Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 08:45
"Petit peuple mélomane" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

"Petit peuple mélomane" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

 

Plaidoyer pour l’altruisme

 

              Depuis quelques jours je me suis lancé dans la lecture du très gros livre de Matthieu Ricard : « Plaidoyer pour l’altruisme » ; Pourtant j’étais prudent et je m’étais bien juré de ne pas m’y laisser entraîner.

              A cela plusieurs raisons. D’abord j’ai sous le coude quelques écrits en attente dont j’aimerai prendre connaissance sans trop tarder. Parmi eux plusieurs prêtés par des amis dont la bienveillante attention souhaite me faire bénéficier de sources importantes à leurs yeux. Connaissant mes goûts et mes inclinations ils ont sans doute choisi de quoi m’appâter et retenir mon attention.

              Ensuite il y a dans ma bibliothèque quelques livres anciens qui se rappellent discrètement à moi en dépassant négligemment de l’alignement et en tombant sur le tapis comme par mégarde. Certains vont même parfois en profiter pour s’ouvrir à la bonne page sans raison flagrante, si ce n’est qu’un livre s’ouvre plus facilement là où on l’a consulté plus fréquemment. Or l’expérience m’a appris que si une relecture est souvent fort utile, c’est à des titres divers.

              D’abord il est toujours bon de se replonger dans ce qui nous a accroché et qu’on a sans doute en partie oublié ou magnifié dans un élan juvénile bien excusable. Ensuite il se peut que d’autres sources aient fait sentir le besoin d’un complément d’informations. Ainsi l’épreuve du temps permet de prendre du recul et d’aborder d’anciennes nouveautés avec un œil plus vaste et un esprit plus critique. Dans ce cas si l’intérêt persiste cela prouve que la chose n’était pas négligeable et méritait au moins une nouvelle visite.

              En dernier lieu il est bien connu que la fréquentation de certains magasins ouverts par intérêt bien compris aux choses de l’esprit particulièrement tendance, tels que la FNAC est un piège pour tout consommateur, le fût-il de produits culturels, littéraires ou assimilés.      

              J’évitais donc de m’y rendre jusqu’à ce jour où comme d’habitude mes errances journalières m’ont conduit en marchant de square en square et de sentes en rues paisibles jusqu’aux confins des lieux civilisés  à des chemins forestiers où la gadoue succède au goudron et la nature à la brique et à la meulière.

              Après ce séjour forestier revivifiant je revins vers mes semblables. J’arrivai ainsi au fin fond des quartiers retirés de Versailles. Là où le mélange de petits pavillons modestes de banlieue (Du style « Sam Suffit ») avec des bunkers sécurisés forme un tissu disparate mais relativement homogène. Car les nouveaux résidents, fuyant la ville et son tumulte, recherchent l’ombre des grands arbres sans renoncer à tout ce qui peut rendre le quotidien plus sûr et digne de leur rang. C’est ainsi que l’on voit d’assez belles demeures de facture très traditionnelle, respectant les us et coutumes et même les matériaux nobles comme la meulière servir d’écrin a des appartements confortables. Bien qu’hautement sécurisés avec des murs bétonnés reposant sur des fondations dignes d’abris anti-nucléaires ceux-ci sont dotés de tout ce qu’une high tech peut procurer comme superflu indispensable.

              Ces havres de paix merveilleusement sécurisés le sont de façon discrète. Alarmes, digicodes, détecteurs d’intrus et autres gadgets en rendent l’accès problématique pour toute personne ayant égaré sa télécommande ou oublié son mot de passe. Mais tout se mérite et quand on réintègre sa prison, elle est au moins d’un excellent standing et d’un confort technologique irréprochables. Aucun s.d.f. ne saurait s’y immiscer et même les chats ont parfois quelques difficultés avec leurs chatières

              Bien sûr tout cela n’empêche pas de renforcer les portails avec des barres d’acier et de rendre les barreaux très solides mais aussi très « design ». Car après tout ce sont bien des malfrats en chair et en os, munis de solides pinces monseigneur qu’on veut dissuader de rendre une visite amicale et admirative aux belles choses que vos moyens vous permettent de collectionner. Ainsi vous pouvez dormir tranquille et partir en week end à Avoriaz sans risquer  l’inquiétude mère de tous les stress.

              Mais je m’égare…Ou plutôt je me retrouve non loin de chez moi. Remonter la vaste avenue, comme si je revenais du parc de Versailles me ramène vers le Centre Commercial jadis premier d’Europe. Et voila, à gauche c’est la FNAC…A droite ? c’est sans importance…

              J’entre donc. Il fait chaud et c’est plein de chaleur humaine. C’est rassurant au possible et des piles de livres m’accueillent avec leurs belles couvertures, leurs titres alléchants et leurs références incontournables. Que des témoignages bouleversants de stars et de peoples, des controverses d’intellectuels très tendance, des manifestes d’universitaires rénovant les concepts et aussi de beaux livres d’images pleins de paysages somptueux numérisés ou de documents arrachés à l’oubli après de patientes recherches dans

des bibliothèques virtuelles.

              Enfin voici le livre de Matthieu Ricard. Un bon format, neuf cent dix pages sur du papier fin et un contenu très dense. J’achète. Je passe en caisse. Je tape mon code et je rentre chez moi.

              Voila pourquoi depuis quelques jours je néglige un peu d’autres activités. Car le propos de ce livre est énorme, la lecture longue et patiente. L’ensemble est à parcourir à pas lents en soupesant tous les aspects si l’on souhaite en avoir une vision aussi objective que le souhaite son auteur. Mais il reste de longues veillées d’hiver et je vais continuer sans relâche pour en tirer toute la substantifique moelle.

 

                                                                    Le Chesnay le 6 janvier 2014

                                                                    Copyright Christian Lepère

 

 

"L'arrière saison" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1977

"L'arrière saison" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1977

La prochaine fois :

 

« L’impermanence a encore frappé »

 

Vous en apprendrez plus sur les dernières nouvelles

de ce monde mouvant…

 

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:50
"Saison des jeux" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

"Saison des jeux" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

 

L’esprit du terrain vague

Réflexions zen

 

            Un grand oiseau blanc plane sur le terrain vague. Vague ? Enfin peut-être pas si vague que ça. Disons plutôt que son âme est grise car dans ces banlieues aisées rien ne saurait être laissé à l’abandon et tomber en désuétude. Pas de négligence dans les services de la voirie et les espaces verts le sont pendant la partie de l’année dédiée à cet effet. Donc tout le temps sauf en automne et en hiver où c’est excusable.

            Ainsi ce grand terrain plutôt vague déploie son étendue sous mes fenêtres. Soigneusement bitumé, on peut s’y ébattre et faire des tours de piste sans se souiller les baskets. D’ailleurs les enfants du collège en usent et en abusent. Parfois contraints et forcés quant ils sont sous la surveillance des professeurs d’éducation physique et sportive. Mais aussi souvent spontanément alors que seule leur belle énergie juvénile les y pousse.

