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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:08
"Histoire naturelle" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2004

"Histoire naturelle" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2004

Noyers-sur- Serein

(Prononcer Noillères…)

 

 

             Blotti dans un méandre du Serein, Noyers est un charmant village bourguignon. Situé non-loin du hameau où je retrouve mes sources à la belle saison, il a souvent été le but de nos escapades. C'est qu'il y a matière à se satisfaire.

            D'abord l'architecture ancienne y est soigneusement préservée et le long des vieilles rues pavées d'antiques maisons à colombage amoureusement restaurées vous réjouissent l’œil en apaisant l'esprit. Ici le passé perdure  et il est choisi.  Et par surcroît il est vivant, habité par tout un chacun, autochtone ou venu des confins du monde connu.

            Des arcades permettent de longer la rue principale sans crainte des excès climatiques. Du chaud accablant au froid qui s'infiltre, les vieilles voûtes vous protègent. Bien sûr la bienveillance des propriétaires riverains qui ont fait construire n'est pas seule en cause. C'était dans l'ancien temps le seul moyen d'accroître  son domaine en empiétant sur l'espace public sans entraver la circulation des concitoyens. C'était judicieusement calculé et chacun y trouvait son compte.

            De longue date cette petite agglomération est devenue un lieu privilégié. Fréquentée par des artistes et de doctes esprits, habitée par des artisans et les gens du quotidien elle est un havre de culture préservée. Et parmi d'autres initiatives un musée de l'art naïf s'y est installé.

            Jadis le village était cerné par les vignes puis elles ont disparues et maintenant il faut aller jusqu'à Irancy ou même jusqu'à Chablis pour goûter les produits du vignoble bourguignon.

            Si le Serein est fort paisible et ressemble souvent plus à des douves qu'à un torrent bondissant, il n'en reste pas moins sujet à des débordements et dans ce terrain assez plat il lui arrive de se livrer à quelques fantaisies. Mais ce n'est jamais bien méchant.

            Ce n'est pas comme certains des personnages hauts en couleur qui ont hanté ces lieux. Depuis le Moyen Age Noyers n'a pas échappé au sort de toute bourgade attirante pour les prédateurs. Et pendant longtemps seigneurs et chefs de bandes se sont tendu des pièges quand ils ne s’entre-tuaient pas de façon plus frontale pour s'emparer de proies aussi alléchantes. Le tout se faisant sur fond de guerres de religion rappelant à s'y méprendre certains épisodes actuels menés au nom de l'amour du prochain et de la vraie foi. A cette réserve près que le prochain cesse d'en être un si il s'obstine dans son erreur se rangeant parmi les infidèles dont on peut se demander si ils ont une âme…

            C'est ainsi qu'un beau jour Henry quatre lui-même a décidé de faire raser le château qui était fort comme il se doit, avec ses remparts et ses tours. La raison en était évidente. Un certain Duprat, seigneur de Vitteaux et tyranneau local avait pris la fâcheuse habitude de s'emparer de gens du lieu afin de les séquestrer pour pouvoir ensuite les torturer tout à son aise. A son corps défendant il était justifié par le désir bien légitime de se distraire à une époque où la télévision ne venait pas égayer de mornes soirées. L'habitude étant prise le seul moyen de le convaincre était de détruire tous ses biens, si ce n'est sa personne.

            Donc le bon roi Henry a décidé de supprimer ce repaire de gens de peu. Et l'affaire a été rondement menée. Cela a d'ailleurs ensuite permis aux braves villageois  de récupérer de la pierre pour leurs propres besoins. Car comme disait le Duc d'Elbeuf (selon Brel…) « C't avec du vieux qu'on fait du neuf ! ». Mais à l'époque c'était tout naturel et bien des châteaux sont devenus matériaux à demeures bourgeoises ou éléments de restauration de lieux de culte, tandis que ceux-ci menaçant ruine servaient de carrière pour des usages plus profanes.

            Mais la roue tourne, les mentalités évoluent et voilà qu'en notre beau 21° siècle plein de prouesses technologiques sidérantes, des gens pleins de bonne volonté et en mal de racines authentiques ont senti le besoin viscéral de faire renaître le passé.

            On s'est donc mis à reconstruire le château. L'affaire est en cours et nombre de jeunes un peu déçus par le miroir aux alouettes de notre déclinante société de consommation, dont la santé vacillante ne leur inspire plus ce bel enthousiasme post-soixante huitard qui a soutenu leurs aînés, se remettent à l'ouvrage.

            J'en profite pour dire deux mots du château de Guédelon en Puisaye. Dans ce cas ce n'est pas d'une restauration, aussi radicale qu'elle puisse être, qu'il est question. Non ! C'est la conception et l'édification d'un bâtiment neuf avec les concepts et les techniques du Moyen-Age. Serait-ce la preuve par l'improbable que rien n'est jamais perdu définitivement ?

