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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 08:40
"La vie est une étrange fête" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1988

"La vie est une étrange fête" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1988

Le monde à portée de main

 

      Nous vivons des temps exaltants. Internet et les réseaux sociaux vont enfin nous permettre de communiquer et même en très haut débit. Le monde entier à notre botte, je veux dire  soumis à l’effleurement du pouce sur le plus anodin des smartphones, va se mettre spontanément à notre service. Avec enthousiasme, gratuitement et sans engagement mercantile.

          Oui mais voila que très vite on découvre des limites. D’abord les nôtres, car c’est bien gentil d’être informé, encore faut-il mémoriser et stocker ce qu’on nous apprend et puis ensuite en faire quelque chose. Et là ça devient coton car très vite c’est l’indigestion.

          Difficile de visionner plusieurs films sur plusieurs chaînes de télé simultanément, même si on est un petit prodige du zapping. Et puis il ne faut pas se laisser détourner. Chercher un renseignement sur Wikipédia peut entraîner de fil en aiguille, en passant du coq à l’âne dans des dérives passionnantes qui peuvent devenir source de bien des égarements.

          Ah ! J’oubliais les publicités ! Sur certains sites on va vous faire des propositions alléchantes sur les sujets les plus divers, même en dehors des périodes de soldes. Peut-être allez-vous vous laisser séduire ? Vous cherchiez un ouvre bouteille et vous voila en train de comparer les tarifs low cost. sur Paris- Abidjan. Ou de soupeser les avantages de Miss Poitou-Charentes sur ceux de Miss Franche-Comté. Est-ce une courbe lascive, un déhanchement coquin ou un profil de statue grecque qui va vous faire craquer ? Mais les balais brosse sont en promotion et en en achetant trois, vous en avez un quatrième gratuit… C’est comme pour les pizzas : la première achetée, la seconde vous est offerte. Il ne vous reste plus ensuite qu’à inviter des copains pour consommer avant la date de péremption.

 

                                                       Le Chesnay le 9 février 2014

                                                       Copyright Christian Lepère

 

 

Détail

Détail

Détail

Détail

La prochaine fois

 

Une histoire belle et triste vous sera contée :

« Le petit chat est mort »

Ca vous changera des considérations oiseuses sur

un quotidien incontournable…

 

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 09:13
"Périls du voyage" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1988

"Périls du voyage" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1988

 

Paris ville accueillante

(suite)

 

            Un monsieur très bien croise mon chemin. Aimablement je lui demande de m’indiquer l’avenue de la Motte Piquet. « I don’t know… » me répond-t-il, aimablement, ce qui en bon français veut dire qu’il n’est pas vraiment du quartier. Un peu plus loin c’est une petite famille qui me croise. Cette fois –ci on me répond par des mimiques perplexes signifiant une totale incompréhension de la demande. Sont-ils espagnols ? Ou allemands ou autres ? Je ne le saurai jamais car un autre badaud se présente pour m’avouer son incompétence avec force gestes mais aucune formulation verbale. La preuve est faite. Aucun parisien francophone à l’horizon. Perplexe je tourne en rond mais voici qu’une dame très bien est en train de renseigner le digicode à l’entrée d’un bel immeuble. Si elle habite cet endroit huppé, elle doit connaître les environs. Miracle ! Elle connaît  et s’exprime de façon précise en un langage châtié. De plus elle est aimable.
            Je vais donc remonter l’avenue Suffren sous la pluie pour arriver enfin au Village Suisse. Mais le sort est contraire. Si l’entrée principale est grande ouverte, tout le reste est clos. A perte de vue ce ne sont que vitrines éteintes et rideaux de fer baissés. Une seule lumière luit, celle d’un restaurateur de tableaux qui m’accueille gentiment et m’explique que le Village Suisse est fermé  mardi et mercredi. Voila ! C’est bien ma faute ! J’aurais du me méfier. Pourtant sur Internet on ne m’avait pas prévenu de ces horaires particuliers.

            Mais mon incompétence à prévoir et maîtriser ce qui m’advient est, bien qu’assez banale pour un français moyen, un peu excessive pour une personne de mon âge qui devrait faire plus attention à ses ressources financières. Au lieu de cela je vais dilapider ma pension de retraite en achat de billets de train plein tarif. Même si c’est pour la bonne cause. Même si c’est pour promouvoir la diffusion de mes œuvres aux quatre coins du monde et tenter de faire connaître une  vision toute personnelle. Mais pardonnez moi ceci ne vous concerne sans doute pas. Alors gérez vos affaires. Faites bien tout le nécessaire et soyez aimables avec vos proches car ils en ont bien besoin.

 

                                                        Le Chesnay le30 janvier 2014

                                                        Copyright Christian Lepère

 

"Périls du voyage" (détail)

"Périls du voyage" (détail)

La suite

 

Si cette vision du monde  ne vous réjouit pas trop,

reprenez espoir !

La prochaine fois

« Le monde à portée de main »

vous montrera du positif et du concret !

            

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:47
"L'ancienne porte" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"L'ancienne porte" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

Paris ville accueillante

 

            Il fait gris. Il fait froid. Inlassablement une petite bruine pénétrante s’obstine. A grands pas je longe le mur du cimetière dont la compagnie fidèle me conduit vers la gare.

