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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:26
"Perplexité" - huile sur panneau - 22 x 27 cm - 2007

"Perplexité" - huile sur panneau - 22 x 27 cm - 2007

Quand on a la santé

 

          Depuis bien longtemps j'observe et je cherche à comprendre les mécanismes dirigeant le monde. Sans oublier tout ce qu'il comporte y compris nos propres existences.

            J'avoue que le destin vient de me combler. Des circonstances plutôt anodines, du moins sans gravité excessive viennent de me faire fréquenter le monde hospitalier. C'est d'un banal affligeant et tout un chacun doit passer par cette case à diverses reprises dans le Grand Jeu de l'Oie de l'existence.

            Voici donc l'enchaînement. Depuis des années des problèmes de circulation me font problème dans la jambe droite. D'abord on y remédie en portant une chaussette de contention qui facilite le retour veineux. Puis on progresse avec le bas qui remonte plus haut. Parfois un caillot de sang se forme et bloque la circulation. Il faut alors faire usage d'anticoagulant pour le dissoudre.

            Tout cela reste anodin, le seul ennui étant de ne pouvoir s'ébattre plus librement et d'avoir à se faire des piqûres d'anticoagulant au-dessous du nombril pour pouvoir revenir à un état normal. Ensuite il y a la possible récidive. Une fois, deux fois, trois fois. A ce moment la coupe est pleine et l'on prend de grandes décisions. Éradiquer la veine saphène fautive et supprimer le problème à la source. La décision est prise, le chirurgien favorable, l'intervention envisageable. C'est compter sans la malice d'un sort adverse. Quatre jours avant l'opération une phlébite se déclare, obstruant la veine et me condamnant à me présenter aux urgences  un dimanche matin pour y recevoir les soins nécessaires. C'est jugé assez grave et on ne m'autorise à retourner chez moi que le lendemain après avoir prévenu le chirurgien qui ne peut plus opérer dans ces conditions défavorables.

            Dieu merci il fait beau et la campagne m'attend pour tout l'été. Simplement il n'était pas prévu qu'un traitement serait nécessaire pendant trois mois au minimum et peut-être un peu plus…

            Dès la rentrée, visite à la phlébologue, personne aimable et conviviale qui ne saurait trop m'encourager à envisager l'opération dans les meilleurs délais. Donc examens, analyses, doppler par résonance et le meilleur des techniques de pointe actuellement en service.

            Il ne reste plus qu'à revoir le chirurgien, puis l'anesthésiste en priant mon saint patron pour que l'épisode précédent ne se renouvelle pas.

            Enfin l'opération a lieu. L'hôpital est très grand, parfaitement agencé et comporte de nombreux services. Tellement nombreux en vérité qu'une organisation tatillonne et d'une grande précision  technique est indispensable pour gérer la fantaisie humaine et ses aléas.

            Prise en charge, formalités, questionnaires exhaustifs, il faut répondre à toutes les demandes et faire face à des situations imprévues tout au moins si l'on ne fait pas partie d'un  personnel pour qui c'est la routine la plus évidente, et qui pourrait se montrer importuné par le néophyte qui débarque avec ses gros sabots. Il est vrai qu'on s'accoutume à tout et que bientôt on va déambuler de couloir en service et d'ascenseur en escalier sans de vaines hésitations qui font trébucher. En un mot on devient familier avant de pouvoir à l'avenir évoquer le bon vieux temps où l'on fréquentait des lieux connus.

            Mais dans un grand hôpital tout est subdivisé, hiérarchisé car chacun et chacune y ont une place précise et des prérogatives qui ne sauraient être outrepassées… C'est indispensable et chaque petit rouage doit accomplir sa tâche avec vigilance, sans déborder sur les attributions d'autrui.