            C’est qu’il y a des poteaux de basket et tout au fond une piste de roller  enrichie d’obstacles. Après une descente courte mais brutale les jeunes novices atteignent une moindre pente remontant vers une plateforme où ils se livrent à diverses facéties avant de redescendre pour atteindre le troisième élément du haut duquel ils vont pouvoir repartir en sens inverse…Et cela inlassablement. Il y a toujours un nouveau venu pour remplacer un ancien rassasié d’acrobaties. Depuis fort longtemps les générations se succèdent. Et à chaque fois c’est la même euphorie analogue à celle de l’apprentissage du vélo et de son miraculeux équilibre.

            Mais l’oiseau blanc avec ses airs de mouette s’est posé hiératique et silencieux. Puis il repart. Glissant dans l’air hivernal il se livre à quelques arabesques puis se laisse glisser en vol plané avant de se percher puis de reprendre son envol. Libre comme l’air il improvise avant d’être rejoint par quelques congénères qui vont enrichir son petit numéro. Plus on est d’oiseaux plus la chorégraphie devient riche et subtile. Mais l’instinct a bien des ressources et tout se passe sans heurt pour ces créatures ailées venues d’ailleurs, de Normandie ou de plus loin.

            Beaucoup plus haut des avions passent. Avec un dédain superbe ils rayent le ciel qui en est tout balafré. Et leur sillage persiste, blanc et rectiligne tant que les courants aériens ne viennent pas perturber leur implacable géométrie. On voit alors apparaître d’étranges figures morcelées, recomposées en triangles non isocèles et en fragments de trapèzes hyper hexagonaux faisant la nique à toute tentative de rationalisation post euclidienne. Et tout cela varie sans cesse car l’impermanence des conditions atmosphériques ne laisse que peu d’avenir au souvenir de leur passage.

            Certains jours malgré tout une accalmie bienveillante va laisser le spectacle s’enrichir à l’infini. Alors ce ne sont plus que sillages floconneux entremêlés, superpositions de trajectoires alanguies, fragmentations sans fin de masses indécises comme si mêlant les douceurs de l’impressionnisme au audaces d’un cubisme fou passant tout à la moulinette de ses principes abscons, un peintre néo avant-gardiste se lançait dans des divagations laissant béant le badaud qui ne fait que passer…

            Plus bas le spectacle est étonnant quoique à hauteur d’homme. Tout un tas de petites taches colorées vont viennent et s’agitent ; Mais à y regarder de plus près on y reconnaît la silhouette humaine et surtout juvénile. Garçons et filles, en groupes ou en file indienne, coopérant ou luttant pour battre des records forment des chorégraphies aléatoires dignes d’improvisations au moins contemporaines.

            Ainsi les enfants des écoles vont s’égayer en poursuivant un ballon, qu’à peine saisi ils vont réexpédier vers un autre joueur comme si ils se désintéressaient de ce qu’ils ont tant convoité. A moins qu’ils ne l’expédient avec dextérité en direction du panier. Et parfois c’est gagné !

            Ainsi se déroulent les jeux  et les activités de cette belle jeunesse. Du haut de ma fenêtre au troisième étage au dessus du rez de jardin j’observe les vagues scolaires qui se succèdent à certaines heures réglementaires. Mais aussi au fil de l’année suivant le rythme des vacances. Parfois c’est la foule mais il arrive aussi que par un beau jour d’été resplendissant le stade soit désert, à peine traversé par la silhouette furtive d’un chat. Mais plus tard, bien sûr,  se livreront à nouveau d’âpres compétitions.

Mais le temps passe inlassablement puisqu’il ne sait faire que ça et que de toute façon il faut bien qu’il s’occupe. Car Dieu sait où mène l’oisiveté mère de tous les vices.

 

                                                            Le Chesnay le 28 décembre 2013

                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

"Gardien de but" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

"Gardien de but" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

La prochaine fois :

 

Après bien des hésitations

mes pas

m’ont conduit à la FNAC

et j’ai fini par m’y procurer le dernier livre de Matthieu Ricard

 

« Plaidoyer pour l’altruisme »

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 08:34
"Fondrières et roues de tracteur" avec l'aimable coopération de Photoshop.

"Fondrières et roues de tracteur" avec l'aimable coopération de Photoshop.

Au cœur de l’hiver

 

              C’est au cœur de l’hiver. Très tôt la nuit s’est appesantie et l’obscurité a posé sa chape de silence. Envahissant tous les recoins, engloutissant les contours des choses. Plus rien ne bouge et seules de vagues rumeurs persistent au lointain venant s’échouer au pied des murs de pierre de l’immeuble avant de s’élever jusqu’à mon repaire.

              Au loin là bas, par delà l’avenue Parmentier chichement éclairée de vagues réverbères, d’autres quartiers sont sans doute plus accueillants. Peut être même illuminés à l’approche des fêtes. Mais ce n’est là que vaine supposition. Vague espoir d’un réconfort au sein de la nuit noire et définitive. A tout jamais et sans espoir…

              Seul dans la salle à manger je me suis retranché dans mon lieu favori. Installé devant la grande table de style Art Déco, dans le cône de lumière du lampadaire, non loin du poêle qui fait ce qu’il peut pour me réchauffer le cœur. Autour c’est la pénombre.

              Je suis bien seul. Mon frère n’est pas encore rentré du collège Arago. Mes pauvres parents sont au travail dans leur petit atelier où ils passent leur vie à la gagner, mon père en fabricant des tuyaux de poêle en cette époque d’après guerre où l’artisanat est encore indispensable, ma mère en accueillant les clients guidés par le besoin d’un matériel à rénover. Patiente elle écoute leurs demandes et leurs explications laborieuses. Mais elle répond surtout à leur besoin d’humanité en prêtant une oreille compatissante à leurs griefs. Beaucoup viennent la voir comme on va chez la crémière ou chez le coiffeur pour se rassurer sur sa propre existence et sur la place qu’on occupe aux yeux des autres. Et quel que soit le prétexte, même parfaitement justifié, ils sont là pour se faire confirmer l’importance de leur personne. Entendez par là qu’ils sont bien nos semblables, nos frères en humanité.

              Je suis donc seul, un peu morose et vacant. J’ai des devoirs à faire, des leçons à apprendre, des obligations à remplir. Mais le cœur n’y est pas. Le bon élève  auquel on persiste à croire dans la famille n’est guère présent, accablé par un ennui diffus, une solitude grise et sans garde fous. La porte est grande ouverte à la rêverie et aux divagations. C’est le moment où tout peut basculer dans de beaux rêves chaleureux ou dans les profondeurs inquiètes de l’âme. Comme entre chien et loup tout devient possible, il n’est que de se laisser dériver. Alors pourquoi me suis-je permis ce laisser aller ? Pourquoi avoir ouvert « Le Hérisson » journal de pur divertissement  pour sous cultivés ? Et pourquoi m’être plongé dans une de ces inepties, histoire à dormir debout où il est question d’abandon, de trahison, de trépas et de revenants ? L’enfer n’est jamais bien loin, on le pressent et c’est pourquoi on cherche tant à se rassurer en souhaitant de la compagnie, du rire gras  et de la convivialité pour noces et banquets. Et si ça ne marche pas, alors on se laisse aller du côté sombre pour y trouver des plaisirs plus pervers.

