Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 08:34
"Fondrières et roues de tracteur" avec l'aimable coopération de Photoshop.

"Fondrières et roues de tracteur" avec l'aimable coopération de Photoshop.

Au cœur de l’hiver

 

              C’est au cœur de l’hiver. Très tôt la nuit s’est appesantie et l’obscurité a posé sa chape de silence. Envahissant tous les recoins, engloutissant les contours des choses. Plus rien ne bouge et seules de vagues rumeurs persistent au lointain venant s’échouer au pied des murs de pierre de l’immeuble avant de s’élever jusqu’à mon repaire.

              Au loin là bas, par delà l’avenue Parmentier chichement éclairée de vagues réverbères, d’autres quartiers sont sans doute plus accueillants. Peut être même illuminés à l’approche des fêtes. Mais ce n’est là que vaine supposition. Vague espoir d’un réconfort au sein de la nuit noire et définitive. A tout jamais et sans espoir…

              Seul dans la salle à manger je me suis retranché dans mon lieu favori. Installé devant la grande table de style Art Déco, dans le cône de lumière du lampadaire, non loin du poêle qui fait ce qu’il peut pour me réchauffer le cœur. Autour c’est la pénombre.

              Je suis bien seul. Mon frère n’est pas encore rentré du collège Arago. Mes pauvres parents sont au travail dans leur petit atelier où ils passent leur vie à la gagner, mon père en fabricant des tuyaux de poêle en cette époque d’après guerre où l’artisanat est encore indispensable, ma mère en accueillant les clients guidés par le besoin d’un matériel à rénover. Patiente elle écoute leurs demandes et leurs explications laborieuses. Mais elle répond surtout à leur besoin d’humanité en prêtant une oreille compatissante à leurs griefs. Beaucoup viennent la voir comme on va chez la crémière ou chez le coiffeur pour se rassurer sur sa propre existence et sur la place qu’on occupe aux yeux des autres. Et quel que soit le prétexte, même parfaitement justifié, ils sont là pour se faire confirmer l’importance de leur personne. Entendez par là qu’ils sont bien nos semblables, nos frères en humanité.

              Je suis donc seul, un peu morose et vacant. J’ai des devoirs à faire, des leçons à apprendre, des obligations à remplir. Mais le cœur n’y est pas. Le bon élève  auquel on persiste à croire dans la famille n’est guère présent, accablé par un ennui diffus, une solitude grise et sans garde fous. La porte est grande ouverte à la rêverie et aux divagations. C’est le moment où tout peut basculer dans de beaux rêves chaleureux ou dans les profondeurs inquiètes de l’âme. Comme entre chien et loup tout devient possible, il n’est que de se laisser dériver. Alors pourquoi me suis-je permis ce laisser aller ? Pourquoi avoir ouvert « Le Hérisson » journal de pur divertissement  pour sous cultivés ? Et pourquoi m’être plongé dans une de ces inepties, histoire à dormir debout où il est question d’abandon, de trahison, de trépas et de revenants ? L’enfer n’est jamais bien loin, on le pressent et c’est pourquoi on cherche tant à se rassurer en souhaitant de la compagnie, du rire gras  et de la convivialité pour noces et banquets. Et si ça ne marche pas, alors on se laisse aller du côté sombre pour y trouver des plaisirs plus pervers.

              Et parfois on est très seul et très jeune par surcroît. Alors, malgré l’attention vigilante de nos chers parents et de nos bons maîtres l’on n’a pas encore fait l’impasse sur sa sensibilité. L’on n’a pas encore réussi à solidifier le monde et à le rationaliser. Peut être même a-t-on encore accès aux oubliettes de l’âme et à ses terribles secrets. Qui osera dire quels abîmes  sont cachés sous l’innocence enfantine ?

              La pièce est silencieuse. Trop sans doute et rien ne vient alléger l’oppression qui s’installe. Tout a perdu sa familiarité. La peur filtre insidieuse. Oui, mais peur de quoi ? Du fantôme du placard à balais ? De l’assassin furtif prêt à égorger ? Du monstre tapi sous le lit et dont la queue ignoble dépasse et frémit ? Un air ancien me revient par bribes : «  L’épicière, l’épicière est une sorcière… » Avec la voix de Charles Trenet diffusée pour « Le disque des auditeurs ».

              Mais c’est bien pire, c’est indicible. C’est le néant qui guette derrière le rideau. Le vide au bout du couloir. L’absence à tout jamais dans la chambre à coucher. L’anéantissement filtrant sous la porte. Le chagrin du monde dissimulé sous le tapis de haute laine.

              Oui ! J’avoue avoir connu la terreur, l’horreur à l’état brut, le chimiquement pur du désespoir, l’abysse du rien, du plus jamais.

              Et je suis là pétrifié, incapable de bouger ne serait-ce que pour allumer d’autre lumières. Pourtant je pourrais me raisonner. Les autres vont revenir, papa, maman et mon grand frère. On va dîner en famille et même à cet instant d’autres autres sont là, derrière la porte palière, dans l’escalier,derrière la cloison de l’appartement à côté, au dessus, au dessous, dans les étages. Et même la rue n’est pas si vide…

              Pourtant c’est la paralysie, l’impuissance irrémédiable. Ici et maintenant il n’y a plus que cette angoisse sans nom, sans visage, sans justification.

              Mais rien ne saurait durer, même le pire est passager et il va suffire d’un petit bruit dans la serrure, un léger cliquetis du trousseau de clefs. Un son à peine audible pour que l’horreur regagne sa niche. Pour que la vie échappe au néant et que le quotidien regagne ses pénates.

              Mais l’alerte a été chaude et je sais bien qu’il suffirait de peu pour que la scène se répète, comme sur un vieux disque rayé où l’aiguille de l’électrophone retombe indéfiniment dans le même sillon abîmé répétant sans fin les mêmes bribes de mots mutilés et les mêmes notes discordantes.

 

                                                       Le Chesnay le 19 décembre 2013

                                                       Copyright Christian Lepère

 

170 - Au cœur de l'hiver

La prochaine fois ?

 

Sous ma fenêtre

« L’esprit du terrain vague »

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 08:09
Du haut de la Tour Malakoff, Notre Dame d'Orient bénit la guerre de Crimée,souvenir d'un passé glorieux...

Du haut de la Tour Malakoff, Notre Dame d'Orient bénit la guerre de Crimée,souvenir d'un passé glorieux...

Dérive au couchant

 

Las, claquant des dents et des omoplates

j’allais trébuchant le long du chemin.

morne je songeais faut-il être vieux

faut-il être las, vide et incertain

pour suivre abattu de lents corbillards

pleins de jours enfuis et de leur mémoire

saturée d’ennui quand le jour s’éteint.

 

Mais le crépuscule odoriférant

qui distille dans le soir embrasé

des parfums d’antan, des  senteurs ambrées

dérivait sans fin vers le soir couchant.