            J’y suis. L’horaire est respecté. Mais que se passe-t-il donc ? A cette heure indécise de début d’après midi l’endroit devrait être paisible. Que font donc tous ces gens disparates groupés et discutant ? En français ?  Peut-être pour certains mais dans des langues moins familières pour d’autres. C’est que la gare, même si elle ne l’est pas officiellement est de celles qui permettent aux touristes d’aller en pèlerinage au château de Versailles. Et l’on sait à quel point ceux qui sont venus de fort loin sont fascinés par ce haut lieu de l’histoire occidentale. Un haut parleur graillonne un message totalement incompréhensible. Je l’ignore et je me dirige vers le guichet. Derrière sa vitre sécurisée l’employé décline ma demande poliment et m’explique que le trafic est interrompu. En raison d’un arrêt de travail des agents du service roulant. « Pour combien de temps ? ». Réponse évasive : « Jusqu’à nouvel ordre… ». Son air désabusé ne m’encourage pas à insister.

            Me voila donc coincé. Vais-je retourner chez moi au lieu d’aller à Paris ? Le destin va-t-il me reconduire devant mon chevalet pour passer l’après midi  a étaler de la peinture sur une toile qui n’est plus tout à fait blanche mais pas encore digne de l’attention de connaisseurs éclairés ? A moins que… L’autre gare, celle de Versailles Rive Gauche est peut-être plus accueillante. Et pas très éloignée à pied. D’ailleurs la marche réchauffe et je n’ai pas d’horaires impératifs. Après les vastes avenues de Versailles et la noblesse du Grand Siècle voici « Versailles Château », l’officielle, celle où les Japonais et les Espagnols débarquent de leurs beaux pays amis de notre hexagone. Ils viennent rendre hommage au Grand Roi. Celui-ci va les accueillir dans toute sa majesté, du haut de son cheval de bronze dominant la marée des cars internationaux qui se pressent sur l’immense parking de la place d’Armes.

            Mais où est l’entrée de la gare ? Le bâtiment est bien là mais des bâches le cachent. On ne passe pas et c’est sur le côté, subrepticement, qu’on pénètre dans ce terminal ferroviaire rendu peu accueillant par des travaux. A l’intérieur c’est la cohue, la queue devant les distributeurs de billets avant de composter et d’accéder aux quais.

            Un train va partir. Lentement comme à l’accoutumée et avec toute la componction de qui à le temps. C’est la caractéristique de cette ligne qui  en longeant les quais sans se presser mais de façon très sûre va ensuite traverser Paris. Tant qu’il n’y a pas de grève…

            Je débarque au Champ de Mars. La tour Eiffel m’accueille et me rassure. Au moins je suis certain d’être arrivé. Il ne me reste plus qu’à atteindre à pied le « Village Suisse », quartier pittoresque regroupant des antiquaires et des galeries vouées aux choses de l’art. Le quartier est chic mais il y a parfois des travaux sur quelque bâtiment vétuste ou la réalisation d’un projet grandiose qui va jaillir d’une excavation béante cachée derrière des plaques métalliques d’un esthétisme tout contemporain.

            D’ailleurs voici des signes avant-coureurs : des matériaux sur les trottoirs, des barrières métalliques pour faire obstacle et des débris d’objets vétustes  non identifiables. Je me dirige droit sur de grands panneaux métalliques masquant un espace interdit.  A gauche et à droite il y a un passage possible pour un piéton, au centre un type imposant qui a l’air de surveiller. Il ne semble pas faire attention à moi. Il faut choisir. J’opte pour la droite. C’est étroit, long et encombré  et je croise des ouvriers avec des casques qui m’ignorent. Je continue. Ca ressemble de plus en plus à un chantier. D’autres ouvriers avec des tenues diverses se livrent à des manipulations. Où suis-je ? Dans un cul de sac ! Le piège se referme…Je fais demi-tour dans l’indifférence générale à l’exception d’un type basané qui me fait remarquer en souriant que  je n’ai pas le casque réglementaire. Les autres n’ont pas noté ma présence. Je ressors. Le garde est toujours là, toujours inamovible. Rien ne laisse supposer qu’il ait décelé ma présence. Je prends à gauche et la palissade devenant moins haute me laisse apprécier la vue rassurante de la rue avec des gens ordinaires et des véhicules autres que de chantier. Enfin je retrouve le monde et la légalité. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’après tout j’aurais pu être un terroriste malveillant, un espion industriel, enfin quelqu’un qui aurait pu laisser des traces malveillantes de son passage… L’impression est étrange mais je dois maintenant m’orienter.

                                                           à suivre...

Détail de "L'ancienne porte"

Détail de "L'ancienne porte"

Détail de "L'ancienne porte"

Détail de "L'ancienne porte"

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 09:09
"Fête intimiste" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1973

"Fête intimiste" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1973

Blog blog blog…

(…ou « la vie pas si simple du blogger »)

 

            Tout un chacun peut créer un blog pour s’adresser à ses contemporains. Soit pour exposer ses états d’âme, soit pour diffuser des idées qui lui sont chères ou défendre de justes causes. Pour ma part c’est une façon de faire le point et de me permettre quelques délires sans conséquence. Cependant la réalisation pratique n’est pas toujours de tout repos.