              Et parfois on est très seul et très jeune par surcroît. Alors, malgré l’attention vigilante de nos chers parents et de nos bons maîtres l’on n’a pas encore fait l’impasse sur sa sensibilité. L’on n’a pas encore réussi à solidifier le monde et à le rationaliser. Peut être même a-t-on encore accès aux oubliettes de l’âme et à ses terribles secrets. Qui osera dire quels abîmes  sont cachés sous l’innocence enfantine ?

              La pièce est silencieuse. Trop sans doute et rien ne vient alléger l’oppression qui s’installe. Tout a perdu sa familiarité. La peur filtre insidieuse. Oui, mais peur de quoi ? Du fantôme du placard à balais ? De l’assassin furtif prêt à égorger ? Du monstre tapi sous le lit et dont la queue ignoble dépasse et frémit ? Un air ancien me revient par bribes : «  L’épicière, l’épicière est une sorcière… » Avec la voix de Charles Trenet diffusée pour « Le disque des auditeurs ».

              Mais c’est bien pire, c’est indicible. C’est le néant qui guette derrière le rideau. Le vide au bout du couloir. L’absence à tout jamais dans la chambre à coucher. L’anéantissement filtrant sous la porte. Le chagrin du monde dissimulé sous le tapis de haute laine.

              Oui ! J’avoue avoir connu la terreur, l’horreur à l’état brut, le chimiquement pur du désespoir, l’abysse du rien, du plus jamais.

              Et je suis là pétrifié, incapable de bouger ne serait-ce que pour allumer d’autre lumières. Pourtant je pourrais me raisonner. Les autres vont revenir, papa, maman et mon grand frère. On va dîner en famille et même à cet instant d’autres autres sont là, derrière la porte palière, dans l’escalier,derrière la cloison de l’appartement à côté, au dessus, au dessous, dans les étages. Et même la rue n’est pas si vide…

              Pourtant c’est la paralysie, l’impuissance irrémédiable. Ici et maintenant il n’y a plus que cette angoisse sans nom, sans visage, sans justification.

              Mais rien ne saurait durer, même le pire est passager et il va suffire d’un petit bruit dans la serrure, un léger cliquetis du trousseau de clefs. Un son à peine audible pour que l’horreur regagne sa niche. Pour que la vie échappe au néant et que le quotidien regagne ses pénates.

              Mais l’alerte a été chaude et je sais bien qu’il suffirait de peu pour que la scène se répète, comme sur un vieux disque rayé où l’aiguille de l’électrophone retombe indéfiniment dans le même sillon abîmé répétant sans fin les mêmes bribes de mots mutilés et les mêmes notes discordantes.

 

                                                       Le Chesnay le 19 décembre 2013

                                                       Copyright Christian Lepère

 

170 - Au cœur de l'hiver

La prochaine fois ?

 

Sous ma fenêtre

« L’esprit du terrain vague »

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 08:09
Du haut de la Tour Malakoff, Notre Dame d'Orient bénit la guerre de Crimée,souvenir d'un passé glorieux...

Du haut de la Tour Malakoff, Notre Dame d'Orient bénit la guerre de Crimée,souvenir d'un passé glorieux...

Dérive au couchant

 

Las, claquant des dents et des omoplates

j’allais trébuchant le long du chemin.

morne je songeais faut-il être vieux

faut-il être las, vide et incertain

pour suivre abattu de lents corbillards

pleins de jours enfuis et de leur mémoire

saturée d’ennui quand le jour s’éteint.

 

Mais le crépuscule odoriférant

qui distille dans le soir embrasé

des parfums d’antan, des  senteurs ambrées

dérivait sans fin vers le soir couchant.

 

 

 

                                    Le Chesnay le 11 décembre 2013

                            Copyright Christian Lepère

Dans toute sa gloire Notre Dame d'Orient prodigue sa bénédiction à La Brosse Conge (Désolé mais c'est en réalité un lever de soleil...).

Dans toute sa gloire Notre Dame d'Orient prodigue sa bénédiction à La Brosse Conge (Désolé mais c'est en réalité un lever de soleil...).

La prochaine fois…

 

C’est de saison, la vie s’intériorise

et parfois se révèle

« Au cœur de l’hiver »

 

 

AVIS A LA POPULATION

Une nouvelle galerie de peintures

vous attend sur mon site

 

                                            www.christian-lepere-peintre.odexpo.com

 

 

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 13:47
Détail de "La halte champêtre" - huile sur toile - 1999

Détail de "La halte champêtre" - huile sur toile - 1999

Traintrain

 

              Il sortit de chez lui avec la ferme intention d’y revenir plus tard. C’est d’un pas décidé qu’il parcourut l’itinéraire qui le conduisait normalement vers la gare la plus proche. La plus propice à ses desseins. Là, comme il était normal un train devait l’attendre pour le convoyer jusqu’à la gare St Lazare.

              Nous vivons une époque bénie où il suffit d’être vivant et de payer ses impôts pour disposer à sa convenance d’un réseau ferré, sinon ultra performant, du moins acceptable pour les besoins d’un citoyen ordinaire. On ne chantera jamais assez les mérites d’un monde où las d’attendre des diligences cahotantes et sujettes aux attaques des malandrins, l’honnête homme peut se faire véhiculer confortablement à des horaires précis et avec des chances statistiques élevées d’arriver à destination dans la capitale. Car Paris restait indispensable pour ses activités et ses loisirs.

              Le ciel était dégagé, les jours un peu courts mais éclairés par un beau soleil de décembre déclinant avant de sombrer dans un chatoiement de couleurs là bas vers l’ouest. L’éclairage frisant dorait les façades des vieux immeubles de Versailles et la gare l’accueillit noble et bienveillante.

. Mais rien n’est parfait…Pour ne pas s’encombrer d’euros sonnants et trébuchants il avait décidé de prendre ses billets au guichet. En notre époque strictement utilitaire il subsiste encore de ces lieux où le contact humain nous réchauffe. Malgré tout c’est à travers une vitre nécessairement sécurisée car il faut bien protéger le guichetier des miasmes de ses clients en ces périodes où la grippe nous cerne. Et puis l’on sait bien que l’appât du plus petit bénéfice peut conduire le possesseur d’une arme de poing à agresser l’employé pour vider le tiroir caisse. Hélas le guichet était fermé momentanément. Il se dirigea donc vers un distributeur automatique. En vain car une fausse manœuvre avait rendu ce dernier inutilisable. Une carte de crédit était peut-être restée bloquée…

              Ceci étant, le second distributeur assiégé par plusieurs personnes attendant leur tour n’était guère accessible. Enfin il l’atteignit. Mais  la somme demandée quoique modeste dépassait les ressources en pièces de son porte monnaie. De plus les billets n’étaient pas acceptés et il aurait fallu acheter « Science et Vie » au kiosque à côté pour avoir assez de menue monnaie. Il en fut donc réduit à utiliser sa carte bleue.

