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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 07:28
"Ruines extravagantes" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2005

"Ruines extravagantes" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2005

Bien sûr,

ce qui est promis est promis.

Mais

je n’ai pas pu résister à une actualité brûlante.

 

« Le mythe de Babel »

Pourra attendre, il en a l’habitude…

Aujourd’hui

vous aurez donc droit à :

 

 

Zapper pour être cool

 

       Le temps est maussade. Il pleut sur la Bourgogne. Pas très bien dans ma tête, un peu à la dérive, je viens de visionner ma dose de turpitudes à la télé. C'est qu'il faut quand même se tenir au courant pour éviter d'être largué  en cette époque où la mondialisation nous cerne de toute part. Et puis sait-on jamais, il y avait des français à bord du dernier crash aérien. Peut-être que des connaissances de connaissances font partie des victimes ? C'est même probable si l'on étend ses investigations. Il est possible que le troisième mari de la caissière la plus âgée du Super U ait eu pour beau-frère, avant de partir à la retraite, un collègue du steward qui prenait soin des passagers. En vain d'ailleurs…

            J'avoue avoir zappé pour me retrouver sur BFM TV Là toute l'étendue du drame de la bande de Gaza déployait ses fastes. Du grand spectacle en vérité. Des images spectaculaires de bâtiments éventrés, de ruines fumantes et de débris calcinés sous lesquels gisent des autochtones  de tous âges qu'on tente de dégager à la pelleteuse pour leur rendre un dernier hommage . Le tout sur fond de lourdes fumées noires assombrissant le ciel urbain et témoignant de la prodigieuse précision des tirs de Tsahal.

            Quand on pense que tout cela est admis et approuvé par la majorité pour la bonne raison qu'il faut détruire les souterrains par lesquelles circulent les armes prohibées on ne peut qu'admirer l'efficacité d'interventions militaires finement ciblées. Des deux côtés d'ailleurs. C'est à qui sera le plus malfaisant pour faire respecter son bon droit. Provocations infantiles. Ripostes musclées qui ne le sont pas moins. Et pendant ce temps des diplomates bien vêtus, propres sur leur personne condamnent en termes  décisifs ce qui ne saurait durer car c'est inadmissible.

            Mais trop c’est trop ! Et voyant la pluie tomber sur la campagne je zappe une dernière fois. Sur Arte. Et là, ô surprise ! De belles images en noir et blanc m’accueillent. Soigneusement cadrées, éclairées avec science et fort bien composées, elles baignent dans une atmosphère retro très cinémathèque. La tradition au meilleur de sa forme. Mais leur charme ne saurait suffire, il faut aussi de l’humain, des drames et des rebondissements, de la chaleur et de la fantaisie, du rire et des grincements de dents. Et Bourvil apparaît, égal à lui-même, naïf et roué, simplet et calculateur, rusé et désarmant de mauvaise foi il est le fils gâté d’une famille aristocratique réduite à la misère. Il n’a jamais dérogé, donc jamais travaillé. Il ne sait rien faire et les siens sont aux abois. Ils ont faim mais restent dignes…

            Le film s’intitule « Un drôle de paroissien ». Pris de ferveur religieuse Georges le héros fréquente les églises où il prie divers saints en leur offrant des cierges. Et le miracle arrive. Ça marche ! Fou de joie, investi d’une mission divine il va pouvoir prélever sa juste part dans les troncs des bonnes œuvres. Avec la meilleure conscience puisque c’est de l’argent que de braves gens ont donné spontanément par charité chrétienne pour soulager les miséreux. Or il est dans la misère même si pour faire bonne figure il continue de se vêtir élégamment. Et les siens sont démunis. Je vous épargnerai tous les rebondissements de l’histoire mais les rôles sont tenus par des acteurs connus, fort bien distribués tel Francis Blanche en policier zélé plein d’idées ingénieuses mais un peu trop rêveur. 

J’avoue que ce spectacle m’a revigoré. Même si les motivations des personnages de l’histoire filmés comme des marionnettes sont bien soumises aux mêmes ressorts psychologiques de base que pour tout un chacun. Je veux dire par exemple les dirigeants d’Israël et les chefs du Hamas sans oublier les exaltés du Djihad. Vous savez, tous ces braves gens qui s’opposent tant parce qu’ils se ressemblent tellement.

 

                                                              La Brosse Conge le 29 juillet 2014

                                                              Copyright Christian Lepère 

 

 

"Le messager" - eau-forte imprimée sur Arches format demi-Jésus - 1976

"Le messager" - eau-forte imprimée sur Arches format demi-Jésus - 1976

 

La prochaine fois

ce sera le numéro

 

200

 

Vous trouverez une liste complète de tout ce qui est paru sur ce blog depuis le début.

Les articles seront classés par thèmes et il suffira de taper le numéro dans « recherche » pour y accéder (Si la machine remplit bien sa mission et si rien ne vient perturber votre propre ordinateur…)

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:04
"Cimetière de papillons" - Huile sur toile - 50 x 61 cm - 1988

"Cimetière de papillons" - Huile sur toile - 50 x 61 cm - 1988

 

Le fidèle serviteur

 

         Voilà que j'ai changé d'ordinateur, convaincu par l'avis des professionnels. Ceux qui en vendent et ceux qui très gentiment viennent me donner des conseils à domicile, conviés qu'ils sont à venir réparer les dysfonctionnements et les dommages causés par quelque logiciel malveillant ou par des virus qui simplement font leur métier sans se poser de questions.

