Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 14:01

476-Apres-la-pluie----------copie-1.jpg

                                                                                   "Après la pluie" - huile sur panneau - 27 x 22 cm

 

 

Y a plus de saisons ma bonne dame …

 

         Pourtant on nous avait bien prévenus. Après la sagesse populaire les spécialistes s’y sont mis et n’ont cessé de nous prédire un avenir assez incertain. A grand renfort d’observations, de statistiques et de déductions ils ont envisagé l’évolution et déduit des enchaînements implacables à l’œuvre dans la nature que la situation allait s’aggraver. Et pour le moment ils ont vu juste.

         D’abord rien n’est fixe, rien n’est définitif et qu’un état de fait ait perduré pendant des siècles, des millénaires, voire même depuis des périodes antédiluviennes n’y change rien. Le monde semble bien avoir eu un début et l’hypothèse du Big Bang, la seule envisagée sérieusement par ceux qui cherchent à comprendre n’est pas à cet égard la plus rassurante. Passant par un long processus d’expansion et de structuration l’inconcevable énergie originelle s’est transformée en soupe cosmique, avant de se condenser pour se regrouper en formant des particules. Et voilà, le tour est joué. De l’unité a surgi la diversité,  de l’absolu le relatif, de l’invraisemblablement neutre le positif et le négatif. Enfin l’observable et le mesurable si vous voyez où je veux en venir.

         Comment s’étonner ensuite de l’apparition des fluctuations énergétiques, notamment thermiques. La vie est apparue quand les circonstances favorables se sont présentées et ont pu coopérer. Circonstances favorables ? En tout cas pas celles qui nous paraissent évidentes à notre petite échelle humaine où nous ne sommes satisfaits qu’avec nos 21° dans le séjour, 25° dans la salle de bain mais aussi un petit 19° plus revigorant pour la chambre à coucher.

         Pourtant la nature nous livre petit à petit ses secrets et ses possibilités extrêmes. Depuis qu’on observe la terre et ses confins il a bien fallu admettre que la vie arrivait à se débrouiller avec des conditions inenvisageables pour nous mêmes. Depuis l’antarctique où le défi d’un froid extrême est constant, jusqu’aux sources d’eau chaude des grands fonds où l’eau ne peut pas bouillir parce que soumise à des pressions énormes. Pourtant des organismes se sont adaptés et d’étranges créature pas forcément rudimentaires non seulement y vivent, s’y reproduisent mais ne pourraient s’adapter à un autre milieux. Ainsi certains vers géants qui jetés dans de l’eau bouillante mourraient immédiatement mais de froid…

         Mais restons dans le quotidien qui nous importe plus. Donc le réchauffement climatique est en cours. Hypothèse qui semble se vérifier à l’échelle mondiale. Même si quelques opposants qui n’ont pas fini leur crise d’adolescence persistent à nier qu’il y ait réellement problème. D’ailleurs disent-ils le phénomène est naturel et notre planète a alterné les périodes de glaciation et de désertification. C’est vrai mais à une tout autre échelle. Certains plus méfiants diront qu’il y a bien un dérèglement du climat mais que par ailleurs on sait bien que tout excès finit par engendrer son contraire. Enfin les plus pointus avancerons même l’hypothèse qu’un réchauffement mondial pourrait  tout aussi bien entraîner une période de glaciation. D’ailleurs personne n’en sait rien. Personne ne connaît tous les paramètres et les spécialistes, gens éminents ont quand même la fâcheuse caractéristique d’être spécialisés…et donc de tout observer avec leur paire de jumelles personnelles qui leur fait un peu oublier des vues plus englobantes.

         Depuis quelque temps l’anticyclone des Açores nous joue de bons tours. Le dernier est de s’obstiner à se tenir bêtement au large de l’Europe. Par chance les services météo ont tout compris du mécanisme et peuvent même nous expliquer comment ça se passe. De là à savoir pourquoi…de là à en déduire un avenir prévisible au  delà du prochain week end, voilà qu’ils avouent leur perplexité. Seraient-ils en train de devenir raisonnables ?

         Il a donc plu sur la Bourgogne, comme partout ailleurs, à part la Côte d’Azur et la Corse. Chaque jour de fines bruines bretonnes ont alterné avec des averses violentes. Avec quand même quelques accalmies. Que voulez-vous rien n’est parfait ! Le temps a fraîchi, on a remis sa laine. Et les marchands de crème à bronzer ont versé des larmes amères pendant que les fabricants de parapluies se frottaient les mains mais pas uniquement pour se réchauffer. Déjà dans mon enfance j’avais été enchanté par une chanson des Frères Jacques dont le titre m’échappe mais dont le sujet me réjouissait « A la saint Médard, mon Dieu qu’il a plu… »

Ah nostalgie ! Donc l’eau du ciel est tombée obstinément, faisant reverdir la nature, gorgeant d’eau des nappes phréatiques qui demandaient grâce. Faisant aussi pourrir quelques belles récoltes qui avaient déjà un peu souffert du manque de froid et de gel à la saison convenable. Mais les agriculteurs connaissent bien ces problèmes récurrents. Et pour nous qui ne faisons que consommer leurs productions, jusque là tout va bien ! Ou à peu près. Souhaitons simplement que les masses laborieuses nous reviennent toutes bronzées de leur séjour sur la côte Varoise pour qu’enfin elles se remettent au travail. C’est indispensable si l’on veut que la croissance redémarre avec ses petits problèmes de pollution et de gaspillage négligeant. Ainsi tout sera parfait dans le meilleur des mondes possibles.

         Dormez en paix braves gens tout est sous contrôle et l’opposition s’oppose, ce qui est la moindre des choses.

 

                                                               La Brosse Conge le 20 juillet 2012

                                                               Copyright Christian Lepère

 

Erratum : dans l’article précédent « les accros du portable » j’ai cité Madame Taboui lui attribuant par mégarde le prénom de Germaine. Un ami attentif me l’a signalé . Je rends donc à Geneviéve ce qui la nomme légitimement et lui permettra de reposer en paix.