            Pour réaliser un article sur mon ami Jean-Pierre Tingaud je m’étais documenté auprès de lui et il m’avait fourni tout le nécessaire pour exposer son œuvre. J’étais donc fin prêt. Ne restait plus qu’à mettre en ligne sur Overblog.

            En général c’est là que ça se complique. Travailler à distance est une technique qui s’apprend mais qui réserve bien des surprises. Cependant une pratique assidue finit par vous rendre performant. Mais il y a l’électronique et la transmission de données. Et puis les logiciels sont conçus par des cerveaux humains avec leurs petites manies et leur logique propre.

            Donc je m’installe. D’abord la connexion renâcle. Google m’explique qu’il n’arrive pas à établir la liaison et que cela peut venir de multiples causes, toutes plus techniques les unes que les autres et très mystérieuses pour quelqu’un d’un peu simple. Mais c’est facile ! Il suffit de se faire dépanner par les services compétents de Windows… Génial ! Mais il faudrait d’abord se connecter…Me voila explorant et farfouillant les coulisses de l’ordinateur. Et tout à coup ça marche ! Oui, mais ça venait de quoi ? Du réseau ? De la livebox ? Ou du temps qu’il fait ? Enfin si ça se reproduit il sera toujours temps de se gratter la tête.

            Hardiment je me lance dans un « copié collé » pour installer le texte sur mon blog. Résultat satisfaisant ! Enfin presque… Il manque quelques lignes à la fin…C’était peut-être trop long ? Je recommence. Et rebelote ! Je colle le même texte sur un autre document et là ça marche ! Tout est complet. Mais toujours pas sur le blog. Enfin après divers essais je vais me résoudre à compléter mon texte en le tapant directement en ligne. Tout cela pour finir par m’apercevoir que l’incident était provoqué par un tout petit blocage, un bug bénin sur le mot « la » qu’on pouvait supprimer ou contourner, quitte à le rajouter ensuite.

            Mais un blog sans images est un repas sans fromage. Il me faut donc ajouter quelques photos des œuvres et j’ai tout ce qu’il faut. Mais pourquoi diable le logiciel de service se permet-il de me les aplatir les rendant ainsi toutes pataudes ? Imprévu le résultat est original mais surprendrait le photographe qui les a réalisées selon son vouloir et souhaite voir son esthétique respectée.

            Peu importe, la technique peut tout et Photoshop a plus d’un tour dans son sac. Alors je vais chercher, tâtonner, tenter le coup et finir par trouver ! Est-ce explicable en termes rationnels ? En tout cas le simple fait de modifier les dimensions de l’image, en gros de rajouter des pixels, se révèle efficace. Enfin les gravures de Jaipi vont retrouver la noblesse de leurs proportions et la fraîcheur de leur aspect natif.

            Maintenant tout est prêt. Il n’y a plus qu’à cliquer pour mettre en ligne et informer les réseaux sociaux de la nouvelle parution sur mon blog. Je fais donc le nécessaire. Cependant le sceptique que je suis ne saurait s’abandonner ainsi à l’ivresse du devoir accompli. Bien m’en prendra, car allant visiter ma propre page sur Facebook, je constate que l’annonce de mon article n’y figure pas comme il se devrait. Donc pour le moment personne n’est au courant.

            Il ne me reste plus qu’à retourner sur Overblog pour recommencer l’opération de partage du lien. Enfin, ô miracle l’annonce apparaît à l’endroit souhaité. Il n’y a plus maintenant qu’à attendre des visiteurs. Car l’administration va me fournir des statistiques et me dire combien de personnes  sont venues et ont lu et même combien de pages elles ont consulté !

            Avouez que c’est sympa, même si ça n’est pas tout à fait gratuit, car depuis peu il faut un abonnement « Premium » si l’on veut que l’article soit partagé sur des réseaux sociaux. Mais nous vivons une époque moderne où non content d’être édité gracieusement l’auteur d’un blog  peut toucher des « droits d’auteur » terme noble cachant le fait qu’il accepte la présence de publicité. Ce dont on lui saura gré surtout si il attire un public nombreux. Mais les temps sont durs et chacun a le droit de vivre. Alors « faudrait savoir ! » On la fait redémarrer la croissance ou on sombre dans l’apathie et la mollesse ?

            Mais en fin de compte on peut quand même utiliser l’informatique sans trop se soucier d’efficacité pécuniaire. Un peu comme le pêcheur à la ligne qui peut rentrer bredouille, tout content d’avoir passé un moment peinard au bord de l’eau sûr de survivre agréablement en attendant la semaine prochaine. J’espère que c’est aussi votre cas, mais si vous voulez créer un blog ce n’est pas une si mauvaise idée. Pour le moins ça vous occupera et c’est mieux que de faire des bêtises. C’est du moins ce qu’on m’a enseigné quand j’étais tout petit et que l’on me prodiguait force conseils pour m’éviter les erreurs de jeunesse.

 

                                                   Le Chesnay le 6 février 2014

                                                   Copyright Christian Lepère

 

"Heureux les pauvres en esprit" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1971

"Heureux les pauvres en esprit" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1971

 

NOTA BENE

 

La nécessité impérative d’assister au vernissage du Salon  « Safadore (Dali) »

qui avait lieu au Mont-Dore

m’a empêché de mettre ce dernier article en ligne

vendredi comme à l’accoutumée.

 

La prochaine fois :

 

Si Dieu le veut!

