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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 07:10

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                                                                                                       "L'aubade" - huile sur toile - 65 x 54 cm

 

 

ACCORD PRESQUE PARFAIT

 

 

                 Je me souviens de ma folle jeunesse. Enfin si l’on veut, peut-être pas si folle que ça…Mais c’était le bon temps, comme disent les braves gens. Avec un ami féru de septième art je fréquentais les salles obscures. Comme nous avions en gros les mêmes goûts et des références communes, il n’était pas trop difficile de trouver un programme alléchant. Cela avait aussi l’avantage de pouvoir finir la soirée en échangeant nos impressions sur ce qui avait enrichi notre bagage culturel.

                 Souvent nous étions d’accord. « Oui, c’est un beau film, sans doute le meilleur Bergman ». « C’est vrai que cette fois il a mis le paquet. Ah les effets d’éclairage, les contre-jours et cette ambiance mystérieuse créée avec des moyens aussi simples… » « Moi ce que j’ai préféré c’est le moment où la mort scie le tronc de l’arbre sur lequel un malheureux réfugié tente de lui échapper. » «   Oui c’est très fort, mais peut-être un peu facile. Ou un peu trop conventionnel. Comme un fabliaux du Moyen-âge ! »

                 Ah ! Y aurait-il désaccord ? « Oui mais la fin est remarquable avec ces effets de nuages lourds qui dérivent sur la lande ! Bien sûr on dirait du Ruisdaël. » « mais tu ne trouves pas qu’il en a un peu abusé ? Symbolique trop évidente. Avec un peu plus de finesse et juste suggéré, c’était le chef-d’œuvre ! »

                 Quelques remarques plus tard, il devenait de plus en plus évident que nous n’avions pas tout à fait vu le même film. Pourtant un film est un film, un enregistrement schématique  et condensé de scènes qui se sont déroulées devant l’objectif de la caméra. Mais il n’en reste pas moins qu’il est constitué d’un nombre énorme d’images et de séquences. Même dans les cas les plus austères d’ascèse Bressonienne, un honnête spectateur ne peut prétendre tout voir et tout entendre. D’abord parce que même l’image la plus simple reste composée d’éléments divers qui ne vont pas tous attirer l’attention de chacun de même façon. L’enfant de dix ans sera choqué par un détail qu’un adulte recevra sans broncher dans la mesure où il ne lui aura pas tout simplement échappé. Une femme ne ressentira pas une scène violente ou sensuelle de la même façon qu’un homme et un dévot de l’abbé Pierre ne réagira pas comme un loubard de banlieue. A chacun sa sensibilité et ses justifications, son éthique et sa morale.

                 Mais la diplomatie est un garde-fou bien utile. Pour vivre heureux sachons mentir, ou tout au moins éluder. Le non-dit et l’esquive sont efficaces contre les sujets qui fâchent et le mensonge par omission évite bien des heurts.

                 La fin de l’année commence à approcher. Epoque bénie  où l’on se réunit en famille pour se tenir chaud. Cela mérite bien un petit effort d’adaptation au consensus souhaité. Ainsi donc, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…Et c’est fort utile ces plages de détente où l’on a l’impression de faire partie de la tribu. Union sacrée. Atavisme grégaire.

                 Bien sûr on n’est pas d’accord sur tout, mais tout au moins sur l’essentiel ou ce que l’on fait semblant de considérer comme tel…Tout au moins on n’en est plus à l’époque de l’affaire Dreyfus où les familles les plus unies finissaient par s’entre-déchirer dès que le sujet était abordé. Et où à la fin d’une réunion conviviale le sol était jonché  de débris d’objets brisés, si ce n’est de blessés légers.

                 Mais on aura beau dire, on aura beau faire, quelles que soient nos intentions, nos souhaits et notre soif d’idéal, nous continuerons à fonctionner à partir de nous-mêmes. C'est-à-dire dans la subjectivité la plus complète. Et même si nous sommes avertis du danger. C’est dur d’arriver à concevoir que l’autre n’occupe pas le même point de vue physique et ne dispose que très partiellement des mêmes informations. A partir de là son appréciation va forcément diverger, même si il est poli, bien élevé et assoiffé d’entente cordiale.

                 Alors y a-t-il une autre solution que celle d’accorder le bénéfice du doute ? Ou dans les cas les plus graves la présomption d’innocence ? Sans être naïf, bien sûr et sans se laisser marcher sur les pieds. Après tout nos pieds ont aussi des droits légitimes et méritent quand même de justes égards.