         Donc je suis passé d'un Windows XP totalement obsolète à la version merveilleusement plus contemporaine de Windows 8. On m'avait bien prévenu qu'il y avait de nombreuses innovations destinées à faciliter le travail et procurant une multitude de nouveaux services. Mais trop, c'est trop. Et puis c'est bien connu, il est plus aisé de faire des choses compliquées   qu'on connaît depuis longtemps que de s'adapter à la nouveauté. Même si elle est naturellement intuitive et obéit aux gestes de la main comme toute tablette qui se respecte. Mais j'ai été timoré et le prix du progrès m'a freiné. J'en suis donc à la version qui obéit à la souris quand on n'en a pas peur ou bien au doigt sur le petit écran. A moins que la tablette graphique...Mais la mienne n'est pas totalement compatible et sa manipulation reste aléatoire.

         Le grand problème est la cohabitation des logiciels d'origine et de conceptions diverses. Certes les fabricants sont bien forcés de s'adapter et chacun souhaite bénéficier des innovations de la concurrence. D'autre part tous les composants sont plus ou moins de même origine. C'est comme pour les pneus et les accessoires de voiture. Renault ou Toyota conçoivent des modèles d'une originalité irremplaçable. C'est du moins ce qu'ils proclament, mais pour les détails il est d'usage de faire appel à des équipementiers très finement  spécialisés.

         Alors on bricole, on s'adapte. On fait du plus ou moins compatible. Et tout cela permet de faire marcher le commerce puisqu'il faut bien faire tourner la machine à faire du chiffre. A assurer la croissance

L’obsolescence programmée est une invention géniale de notre monde contemporain. Jusqu’alors on souhaitait que les choses durent et perdurent, qu’elles assurent leur mission jusqu’à leur fin ultime. Quelles soient rentables à tout jamais. Mais on a bien compris que seul le remplacement rapide de toute chose périmée était le moteur d’un renouveau incessant. Alors on innove, on améliore, on se lance dans la sophistication intensive. Toujours mieux. Toujours plus vite, plus grand, plus petit…Miniaturisé avec les nanotechnologies ou agrandi jusqu’au colossal pour scruter l’au-delà du big bang et les restes fossiles de l’explosion primordiale.

Ah ! Nous vivons des temps exaltants et l’on se demande pourquoi un tas de gens, non totalement satisfaits se laissent aller à récriminer, à protester, à brandir des banderoles et lancer des grèves sauvages de durée indéfiniment reconductible. Jusqu’au ras le bol de l’usager    qu’ils sont aussi, éventuellement, en tant qu’utilisateurs de leurs propres services.

Mais l’obsolescence programmée est un principe incontournable. D’ailleurs n’a-t-elle pas été mise au point par la nature elle-même ? Elle qui condamne tout ce qui vit à s’autodétruire progressivement ne serait-ce que pour atteindre sa taille optimale et son fonctionnement adulte le plus performant ?

Allons ! Qui voudrait rester un nourrisson ? Aussi charmant qu’il soit aux yeux du cercle de famille si cher à Victor Hugo. Mais je n’insisterai pas sur ce point car vous êtes aussi bien placés que moi pour  regretter cette période bénie tout en en regrettant les insuffisances.

 

                                                   La Brosse Conge le 14 juillet 2014

                                                   Copyright Christian Lepère

                                                                 

"Cimetière de papillons" - détail

"Cimetière de papillons" - détail

"Cimetière de papillons" - détail

"Cimetière de papillons" - détail

La suite sera dans deux semaines

car d’ici là

j’aurai d’autres chats à fouetter…

avant de vous livrer

 

« Le mythe de Babel »

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 07:58
"Orgues basaltiques" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

"Orgues basaltiques" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2010

Plus loin que les volcans éteints

 

         Depuis la grisaille parisienne  l'autoroute Aquitaine m’accueille en ce 2 juillet maussade. Un peu droite, un peu monotone elle traverse la France profonde. Sur la droite des alignements d'éoliennes dont la silhouette se dresse sur la plaine semblant défier quelque Don Quichotte local. Certaines d'entre elles marquent une petite pause. Sans doute sont-elles moins sollicitées par des flux aériens plus ou moins capricieux. Mais comme c'est très discret on a l'impression d'un réel détachement alors que d'autres s'activent avec plus d'énergie. Ne serait-ce pas comme dans une cour d'école où quelques gamins tonifiés par un petit déjeuner revigorant plein de vitamines et de nutriments énergétiques s'imposent à d'autres plus dolents parce que nourris de façon plus négligente ?

               Je me souviens de publicités à la radio où on suggérait aux bons travailleurs de rouler au super en arrosant leur repas de vins un peu plus corsés. On sait que ça remonte le moral, si ce n'est les bretelles et que dans la joie et la bonne humeur l'ouvrier mais aussi l'employé de bureau s'épanouissent tout naturellement, sont plus aimables avec leurs proches et plus à même d'accomplir leur tâche avec entrain. C’était au bon vieux temps où la promotion publicitaire nous rappelait ces vérités élémentaires.

               Paisibles les éoliennes tournent au ralenti sous une petite bruine persistante.  Si ce n'était la platitude s'étendant jusqu'à plus loin, on se croirait en Bretagne. Mais ici pas de dolmens ou de calvaires dressant leurs croix de granit. D’improbables tiges d'acier d'une hauteur déraisonnable surplombent la plaine face aux vents d'ouest venus de l'océan lointain.

               L'autoroute défile imperturbable. Le trafic est modéré et les camions solitaires. Ils viennent de loin, d'Europe centrale ou des confins des régions nordiques. Les seules informations utiles sont celles des panneaux autoroutiers. Où allons-nous trouver du sans plomb 95 ? Et nous remonter le moral avec un petit capuccino bien chaud ? La pause s'impose ! Un ange gardien de la sécurité nous le rappelle gentiment.

