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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 06:54

                                  Dimanche matin

   371-Construction-de-l-Europe--100-x-81-cm.jpg

                              "Construction de l'Europe" - huile sur toile - 100 x 81 cm


      De longues traînées de nuages glissent lentement dans le ciel. De l’effiloché, du floconneux, nimbé d’ une infinie douceur. ça et là le soleil qui doit être en train d’émerger colore ces efflorescences d’un rose discret, peut être un peu mauve, peut être plus opalescent. Allez donc savoir, c’est si fugace et si changeant.

        Je suis derrière la fenêtre. La lumière calme d’un dimanche matin de Septembre baigne les résidences proches. Au-delà c’est le parc de Versailles, le Petit Trianon, le Hameau, les bosquets. Nostalgie. Vaine prétention des puissants. Le temps s’est écoulé depuis les fêtes galantes. Nous n’irons plus au bois et le fantôme de Marie-Antoinette n’est plus que top model dans les films d’Hollywood.

       Pour un savant tout est analysable et explicable. Le monde est régi par des lois sans faille : physiques, chimiques, climatiques, et leur jeu infiniment complexe et subtil peut produire l’invraisemblable diversité des spectacles naturels. Et il a raison le savant! Aux dernières nouvelles il peut affirmer que la précision des processus qui régissent la matière, qu’elle soit grossière ou subtile, est de l’ordre du milliardième de millimètre et du milliardième de seconde. Et bien sûr ce n’est pas fini. Avec de gigantesques accélérateurs de particules, des télescopes expédiés en apesanteur et échappant à l’opacité de l’atmosphère, des lasers de plus en plus puissants et concentrés, il va pouvoir affiner encore ses observations. Il est content le savant, enfin il va comprendre…

       Il y a donc un  déterminisme se révélant à nos yeux de plus en plus implacable, soumettant les constituants il règne aussi sur ce qui est constitué et qui va de l’amibe jusqu’à nous-mêmes, fleurons de l’évolution, homo sapiens persuadés de leur libre arbitre et tout confits de volonté personnelle.

       Je suis vacant, un peu flottant et vaguement désoeuvré. D’autres à ma place se vautreraient dans les délices de la paresse. Mais telle n’est pas ma nature.

       Maintenant sous mes yeux le ciel moutonne, le soleil caresse des amoncellements vaporeux qui dérivent avec langueur. Un petit hélicoptère apparaît comme une mouche noire minuscule puis disparaît. Combien d’hommes à bord, ou de femmes…? Et à quoi peuvent ils bien songer? De leur point de vue c’est forcément très différent. D’ailleurs de quel droit ai-je décrété qu’ils étaient plusieurs? Au fait, y aurait-il un spectacle objectif que tout un chacun pourrait observer à loisir pour dresser ensuite un rapport de gendarmerie?

       A tout instant mes petits neurones, avec diligence et efficacité tricotent de jolis napperons et prétendent ensuite, preuves à l’appui au besoin que c’est la pure vérité. Croix de bois, croix de fer…

       En réalité chacun est en train de percevoir ce qui, selon lui ou elle,  est important et significatif pour l’excellente raison que cela concerne son cas personnel. Le reste, négligeable, est superbement ignoré.

       Je me suis levé à sept heures vingt neuf après bien des hésitations. Parfois c’est le réveil qui me tire du lit, parfois d’autres raisons plus subtilement personnelles. Mais il y a toujours des raisons et ces raisons sont toujours personnelles. Forcément puisque un autre en ferait fi. D’ailleurs cet autre est aussi moi-même qui au fil des minutes ne va pas réagir de façon semblable aux mêmes données « objectives ».

       Ah, si je m’étais levé trente secondes plus tard, si je n’avais pas traîné les pieds dans l’entrée, si je n’avais pas regardé par la fenêtre au lieu d’allumer la radio, et si… et si… Oui,mais voilà, c’est fait c’est fait. Et aurais-je vraiment pu faire autrement?

       Pendant ce temps le spectacle du monde se poursuit imperturbablement. Le soleil tourne, le vent se lève, la pluie menacerait-elle? Ou au contraire les nuages vont-ils être balayés? On verra bien. C’est dimanche. Et puis on n’y peut rien. Pas plus d’ailleurs pour notre monde intérieur si fluctuant que pour la pluie et le beau temps qui sont comme le Bon Dieu les fait.             

          Il ne me reste plus maintenant qu’à me dire que si je viens de rédiger ce texte à la hâte, c’est sans doute pour d’excellentes raisons mais qui , à mes yeux , restent pour le moment un peu obscures.

 

                                                                     Le Chesnay le 24 Septembre 2006


                                                                            Copyright Christian Lepère

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Published by L'imaginaire
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commentaires

Francesca 23/11/2013 10:47

En ce samedi mùatin, je reste perplexe à la lecture de cet article sur lequel j'arrive après avoir recherché les mots "Régis Debray"... Je ne suis pas contre une explication...