 

                                                                            Le Chesnay le 12 octobre 2011

                                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

 

122-Les-jours-oubliés------                                  "Les jours oubliés" - huile sur toile - 46 x 38 cm

                                 

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 11:31

 

Michel-Barthelemy.jpg

                                                                               Michel Barthélémy - montage numérique de Christian Lepère

 

 

 

                    Après avoir enseigné les Arts Plastiques mon ami Michel Barthélémy a continué son œuvre de peintre. Il a par ailleurs créé une biennale à Arlon en Belgique. La cinquième édition qui a lieu en ce moment est consacrée comme les précédentes à faire connaître les arts de l’imaginaire. Cette exposition de très haut niveau regroupe des créateurs authentiques maîtrisant une technique mise au service d’une créativité délirante.

                     Je lui laisse donc la parole à propos de :

 

FAERIE 2011

 

             «  Marcel Duchamp s’est trompé. En 1913, alors qu’il vissait une roue de vélo sur un tabouret en bois, lui conférant statut d’œuvre d’art, il décrétait que la peinture de chevalet, les Beaux-Arts, l’idée de beauté, le savoir-faire, le métier de l’artiste, l’émotion plastique… tout cela appartenait à une époque désormais révolue et n’était plus apte à refléter la réalité des temps présents et à venir. Voici bientôt une centaine d’années que partout dans le monde, des centaines de milliers d’artistes et d’amateurs de beaux arts prouvent que l’art hérité du passé, celui qui le prolonge et l’actualise, non seulement n’a pas cessé d’engendrer quantité d’œuvres et de chefs-d’œuvre, mais qu’il continue à témoigner de notre époque et à se passionner pour tout ce qui a trait au monde et à la nature humaine.

 

            Parmi ce buissonnement de courants artistiques contemporains, les arts de l’imaginaire tiennent dignement leur rang. Depuis le Moyen-Âge et même bien au-delà, l’art fantastique n’a jamais cessé de produire des œuvres qui puisent leur inspiration à deux sources à la fois distinctes et complémentaires :

- celle de l’inquiétude de l’homme face aux grandes questions métaphysiques à propos des mystères de la vie, de la mort et de notre place dans l’univers

- et celle de son émerveillement devant les miracles de la création et les manifestations de ses créatures.

 

            Quelques noms, parmi tant d’autres, pour baliser ce chemin qui part des cathédrales pour aboutir aux artistes contemporains de l’imaginaire : Bosch, Breughel, Piranèse, Gaspar David Friedrich, Goya, William Blake,  Redon, Chirico, Salvador Dali, Ensor, Max Ernst, Delvaux, Magritte, Léonor Fini… Et plus près de nous, Hausner, Verlinde, Di Maccio… Et puis, ces centaines ou milliers d’artistes qui se manifestent aujourd’hui dans les expositions, biennales et autres prestigieux salons consacrés aux arts de l’imaginaire. Parmi ceux-ci, Faerie propose une sélection représentative que les visiteurs découvrent généralement avec étonnement et ravissement, mais aussi parfois avec perplexité quand ce n’est scepticisme.

 

             S’en étonner serait ignorer les fondements mêmes de l’art fantastique, négliger qu’il est une voie d’accès au « réel derrière les apparences », à la perception de l’insolite dans le familier, comme le sont ces événements inattendus qui font irruption dans notre vie et déroutent nos attentes. Par là même, l’art fantastique n’est ni conventionnel ni sécurisant.

Notre manière effrénée de fonctionner dans un monde agité et bruyant a étouffé le murmure de nos intuitions, cette clé magique qui entrouvre les portes de la perception, qui nous laisse percevoir quelques-uns de ces « lointains échos qui de loin se répondent »; nous ne voyons plus que la peau des choses, lui attribuant candidement statut de réalité ultime, ignorant la complexité des organes qui la vivifient et sont efficients sous elle. La réalité ultime de la matière n’est-elle pas pure énergie ? Ou, comme on le soupçonne aujourd’hui, information ?

 

             Les artistes du fantastique sont souvent déçus par ce monde dans lequel ils vivent, un monde formaté par ceux-là dont les ambitions présentent peu de rapport avec la réalisation de l’humain dans l’homme. L’idéal de ces artistes caresse la vision d’un monde où les valeurs profondément humaines trôneraient  au milieu du village. Voilà pourquoi dans telle ou telle œuvre, une certaine désolation peut apparaître, mais on ne verra jamais ici une complaisance dans l’angoisse ou le morbide, l’espoir est triomphant et la voie de l’homme vers l’Homme n’est pas une utopie, mais un encouragement à accomplir enfin ce qui n’aurait jamais dû être délaissé. »

                        

                                     Copyright Michel Barthélemy – Commissaire de Faerie


 

Toccata.jpg                                              Michel Barthélémy - "Toccata" - huile sur toile -

 

 

                   

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 16:36

209 - Folie douce 46 x 38 cm

                                                                        "Folie douce" - huile sur toile - 46 x 38 cvm

 

 

HEUREUX ET CONTENT DE L’ETRE ( ?)