              Enfin il atteignit le quai et jeta un coup d’œil sur le panneau d’affichage électronique. Le prochain train prévu selon l’horaire était annulé sans raison explicite et le suivant partirait vingt minutes plus tard. Il composta son billet et pénétra sur le quai. Le train était pourtant là attendant paisiblement et diverses personnes se dirigeaient vers lui. Certaines même lisaient déjà leur journal derrière les vitres…Bien informé il se garda de faire de même et c’est dans un petit vent frais bien de saison qu’il attendit. Pas très longtemps car un haut parleur annonçait que en fin de compte  le train allait bien partir du quai prévu initialement.

              Je ne vous dirai rien des stations qui défilaient toujours égales à elles-mêmes, ni des tags sur les murailles longeant les voies, hurlant la révolte des insoumis et des frustrés ! Rien non plus des habitués la main droite tapotant la tablette ou le smartphone pendant que l’autre maintient le portable contre la tempe. Nous vivons une époque prodigieuse où tout un chacun peut expliquer à sa copine que le film qu’elle doit impérativement aller voir ne passe plus au Gaumont Palace mais dans un réseau confidentiel, parce qu’il n’a pas eu le succès escompté. Et que c’est parfaitement inadmissible ! Mais on peut aussi se donner rendez-vous au restaurant Thaïlandais de la rue Monsieur le Prince au lieu d’aller bêtement au Mac do périphérique, ce qui est plus créatif et peut être même plus diététique.

              Enfin la communication est de plus en plus numérisée, délivrée du support papier qui pourtant jonche le sol des wagons en fin de journée en bout de ligne. Il est vrai que la publicité en constitue l’apport essentiel et qu’on est pas forcé de bourrer ses poches avec des informations dont on n’a que faire. Tout le monde n’a pas besoin d’un tapis d’Orient en sortant de la gare, même avec cinquante pour cent de réduction. Et beaucoup ont déjà trouvé l’âme sœur, faisant la nique aux réseaux sociaux qui réunissent et apparient les célibataires exigeants.

              Au terme de ce voyage la gare Montparnasse su se faire accueillante. C’est avec émoi que l’on y voyait les masses banlieusardes se déverser et s’écouler prestement le long des quais avec la justesse et la précision que donne une grande pratique. Certains voyageurs s’élançaient à l’air libre vers la liberté ou à la recherche d’un taxi ou d’un autobus. D’autres  n’ayant pas atteint leur but devaient poursuivre un parcours souterrain à l’abri des intempéries. Ainsi la foule d’abord compacte et massive se divisait, puis se subdivisait au gré des couloirs, des portillons et des escalators, se ramifiant en un éventail symbolique de la multiplicité des destins. Car chacun à sa façon se hâtait vers son but, sa nécessité, son chez soi ou son chez les autres. Certains rejoignaient la fraternité de leurs collègues des Galeries Lafayette, d’autres un obscur bouiboui, un lieu interlope ou un bureau high tech dont les vastes baies vitrées dominaient le Grand Paris du haut d’une tour de La Défense.Vue imprenable pour cadre supérieur attendant un parachute doré pour cesser de se dévouer corps et âme à sa mission.

              Chacun en ce beau jour rendait hommage à l’activité fiévreuse et lucrative de notre monde au dynamisme fécond si injustement malmené par la crise et le spectre de la décroissance. Mais tant d’ardeur et de bonne volonté ne sauraient être inutiles. D’ailleurs les dernières alertes à la pollution  prouvaient qu’on était encore capables de bouger, de produire et de consommer. Ce qui témoigne bien qu’on existe ! Car comme le dit la sagesse populaire : « Si on a mal nulle part, c’est qu’on est mort. » Et la vie est un combat sans merci où l’on se doit de vaincre l’adversité. A moins d’être un looser, un has been, une épave vautrée dans le caniveau ou même un  habitué des caisses d’allocations chômage s’esbaudissant grassement aux frais du contribuable.

              Mais je sais bien que tel n’est pas votre cas et c’est la conscience tranquille que notre héros va pouvoir enfin regagner son petit appartement résidentiel au sein d’une des banlieues les plus vertes de notre belle capitale. En passant par La Garenne Colombes et le bois de Chaville dont les jolis noms sont si doux à nos oreilles.

 

                                                         Le Chesnay le11 décembre 2013

                                                         Copyright Christian Lepère

 

"La sortie du tunnel" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2006

"La sortie du tunnel" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2006

 

Et la Prochaine fois?

Un petit poème

«Dérive au couchant»

​​

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:23
Le wagon de Dali dans la nef du Grand Palais - 4 décembre 2013

Le wagon de Dali dans la nef du Grand Palais - 4 décembre 2013

Dans le wagon de Dali

 

            Il y avait bien longtemps que je n’avais pas franchi les portes triomphales et pénétré entre les colonnes majestueuses jusque sous l’immense verrière. Le Grand Palais rénové et accueillant pour les manifestations de prestige ne m’attirait plus guère. Et puis voila qu’une occurrence s’est présentée. Une invitation faite par Roger Erasmy, admirateur fanatique de Salvador Dali, ésotériste distingué et savant décrypteur du message paranoïaque critique du génie auto proclamé. Ayant eu il y a quelques années l’excellente idée de créer le groupe « Les Héritiers de Dali » il sillonne depuis l’Europe pour y créer des événements à la gloire du Maître et pour défendre une certaine conception de l’art qui m’est fort sympathique.

            L’idée était bien conforme aux tendances actuelles : créer un événement qui réveille chez tout un chacun des images et des archétypes présents dans tout subconscient dépassant un peu le niveau basique de la télé au quotidien. Pour toute personne un tant soit peu cultivée et au fait de l’histoire du 20° siècle, Salvador Dali reste un précurseur qui, au moins, avait des idées, des intuitions surprenantes et possédait les moyens techniques de s’exprimer. Ce qui n’était pas vraiment le cas de son ami Picasso. Cela explique peut être qu’il soit moins célèbre.

            Mais n’allez pas croire que je le porte aux nues, il avait aussi des côtés m’as-tu vu quelque peu infantiles. Personne n’est parfait. Puisse son talent le faire pardonner !

            Je me suis donc retrouvé à exposer dans le « Wagon de Dali », objet ferroviaire hybride, curiosité devenue symbole, gadget élevé au rang de document historique. La promiscuité de l’endroit due aux dimensions restreintes s’est révélée favorable. Il n’y avait que des œuvres de qualité réalisées par des peintres également intéressants à bien d’autres titres. C’est qu’on ne s’oriente pas dans ce genre de création sans être en état de recherche. Recherche de quoi ? Mais tout simplement de sens, de ce que signifie être vivant et présent au monde. Donc les questions vitales, celles qui faisaient dire à pépé Louis, à tata Olga et aux autres grandes personnes de la famille : « Mais qu’est-ce que tu vas chercher là ? Tu ne peux pas faire comme tout le monde ? Mange ta soupe ! D’autres n’ont pas cette chance ! » Donc  j’étais un gêneur et on me le signifiait.