            Mais si j'ai abordé ce sujet, c'est après avoir vue une émission télévisée consacrée à Noyers et que seuls les hasards d'un zapping aléatoire m'ont permis d'admirer…

            Ainsi tout est possible et les distractions les plus vaines où l'on se livre à l'influence des médias peuvent entre deux séries de spots publicitaires vous ouvrir une fenêtre sur de plus consistantes nourritures. Cela ne fera que prouver une fois de plus combien tout est relatif comme disait le Bouddha en son temps.

 

                                                             Le Chesnay le 4 octobre 2014

                                                             Copyright Christian Lepère

 

 

Information

 

En tant qu’Invité d’Honneur

j’ai le plaisir de vous convier au vernissage

du Salon d’Automne d’Ozoir-la-Ferrière.

 

207 - Noyers-sur-Serein
207 - Noyers-sur-Serein
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 08:46
"Baptême de l'air" - Acrylique sur panneau - 40 x 61 - 1984

"Baptême de l'air" - Acrylique sur panneau - 40 x 61 - 1984

L'enfant prodigue de la gloire

 

            C'est parti, l'affaire est sur les rails. Ce n'est pas le tout de proclamer de bonnes intentions, d'ailleurs l'enfer en est pavé, encore faut-il ensuite les appliquer. Après avoir mis au point entre complices les articles de la Charte FABER 21, il nous reste maintenant à les mettre en pratique.

            Je me dois donc de réaliser pour le prochain Salon du Mont-Dore une toile qui corresponde au thème des grands événements historiques. J'ai donc opté pour Napoléon dont le souvenir glorieux a été chanté avec tant de ferveur par Tino Rossi.

            Parmi tous les hauts faits j'ai choisi la campagne de Russie pour son ampleur et sa démesure. Ah ! L’élan de tous les peuples d'Europe, réunis sous l'aile de l'aigle impérial et lancés dans l'aventure la plus grandiose ! 600.000 hommes unis, tous fraternels pour aller porter l'ordre et la paix impériale aux confins de ces terres déshéritées ! La révolution en marche, camarades !

            Seulement voilà Napoléon restait humain, donc soumis à quelques contingences. Le surhomme avait mal à l'estomac et avait aussi attrapé la gale qui le démangeait comme ce n'est pas permis. Certes ses capacités cérébrales étaient  estimables comme celles d'un calculateur prodige qui vous extrait des racines cubiques sans hésitation et à la demande. A l'époque on ne mesurait pas le q.i. avec cette précision fabuleuse qui permet de distinguer  à coup sûr le bon grain de l'ivraie mais on savait reconnaître le mérite des esprits distingués. D’ailleurs l’élite des arts et de la pensée  se laissa parfois aller à un enthousiasme enivrant. Beethoven dédia sa 3° symphonie « Héroïque » à Napoléon Bonaparte, avant de réfléchir un peu plus posément.

            Après avoir fait tout le nécessaire pour disposer du pouvoir commodément l’Empereur passa à l’application pratique.  Pourquoi s’en priver ? Il en avait les moyens ! Il s’est donc élancé sur les chemins de la gloire, ceux qui conduisent aux lointains qui font rêver. Si loin qu’ils sont tout nimbés de fantastique légendaire. Moscou c’est autre chose que Bécon-les-Bruyères.

            Voilà donc la Grande Armée s’élançant vers l’est. Pour assurer l’intendance on compte sur l’aide généreuse des populations investies, comme d’habitude. D’ailleurs l’accueil ne peut être qu’enthousiaste puisque on apporte les bienfaits d’un esprit nouveau. Mais tout s’use et l’élan décroit. C’est que le général en chef Koutouzov est un vieux de la vieille. Il a combattu les Turcs. Et au lieu de faire tuer consciencieusement ceux qui sont sous ses ordres, ce qui serait très légitime et que nul ne saurait lui reprocher, il pratique l’art de l’esquive et de la terre brûlée.

            Ce n’est pas vraiment non-violent mais ça ressemble un peu aux arts martiaux. Se dérober pour éviter le choc frontal et rendre l’adversaire perplexe pour nuire à son enthousiasme…Il va même pousser la ruse machiavélique jusqu’à laisser l’Empereur entrer à Moscou et s’installer au Kremlin où il va se retrouver un peu penaud. Sans vaincu qui vienne honnêtement lui rendre allégeance.

            Enfin, dans une ultime perfidie les russes vont mettre le feu à la ville amenant les soldats français à tenter de sauver la ville…

            Pourtant le spectacle doit être assez joli en hiver. Mais voilà, c’en est trop ! Profondément dépité l’Empereur va décider de battre en retraite. Un peu tard hélas car il ne renonce pas facilement. La suite on la connaît. Le lent retour cerné par des dangers mortels. Le long voyage à reculons. Harcelée par l’hiver, la neige, le froid et les cosaques la Grande Armée va fondre avant que les derniers rescapés ne retrouvent le sol de leur Patrie Bien Aimée.

            L’histoire m’a parue exemplaire. Elle s’est répétée suffisamment au cours de l’histoire dans des lieux et des conditions tellement divers qu’on peut s’aventurer à en tirer des conclusions.