 

 

 

                                    Le Chesnay le 11 décembre 2013

                            Copyright Christian Lepère

Dans toute sa gloire Notre Dame d'Orient prodigue sa bénédiction à La Brosse Conge (Désolé mais c'est en réalité un lever de soleil...).

Dans toute sa gloire Notre Dame d'Orient prodigue sa bénédiction à La Brosse Conge (Désolé mais c'est en réalité un lever de soleil...).

La prochaine fois…

 

C’est de saison, la vie s’intériorise

et parfois se révèle

« Au cœur de l’hiver »

 

 

AVIS A LA POPULATION

Une nouvelle galerie de peintures

vous attend sur mon site

 

                                            www.christian-lepere-peintre.odexpo.com

 

 

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 13:47
Détail de "La halte champêtre" - huile sur toile - 1999

Détail de "La halte champêtre" - huile sur toile - 1999

Traintrain

 

              Il sortit de chez lui avec la ferme intention d’y revenir plus tard. C’est d’un pas décidé qu’il parcourut l’itinéraire qui le conduisait normalement vers la gare la plus proche. La plus propice à ses desseins. Là, comme il était normal un train devait l’attendre pour le convoyer jusqu’à la gare St Lazare.

              Nous vivons une époque bénie où il suffit d’être vivant et de payer ses impôts pour disposer à sa convenance d’un réseau ferré, sinon ultra performant, du moins acceptable pour les besoins d’un citoyen ordinaire. On ne chantera jamais assez les mérites d’un monde où las d’attendre des diligences cahotantes et sujettes aux attaques des malandrins, l’honnête homme peut se faire véhiculer confortablement à des horaires précis et avec des chances statistiques élevées d’arriver à destination dans la capitale. Car Paris restait indispensable pour ses activités et ses loisirs.

              Le ciel était dégagé, les jours un peu courts mais éclairés par un beau soleil de décembre déclinant avant de sombrer dans un chatoiement de couleurs là bas vers l’ouest. L’éclairage frisant dorait les façades des vieux immeubles de Versailles et la gare l’accueillit noble et bienveillante.

. Mais rien n’est parfait…Pour ne pas s’encombrer d’euros sonnants et trébuchants il avait décidé de prendre ses billets au guichet. En notre époque strictement utilitaire il subsiste encore de ces lieux où le contact humain nous réchauffe. Malgré tout c’est à travers une vitre nécessairement sécurisée car il faut bien protéger le guichetier des miasmes de ses clients en ces périodes où la grippe nous cerne. Et puis l’on sait bien que l’appât du plus petit bénéfice peut conduire le possesseur d’une arme de poing à agresser l’employé pour vider le tiroir caisse. Hélas le guichet était fermé momentanément. Il se dirigea donc vers un distributeur automatique. En vain car une fausse manœuvre avait rendu ce dernier inutilisable. Une carte de crédit était peut-être restée bloquée…

              Ceci étant, le second distributeur assiégé par plusieurs personnes attendant leur tour n’était guère accessible. Enfin il l’atteignit. Mais  la somme demandée quoique modeste dépassait les ressources en pièces de son porte monnaie. De plus les billets n’étaient pas acceptés et il aurait fallu acheter « Science et Vie » au kiosque à côté pour avoir assez de menue monnaie. Il en fut donc réduit à utiliser sa carte bleue.

              Enfin il atteignit le quai et jeta un coup d’œil sur le panneau d’affichage électronique. Le prochain train prévu selon l’horaire était annulé sans raison explicite et le suivant partirait vingt minutes plus tard. Il composta son billet et pénétra sur le quai. Le train était pourtant là attendant paisiblement et diverses personnes se dirigeaient vers lui. Certaines même lisaient déjà leur journal derrière les vitres…Bien informé il se garda de faire de même et c’est dans un petit vent frais bien de saison qu’il attendit. Pas très longtemps car un haut parleur annonçait que en fin de compte  le train allait bien partir du quai prévu initialement.

              Je ne vous dirai rien des stations qui défilaient toujours égales à elles-mêmes, ni des tags sur les murailles longeant les voies, hurlant la révolte des insoumis et des frustrés ! Rien non plus des habitués la main droite tapotant la tablette ou le smartphone pendant que l’autre maintient le portable contre la tempe. Nous vivons une époque prodigieuse où tout un chacun peut expliquer à sa copine que le film qu’elle doit impérativement aller voir ne passe plus au Gaumont Palace mais dans un réseau confidentiel, parce qu’il n’a pas eu le succès escompté. Et que c’est parfaitement inadmissible ! Mais on peut aussi se donner rendez-vous au restaurant Thaïlandais de la rue Monsieur le Prince au lieu d’aller bêtement au Mac do périphérique, ce qui est plus créatif et peut être même plus diététique.

              Enfin la communication est de plus en plus numérisée, délivrée du support papier qui pourtant jonche le sol des wagons en fin de journée en bout de ligne. Il est vrai que la publicité en constitue l’apport essentiel et qu’on est pas forcé de bourrer ses poches avec des informations dont on n’a que faire. Tout le monde n’a pas besoin d’un tapis d’Orient en sortant de la gare, même avec cinquante pour cent de réduction. Et beaucoup ont déjà trouvé l’âme sœur, faisant la nique aux réseaux sociaux qui réunissent et apparient les célibataires exigeants.

              Au terme de ce voyage la gare Montparnasse su se faire accueillante. C’est avec émoi que l’on y voyait les masses banlieusardes se déverser et s’écouler prestement le long des quais avec la justesse et la précision que donne une grande pratique. Certains voyageurs s’élançaient à l’air libre vers la liberté ou à la recherche d’un taxi ou d’un autobus. D’autres  n’ayant pas atteint leur but devaient poursuivre un parcours souterrain à l’abri des intempéries. Ainsi la foule d’abord compacte et massive se divisait, puis se subdivisait au gré des couloirs, des portillons et des escalators, se ramifiant en un éventail symbolique de la multiplicité des destins. Car chacun à sa façon se hâtait vers son but, sa nécessité, son chez soi ou son chez les autres. Certains rejoignaient la fraternité de leurs collègues des Galeries Lafayette, d’autres un obscur bouiboui, un lieu interlope ou un bureau high tech dont les vastes baies vitrées dominaient le Grand Paris du haut d’une tour de La Défense.Vue imprenable pour cadre supérieur attendant un parachute doré pour cesser de se dévouer corps et âme à sa mission.

              Chacun en ce beau jour rendait hommage à l’activité fiévreuse et lucrative de notre monde au dynamisme fécond si injustement malmené par la crise et le spectre de la décroissance. Mais tant d’ardeur et de bonne volonté ne sauraient être inutiles. D’ailleurs les dernières alertes à la pollution  prouvaient qu’on était encore capables de bouger, de produire et de consommer. Ce qui témoigne bien qu’on existe ! Car comme le dit la sagesse populaire : « Si on a mal nulle part, c’est qu’on est mort. » Et la vie est un combat sans merci où l’on se doit de vaincre l’adversité. A moins d’être un looser, un has been, une épave vautrée dans le caniveau ou même un  habitué des caisses d’allocations chômage s’esbaudissant grassement aux frais du contribuable.