            Mais voila qu’ici chez Dali j’étais en bonne compagnie. Comme il se doit les salons du Grand Palais sont organisés par les artistes eux-mêmes. Et ce depuis fort longtemps. Il y a donc une tradition pérenne et consacrée. Hélas parmi les coutumes il y a celle de l’inaliénable liberté de l’artiste, celle qui fait que chacun, fier de sa personnalité cherche plus ou moins à s’affirmer. Ce qui est très légitime en art, mais un peu moins en ce qui concerne l’organisation d’une manifestation de grande ampleur. Bref le choc des ego n’est pas une spécialité du monde politique.

            Alors, comme d’habitude il y a eu pas mal d’hésitations, de quiproquos, de rétention d’informations, de propagation de nouvelles contradictoires parce que non vérifiées. N’oublions pas, pour faire bon poids les crispations sur le passé et tout ce qui est maintenant devenu désuet, voire obsolète.

            Enfin l’inauguration a eu lieu. La foule est venue et elle a vu ! Il y a dans ces salons de quoi satisfaire tout le monde. Tous les courants sont représentés, tous ont leur chance. A chacun d’y retrouver ses amis et ses complices. Au moins il y a le choix. Et si la marche à pied ne vous rebute pas vous pouvez en déambulant dans le labyrinthe des panneaux, des socles et des cimaises tomber sur ce qui vous branche. Le coup de cœur ! La révélation de l’inattendu.

            Certes le meilleur et le pire se côtoient, s’opposent et s’interpellent. Mais ne peuvent ils aussi se compléter ? Après tout on a besoin de repoussoirs pour apprécier vraiment. Ou comme disait un très mauvais esprit : « Ca sert à quoi d’être heureux si les autres le sont aussi ? ». Pensée lamentable. Mais qui peut surgir si l’auto censure intérieure est défaillante.

            Mais je ne voudrais pas vous assommer avec ces considérations. Il est trop tard pour aller au Grand Palais. C’est raté pour cette fois- ci. Mais si la fin du monde tarde encore un peu et si le jeu suicidaire de nos dirigeants  ne devient pas trop efficace trop vite, il y aura encore quelques épisodes. Le feuilleton ne s’arrête pas là. C’est comme pour « Les feux de l’amour », de turpitude en turpitude on a encore de quoi faire vibrer la corde sensible. Un point cependant m’est apparu. Echangeant avec quelques exposants et leurs conjoints, j’ai constaté qu’il était très facile de passer des sujets passe-partout pour gens polis et bien élevés à des considérations un peu moins superficielles sur le sens de la vie.

            Le cancer est sans nul doute un fléau. Mais peut-être est- il aussi une possibilité de se remettre en question. Ainsi deux peintres, un homme et une femme encore jeunes m’ont paru plus profonds qu’à l’ordinaire. L’un soignant son cancer du poumon, l’autre assistant son mari depuis plusieurs années. Et il m’a bien semblé qu’ils avaient gagné en densité humaine ce qu’ils perdaient en optimisme de surface. C’est bien triste mais c’est comme ça. Seuls les coups du destin peuvent nous faire sortir de nos petites habitudes et de notre vision étriquée du monde. Car il est évident que quand « tout va bien ! » notre tendance naturelle nous pousse à la somnolence et à l’auto satisfaction. Mais bien entendu ne me croyez pas sur parole avant de l’avoir vérifié par vous-même, sur le tas, dans le déroulement de votre propre vie que je vous souhaite longue et heureuse.

 

                                                             Le Chesnay le 5 décembre 2013

                                                             Copyright Christian Lepère

 

Les œuvres dans le wagon

Les œuvres dans le wagon

167 - Le wagon de Dali

La prochaine fois

 

« Traintrain »

Vous fournira l’occasion

de monter

à

 Paris

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 12:58
"La guerre de l'Anneau" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1984

"La guerre de l'Anneau" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1984

Apocalypse Hitler

 

            Pourtant j’étais devenu méfiant et je m’étais bien promis de ne plus m’y laisser prendre. Q u’en avais je à faire des turpitudes humaines et des imbroglios de l’histoire ? A d’autres de se laisser prendre au feuilleton débile  et de frémir aux soubresauts de l’enchaînement implacable des erreurs humaines.

            Mais ce soir là, allez donc savoir pourquoi je me suis laissé aller. On annonçait à la télé un documentaire sur la montée du nazisme, enfant chéri d’Adolf et sur le pourquoi du comment de cette invraisemblable dérive de l’âme  humaine.

            D’emblée le film m’a paru digne d’intérêt. Enfin un assemblage de documents d’époque, archives d’actualités, photos retrouvées au fond des tiroirs et témoignages pris sur le vif. Le tout soigneusement monté et commenté de façon sobre, comme il convient, par Matthieu Kassowitz. Bien sûr les images colorisées ajoutaient un parfum suranné à des images capturées dans des conditions extrêmes. Documents bruts sans complaisance.

            Ainsi l’on découvrait le jeune visage d’Adolf. Mon Dieu qu’il avait donc les yeux bleus cet enfant révolté mais parfois rêveur…Puis ce moustachu féroce haranguant les foules nazifiées du stade de Nuremberg. On comprend mieux son succès auprès des âmes sensibles des midinettes. Car, paraît-il il recevait des lettres d’amour comme n’importe quelle idole qui vous exalte l’âme et vous fait rêver…

            Mais revenons à son berceau. Né en Autriche, élevé dans la tradition et le bon air pur entre son papa autoritaire et sa maman si bonne, il allait hésiter bien longtemps entre idéal chevaleresque et révolte devant l’imperfection du monde. Pris de passion pour l’Art il allait souffrir cruellement de ses échecs pour entrer à l’Académie. Pourtant ses petites aquarelles ne manquaient pas de charme et son goût pour l’architecture, bien qu’un peu vieillot et académique faisaient preuve de connaissances et d’un véritable intérêt.

            Mais l’Allemagne vaincue en 1918 et soigneusement humiliée par les autorités françaises et alliées rongeait son frein. Ajoutez qu’à cela elle perdait une partie de son territoire, qu’elle avait des dettes énormes à éponger, qu’on lui faisait payer des dommages dont elle n’était qu’en partie responsable et que la bonne conscience méprisante des vainqueurs frôlait l’ubuesque. Ajoutez encore qu’Adolf après avoir été engagé volontaire en tant qu’estafette faisant circuler l’information entre ses malheureux camarades s’était retrouvé blessé et ensuite un  peu désoeuvré.