               Je flotte un peu indécis. De vagues pensées me tiennent compagnie. La vie se fait plus calme. D'ailleurs il n'y a nulle urgence et j'atteindrai bien mon but si le destin suit son cours comme il se doit.

               Insensiblement le paysage change. Au loin des reliefs apparaissent. Un peu gris, un peu indécis ils annoncent la présence des monts d'Auvergne. Et petit à petit ils se rapprochent, se précisent. On croit même pouvoir les identifier.

               Maintenant l'impression est douce et puissante, c'est celle de planer au-dessus du monde. La voiture glisse sur l'autoroute  comme sur un toboggan. De faux plats en glissades évasives toutes de mollesse, les courbes se succèdent en moutonnant vers l'ouest. Le ciel est bleu, la voie est libre et seul quelque poids lourd un peu poussif pourrait troubler cette harmonie paisible. Mais la chose est prévue et l’on nous enjoint de faire attention aux véhicules lents qui pourraient faire obstacle. Car leur masse est opaque  et leurs contours massifs. Mais il y en a si peu et les voies sont si dégagées…

              Au loin la chaîne des Puys s’étire paresseusement. Ses courbes alternées se succèdent, ponctuées de quelques bosses plus arrondies. Plus loin, à l’arrière-plan le Puy de Dôme domine le troupeau. Sûr de son fait mais sans ostentation. Il domine parce qu’il est le plus haut et le plus ancien dans le grade le plus élevé. Donc le moins discuté. Peut-être se réveillera-t-il un jour pour affirmer sa puissance mais pour l’instant il repose paisiblement sous le soleil. Alors je me laisse aller car il reste encore de petites routes pittoresques et verdoyantes pour atteindre le Mont-Dore où des amis m’attendent pour compléter l’équipe qui va exposer ses œuvres peintes durant l’été dans ce haut lieu touristique accueillant pour les pratiquants de l’imaginaire.

 

                                                        Quelque part le 3 juillet 2014

                                                        Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Randonnée surprise" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"Randonnée surprise" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

La prochaine fois

 

Retour aux sophistications de la technique

et à

l’obsolescence programmée avec

 

« Le fidèle serviteur »

 

Portez- vous bien en attendant.

 

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 12:08
"Spinoza" -huile sur toile d'Alain Bazard-

"Spinoza" -huile sur toile d'Alain Bazard-

 

 

Exposition au Mont-Dore

 

« Les Masters de l'Art Fantastique »

et

« Le wagon de Dali »

 

     Le matin les artistes se sont réunis autour de Roger Erasmy, initiateur de cette manifestation. Ils ont pu, devant le wagon de Dali installé sur la place devant l'Espace Culturel « Joseph Forêt », exposer leurs vues et leurs intentions.

         D'une part promouvoir l'Art de l'Imaginaire en apportant un supplément d'humanité à un art contemporain devenu trop souvent formel et superficiel.

         Ensuite protester contre l'hégémonie de « L'Art Contemporain » officiel qui récolte toutes les subventions et méprise tout ce qui n'entre pas dans ses vues et ne s'aligne pas sur ses concepts.

         Ils ont été filmés et enregistrés par le vidéaste David Lebrun. Leur témoignage pourra donc être diffusé et servir de point de référence à d'autres initiatives. Par ailleurs leurs œuvres témoignent de la vitalité et de la cohérence de leur idéal pictural.

         Le vernissage en fin d'après-midi a permis à Roger Erasmy de rappeler le rôle précurseur de Salvador Dali et de montrer comment le « Wagon de Dali » a pu devenir un symbole rassemblant ceux qui attendent de l'art autre chose qu'un objet de spéculations financières.

         En présence de Jean-François Dubourg, maire du Mont-Dore. Le beau  temps revenu l’ambiance a été très estivale.                                                                 

        

L'exposition continue jusqu'au 31 août

Ouverture tous les jours de 16 à 20 heures

à l'espace Joseph Forêt

             

 

Les photos suivantes ont été prises dans la Dropbox de 

Michel Barthélémy.

 

 

Michel Barthélémy - Jean-Jacques Chabeaudie - David Lebrun - Christian Lepère et Roger Erasmy

Michel Barthélémy - Jean-Jacques Chabeaudie - David Lebrun - Christian Lepère et Roger Erasmy

Hors-série
Roger Erasmy devant "Le mystique de la gare de Perpignan" (Photo grandeur réelle)

Roger Erasmy devant "Le mystique de la gare de Perpignan" (Photo grandeur réelle)

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 07:16
"L'apparition" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1988

"L'apparition" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1988

Lettre ouverte aux uns et aux autres

a propos de l'état du monde

de l'art

 

          L'enseignement traditionnel, figé dans l'optique «  Beaux-Arts » somnolait doucement. On tentait d'inculquer aux enfants des habitudes et des méthodes utiles à de futurs professionnels mais souvent lourdement inadaptées à leur propre niveau. La copie laborieuse de plâtre n'enthousiasmait pas nécessairement les âmes enfantines.

         Comme toujours en pareil cas certains enseignants désapprouvaient et tentaient d'innover. En 1952-54, je me souviens de professeurs au lycée Voltaire à Paris se dirigeant vers plus de créativité et de diversité dans les approches. C'était encore un peu timide mais l'évolution était positive.

          Lorsque je commençai à enseigner en 1965, le mouvement s'était considérablement amplifié et il était entendu que l'enseignement artistique devait ouvrir les jeunes esprits à des approches multiples. Il y avait certes des tâtonnements et les innovations n'étaient pas toujours de franches réussites, mais au moins un équilibre existait entre l'acquisition de connaissances indispensables et l'encouragement à la recherche créative.