 

 

543-L'orgueil-de-Babel---65

                                                  "L'orgueil de Babel" - huile sur toile - 65 x 54 cm

                                                      

                         61-L-equipage--------------.jpg                                                                            "L'équipage" - huile sur toile - 46 x 38 cm    

           

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:30

INFORMATION

 

            Je m’apprêtais à publier mon dernier écrit quand l’idée m’est venue d’aller faire un tour sur le site de mon ami peintre Michel Barthélémy.

 

WWW.mon-louvre.be

 

            Ce site qu’il a judicieusement appelé « mon Louvre » est un de ceux que j’aime à fréquenter. D’abord parce que l’imaginaire y occupe une large place, ensuite parce que, ancien professeur d’arts plastiques ce peintre de talent est aussi un excellent pédagogue.

            Ainsi il met à la disposition de tous un manuel de peinture dans lequel il expose les principes de base que tout un chacun se devrait de posséder avant de s’emparer d’un pinceau.

            Mais j’attire votre attention surtout sur le fait que le dernier chapitre de ce manuel est consacré à l’ Art Contemporain le plus pesamment officiel. D’emblée Michel Barthélémy avoue que tout ce qu’il a expliqué et transmis sur le plan technique ne s’applique en aucune façon aux tenants du conceptuel. Ceux-ci n’ayant besoin ni de savoir dessiner ou peindre, ne souffrant aucune limite dans l’expression de leur néant créatif et revendiquant très haut le droit au n’importe quoi ne peuvent en effet être jugés sur des critères aussi désuets. Par ailleurs leur but est de choquer et de déstabiliser. Or depuis l’aube des temps on n’a jamais rien trouvé de mieux que la laideur et la vulgarité pour arriver à cet idéal.

            Alors, si cela vous tente allez donc faire un tour sur « mon Louvre ». C’est gratuit et c’est par ailleurs bourré de choses excellentes. Enfin, cerise sur le gâteau, vous y trouverez de nombreux liens sur le meilleur de l’art fantastique et imaginaire qui perdure aujourd’hui.

                                                                              Christian Lepère

 

Barthelemy.gif

                          "Nonnalisa"                                                                "Le voisin"

 

                                                                                       

 

Les accros du portable

 

              A chaque instant, à chaque seconde, à chaque milliardième de seconde des ondes innombrables se propagent dans l’espace en vibrant inlassablement. Chacune issue d’un  émetteur particulier se répand en ondes concentriques et comme à la surface d’un étang se dilate et se propage en se précipitant vers les autres.

              La collision paraît inévitable. Mais non, vibrant sur des fréquences différentes chacune d’elles va superbement ignorer les rencontres et continuer son chemin sans la moindre interférence avec celles qui ne partagent pas son  mode vibratoire personnel. C’est d’une précision effarante et ça dure depuis le Big Bang, c’est dire si ça a fait ses preuves. De plus l’émission est incessante. A l’inverse du caillou qui trouble la surface de la mare une bonne fois pour toute en effrayant les grenouilles chaque onde ne cesse de rayonner et pourrait le faire à tout jamais, bien que sa puissance ne cesse de diminuer en s’éloignant à l’infini de son émetteur. Une onde peut-elle mourir ou au moins disparaître ? Seule la grossièreté de nos techniques nous incite à le croire.

              Donc à tout instant l’espace, notre espace, celui où nous prenons le métro, celui où nous mangeons des hot dogs vibre de milliards de messages qui s’entrecroisent, se chevauchent et finissent par se perdre dans le vide intersidéral, après nous avoir traversé de part en part sans dommages ( ?). Et nous n’en savons rien. D’ailleurs notre ignorance est crasse. Qui pourrait soupçonner qu’il a une rate et une vésicule biliaire si on ne l’en avait scolairement informé ? Qui même saurait qu’il a un cœur et à quoi diable il peut bien servir ? L’animal, lui, ne se pose pas la question. Il ne sait pas pourquoi il mange, il ignore pourquoi il respire. Simplement il le fait sans problème guidé par cet instinct infaillible qui permet au nouveau-né d’aborder la vie extra utérine en toute innocence sans se poser la moindre question sur le pourquoi du comment.

              Il y a peu pour fêter la victoire d’une élection présidentielle dix mille personnes ont convergé vers la place de la Bastille et aux abords. Chacune d’elles sans doute avait son portable. Et voici qu’en cet instant de communion                     chacune va recevoir son message. Pas celui du voisin. Grands dieux non ! Ce serait intolérable cette atteinte à la vie privée, cet amalgame indécent. On a sa dignité quand même ! Et pourtant ce n’est qu’une question de micro réglages. Ah l’électronique ne manque pas de finesse !

              D’ailleurs Georges dit Jojo  qui vient d’apprendre que sa belle-mère vient d’être hospitalisée à Carpentras sait bien qu’il aurait été informé de la même façon si il avait été ailleurs. Sur le quai de Réaumur Sébastopol ou devant la vitrine d’une sex-shop, à moins que ce ne soit sur un promontoire battu par les vagues déchaînées au large des côtes bretonnes ou quelque part ailleurs, planqué dans un paradis fiscal.

              Totalement dépassés par le miracle nous en usons et abusons sans vergogne. D’ailleurs le mécontentement est grand quand ça ne marche pas ou qu’il y a de la friture dans l’écouteur. Enfin, qu’est-ce que c’est que ce machins qui a encore besoin de piles pour fonctionner et dont les photos enregistrées avec trois millions de pixels sont d’une qualité bien décevante, même pas dignes du net où pourtant par un souci d’économie mesquine on se contente de fichiers légers et d’un bas débit pour contrées un peu attardées.