            On sait où peut mener l’oisiveté. Une âme noble se verra contrainte à se lancer dans des aventures délirantes. Cervantès nous a bien expliqué tout cela  avec son Don Quichotte et ses moulins à vent. Y avait-il une telle candeur chez Adolf ? Au fait, Hitler était-il juif ? La question semble oiseuse et les preuves n’abondent pas. Voulait-il prendre le pouvoir ? Sans doute mais c’est après bien des hésitations, des essais avortés, des déboires cuisants allant jusqu’à l’emprisonnement qu’il a fini par trouver sa voie enfin triomphale.

            Mais son destin l’attendait et il a bénéficié de toutes les aides indispensables pour réaliser son rêve. De grands hommes, en vérité des hommes providentiels l’y ont aidé. D’abord le maréchal Hindenburg et son casque à pointe. Héros de la guerre de 1870, puis de la Grande Guerre, apprécié de Guillaume 2 avant de devenir dictateur militaire puis Président sous la république de Weimar il finira par nommer Adolf lui-même Président lui conférant une indispensable légitimité.

            Ensuite il y eut Mussolini, le Duce montrant la voie de la détermination virile en s’emparant du pouvoir par des moyens énergiques fort efficaces. De plus n’oublions pas les S.A., les Chemises Brunes qui avaient le bon goût de mépriser les juifs, les communistes et autres bolcheviques qui auraient pu se répandre en Allemagne pour y faire des bêtises !

            A partir de ces éléments favorables quoique incertains et contradictoires la résistible ascension de Hitler a pu se déployer. N’hésitant jamais à trahir ses plus fidèles alliés, prêt à utiliser toutes les opportunités mais pour la bonne cause, il n’avait plus qu’à suivre sa pente en la montant. Arriver au pouvoir suprême, devenir le Fûhrer, le guide des Aryens grands et blonds  et surtout l’implacable justicier qui va régner en divisant et en supprimant tout ce qui gêne.

            Mais après tout n’est-il pas ainsi l’humain par excellence, c'est-à-dire pour le meilleur et pour le pire ce centre du monde qui peut et doit exiger que tout lui obéisse au doigt et à l’œil. Œil qu’il avait bleu comme il a été mentionné précédemment.

            Mais son âme était multiple et contradictoire et ça n’est pas sans une légitime émotion qu’on pouvait le voir tapoter gentiment la joue d’une petite fille blonde avec de grandes nattes et une jolie robe typique de son Tyrol natal, belle enfant lui offrant des fleurs dans son beau pays enfin pacifié et débarrassé des méchants qui nous font tant de peine.

 

                                                     Le Chesnay  le 25 novembre 2013

                                                     Copyright Christian Lepère

 

Détails de la Guerre de l'Anneau

Détails de la Guerre de l'Anneau

166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler

 

La prochaine fois :

Avec un peu de retard

je vous inviterai dans le

 « Wagon de Dali »

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 08:39
"Visite guidée" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2003

"Visite guidée" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2003

 

Vous avez dit génial ?

 

              Van Gogh était génial. C’est un fait avéré et même les jeunes du collège le savent. On leur a dit à la télé et on a tout fait pour les en persuader. J’avoue que pendant longtemps j’ai partagé ce consensus. A l’adolescence éprouvant un grand besoin d’idoles et d’idéal je cédai à l’attrait d’un absolu à ma portée. J’ai cru ou voulu croire à de belles histoires. J’étais idéaliste, mais qui ne l’est pas à cette époque de la vie ? Les crises de croissance et le bouleversement intime de la chimie biologique peuvent vous faire perdre votre bon sens ! La jeunesse est excessive et il lui faut du tout ou rien. Le Bien et le Mal s’opposent en luttes fratricides au lieu de se relativiser. Pour Johnny et sa copine tout est nul ou génial, à moins que ce ne soit le contraire l’instant d’après…

              Donc Vincent avait ses chances, fou, suicidaire et génial, il me fournissait ma ration de rêve. J’étais content. D’autres auront besoin d’idolâtrer Che Guevara, Gandhi ou Madonna suivant leurs tendances angéliques, révolutionnaires ou sulfureuses

              Mais voila que le temps passe. Que les années défilent et petit à petit on se calme. Des grincheux diraient que l’on s’assagit et que l’on perd ce bel enthousiasme de tous les commencements. Et c’est vrai que les habitudes s’installent, que la routine nous encercle sournoisement avant de nous paralyser. On en arriverait à oublier de vivre ! Perdre sa vie pour la gagner ! La formule est concise et accablante. Et c’est vrai que bien des destins s’enlisent. On va, on vient, on consomme, on s’oublie devant la télé et l’on se distrait avec des feuilletons ineptes et des jeux vidéo brutaux et primaires. Quelques uns font du sport pour battre des records. D’autres s’adonnent à des hobbies ou risquent leur vie en slalomant entre les camions sur le périphérique aux heures de pointe.

              Il se trouve que pour ma part j’ai commencé à me poser les grandes questions comme tout un chacun au sortir de l’enfance. Jusque là la disparition de ma grand-mère ou la mort de pépé Laffray, concierge de l’immeuble, avaient été des événements périphériques sans signification transcendantale. Tristes, bien sûr, puisqu’on me le disait mais sans autre portée qu’immédiate.

              Un jour ce fût l’adolescence et tout à coup  les bouleversements organiques de la puberté. L’ouverture au monde, la prise de conscience des autres véritablement autres dont on n’avait vraiment rien à faire jusque là…Voilà que tout à coup des doutes surgissaient. Sur ce qu’on m’avait inculqué au catéchisme ou sur ce que d’autres tenaient pour sûr et certain parce que dans leur famille on avait toujours soutenu le parti communiste, seul défenseur des opprimés et seul espoir pour ceux qui avaient pu échapper à l’emprise de l’opium du peuple et à ses suppôts.

              L’adolescent se pose donc de grandes questions : la vie, la mort et tout ce qui en découle…L’injustice sociale et la peine de mort. La liberté inaliénable et le mariage pour tous. Le droit au bonheur et le droit à l’auto destruction (Au fait, mon frère, tu n’a pas oublié ta ceinture d’explosifs avant de prendre le métro… ?).

              Chez beaucoup c’est très passager et bientôt on réalise qu’il va falloir s’insérer dans le système pour bénéficier d’un minimum de sécurité. La sécu et la retraite ça fait réfléchir, surtout si l’on ne veut pas vivre que d’amour et d’eau fraîche. Aussi si l’on veut assurer un avenir à sa progéniture.

              Donc on rentre dans le rang et les anciens marxistes (Tendance Groucho…) se réveillent bien raisonnables et vont même jusqu’à briguer des postes hiérarchiques. L’argent et les honneurs les ont rattrapés. Ils sont devenus des gens normaux, estimables et rassurants.

              Pourtant il arrive que parfois certains continuent à se poser les questions qui fâchent, faisant preuve d’un simple bon sens que rien ne peut altérer. Ceux la mettent la recherche de la vérité au dessus du confort financier, moral et social. Alors ils continuent à chercher l’issue, le bout du tunnel. Et certains finissent par trouver. On les appelle des sages. On les révère et l’on se prosterne à leurs pieds si l’on est oriental. Ou bien on les envisage avec méfiance, jusqu’à leur jeter des pierres si ils font mine de bouger. Ou bien on les ignore, fermement convaincus qu’il est vain d’accorder son attention à l’idiot du village qui d’ailleurs n’en a que faire.