         Hélas les sociétés humaines n'évoluent jamais en ligne droite mais selon l'implacable loi du balancier. Après les excès de l'académisme et le passage par un certain point d'équilibre, le dérapage commençait à s'amorcer vers des formes de recherches plus aventureuses préfigurant les dérives actuelles..

        Survint Mai 68. Crise d'adolescence inévitable et excessive comme il se doit. Révolte d'esprits immatures gâtés par une société de consommation tristement utilitaire. L'électrochoc n'était sans doute pas inutile, mais par ses excès même il n'encourageait guère dans la voie d'une évolution harmonieuse. Bien entendu l'irresponsabilité était comme toujours justifiée par les idéaux les plus nobles.

         Les anciens grecs ont je crois bien connu la démagogie. Après l’avoir observée ils l’ont désignée clairement mais cela n’a pas empêché leur civilisation de s’enfoncer dans la décadence avant de disparaître tout naturellement. Comme il est de coutume pourrait-on dire…

           Mai 68 terminé le mouvement de libération était donc bien lancé et il allait suivre sa propre logique.

          Continuant à enseigner et me livrant comme tout un chacun à l'expérimentation je bricolais quelque peu. J'étais jeune, assez enthousiaste et je croyais à la liberté. En toute logique il ne me restait plus qu'à attendre les suites et les conséquences. Elles ne manquèrent pas de survenir. Je dus constater que sincérité et naïveté sont parfois bien proches et qu'avec les meilleures intentions du monde on peut se tromper lourdement. Mais cela seul le temps peut le confirmer. Et c'est ce que depuis toujours on appelle l'expérience. Qu'on me permette au moins de regretter mes erreurs.

        Conseiller pédagogique j'eus à plusieurs reprises à accueillir des groupes de stagiaires de l'E.N.S.E.T. Déjâ, avec le recul leurs vues me paraissaient parfois un peu surprenantes,mais je continuais à croire au progrès.

          Pendant ce temps la "révolution" continuait sa progression irrémédiable, libérant tout et tous. Les anciens contestataires se plaçaient dans l'existence et accédaient a des postes de responsabilité. Comme il est normal ils ne voulurent pas avoir l'air de se renier et en arrivèrent à tenir de grands propos sur la créativité tout en assurant leur propre promotion par le biais de l'intégration aux hiérarchies en place.

          C'est ainsi que l'on en arriva à cette subversion bien particulière qui consiste à tenir des propos libertaires à partir de positions officielles qu'il serait bien dangereux de laisser contester. Ubu rode dans les coulisses. Son apparition en scène ne saurait tarder.

          Elle ne tarda donc pas. Forts d'avoir infiltré les milieux culturels jusqu'aux plus hauts niveaux par l'intermédiaire de galeristes riches et influents, de directeurs de musées et de critiques d'art éminents, « L’Art Contemporain » pouvait commencer à régner en maître. Ignorés de la grande majorité et adulés par les snobs et les spéculateurs ses principaux représentants purent ainsi s'installer dans de confortables positions. L'académisme officiel de la seconde moitié du 20° siècle était né et faisait régner sa loi. Soutenu subventionné et imposé par le Ministère de la Culture, il devenait incontournable. Pour faire bonne mesure il ne restait plus qu'à assurer sa promotion par l'intermédiaire de l'enseignement. Cette dernière stratégie fort efficace fut donc mise en  œuvre et petit à petit l’on fit comprendre aux enseignants où étaient l'avenir et le salut.

           Comme certains faisaient un peu la sourde oreille et s'attardaient avec une complaisance suspecte sur des notions désormais bien désuètes, on insista un peu pour qu'ils perdissent leurs oeillères. Non, désormais la liberté ne pouvait plus s'embarrasser de contraintes, de règles et de limites. Ainsi donc toute transmission de savoir devenait suspecte, réductrice, pour ne pas dire castratrice par essence.

       Parler de perspective était digne d'un petit bourgeois que seule l'apparence sottement photographique des choses peut rassurer. S'aventurer dans des exposés sur les lois physiologiques de la perception des couleurs, justifiant la notion d'harmonie colorée était encore plus douteux. Et pourquoi ne pas parler de bon goût tant qu'on y était?

            Donc élaguons et soyons libres. A l'heure actuelle ce processus ne cesse de s'étendre. Qui pourrait l'arrêter? Les anciens, ceux qui commencèrent à enseigner avant Mai 68 partent à la retraite. A l'instar des poilus de 14-18 leur nombre ne peut que diminuer irrémédiablement. Quand aux jeunes, comment pourraient-ils contester? N'ayant rien connu d'autre, formés dans un flou savamment entretenu, comment pourraient-ils réinventer ce qu'on ne leur à pas transmis et dont on leur a dit que c'était tout à fait obsolète? Car il ne faut pas s'y tromper, ce sont les fondements même de toute création plastique qui ont été radicalement remis en cause.

       Jadis, dans les époques reculées,il y avait un art sacré. Reposant sur des lois et des codifications traditionnelles jmposées, il semblait aller totalement à rencontre de la créativité individuelle. Or, curieusement,c'est au coeur de ces époques de "dirigisme" que de grandes oeuvres ont été réalisées. Qu'il s'agisse de sculpture égyptienne, de peinture chinoise, de mandatas tibétains, d'oeuvres "primitives",dans chaque cas force est de constater que loin d'avoir nui à la créativité les règles imposées n'ont fait que la rendre plus vivace, comme si l'esprit humain avait besoin de contraintes pour pouvoir se surpasser.