              Hier l’impensable a eu lieu. Le réseau Orange a connu son premier bug d’envergure. Enorme, imprévu si ce n’est imprévisible…Sur toute la France ses fidèles ont été privés de portable. Et pourtant ils avaient été sages. Ils avaient bien fait tout le nécessaire. Mais voilà le sort était contraire. Et c’est ainsi que madame Michu, Ivanovna née Rostopchine, ménagère de moins de cinquante ans est passée par les affres d’un choix crucial. Arrêtée devant les pots de crème fraîche allégée, elle n’a pas pu demander à son mari laquelle était la moins nocive pour son cholestérol. Décision lourde de conséquences. C’est que, même si son Gaétan lui pèse parfois, elle ne souhaite pas se retrouver veuve, même avec une pension de réversion. Et puis, si elle veut le quitter pour pouvoir enfin s’épanouir, elle préfère le faire de son propre chef. Recomposer soi-même sa famille ça fait quand même plus sérieux.

              En cet instant historique de frustration collective des milliers de rendez-vous n’ont pas eu lieu, des milliers de sms conviviaux n’ont pas été échangés. Des insultes n’ont pas été proférées. Des accidents ont eu lieu. D’autres ont été évités. Et Albert n’a pas pu réaliser le casse du siècle qu’il avait pourtant préparé minutieusement avec ses copains « termites » comme lui. Dix mètres de galeries avaient déjà été creusés pour atteindre le siège  de la Société Générale …En pure perte !

              Et pendant ce temps la bourse s’est effondrée, à moins qu’elle ne soit repartie à la hausse. De toute façon c’était l’inverse à Francfort. Et le Japon n’a pas bronché. Cependant le soleil a continué de faire des siennes en refusant de respecter les prévisions pourtant soigneusement élaborées par les spécialistes les plus performants.

              Enfin, depuis ce bug les responsables du groupe ont avoué avoir été dépassés. Ils ont failli et le regrettent. Aussi pour se faire pardonner ils vont accorder généreusement une journée entière de sms gratuits ! Et en plus une place de cinéma. De quoi faire rêver les plus insatisfaits.

              Ah  nous vivons dans un  monde  formidable où le bilan  se doit d’être envers et contre tout  globalement  positif. C’est le progrès  que  voulez-vous. Et depuis belle lurette on sait que rien ne peut l’arrêter. A moins que de lui-même il ne devienne raisonnable.

 

                                                                   La Brosse Conge le 9 juillet2012
                                                                            copyright Christian Lepère

 

567---Les-accros-du-portabl.jpg

                                                      "Les accros du portable" - huile sur toile " 65 x 54 cm

 

127-Explosion-demographique.jpg

                               "Explosion démographique" - dessin aquarellé - 47 x 62 cm

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:08

316-Fureur-homicide.jpg

                                   "Fureur homicide" - eau-forte imprimée sur papier Arche - 38,5 x 28 cm

 

 

Histoires de gènes

 

              Chacune de nos cellules, et elles sont fort nombreuses, contient la totalité de notre code génétique. C’est ce qu’affirment les biologistes et cela permet entre autres exploits de pourchasser d’affreux criminels qui pensaient avoir été oubliés et coulaient des jours paisibles en jouant à la belote avec les copains. Car le code se conserve. Intact. Même dans un cheveu ou un poil de barbe. Après quelques savantes analyses on a la quasi certitude de bien tenir le coupable. Cela a une autre conséquence non négligeable qui est de nous éclairer sur l’élaboration de notre machine biologique.

              Voyons cela de plus près : un œuf fécondé se divise, on obtient deux cellules semblables, puis quatre, puis huit mais voila que des mécanismes sélectifs se révèlent et petit à petit, non contentes de proliférer, voila nos cellules qui commencent à se différencier. A ce petit jeu elles vont finir par devenir  os, chair, neurones et même, ô merveille, cellules photosensibles de la rétine. Comment tout cela se passe et reste d’une cohérence effarante, voila de quoi occuper  pendant quelques générations nos chercheurs infatigables. Faisons leur confiance. Si on leur en donne les moyens ils comprendront de mieux en mieux les processus de différenciation. De là à savoir pourquoi ça se passe et si il y a une intelligence à l’œuvre il y a un pas et il est métaphysique. A tout jamais hors de leur portée  puisqu’ils ne s’intéressent qu’à ce qui est observable, mesurable et vérifiable à volonté, c'est-à-dire aux apparences.

              Mais en tout cas cela fonctionne et en neuf mois un bébé entièrement constitué va se former (sans les dents). Même si il a besoin d’une aide non négligeable, il peut quand même crier, respirer, digérer et commencer à apprendre.

              Mais j’en viens maintenant à ce qui m’intrigue. On a souvent comparé l’humanité à un immense organisme vivant dont chacun de nous serait une cellule. C’est comme pour une fourmilière, chaque fourmi paraît indépendante et autonome, mais il est clair que seule elle est perdue. En réalité elle n’est qu’un fragment d’un complexe biologique qui la transcende tout en ayant besoin d’elle et dont elle  dépend complètement.

              Pour l’humain que nous sommes c’est très clair la vie solitaire est totalement impossible. Sans sa mère, biologique ou pas, l’enfant n’a aucune chance de survivre. Et sans son père, biologique ou pas, non plus. Il a tout à apprendre pour devenir humain. D’abord à parler français, chinois ou javanais, ensuite à communiquer selon des codes, des rites, des habitudes tribales ou des conventions sémantiques d’un monde plus virtuel. Il a besoin aussi de croyances, de références, de conventions, de tabous et de notions fermes et définitives sur le Bien et le Mal. En fait il est humain pour le meilleur et pour le pire.

              Dépendant totalement de son code génétique qui va lui faire les yeux bleus, l’obliger à une tendance à l’embonpoint à partir de la trentaine et même à piquer des crises de fou rire pendant l’adolescence. Ensuite il va être marqué par sa naissance, facile ou pas, puis par l’accueil chaleureux ou non  de ceux qui l’entourent, puis par une éducation d’un protestantisme austère ou d’une permissivité baba cool. Enfin les événements, traumatiques ou enchanteurs de la petite enfance qui vont le marquer profondément et lui faire voir les choses en noir ou en rose bonbon le rendant résolument optimiste ou carrément suicidaire.

