Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 08:13

Voici tout d’abord un petit texte où le peintre Michel Ogier

Nous en fait voir de toutes les couleurs.

Ses goûts correspondant aux miens

Je le livre à votre appréciation.

 

La couleur des rires et des pleurs

 

-Vous aimez les bleus ?

-Infiniment.

-Tous les bleus ?

-Tous ! Je ne quitte l’azur que pour plonger dans le marine, l’outremer et le turquoise. Pour un oui ou pour un non, j’ai une peur bleue de Prusse tirant sur l’indigo… J’en serais presque à réclamer des horions pour le seul plaisir d’admirer la couleur des ecchymoses…

-Et les rouges, vous les aimez aussi ?

-Si je les aime ? Rien que de les évoquer ils me viennent aux joues, Monsieur. Mes lèvres incarnates s’humectent déjà d’un Bordeaux à la robe carminée. Un saint Vermillon sans doute. Si mes nuits ne sont pas blanches mais noir de fumée, c’est dans un lie de vin que je rêve le feu écarlate, le sang rubis et le coquelicot si beau. Ah, Monsieur, le rouge est à mon corps ce que le bleu est à mon âme.

-Peut-être aimez-vous moins les autres teintes ?...

-Non point, Monsieur, je les aime tout autant. J’aime à me reposer sur la terre de Sienne, allongé près des mauves. J’aime le violet à Bayeux et le jaune à Naples. J’aime le gris de Payne et le vert de Véronèse. Je suis fou des ocres, du bistre et du cinabre. Je ne peux me passer du stil-de-grain, des écrus et des ébènes. Je me damne pour la blondeur Vénitienne, savant mélange de safran, de citron et de soleil. Toutes les couleurs littéralement m’enchantent. Toutes me ravissent, à part peut-être le kaki… Allez savoir pourquoi ?… 

                                                         Michel Ogier   le 19 novembre 2016

"Le gros bébé" - Michel Ogier

"Le gros bébé" - Michel Ogier

Et maintenant

reprenons nos bonnes vieilles habitudes!

"Féline et son chat" - Terre cuite - 40 x 50 cm - 2009

"Féline et son chat" - Terre cuite - 40 x 50 cm - 2009

Intellect canin

 

               Ce samedi matin je suis en train de peindre en écoutant France Culture. C'est l'heure de « Sur les épaules de Darwin » émission de Jean-Claude Ameisen. Je dresse l'oreille car c'est un auteur que j'ai en estime. Expert en biologie moléculaire et spécialiste de « l'apoptose » ou mort programmée de nos cellules, il est aussi ouvert à tout ce qui est humain. Histoire, philosophie et spiritualité sont ses sujets d'intérêt. Ses vues sont vastes et il établit des ponts entre tous les domaines actuels de recherche sans oublier de se relier aux connaissances traditionnelles.

               Aujourd'hui il nous parle des animaux de compagnie et de leurs rapports avec leurs maîtres. Les hasards de l'existence ont fait que je n'ai jamais eu ni chien ni chat et que, bien qu'ayant eu de nombreuses occasions de jouer avec eux je n'ai pas éprouvé le besoin de m'en entourer. Cela explique sans doute que mes vues soient un peu distantes et superficielles. Cependant j'ai tendance à penser que ces braves bêtes, plus complexes et subtiles qu'elles ne paraissent possèdent des talents que nous n'avons pas ou que nous laissons en friche par excès de rationalité pratique. C’est par exemple la capacité d'un chien d'avalanche capable de retrouver un skieur sous la neige alors que son flair ne peut détecter que des odeurs. C’est aussi l''étrange sensibilité des chats, fussent-ils de gouttière, laissant supposer qu'ils communiquent avec le vaste monde par des moyens qui semblent nous échapper. On ne grandit pas impunément dans un monde qui se veut utilitaire et délivré de toute superstition. Un monde où les prothèses technologiques nous sont indispensables pour communiquer avec nos semblables. Un monde où sans smartphone on en est réduit à mijoter dans son coin comme un handicapé de la communication.