 

              Après tout l’essentiel est d’être heureux. C’est sûr ! Mais de quoi s’agit-il au juste ? Etre heureux, bien dans sa peau, à l’aise dans ses baskets ? Est-ce un état où une fois installé on se complait sans réfléchir, sans douter, sans remettre en question ? Est-ce définitif et est-ce que ça ne craint pas le gel ? « Tu vois bien que tu n’est qu’un intellectuel, un raisonneur, un qui veut à tout prix prouver par A+B que … ? » Voilà ce que les gens raisonnables me disaient et il est vrai que tout gamin encore j’avais tendance à poser les questions qui fâchent, à couper les cheveux en quatre et à douter du simple bon sens de mes interlocuteurs. L’autorité péremptoire du genre : « Tu comprendras plus tard… » ne répondait pas à mon besoin inné de logique et de cohérence.

              Ensuite, petit à petit en grandissant il m’est apparu que le monde fonctionnait selon une convention basique non discutée. A la question « Etes-vous heureux ? » que l’on ne pose d’ailleurs jamais de façon aussi directe et indécente, les gens ne répondaient pas vraiment. Comme si l’important n’était pas d’être heureux, mais d’avoir des raisons de  prétendre l’être. Même chose pour le malheur : J’ai des raisons de me sentir accablé, donc je suis accablé. D’ailleurs en poussant un peu cette logique on arrive à la conclusion que l’argent fait le bonheur et que le confort moderne est impérativement nécessaire. Peut-on être heureux sans son portable et sa clé USB ? Et comment des générations de malheureux ont-elles pu s’en passer sans mettre fin à leurs jours en se jetant par la fenêtre (il est vrai que nos malheureux ancêtres, habitant des grottes ne pouvaient bénéficier de cette solution ultime).

              Donc le bonheur…Mais de quoi s’agit-il, réellement ? Est-ce simplement la fin de la souffrance comme dit le Bouddha ? Ou l’acceptation stoïque de tout ce qui gêne en se disant qu’on n’y peut rien et que ça finira bien par passer. Mais cela est-il très tentant ? C’est un peu comme ces descriptions du paradis de l’imagerie religieuse. A-t-on envie de chanter des psaumes en s’accompagnant à la harpe, entouré d’anges bienveillants, mais pour toute l’éternité ? A tout jamais ? Et là encore on ne peut pas se suicider puisqu’on est déjà mort.

              Mais en fait, pourquoi n’est-on pas totalement satisfait, ou en d’autres termes qu’est-ce qui nous manque? D’emblée ça devient très gênant parce que personne ne peut répondre à notre place. Et si certains pensent que leur insatisfaction peut être comblée d’une façon ou d’une autre, en faisant fortune, en devenant président de la république ou en se goinfrant de mets délicieux, il ne leur reste plus qu’à tout mettre en œuvre pour parvenir à leurs fins. A       leurs risques et périls et sans garantie du gouvernement.

              J’ai bien peur que la solution, longue et aventureuse ne soit justement d’expérimenter. Alors, de déception en déception on finira sans doute par élaguer toutes les fausses pistes, comme dans un labyrinthe où il y a quand même une issue…à condition de tout tenter inlassablement. « L’argent ne fait pas le bonheur, mais je ne l’ai su que le jour où j’en ai eu beaucoup… » Cette parole attribuée à Dalida (la chanteuse) qui savait sans doute de quoi elle parlait fait  partie des conclusions provisoires de l’enquête, mais il reste ensuite  à arriver aux mêmes conclusions dans tous les autres domaines où l’illusion continue de nous leurrer.

              Alors, heureux ? Pour ma part et après m’être longuement entretenu avec moi-même il me semble que le problème n’est pas insoluble et qu’on peut envisager une issue. Même si c’est long, même si c’est dur. J’avoue que pour le moment ça n’est pas sans arrêt le beau fixe et que ça ne va pas toujours très bien. Mais rassurez vous je me soigne…

 

                                                             La Brosse Conge le 4 septembre 2011

                                                             Copyright Christian Lepère

 

 

210-Jardin-enchanté--------

                                                  "Jardin enchanté" - huile sur toile - 46 x 38 cm

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 07:47

88-Aéroplane-à-vapeur---61-

                                                                  "Aéroplane à vapeur" - huiler sur toile - 61 x 50 cm

 

 

 

Au dessus de nos têtes

 

 

Là haut un gigantesque réseau s’organise. Des droites à flux tendu s’entrecroisent sans se heurter. Des angles se forment et se morcellent, tandis que d’autres se dissipent, évanescents. La création est frénétique et incessante.