          Depuis tout a changé. L'évolution des techniques et des mentalités, la perte du sens du sacré, le rejet de la transcendance ont contribué à l'émergence de ce monde plat et privé d'âme où la recherche effrénée du gadget est censée meubler les loisirs d'existences vouées par ailleurs à la production et à la consommation. Ni Dieu ni maître, plus de lois,  plus de règles. Ne restent plus que les désirs personnels s'épanouissant en pulsions variées (ô combien changeantes et contradictoires) et la course effrénée à l'affirmation égotique. Dès lors tous les moyens sont bons. La seule chose qui importe est d'arriver à imposer par n'importe quels moyens, mais de préférence publicitaires et démagogiques une vision qui se voudrait irréductiblement personnelle.

            Nous voilà condamnés à l'originalité à tout prix. Ce qui, en bonne logique, de par le jeu des opposés réduit le niveau général à une affligeante médiocrité. Car qui veut faire l'ange fait la bête. Qui veut affirmer délibérément son originalité se condamne à n'être qu'une caricature de soi-même.

Voilà où nous en sommes et cet état des lieux est un peu consternant, même si l'évolution aberrante de notre monde l'a rendu inévitable. Quel avenir souhaitons nous donc pour nous mêmes et nos descendants?

         Bien sûr certains diront que l'histoire du vingtième siècle fut exceptionnellement riche en péripéties et que tous les excès prouvent au moins qu'il s'est passé quelque chose et que l'on a tenté hardiment de nouvelles aventures. Sans doute, mais si l'heure du bilan approche, peut-être faut-il voir les choses en face et constater que le résultat actuel ressemble beaucoup plus à un naufrage qu'à un épanouissement.

           Serait-il juste de terminer sur une note aussi pessimiste? Non, sans doute ,    car malgré tout la critique des acquis et la contestation des valeurs du simple bon sens est compensée nécessairement à un niveau plus profond. Un monde nouveau va surgir sur les décombres de notre civilisation à bout de souffle.

            Après s'être succédées .contestées puis remplacées dans un rythme de plus en plus rapide les "avant-gardes" culturelles vont enfin apparaître pour ce qu'elles furent : de grandes exploratrices d'impasses et de culs-de-sacs en tous genres. Même si elles furent persuadées à chaque fois d'avoir enfin trouvé la voie de la connaissance et de la liberté. Triste carnaval, agitation stérile,hochets pour snobs intellectualisations.

            Mais on a le monde qu'on mérite et après tout personne ne nous a forcés à venir vivre dans cette période chaotique de l'humanité. Donc nous y sommes. A qui la faute? Il ne nous reste plus qu'à attendre en essayant tout au moins de ne pas rajouter à la confusion. Celle-ci n'a nul besoin de notre aide pour proliférer dans tous les domaines du possible, notamment dans ceux de l'art et de l'enseignement.

            Mais au fait, ne serait-ce pas Rimbaud qui a dit : "science avec patience, le supplice est sûr." alliant dans un moment d'effrayante lucidité l'intuition mystique à la vision existentielle. Mais la roue continue de tourner et que cela nous plaise ou non, il ne nous reste plus guère le temps de nous affoler. D'ailleurs à quoi bon...

                                                                     Le Chesnay le 29 Mars 1997

 

                                         ==========================  

                

       Ce texte a été écrit en 1997. Je ne le renie nullement. J’avais déjà abordé les problèmes artistiques et l’évolution de l’art moderne dans plusieurs articles toujours présents sur ce blog et visibles en tapant  un numéro choisi dans la liste suivante :

 

N° 12     « Squelette et concept » le 6 juillet 2010

N°15     « Hommage à Pablo » le 8 août 2010

 N°28      « Histoire d’un naufrage » le 24 décembre 2010  et comprenant :

N° 29    «  Cubisme » le 1 janvier 2011

N° 30    «  Installation » le8 janvier 2011

N° 31    « Cézanne » le 17 janvier 2011

N° 32    « Matisse » le25 janvier 2011

N° 33    « Notions d’éthique » 2 février 2011

N° 34    « Van Gogh » le 7 février 2011

N° 35    « Abstraction » le 15 février 2011

N° 36    « Récupération et détournement » le 20 février 2011

N° 37    « Marcel Duchamp » le 27 février 2011

  N°   41     « Abstraction et créativité »   le 10 avril 2011

  N°   50    « Hommage à Photoshop »   le 30 juin 2011

  N°   54     «  L’art de l’imaginaire »   le 1 août 2011

  N°   99     «  Propos sur l’art n’engageant que… »   le 3 août 2012

  N° 122     « Confidences d’un électron libre »    le 24 janvier 2013

  N° 147     « Mais où vont-ils chercher tout ça ? »   le 23 juillet 2013

 

 

"De la plus haute tour" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2008

"De la plus haute tour" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2008

 

Retour à la vraie vie

 

La prochaine fois

Je vous parlerai d’un  petit voyage culturel récent

 

« Plus loin que les volcans éteints »

     

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 08:35
"Brochette de fantasmes" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

"Brochette de fantasmes" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

La bique 

 

C’est la bique herbivore au fin sabot rythmique

Qui sautille matin suivant sur le talus

La brise saturée des rêves chimériques

De cocasses caprices capricants et barbus.

 

Mais que souhaitez vous donc qui ne soit déjà dit

Le spectacle est piquant et devrait vous suffire.

A moins qu’en vos tréfonds, à moins qu’en vos soupirs

Vous ne souhaitiez plus loin aller au plus profond.

 

 

Mais est-ce bien ainsi

Qu’on trouve ses racines ?