            Certains hommes dotés d’un bon ordinateur cérébral, habités par des pulsions puissantes et forts d’un pragmatisme à tout crin éprouvent le besoin de dominer. Jusque -là rien que de très ordinaire. Mais si en plus ils disposent de l’esprit pratique, du charisme et du cynisme nécessaires, alors ils peuvent agglutiner la masse autour d’eux. Leur but est évidemment de faire le Bien. Que pourrait-on faire d’autre ? Mais le Bien selon leurs vues qui peuvent être un peu courtes et nettement autocentrées. Et si celles-ci sont  impérialistes, pas de problème.

            En général après des succès stupéfiants ils connaissent des revers comme Alexandre le Grand. Mais parfois ils réussissent à perdurer, voire à continuer d’être idolâtrés après leur fin biologique. Sans aller jusqu’à Lénine et son mausolée, Staline et Mao le Grand Timonier ont encore des adeptes, même si ils se font plus discrets. Il paraît même qu’Adolf a encore quelques partisans…

            Mais tout cela nous dépasse un peu. Et après tout nous avons aussi d’autres sujets de préoccupation qui nous concernent nous directement. Alors connais-toi toi-même et tu connaîtras tout sur Napoléon !

 

                                                                       Le Chesnay le 25 septembre 2014

                                                                       Copyright Christian Lepère 

 

"La danse" - Dessin aquarellé et acrylique - 60 x 80 cm - 1984

"La danse" - Dessin aquarellé et acrylique - 60 x 80 cm - 1984

 

C’est promis !

 

Je vous parlerai du « Mythe de Babel »

un peu plus tard

à moins qu’un sujet d’une brûlante actualité ne vienne s’immiscer

entre- temps.

Alors patience !

 

 

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 07:43
"Les météores" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

"Les météores" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

Vaines pensées

 

             Une fois de plus je longe le mur du cimetière. Toujours aussi gris, toujours aussi rectiligne, c'est un ami fidèle, un guide qui me conduit vers la gare, le lieu de tous les départs, de tous les espoirs. Le point magique d'où l'on peut        atteindre la capitale et son activité fébrile et sans cesse renouvelée.

             Ici c'est plutôt provincial, même si aux alentours du noble bâtiment ferroviaire une certaine effervescence agite les esprits et accélère les déambulations. Mais tout cela reste mesuré, à échelle humaine. Qu'on se le tienne pour dit, Versailles c'est la province.

             Je me souviens d'ailleurs de ces dimanches de mon enfance où le chef de famille emmenait son épouse et sa progéniture à bord de son automobile, une Celtaquatre assez vétuste pour ouvrir nos esprits aux beautés du Grand Siècle, parfaire notre culture et nous faire prendre un grand bol d'air en contemplant le Grand Canal et ses eaux apaisées.

             Mais il fallait traverser Versailles pour y accéder. Après avoir quitté Paris et être passé sous l'interminable et très sombre tunnel de Saint Cloud, on connaissait l'ivresse de l'autoroute, l'échappée vers le grand Ouest. Au loin c'était le mirage de la mer, le mont Saint Michel et sa vastitude méditative puis la côte Normande, puis la Bretagne...L'extrême pointe du Raz battue par les flots déchaînés et là- bas, très loin, le Nouveau Monde.

             Déjà j'étais rêveur mais en arrivant à Versailles on se trouvait en ces débuts d'après-midi d'automne au cœur d'une ville fantôme. D'immenses avenues désertes convergeaient au sein d'un espace vacant vers le Saint des Saints, la demeure du Roi Soleil. Les riverains, après avoir assisté à la grand-messe étaient en train de se réunir en famille pour célébrer le jour du Seigneur. De façon conviviale mais sans excès. C'est qu'on a une tradition à honorer et un rang à tenir.

             Plus tard j'ai habité Versailles et du haut de mon quatrième étage je surplombai la joyeuse effervescence du Marché central le dimanche matin. Là l'ambiance était toute autre. Bon enfant et pleine de vie. D'ailleurs les piétons prenaient possession de la chaussée en traversant sans porter la moindre attention aux véhicules forcés de s'arrêter pour n'écraser personne. D'ailleurs la tradition perdure et maintenant encore l'automobiliste ne fait toujours pas la loi. Les zones de non-droit ne sont pas réservées qu'à des banlieues déshéritées !

             Mais je longe toujours le mur du cimetière. Devant moi une jeune personne progresse en balançant ses hanches. Je la dépasse et constate qu’elle parle toute seule. Enfin pas tout à fait car elle a son oreillette et est en train d’apprendre à une copine qu’ « ils se sont séparés et que c’est bien triste… ». Mais que voulez-vous c’est la vie avec ses vicissitudes. Sur l’autre rive un pépé progresse le mégot aux lèvres. Un motocycliste passe casqué et bardé d’indifférence. Un cycliste le suit qui parle aussi tout seul. Dans mon enfance on l’aurait fait enfermer mais il a des circonstances atténuantes : Il est en train de fixer rendez-vous à un Guatémaltèque qui va débarquer à Roissy dans la soirée, en provenance de Pointe à Pitre. Il devra l’accueillir pour qu’il ait une bonne opinion de la France et qu’il assure ensuite la promotion de la qualité nationale dans ces contrées lointaines. Etre hexagonal ou ne pas être grand-chose. Ne pas se laisser dévorer par la mondialisation.