            Mais vous fréquentez comme moi la nature humaine. Nul ne saurait être réduit à une fonction ou à un poste le long d'une chaîne d'assemblage. De plus les brancardiers et les aides-soignantes sont des personnes humaines comme vous et moi. Ils ont besoin de contact et de chaleur et qu'on les tienne pour des semblables, sinon comment pourraient-ils vous écouter vraiment ? Dans ces conditions la politesse réglementaire ne saurait suffire. C'est ainsi qu'un brancardier qui était du service pré ou post-opératoire a réussi à entamer la conversation. Ayant appris que j'étais peintre, artiste et pas en bâtiment, voilà qu'il se lance pour me confier que Wojtek Siudmak est un grand peintre connu pour ses couvertures de livres de science-fiction. L'affirmation était catégorique et j'exprimai mon accord car il se trouve que j'ai été exposé en compagnie de Siudmak pendant de longues années au Musée de l'Imaginaire du Château de Ferrières -en- Brie. Ça ne s'invente pas ! Hasard ? Coïncidence ou synchronicité chère à Carl Gustav Jung ?

            Enfin on me dirige vers le bloc opératoire. Poussé, tiré, manipulé je traverse des zones où règne une activité de ruche fiévreuse ou de fourmilière à la belle saison. Des chariots se croisent chargés de pré ou de post-opérés. L'ambiance est étrange, suractivée mais ordonnée et ressemble à une sorte de meeting ou chacun saurait ce qu'il convient de faire ou d'éviter. C'est comme une fête pleine de personnages costumés avec leurs blouses blanches ou vertes, leurs bras nus parfois tatoués, du blanc au noir en passant par le basané ou au contraire recouverts scrupuleusement pour des raisons d'asepsie drastique. Crânes et chevelures sont variés souvent recouverts d'un bonnet en plastique plus ou moins seyant. Je n'oublie pas les masques respiratoires qui donnent des airs d'insectes bizarres. Ici chacun fait ce qui lui incombe et l'ensemble se déroule sans heurts.

            Enfin on m'endort. Et puis plus rien avant le réveil. « Monsieur...monsieur...C'est terminé ! Comment vous sentez-vous ? »  « Ben, euh... » Dur d'émerger et de réintégrer son rôle de patient. Ça flotte tout autour et petit à petit le monde coagule à nouveau, retrouve sa densité rassurante.   « Même pas mal ! » C'est qu'on est plus sur les champs de bataille napoléoniens où on vous amputait d'une jambe à même le sol après une rasade de gnôle pour le moral et l'aide musclée des copains pour vous éviter toute vaine résistance.

            L'époque est plus douce et c'est d'une voix aimable que l'on vous suggère de quantifier votre douleur de un à dix pour pouvoir y remédier avec des cachets. Pour faire sérieux je réponds un petit deux mais en réalité s’il y a gêne, elle n'est pas douloureuse.

            Je vous épargnerai la suite car maintenant tout va bien après un retour en train. Ah, j'oubliais quand même que sur ce tout petit parcours il y a une correspondance et que les affichages électroniques de voies et d’horaires  ne sont pas toujours très clairs ni très complets. Et comme nous vivons une époque moderne, il n'y a plus aucun employé pour vous renseigner. Restent les autres passagers mais ceux-ci habitués à leurs parcours routiniers  ne savent pas trop si ce train-là va s'arrêter à la station suivante et parfois ce n'est même pas indiqué dans les wagons. Mais c'est sans doute dû à une défaillance électronique du système qui ne saurait se prolonger dans l'avenir. Mais après tout pourquoi voulez-vous rentrer chez vous aujourd’hui alors qu'il fera beau demain, du moins si l'on en croit les prévisions qui pour être établies avec rigueur n'en sont pas moins parfois victimes de perturbations mineures mais imprévisibles.

 

                                                             Le Chesnay le 18 octobre 2014

                                                             Copyright Christian Lepère  

'La vie en rose" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

'La vie en rose" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

Et la prochaine fois?

La conjoncture étant particulièrement fluctuante

il est bien difficile

de prévoir...

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 07:55
"Prie-Dieu" - Terre cuite - hauteur 42 cm - 2008

"Prie-Dieu" - Terre cuite - hauteur 42 cm - 2008

 

            En tant que co-auteur de la CHARTE FABER 21, je ne peux qu'approuver tous ceux et celles qui  critiquent intelligemment « l'Art Contemporain Officiel ».