 

 

Aujourd’hui il fait beau

Et demain il pleuvra…

 

 

----------------

 

 

Texte de jeunesse revu et complété au Chesnay le 19 février 2014

Copyright Christian Lepère

 

 

 

La bique

 

C’est la bique herbivore au fin sabot rythmique

Qui sautille matin suivant sur le talus

La brise saturée des rêves chimériques

De cocasses caprices capricants et barbus.

 

Mais que souhaitez vous donc qui ne soit déjà dit

Le spectacle est piquant et devrait vous suffire.

A moins qu’en vos tréfonds, à moins qu’en vos soupirs

Vous ne souhaitiez plus loin aller au plus profond.

 

Mais est-ce bien ainsi

Qu’on trouve ses racines ?

 

Aujourd’hui il fait beau

Et demain il pleuvra…

 

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Texte de jeunesse revu et complété au Chesnay le 19 février 2014

Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

"L'effrontée" - Terre cuite peinte - hauteur : 70 cm - 2009

"L'effrontée" - Terre cuite peinte - hauteur : 70 cm - 2009

 

 

 Après

 ce petit intermède

revenons aux choses sérieuses

 

 

Vous aurez donc droit à quelques considérations

un peu anciennes

sur l’art

avec 

 

 

« Lettre ouverte aux uns et aux autres à propos de l’état du monde de l’art »

 

 

Texte écrit en 1997…

 

 

 

 

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 19:08
"Verger abandonné" - eau-forte imprimée sur Arches format demi-raisin - 1977

"Verger abandonné" - eau-forte imprimée sur Arches format demi-raisin - 1977

La nature qui verdoie

 

              Au long des chemins creux les églantines répandent leur parfum. Petites touches de rose sur fond de verdure envahissante. Tout remplis d’herbes folles, entremêlés de ronces les sentiers jouent à se faire oublier. Et les orties se chargent de compléter le fouillis inextricable.

              N’y allez pas en short vous en sortiriez griffés, piqués, si ce n’est mouillés par la rosée qui s’attarde. Mais vous laisseriez un sillage aussi discret que le passage d’un ruminant. D’ailleurs les vaches sont dans le pré qui longe et derrière la clôture de barbelés on ne voit guère que la pointe de leurs cornes et la masse paisible de leurs dos. Leur queue aussi parfois quand elles s’évertuent à chasser les insectes piqueurs. Sans grand succès d’ailleurs mais avec une belle régularité. C’est donc à ces quelques parties de leurs corps émergeant sur l’ondulation végétale qu’on sait qu’elles sont bien là. Occupées à brouter comme de coutume et nullement impressionnées par l’abondance du festin.

              Imaginez que nous soyons au centre de la table de banquet, cernés de toute part par les mets les plus appétissants, les fumets les plus tentants, enfouis dans les victuailles. Déjà repus et rassasiés. Serions- nous plus sages ?  Pour les vaches pas de problème. Elles broutent pour subvenir à leurs besoins. Ni plus ni moins. Seraient-elles plus raisonnables que nous ?  Ou n’est-ce qu’indifférence bovine ? C’est vrai que leur regard, même si il est moins vide que celui des moutons ne nous en dit guère sur leur vie intérieure. Ainsi seul le Bon Dieu est au courant, à moins que saint François d’Assise ne se soit penché sur leur sort  dans un grand élan de charité chrétienne pour leur témoigner toute la compassion dont elles ont tellement besoin.

 

                                                          Sermizelles le 23 juin 2014

                     copyright Christian Lepère                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

"Le retour au bercail" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2005

"Le retour au bercail" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 2005

La prochaine fois

 

Un petit poème primesautier :

« La bique »

 

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 06:46
"Roule ta caisse" - huile sur toile - 27 x 22 cm - 2006

"Roule ta caisse" - huile sur toile - 27 x 22 cm - 2006

Télé déception

 

          En haut du monticule le Chef était campé. Serein dans sa toge impériale, avec son regard de rapace dardé droit devant vers le couchant. D'un œil froid il dominait le monde et ses multitudes. A ses pieds la racaille, la fine fleur de la chair à canon et les plus inconditionnels de ses dévots. Tous ses proches et ses fidèles. Ceux dont il avait pincé l'oreille en les gratifiant d'une virile accolade au soir du combat. Ceux qu'il avait châtrés pour n'avoir point chanté sa louange quand il avait enjambé leurs corps brisés, sanguinolents, parmi les débris fumants des cités dévastées. Ceux qui lui en voulaient encore de la perte d'un œil, d'un membre, voire de l'honneur d'être invincible.

          Puis ce fut le chaos. Blême et hurlante la masse des protagonistes s'ébranla dans des clameurs d'apocalypse. En face les deutéragonistes, les impurs, les infidèles, la fange des lisières de l'Empire. Tout ce que le monde avait produit  de lourd, de contrefait ou d'estropié. Eux aussi poussaient des cris et entonnaient des chants ardents à vous faire dresser le poil sur tout le corps. A perte de vue ce n'étaient que poitrail dilatés couverts de mousse et d'écume. Gueules ouvertes crachant leurs dents.  Lèvres congestionnées éructant des insultes et silhouettes convulsées faisant des bras d'honneur. Comme des pachydermes les deux armées progressaient.

          L'Empereur dominait. Il était venu. Il était prêt à vaincre. Du haut de son fier destrier, bête de guerre toute de fer caparaçonnée, il ombrageait le monde et insultait les cieux.