              Mais je sais bien que tel n’est pas votre cas et c’est la conscience tranquille que notre héros va pouvoir enfin regagner son petit appartement résidentiel au sein d’une des banlieues les plus vertes de notre belle capitale. En passant par La Garenne Colombes et le bois de Chaville dont les jolis noms sont si doux à nos oreilles.

 

                                                         Le Chesnay le11 décembre 2013

                                                         Copyright Christian Lepère

 

"La sortie du tunnel" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2006

"La sortie du tunnel" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2006

 

Et la Prochaine fois?

Un petit poème

«Dérive au couchant»

​​

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:23
Le wagon de Dali dans la nef du Grand Palais - 4 décembre 2013

Le wagon de Dali dans la nef du Grand Palais - 4 décembre 2013

Dans le wagon de Dali

 

            Il y avait bien longtemps que je n’avais pas franchi les portes triomphales et pénétré entre les colonnes majestueuses jusque sous l’immense verrière. Le Grand Palais rénové et accueillant pour les manifestations de prestige ne m’attirait plus guère. Et puis voila qu’une occurrence s’est présentée. Une invitation faite par Roger Erasmy, admirateur fanatique de Salvador Dali, ésotériste distingué et savant décrypteur du message paranoïaque critique du génie auto proclamé. Ayant eu il y a quelques années l’excellente idée de créer le groupe « Les Héritiers de Dali » il sillonne depuis l’Europe pour y créer des événements à la gloire du Maître et pour défendre une certaine conception de l’art qui m’est fort sympathique.

            L’idée était bien conforme aux tendances actuelles : créer un événement qui réveille chez tout un chacun des images et des archétypes présents dans tout subconscient dépassant un peu le niveau basique de la télé au quotidien. Pour toute personne un tant soit peu cultivée et au fait de l’histoire du 20° siècle, Salvador Dali reste un précurseur qui, au moins, avait des idées, des intuitions surprenantes et possédait les moyens techniques de s’exprimer. Ce qui n’était pas vraiment le cas de son ami Picasso. Cela explique peut être qu’il soit moins célèbre.

            Mais n’allez pas croire que je le porte aux nues, il avait aussi des côtés m’as-tu vu quelque peu infantiles. Personne n’est parfait. Puisse son talent le faire pardonner !

            Je me suis donc retrouvé à exposer dans le « Wagon de Dali », objet ferroviaire hybride, curiosité devenue symbole, gadget élevé au rang de document historique. La promiscuité de l’endroit due aux dimensions restreintes s’est révélée favorable. Il n’y avait que des œuvres de qualité réalisées par des peintres également intéressants à bien d’autres titres. C’est qu’on ne s’oriente pas dans ce genre de création sans être en état de recherche. Recherche de quoi ? Mais tout simplement de sens, de ce que signifie être vivant et présent au monde. Donc les questions vitales, celles qui faisaient dire à pépé Louis, à tata Olga et aux autres grandes personnes de la famille : « Mais qu’est-ce que tu vas chercher là ? Tu ne peux pas faire comme tout le monde ? Mange ta soupe ! D’autres n’ont pas cette chance ! » Donc  j’étais un gêneur et on me le signifiait.

            Mais voila qu’ici chez Dali j’étais en bonne compagnie. Comme il se doit les salons du Grand Palais sont organisés par les artistes eux-mêmes. Et ce depuis fort longtemps. Il y a donc une tradition pérenne et consacrée. Hélas parmi les coutumes il y a celle de l’inaliénable liberté de l’artiste, celle qui fait que chacun, fier de sa personnalité cherche plus ou moins à s’affirmer. Ce qui est très légitime en art, mais un peu moins en ce qui concerne l’organisation d’une manifestation de grande ampleur. Bref le choc des ego n’est pas une spécialité du monde politique.

            Alors, comme d’habitude il y a eu pas mal d’hésitations, de quiproquos, de rétention d’informations, de propagation de nouvelles contradictoires parce que non vérifiées. N’oublions pas, pour faire bon poids les crispations sur le passé et tout ce qui est maintenant devenu désuet, voire obsolète.

            Enfin l’inauguration a eu lieu. La foule est venue et elle a vu ! Il y a dans ces salons de quoi satisfaire tout le monde. Tous les courants sont représentés, tous ont leur chance. A chacun d’y retrouver ses amis et ses complices. Au moins il y a le choix. Et si la marche à pied ne vous rebute pas vous pouvez en déambulant dans le labyrinthe des panneaux, des socles et des cimaises tomber sur ce qui vous branche. Le coup de cœur ! La révélation de l’inattendu.

            Certes le meilleur et le pire se côtoient, s’opposent et s’interpellent. Mais ne peuvent ils aussi se compléter ? Après tout on a besoin de repoussoirs pour apprécier vraiment. Ou comme disait un très mauvais esprit : « Ca sert à quoi d’être heureux si les autres le sont aussi ? ». Pensée lamentable. Mais qui peut surgir si l’auto censure intérieure est défaillante.

            Mais je ne voudrais pas vous assommer avec ces considérations. Il est trop tard pour aller au Grand Palais. C’est raté pour cette fois- ci. Mais si la fin du monde tarde encore un peu et si le jeu suicidaire de nos dirigeants  ne devient pas trop efficace trop vite, il y aura encore quelques épisodes. Le feuilleton ne s’arrête pas là. C’est comme pour « Les feux de l’amour », de turpitude en turpitude on a encore de quoi faire vibrer la corde sensible. Un point cependant m’est apparu. Echangeant avec quelques exposants et leurs conjoints, j’ai constaté qu’il était très facile de passer des sujets passe-partout pour gens polis et bien élevés à des considérations un peu moins superficielles sur le sens de la vie.

            Le cancer est sans nul doute un fléau. Mais peut-être est- il aussi une possibilité de se remettre en question. Ainsi deux peintres, un homme et une femme encore jeunes m’ont paru plus profonds qu’à l’ordinaire. L’un soignant son cancer du poumon, l’autre assistant son mari depuis plusieurs années. Et il m’a bien semblé qu’ils avaient gagné en densité humaine ce qu’ils perdaient en optimisme de surface. C’est bien triste mais c’est comme ça. Seuls les coups du destin peuvent nous faire sortir de nos petites habitudes et de notre vision étriquée du monde. Car il est évident que quand « tout va bien ! » notre tendance naturelle nous pousse à la somnolence et à l’auto satisfaction. Mais bien entendu ne me croyez pas sur parole avant de l’avoir vérifié par vous-même, sur le tas, dans le déroulement de votre propre vie que je vous souhaite longue et heureuse.