            Parmi eux Nicole Esterolle me semble particulièrement efficace avec son site du « Schtroumpf Emergent »

 

                                 www.schtroumpf-emergent.com

 

            Cependant j'ai eu la surprise de la voir réagir à la critique de Luc Ferry contestant la création du musée SOULAGES. Elle, au contraire affirme  qu'il est  un artiste authentique auquel on accorde certes un peu trop d'attention mais qui n'est pas à mettre dans le même panier  qu'un Buren ou un Jeff Koons. Je lui ai donc fait part de mes réflexions sur le sujet. Depuis j'ai décidé de  publier ma lettre. Comme elle manquait un peu de nuances, je l'ai modifiée légèrement pour la rendre plus acceptable.

           

 

 

             Chère Nicole Esterolle,

 

             Merci pour votre chronique qui permet de se tenir au courant des dérives actuelles. Un point m'a cependant chiffonné : Soulages et ses Outrenoirs.

             J'avoue ne pas  connaître son œuvre exhaustivement et je n'ai pas visité son musée. Je vais cependant vous dire ce qu'il me semble.

             Il est possible que Soulages soit sincère et qu'il ait consacré sa vie à une sorte d'ascèse. Cependant une recherche d'intériorité n'est pas forcément l'élaboration d'une œuvre plastique bien qu'elles puissent coexister.

             J'ai le plus profond respect pour la méditation zen ou des pratiques soufies et autres. Mais ce sont des démarches strictement personnelles qui impliquent une totale humilité.

             Par ailleurs l'ancien prof d'arts plastiques que je suis a beaucoup de mal à déceler de la transcendance dans des « œuvres » que mes amis peintres et moi-même pourraient réaliser facilement en multipliant les nuances et les subtilités indéfiniment.

             Photographiez un mur noir ou gris  ou un mur quelconque délabré. Faites-en un très beau tirage (techniquement) accrochez le dans un endroit de prestige, muséal ou autre. Eclairez- le soigneusement et racontez ensuite que c'est le fruit de longues années d'intériorisation et de recherche de l'Essentiel… On vous accordera au moins le bénéfice du doute. Et si beaucoup de gens viennent il se produira une sorte d'imprégnation psychique très efficace (nous sommes influençables…). Le tour sera joué.

             Mais c'est subtil. Si la transcendance est bien réelle, elle est présente partout (Même la crotte de chien sur le trottoir n'est pas épargnée…). Et si vous lâchez-prise profondément vous pourrez y accéder en tout lieu et en toute circonstance voire même dans des cas très particuliers, comme la petite madeleine de Proust, référence culturelle si il en est.

             Malgré cela les sages authentiques, hommes et femmes, admettent que certains lieux, certaines œuvres ont une qualité particulière qui dans le relatif les rend sacrées (cathédrales, mandalas etc.)

             Mais c'est très facile de se raconter des histoires. Par exemple de prendre un Soulages pour une porte ouverte sur l'ailleurs.

             Pour terminer j'avoue avoir aussi des doutes sur Olivier Debré ou d’autres qui, quelles que soient leurs intentions et leur sincérité ne se donnent pas les moyens de réaliser des œuvres défendables d’un point de vue objectif et pratiquent la créativité sauvage sans un minimum de lucidité.

             Avec toute mon estime pour votre position contestataire.

 

 

                    Texte revu et amélioré le 11 octobre 2014 au Chesnay

 

 

 

"Prie-Dieu" - Terre cuite

"Prie-Dieu" - Terre cuite

Que nous réserve l’avenir ?

Lui seul le sait !

Alors patientons… on verra bien ce qu’il va s’ingénier

à nous proposer !

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 07:08
"Histoire naturelle" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2004

"Histoire naturelle" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2004

Noyers-sur- Serein

(Prononcer Noillères…)

 

 

             Blotti dans un méandre du Serein, Noyers est un charmant village bourguignon. Situé non-loin du hameau où je retrouve mes sources à la belle saison, il a souvent été le but de nos escapades. C'est qu'il y a matière à se satisfaire.