              Tous ces conditionnements accumulés vont former petit à petit un personnage unique et irremplaçable, un cas particulier comme nul n’en avait jamais vu. Et c’est ainsi que sont apparus Hitler et saint François d’Assise, Jeanne d’Arc et madame Thatcher. Sans oublier la petite Marine et le Grand Méchant Mélanchon. Chacun, chacune avec  ses enthousiasmes, ses phobies, son Johnny à idolâtrer ou ses sous-hommes qu’il faudra anéantir jusqu’au dernier pour que règne enfin la paix el la fraternité entre gens de bonne compagnie. God save mein Führer !

              Et c’est prodigieux que malgré tout nous persistions à nous prétendre libres et autonomes. Le libre arbitre a même une excellente réputation, pas seulement chez les professionnels que ça arrange bien, philosophes égocentriques et politiciens magouilleurs, mais chez le plus modeste des manutentionnaires à la chaîne dont la mission est de trier des déchets ménagers.

              Seulement voilà, si, l’on y regarde de près il devient de plus en plus ardu de déceler un acte libre dans ce qui occupe nos journées. Un acte libre, c'est-à-dire une actions qui ne s’expliquerait pas complètement par des enchaînements de causes et d’effets irrémédiables. On doit donc constater que si certains nuisent gravement à leurs semblables (pour leur bien, sans doute…) alors que d’autres leur sont secourables sans profit visible, c’est toujours pour d’excellentes raisons justifiées à leurs propres yeux. Chacun fait donc le bien, mais à sa façon, selon sa compréhension, mais pas toujours en toute bonne conscience. Le doute et le remord font aussi partie du déterminisme.

              Mais j’en reviens enfin au début. Si chacune de nos cellules contient tout le patrimoine génétique, ne se pourrait-il pas que par le simple fait d’être une cellule de  l’humanité, chacun de nous ne contienne en puissance tout ce qui au cours de sa vie va rester caché, non exploité. C’est comme si chacun contenait potentiellement toute l’humanité, mais en n’étant capable d’en actualiser qu’une part modeste. Staline et Marie Curie, Guy Lux et Madonna, Laurel et Hardy, chacun ne vit qu’une infime partie de ses possibilités cachées. Mais bien sûr un processus se déroule de la naissance à la tombe et nous enchaînons une multitude de rôles bien involontaires. Depuis celui du nourrisson au stade de pipi-caca jusqu'à celui d’ancien déporté, héros de la résistance à qui la patrie rend un hommage solennel au Panthéon. En passant il est vrai à dix ans par le stade de fanatique de patin à roulettes, puis de collectionneur de porte-clés avant de devenir un amoureux transi puis un obsédé sexuel à la petite semaine qui ne s’intéresse au nu que si il est artistique et culturel. Peut-être y a-t-il eu aussi une période de scoutisme un peu longue pour continuer à fréquenter la religion, ses pompes et sa magnificence tout en portant des culottes courtes.

              Ainsi donc tout être humain, vous, moi, la concierge et même le coach de l’équipe de foot sans oublier le serial killer est un représentant de l’Humanité complète. Il pourrait donc dans des circonstances extraordinaires révéler des aspects extrêmes et totalement contradictoires de ses possibilités mais tout cela serait encore conditionné et ne prouverait sans doute pas grand-chose.

              Le plus grisâtre des surnuméraires peut un beau jour se comporte en héros. Et le plus merveilleux des idéalistes se surprendre à commettre des bassesses inexcusables, coincé dans le guet-apens d’une conjoncture aussi vicieuse que machiavélique. Héros ou ennemi public numéro un ? Ca dépend et c’est même parfois les deux en même temps mais sans doute pas aux yeux des mêmes appréciateurs.

              Alors que faire, que conclure ? Que nous sommes dépassés ! Puisque le fait même d’être dépassé fait encore partie de ce qui nous arrive qu’on le veuille ou non et quelle que soit notre opiniâtreté à vouloir malgré tout prétendre le contraire.

                 Portez vous bien et  « à bientôt pour les dernières nouvelles de demain. » comme disait jadis dans le poste madame Taboui (Geneviève).

 

                                                            La Brosse Conge le 30 juin 2012

                                                            Copyright Christian Lepère

                          

 

 

332---Et-c'est-ainsi-qu'All

         "Et c'est ainsi qu'Allah est grand" - Eau-forte imprimée sur papier Arche 50 x 65 cm

 

 

  336-Trafic-d-enfer.jpg

                              " Trafic d'enfer" - Eau-forte imprimée sur papier Arche  50 x 65 cm

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 11:51

299-Le-landeau-magique--46-.jpg

                                                                                      "Le landeau magique" - huile sur toile - 46 x 38 cm

 

 

La poutre et le caïman

 

C’était un caïman si lent

Qu’il en était débilitant.

Survint une poutre de bois

Dérivant au fil du courant.

Et c’est à son corps défendant

Sans préméditation ma foi

Qu’elle vint heurter le caïman.

 

En sursaut et sans à-propos

Le caïman se réveilla

Et comme il était mécontent

Ouvrant la gueule, montrant les dents

Avec fureur il éructa :

« Que vient faire cette poutre ici ?

Que vient faire cette poutre là ? »

 

Mais la poutre en mal éduquée

Passa sans relever la tête.

Alors le caïman se dit…

Ne se dit rien, il était bête.