Là haut l’abstraction se tisse et s’affermit, les lignes se multiplient. Nous sommes cernés, surplombés par une gigantesque toile d’araignée, abstraction pure s’élançant dans l’azur éperdu de ce beau jour de septembre et de début d’automne.

Tout est-il dit ? Non car les avions de ligne ne sont pas de simples abstractions ou des coques vides. Ni même des carcasses métalliques bourrées d’électronique et dirigées par des flux d’ondes immatérielles s’entrecroisant sans interférer. Non, ils contiennent. Et ce qu’ils recèlent en leur intérieur ne nous est pas totalement indifférent. C’est de l’humanité, du semblable, de l’affectif. Des hommes, des femmes, des mitigés et aussi des enfants avec leurs chiens ou leurs chats.

              Dans ce ballet de particules projetées dans les hautes couches atmosphériques c’est toute notre humanité qui va et vient et se lance d’un point vers un autre, comme si elle était insatisfaite de là où elle se trouve. La vieille Europe nous lasse ; précipitons nous vers un monde nouveau et les délires technologiques de quelque civilisation émergente. Pendant ce temps des contemporains lointains et en quête de racines viennent se faire photographier au pied de la Tour Eiffel, à moins qu’ils n’aillent flâner sur la butte Montmartre. La place du Tertre pourra les y accueillir et leur proposer, ô merveille, de se faire portraiturer. Ainsi des asiatiques et des néo-Calédoniens vont se faire croquer par d’habiles artistes locaux, parfois de même origine exotique mais dûment naturalisés. C’est que la jeunesse circule…et que Paris est toujours ce pôle symbolique attirant les artistes qui viennent de loin se ressourcer. Nostalgie, nostalgie…

              Si le passé n’est plus, nous continuons quand même d’y barboter. Et nous oublions de lever la tête vers le haut, là où passent les Boeing et les grands oiseaux blancs.

                                                                  Le Chesnay le 29 septembre 2011

                                                     Copyright Christian Lepère

        

13-Le-précurseur

                                        "Le précurseur" - dessin aquarellé - 24 x 36 cm

        

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 12:11

 

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                                                                                                 "Collines" - huile sur toile - 46 x 33 cm

 

 

Septembre

 

J’allais par des chemins sinuant dans la plaine

Vaste et dansante comme un vieil air d’autrefois.

Mais quelle âme égarée pourra me dire pourquoi

J’ai parcouru en vain ces vallons et ces peines ?

 

Au loin des souvenirs murmuraient à l’orée

De bois gris et touffus d’ombre et de crépuscule.

Ainsi s’en va la vie lorsque le soir bascule.

Quand surviendra la nuit, j’en aurai terminé.

 

Septembre aux matins mordorés

Noyés de brume, noyés de rien

Comment se fait-il que revient

Ce doux parfum de temps passé ?

 

Plus loin que l’horizon dont la ligne incertaine

Se perdait aux confins d’un trop lointain passé.

Plus loin que temps jadis, plus forte et plus sereine

Revivait la chanson des valons et des prés.

 

De val en chemin creux au fond de ma mémoire

Je me perdis au bout du lacis des sentiers

Quand débouchant du bois dans la lumière dorée

Je sus que j’arrivais au terme de l’histoire.

 

Septembre qui clôt la saison

Des jours trop chauds, des jours trop longs

Tout nostalgique en tes frissons

Te souviens-tu de ton orée ?

Ne te plait-il d’avoir été

Qu’un ornement d’avant l’automne

Rien qu’un soupir qui s’étonne

D’être oublié.

 

 

                                                                       Font d’Isière  février 1993

                                                                      Copyright Christian Lepère

 

 

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                                                    "Lumière d'automne" - huile sur toile - 73 x 60 cm

 

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                                               "Drôles d'oiseaux" - huile sur toile - 61 x 50 cm

 

 

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 11:53
 

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                                                             "Les dernières nouvelles de l'homme" - dessin aquarellé - 61 x 46 cm

 

 

 

L’Axe du Mal contre le Grand Satan

 

 

               Ce matin là monsieur Smith, Jack de son prénom, est entré dans le grand hall puis s’est dirigé vers l’accès aux ascenseurs. Après l’attente normale et fastidieuse il est arrivé au vingt huitième étage. Emergeant d’un petit groupe  il s’est ensuite rendu à la salle de conférence. Après avoir pris un capuccino au distributeur automatique il s’est installé pour la réunion de synthèse. A sa droite il y avait mademoiselle Lévy. Ravissante dans son jean moulé et son chemisier à fleurs avec son petit nez retroussé et ses taches de rousseur. Jack en était tout aise. Ils ont parlé du dernier week-end et de la planche à voile hyper performante qu’il venait de tester dans des conditions idéales. En bref tout baignait, tout était normal, anodin et on pouvait patienter paisiblement en attendant l’heure du lunch.