            D'abord l'architecture ancienne y est soigneusement préservée et le long des vieilles rues pavées d'antiques maisons à colombage amoureusement restaurées vous réjouissent l’œil en apaisant l'esprit. Ici le passé perdure  et il est choisi.  Et par surcroît il est vivant, habité par tout un chacun, autochtone ou venu des confins du monde connu.

            Des arcades permettent de longer la rue principale sans crainte des excès climatiques. Du chaud accablant au froid qui s'infiltre, les vieilles voûtes vous protègent. Bien sûr la bienveillance des propriétaires riverains qui ont fait construire n'est pas seule en cause. C'était dans l'ancien temps le seul moyen d'accroître  son domaine en empiétant sur l'espace public sans entraver la circulation des concitoyens. C'était judicieusement calculé et chacun y trouvait son compte.

            De longue date cette petite agglomération est devenue un lieu privilégié. Fréquentée par des artistes et de doctes esprits, habitée par des artisans et les gens du quotidien elle est un havre de culture préservée. Et parmi d'autres initiatives un musée de l'art naïf s'y est installé.

            Jadis le village était cerné par les vignes puis elles ont disparues et maintenant il faut aller jusqu'à Irancy ou même jusqu'à Chablis pour goûter les produits du vignoble bourguignon.

            Si le Serein est fort paisible et ressemble souvent plus à des douves qu'à un torrent bondissant, il n'en reste pas moins sujet à des débordements et dans ce terrain assez plat il lui arrive de se livrer à quelques fantaisies. Mais ce n'est jamais bien méchant.

            Ce n'est pas comme certains des personnages hauts en couleur qui ont hanté ces lieux. Depuis le Moyen Age Noyers n'a pas échappé au sort de toute bourgade attirante pour les prédateurs. Et pendant longtemps seigneurs et chefs de bandes se sont tendu des pièges quand ils ne s’entre-tuaient pas de façon plus frontale pour s'emparer de proies aussi alléchantes. Le tout se faisant sur fond de guerres de religion rappelant à s'y méprendre certains épisodes actuels menés au nom de l'amour du prochain et de la vraie foi. A cette réserve près que le prochain cesse d'en être un si il s'obstine dans son erreur se rangeant parmi les infidèles dont on peut se demander si ils ont une âme…

            C'est ainsi qu'un beau jour Henry quatre lui-même a décidé de faire raser le château qui était fort comme il se doit, avec ses remparts et ses tours. La raison en était évidente. Un certain Duprat, seigneur de Vitteaux et tyranneau local avait pris la fâcheuse habitude de s'emparer de gens du lieu afin de les séquestrer pour pouvoir ensuite les torturer tout à son aise. A son corps défendant il était justifié par le désir bien légitime de se distraire à une époque où la télévision ne venait pas égayer de mornes soirées. L'habitude étant prise le seul moyen de le convaincre était de détruire tous ses biens, si ce n'est sa personne.

            Donc le bon roi Henry a décidé de supprimer ce repaire de gens de peu. Et l'affaire a été rondement menée. Cela a d'ailleurs ensuite permis aux braves villageois  de récupérer de la pierre pour leurs propres besoins. Car comme disait le Duc d'Elbeuf (selon Brel…) « C't avec du vieux qu'on fait du neuf ! ». Mais à l'époque c'était tout naturel et bien des châteaux sont devenus matériaux à demeures bourgeoises ou éléments de restauration de lieux de culte, tandis que ceux-ci menaçant ruine servaient de carrière pour des usages plus profanes.

            Mais la roue tourne, les mentalités évoluent et voilà qu'en notre beau 21° siècle plein de prouesses technologiques sidérantes, des gens pleins de bonne volonté et en mal de racines authentiques ont senti le besoin viscéral de faire renaître le passé.

            On s'est donc mis à reconstruire le château. L'affaire est en cours et nombre de jeunes un peu déçus par le miroir aux alouettes de notre déclinante société de consommation, dont la santé vacillante ne leur inspire plus ce bel enthousiasme post-soixante huitard qui a soutenu leurs aînés, se remettent à l'ouvrage.