Si le Prophète n’y voit pas motif à me lancer une fatwa...

Si les logiciels remplissent bien leur mission : 

« Paris ville accueillante »

Sera un témoignage poignant sur les aléas du quotidien.

 

En attendant portez vous bien !

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 17:00

J'ai l'honneur de faire partie de l'exposition suivante

qui va se dérouler

au Mont-Dore

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:17
175 - Il fait encore noir

Il fait encore noir

 

            Il fait encore noir. Pas un bruit, pas un chat. Au loin quelques lumières ponctuent la silhouette allongée du collège, trahissant la présence laborieuse d’une femme de ménage ou d’un employé municipal vacant à de menues réparations avant la journée scolaire.

            De l’obscurité une voiture est arrivée. Lentement. Elle s’est immobilisée sous ma fenêtre le long de la voie privée entourant la résidence. Elle bloque une voiture blanche parquée dans son emplacement numéroté.

            Plus rien ne bouge. C’est une masse sombre anonyme, sans vie. Pourtant à l’intérieur quelque chose remue. Indistinctement. Est-ce l’ombre d’une main sur le volant  ou en train de manipuler un téléphone portable ? A moins que l’occupant ne soit en train de consulter un plan, de déchiffrer un vieux papier froissé extirpé de sa poche ? Cherche-t-il une adresse ? Celle d’un ami ? Ou d’un tiers qui vient de l’appeler à son secours ? A moins qu’il n’aille rendre visite a ses proches… Et si c’était une femme ? Le problème serait peut-être encore plus subtil…

            Peut-être est-il simplement égaré, trompé par l’aspect nocturne d’une résidence qu’il ne reconnaît pas bien. La nuit tous les chats sont gris et les bâtiments nimbés d’obscurité se font passer pour ce qu’ils ne sont pas. Le très familier peut prendre des aspects étranges.

            Pourquoi suis-je en train d’observer ? Mon  petit déjeuner est prêt, les corn flakes attendent dans le bol fumant. Pourtant je suis fasciné. La voiture est noire, immobile, tous feux éteints et à l’intérieur une présence discrète   se devine derrière les vitres sombres.

            Une fillette, sac scolaire au dos se dirige vers le collège. Un homme passe. La vie se remet en marche. L’aube va pointer. Il va faire jour.  Et voila que les feux de position s’allument. Le moteur démarre discrètement. Le véhicule commence à bouger. Il décolle du trottoir et se remet à droite, puis commence à entamer le virage qui va le soustraire à ma vue. Non ! Il s’arrête. Va-t-il s’engager dans une place privée en marche arrière pour faire  demi-tour ?

Arrêt, hésitation, redémarrage. Il disparaît derrière le mur qui soutient le talus et semble ne plus devoir réapparaître.

            C’est fini mais je conserve une impression étrange. Pourquoi m’être laissé fasciner par cet incident que toute personne sensée aurait jugé tellement quotidien et banal à pleurer. Mais voilà… Tout était calme et sombre. Seules quelques lumières rendaient le monde présent. Et il n’en faut pas plus pour que les apparences avouent ce qu’elles sont. Des constructions mentales, des rationalisations auxquelles on voudrait tellement croire. Pour se rassurer, pour pouvoir en rendre compte aux autres. Et puis parfois on oublie d’interpréter le spectacle selon les conventions en vigueur. Plus rien n’est sûr et l’on se retrouve face au mystère absolu du monde qu’on dit réel. Dans un ailleurs plus intense et signifiant. Dans une absence de référence. Sans garde fou et sans explication.

            Alors bien sûr on recommence à cogiter, à supposer et à déduire. Mais la brèche est ouverte et nos petites certitudes mentales n’en mènent pas large, sommées qu’elles sont d’avouer leur artifice, leur fabriqué maison.

            Suis-je bizarre ? De subtiles altérations mentales seraient-elles en train de s’installer dans les méandres de ma matière grise pourtant si performante quand tout est normal. Mais je ne suis qu’humain et il faut bien s’accommoder des menus dysfonctionnements  de la rationalité triomphante dont chacun peut faire usage sans toutefois en abuser car ce ne serait pas raisonnable.

 

                                                              Le Chesnay le22 janvier 2014

                                                              Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

175 - Il fait encore noir

La prochaine fois :

 

« Blog, blog, blog… »

« La vie pas si simple du blogger »

 

Vous parlera du quotidien de qui veut s’adresser

a ses contemporains

pour les distraire ou les informer.

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 07:54
"Portique Gaïa" - gravure

"Portique Gaïa" - gravure

Djaipi

(Jean-Pierre Tingaud selon l’état-civil)

 

              Jean-Pierre Tingaud est comme moi un ancien élève de l’Ecole des Arts Appliqués. Ensuite il est passé par les Beaux-Arts où il a été initié à la gravure ce qui le différencie de l’autodidacte que je suis. Enfin il est aussi devenu enseignant.

              Mais c’est avant tout sa vision du monde qui m’intéresse. Voué au noir et blanc mais d’un noir pas si noir que ça opposé à des blancs subtilement cassés, il est par nature plus porté sur le graphisme que sur le volume. Bien que, accessoirement il se soit aussi laissé attirer…Il était donc plutôt destiné à la gravure et tombé tout jeune dans la marmite il se devait de suivre son destin tel un Obélix prédestiné.