 

                                                          Le Chesnay le 17 novembre 2013

                                                          Copyright Christian Lepère

 

Détails de "Visite guidée"

 

165 - Vous avez dit génial?
165 - Vous avez dit génial?
165 - Vous avez dit génial?

 

Après ces réflexions…

 

Revenons en aux turpitudes

la prochaine fois c’est

« Apocalypse Hitler »

qui vous

sera

conté

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 08:37
"Le démon de la lecture" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

"Le démon de la lecture" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2005

 

Gratte papier

 

              « Par ce bel après-midi d’automne la surnuméraire s’alla promener dans le parc Montsouris. ». Alfred reposa sa plume enfin satisfait. Après d’innombrables essais il venait de trouver le préambule, la phrase d’appel, l’alpha initial, ce qui finirait par constituer un récit dont la cohérence toute aléatoire le laisserait enfin paisible et satisfait. Cela qui lui ouvrirait toutes grandes les portes de la créativité.

              Membre d’un petit groupe qui s’adonnait à l’écrit, il se voulait révolutionnaire. Démiurge. Créateur d’une mouvance apportant enfin au monde la révélation de la poésie véritable. Celle qui vous ébranle au plus profond de vos convictions et bouscule vos comportements d’employé à la caisse d’allocations familiales d’une sous-préfecture de province. Enfin chantre de la France profonde et inaliénable.

              C’est qu’il venait de loin. Dans son enfance il était taciturne et renfermé. Perdu dans ses rêveries ou plongé dans des lectures au dessus de son âge. Il négligeait les jeux et les ris de ses compagnons. Ses petits camarades le trouvaient bien un peu bizarre mais comme il était de bonne composition on ne lui en voulait pas trop. Et puis il savait aussi raconter des blagues puisées dans l’Almanach Vermot, source de culture populaire intarissable.

              Plus âgé il avait vu la technique envahir le monde. Depuis le poste à galène les ondes avaient été domestiquées et l’on était passé des borborygmes à peine audibles transmettant des informations vitales à la pureté cristalline de la modulation de fréquence, hélas vouée à transmettre les pires inepties. Et cela lui paraissait déplorable.

              C’est pourquoi il avait élaboré le projet fou de revenir à l’écrit. De s’installer devant son écritoire et de laisser les idées s’enchaîner. Non pas qu’il fût adepte de quelque méthode surréaliste à base de cadavres exquis ou l’association de phonèmes plus qu’hasardeuse permet parfois de faire crépiter le langage ou de le pervertir en significations ambivalentes.

              Son propos était plus modeste. Il voulait communiquer, mais l’écrit simple est limité. Rédiger une lettre, plier la feuille en quatre dans une enveloppe, écrire l’adresse, lécher le timbre et mentionner au dos le nom de l’expéditeur étaient occupations bien fastidieuses…

              Et puis il fallait se rendre à la poste, pourtant assez proche mais en s’exposant à croiser des voisins qui auraient pu en profiter pour vous aborder. Et vous raconter leur vie dont vous n’aviez que faire. Car l’ouverture à l’autre est une bonne chose, mais la promiscuité une autre et qui risque de vous entraîner jusqu’à la familiarité. Et de cela une âme noble ne saurait vouloir. Il ne faut pas se galvauder.

              Parvenu à la retraite et libéré des obligations de service il avait pu élargir son horizon. Après de longues hésitations. Après avoir pesé le pour et le contre et s’être renseigné aux sources les plus sûres il avait un jour franchi le pas. L’achat d’un ordinateur, fût-il portable, reste au plan symbolique un événement, une rupture d’habitude, un perturbateur de routine.

              C’est que les immenses possibilités offertes passent par une porte étroite : l’acceptation de la logique binaire et de l’incontournabilité du clic. Ou bien le courant passe ou bien il ne passe pas. Et parfois c’est bien ennuyeux. Car cela commande ensuite des circuits infiniment complexes et sophistiqués, des logiciels déments conçus par des esprits maniaques. Avec leurs trouvailles géniales et leurs lacunes grossières.

              Après avoir acquis une honnête maîtrise des fonctions de base il avait réussi à utiliser le traitement de texte. Pourtant on l’avait prévenu d’une possible perte d’âme. Le texte tapé sur un clavier, le tapuscrit, n’a pas cette onctuosité de la pensée transmise par la chaleur de la main et de sa moiteur sur le corps du stylo bille. Le viscéral y est réduit. Et même si la pensée est noble, le passage par la mise en forme automatique peut faire perdre son frémissement à la sensibilité. Enfin il s’y était mis et, bon mal an, il arrivait à s’épancher et même à ciseler de petits poèmes.

              Mais accumuler des confidences dans un disque dur, voire un disque dur externe pour la sauvegarde, ne peut suffire. L’accumulation est source d’embonpoint. L’obésité nous guette et si l’on n’y prend garde on finit par en avoir gros sur la patate…

              La vie n’est vivante que si elle circule. Sinon elle n’est que collection de momies dans d’obscures oubliettes, relégation dans des archives poussiéreuses.

              C’est pourquoi il finit par se brancher sur internet. Enfin la toile allait lui permettre de répandre sa pensée, de faire profiter autrui de ses idées lumineuses et de ses illuminations fulgurantes. D’ailleurs, mais il n’osait y penser, peut-être finirait il un jour par attirer l’attention d’un comité de lecture ? Et à partir de cette aube prometteuse…

              Longtemps il persévéra. Traitant de tout et de rien, puisant dans les encyclopédies pour y glaner des sujets inédits. Il alla même jusqu’à devenir accro à Wikipédia. Mais là le risque était grand de se diluer dans l’universel.

              Comme il lui arrivait de proférer des opinions, des lecteurs anonymes commencèrent à se manifester. La toile est un piège. Internet est une toile. Et si l’on y aventure un orteil on risque d’y laisser sa trace, attirant les curieux et les prédateurs. Donc, le droit de réponse étant prévu, il put savoir ce que suscitaient ses pensées chez autrui. Dès lors dans son courrier il eut droit à des retours. Il y avait de tout. Du bon et de l’exécrable, du pertinent et de l’inepte. Depuis le primaire : « Et ta sœur ?... » Jusqu’aux pesants : « Merde à celui qui le lira ! » il eut droit à la louange et à l’injure. La lie et la fange de la communication humaine réduite à ses prémisses. La littérature de pissotière. Le pulsionnel basique et la répartie de corps de garde pour le pire, le dithyrambe et l’onction cauteleuse voisinaient aussi avec l’approbation chaleureuse et la compréhension complice pour le meilleur. A créer des dialogues et à apostropher son semblable pour des échanges enrichissants  il avait éprouvé bien des joies et bien des déceptions.