               Mais tout à coup, vacarme effroyable, choc apocalyptique, le monde est tétanisé. L’électrochoc est total. Nul ne comprend. Un élément métallique se détache du plafond et tombe sur la nuque de Jack, lui brisant une vertèbre cervicale. Il s’affale sur la table, raide mort. Déjà une fumée lourde et opaque envahit la salle, la chaleur monte, des cris de terreur s’élèvent. Des malheureux hagards  se précipitent de ci de là, se croisent, se heurtent aux coins des couloirs, s’écrasent sur des portes qui s’ouvrent vers l’intérieur.

               Mademoiselle Lévy voyant les flammes se rapprocher s’élance le long d’un couloir sans issue. De chaque côté des portes fermées, opaques, ponctuent les murs de béton peint en rose. Tout au bout une fenêtre. Déjà les flammes la rattrapent. Elle ouvre et se retrouve sur le rebord, la corniche extérieure. Mais les flammes la talonnent, la lèchent. Sueur froide. Brûlure atroce. La bête est traquée, aux abois. Elle saute ou plutôt bascule. Ses longs cheveux blonds tournoient autour d’elle dans une mouvance soyeuse caressée par un rayon de soleil doré. Le temps s’arrête. Tout est fini. Un corps parmi d’autres gît fracassé au pied de la tour jumelle. Le chemisier à fleurs est à peine déchiré…

               Voilà pour les faits, voilà pour ce qui peut être relaté si un témoin a pu voir, s’échapper et rendre compte.

               Monsieur Yamamoto venu tout droit de son Japon profite d’un voyage d’affaire pour engranger quelques souvenirs. Pour lui-même, pour ses proches, pour épater les copains. Il est au pied d’une des tours et entreprend de la filmer. Que c’est haut ! Si haut ! comme chantait Serge Gainsbourg. Pour rendre compte de son émerveillement il entreprend de filmer d’abord la base puis de remonter lentement en contre-plongée. L’effet perspectif est saisissant, accentué par la déformation du grand-angle. La tour se dresse majestueuse, immuable, telle une pyramide égyptienne. Elle se découpe sur un ciel bleu limpide.

               Mais quoi ? Que se passe-t-il ? Une masse folle, indistincte  percute un côté et explose. Il y a tout à coup comme un manque. La géométrie est agressée, les lignes ne sont plus droites. Une lourde fumée opaque se répand. Si ce n’était le lieu on croirait à une improbable éruption volcanique.

               Monsieur Yamamoto, tétanisé, ne peut ni relâcher la pression de l’index,  ni regarder ailleurs que dans son petit viseur. Comme un zombie il continue de filmer. Sa tête est vide, son corps aussi. Il est comme fusillé mais reste cliniquement vivant.

               Voilà, le tour est joué. Le plus spectaculaire attentat de tous les temps vient de se dérouler en direct sous les yeux d’une multitude de témoins. D’abord  les participants présents sur les lieux, puis les témoins par hasard en train de filmer ou de prendre en photo au téléobjectif. A l’instant les télévisions commencent à retransmettre l’apocalypse en direct bien qu’elles ignorent qu’un second avion de ligne va venir compléter le carnage. Quelle aubaine pour les médias ! Des records d’audimat peuvent être pulvérisés ! Naturellement tout le monde est pris de court, personne n’avait prévu l’inenvisageable. Et l’impensable est arrivé. Mais en est-on si sûr? Car après tout l’événement fulgurant, imprévisible est bien le fruit d’un projet humain issu d’une volonté délibérée. Il a donc été imaginé, prévu, préparé et planifié. Dans cette optique la seule chose étonnante est qu’il ait aussi bien réussi. Parce que quand même la plupart des attentats même impeccablement préparés ne se sont pas déroulés avec un succès aussi évident. Il faut si peu de chose : un cordon de détonateur un peu trop court,  une cible désignée qui arrive avec un peu d’avance ou de retard ou qui se baisse pour ramasser son mouchoir. Si John Kennedy avait modestement penché la tête au bon moment…

               Mais ce jour là tout avait été prévu et les pilotes des avions suicide avaient pris la peine d’apprendre à piloter, en négligeant ce qui à leurs yeux n’était pas indispensable, à savoir  les procédures d’atterrissage. Il n’y avait plus ensuite qu’à mettre en œuvre, ce qui suppose de leur part une conviction inébranlable, une suite dans les idées à toute épreuve et aussi un sang-froid assez inhabituel. Peut-on se sacrifier ainsi si l’on a le moindre doute en ce que l’on veut croire à tout prix ?