 

Vous passants qui passez par là

N’oubliez pas qu’en votre vie

Qui coule et s’écoule sans bruit,

Où rien ne vaut, où rien ne va

Le jour où rien ne restera

Que tout passe au fil du courant

Sans fin et indéfiniment…

 

                                                                            Le chesnay le 4 février 2012

                                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

308-Soutien-de-famille----4.jpg                                                         " Le soutien de famille" - huile sur toile - 46 x -38 cm 

 

 

165-Petites-betes-vertes--6.jpg

                                                                  "Petites bêtes vertes" - huile sur toile - 65 x 54 cm

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 06:15

 

12-Virage-dangereux--------.jpg

                                                                             "Virage dangereux" - dessin et acylique - 30 x 42 cm

 

 

Le petit voyant rouge

 

              C’était il y a sept ans, en 2005 précisément. Au volant de ma Kangoo d’un bleu profond et presque neuve je traversais les bois de Fausse Repose. Tout allait bien quand tout à coup une petite lumière rouge attire mon attention. Là, au milieu du tableau de bord un voyant s’est allumé. De quel dysfonctionnement veut-il m’avertir ? Dessus un symbole bizarre est visible. Une sorte de petit tortillon. Le garage Renault n’est pas loin. Je m’y dirige résolument pour en savoir plus. Pas très amène le chef d’atelier qui m’accueille m’apprend que ça correspond à la bobine…mais que c’est sans doute autre chose…Sûrement une facétie électronique. Vous savez ce genre de cafouillage provenant d’une mémoire parasite qui s’est formée accidentellement et a été dûment enregistrée. De celles qui peuvent saper le moral de quiconque voudrait croire à l’infaillibilité de la technique. Mais au moins ça peut s’arranger.

              Avec son ordinateur portable le spécialiste fait disparaître l’ennui. Parfait ! Enfin presque. Car très vite le petit voyant va récidiver. Et rebelote. J’y retourne  mais je sens bien qu’il y a une gêne et que sur place, débordé de travail, on ne sait trop quoi faire de plus pour le moment.

              Par chance nous nous apprêtions à partir prendre nos quartiers d’été à la campagne. En bourgogne on va peut-être s’occuper de nous de façon plus suivie. En effet on m’accueille gentiment et en plus il y a dans l’équipe des mécanos un spécialiste qui a acquis de l’expérience sur le tas. Il teste, il observe, il déduit et finit par m’apprendre que c’est un peu complexe mais que c’est très probablement le capteur de la pédale d’accélérateur qui transmet des indications erronées, à moins que ce ne soit le site récepteur qui ne sait plus gérer. Donc il va falloir changer le capteur en question. Car, ne soyons pas naïfs, ne nous imaginons pas que la pression d’un pied sur l’accélérateur entraîne un effet direct. On n’en est plus là ! L’action sur l’accélération résulte d’un savant calcul dont les paramètres vous échapperaient sans doute autant qu’à moi et qui comme tout calcul comporte une part d’approximation qui peut avoir des conséquences fâcheuses.

              Dans les délais prévus la réparation a lieu. Elle coûte cher et prend du temps mais après les essais en rase campagne le problème semble résolu. C’est vrai. Car tout va aller bien pendant un an. Et puis un beau jour mais sous une météo plus que maussade, et alors que je suis en Ardèche, voila le petit voyant qui s’allume ! Je m’arrête. Je redémarre. Cinq cent mètres plus loin il se rallume…et ainsi de suite. Je ne suis pas chez moi, mon état physique est déplorable et les reins à moitié bloqués je me traîne lamentablement. Et il va falloir remonter en Bourgogne. La cerise sur le gâteau c’est que quand çà s’allume (sans raison ?) un système de sécurité bloque l’accélération. On ne peut plus dépasser les 60 km à l’heure. Et sur autoroute ça fait désordre car il faut s’arrêter pour redémarrer le moteur. Jusqu’à la prochaine réapparition du signal.

              Me voici à nouveau au garage Renault d’Avallon. C’est convivial, j’y suis connu. Après examen et concertation il est décidé de remplacer le faisceau de câbles qui relie le capteur à la boîte papillon. Ce nom très poétique se réfère à la forme de l’objet par ailleurs aussi tristement électronique que le potentiomètre d’accélérateur. On m’apprend aussi que dans ce câble les informations sont échangées dans les deux sens ce qui peut expliquer parfois des interactions inopportunes. « Avec ça vous devriez être tranquille » m’assure-t-on. Mais je suis devenu méfiant et après une année de tranquillité le petit voyant va se remettre à manifester sans qu’on le sollicite. A nouveau on va pouvoir me contrôler le câblage et ce sera reparti pour un grand tour.

              Enfin en 2010 ça recommence avec insistance. Pour le spécialiste plein de compassion pour son infortuné client tout n’est pas perdu : il reste encore à changer la boîte papillon elle-même. Ce qui est fait sans hésitation malgré le prix. « Maintenant tout est à neuf ! Ca devrait aller. » m’assure l’intervenant en me souhaitant bonne route. Mais je sens bien que notre relation amicale a des chances de se poursuivre.

              Donc un an plus tard, à nouveau le petit voyant me fait de l’œil. Peut-être qu’il s’ennuie ? A nouveau vérification gratuite et là on m’apprend  qu’en cas de récidive il n’y aurait plus qu’une solution ultime, changer la centrale elle-même. Son prix est exorbitant et l’on m’avoue honnêtement que la disparition totale des symptômes ne serait pas totalement assurée…

              On me conseille donc d’attendre. L’attente sera comme à l’accoutumée d’un an avant qu’au mois de Juin, comme d’habitude le petit voyant recommence ses facéties. Au début discrètement puis avec une insistance de plus en plus pressante.

              Me voici à nouveau à Avallon. Après deux heures d’attente on m’explique qu’on peut encore vérifier les connexions du câblage qui sont soudées d’origine. Mais qu’on peut quand même les dessouder avant de les relier à nouveau. Gros travail mais l’intervention est gratuite.

              En ce jour pluvieux du 9 juin 2012 je prends congé du personnel du garage en leur souhaitant une bonne année mais en pensant que ce n’est peut-être qu’un au revoir.

              L’avenir est incertain, tous les spécialistes vous le diront, qu’ils se fient à la rigueur des prévisions scientifiques ou qu’ils fassent confiance à leur intuition profonde ou à leurs dons de voyance. D’ailleurs il me souvient d’avoir entendu un futurologue déclarer sur France Culture « qu’il est difficile de faire des prévisions, surtout en ce qui concerne l’avenir… ».