            J'en profite pour dire deux mots du château de Guédelon en Puisaye. Dans ce cas ce n'est pas d'une restauration, aussi radicale qu'elle puisse être, qu'il est question. Non ! C'est la conception et l'édification d'un bâtiment neuf avec les concepts et les techniques du Moyen-Age. Serait-ce la preuve par l'improbable que rien n'est jamais perdu définitivement ?

            Mais si j'ai abordé ce sujet, c'est après avoir vue une émission télévisée consacrée à Noyers et que seuls les hasards d'un zapping aléatoire m'ont permis d'admirer…

            Ainsi tout est possible et les distractions les plus vaines où l'on se livre à l'influence des médias peuvent entre deux séries de spots publicitaires vous ouvrir une fenêtre sur de plus consistantes nourritures. Cela ne fera que prouver une fois de plus combien tout est relatif comme disait le Bouddha en son temps.

 

                                                             Le Chesnay le 4 octobre 2014

                                                             Copyright Christian Lepère

 

 

Information

 

En tant qu’Invité d’Honneur

j’ai le plaisir de vous convier au vernissage

du Salon d’Automne d’Ozoir-la-Ferrière.

 

207 - Noyers-sur-Serein
207 - Noyers-sur-Serein
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 08:46
"Baptême de l'air" - Acrylique sur panneau - 40 x 61 - 1984

"Baptême de l'air" - Acrylique sur panneau - 40 x 61 - 1984

L'enfant prodigue de la gloire

 

            C'est parti, l'affaire est sur les rails. Ce n'est pas le tout de proclamer de bonnes intentions, d'ailleurs l'enfer en est pavé, encore faut-il ensuite les appliquer. Après avoir mis au point entre complices les articles de la Charte FABER 21, il nous reste maintenant à les mettre en pratique.

            Je me dois donc de réaliser pour le prochain Salon du Mont-Dore une toile qui corresponde au thème des grands événements historiques. J'ai donc opté pour Napoléon dont le souvenir glorieux a été chanté avec tant de ferveur par Tino Rossi.

            Parmi tous les hauts faits j'ai choisi la campagne de Russie pour son ampleur et sa démesure. Ah ! L’élan de tous les peuples d'Europe, réunis sous l'aile de l'aigle impérial et lancés dans l'aventure la plus grandiose ! 600.000 hommes unis, tous fraternels pour aller porter l'ordre et la paix impériale aux confins de ces terres déshéritées ! La révolution en marche, camarades !

            Seulement voilà Napoléon restait humain, donc soumis à quelques contingences. Le surhomme avait mal à l'estomac et avait aussi attrapé la gale qui le démangeait comme ce n'est pas permis. Certes ses capacités cérébrales étaient  estimables comme celles d'un calculateur prodige qui vous extrait des racines cubiques sans hésitation et à la demande. A l'époque on ne mesurait pas le q.i. avec cette précision fabuleuse qui permet de distinguer  à coup sûr le bon grain de l'ivraie mais on savait reconnaître le mérite des esprits distingués. D’ailleurs l’élite des arts et de la pensée  se laissa parfois aller à un enthousiasme enivrant. Beethoven dédia sa 3° symphonie « Héroïque » à Napoléon Bonaparte, avant de réfléchir un peu plus posément.

            Après avoir fait tout le nécessaire pour disposer du pouvoir commodément l’Empereur passa à l’application pratique.  Pourquoi s’en priver ? Il en avait les moyens ! Il s’est donc élancé sur les chemins de la gloire, ceux qui conduisent aux lointains qui font rêver. Si loin qu’ils sont tout nimbés de fantastique légendaire. Moscou c’est autre chose que Bécon-les-Bruyères.

            Voilà donc la Grande Armée s’élançant vers l’est. Pour assurer l’intendance on compte sur l’aide généreuse des populations investies, comme d’habitude. D’ailleurs l’accueil ne peut être qu’enthousiaste puisque on apporte les bienfaits d’un esprit nouveau. Mais tout s’use et l’élan décroit. C’est que le général en chef Koutouzov est un vieux de la vieille. Il a combattu les Turcs. Et au lieu de faire tuer consciencieusement ceux qui sont sous ses ordres, ce qui serait très légitime et que nul ne saurait lui reprocher, il pratique l’art de l’esquive et de la terre brûlée.

