque autre drame apte à interpeller le bon peuple et à lui donner envie de s'insurger? Peu importe ! Toujours est-il que c'est à ce moment que son ami passa dans son dos, sans d'ailleurs s'en apercevoir. Pourtant ils auraient eu des nouvelles à échanger, voire des informations remettant leurs destins respectifs en cause. Mais voilà c'était raté. Enfin pas tout à fait car gêné dans sa progression par une poubelle dégorgeant de détritus, il eut une hésitation et faillit retourner en arrière,  là où il aurait sans doute rattrapé son ami que, même de dos, il aurait identifié immédiatement.

              Mais l'obstacle qui l'avait freiné était contournable. Il le contourna donc et poursuivit son chemin. Une jeune personne en short aperçue du coin de l’œil faillit à nouveau ralentir son rythme. Mais elle portait des baskets, ce qu'il trouvait particulièrement vulgaire. Allez-vous vous laisser détourner par une créature un peu replète et plutôt souriante mais faisant preuve d'un tel manque de goût ? Ah, si elle avait eu un jean lacéré laissant des fragments de chair bronzée vous faire de l’œil entre des lambeaux de tissu bleuté… Avouez que c'eut été aussi efficace que les dentelles des belles de jadis laissant entr’apercevoir le satiné d'une cuisse innocente.

              Donc il poursuivit. Toujours décontracté, toujours ignorant du rendez-vous manqué que le destin lui avait mijoté.

              La journée passa et enfin il réintégra son chez-lui. Mais au lieu d'enlever ses mocassins et de se mettre en tenue plus négligée pour goûter un repos bien légitime ne voilà-t-il pas qu'il consulta sa messagerie. Justement l'ami qu'il venait de rater lui avait envoyé le matin un courriel. Le sujet en était vital puisqu'il y était question d'un emploi avec cdi correspondant à ses capacités. Voilà qui aurait pu séduire le chômeur de longue durée qu'il était devenu depuis les beaux jours d'antan. Hélas ! Il, en prenait connaissance avec un peu trop de retard. Et même en s'activant il était douteux que la place n'eut pas été prise entre-temps. Car c'était urgent.

              Mais j'en reviens à la jeune fille en short. Certes il aurait pu l'aborder et entrer en relation. Dans ce cas il aurait appris qu'elle connaissait aussi son vieux camarade d'école qu'elle avait, elle, fréquenté au lycée et avec qui elle avait eu des relations sensuelles mais sans passion excessive. D'ailleurs elle en conservait un bon souvenir et elle aurait pu servir d'intermédiaire pour mettre au clair certaines ambiguïtés du passé. Le sien bien entendu mais aussi celui de tous ceux avec qui il avait été en contact.

              Mais la vie continue. Dans l'effarante toile d'araignée du quotidien tous les destins s’entre-tissent et se complètent. Rien n'est véritablement laissé au hasard. Même si nous pataugeons dans la perplexité au sein de situations qui nous échappent

              Je vais m’arrêter  là en m'abstenant de tout commentaire. Aujourd'hui le destin a cafouillé mais sans doute n'a-t-il fait que se réserver pour mijoter quelque projet plus grandiose. L'ami d'école va-t-il retrouver la jeune fille en short pour finir par vivre avec elle de belles années en concubinage ? A moins qu'il ne la quitte au plus tôt pour profiter lui-même de l'offre d'embauche en c.d.i…. Après tout il n'y aurait pas mort d'homme ! Et de toute façon il faut bien reconnaître que mon héros y a mis du sien en se laissant bêtement attirer par un gros titre sur un tabloïd dont le seul but est de faire du fric en attisant les penchants les plus bas, ceux qui font flamber le box-office et assurent la promotion des best- sellers.

 

                                                                         La Brosse Conge le 1 juillet 2016

                                                                         Copyright Christian Lepère

 

 

"Halte incertaine" - détail

"Halte incertaine" - détail

"Halte incertaine" - détail

"Halte incertaine" - détail

Après une halte incertaine

L'histoire redémarre et le long fleuve tranquille de l'existence

reprend son cours vers l'aval...

Affaire à suivre.

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