 

                                                             Le Chesnay le 5 décembre 2013

                                                             Copyright Christian Lepère

 

Les œuvres dans le wagon

Les œuvres dans le wagon

167 - Le wagon de Dali

La prochaine fois

 

« Traintrain »

Vous fournira l’occasion

de monter

à

 Paris

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 12:58
"La guerre de l'Anneau" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1984

"La guerre de l'Anneau" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1984

Apocalypse Hitler

 

            Pourtant j’étais devenu méfiant et je m’étais bien promis de ne plus m’y laisser prendre. Q u’en avais je à faire des turpitudes humaines et des imbroglios de l’histoire ? A d’autres de se laisser prendre au feuilleton débile  et de frémir aux soubresauts de l’enchaînement implacable des erreurs humaines.

            Mais ce soir là, allez donc savoir pourquoi je me suis laissé aller. On annonçait à la télé un documentaire sur la montée du nazisme, enfant chéri d’Adolf et sur le pourquoi du comment de cette invraisemblable dérive de l’âme  humaine.

            D’emblée le film m’a paru digne d’intérêt. Enfin un assemblage de documents d’époque, archives d’actualités, photos retrouvées au fond des tiroirs et témoignages pris sur le vif. Le tout soigneusement monté et commenté de façon sobre, comme il convient, par Matthieu Kassowitz. Bien sûr les images colorisées ajoutaient un parfum suranné à des images capturées dans des conditions extrêmes. Documents bruts sans complaisance.

            Ainsi l’on découvrait le jeune visage d’Adolf. Mon Dieu qu’il avait donc les yeux bleus cet enfant révolté mais parfois rêveur…Puis ce moustachu féroce haranguant les foules nazifiées du stade de Nuremberg. On comprend mieux son succès auprès des âmes sensibles des midinettes. Car, paraît-il il recevait des lettres d’amour comme n’importe quelle idole qui vous exalte l’âme et vous fait rêver…

            Mais revenons à son berceau. Né en Autriche, élevé dans la tradition et le bon air pur entre son papa autoritaire et sa maman si bonne, il allait hésiter bien longtemps entre idéal chevaleresque et révolte devant l’imperfection du monde. Pris de passion pour l’Art il allait souffrir cruellement de ses échecs pour entrer à l’Académie. Pourtant ses petites aquarelles ne manquaient pas de charme et son goût pour l’architecture, bien qu’un peu vieillot et académique faisaient preuve de connaissances et d’un véritable intérêt.

            Mais l’Allemagne vaincue en 1918 et soigneusement humiliée par les autorités françaises et alliées rongeait son frein. Ajoutez qu’à cela elle perdait une partie de son territoire, qu’elle avait des dettes énormes à éponger, qu’on lui faisait payer des dommages dont elle n’était qu’en partie responsable et que la bonne conscience méprisante des vainqueurs frôlait l’ubuesque. Ajoutez encore qu’Adolf après avoir été engagé volontaire en tant qu’estafette faisant circuler l’information entre ses malheureux camarades s’était retrouvé blessé et ensuite un  peu désoeuvré.

            On sait où peut mener l’oisiveté. Une âme noble se verra contrainte à se lancer dans des aventures délirantes. Cervantès nous a bien expliqué tout cela  avec son Don Quichotte et ses moulins à vent. Y avait-il une telle candeur chez Adolf ? Au fait, Hitler était-il juif ? La question semble oiseuse et les preuves n’abondent pas. Voulait-il prendre le pouvoir ? Sans doute mais c’est après bien des hésitations, des essais avortés, des déboires cuisants allant jusqu’à l’emprisonnement qu’il a fini par trouver sa voie enfin triomphale.

            Mais son destin l’attendait et il a bénéficié de toutes les aides indispensables pour réaliser son rêve. De grands hommes, en vérité des hommes providentiels l’y ont aidé. D’abord le maréchal Hindenburg et son casque à pointe. Héros de la guerre de 1870, puis de la Grande Guerre, apprécié de Guillaume 2 avant de devenir dictateur militaire puis Président sous la république de Weimar il finira par nommer Adolf lui-même Président lui conférant une indispensable légitimité.

            Ensuite il y eut Mussolini, le Duce montrant la voie de la détermination virile en s’emparant du pouvoir par des moyens énergiques fort efficaces. De plus n’oublions pas les S.A., les Chemises Brunes qui avaient le bon goût de mépriser les juifs, les communistes et autres bolcheviques qui auraient pu se répandre en Allemagne pour y faire des bêtises !

            A partir de ces éléments favorables quoique incertains et contradictoires la résistible ascension de Hitler a pu se déployer. N’hésitant jamais à trahir ses plus fidèles alliés, prêt à utiliser toutes les opportunités mais pour la bonne cause, il n’avait plus qu’à suivre sa pente en la montant. Arriver au pouvoir suprême, devenir le Fûhrer, le guide des Aryens grands et blonds  et surtout l’implacable justicier qui va régner en divisant et en supprimant tout ce qui gêne.

            Mais après tout n’est-il pas ainsi l’humain par excellence, c'est-à-dire pour le meilleur et pour le pire ce centre du monde qui peut et doit exiger que tout lui obéisse au doigt et à l’œil. Œil qu’il avait bleu comme il a été mentionné précédemment.

            Mais son âme était multiple et contradictoire et ça n’est pas sans une légitime émotion qu’on pouvait le voir tapoter gentiment la joue d’une petite fille blonde avec de grandes nattes et une jolie robe typique de son Tyrol natal, belle enfant lui offrant des fleurs dans son beau pays enfin pacifié et débarrassé des méchants qui nous font tant de peine.

 

                                                     Le Chesnay  le 25 novembre 2013

                                                     Copyright Christian Lepère

 

Détails de la Guerre de l'Anneau

Détails de la Guerre de l'Anneau

166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler

 

La prochaine fois :

Avec un peu de retard

je vous inviterai dans le

 « Wagon de Dali »

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 08:39
"Visite guidée" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2003

"Visite guidée" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2003

 

Vous avez dit génial ?

 

              Van Gogh était génial. C’est un fait avéré et même les jeunes du collège le savent. On leur a dit à la télé et on a tout fait pour les en persuader. J’avoue que pendant longtemps j’ai partagé ce consensus. A l’adolescence éprouvant un grand besoin d’idoles et d’idéal je cédai à l’attrait d’un absolu à ma portée. J’ai cru ou voulu croire à de belles histoires. J’étais idéaliste, mais qui ne l’est pas à cette époque de la vie ? Les crises de croissance et le bouleversement intime de la chimie biologique peuvent vous faire perdre votre bon sens ! La jeunesse est excessive et il lui faut du tout ou rien. Le Bien et le Mal s’opposent en luttes fratricides au lieu de se relativiser. Pour Johnny et sa copine tout est nul ou génial, à moins que ce ne soit le contraire l’instant d’après…

              Donc Vincent avait ses chances, fou, suicidaire et génial, il me fournissait ma ration de rêve. J’étais content. D’autres auront besoin d’idolâtrer Che Guevara, Gandhi ou Madonna suivant leurs tendances angéliques, révolutionnaires ou sulfureuses

              Mais voila que le temps passe. Que les années défilent et petit à petit on se calme. Des grincheux diraient que l’on s’assagit et que l’on perd ce bel enthousiasme de tous les commencements. Et c’est vrai que les habitudes s’installent, que la routine nous encercle sournoisement avant de nous paralyser. On en arriverait à oublier de vivre ! Perdre sa vie pour la gagner ! La formule est concise et accablante. Et c’est vrai que bien des destins s’enlisent. On va, on vient, on consomme, on s’oublie devant la télé et l’on se distrait avec des feuilletons ineptes et des jeux vidéo brutaux et primaires. Quelques uns font du sport pour battre des records. D’autres s’adonnent à des hobbies ou risquent leur vie en slalomant entre les camions sur le périphérique aux heures de pointe.