            Ce n’est pas vraiment non-violent mais ça ressemble un peu aux arts martiaux. Se dérober pour éviter le choc frontal et rendre l’adversaire perplexe pour nuire à son enthousiasme…Il va même pousser la ruse machiavélique jusqu’à laisser l’Empereur entrer à Moscou et s’installer au Kremlin où il va se retrouver un peu penaud. Sans vaincu qui vienne honnêtement lui rendre allégeance.

            Enfin, dans une ultime perfidie les russes vont mettre le feu à la ville amenant les soldats français à tenter de sauver la ville…

            Pourtant le spectacle doit être assez joli en hiver. Mais voilà, c’en est trop ! Profondément dépité l’Empereur va décider de battre en retraite. Un peu tard hélas car il ne renonce pas facilement. La suite on la connaît. Le lent retour cerné par des dangers mortels. Le long voyage à reculons. Harcelée par l’hiver, la neige, le froid et les cosaques la Grande Armée va fondre avant que les derniers rescapés ne retrouvent le sol de leur Patrie Bien Aimée.

            L’histoire m’a parue exemplaire. Elle s’est répétée suffisamment au cours de l’histoire dans des lieux et des conditions tellement divers qu’on peut s’aventurer à en tirer des conclusions.

            Certains hommes dotés d’un bon ordinateur cérébral, habités par des pulsions puissantes et forts d’un pragmatisme à tout crin éprouvent le besoin de dominer. Jusque -là rien que de très ordinaire. Mais si en plus ils disposent de l’esprit pratique, du charisme et du cynisme nécessaires, alors ils peuvent agglutiner la masse autour d’eux. Leur but est évidemment de faire le Bien. Que pourrait-on faire d’autre ? Mais le Bien selon leurs vues qui peuvent être un peu courtes et nettement autocentrées. Et si celles-ci sont  impérialistes, pas de problème.

            En général après des succès stupéfiants ils connaissent des revers comme Alexandre le Grand. Mais parfois ils réussissent à perdurer, voire à continuer d’être idolâtrés après leur fin biologique. Sans aller jusqu’à Lénine et son mausolée, Staline et Mao le Grand Timonier ont encore des adeptes, même si ils se font plus discrets. Il paraît même qu’Adolf a encore quelques partisans…

            Mais tout cela nous dépasse un peu. Et après tout nous avons aussi d’autres sujets de préoccupation qui nous concernent nous directement. Alors connais-toi toi-même et tu connaîtras tout sur Napoléon !

 

                                                                       Le Chesnay le 25 septembre 2014

                                                                       Copyright Christian Lepère 

 

"La danse" - Dessin aquarellé et acrylique - 60 x 80 cm - 1984

"La danse" - Dessin aquarellé et acrylique - 60 x 80 cm - 1984

 

C’est promis !

 

Je vous parlerai du « Mythe de Babel »

un peu plus tard

à moins qu’un sujet d’une brûlante actualité ne vienne s’immiscer

entre- temps.

Alors patience !

 

 

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 07:43
"Les météores" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

"Les météores" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

Vaines pensées

 

             Une fois de plus je longe le mur du cimetière. Toujours aussi gris, toujours aussi rectiligne, c'est un ami fidèle, un guide qui me conduit vers la gare, le lieu de tous les départs, de tous les espoirs. Le point magique d'où l'on peut        atteindre la capitale et son activité fébrile et sans cesse renouvelée.

             Ici c'est plutôt provincial, même si aux alentours du noble bâtiment ferroviaire une certaine effervescence agite les esprits et accélère les déambulations. Mais tout cela reste mesuré, à échelle humaine. Qu'on se le tienne pour dit, Versailles c'est la province.