              Accablé par l’évidence je vais me résoudre à vous quitter pour aujourd’hui en vous souhaitant un excellent séjour sur cette planète pleine de merveilles électroniques dont les multiples progrès ne peuvent que nous aider à mener une existence paisible.

                                                              La Brosse Conge le 12 juin 2012

                                                                      Copyright Christian Lepère

 

 

14-Panne-malencontreus---40.jpg

                                                   "Panne malencontreuse" - acrylique sur panneau - 40 x 61 cm

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 11:28

343-Et-les-vaches.---------.jpg

                                       "Et les vaches seront bien gardées" - huile sur panneau - 41 x 24 cm

 

 

Insouciante jeunesse

 

              Les voilà, elles sont revenues ! Ce matin en ouvrant les volets je les ai vues en contrebas, émergeant du brouillard matinal. Tout un troupeau. De belles génisses blanches. Enfin d’un blanc un peu cassé car les petits soins de la toilette leur sont assez étrangers. Malgré cela, pleines d’ardeur et animées d’une farouche volonté de vivre.

              Depuis ma position en surplomb rien ne peut m’échapper. Le petit déjeuner attendra. Sous mes yeux vingt masses de muscles enveloppant une charpente puissante et gorgée d’énergie ont investi le pré parsemé de boutons d’or. Pas méchantes, elles sont cependant prêtes à tout pour trouver leur pitance. Enfin après les pluies récidivistes de ces derniers jours il n’y a pas disette et toutes peuvent brouter tout leur saoul. Elles ne sont pas méchantes, juste un peu jeunes avec des comportements spontanés pleins d’exubérance. Que l’une d’entre elles se mette à courir, aussitôt l’enthousiasme se propage et c’est toute la horde qui se précipite, Dieu sait vers quoi, à moins que ce ne soit pour se mettre à tourner en rond dans un rodéo aussi endiablé qu’éphémère. Puis tout se calme.

              Dans leur belle insouciance elles ne s’inquiètent guère des autres créatures. Limaces et escargots sont superbement ignorés. Et tant pis pour eux si ils sont là au mauvais endroit au mauvais moment. D’ailleurs ces génisses strictement herbivores doivent bien ingurgiter par mégarde quelques protéines animales. On ne saurait leur en faire grief. Elles sont comme le Bon Dieu les a faites et c’est très bien comme ça, comme aurait dit la Mistinguett. Mais au moins elles n’ont pas besoin d’une ceinture de bananes pour rester pudiques. C’est en toute simplicité qu’elles assurent leur état de nature. Agitant sans répit les oreilles et balançant la queue. Même si à cette heure matinale encore un peu fraîche il n’y a nul insecte piqueur pour les importuner.

 

                                                        La Brosse Conge le 30 mai 2012

                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

509--Vaches-folles-bien-gar.jpg

                                 "Vaches folles bien gardées" - huile sur toile - 61 x 50 cm

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:03

183-Grand-canyon-----------.jpg

                                                "Le grand canyon" - huile sur toile - 65 x 54 cm

 

VOUS AVEZ DIT DIPLOMATIE ?

 

            Alors, Sarkophobe ou Sarkolâtre ? Les deux mon adjudant-chef. Complexe et versatile l’humain oscille sans cesse entre diplomatie et grands principes intangibles. Entre idéal et petites magouilles.

            Barak était copain avec Nicolas et ça faisait plaisir à voir. Le voilà à tu et à toi avec François et c’est fort sympathique. C’est mieux que de se vilipender ou de se faire des croche-pattes.

            Angela avait un complice et ils s’entendaient comme larrons en foire dans une optique sarkolibérale. Avec évidemment quelques arrières pensées plus ou moins avouables et des rapports de force amicaux mais difficilement négociables.  Comme d’habitude la conjoncture évolue, les cartes se redistribuent et voilà qu’avec François le jeu peut reprendre dans un registre plus sobre mais pas forcément édulcoré.

            Avec les beaux jours me revoilà maintenant en Bourgogne. Terre de gens bien enracinés et de sens plutôt rassis. Du solide et du traditionnel. C’est là que la petite Marine a fait un gros score dernièrement, alors que le Grand Méchant Mélenchon était jeté aux orties. Mais voici qu’une seconde échéance approche avec les législatives qui vont infléchir ou conforter la tendance actuelle. Donc plus question de rigoler. Qui va faire la loi ?

            Tel père, telle fille, comme il se doit la dynamique candidate inonde la région de son portrait souriant cent fois placardé. Partout, le long des routes nationales et secondaires, au dos des panneaux son air avenant rappelle qu’elle existe et qu’elle veut le faire savoir.

            Hélas, trahie par les intempéries et la qualité médiocre des pigments colorés employés,  ses affiches pâlissent et déteignent. Pour le peintre c’est un enchantement ! Au côté clinquant des couleurs brutes d’impression voici que succèdent des gris bleutés et des beiges tirant sur le mauve à moins que ce ne soit sur le gorge de pigeon ou même le gris souris. Loin d’agresser le paysage, une symphonie de nuances délicates enrichit les bas-côtés et les abords des routes, d’un intérêt souvent restreint quand ces dernières traversent des lotissements et des zones commerciales pleines de stations service et de Mammouth qui écrasent les prix.

            Mais l’ambiance politique n’est pas de tout repos. Comme toujours quand il s’agit d’arriver au pouvoir ou de disposer de moyens efficaces pour l’orienter. Les ambitions personnelles se réveillent a droite comme à gauche, sans oublier le centre.