               Mais tout excès a son bon côté. La recherche effrénée de la science pour imposer nos lubies au monde l'incite aussi à aller explorer des domaines moins directement rentables sur le plan de l'efficacité technique immédiate. Ainsi nos modernes chercheurs, pas tous mais quelques-uns, un peu moins formatés que les autres par l'optique utilitaire et la croissance à tout prix orientent leurs investigations vers d’autres domaines. Ceux-ci sont moins immédiatement rentables que le perfectionnement des kalachnikovs devenues un peu désuètes bien qu’elles rendent de grands services pour se protéger des infidèles.

               C'est ainsi que certains se posent des questions qui fâchent sur la place que nous occupons à la surface de la planète. Est-elle totalement justifiée ? Et au fait, connaissons-nous suffisamment les animaux pour décider une bonne fois pour toute que nous  leurs sommes supérieurs et qu'ils sont taillables et corvéables à merci pour notre plus grand confort ?

               Comme tout un chacun je pensais qu'un chien était sensible à ce que lui dit son maître. C'est évident ! Mais il me semblait que c'était pour des raisons purement affectives. Le ton de la voix, les mimiques déclenchaient chez lui des réactions émotionnelles qui le rendaient joyeux ou abattu ou penaud. Dans tout cela point de raison, pas de réflexion, simplement de l'affectif comme chez le nourrisson humain.     Et voilà que des chercheurs vont chercher la petite bête. Avec les matériels sophistiqués dont ils disposent maintenant ils peuvent organiser des expériences rigoureuses aboutissant à des graphiques et des statistiques difficilement réfutables. La science leur fournit des moyens d'investigation et les résultats ne sont plus subjectifs. Une question importante était de savoir si le cerveau d'un chien lui permet d'arriver à une pensée conceptuelle, abstraite, permettant de comprendre un langage.

               Certaines expériences semblent le montrer. Ainsi l'animal « comprendrait » des mots. Il ne serait pas sensible qu'à l'intonation. Et bien sûr ce serait le résultat d'un apprentissage. Le chien à qui son maître se serait adressé en russe finirait par y réagir de façon spécifique, exactement comme nous qui comprenons fort bien le français mais restons totalement stupides si un touriste aux yeux bridé nous demande son chemin en chinois au pied de la tour Eiffel.

               Un autre point m'intrigue. Un animal peut-il reconnaître l'image de quelque chose ? N'a-t-il pas besoin de la présence physique de l'objet ou de la personne pour l'identifier ? A cet égard une découverte étrange a été faite. Si un chien assiste à une projection de vidéo sur les chiens, non seulement il identifie ses congénères mais il capte les signes transmis par leur comportement. Et sa réponse est adaptée. Voici un exemple. La queue d'un chien s'agite en signe d'excitation, c'est bien connu, mais suivant l'émotion positive ou négative, l'orientation se fera vers la droite ou vers la gauche...Et le spectateur chien va réagir en fonction de ce signal en manifestant de l'euphorie ou de l'abattement. Tout cela sera confirmé par des analyses sanguines et des relevés d'activités cérébrales dans diverses zones du cerveau. On est loin de l'appréciation affective  de la mémère chien qui est toute émue par les marques d'affection de son toutou et dont l'objectivité n'est pas au-dessus de tout soupçon.

               Avouez que la science commence à devenir plus finement introspective. Elle découvre ce que certains savaient de tout temps, par exemple les dompteurs et autres dresseurs d'animaux savants. Mais ceux-ci pouvaient arriver à une grande maîtrise de leur art et même à une complicité viscérale sans en expliquer le pourquoi et le comment.

               N'étant nullement spécialiste je ne vous en dirai pas plus pour aujourd'hui. Si le sujet vous intéresse vous pouvez toujours vous brancher sur France Inter. C'est gratuit et ça n'engage à rien. En tout cas cela peut remettre en cause nos idées reçues. Reçues et non vérifiées évidemment.

               Excusez-moi si le non bouddhiste que je suis vous cite encore le Grand Compatissant qui dans sa clairvoyance a répété, maintes et maintes fois, sur tous les tons et dans des circonstances variées que selon lui nous n'avons pas à croire ce qu'il dit mais à le vérifier…

               Alors, à bon entendeur…

 

                                                              Le Chesnay le 27 novembre 2016

                                                              Copyright Christian Lepère

 

 

Patience!

la suite viendra en son temps... 

 

 

 

 

      

 

Partager cet article

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article

commentaires