             Je me souviens d'ailleurs de ces dimanches de mon enfance où le chef de famille emmenait son épouse et sa progéniture à bord de son automobile, une Celtaquatre assez vétuste pour ouvrir nos esprits aux beautés du Grand Siècle, parfaire notre culture et nous faire prendre un grand bol d'air en contemplant le Grand Canal et ses eaux apaisées.

             Mais il fallait traverser Versailles pour y accéder. Après avoir quitté Paris et être passé sous l'interminable et très sombre tunnel de Saint Cloud, on connaissait l'ivresse de l'autoroute, l'échappée vers le grand Ouest. Au loin c'était le mirage de la mer, le mont Saint Michel et sa vastitude méditative puis la côte Normande, puis la Bretagne...L'extrême pointe du Raz battue par les flots déchaînés et là- bas, très loin, le Nouveau Monde.

             Déjà j'étais rêveur mais en arrivant à Versailles on se trouvait en ces débuts d'après-midi d'automne au cœur d'une ville fantôme. D'immenses avenues désertes convergeaient au sein d'un espace vacant vers le Saint des Saints, la demeure du Roi Soleil. Les riverains, après avoir assisté à la grand-messe étaient en train de se réunir en famille pour célébrer le jour du Seigneur. De façon conviviale mais sans excès. C'est qu'on a une tradition à honorer et un rang à tenir.

             Plus tard j'ai habité Versailles et du haut de mon quatrième étage je surplombai la joyeuse effervescence du Marché central le dimanche matin. Là l'ambiance était toute autre. Bon enfant et pleine de vie. D'ailleurs les piétons prenaient possession de la chaussée en traversant sans porter la moindre attention aux véhicules forcés de s'arrêter pour n'écraser personne. D'ailleurs la tradition perdure et maintenant encore l'automobiliste ne fait toujours pas la loi. Les zones de non-droit ne sont pas réservées qu'à des banlieues déshéritées !

             Mais je longe toujours le mur du cimetière. Devant moi une jeune personne progresse en balançant ses hanches. Je la dépasse et constate qu’elle parle toute seule. Enfin pas tout à fait car elle a son oreillette et est en train d’apprendre à une copine qu’ « ils se sont séparés et que c’est bien triste… ». Mais que voulez-vous c’est la vie avec ses vicissitudes. Sur l’autre rive un pépé progresse le mégot aux lèvres. Un motocycliste passe casqué et bardé d’indifférence. Un cycliste le suit qui parle aussi tout seul. Dans mon enfance on l’aurait fait enfermer mais il a des circonstances atténuantes : Il est en train de fixer rendez-vous à un Guatémaltèque qui va débarquer à Roissy dans la soirée, en provenance de Pointe à Pitre. Il devra l’accueillir pour qu’il ait une bonne opinion de la France et qu’il assure ensuite la promotion de la qualité nationale dans ces contrées lointaines. Etre hexagonal ou ne pas être grand-chose. Ne pas se laisser dévorer par la mondialisation.

             Mais je m’égare, je divague, j’attribue aux autres mes vaines cogitations. Je projette mes préoccupations qui n’intéressent que moi. Alors pardonnez- moi je me suis laissé aller. Mais c’est promis je ne le ferai plus. Jusqu’à la prochaine fois.

 

                                                              Le Chesnay le 11 septembre 2014

                                                              Copyright Christian Lepère

 

 

 

"Navire échoué" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

"Navire échoué" - dessin - 27,5 x 39,5 cm - 1984

                         La prochaine fois               

vous aurez peut-être enfin droit

au

« Mythe de Babel »

 

Mais peut-être pas…Alors patientons…

 

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 08:13
Peinture de Michel Bassot - "Le paradoxe"

Peinture de Michel Bassot - "Le paradoxe"

Peinture de Yo Coquelin - "Sabbat"

Peinture de Yo Coquelin - "Sabbat"

 Les peintures reproduites ici sont exposées en ce moment

à Saint Léonard de Noblat

 

 

 

Autour de la Charte FABER 21

 

            J'ai porté à votre attention la semaine dernière la Charte « Faber 21 ». Pour beaucoup d'entre vous c'était une surprise et je crains qu'ils n'y aient vu que de l'inattendu et du surprenant. A la limite du pittoresque  ou des déclarations sympathiques n'engageant pas vraiment  les auteurs responsables.