             Mais je m’égare, je divague, j’attribue aux autres mes vaines cogitations. Je projette mes préoccupations qui n’intéressent que moi. Alors pardonnez- moi je me suis laissé aller. Mais c’est promis je ne le ferai plus. Jusqu’à la prochaine fois.

 

                                                              Le Chesnay le 11 septembre 2014

                                                              Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Navire échoué" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

"Navire échoué" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

                         La prochaine fois               

vous aurez peut-être enfin droit

au

« Mythe de Babel »

 

Mais peut-être pas…Alors patientons…

 

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 08:13
Peinture de Michel Bassot - "Le paradoxe"

Peinture de Michel Bassot - "Le paradoxe"

Peinture de Yo Coquelin - "Sabbat"

Peinture de Yo Coquelin - "Sabbat"

 Les peintures reproduites ici sont exposées en ce moment

à Saint Léonard de Noblat

 

 

 

Autour de la Charte FABER 21

 

            J'ai porté à votre attention la semaine dernière la Charte « Faber 21 ». Pour beaucoup d'entre vous c'était une surprise et je crains qu'ils n'y aient vu que de l'inattendu et du surprenant. A la limite du pittoresque  ou des déclarations sympathiques n'engageant pas vraiment  les auteurs responsables.

            En réalité c'est un texte qui se veut fondateur et qui est le fruit de la réflexion que quatre peintres qui ne se connaissaient pas encore ont menée, chacun de son côté, au fil des ans, avant d'être réunis par un écrivain qui avait le même genre de préoccupations.

            Nous sommes donc quatre complices plus l'initiateur du projet. Tous nous avons eu le temps de réfléchir longuement. Et ce depuis plus de quarante ans dans mon cas.

Ce n'est donc pas une idée soudaine, une lubie passagère ou le rêve de gentils hurluberlus qui refont le monde avec leurs copains à l'heure de l'apéro.

            Mais on peut se demander ce qui nous motive. Tout simplement nous faisons partie des artistes et des enseignants innombrables qui depuis belle lurette ont été totalement négligés par les « élites » en place dans les allées du pouvoir.

            Se rend-on compte que l'argent des contribuables que nous sommes tous est utilisé presque exclusivement à assurer la promotion d'un Art Officiel, totalement artificiel et qui a été imposé par le pouvoir politique et son complice naturel : la finance dérégulée internationale. Celle que certains ont comparée au renard libre dans la basse-cour libre. Thème dont La Fontaine aurait pu tirer une fable bien édifiante.

            Qui dit pouvoir dit Ministère de la Culture pour l'hexagone et pouvoir financier des dirigeants des multinationales, ainsi que des traders et autres « experts » qui continuent à jouer à la roulette avec l'épargne du bon peuple. Ceux-là vivent dans l'immédiat et ne songent qu'à leurs revenus et à la gloire de leur standing. Qu'ils détruisent le monde et ses ressources leur importe peu. Il faut jouir de tout, tout de suite.

            Contre cela nous ne pouvons rien. Nous revendiquons simplement pour les artistes et créateurs le droit d'exister et de pouvoir s'exprimes. C'est tout mais c'est exorbitant aux yeux du pouvoir en place. Du moins pour le moment…

            Il se trouve qu'après la Charte j'ai annoncé une exposition, la 15° Biennale de St Léonard de Noblat. En tant que participant j'ai assisté au vernissage. Voici donc mes impressions. Créée et animée par des bénévoles cette Biennale a réuni depuis trente ans des peintres et des sculpteurs de grand talent. Plutôt portés sur l'imaginaire mais ouverts à d'autres tendances, sous réserve d'une qualité plastique indiscutable.

            L'ancien professeur d'arts plastiques que je suis ne renie rien de ses convictions et continue de s'efforcer à juger objectivement. Je peux donc dire sincèrement du bien de choses que je ne mettrai pas sur les murs de ma chambre, ce qui réduit la subjectivité.

            A St Léonard je n'ai vu que des œuvres de qualité indiscutable. Je « n'aime » pas tout mais tout me paraît digne d'y être exposé. Je vous épargnerai la description des œuvres qui ne remplace absolument pas leur contemplation et peut même faire illusion… Les noms des  40 artistes vous sont accessibles, ils figuraient sur l'invitation et sur internet Google se fera un plaisir de vous connecter si vous tapez leur nom.

            Cette manifestation n'est pas la seule. Il y a d'autres Salons de grande qualité dans l'hexagone. D'ailleurs nombre de participants viennent d'un peu plus loin et ont même parfois sillonné la planète avant de se réunir ici fraternellement.

            Je ne vous parlerai pas du beau temps qui nous a gratifiés, ni de l'accueil plus qu'amical qui nous a été réservé. Qu'on me permette de témoigner de ma gratitude à l’égard de Marie-Thérèse et de Pierre son époux  ancien notaire de l'endroit.. Leur rôle est essentiel, mais ils sont aussi bien entourés. Longue vie à eux et à leurs activités !