            Mais voilà que me reviennent en mémoire des souvenirs de ma jeunesse studieuse. En ce temps là j’étais élève professeur, fonctionnaire stagiaire à l’ENSET et je m’efforçais d’acquérir toutes les connaissances nécessaires à mon futur sacerdoce d’enseignant. Pour nous orner l’esprit on nous parlait de civilisation et d’histoire de l’art. Et pour ma promotion on avait jugé opportun de nous enseigner les merveilles et les turpitudes de cette époque féconde et chaotique qu’avait été le Quattrocento italien. Car c’est de là que tout était parti pour un renouveau éclatant. Enfin la Renaissance mettant fin à des siècles d’obscurantisme et de stagnation allait se lancer à la conquête du Monde et assurer la promotion de l’Homme. Cette optique triomphaliste était cependant un peu simple, si ce n’est simpliste. En fait le Moyen-âge n’avait pas été si obscur et l’irrationnel et ses vues ne reposaient pas toujours sur une foi naïve et crédule. C’était une autre approche, traditionnelle,  et qui avait l’immense qualité d’être ouverte à la transcendance.

            Cependant soyons juste, la Renaissance a été une période de créativité débordante où le talent et la maîtrise de beaucoup a permis l’apparition de quelques chef-d’œuvres notoires. Aussi bien à Florence que dans les Flandres avant de se répandre dans toute l’Europe pour finir par fleurir dans la douceur angevine du Val de Loire.

            Donc tout a déjà été fait. Cependant notre époque a quand même innové sur un point et de façon grandiose : la production de déchets industriels et l’incapacité à s’en débarrasser ou tout au moins à les gérer. Jadis on était malpropre, tout au moins dans la douce France, mais même en jetant le contenu du pot de chambre par la fenêtre dans la ruelle en contrebas, on ne pouvait nuire qu’à ses proches voisins, ceux contre qui on a des griefs. On ne pouvait donc pas nuire durablement à la nature. D’ailleurs tout ou presque était biodégradable.

            Depuis on a inventé des nuisances beaucoup plus efficaces. Et si certains pays se montrent vertueux en rétrogradant sur le nucléaire, le journal télévisé nous apprend incidemment que cela peut aussi les amener à intensifier l’exploitation de mines de charbon à ciel ouvert. Et à massacrer le paysage, supprimer des terres arables et  condamner des villages entiers à une prochaine expropriation. Dieu merci ces populations beaucoup plus disciplinées que nous  font contre mauvaise fortune bon cœur.

            Mais ne soyons pas pessimiste. Dans peu de temps les affiches de la petite Marine auront disparues sous les effets du soleil et de la pluie. Dans le bleu d’un beau ciel d’été les papillons pourront voleter de fleur en fleur, si les pesticides leur en laissent le loisir. Mais nous ne sommes pas des insectes bien que certaines substances prodiguées largement par les firmes internationales les plus attentives à notre bien-être puissent aussi avoir pour nous quelques effets secondaires. Enfin avec un peu de chance…

 

                                                                La Brosse Conge   le 28 mai 2012

                                                                   Copyright Christian Lepère 

 

6-Ou-allons-nous.jpg

                                                   "Où allons nous?" - gravure à l'eau forte - 1961      

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:21

191-Forces-rouges----------.jpg

                                                                      "Les forces rouges" - huile sur toile - 61 x 50 cm

 

 

APRES LA BATAILLE

 

               A peine arrivé au sommet de la gloire,  François a failli être foudroyé à bord de son bel avion présidentiel. Dieu merci il en avait un de rechange. Angela a du patienter avec beaucoup de dignité. A l’arrivée ni fleurs ni bises. C’est qu’on n’est pas là pour deviser aimablement entre gens de bonne compagnie. Non ! Le destin du monde attend. Il s’impatiente. L’avenir est incertain et souhaite qu’on le rassure. Des décisions cruciales doivent être prises dans les meilleurs délais.

               Mais la nature humaine est faillible et c’est d’un geste discret mais impératif qu’Angela a signifié à François que l’impressionnant tapis rouge qui les conduisait vers leur destin tournait à angle droit. Pas facile à négocier. Ah, avec Nicolas l’enthousiasme aurait été plus communicatif et la démarche plus aisée. C’est donc d’une façon moins fluide mais plus sûre que son successeur a gravi les marches du pouvoir. Tout au moins selon les apparences. Le point reste à vérifier.

               Mais voici que le brouillard se lève enfin discrètement sur la Bourgogne.        Après une période incertaine où des températures peu raisonnables nous ont contraint à un appoint de chauffage voici que le frère Soleil illumine les champs de boutons d’or et fait verdoyer la nature dans d’infinies nuances printanières. Dans un ciel d’un bleu apaisé de petits nuages pommelés dérivent lentement tels de grands troupeaux de moutons.

               La journée s’annonce paisible. Enfin la fièvre médiatique s’est apaisée. Après les affrontements sanglants quoique strictement verbaux, les meetings « spontanés » coalisant des foules délirantes soulevées par l’enthousiasme citoyen et l’invraisemblable marée déferlante des étendards brandis dans un maelstrom de couleurs échevelées, la fièvre s’apaise. Pourtant c’était beau cette symphonie tricolore ou s’opposaient en se complétant le bleu Marine et le rouge Mélanchon réconciliés par le blanc des bulletins du même nom. Le tout étant accompagné des effluves d’une Marseillaise où sans répit les plus braves font face aux hordes déferlantes qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils, nos compagnes…Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons et luttons sans répit pour qu’enfin, après qu’un sang impur ait abreuvé nos sillons, la croissance puisse enfin reprendre un juste essor !

               Ainsi vont les choses. Grandeur et décadence. Nicolas est parti par la grande porte avec la dignité des vaincus qu’un sort adverse et injuste empêche de continuer à se sacrifier pour le bien public. Déjà il venait d’accepter l’indifférence du destin en n’étant pas reconduit aux marches du palais par un François correct et bien élevé tournant immédiatement les talons pour aller s’occuper de choses sérieuses.

               Mais l’affaire ne va pas s’arrêter là. Marine et Mélanchon vont encore bien nous divertir. Dommage qu’il n’y ait plus Poutou. Parce qu’enfin en dépit des sondages et des vœux pieux que demande le peuple ? Sans doute comme à son habitude le nécessaire et l’indispensable. En gros du pain, des jeux et la fin des privilèges  pour tous les autres que soi-même et son chien et son chat et ses proches

 

                                                                   La Brosse Conge le 18 mai 2012.