              Ce moyen d’expression intime et confidentiel s’accordait d’ailleurs très bien à sa vision du monde. A la fois introverti mais simultanément grand ouvert sur la profondeur, il découvrit que c’est au plus intime de soi-même qu’on a des chances de s’ouvrir véritablement à l’immensité du monde. En tout cas beaucoup plus qu’en se lançant frénétiquement dans des aventures qui ne nous font expérimenter que la surface des choses et peuvent nous mener au bout de nos possibilités mais pour jouir d’illusions multiples en y croyant dur comme fer. Ce qui est la caractéristique essentielle de notre monde contemporain multiforme et convulsé.

              Jean-Pierre s’est donc voué à la profondeur. D’abord en livrant ses confidences à la plaque de métal. Puis en privilégiant des sujets qui ne sont pas anodins. Par exemple une série de compositions organisées librement sur un schéma géométrique de carrés et de cercles emboîtés ressemblant fort à des mandalas. C'est-à-dire des images symboliques dont la vision, mystérieusement nous guide vers le centre de notre être. Du moins si nous avons quelque attirance pour cette région de nous-même qui peut faire peur. Et si nous ne nous accrochons pas trop au paraître. En un mot si nous n’avons pas trop besoin de l’accord intéressé de nos complices en humanité qui permet de nous prendre au sérieux.

              Certes il est bien naturel de souhaiter être reconnu et apprécié, mais il faut savoir à quel niveau. Celui du pittoresque et de l’anecdotique qui fait l’attrait de notre personnage et qui crée tout ce qui rend l’émission « Plus belle la vie » tellement captivante. Ou bien d’un autre point de vue  peut-être moins excitant mais un peu plus consistant 

              Seulement voila, Jean-Pierre est attiré par l’au-delà du par-delà. Sous les apparences il pressent la palpitation du monde. Le jeu subtil des énergies cachées, la danse des particules au cœur de la matière la plus opaque.

              Après la gravure ou en même temps, voila qu’il se met à observer le monde à travers le viseur de son appareil photo. Le numérique lui semble plein de possibilités et les nouvelles technologies ne lui paraissent pas contre nature. Après tout ce ne sont que des techniques qui nous offrent d’immenses possibilités, pour le meilleur et pour le pire comme d’habitude…Tout dépend de qui les utilise. Ainsi la photo et le cinéma après avoir été d’amusantes curiosités, puis des outils de travail efficaces sont-ils devenus des arts à part entière et mêmes des créateurs d’âme.

    

"dessin photographique" de la Géode

"dessin photographique" de la Géode

          Vivant dans le nord-est de la capitale, non loin de la Géode de la Villette, Jean-Pierre s’est laissé fasciner par cet étrange objet. Cette sphère à multiples facettes reflétant tout ce qui l’entoure et recréant le monde selon les aléas des lois de l’optique : reflets, brisures, élongations et compressions. Cet œil gigantesque qui, à l’instar de ceux de certains insectes recompose les apparences en les éclatant et les multipliant pour en faire une sorte de puzzle aléatoire.

           La chose pourrait sembler simplement amusante et certains n’y verront peut-être que des exercices de style gratuits. Il s’agit donc ici de  ce que la Géode a pu suggérer à une sensibilité curieuse de l'au-delà du convenu.Mais non content de voir des choses surprenantes notre "Graveur photographe" créateur de "dessins photographiques", passionné de pixels et affligé d'une addiction au numérique s'est permis après avoir choisi son angle de vision et appuyé sur le déclencheur de retravailler ses documents bruts. Car après tout il aurait pu, comme un touriste japonais photographier la tour Eiffel avant de retourner chez lui admirer ses souvenirs. Mais non! Avec la complicité de Photoshop il s'est donc permis de recadrer, déformer, disjoindre et recomposer, modifiant les contrastes et organisant l'aléatoire. Le résultat est un petit livre où il nous confie le meilleur de ses réalisations : "Contes de la Géodéesse". Les images sont accompagnées des textes d'Ali Lham qui est aussi chanteur. Et il y a une préface fort pertinente qui en dit un peu plus long...

            Alors, si vous voulez en voir et savoir plus cliquez sur les liens suivants. Vous verrez bien...

 

 

                                            http://www.ipernity.com/doc/63711

 

                                        http://www.ipernity.com/doc/63711/album

 

                                     http://www.ipernity.com/doc/63711/album/358695

 

 

 

                                                           Le Chesnay le 14 janvier 2014

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

"Laude - 7"

"Laude - 7"

La prochaine fois :

 

« Il fait encore noir »

Quand le quotidien le plus anodin passe aux aveux…

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 08:06
"Le bout du monde" - gravure imprimée sur Arches format Demi-Jésus - 1972

"Le bout du monde" - gravure imprimée sur Arches format Demi-Jésus - 1972

L’impermanence a encore frappé !

 

              Tout là haut des nuages brodent des arabesques. Jusqu’au bout de l’azur ils s’élancent et s’entremêlent inlassablement en suivant  les courants de grands flux atmosphériques qui tels des Gulf Stream aérien dérivent d’un bord à l’autre du monde connu. Ils nous font comme un toit mais vaporeux et sans cesse changeant. Inconsistants et éphémères  jusqu’à ce qu’en pluie  ils retournent à leur origine, les eaux d’en bas.