            Grand merci aussi à tous mes amis, artistes et créateurs pour les échanges amicaux  où les sensibilités féminines et masculines se complètent et s'enrichissent. J'en ai retenu qu'une certaine pratique de l'imaginaire n'était pas une fantaisie gratuite    ni un nombrilisme  auto-satisfait mais débouchait au contraire sur une conscience élargie et accueillante à la diversité. Plus on peut exprimer son propre monde intérieur et plus on peut s'ouvrir à celui des autres. Paradoxal ? Mais la Réalité, ce qui sous-tend    et engendre notre monde matériel qui se voudrait tellement solide et rationnel    est plus riche et multiforme.

            Croyez moi ou pas, ou plutôt essayez de vérifier par vous-même, mais le jeu des forces du Yin et du Yang se complètent en s'opposant et permettent l'apparition de l'infinie richesse du monde où nos vies se déroulent selon les lois de la manifestation.

            Bien entendu si mes propos vous paraissent un peu abrupts, vous pouvez m'en faire part. Vos remarques pertinentes seront accueillies ici sans problème.

 

                                                                Le Chesnay le 15 septembre 2014

                                                                Copyright Christian Lepère     

 

 

 

Peinture de Michel Naze - "Toit et mur"

Peinture de Michel Naze - "Toit et mur"

Peinture de Sylvia Karle Marquet - "Maestria"

Peinture de Sylvia Karle Marquet - "Maestria"

La prochaine fois ?

 

Nous verrons bien le moment venu.

Car demain est un autre jour !

 

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 06:57

Chose promise, chose due!

Voici donc le texte fondateur 

de la

Charte FABER 21

203 - CHARTE FABER 21
203 - CHARTE FABER 21

Information personnelle

J'ai l'honneur de participer à l'exposition suivante 

en excellente compagnie

 

203 - CHARTE FABER 21
203 - CHARTE FABER 21
Peinture de Lamy - "A sotte question pas de réponse"

Peinture de Lamy - "A sotte question pas de réponse"

De quoi vous parlerai-je la prochaine fois?

On verra bien...

 

Pour le moment vous pouvez vous exprimer

à propos de la  Charter Faber 21

(selon votre humeur)

 

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 10:00
"Course-poursuite" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm - 1994

"Course-poursuite" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm - 1994

I love Facebook !

 

       Alors j'aime ou j'aime pas ? Pas d'hésitation il faut se décider. Sous chaque photo, sous chaque intervention vous êtes invités à acquiescer et à vous conjoindre chaleureusement! Et si t'hésites, pas de clic !

             Voilà où nous en sommes avec les réseaux sociaux jeunes, contemporains et dynamiques. Il faut trancher. Il faut dire si c'est nul ou génial. Car on a le droit de ne pas aimer et de le proclamer derechef !

             Jadis ces comportements étaient réservés aux adolescents. Car il faut bien que jeunesse se passe et que depuis Neandertal tout un chacun se construit et devient adulte en s'opposant et en se montrant péremptoire. Et définitif.

             Donc Facebook nous met au pied du mur. Il nous somme de prendre parti. Il a horreur de l'indécision. Cela s'applique à tout, de la recette de gratin aux aubergines au téléfilm le plus scandaleux (Mais tellement courageux dans sa dénonciation des ultimes tabous qui nous oppriment encore…) Il faut agir ! Il faut protester ! Il faut condamner le condamnable pour savoir enfin qui est qui et où se cache le mal, l'ennemi, le planqué, celui qui ne partage pas le consensus. Celui qui ne dit ni oui ni non, le diplomate, le normand, l'irrécupérable. Celui qui refuse le classement au hit-parade.

             Enfin, Dieu merci tout excès a son antidote, ses aménagements. Après avoir tranché vous pouvez commenter. Et dire pourquoi ça vous a plu ou ulcéré au dernier degré. Après l'élan, le coup de cœur, la pulsion initiale, place à la réflexion et à la justification. Enfin on peut dire pourquoi l'adrénaline vous submerge en écoutant Johnny hurler sa révolte et sa déréliction devant des foules en délire à Bercy ou ailleurs ou pourquoi Lady Gaga est sublime d'intensité contestatrice. Ou pourquoi Paris Match est une insondable source de réflexion sur le devenir du monde.

             Mais il y a aussi le positif absolu, le progrès exponentiel qui nous conduit vers les lendemains confraternels, ceux qui chanteront après l'ultime révolution numérique. C'est qu'on peut se faire des amis avec les amis de ses amis. Finie l'époque où pour tisser des liens il fallait prospecter le voisin de palier ou de bureau avant  de réussir à s'immiscer au sein d'une association de copocléphiles ou de Chevaliers du Tastevin. A moins que la chaude confraternité du sport ne vous pousse à supporter l'équipe de rugby locale.