                                                                      Copyright Christian Lepère

 

 

391-Dies-irae--------------.jpg

                                                   "Dies irae" - huile sur toile - 65 x 54 cm

 

                                                                                                                                   

 

                                                                                                                      

 

                                                                                                                                   

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:05

 

 

Pardonnez-nous--pauvres-pec.jpg

                        "Pardonnez-nous, pauvres pêcheurs..." - huile sur toile - 100 x 81 cm (détail)

 

 

 

Vierge Marie

 

Vierge Marie soyez bénie

Vous qui dans le déhanchement

De votre jeunesse alanguie

Portez l’enfant

 

Vous qui n’avez jamais pêché

Pas même avec une épuisette

Et qui n’avez conté fleurette

En public ou en aparté

Les jours de fête

 

Vierge Marie soyez bénie

Vous qui n’avez jamais lorgné

Sur le torse ou sur les mollets

De quelque éphèbe endimanché

Et pas trop laid

 

Même les propos enjôleurs

Du plus beau loubard de banlieue

N’auront jamais pu à cette heure

Vous faire oublier le Seigneur

Qui toujours au plus haut des cieux

Ne vous en veut

 

Jamais les propos infamants

Des séducteurs, des gros machos

Mentant comme arracheurs de dents

Pour justifier leur libido

N’auront pu par acharnement

Vous faire ciller.

 

 

                                                                    Le Chesnay le 5mars 2012

                                                                    Copyright Christian Lepère

 

 

332-Concert-angelique----46.jpg

                                          "Concert angélique" - huile sur panneau- 46 x 38 cm

 

 

178-Etat-de-grace.jpg

                                                                         "L'état de grâce" - eau-forte -

 

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article
10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 07:47

Petits pois rouges

 

 

« LES PETITS POIS SONT ROUGES »

 

 

            Pourtant le poète nous l’avait bien dit : « La terre est bleue comme une orange. » Mais les poètes sont des gens bizarres et dénués de toute objectivité. Sans doute mais le bon sens populaire nous en avait aussi averti : « Les petits pois sont rouges ! » Il est vrai que le dérapage sémantique y entrait pour un part et que nul ne saurait affirmer que les petits poissons ne peuvent pas être rouges eux aussi. C’est tellement plus joli.

            Après ce court préambule abordons la chose de façon plus strictement scientifique. Depuis toujours nous sommes persuadés de voir le monde tel qu’il est. Ne parle-t-on pas de couleurs naturelles, appartenant donc intrinsèquement à la nature ? Ainsi tout bon élève vous le confirmera, le ciel est bleu et les tomates sont rouges, du moins quand il fait beau pour le premier et que les rayons du soleil ont fait mûrir les secondes.

            Mais la science s’en est mêlée. Sans vergogne elle a observé et analysé et ses conclusions sont accablantes. D’abord ce n’est pas le monde extérieur que nous observons directement, mais des messages transmis depuis celui-ci par l’intermédiaire d’ondes électromagnétiques. C’est comme pour le pilote d’avion incapable de discerner l’obstacle avec ses yeux et usant d’un subterfuge. Il envoie des ondes radar qui en ricochant sur tout ce qui est contondant le renseignent sur la présence d’objets plus ou moins identifiés. Ainsi la catastrophe est évitée. Et si le vol Rio Paris se perd corps et biens au dessus de l’Atlantique ce sera du à une regrettable défaillance des systèmes.

            Mais ouvrons les yeux et observons. Inlassablement le soleil nous inonde de ses rayons. De diligents petits photons vibrant selon des cadences précises quoique infernales vont ainsi entrer en collision  avec tout ce qui se présente. Mais la nature n’est pas simple, elle a ses préférences. Ainsi certaines longueurs d’ondes entrant en  harmonie avec la structure atomique d’un objet seront acceptées, intégrées, transformées en chaleur. Alors que d’autres jugées moins sympathiques seront rejetées et rebondiront en tout sens, pour éventuellement venir frapper notre rétine. Soit dit en passant, les rayons lumineux ainsi sélectionnés sont ceux que l’objet rejette, dont il ne veut pas. Et si la perception finale est bleue c’est parce que justement il est à l’opposé. Donc le bleuet serait plutôt orange, si il avait une couleur. Dieu merci il n’en a pas et c’est à la suite d’opérations chimiques et électrique fort complexes qu’une longueur d’onde excitant un récepteur particulier dans la rétine va créer un influx nerveux qui après quelques péripéties va permettre de créer dans le cerveau une sensation colorée. Je dis bien une sensation parce qu’il est certain qu’il n’y a pas d’image dans notre aire visuelle. Pas plus que sur l’écran plat du téléviseur d’ailleurs.

            Donc au final l’ultime observateur, la conscience, va prendre conscience (je sais la redondance est lourde, mais tant pis…) d’une image. Image inexistante apparaissant à un observateur qu’on serait bien en peine d’observer.

            Nous voilà devant le mystère ultime : qui voit et que suis-je réellement ? Rassurez-vous on peut très bien continuer à vivre sans se poser ces questions oiseuses que la science ne pourra d’ailleurs jamais résoudre puisqu’elle n’envisage que l’observable et le mesurable, de préférence répétitif.

            Alors rassurez-vous braves gens. La terre est ronde…et pourtant elle tourne. Le soleil brille, quand ça lui plaît, et inlassablement les petits poissons rouges ou gris saumoné continueront eux aussi de faire le tour de leur bocal. Pour la plus grande joie des enfants que nous sommes restés, malgré tout.

 

                                                                     La Brosse Conge le 9 mai 2012

                                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

301-Crevettes-en-folie-----.jpg                                                "Crevettes en folie" - huile sur toile - 65 x 54 cm

 

 

277-Rencontre-au-desert----.jpg

                                                         "Rencontre au désert" - huile sur toile - 61 x 50 cm

           

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article