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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 09:03

224 Dans l'azur éperdu 73 x 60 cm-copie-1

                    "Dans l'azur éperdu" - huile sur toile - 73 x 60 cm- 1993

 

Dans l’azur éperdu

Paralleles

            Il est six heures trente. Assis sur mon tapis je contemple le ciel. En face un grand peuplier cache à moitié les immeubles de la résidence. Au-delà le soleil se lève et illumine un bel azur. La journée va être chaude.

            Déjà de multiples lignes blanches sillonnent en tout sens l’atmosphère. Deux d’entre elles se font la course. Leurs trajectoires sont impeccables. Leur coordination irréprochable. Mais je me méfie, je ne connais que trop les illusions de la perspective. A cette distance il est fort possible que les lignes divergent et que l’un des Boeing soit plus rapide, mais aussi plus éloigné. Ca n’est pas pour rien qu’aux courses on départage les chevaux sur photo. Il est tellement facile d’être leurré par les apparences, surtout lorsqu’on a de légitimes intérêts à défendre. La méprise est possible, heureusement d’ailleurs car si je me fie à ce que je vois deux autres trajectoires se dirigent résolument l’une vers l’autre. Le choc, frontal, va être abominable, dantesque. Swissair contre Lufthansa ! Enfin un beau drame en direct ! Et je pourrais même dire que j’y étais, que j’ai assisté impuissant au choc fatal. Ah, si j’avais un portable pour pouvoir témoigner et vendre les images à Paris Match…On peut rêver…Mais non, déception ! Les deux lignes se rencontrent, se confondent puis continuent leur vol dans la plus totale indifférence.

            Autour c’est un ballet incessant. J’use de ce mot parce que les lignes droites se transforment souvent en courbes gracieuses aussi légères que celles des patineurs mais plus utilitaires. A cours de carburant des jets vont faire escale ou échanger un lot de chinois de Hong Kong contre une cargaison de gabonais venus des Maldives. Mais le spectacle, gratuit pour des yeux d’esthète est aussi enivrant que les évolutions des surfeurs sur la côte landaise et tellement plus utile.

            Pendant ce temps la petite sonde Curiosity poursuit sa mission avec vaillance. Malgré son poids modeste et son absence de prétention égotique, bien qu’elle soit en partie française, elle continue d’investiguer et de nous transmettre sans attente des informations vitales sur la planète rouge. Vitales ? Oui j’ai bien dit vitales puisque à partir des données on va peut-être enfin savoir si il y a eu de la vie sur Mars. Ne soyons pas naïfs, on sait bien que pour les petits hommes verts il n’y a plus d’espoir. C’était une illusion. Mais sait-on jamais ? Si on ne les avait pas trouvés parce qu’ils sont en réalité bleus ou même noirs ? Voilà qui ferait plaisir à Obama ! Et chagrinerait ses opposants.

            Triomphe de la science et menace pour l’humanité sont en train de cohabiter et de se chamailler comme des enfants turbulents. Pourtant on le sait bien : la pollution est exponentielle, le climat se réchauffe (hier je suis revenu des courses au Super U en sueur, c’est vous dire !) du pôle à l’Himalaya les glaces fondent sans se soucier du niveau des océans, des régions entières de l’Asie du Sud Est, inondées depuis toujours à la fin de la mousson sont en train de battre des records historiques de sauvagerie malveillante. Mais les politiques ne veulent pas l’entendre de cette oreille. Dans l’immédiat une seule solution s’impose. On n’a pas le choix, il faut que la croissance redémarre à tout prix. Sinon les syndicats et le Cac 40 vont nous faire les gros yeux et même de vertueuses agences de notation vont nous clouer au pilori. Honte à nous ! Shame on you ! Et nous ne voulons pas finir comme ce malheureux Strauss Kahn ! Ca non ! Alors Angela et François s’en occupent. D’ailleurs l’opposition saurait bien les y contraindre si ils manifestaient le moindre doute.

            Ainsi va la planète : surpopulée, exploitée, mise à sac avec acharnement elle semble bien mal partie. Et pourtant toutes sortes d’événements nous ont montré qu’elle finit toujours par réagir. Brutalement il est vrai. Comme si elle voulait nous signifier que trop c’est trop et que l’arrogante espèce humaine qui la colonise devrait comprendre enfin que « le mieux est l’ennemi du bien » et que le progrès matériel finira toujours, à son heure, par être compensé, équilibré par un autre progrès un peu plus subtil mais beaucoup moins unilatéral pour qu’enfin tout rentre dans l’ordre (cosmique, évidemment…).

            Mais serons-nous toujours là pour le voir ?

 

                                                                       Le Chesnay le 21 août 2012

                                                                       Copyright Christian Lepère

 

   COURSE

 

 

PROCHAIN SUJET

 

              Je sais, c’est un peu tard pour parler des J.O. de Londres. Mais l’importance planétaire du sujet mérite que je l’aborde. Vous pourrez donc lire en ces lieux et place : « L’essentiel est de participer »

 

                          Portez vous bien en attendant              

                                                              Le plumitif de service

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Published by L'imaginaire
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