             Maintenant on peut compter ses amis par centaines, voire plus. Tant pis si on ne les connaît que par leur pseudo et si leur réalité biologique ne correspond pas véritablement aux promesses virtuelles. De toute manière on n'est pas forcé de prendre le petit déjeuner avec eux ni de partager leur passion pour le saut à l'élastique.

Alors cliquons. Relions-nous. Branchons-nous sur des réseaux multiples englobant la planète de son maillage convivial. Inondons la toile de messages sublimes indéfiniment  répercutés et rebondissant de site en site à vitesse électronique.

             Ainsi nous saurons tout sur tout ! Rien ne pourra plus nous échapper ! Alors repus de ces orgies relationnelles nous pourrons enfin goûter un apaisement bien légitime. Peut-être même pourrons nous passer la soirée à regarder quelque somptueuse émission télévisuelle à la gloire de l'Art Contemporain le plus branché en grignotant quelque popcorn généreusement arrosés de petites bières venues tout droit des caves du super marché le plus proche.

 

                                                             La Brosse Conge le 27 août 2014

                                                             Copyright Christian Lepère

 

"Relations algébriques" - dessin aquarellé - 13,5 x 13,5 cm - 1996

"Relations algébriques" - dessin aquarellé - 13,5 x 13,5 cm - 1996

202 - I love Facebook
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 08:01
"Montgolfiéres" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"Montgolfiéres" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

Le charme piquant des méduses

 

              Elles sont de retour ! Déployant leurs fantasmagories arachnéennes et flottant mollement au sein des eaux propices elles sont à la fête. Le réchauffement climatique est pour elles une aubaine, une chance inespérée, une bénédiction des dieux. D'une nature rêveuse et d'un piquant espiègle les voilà qui palpitent entre deux eaux. Là elles peuvent s'épanouir  et étendre leurs colonies fertiles. Ensuite, doucement portées par les courants elles dérivent vers nos côtes et viennent s'échouer sur nos plages, le long des golfes clairs. Tant pis pour celles qui vont se dessécher sur le sable ou finir tristement leurs jours dans quelque flaque abandonnée par le reflux des vagues. C'est la loi de la vie et les générations suivantes vont pouvoir leur succéder en un ballet grandiose sans cesse recommencé.

              Mais la méduse est un être hybride flottant avec le plancton dont elle fait partie. Elle est bien vieille, sinon pleine de sagesse et c'est depuis 650 millions d'années qu'elle dérive mollement au sein des eaux primordiales. Bien avant l'apparition de l'homme qui ne remonte qu'à six millions d'années.

              Peut-être pour se venger Réaumur les baptisa en 1710 « Gelée de mer » ce qui est bien vu...Mais c'est Linné, féru de mythologie qui compara leurs longs tentacules à la chevelure hideuse d'une des Gorgone.

              Cela n'empêcha pas qu'on leur prêtât des qualités culinaires en Asie où on les consomme séchées et notamment au Japon où l'on en fait des salades succulentes mais peu nutritives. Formées de 98 % d'eau de leur vivant, elles ne sont que des amuse-gueule. Mais le réchauffement climatique et la surpêche nuisible aux sardines, aux thons, aux tortues luth et aux poissons-lune les favorisent et il est possible qu'un jour nous n'ayons plus qu'elles à nous mettre sous la dent...

                 Rassurons-nous certaines méduses sont de bonne taille. Jusqu’à deux mètres de diamètre et quarante mètres de tentacules. De quoi faire ripaille en famille même si l’on ne consomme que l’ombrelle. D’ailleurs des bouddhistes végétariens pourraient  en profiter bien qu’ils respectassent la vie sous toutes ses formes. L’absence de cerveau, si ce n’est de vagues ébauches de cellules nerveuses et des yeux rudimentaires captant des informations vitales en fait des êtres assez peu sensibles bien que témoignant d’une belle vitalité n’entraînant pas automatiquement la compassion.

             Et la sexualité dans tout ça ? Eh bien elles sont au courant et dès ces stades rudimentaires la vie utilise déjà l’opposition-complémentarité du masculin et du féminin pour croître et se multiplier. C’est donc bien une caractéristique fondamentale de la vie n’en déplaise aux tenants du mariage pour tous.

            Cependant certaines méduses paraissent immortelles. D’ingénieux mécanismes  biologiques leur permettent de s’enkyster quand les conditions sont défavorables, puis de se régénérer à l’occasion…Certaines iraient même jusqu’à inverser les processus de vieillissement en contrôlant l’apoptose de leurs cellules. C’est-à-dire le processus naturel qui pousse celles-ci à s’auto- détruire pour laisser la place à leurs petites sœurs.

Hélas cette qualité utile à ces êtres somme toute rudimentaires devient fatale au niveau humain. Sous la forme du cancer. Dans ce cas des cellules refusent de mourir d’elles-mêmes mais périssent en même temps que l’organisme dont elles font partie ! Ce qui est un mauvais calcul…

             De toute manière même si une forme de vie devenait éternelle, ce ne serait que dans les conditions hautement sécurisées d’un laboratoire, avec hygrométrie constante, température finement adaptée et surveillance quasi-maternelle d’un personnel au-dessus de tout soupçon. Dans la nature les causes de décès sont multiples, d’une variété admirable et bien souvent imparables. A moins de se faire empailler ou cryogéniser notre avenir corporel reste assez limité. Et même les momies ne sauraient défier l’usure du temps indéfiniment.