              Par quelle aberration parlons nous d’un nuage ? Comme si il existait en tant que tel, comme si il était un objet intangible et définitif. Pourtant nous le voyons bien, il est insaisissable. Formé de brume, tissé de brouillard, immatériel mais tellement présent. Pouvant nous priver de toute chaleur. Confisquant la lumière et refusant au soleil le droit de nous réchauffer le corps et l’âme. Pourtant le soleil n’en peut mais, lui qui dans toute sa gloire rayonne indéfiniment dans toutes les directions. Même si  elles sont toutes égales et à ses yeux aussi dénuées de sens qu’un poteau indicateur au milieu de nulle part.

              Le haut ?le bas ? Droite et gauche interchangeables…Notions désuètes de la géométrie euclidienne. Références rassurantes pour petits esprits enfermés dans leurs catégories mentales.

              Ainsi le soleil rayonne car il ne sait rien faire d’autre et que d’ailleurs peu lui importe. Il lui suffit de tous les éclairer, les bons et les méchants, les nuisibles et les prédateurs mêlés aux grandes âmes et aux esprits distingués qui inventèrent la pénicilline ou découvrirent les mystères de l’a.d.n.. Mais le soleil s’obstine à rayonner. A tout jamais ? Que non ! Car lui aussi a une histoire, lui aussi vit sa vie en brûlant ses ressources, en dilapidant son énergie pour réchauffer tout ce qui se présente. Il va dans le grand vide cosmique où nous errons, embarqués sur notre radeau « Bleu comme une orange ».

              Pendant longtemps la vieille humanité s’est crue le centre du monde. Avouez que c’est plus rassurant et que cela permet au moins de se prendre au sérieux. Mais la science est arrivée, l’air soupçonneux et l’œil inquisiteur et elle a voulu y regarder de plus près. Alors de loupes grossissantes en lunettes astronomiques les illusions d’optique ont été démasquées et les croyances grossières ont été remisées au placard.

              Mais une chose est étrange et fait dresser l’oreille : Quels que soient les progrès de l’observation et quelles que soient les découvertes sidérantes et indéniables, la plupart des esprits dits scientifiques s’obstinent à continuer à vivre dans un monde de commodes conventions. Voila plus d’un siècle qu’on sait que la matière n’est pas si matérielle que ça. Ou tout au moins qu’elle ne manifeste ses qualités évidentes pour nous de solidité et d’impénétrabilité qu’à notre échelle de perception.

              Mais nous tenons tellement à notre confort, à nos petites habitudes, à notre monde réel dans lequel il y a de vrais gens assis sur de vraies chaises devant une vraie table bien dressée et pleine de bonnes choses à l’ancienne qui vont nous faire chaud au cœur en nous remplissant l’estomac.

              Dans un autre domaine ne paye-t-on pas et fort cher une entrée dans les salles obscures du cinématographe pour voir une illusion d’optique ? Je me souviens que tout petit on m’avait expliqué que le film c’était tout un tas de petites images qui se déplaçaient et dans ma cervelle encore toute naïve mais riche en suppositions je m’étais imaginé que sur l’écran il y avait comme une sorte de puzzle formé de petits éléments joyeusement mobiles et atteints d’agitation incoercible. C’était assez rigolo, très complexe et après tout peut être réalisable réellement avec les moyens techniques actuels…

              Mais depuis j’ai perdu mes illusions. On m’a démontré que seul le grossier fonctionnement de ma vision me faisait croire à l’enchaînement sans heurts de ce qui n’est après tout qu’une succession de diapositives séparées par des moments d’obscurité. Mais attention ! Voilà que je m’accroche encore à des notions récentes mais devenues bien obsolètes et dépassées par les progrès techniques. Car maintenant avec la vidéo, les écrans plats et les images numériques il n’y a plus de vide entre les images ! Celles-ci étant projetées par balayage de l’écran, la suivante succédant à la précédente  avant que cette dernière n’ait fini de stimuler tout les pixels de l’écran…Hallucinant ! Il y a donc bien maintenant un véritable fondu enchaîné beaucoup plus reposant pour l’œil et surtout plus trompeur. Ca n’est toujours pas réel mais c’est de mieux en mieux imité. Et après tout qu’est-ce qui nous intéresse ? Continuer comme d’habitude sans se poser trop de question ? Ou aller chercher la petite bête ? A chacun de décider de ce qui lui importe. Et si on aime les petites bêtes ? Pourquoi pas … Mais là vraiment on n’est pas forcé. Alors bonne continuation !

 

                                                           Le Chesnay le 17 janvier 2014

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

"Axis Mundi" - gravure imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1978

"Axis Mundi" - gravure imprimée sur papier Arches format Demi-Jésus - 1978

 

La prochaine fois :

 

Vous saurez tout sur Djaipi

graveur et photographe de la Géode

 

A bientôt !

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 08:45
"Petit peuple mélomane" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

"Petit peuple mélomane" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

 

Plaidoyer pour l’altruisme

 

              Depuis quelques jours je me suis lancé dans la lecture du très gros livre de Matthieu Ricard : « Plaidoyer pour l’altruisme » ; Pourtant j’étais prudent et je m’étais bien juré de ne pas m’y laisser entraîner.