               Voilà donc le problème de la croyance. Communément il est admis dans notre culture que la sincérité est une qualité en soi. C’est oublier que l’on peut être sincère  jusqu’à sacrifier sa vie tout en continuant à se mentir à soi-même. Inconsciemment bien sûr. Mais on a tellement besoin de certitude que l’on est prêt à faire l’impasse sur les doutes qui seront dans ce cas impitoyablement refoulés. Arrière Satan ! Et voilà le fanatisme et l’intégrisme qui pointent le bout de l’oreille…Accessoirement ce fanatisme éventuellement islamique  peut aussi se présenter sous d’autres couleurs que le vert. Après tout Georges Bush partant en guerre contre l’Axe du Mal fonctionnait bien au même niveau que ceux qui luttent contre le Grand Satan. Si l’arrière fond justificateur est à l’opposé, les conséquences en sont, hélas, assez semblables. De chaque côté le même aveuglement, la même intolérance, le même besoin de faire triompher le Bien sur le Mal. Mais on connaît la suite.

               Il ne nous reste plus maintenant qu’à attendre les épisodes suivants puisque selon toute vraisemblance les principaux responsables semblent n’avoir rien appris ni rien oublié.

                                                                                 

                                                               Le Chesnay le 11 septembre 2011

                                                               Copyright Christian Lepère

 

 

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                                                       "Le sens de l'histoire" - dessin aquarellé - 61 x 46 cm

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 09:15

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                                                                                        "Tendre bergère" - huile sur toile - 73 x 60 cm

 

 

 

LA PLUIE SANS FIN

 

 

                     Du gris, du vert, du vert de gris. Voila qu’il pleut depuis longtemps, depuis la fin de la nuit, depuis la petite aube, à perte de vue, à perte de temps. Pas d’averse brutale, pas de cataclysme en vue. Non, il bruine. Et c’est fin et persistant et ça finit par pénétrer une nature à nouveau verdoyante. Les mousses se rengorgent, les lichens se gonflent tandis que les feuilles ruissellent et que les herbes se redressent.

                 Peut-être que la nature n’en demandait pas tant mais c’est certain elle en avait besoin. Herbes folles et fleurs des champs le long des chemins, ronces et pissenlits, orties et chiendent, tout était en train de s’étioler, de se ratatiner, de sécher sur pied.

                 Mais pour le moment il pleut. Peut-être pour longtemps, peut-être à tout jamais. Qui sait ?

                 Il pleut sur la Bourgogne et les lointains se perdent, s’estompent et dérivent au loin, vers le Sud, vers les contrées lointaines.

 

                                                               La Brosse Conge le 26 août 2011

                                                               Copyright Christian Lepère

 

 

476-Apres-la-pluie---------.jpg

                                                                   "Après la pluie" - huile sur toile - 27 x 22 cm

 

 

 


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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 06:59

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                                                                                                      "La bataille d'Alexandre" - huile sur toile - 65 x 54 cm

 

 

LE TEMPS QU’IL FAIT

 

 

            D’abord il a fait trop beau et trop chaud. Réchauffement climatique oblige. Et puis la tendance s’est inversée,  comme d’habitude pourrait-on dire. Un été perturbé, des pluies et des orages et l’anticyclone qui fait des siennes. Avec en prime un petit vent frisquet, des campings inondés et de braves gens qui mettent leur laine pour aller voir la mer. Cependant les microclimats ont leurs raisons que la raison ignore et dans notre petit coin bourguignon le déficit d’eau était persistant. Malgré quelques beaux orages soudains et violents les sous-bois s’obstinaient à être secs. Bien que la température soit clémente les champignons restaient cachés. Même les mauvais et les insipides. Nul ne montrait le bout du nez et le pas du promeneur ne foulait que de vieilles feuilles mortes jonchant un sol ingrat, tout sec. Et puis voila la surprise. Enfin la pluie, abondante, persistante et capable de redonner force et vigueur à la rivière. Au détriment bien sûr de la limpidité des eaux. Mais au moins il y a des cèpes dans les bois des alentours.

