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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 08:17
"Hommage à Monsieur Ingres" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2016

"Hommage à Monsieur Ingres" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2016

 

Préambule

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière le Salon

SAFADORE

Va avoir lieu au Mont Dore à partir du 4 février.

Voici la peinture consacrée au thème des Bains et un petit texte de circonstance ;

 

 

Bains turcs et autres

 

             Depuis la plus Haute Antiquité les hommes, les durs, les vrais ont toujours eu besoin de se détendre. Après les conquêtes lointaines,  les expéditions fantastiques au-delà des terres et des océans, après l’effervescence et la gloire du combat il leur tardait de retrouver leurs pénates et de goûter dans un mol abandon le repos du guerrier enfin mérité.

             C’est une des raisons qui ont poussé l’ingéniosité humaine à créer des Bains. Même si l’Occident n’a pas  toujours eu un grand souci de l’hygiène aux périodes sombres du Moyen-Age c’est vers la fin de cette époque tellement méprisée par les nobles esprits du Grand Siècle qu’on allait aux étuves pour se purifier, se restaurer et nouer des relations ( et plus si affinités, cela va de soi…).

A l’époque les bains étaient mixtes, du moins si l’on en croit l’iconographie où l’on voit de belles dames et de nobles messieurs partager les mêmes bassins en bois bien souvent dans le plus simple appareil. Mais avec des bijoux, des parures et des chevelures apprêtées. Au siècle de Villon, Blanche la Savetière et Guillemette la Tapissière y retrouvaient leurs clients et tout le monde s’y esbaudissait en se gobergeant de mets raffinés et de boissons adéquates. Le « Jardin des délices » de Jérôme Bosch nous en fournit une version idéalisée d’ailleurs pleine de symboles et de sous-entendus qui en font un archétype difficile à déchiffrer pour  les pesanteurs d’une mentalité moderne qui se veut rationnelle.

             C’est à la fin de cette époque bénie qu’on a commencé à avoir des doutes à propos de l’hygiène. Se laver paraît souhaitable mais encore faut-il le faire avec de l’eau propre. Or elle ne l’était pas toujours et l’on risquait de mijoter dans le jus et la promiscuité des autres corps pas toujours irréprochables. Les grandes épidémies se répandaient  avec la peste et le choléra. C’est pourquoi à la Renaissance on a commencé à se méfier, ce qui est raisonnable, mais avec excès, ce qui l’est moins.

             Ainsi on en arriva aux paradoxes du Grand Siècle où sous la monarchie absolue de Louis 14 la noblesse de l’apparence comptait beaucoup plus que la médiocre réalité des jours sans gloire. On en arriva donc à créer le plus beau des Palais à Versailles en oubliant les commodités et les exigences des nobles vessies des courtisans. Mais l’honneur était sauf. En changeant de linge et en s’inondant de parfum on peut très bien tenir son rang sans se mouiller dans des eaux malsaines.

             C’est au 18ème siècle que les mœurs s’adoucissent et que la pompe royale s’humanise. Le Siècle des Lumières s’oriente vers une vue plus quotidienne des comportements, la douceur de vivre reprend ses droits et l’on n’hésite plus à créer de petits cabinets pour les soins intimes de la toilette. L’eau n’est plus ce qui transmet les germes mais ce qui permet de s’en débarrasser.

             C’est au 19ème siècle que l’hygiène devient une préoccupation essentielle également pour le bon peuple. Car jusque-là Paris était nauséabond, les déchets jonchaient les rues et les pots de chambre étaient vidés par la fenêtre… Les rats en étaient enchantés et la population ne protestait pas trop contre leur présence. Après tout elle était naturelle. C’étaient des animaux de compagnie. C’est ainsi qu’on commence à revoir le problème pour y porter remède. Pasteur arrive à temps, armé de son microscope il nous prouve que nos yeux ne voient pas tout et que ce qui leur échappe peut être redoutable. Le microbe est démasqué. Il doit périr !

             Mais revenons à un peu de poésie. Avec la fascination pour l’Orient lointain terre de légende et des « Mille et une nuits » on va porter attention aux pratiques pittoresques des peuples asiatiques. C’est ainsi qu’un certain Ingres (Jean-Auguste-Dominique) va se passionner pour les Bains Turcs. Mis en esthétique selon les canons de son milieu et de son époque il va nous en donner une version fantasmée. Ce n’est pas le compte-rendu scrupuleux d’un rapport de gendarmerie mais cela répond aux désirs d’un petit ou d’un grand bourgeois Louis-Phillipart que son quotidien ne fait pas trop rêver.

             Enfin nous en arrivons à l’époque moderne où le thermalisme a recommencé à séduire. Ainsi les plus antiques coutumes remises à l’honneur sous le second Empire vont prospérer en ce début du 21ème siècle. Après avoir été l’apanage des nobles et des nantis, la clientèle va se diversifier et devenir plus bariolée.

             C’est ainsi que les Thermes du Mont dore vont attirer une clientèle soucieuse de sa santé et de son bien-être. Dans ces étonnants bâtiments néo-Byzantins à l’atmosphère mystérieuse tout un chacun va pouvoir se faire masser, doucher et dorloter ou se laisser mollement flotter dans des eaux apaisantes. Au cœur de l’Auvergne profonde un accueil convivial va permettre de se ressourcer en portant remède aux dysfonctionnements des organismes stressés par le rythme de la vie moderne. Et cela dans le cadre de paysages accueillants  qui verdoient au pied du Sancy dont la fière silhouette domine la nature enneigée à cette époque de l’année.

             Et l’art dans tout ça ? Rassurez-vous il a trouvé sa place pendant des années dans les Thermes à l’architecture rappelant un somptueux passé oriental. Hélas d’indispensables travaux suspendent cette belle tradition pour le moment. C’est dommage car le cadre était idéal pour accueillir les rêves et les fantasmes d’un art fantastique tout pétri d’imaginaire. Mais la Mairie a pris la relève et cette année encore vous pourrez vous plonger dans ce que la créativité contemporaine présente de plus profond et de plus abouti dans la réalisation de notre nature profonde.

            

                                                           Le Chesnay le 26 janvier 2017

                                                           Copyright Christian Lepère

 

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

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"Hommage à Monsieur Ingres" - détail

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Le SAFADORE m'attend

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SAFADORE

A bientôt pour de nouvelles aventures!

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Published by L'imaginaire
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