 

          Mais que se passe-t-il ? L'écran vient de s'éteindre… Il se rallume...L'image se brouille et se disloque... Ça fait de la mosaïque...C'est abstrait et assez rigolo. C'est qu'au loin l'orage gronde perturbant les ondes hertziennes. Juste au moment où je commençais à me laisser fasciner. A devenir bon public.

          C'est vrai le monde ne va pas bien et quand on songe à la redevance télé on se dit que décidément tout cela est injuste. Moi qui aurais souhaité passer la soirée bien au chaud. Sans embêter personne. Et voilà qu'une perturbation atmosphérique un peu lointaine m'en empêche. Mais que fait- ont donc en haut lieu ? A quoi servent nos élus ? Auraient-ils d'autres chats à fouetter plutôt que de s'occuper de nos légitimes revendications ? Et où allons-nous si en fin de semaine l'honnête travailleur ne peut plus décompresser en liquidant son stress ? C'est le burnout démocratique pour tous que l'on souhaite ! Alors allez-y, insistez mais ne vous étonnez pas si le populisme reprend du poil de la bête ! Mais pas d'affolement prématuré, de toute façon demain est un autre jour. Alors on verra bien !

 

                                                                    Le Chesnay le 2 juin 2014

                                                                    copyright Christian Lepère

 

 

"Quatuor atypique" - huile sur toile - 27 x 22 cm - 2006

"Quatuor atypique" - huile sur toile - 27 x 22 cm - 2006

La prochaine fois

 

Un grand bol d’air nous fera

le plus grand bien 

avec

« La nature qui verdoie »

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Exposition au Mont-Dore

193 - Télé déception
193 - Télé déception
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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:47

Une exposition va avoir lieu cet été.

Voici de quoi

il s'agit :

Hors série- annonce d'une exposition

Révolution

(Parcours circulaire autour d'un astre)

 

 

              On connaît l'évolution de l'art moderne. Lassés par une tradition qui s’essoufflait les artistes ont voulu s'affranchir des limites et des contraintes. Après la conquête du plein air  il était tentant de tout remettre en cause pour explorer ce qui n'avait jamais été osé. Cubisme, fauvismes et tous les « ismes » que l'on voudra…

              C'était salutaire et inévitable. Hélas toute médaille a son revers. Au nom de la liberté on commença donc à interdire et à condamner. On supprima les sujets religieux, puis les sujets tout court. Ensuite la perspective et l'anatomie et les  lois d'harmonie chromatique (plus de fausses notes...)  Toute contrainte devait être abolie. Autour le monde découvrait la  photo et le cinéma en attendant la vidéo et le numérique.

            L'abstraction libérait de tout...ou presque...Et d'ascèse en simplification elle menait tout droit au vide le plus contemporain. Certains en arrivèrent au concept, pur et dur, sans fioritures. Hélas ! Toute œuvre repose sur un concept, même la Joconde, même les fresques de Lascaux. Mais ce qui fait l’œuvre c'est sa réalité sensible, ses formes et ses couleurs. Un repas gastronomique peut-il être réduit à la lecture du menu ? Oui ! Si l'on considère que se nourrir est une triste corvée.

              Mais le balancier de l'histoire continue sa course et voilà que le figuratif refait surface, que l'imaginaire se réveille en nous et que l'âme du monde semble sortir de sa torpeur. Il était temps ! Car la jeunesse est là et les meilleurs ressentent cruellement l'absence de repères et de références au passé. On a oublié de leur montrer leurs racines, c'est à dire la victoire de Samothrace au lieu des colonnes de Buren.

              C'est ainsi que l'idée est venus de boucler la boucle. De faire la révolution…Mais en spirale, en montant d'un cran à chaque tour. Nous voila donc prêts pour un nouveau départ.

              Il y a dix ans Roger Erasmy, écrivain et grand admirateur de Salvador Dali a lancé « L'appel de Lyon ». Réunissant quelques peintres il forma le groupe des « Héritiers de Dali ». Depuis de nombreuse expositions ont eu lieu en France et en Europe, notamment au Mont-Dore ou chaque année les Thermes Byzantins accueillent des expositions d'une belle qualité.

              La municipalité étant très favorable à cette orientation, un bâtiment ancien a été restauré  et peut accueillir désormais ce courant rénovateur.

             Mais pourquoi se référer à Dali ? D'abord parce que lui savait peindre, ce qui était devenu rare à son époque. Ensuite parce qu'il a été un surréaliste authentique puisant aux sources de la psyché  pour y retrouver les symboles du subconscient. Et enfin parce qu'à notre triste époque utilitaire, un petit supplément d'âme serait fort utile. N'en déplaise aux amateurs de gadgets pour snobs et spéculateurs qui sévissent jusqu'à Versailles et même à Venise…

              Enfin nous sommes humains , corps de chair et d'os habités par une âme qui pour être plus subtile n'en a pas moins des besoins vitaux. Je parle ici de beauté, d'harmonie et de tout ce qui peut rendre la vie plus riche et plus profonde.

 

                                                              Sermizelles le 20 juin 2014

                                                              copyright Christian Lepère

 

 

Voici les sites des 4 peintres

 

www.chab-jjchabeaudie.com/

 

www.artmajeur.com/fr/artist/bazard

 

www.mon-louvre.be/

 

www.christian-lepere-peintre.odexpo.com

Michel Barthélémy - "Migration" - huile sur toile -

Michel Barthélémy - "Migration" - huile sur toile -

Jean-Jacques Chabeaudie - "Epreuve" - huile sur toile

Jean-Jacques Chabeaudie - "Epreuve" - huile sur toile

Alain Bazard - huile sut toile -

Alain Bazard - huile sut toile -

Christian Lepère - "Délire architectural - huile sur toile

Christian Lepère - "Délire architectural - huile sur toile

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 08:01
"Tranche de vie un peu saumâtre" - eau-forte imprimée sur Arches format Demi-Jésus - 1975

"Tranche de vie un peu saumâtre" - eau-forte imprimée sur Arches format Demi-Jésus - 1975

 

Les convulsions du réel

 

       A chaque instant la science nous le confirme. Le monde est infiniment plus vaste, infiniment plus complexe, infiniment plus enchevêtré et interdépendant que tout ce que nos modestes cervelles ont pu concevoir pour se rassurer.