            Pendant ce temps le monde suit son cours. La machine économique et financière continue de suffoquer dans ses contradictions et son incohérence suicidaire. Les politiques s’agitent et protestent, comme il se doit, mais leurs gesticulations arrivent à peine à faire frémir l’audimat. Débordé d’informations diverses et contradictoires, tout un chacun ne sait plus où porter son attention. Pourtant les médias ont l’habitude de manœuvrer pour motiver les indécis. Ils savent ce qui interpelle et fait frémir. Ils connaissent à fond les ressorts de base de monsieur, madame, les enfants, la voisine et son ex, sans oublier les chiens et les chats dont les goûts et préférences sont des facteurs non négligeables de consommation et de redémarrage de la croissance. Et ce n’est pas faute de sondages qu’ils risquent de se tromper de cible.

            Alors tout y passe : l’effondrement des dictatures, le fait divers sordide et incompréhensible, la catastrophe écologique. Sans oublier (quelle aubaine !) les turpitudes réelles ou supposées des puissants et des (en principe) intouchables. Sexe et abus de pouvoir, combat féministe, machisme contre relations vénales et librement consenties. Les avocats sont des pros, ils savent jouer aux échecs et l’on sait bien qu’à ce jeu la compassion n’est pas la qualité dominante. Il faut savoir sacrifier son fou ou sa reine pour pouvoir en fin de compte triompher par échec et mat. Et seul le résultat compte, tant pis pour l’éthique, discutable comme il se doit. Tant pis pour la vérité qui après tout n’est qu’un concept, manipulable  et refaçonnable à merci et dépendant d’appréciations conjoncturelles subtiles ou de raisons d’état plus massives.

            L’intéressant dans tout ça est surtout la versatilité de l’information, sa souplesse d’adaptation. L’événement choc, tsunami, guerre éclair ou mariage princier attendrissant focalise dans l’instant toute l’attention jusqu’au lendemain ou une autre information, du « jamais vu » vieux comme le monde vient balayer l’écran et nous fait zapper instantanément. Il suffit ainsi du dernier crime odieux d’un serial killer pour que tout le monde oublie instantanément que des milliers de réfugiés totalement déshydratés sont en train d’agoniser dans la corne de l’Afrique et qu’il s’agit en premier lieu d’enfants mourant dans les bras de leur mère. Mais c’est beaucoup moins croustillant que le viol avec préméditation, violence aggravée et incinération du corps coupé en morceaux. Surtout si malgré tout, grâce a des analyses ADN poussées on arrive à confondre l’odieux agresseur qui dans son délire passionnel n’a pas maîtrisé tous les paramètres.

            Nul n’est parfait, c’est vrai, mais au moins on peut prendre parti et s’indigner. Alors que pour des populations entières une action, même modeste serait possible, ce qui fait réfléchir…et chercher l’erreur.

            Mais la nature humaine reste toujours la même. Si la psychologie a fait d’énormes progrès, redécouvrant ce que la sagesse traditionnelle connaissait depuis belle lurette, mais qui avait été un peu oublié entre temps, elle le fait surtout pour utiliser les penchants humains de base de façon démagogique. Au lieu d’attirer l’attention sur le fait qu’on peut, en se connaissant mieux, essayer au contraire de s’améliorer.

            C’est André Gide qui paraît-il a dit : ‘Il faut suivre sa pente, mais en la montant… ». L’a-t-il fait lui-même ? C’est une autre question. Mais au moins le conseil est sage et avisé,  à condition de l’appliquer au lieu d’y réfléchir comme un philosophe.

 

                                                                  la Brosse Conge le 25 août 2011

                                                                  copyright Christian Lepère

 

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                                                                               "Demeure de la déraison" - huile sur toile - 73 x 60 cm

           

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 08:12

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                                                                                                "Folie douce" - huile sur toile - 46 x 38 cm

 

 

AUTO BIOGRAPHIE

 

PREAMBULE

 

Si nos vies sont des palimpsestes

Surchargés de nos vains écrits

Pourquoi donc y coucher ainsi

La splendeur de nos faits et gestes.

 

VIE DE L’ARTISTE

 

J’aimais faire un pas dans la danse

Coucher par écrit mes projets.

Que reste-t-il de ce qui fait

Que je ne fus qu’ambivalence ?

 

Certes, au sommet de la maison

Là où la cheminée fumait

J’aurais pu jusqu’à l’horizon

Et perché dans ma déraison

Installer mon poste de guet

 

De là j’aurais pu à loisir

Superviser la conjoncture

Condamner la modernité

Qui déployait ses défilés

A l’assaut de quelque futur

Hasardeux et triste à blêmir

 

Mais pourquoi s’en faire des carnages

Quand nos vies sont de grands châteaux

Crénelés, flanqués d’entourages

Fortifiés contre les assauts

De ceux qui trop, qui pas assez

N’en feront jamais qu’à leur tête,

Ne bâclerons jamais en fait

Qu’un tiers du quart de la moitié.