             Mais ce dernier continue de passer sans s’en faire. Il nous offre donc périodiquement ses floraisons de méduses sur nos plages. Si les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, celle-ci n’est pas très bonne. Mais que voulez-vous il faut faire avec ! Se résoudre à soigner ses démangeaisons ou passer les vacances à la montagne.

                                                      

                                                        La Brosse Conge le 12 août 2014

                                                        Copyright Christian Lepère

 

"Les voiliers" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1987

"Les voiliers" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1987

La prochaine fois ?

 

J’hésite encore un peu…

Alors vous verrez bien !

 

                                                                                                                   

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 07:27
Numéro 200
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La prochaine fois

un sujet d’actualité contemporaine

 

« Le charme piquant des méduses »

vous parlera

des délices de l'été

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 07:28
"Ruines extravagantes" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2005

"Ruines extravagantes" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2005

Bien sûr,

ce qui est promis est promis.

Mais

je n’ai pas pu résister à une actualité brûlante.

 

« Le mythe de Babel »

Pourra attendre, il en a l’habitude…

Aujourd’hui

vous aurez donc droit à :

 

 

Zapper pour être cool

 

       Le temps est maussade. Il pleut sur la Bourgogne. Pas très bien dans ma tête, un peu à la dérive, je viens de visionner ma dose de turpitudes à la télé. C'est qu'il faut quand même se tenir au courant pour éviter d'être largué  en cette époque où la mondialisation nous cerne de toute part. Et puis sait-on jamais, il y avait des français à bord du dernier crash aérien. Peut-être que des connaissances de connaissances font partie des victimes ? C'est même probable si l'on étend ses investigations. Il est possible que le troisième mari de la caissière la plus âgée du Super U ait eu pour beau-frère, avant de partir à la retraite, un collègue du steward qui prenait soin des passagers. En vain d'ailleurs…

            J'avoue avoir zappé pour me retrouver sur BFM TV Là toute l'étendue du drame de la bande de Gaza déployait ses fastes. Du grand spectacle en vérité. Des images spectaculaires de bâtiments éventrés, de ruines fumantes et de débris calcinés sous lesquels gisent des autochtones  de tous âges qu'on tente de dégager à la pelleteuse pour leur rendre un dernier hommage . Le tout sur fond de lourdes fumées noires assombrissant le ciel urbain et témoignant de la prodigieuse précision des tirs de Tsahal.

            Quand on pense que tout cela est admis et approuvé par la majorité pour la bonne raison qu'il faut détruire les souterrains par lesquelles circulent les armes prohibées on ne peut qu'admirer l'efficacité d'interventions militaires finement ciblées. Des deux côtés d'ailleurs. C'est à qui sera le plus malfaisant pour faire respecter son bon droit. Provocations infantiles. Ripostes musclées qui ne le sont pas moins. Et pendant ce temps des diplomates bien vêtus, propres sur leur personne condamnent en termes  décisifs ce qui ne saurait durer car c'est inadmissible.

            Mais trop c’est trop ! Et voyant la pluie tomber sur la campagne je zappe une dernière fois. Sur Arte. Et là, ô surprise ! De belles images en noir et blanc m’accueillent. Soigneusement cadrées, éclairées avec science et fort bien composées, elles baignent dans une atmosphère retro très cinémathèque. La tradition au meilleur de sa forme. Mais leur charme ne saurait suffire, il faut aussi de l’humain, des drames et des rebondissements, de la chaleur et de la fantaisie, du rire et des grincements de dents. Et Bourvil apparaît, égal à lui-même, naïf et roué, simplet et calculateur, rusé et désarmant de mauvaise foi il est le fils gâté d’une famille aristocratique réduite à la misère. Il n’a jamais dérogé, donc jamais travaillé. Il ne sait rien faire et les siens sont aux abois. Ils ont faim mais restent dignes…

            Le film s’intitule « Un drôle de paroissien ». Pris de ferveur religieuse Georges le héros fréquente les églises où il prie divers saints en leur offrant des cierges. Et le miracle arrive. Ça marche ! Fou de joie, investi d’une mission divine il va pouvoir prélever sa juste part dans les troncs des bonnes œuvres. Avec la meilleure conscience puisque c’est de l’argent que de braves gens ont donné spontanément par charité chrétienne pour soulager les miséreux. Or il est dans la misère même si pour faire bonne figure il continue de se vêtir élégamment. Et les siens sont démunis. Je vous épargnerai tous les rebondissements de l’histoire mais les rôles sont tenus par des acteurs connus, fort bien distribués tel Francis Blanche en policier zélé plein d’idées ingénieuses mais un peu trop rêveur. 