      Il est infiniment multiple et contradictoire et cependant équilibré. Il ressemble assez à un koan zen. L'être humain que nous sommes est tout aussi vaste et complexe et multiple et contradictoire. Il n'est que d'observer autour de soi avec un esprit un peu attentif. Mais comment s'en étonner puisque nous sommes un des éléments du monde, une de ses productions les plus délirantes et sans doute un condensé de toutes ses possibilités.

        Socrate nous a transmis cette vérité traditionnelle : « Connais toi toi-même et tu connaîtras les secrets de l'univers et des dieux. ». Affirmation gratuite et délirante ? Démagogie pour petits malins qui cultivent l'opium du peuple ? Manipulation pour esprits débiles et demeurés en tout genre ? Le besoin de croire est tellement viscéral ! L'ennui est que cette affirmation a été proclamée à toutes les époques et dans toutes les traditions. Du moins celles qui ne se sont pas égarées dans les allées du pouvoir. Car depuis toujours toutes les croyances ont été récupérées par les autorités ravies de détenir un outil d'asservissement merveilleux, à la fois carotte et bâton. En gros promesse d'un paradis et terreur d'un enfer éternel. Et vous savez que l'éternité c'est très long...

         Alors ? Alors j'ouvre la télé et voilà que sous mes yeux effarés le cirque politico-démago-désinformant déploie son prodigieux spectacle tout tissé de stratégies de communication, de magouilles et de trahisons pour la bonne cause.

       Avez vous remarqué que la petite Marine (D'un bleu plus marine tu meurs...) voit enfin pointer l'aube de sa légitime ambition, devenir l'autorité suprême en dépassant Nicolas dit Sarko en sommet de côte sans visibilité. En doublant par la droite au mépris du code de la route. Mais les présidentielles encore aussi lointaines que la ligne bleue des Vosges commencent à lui faire croire en son destin sous l'œil unique mais attendri de son papa.

         Pendant ce temps c'est la déroute. Le bonheur des uns accable les autres et pendant que la marée monte sur les côtes bretonnes, elle déserte les rives américaines. Mais rassurez vous ça va s'arranger par la suite. C'est que le monde est infiniment vaste mais irrémédiablement équilibré. Autant en politique qu'au niveau des particules élémentaires ou à celui plus viscéral de l'homéostasie. Ce processus qui règle nos humeurs et nous permet de subsister cahin-caha jusqu'à l'issue finale qui n'est peut-être qu'un nouveau départ.

         Bien installé je zappe un peu et voilà Jean François C., l'adversaire juré de l'autre François F qui commence à la trouver saumâtre. Les résultats des élections européennes sont affligeants et voilà que des irresponsables vont fouiller dans les alentours de ses activités officielles. Mais tout cela vient de « Bygmalion ». Comment faire confiance à un nom pareil? Soyons sérieux!

         Pendant ce temps que fait Poutine ? Il est en Chine comme Marco Polo. Pour nouer des relations amicales et vendre son gaz. Mais la Crimée s'est détachée de l'Ukraine et les nouveaux maîtres de cette dernière n'ont pas l'air de vouloir rigoler. De méchantes langues les disent un peu nazis, mais ce sont de méchantes langues. Allons-nous voir enfin le Bien triompher du Mal ?

     Pas si simple... D'ailleurs on parle beaucoup du débarquement de Normandie et avec le recul on commence à envisager derrière l'enthousiasme officiel des commémorations, les zones d'ombre, le cafouillage et l'ambiguïté des participants pas toujours si volontaires que ça. Les noirs qu'on cantonne à l'arrière, les blancs dignes de se faire tuer en héros. Ceux qu'on a poussés, ceux qu'on a freinés. Au fait étaient-ils si différents des jeunes allemands qui se retrouvaient là parce qu'on leur en avait donné l'ordre de façon un peu contraignante ? Je crois bien que pendant la grande guerre, la « Der des der » des catholiques allemands et français se sont retrouvés face à face pour s'étriper à la baïonnette, ce qui n'est pas très propre. Mais chacun priait le ciel pour faire gagner sa juste cause. Car on se doit de châtier l'autre, ce personnage odieux qui estime avoir raison contre toute vraisemblance.

           Je vais m'arrêter là en attendant la suite qui ne saurait nous décevoir. Ah ce n'est pas demain qu'on va s'ennuyer en se battant les flancs devant une télé vide de péripéties et de drames humains tellement poignants ! Tellement stimulants pour ceux à qui l'ivresse de Roland Garros ne saurait suffire. A ceux dont l'âme bien née refuse de se contenter d'un quotidien au jour le jour ! D'une vie à la petite semaine ! D'un labeur obscur en attendant la retraite qui n'est plus ce qu'elle fut au bon vieux temps de la croissance. Mais serrons les poings et les boulons ! Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts !

 

                                                   Le Chesnay le 30 mai 2014

                                                   Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Salle d'attente" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2010

"Salle d'attente" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2010

Ceci étant dit et proclamé,

je profiterai de la prochaine occasion

pour en ajouter une couche.

Vous aurez donc droit

à

« Télé déception »

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