 

Il faut s’y faire, je suis minable,

Mais si par quelque extravagance

L’avenir me rendait hommage :

« Honneur et gloire à son courage,

Longue vie à son arrogance

Et à ses humeurs détestables ! »

 

Un anonyme émerveillé

Pourrait couronner mon histoire

Disant à qui le voudrait croire :

« Ici est né et a vécu

Sans ambages et sans préambule

Un de ceux qu’on immatricule

Qu’on fiche et qu’on répertorie.

 

Si son histoire s’est déroulée

Ni plus ni mieux qu’à l’ordinaire

Sans trop de bas, sans trop d’hiver

C’est qu’il était prédestiné ! »

 

CONCLUSION

 

Il chercha autour de son âge

Il chercha hors de la saison

Chez les autres, chez les sauvages

Avec passion et avec rage

Ce qu’il avait en sa maison

Ce mirliton

 

 

                                          Font d’Isière  Février 1993

                                                              Copyright Christian Lepère

 

 

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                                                       "Le yin regarde passer le yang" - huile sur panneau - 27 x 22 cm

 

 

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                                                                                  "Un monde fou" - huile sur toile - 61 x 50 cm

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 09:21

 

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                                                                                                                           montages numériques

 

PIERRE SUR PIERRE

 

              Tout jeune, découvrant la technique de la gravure à l’eau-forte et l’œuvre flamboyante de Jérôme Bosch, j’avais fait irruption dans l’arrière monde. Celui du rêve, peuplé de créatures fantasques mêlant la forme humaine aux excroissances animales les plus diverses. Cornes, mandibules, rostres et becs d’oiseaux aux voilures improbables ornaient des créatures hybrides, sensuelles ou brutales qui peuplaient des paysages nourris de tous les détails du réel mais baignés d’étrangeté.

              L’architecture, elle aussi revisitée, y servait parfois de cadre à des scènes symboliques : rencontres, processions, ballets aériens, parades nuptiales et affrontements de monstres plus ou moins complices.

              La gravure, art confidentiel et tout pétri d’intériorité, convenait parfaitement au déroulement de ces psychodrames mais la trentaine déjà dépassée je commençais à éprouver le besoin de réalisations plus concrètes. Il me fallait du solide : de la pierre et du mortier modelé à la main quand la truelle se révèle trop rigide. Il me fallait aussi piocher et pousser la brouette. Après une jeunesse assez intellectuelle je revenais à la terre bourguignonne.

              Dans notre jardin, non loin de Vézelay, je commençais par aligner sagement quelques dalles trouvées dans les champs labourés. Et cela fit une allée pour monter au garage…Plus tard, un peu las d’être courbé je commençais à me redresser, position plus adéquate pour monter des murs.

              D’abord rampants, ils ne tardèrent pas à prendre un peu d’envergure

Puis ils se courbèrent et se mirent à sinuer avant de se refermer pour former un bassin. Un empilage de bûches exhumées de la caves vint ensuite à mon aide pour soutenir une arche en construction. Tel un artisan du moyen âge, j’étais en train de retrouver quelques techniques ancestrales

              Depuis longtemps le Palais Idéal du Facteur Cheval hantait mon imaginaire et si je n’avais pas encore eu le loisir de me rendre en pèlerinage à Hauterive, je sentais bien dans quel sens tout cela m’entraînait.

              Inconscient de l’ampleur de ce qui me hantait, j’attaquai la construction d’un second bassin qui ne tarda pas à être enjambé par un pont en pierre. C’est alors que les problèmes d’étanchéité commencèrent à se poser. Mais rien n’arrête le bricoleur impénitent et acharné…

              Ne sachant rien faire d’autre le temps a continué à passer. De mon côté je me suis obstiné dans mon projet de maçonnerie sauvage et écologique. Après avoir l’été dernier refait le mur de la propriété sur au moins vingt cinq mètres sous l’œil ébaubi des voisins et de quelques touristes passant à pied, à cheval ou sur leur vélo, cette année je me suis lancé dans l’habillage en pierre d’une citerne en parpaings construite selon les règles de l’art par un maçon local et professionnel. Cela évitera au moins d’avoir des fuites intempestives et m’a permis de délirer à ma guise  sur des bases solides ce qui est somme toute plus rassurant.

              Voici donc quelques photos de ces élucubrations, fruits d’une improvisation qui me mène où elle le veut bien, avec l’aide des matériaux généreusement fournis par la nature et quelques vieux murs écroulés recelant encore des pierres dignes d’être assemblées.

 

                                                                     Le Chesnay le 28 septembre 2006

                                                                     Copyright Christian Lepère

 


 

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                                                      "Le long du chemin"

 

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                                                          "Le maître des lieux"

                                                                                           

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