J’avoue que ce spectacle m’a revigoré. Même si les motivations des personnages de l’histoire filmés comme des marionnettes sont bien soumises aux mêmes ressorts psychologiques de base que pour tout un chacun. Je veux dire par exemple les dirigeants d’Israël et les chefs du Hamas sans oublier les exaltés du Djihad. Vous savez, tous ces braves gens qui s’opposent tant parce qu’ils se ressemblent tellement.

 

                                                              La Brosse Conge le 29 juillet 2014

                                                              Copyright Christian Lepère 

 

 

"Le messager" - eau-forte imprimée sur Arches format demi-Jésus - 1976

"Le messager" - eau-forte imprimée sur Arches format demi-Jésus - 1976

 

La prochaine fois

ce sera le numéro

 

200

 

Vous trouverez une liste complète de tout ce qui est paru sur ce blog depuis le début.

Les articles seront classés par thèmes et il suffira de taper le numéro dans « recherche » pour y accéder (Si la machine remplit bien sa mission et si rien ne vient perturber votre propre ordinateur…)

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:04
"Cimetière de papillons" - Huile sur toile - 50 x 61 cm - 1988

"Cimetière de papillons" - Huile sur toile - 50 x 61 cm - 1988

 

Le fidèle serviteur

 

         Voilà que j'ai changé d'ordinateur, convaincu par l'avis des professionnels. Ceux qui en vendent et ceux qui très gentiment viennent me donner des conseils à domicile, conviés qu'ils sont à venir réparer les dysfonctionnements et les dommages causés par quelque logiciel malveillant ou par des virus qui simplement font leur métier sans se poser de questions.

         Donc je suis passé d'un Windows XP totalement obsolète à la version merveilleusement plus contemporaine de Windows 8. On m'avait bien prévenu qu'il y avait de nombreuses innovations destinées à faciliter le travail et procurant une multitude de nouveaux services. Mais trop, c'est trop. Et puis c'est bien connu, il est plus aisé de faire des choses compliquées   qu'on connaît depuis longtemps que de s'adapter à la nouveauté. Même si elle est naturellement intuitive et obéit aux gestes de la main comme toute tablette qui se respecte. Mais j'ai été timoré et le prix du progrès m'a freiné. J'en suis donc à la version qui obéit à la souris quand on n'en a pas peur ou bien au doigt sur le petit écran. A moins que la tablette graphique...Mais la mienne n'est pas totalement compatible et sa manipulation reste aléatoire.

         Le grand problème est la cohabitation des logiciels d'origine et de conceptions diverses. Certes les fabricants sont bien forcés de s'adapter et chacun souhaite bénéficier des innovations de la concurrence. D'autre part tous les composants sont plus ou moins de même origine. C'est comme pour les pneus et les accessoires de voiture. Renault ou Toyota conçoivent des modèles d'une originalité irremplaçable. C'est du moins ce qu'ils proclament, mais pour les détails il est d'usage de faire appel à des équipementiers très finement  spécialisés.

         Alors on bricole, on s'adapte. On fait du plus ou moins compatible. Et tout cela permet de faire marcher le commerce puisqu'il faut bien faire tourner la machine à faire du chiffre. A assurer la croissance

L’obsolescence programmée est une invention géniale de notre monde contemporain. Jusqu’alors on souhaitait que les choses durent et perdurent, qu’elles assurent leur mission jusqu’à leur fin ultime. Quelles soient rentables à tout jamais. Mais on a bien compris que seul le remplacement rapide de toute chose périmée était le moteur d’un renouveau incessant. Alors on innove, on améliore, on se lance dans la sophistication intensive. Toujours mieux. Toujours plus vite, plus grand, plus petit…Miniaturisé avec les nanotechnologies ou agrandi jusqu’au colossal pour scruter l’au-delà du big bang et les restes fossiles de l’explosion primordiale.

Ah ! Nous vivons des temps exaltants et l’on se demande pourquoi un tas de gens, non totalement satisfaits se laissent aller à récriminer, à protester, à brandir des banderoles et lancer des grèves sauvages de durée indéfiniment reconductible. Jusqu’au ras le bol de l’usager    qu’ils sont aussi, éventuellement, en tant qu’utilisateurs de leurs propres services.

Mais l’obsolescence programmée est un principe incontournable. D’ailleurs n’a-t-elle pas été mise au point par la nature elle-même ? Elle qui condamne tout ce qui vit à s’autodétruire progressivement ne serait-ce que pour atteindre sa taille optimale et son fonctionnement adulte le plus performant ?

Allons ! Qui voudrait rester un nourrisson ? Aussi charmant qu’il soit aux yeux du cercle de famille si cher à Victor Hugo. Mais je n’insisterai pas sur ce point car vous êtes aussi bien placés que moi pour  regretter cette période bénie tout en en regrettant les insuffisances.

 

                                                   La Brosse Conge le 14 juillet 2014

                                                   Copyright Christian Lepère

                                                                 

"Cimetière de papillons" - détail

"Cimetière de papillons" - détail

"Cimetière de papillons" - détail

"Cimetière de papillons" - détail

La suite sera dans deux semaines

car d’ici là

j’aurai d’autres chats à fouetter…

avant de vous livrer

 

« Le mythe de Babel »

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