              Enfin il en était là et se demandait comment aller plus loin, dépasser ses limites, transcender ses possibilités, atteindre à l’universel sans perdre sa modeste humanité toute de chaleur et de proximité.

              Voilà où il en était. Mais déjà se profilaient les mirages de la technologie avancée. A l’horizon le progrès sonnait la charge. D’a.d.s.l. en ultra haut débit maximalisé on pouvait maintenant taper ses textes n’importe où : dans le métro ou au bois de Vincennes. Et les messages étaient transmis en temps réel par un vigilant réseau d’antennes relais. Antennes sans réel impact prouvé sur les enfants des écoles, tout au moins à court terme…

              Ah que la vie était belle en ce temps là quand des possibles multipliées à l’infini et se conjuguant nous entraînaient dans la spirale ascendante des progrès exponentiels.

              Alors, bien calé dans son fauteuil il relut la phrase qu’il venait de peaufiner et y perçut tout l’espoir d’un monde meilleur. Celui où une surnuméraire sans mérite particulier pourrait enfin par un bel après- midi d’automne aller promener sa vacuité au parc Montsouris qui est sans conteste un des plus beaux endroits de Paris.

 

                                                        Le Chesnay le27 octobre 2013

                                                        Copyright Christian Lepère

               

 

 

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

 

 

Nul ou génial ?

 

Il faut choisir !

Quelques éléments de réflexion vous seront donc suggérés

dès la prochaine parution.

Portez vous bien en attendant !

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 12:56
"Les vagues de la vie" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2008

"Les vagues de la vie" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2008

 

La danza de la realidad

 

            Il y avait des éternités que je n’avais pas mis les pieds dans une salle obscure. Faire la queue et payer pour assister à une illusion d’optique me tentait de moins en moins. Non pas que j’ignorais tout des dernières créations cinématographiques et de ce qu’elles auraient pu m’apporter mais que voulez-vous j’avais d’autres chats à fouetter

            Sans fin la vie est complexe et retorse, elle vous attend au coin de la rue et vous offre à l’improviste des occurrences inespérées, du non prévu sinon de l’imprévisible.

            Il y a peu on m’a appris qu’Alejandro Jodorowsky venait de sortir un film : « La danza de la réalidad ». Depuis bien des lustres je m’intéressais à cet étrange personnage dont la vie était en elle-même un acte poétique, un happening permanent. Lisant des livres et compulsant, mais de façon non compulsive, ses bandes dessinées je m’étais imprégné de son étrange proximité. Son humanité me touchait. Et j’aurais sans doute voulu en savoir plus.

            Tout chez lui me paraissait bon à prendre : Métaphysique, créativité délirante et surtout une chaleureuse humanité. Car Jodorowsky est un des rares de nos semblables qui tienne la bonté pour la qualité essentielle du sage, proche en cela du Dalaï Lama et de quelques autres non moins perspicaces.

            Je me suis donc rendu au Quartier Latin, rue St André des Arts, retrouvant ainsi quelques souvenirs de jeunesse. C’est qu’à vingt ans je hantais déjà les lieux en quête de sens et d’imaginaire, cherchant quelque réconfort dans la chaleur des petits cinoches du quartier.

            Dès la première image il n’y a aucun doute. « La danse de la réalité » est un film inspiré, un film de visionnaire. Dans un univers de rêve rappelant à maints égards celui de Fellini, des personnages archétypiques mais complexes et contradictoires vont s’aimer, s’entre-déchirer, se trahir et se retrouver dans le dérisoire et le sublime.

            Comment rendre compte ? C’est trop complexe et trop ambivalent. Pourtant le fil conducteur est simple. C’est l’histoire d’Alejandro Jodorowsky, jeune chilien qui sous la garde bienveillante de son ange gardien, Jodorowsky le vieux, âgé maintenant de quatre vingt trois ans dévoile pour nous les péripéties invraisemblables qu’ont vécues ses parents et lui-même, à son corps défendant.

            Le film a pour cadre Tocopila, modeste bourgade du nord du Chili. Sur fond de luxe et de misère, d’esclavage et de révolte, de communisme stalinien et de fascisme nazi, le tout enrobé  de catholicisme, de superstitions populaires et de haine raciale. Ajoutez à cela l’éveil de la sensualité  et la liberté des mœurs d’une population pauvre et disparate qui s’arrange très bien de ses habitudes et de ses vices.

            Comme dans toute vie qui ne serait pas niée au nom d’un idéal, l’érotisme est omniprésent. Toutes les formes de sensualité auront droit au chapitre et bien des épisodes feront grincer des dents les freudiens orthodoxes dans la mesure où la transcendance n’est jamais bien loin. Cachée derrière les poubelles, dérivant au fil d’une eau sale au long du caniveau.

            C’est que Jodorowsky est un esprit libre, un de ceux qui savent que pour se libérer il faut oser regarder droit dans les yeux l’horreur qui nous fascine. Et même si c’est de façon métaphorique, mettant en scène des marionnettes dans des décors pour musée Grévin. Les scènes de torture, de coït, de masturbation ou de suicide nous mettront au pied du mur de nos propres abîmes.

            Car l’ambivalence règne partout. L’amour du bourreau pour la victime, l’apitoiement du tueur, l’amour charnel du dictateur pour son merveilleux cheval blanc, mais aussi  la gentillesse angélique qui peut provoquer des drames bien involontaires et vous condamner au rôle de bouc émissaire. Car Jodorowsky est juif ! C’est ce qu’on lui a dit… Quelle aubaine pour des malheureux, des opprimés, des damnés de la terre hurlant leur désespoir et cherchant le coupable pour le châtier. Ainsi dans le lot des turpitudes qu’il a à assumer revient sans cesse la mise à l’index. Etant un autre pour les autres il est pointé du doigt et soupçonné de bien des horreurs. Faire partie du Peuple élu est dangereux. Mais les noirs, les homosexuels, les tziganes et les maghrébins seront bien d’accord, chacun à sa façon, chacun avec ses particularités. Il se trouve d’ailleurs que la maman d’Alejandro est, par malchance, une femme… Ce qui lui fera supporter le machisme de son mari qui, bien que l’aimant tendrement est aussi un marxiste convaincu idolâtrant Staline et risquant sa vie pour abattre le dictateur local.

            Mais que dire encore ? Le film passe en ce moment en exclusivité et il n’est pas du tout certain qu’il devienne un succès grand public. La démagogie n’est pas sa caractéristique essentielle et il n’est pas fait pour les voyeurs. L’érotisme n’y est pas complaisant et si les miroirs vous font peur il vaudrait mieux regarder le foot à la télé. Au moins vous auriez un sujet de conversation avec le voisin de palier.

 

                                                            Le Chesnay le 9 novembre 2013

                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

"La fête de la bière" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

"La fête de la bière" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

Reprenons pied!

 

La prochaine fois,

je vous parlerai du "Gratte papier"

et de ses démélés avec la modernité technique

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article