              A cela plusieurs raisons. D’abord j’ai sous le coude quelques écrits en attente dont j’aimerai prendre connaissance sans trop tarder. Parmi eux plusieurs prêtés par des amis dont la bienveillante attention souhaite me faire bénéficier de sources importantes à leurs yeux. Connaissant mes goûts et mes inclinations ils ont sans doute choisi de quoi m’appâter et retenir mon attention.

              Ensuite il y a dans ma bibliothèque quelques livres anciens qui se rappellent discrètement à moi en dépassant négligemment de l’alignement et en tombant sur le tapis comme par mégarde. Certains vont même parfois en profiter pour s’ouvrir à la bonne page sans raison flagrante, si ce n’est qu’un livre s’ouvre plus facilement là où on l’a consulté plus fréquemment. Or l’expérience m’a appris que si une relecture est souvent fort utile, c’est à des titres divers.

              D’abord il est toujours bon de se replonger dans ce qui nous a accroché et qu’on a sans doute en partie oublié ou magnifié dans un élan juvénile bien excusable. Ensuite il se peut que d’autres sources aient fait sentir le besoin d’un complément d’informations. Ainsi l’épreuve du temps permet de prendre du recul et d’aborder d’anciennes nouveautés avec un œil plus vaste et un esprit plus critique. Dans ce cas si l’intérêt persiste cela prouve que la chose n’était pas négligeable et méritait au moins une nouvelle visite.

              En dernier lieu il est bien connu que la fréquentation de certains magasins ouverts par intérêt bien compris aux choses de l’esprit particulièrement tendance, tels que la FNAC est un piège pour tout consommateur, le fût-il de produits culturels, littéraires ou assimilés.      

              J’évitais donc de m’y rendre jusqu’à ce jour où comme d’habitude mes errances journalières m’ont conduit en marchant de square en square et de sentes en rues paisibles jusqu’aux confins des lieux civilisés  à des chemins forestiers où la gadoue succède au goudron et la nature à la brique et à la meulière.

              Après ce séjour forestier revivifiant je revins vers mes semblables. J’arrivai ainsi au fin fond des quartiers retirés de Versailles. Là où le mélange de petits pavillons modestes de banlieue (Du style « Sam Suffit ») avec des bunkers sécurisés forme un tissu disparate mais relativement homogène. Car les nouveaux résidents, fuyant la ville et son tumulte, recherchent l’ombre des grands arbres sans renoncer à tout ce qui peut rendre le quotidien plus sûr et digne de leur rang. C’est ainsi que l’on voit d’assez belles demeures de facture très traditionnelle, respectant les us et coutumes et même les matériaux nobles comme la meulière servir d’écrin a des appartements confortables. Bien qu’hautement sécurisés avec des murs bétonnés reposant sur des fondations dignes d’abris anti-nucléaires ceux-ci sont dotés de tout ce qu’une high tech peut procurer comme superflu indispensable.

              Ces havres de paix merveilleusement sécurisés le sont de façon discrète. Alarmes, digicodes, détecteurs d’intrus et autres gadgets en rendent l’accès problématique pour toute personne ayant égaré sa télécommande ou oublié son mot de passe. Mais tout se mérite et quand on réintègre sa prison, elle est au moins d’un excellent standing et d’un confort technologique irréprochables. Aucun s.d.f. ne saurait s’y immiscer et même les chats ont parfois quelques difficultés avec leurs chatières

              Bien sûr tout cela n’empêche pas de renforcer les portails avec des barres d’acier et de rendre les barreaux très solides mais aussi très « design ». Car après tout ce sont bien des malfrats en chair et en os, munis de solides pinces monseigneur qu’on veut dissuader de rendre une visite amicale et admirative aux belles choses que vos moyens vous permettent de collectionner. Ainsi vous pouvez dormir tranquille et partir en week end à Avoriaz sans risquer  l’inquiétude mère de tous les stress.

              Mais je m’égare…Ou plutôt je me retrouve non loin de chez moi. Remonter la vaste avenue, comme si je revenais du parc de Versailles me ramène vers le Centre Commercial jadis premier d’Europe. Et voila, à gauche c’est la FNAC…A droite ? c’est sans importance…

              J’entre donc. Il fait chaud et c’est plein de chaleur humaine. C’est rassurant au possible et des piles de livres m’accueillent avec leurs belles couvertures, leurs titres alléchants et leurs références incontournables. Que des témoignages bouleversants de stars et de peoples, des controverses d’intellectuels très tendance, des manifestes d’universitaires rénovant les concepts et aussi de beaux livres d’images pleins de paysages somptueux numérisés ou de documents arrachés à l’oubli après de patientes recherches dans

des bibliothèques virtuelles.

              Enfin voici le livre de Matthieu Ricard. Un bon format, neuf cent dix pages sur du papier fin et un contenu très dense. J’achète. Je passe en caisse. Je tape mon code et je rentre chez moi.

              Voila pourquoi depuis quelques jours je néglige un peu d’autres activités. Car le propos de ce livre est énorme, la lecture longue et patiente. L’ensemble est à parcourir à pas lents en soupesant tous les aspects si l’on souhaite en avoir une vision aussi objective que le souhaite son auteur. Mais il reste de longues veillées d’hiver et je vais continuer sans relâche pour en tirer toute la substantifique moelle.