              Il se trouve que pour ma part j’ai commencé à me poser les grandes questions comme tout un chacun au sortir de l’enfance. Jusque là la disparition de ma grand-mère ou la mort de pépé Laffray, concierge de l’immeuble, avaient été des événements périphériques sans signification transcendantale. Tristes, bien sûr, puisqu’on me le disait mais sans autre portée qu’immédiate.

              Un jour ce fût l’adolescence et tout à coup  les bouleversements organiques de la puberté. L’ouverture au monde, la prise de conscience des autres véritablement autres dont on n’avait vraiment rien à faire jusque là…Voilà que tout à coup des doutes surgissaient. Sur ce qu’on m’avait inculqué au catéchisme ou sur ce que d’autres tenaient pour sûr et certain parce que dans leur famille on avait toujours soutenu le parti communiste, seul défenseur des opprimés et seul espoir pour ceux qui avaient pu échapper à l’emprise de l’opium du peuple et à ses suppôts.

              L’adolescent se pose donc de grandes questions : la vie, la mort et tout ce qui en découle…L’injustice sociale et la peine de mort. La liberté inaliénable et le mariage pour tous. Le droit au bonheur et le droit à l’auto destruction (Au fait, mon frère, tu n’a pas oublié ta ceinture d’explosifs avant de prendre le métro… ?).

              Chez beaucoup c’est très passager et bientôt on réalise qu’il va falloir s’insérer dans le système pour bénéficier d’un minimum de sécurité. La sécu et la retraite ça fait réfléchir, surtout si l’on ne veut pas vivre que d’amour et d’eau fraîche. Aussi si l’on veut assurer un avenir à sa progéniture.

              Donc on rentre dans le rang et les anciens marxistes (Tendance Groucho…) se réveillent bien raisonnables et vont même jusqu’à briguer des postes hiérarchiques. L’argent et les honneurs les ont rattrapés. Ils sont devenus des gens normaux, estimables et rassurants.

              Pourtant il arrive que parfois certains continuent à se poser les questions qui fâchent, faisant preuve d’un simple bon sens que rien ne peut altérer. Ceux la mettent la recherche de la vérité au dessus du confort financier, moral et social. Alors ils continuent à chercher l’issue, le bout du tunnel. Et certains finissent par trouver. On les appelle des sages. On les révère et l’on se prosterne à leurs pieds si l’on est oriental. Ou bien on les envisage avec méfiance, jusqu’à leur jeter des pierres si ils font mine de bouger. Ou bien on les ignore, fermement convaincus qu’il est vain d’accorder son attention à l’idiot du village qui d’ailleurs n’en a que faire.

 

                                                          Le Chesnay le 17 novembre 2013

                                                          Copyright Christian Lepère

 

Détails de "Visite guidée"

 

165 - Vous avez dit génial?
165 - Vous avez dit génial?
165 - Vous avez dit génial?

 

Après ces réflexions…

 

Revenons en aux turpitudes

la prochaine fois c’est

« Apocalypse Hitler »

qui vous

sera

conté

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 08:37
"Le démon de la lecture" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

"Le démon de la lecture" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

 

Gratte papier

 

              « Par ce bel après-midi d’automne la surnuméraire s’alla promener dans le parc Montsouris. ». Alfred reposa sa plume enfin satisfait. Après d’innombrables essais il venait de trouver le préambule, la phrase d’appel, l’alpha initial, ce qui finirait par constituer un récit dont la cohérence toute aléatoire le laisserait enfin paisible et satisfait. Cela qui lui ouvrirait toutes grandes les portes de la créativité.

              Membre d’un petit groupe qui s’adonnait à l’écrit, il se voulait révolutionnaire. Démiurge. Créateur d’une mouvance apportant enfin au monde la révélation de la poésie véritable. Celle qui vous ébranle au plus profond de vos convictions et bouscule vos comportements d’employé à la caisse d’allocations familiales d’une sous-préfecture de province. Enfin chantre de la France profonde et inaliénable.

              C’est qu’il venait de loin. Dans son enfance il était taciturne et renfermé. Perdu dans ses rêveries ou plongé dans des lectures au dessus de son âge. Il négligeait les jeux et les ris de ses compagnons. Ses petits camarades le trouvaient bien un peu bizarre mais comme il était de bonne composition on ne lui en voulait pas trop. Et puis il savait aussi raconter des blagues puisées dans l’Almanach Vermot, source de culture populaire intarissable.

              Plus âgé il avait vu la technique envahir le monde. Depuis le poste à galène les ondes avaient été domestiquées et l’on était passé des borborygmes à peine audibles transmettant des informations vitales à la pureté cristalline de la modulation de fréquence, hélas vouée à transmettre les pires inepties. Et cela lui paraissait déplorable.

              C’est pourquoi il avait élaboré le projet fou de revenir à l’écrit. De s’installer devant son écritoire et de laisser les idées s’enchaîner. Non pas qu’il fût adepte de quelque méthode surréaliste à base de cadavres exquis ou l’association de phonèmes plus qu’hasardeuse permet parfois de faire crépiter le langage ou de le pervertir en significations ambivalentes.

              Son propos était plus modeste. Il voulait communiquer, mais l’écrit simple est limité. Rédiger une lettre, plier la feuille en quatre dans une enveloppe, écrire l’adresse, lécher le timbre et mentionner au dos le nom de l’expéditeur étaient occupations bien fastidieuses…

              Et puis il fallait se rendre à la poste, pourtant assez proche mais en s’exposant à croiser des voisins qui auraient pu en profiter pour vous aborder. Et vous raconter leur vie dont vous n’aviez que faire. Car l’ouverture à l’autre est une bonne chose, mais la promiscuité une autre et qui risque de vous entraîner jusqu’à la familiarité. Et de cela une âme noble ne saurait vouloir. Il ne faut pas se galvauder.

              Parvenu à la retraite et libéré des obligations de service il avait pu élargir son horizon. Après de longues hésitations. Après avoir pesé le pour et le contre et s’être renseigné aux sources les plus sûres il avait un jour franchi le pas. L’achat d’un ordinateur, fût-il portable, reste au plan symbolique un événement, une rupture d’habitude, un perturbateur de routine.

              C’est que les immenses possibilités offertes passent par une porte étroite : l’acceptation de la logique binaire et de l’incontournabilité du clic. Ou bien le courant passe ou bien il ne passe pas. Et parfois c’est bien ennuyeux. Car cela commande ensuite des circuits infiniment complexes et sophistiqués, des logiciels déments conçus par des esprits maniaques. Avec leurs trouvailles géniales et leurs lacunes grossières.

              Après avoir acquis une honnête maîtrise des fonctions de base il avait réussi à utiliser le traitement de texte. Pourtant on l’avait prévenu d’une possible perte d’âme. Le texte tapé sur un clavier, le tapuscrit, n’a pas cette onctuosité de la pensée transmise par la chaleur de la main et de sa moiteur sur le corps du stylo bille. Le viscéral y est réduit. Et même si la pensée est noble, le passage par la mise en forme automatique peut faire perdre son frémissement à la sensibilité. Enfin il s’y était mis et, bon mal an, il arrivait à s’épancher et même à ciseler de petits poèmes.

              Mais accumuler des confidences dans un disque dur, voire un disque dur externe pour la sauvegarde, ne peut suffire. L’accumulation est source d’embonpoint. L’obésité nous guette et si l’on n’y prend garde on finit par en avoir gros sur la patate…

              La vie n’est vivante que si elle circule. Sinon elle n’est que collection de momies dans d’obscures oubliettes, relégation dans des archives poussiéreuses.

              C’est pourquoi il finit par se brancher sur internet. Enfin la toile allait lui permettre de répandre sa pensée, de faire profiter autrui de ses idées lumineuses et de ses illuminations fulgurantes. D’ailleurs, mais il n’osait y penser, peut-être finirait il un jour par attirer l’attention d’un comité de lecture ? Et à partir de cette aube prometteuse…

              Longtemps il persévéra. Traitant de tout et de rien, puisant dans les encyclopédies pour y glaner des sujets inédits. Il alla même jusqu’à devenir accro à Wikipédia. Mais là le risque était grand de se diluer dans l’universel.

              Comme il lui arrivait de proférer des opinions, des lecteurs anonymes commencèrent à se manifester. La toile est un piège. Internet est une toile. Et si l’on y aventure un orteil on risque d’y laisser sa trace, attirant les curieux et les prédateurs. Donc, le droit de réponse étant prévu, il put savoir ce que suscitaient ses pensées chez autrui. Dès lors dans son courrier il eut droit à des retours. Il y avait de tout. Du bon et de l’exécrable, du pertinent et de l’inepte. Depuis le primaire : « Et ta sœur ?... » Jusqu’aux pesants : « Merde à celui qui le lira ! » il eut droit à la louange et à l’injure. La lie et la fange de la communication humaine réduite à ses prémisses. La littérature de pissotière. Le pulsionnel basique et la répartie de corps de garde pour le pire, le dithyrambe et l’onction cauteleuse voisinaient aussi avec l’approbation chaleureuse et la compréhension complice pour le meilleur. A créer des dialogues et à apostropher son semblable pour des échanges enrichissants  il avait éprouvé bien des joies et bien des déceptions.

              Enfin il en était là et se demandait comment aller plus loin, dépasser ses limites, transcender ses possibilités, atteindre à l’universel sans perdre sa modeste humanité toute de chaleur et de proximité.

              Voilà où il en était. Mais déjà se profilaient les mirages de la technologie avancée. A l’horizon le progrès sonnait la charge. D’a.d.s.l. en ultra haut débit maximalisé on pouvait maintenant taper ses textes n’importe où : dans le métro ou au bois de Vincennes. Et les messages étaient transmis en temps réel par un vigilant réseau d’antennes relais. Antennes sans réel impact prouvé sur les enfants des écoles, tout au moins à court terme…

              Ah que la vie était belle en ce temps là quand des possibles multipliées à l’infini et se conjuguant nous entraînaient dans la spirale ascendante des progrès exponentiels.

              Alors, bien calé dans son fauteuil il relut la phrase qu’il venait de peaufiner et y perçut tout l’espoir d’un monde meilleur. Celui où une surnuméraire sans mérite particulier pourrait enfin par un bel après- midi d’automne aller promener sa vacuité au parc Montsouris qui est sans conteste un des plus beaux endroits de Paris.

 

                                                        Le Chesnay le27 octobre 2013

                                                        Copyright Christian Lepère

               

 

 

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

 

 

Nul ou génial ?

 

Il faut choisir !

Quelques éléments de réflexion vous seront donc suggérés

dès la prochaine parution.

Portez vous bien en attendant !

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 12:56
"Les vagues de la vie" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2008

"Les vagues de la vie" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2008

 

La danza de la realidad

 

            Il y avait des éternités que je n’avais pas mis les pieds dans une salle obscure. Faire la queue et payer pour assister à une illusion d’optique me tentait de moins en moins. Non pas que j’ignorais tout des dernières créations cinématographiques et de ce qu’elles auraient pu m’apporter mais que voulez-vous j’avais d’autres chats à fouetter

            Sans fin la vie est complexe et retorse, elle vous attend au coin de la rue et vous offre à l’improviste des occurrences inespérées, du non prévu sinon de l’imprévisible.

            Il y a peu on m’a appris qu’Alejandro Jodorowsky venait de sortir un film : « La danza de la réalidad ». Depuis bien des lustres je m’intéressais à cet étrange personnage dont la vie était en elle-même un acte poétique, un happening permanent. Lisant des livres et compulsant, mais de façon non compulsive, ses bandes dessinées je m’étais imprégné de son étrange proximité. Son humanité me touchait. Et j’aurais sans doute voulu en savoir plus.

            Tout chez lui me paraissait bon à prendre : Métaphysique, créativité délirante et surtout une chaleureuse humanité. Car Jodorowsky est un des rares de nos semblables qui tienne la bonté pour la qualité essentielle du sage, proche en cela du Dalaï Lama et de quelques autres non moins perspicaces.

            Je me suis donc rendu au Quartier Latin, rue St André des Arts, retrouvant ainsi quelques souvenirs de jeunesse. C’est qu’à vingt ans je hantais déjà les lieux en quête de sens et d’imaginaire, cherchant quelque réconfort dans la chaleur des petits cinoches du quartier.

            Dès la première image il n’y a aucun doute. « La danse de la réalité » est un film inspiré, un film de visionnaire. Dans un univers de rêve rappelant à maints égards celui de Fellini, des personnages archétypiques mais complexes et contradictoires vont s’aimer, s’entre-déchirer, se trahir et se retrouver dans le dérisoire et le sublime.

            Comment rendre compte ? C’est trop complexe et trop ambivalent. Pourtant le fil conducteur est simple. C’est l’histoire d’Alejandro Jodorowsky, jeune chilien qui sous la garde bienveillante de son ange gardien, Jodorowsky le vieux, âgé maintenant de quatre vingt trois ans dévoile pour nous les péripéties invraisemblables qu’ont vécues ses parents et lui-même, à son corps défendant.