 

                                                                    Le Chesnay le 6 janvier 2014

                                                                    Copyright Christian Lepère

 

 

"L'arrière saison" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1977

"L'arrière saison" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1977

La prochaine fois :

 

« L’impermanence a encore frappé »

 

Vous en apprendrez plus sur les dernières nouvelles

de ce monde mouvant…

 

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:50
"Saison des jeux" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

"Saison des jeux" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

 

L’esprit du terrain vague

Réflexions zen

 

            Un grand oiseau blanc plane sur le terrain vague. Vague ? Enfin peut-être pas si vague que ça. Disons plutôt que son âme est grise car dans ces banlieues aisées rien ne saurait être laissé à l’abandon et tomber en désuétude. Pas de négligence dans les services de la voirie et les espaces verts le sont pendant la partie de l’année dédiée à cet effet. Donc tout le temps sauf en automne et en hiver où c’est excusable.

            Ainsi ce grand terrain plutôt vague déploie son étendue sous mes fenêtres. Soigneusement bitumé, on peut s’y ébattre et faire des tours de piste sans se souiller les baskets. D’ailleurs les enfants du collège en usent et en abusent. Parfois contraints et forcés quant ils sont sous la surveillance des professeurs d’éducation physique et sportive. Mais aussi souvent spontanément alors que seule leur belle énergie juvénile les y pousse.

            C’est qu’il y a des poteaux de basket et tout au fond une piste de roller  enrichie d’obstacles. Après une descente courte mais brutale les jeunes novices atteignent une moindre pente remontant vers une plateforme où ils se livrent à diverses facéties avant de redescendre pour atteindre le troisième élément du haut duquel ils vont pouvoir repartir en sens inverse…Et cela inlassablement. Il y a toujours un nouveau venu pour remplacer un ancien rassasié d’acrobaties. Depuis fort longtemps les générations se succèdent. Et à chaque fois c’est la même euphorie analogue à celle de l’apprentissage du vélo et de son miraculeux équilibre.

            Mais l’oiseau blanc avec ses airs de mouette s’est posé hiératique et silencieux. Puis il repart. Glissant dans l’air hivernal il se livre à quelques arabesques puis se laisse glisser en vol plané avant de se percher puis de reprendre son envol. Libre comme l’air il improvise avant d’être rejoint par quelques congénères qui vont enrichir son petit numéro. Plus on est d’oiseaux plus la chorégraphie devient riche et subtile. Mais l’instinct a bien des ressources et tout se passe sans heurt pour ces créatures ailées venues d’ailleurs, de Normandie ou de plus loin.

            Beaucoup plus haut des avions passent. Avec un dédain superbe ils rayent le ciel qui en est tout balafré. Et leur sillage persiste, blanc et rectiligne tant que les courants aériens ne viennent pas perturber leur implacable géométrie. On voit alors apparaître d’étranges figures morcelées, recomposées en triangles non isocèles et en fragments de trapèzes hyper hexagonaux faisant la nique à toute tentative de rationalisation post euclidienne. Et tout cela varie sans cesse car l’impermanence des conditions atmosphériques ne laisse que peu d’avenir au souvenir de leur passage.

            Certains jours malgré tout une accalmie bienveillante va laisser le spectacle s’enrichir à l’infini. Alors ce ne sont plus que sillages floconneux entremêlés, superpositions de trajectoires alanguies, fragmentations sans fin de masses indécises comme si mêlant les douceurs de l’impressionnisme au audaces d’un cubisme fou passant tout à la moulinette de ses principes abscons, un peintre néo avant-gardiste se lançait dans des divagations laissant béant le badaud qui ne fait que passer…

            Plus bas le spectacle est étonnant quoique à hauteur d’homme. Tout un tas de petites taches colorées vont viennent et s’agitent ; Mais à y regarder de plus près on y reconnaît la silhouette humaine et surtout juvénile. Garçons et filles, en groupes ou en file indienne, coopérant ou luttant pour battre des records forment des chorégraphies aléatoires dignes d’improvisations au moins contemporaines.

            Ainsi les enfants des écoles vont s’égayer en poursuivant un ballon, qu’à peine saisi ils vont réexpédier vers un autre joueur comme si ils se désintéressaient de ce qu’ils ont tant convoité. A moins qu’ils ne l’expédient avec dextérité en direction du panier. Et parfois c’est gagné !

            Ainsi se déroulent les jeux  et les activités de cette belle jeunesse. Du haut de ma fenêtre au troisième étage au dessus du rez de jardin j’observe les vagues scolaires qui se succèdent à certaines heures réglementaires. Mais aussi au fil de l’année suivant le rythme des vacances. Parfois c’est la foule mais il arrive aussi que par un beau jour d’été resplendissant le stade soit désert, à peine traversé par la silhouette furtive d’un chat. Mais plus tard, bien sûr,  se livreront à nouveau d’âpres compétitions.

Mais le temps passe inlassablement puisqu’il ne sait faire que ça et que de toute façon il faut bien qu’il s’occupe. Car Dieu sait où mène l’oisiveté mère de tous les vices.

 

                                                            Le Chesnay le 28 décembre 2013

                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

"Gardien de but" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

"Gardien de but" - dessin aquarellé - 12,5 x 18 cm - 1983

La prochaine fois :

 

Après bien des hésitations

mes pas

m’ont conduit à la FNAC

et j’ai fini par m’y procurer le dernier livre de Matthieu Ricard

 

« Plaidoyer pour l’altruisme »

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