            Le film a pour cadre Tocopila, modeste bourgade du nord du Chili. Sur fond de luxe et de misère, d’esclavage et de révolte, de communisme stalinien et de fascisme nazi, le tout enrobé  de catholicisme, de superstitions populaires et de haine raciale. Ajoutez à cela l’éveil de la sensualité  et la liberté des mœurs d’une population pauvre et disparate qui s’arrange très bien de ses habitudes et de ses vices.

            Comme dans toute vie qui ne serait pas niée au nom d’un idéal, l’érotisme est omniprésent. Toutes les formes de sensualité auront droit au chapitre et bien des épisodes feront grincer des dents les freudiens orthodoxes dans la mesure où la transcendance n’est jamais bien loin. Cachée derrière les poubelles, dérivant au fil d’une eau sale au long du caniveau.

            C’est que Jodorowsky est un esprit libre, un de ceux qui savent que pour se libérer il faut oser regarder droit dans les yeux l’horreur qui nous fascine. Et même si c’est de façon métaphorique, mettant en scène des marionnettes dans des décors pour musée Grévin. Les scènes de torture, de coït, de masturbation ou de suicide nous mettront au pied du mur de nos propres abîmes.

            Car l’ambivalence règne partout. L’amour du bourreau pour la victime, l’apitoiement du tueur, l’amour charnel du dictateur pour son merveilleux cheval blanc, mais aussi  la gentillesse angélique qui peut provoquer des drames bien involontaires et vous condamner au rôle de bouc émissaire. Car Jodorowsky est juif ! C’est ce qu’on lui a dit… Quelle aubaine pour des malheureux, des opprimés, des damnés de la terre hurlant leur désespoir et cherchant le coupable pour le châtier. Ainsi dans le lot des turpitudes qu’il a à assumer revient sans cesse la mise à l’index. Etant un autre pour les autres il est pointé du doigt et soupçonné de bien des horreurs. Faire partie du Peuple élu est dangereux. Mais les noirs, les homosexuels, les tziganes et les maghrébins seront bien d’accord, chacun à sa façon, chacun avec ses particularités. Il se trouve d’ailleurs que la maman d’Alejandro est, par malchance, une femme… Ce qui lui fera supporter le machisme de son mari qui, bien que l’aimant tendrement est aussi un marxiste convaincu idolâtrant Staline et risquant sa vie pour abattre le dictateur local.

            Mais que dire encore ? Le film passe en ce moment en exclusivité et il n’est pas du tout certain qu’il devienne un succès grand public. La démagogie n’est pas sa caractéristique essentielle et il n’est pas fait pour les voyeurs. L’érotisme n’y est pas complaisant et si les miroirs vous font peur il vaudrait mieux regarder le foot à la télé. Au moins vous auriez un sujet de conversation avec le voisin de palier.

 

                                                            Le Chesnay le 9 novembre 2013

                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

"La fête de la bière" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

"La fête de la bière" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

Reprenons pied!

 

La prochaine fois,

je vous parlerai du "Gratte papier"

et de ses démélés avec la modernité technique

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 07:59
"Zone de non droit" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2011

"Zone de non droit" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2011

Le déconographe

 

              A cet instant Nicolas Sarkozy est en train de se brosser les dents. Avec le soin méticuleux qu’on lui connaît il a d’abord fait usage du fil dentaire avant de saisir sa brosse électrique. Modèle hyper rotatif à fréquence modulable et pour lors il s’attaque à la plaque dentaire qui s’accumule sournoisement derrière ses molaires au fond à droite.

               Mais d’où vous viennent ces informations que vous nous assénez avec assurance ? Qui vous permet d’être aussi affirmatif me direz vous ? Ma réponse sera rapide et imparable : « C’est que, voyez vous, je suis bien informé. J’ai mes sources en haut lieu et je peux vous affirmer que si Nicolas n’est pas en train d’accomplir les actions précitées, c’est que quelque événement fortuit et international l’en a empêché. Un malencontreux appel téléphonique de Poutine qui vient de lui révéler des détails sur les pratiques sexuelles d’Angela Merkel qui, bien que mariée n’en reste pas moins femme. Ce qui peut laisser perplexe si l’on néglige la qualité d’informations récoltées par le K.G.B. dont il bénéficie en temps réel et qui, même si elles sont confidentielles n’en restent pas moins lourdes de conséquences sur le plan international.

              Ou bien Barack lui a confirmé que pour le 14 juillet c’était O.K. et qu’il viendrait accompagné de son épouse, première dame irremplaçable des Etats-Unis remettre les médailles du Concours International de la Ligue des Eleveurs Bio et Associés en Poitou Charente.

              Pendant ce temps Poutine après avoir perturbé l’emploi du temps de Nicolas est en train de se faire pardonner en entretenant sa forme pour le plus grand bien et l’édification des masses populaires. Entamant son vingt troisième tour de la place Rouge vêtu de son jogging de même couleur, il progresse sans peine en écartant avec autorité la foule de ses supporters enthousiastes. Mais c’est la rançon de la gloire qu’il accepte avec simplicité. Car quelques grands qu’ils fussent, les grands hommes sont toujours restés avant tout des hommes.

              Mais pendant ce temps que fait donc Margaret Thatcher ? Hélas ! Elle n’est plus ! Elle s’est éteinte ! Veuillez m’en excuser mais il est vrai qu’après une longue carrière ferme et définitive au cours de laquelle elle a sauvé l’Angleterre de ses douteux penchants libertaires, elle a fini par s’incliner devant le destin. Et c’est avec courage qu’elle a accepté son statut de créature biodégradable, manifestant cependant une détermination exemplaire devant l’irrémédiabilité lui signifiant que tout était fini. Tout ? Mais non car il reste la gloire et le souvenir des foules enivrées qui lui doivent de ne pas s’être laissé subvertir par la démagogie populiste, source de toutes les faiblesses. Péché impardonnable pour qui assume le rôle de guide et de tête pensante dans cette jungle qu’est le milieu politique international…

              Mais assez parlé de ceux qui nous ont quittés. Place aux vivants et à leur présent plein d’ardeur. Mélenchon se fâche comme d’habitude. Pour de justes raisons, c’est certain. D’ailleurs que deviendrions nous sans lui ? Des béni oui oui ! Des faibles ! Des manoeuvrables ! Taillables et corvéables à merci ! Des pions interchangeables qui se laissent marcher sur les pieds sans faire valoir leurs droits syndicaux les plus élémentaires ! Mais Marine est là et elle va aussi leur montrer, aux autres, aux attardés, à tout ceux qui n’ont rien compris et qui ignorent frileusement l’appel de l’avenir.

              Car il est là l’avenir, droit devant nous. Il nous attend, il nous éclaire. Mais attention si nous ne réagissons pas il pourrait bien déraper, glisser vers l’erreur fatale, le déclin et la récession…

              Alors réagissons, unissons nos forces, relançons la croissance. Faisons progresser le CAC 40. Faisons remonter le niveau de la mer ! Au moins il y aura du changement et des créations d’emploi : conducteur d’engins pour surélever des digues contre les marées extrêmes, recrutement massif de sapeurs pompiers et de maîtres nageurs, sans oublier les services à la personne en difficulté.

              Dans ce monde uni et fraternel conjuguons nos efforts, surpassons nous ! Ce n’est pas sûr mais peut être que l’amélioration de la conjoncture nous permettra enfin de ramener l’âge de la retraite à soixante et un ans et six mois, tout au moins pour ceux qui ont cotisé au maximum, méprisant la pénibilité et prêts à tout pour obtenir gain de cause.

              Alors, tous solidaires ? Oui tous !

              Il ne nous reste plus qu’à attendre la semaine prochaine en fourbissant nos armes, je veux dire nos arguments pour qu’enfin un monde meilleur advienne. Un monde où nul ne sera plus privé de son portable et de sa tablette interactive.

 

                                                                 Le Chesnay le 18 octobre 2013

                                                                 Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Fureur homicide" - Eau-forte imprimée sur Arches, format demi-Jésus - 1982

"Fureur homicide" - Eau-forte imprimée sur Arches, format demi-Jésus - 1982

 

La prochaine fois ?

 

Devant l’urgence j’ai changé d’avis

Après avoir vu un film

Je me sens tenu de vous en rendre compte.

« La danza de la réalidad »

De Jodorovsky

Me semble beaucoup plus important que les considérations oiseuses

que je réserverai pour plus tard…

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 06:36
"Le voyage intérieur" - huile sur toile - 51 x 45 cm - 2005

"Le voyage intérieur" - huile sur toile - 51 x 45 cm - 2005

L’usure des jours

 

              Voilà que les jours raccourcissent. Chaque soir le couvercle se referme un peu plus tôt. Chaque matin il tarde à s’entrouvrir. Et il le fait avec une telle discrétion, comme en hésitant, qu’on ne saurait lui en faire grief. Il a des pudeurs d’entre chien et loup. Ce qui ne l’empêche pas de finir par sombrer dans les nuits où tous les chats sont gris.

              Certains n’aiment pas. Il en est même qui s’en désolent. Ceux là regrettent les clameurs du grand beau temps estival qui vous exaltent ou vous accablent, c’est selon l’humeur et la complexion. A chacun ses paradis, a chacun ses rythmes circadiens et saisonniers.

              Dommage qu’on fasse semblant d’être d’accord pour faire croire à un consensus. Mais celui-ci est nécessaire. Il est le moteur de notre monde d’hyper consommation ou tout ce qui engendre un besoin et exalte la croissance est de toute façon bon à prendre. Mais nous sommes dans un tel univers de faux semblants et de conformisme…Alors pourquoi contester ? La majorité à raison, surtout si elle est absolue, si elle dépasse les cinquante pour cent fatidiques. Mais que dit le hit-parade ? Donc le beau temps nous rend heureux et les jours les plus longs sont les plus gratifiants. Ceux où le commerce se dévergonde et où, quand le bâtiment va, tout va!

              Je me souviens de mes dix ans. J’émerge de l’enfance où nous vivons d’instant en instant les sensations qui nous assaillent. Sans le moindre recul le plus souvent. Mais voici que maintenant je me surprends à réfléchir, à me poser des questions, à faire des bilans.

              En gros je cesse de tout prendre pour argent comptant. D’acteur spontané qui croit dur comme fer aux péripéties qui lui adviennent voilà que je deviens un observateur un peu méfiant. Un juge qui se permet de faire la moue. Un opposant au nom des grands principes.

              Mon Dieu, ne serai-je pas en train de simplifier pour me rassurer, en train de croire à des images d’Epinal ? Tout ce que je viens de dire n’est que vérité officielle, généralisation abusive. Ainsi le jeune enfant d’avant dix ans que je fus ne se serait pas posé les questions qui fâchent ? Et voilà que des souvenirs me reviennent…Balbutiants et fugaces ils peuvent quand même se préciser. Alors j’avoue : à cinq ans j’avais déjà des reculs curieux, des mises à distance, des doutes sur moi-même et sur les autres. Il m’arrivait de porter des jugements moraux et de désapprouver les grandes personnes autrement qu’avec des cris de frustration et des réflexes de survie immédiate. Autrement qu’en trépignant. Je me souviens même qu’il m’arrivait de prendre de grandes décisions, de me jurer de ne plus avoir de conduite indigne…Ainsi quand le maître nous avait fait honte, à la fin du mois, en traitant ceux qui n’avaient pas réussi de fainéants. Et il avait bien précisé : « Fait néant », celui qui ne fait RIEN parce qu’il n’est qu’un paresseux, un ingrat, un fils indigne et qu’il a eu une mauvaise note qui va peiner ses pauvres parents. Donc je m’étais promis que «  plus jamais ça… »

              Promis, juré, je ne le ferai plus. Facile à dire dans un élan de repentir et de piété filiale. Plus difficile à respecter et à mettre en œuvre. Que les adultes qui promettent d’arrêter de fumer au premier janvier me jettent la première pierre. Mais ce grand élan de probité morale nous éloigne du sujet.

              Donc les jours passent, les saisons se succèdent et les jours s’obstinent à raccourcir. Petit à petit la nuit se fait plus longue, plus sombre et semble devoir nous engloutir. Mais nous vivons dans l’artificiel, dans le spectacle du monde moderne. La lumière continue d’illuminer nos nuits et la télé toujours omniprésente et riche en drames sordides et en hauts faits épiques nous sauve de l’engourdissement hivernal. Nous ne sommes pas des marmottes, que diable ! Et comme chantait Guy Béart, jadis : « Il nous faut des amants et des enterrements ! Tournez, tournez rotatives…pour les âmes sensitives… ».

              Ainsi, si vous faites partie de ceux que l’hiver accable, les choses finiront bien par s’arranger. Et la descente de s’inverser. Alors patience ! Mais pour le moment tout nous invite à rentrer en nous-mêmes, à nous immerger dans les profondeurs où parait-il nous nous attendons nous-mêmes depuis belle lurette. Et ça n’est pas très habile de se priver de soi-même. C’est même d’une maladresse métaphysique impardonnable. Car pour s’évader d’une prison, je veux dire de son ego, il faut au préalable l’avoir inspectée, visitée de fond en comble, avant de décider de l’endroit où l’on va tenter de creuser un tunnel sous le mur, armé de sa fourchette ou de son Opinel, si par chance il a échappé à la fouille des gardiens.

              L’enjeu serait de retrouver l’air pur et la liberté. Mais peut-être que dans le fond on préfère rester au chaud : nourri, pas très bien, logé à la dure mais entouré de la sollicitude des surveillants qui ne sont pas de si mauvais bougres malgré le règlement tatillon qu’on leur impose de nous imposer.

 

 

                                                           Le Chesnay le 16 octobre 2013

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

"Caverne accueillante" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2008

"Caverne accueillante" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2008

 

 

La prochaine fois

 

« Le déconographe »

vous tiendra au courant  des dernières nouvelles du monde.

Tout vous sera dévoilé sur les puissants qui règlent notre destin

Vous comprendrez enfin les dessous de l’affaire.

Enfin !

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article