            En réalité c'est un texte qui se veut fondateur et qui est le fruit de la réflexion que quatre peintres qui ne se connaissaient pas encore ont menée, chacun de son côté, au fil des ans, avant d'être réunis par un écrivain qui avait le même genre de préoccupations.

            Nous sommes donc quatre complices plus l'initiateur du projet. Tous nous avons eu le temps de réfléchir longuement. Et ce depuis plus de quarante ans dans mon cas.

Ce n'est donc pas une idée soudaine, une lubie passagère ou le rêve de gentils hurluberlus qui refont le monde avec leurs copains à l'heure de l'apéro.

            Mais on peut se demander ce qui nous motive. Tout simplement nous faisons partie des artistes et des enseignants innombrables qui depuis belle lurette ont été totalement négligés par les « élites » en place dans les allées du pouvoir.

            Se rend-on compte que l'argent des contribuables que nous sommes tous est utilisé presque exclusivement à assurer la promotion d'un Art Officiel, totalement artificiel et qui a été imposé par le pouvoir politique et son complice naturel : la finance dérégulée internationale. Celle que certains ont comparée au renard libre dans la basse-cour libre. Thème dont La Fontaine aurait pu tirer une fable bien édifiante.

            Qui dit pouvoir dit Ministère de la Culture pour l'hexagone et pouvoir financier des dirigeants des multinationales, ainsi que des traders et autres « experts » qui continuent à jouer à la roulette avec l'épargne du bon peuple. Ceux-là vivent dans l'immédiat et ne songent qu'à leurs revenus et à la gloire de leur standing. Qu'ils détruisent le monde et ses ressources leur importe peu. Il faut jouir de tout, tout de suite.

            Contre cela nous ne pouvons rien. Nous revendiquons simplement pour les artistes et créateurs le droit d'exister et de pouvoir s'exprimes. C'est tout mais c'est exorbitant aux yeux du pouvoir en place. Du moins pour le moment…

            Il se trouve qu'après la Charte j'ai annoncé une exposition, la 15° Biennale de St Léonard de Noblat. En tant que participant j'ai assisté au vernissage. Voici donc mes impressions. Créée et animée par des bénévoles cette Biennale a réuni depuis trente ans des peintres et des sculpteurs de grand talent. Plutôt portés sur l'imaginaire mais ouverts à d'autres tendances, sous réserve d'une qualité plastique indiscutable.

            L'ancien professeur d'arts plastiques que je suis ne renie rien de ses convictions et continue de s'efforcer à juger objectivement. Je peux donc dire sincèrement du bien de choses que je ne mettrai pas sur les murs de ma chambre, ce qui réduit la subjectivité.

            A St Léonard je n'ai vu que des œuvres de qualité indiscutable. Je « n'aime » pas tout mais tout me paraît digne d'y être exposé. Je vous épargnerai la description des œuvres qui ne remplace absolument pas leur contemplation et peut même faire illusion… Les noms des  40 artistes vous sont accessibles, ils figuraient sur l'invitation et sur internet Google se fera un plaisir de vous connecter si vous tapez leur nom.

            Cette manifestation n'est pas la seule. Il y a d'autres Salons de grande qualité dans l'hexagone. D'ailleurs nombre de participants viennent d'un peu plus loin et ont même parfois sillonné la planète avant de se réunir ici fraternellement.

            Je ne vous parlerai pas du beau temps qui nous a gratifiés, ni de l'accueil plus qu'amical qui nous a été réservé. Qu'on me permette de témoigner de ma gratitude à l’égard de Marie-Thérèse et de Pierre son époux  ancien notaire de l'endroit.. Leur rôle est essentiel, mais ils sont aussi bien entourés. Longue vie à eux et à leurs activités !

            Grand merci aussi à tous mes amis, artistes et créateurs pour les échanges amicaux  où les sensibilités féminines et masculines se complètent et s'enrichissent. J'en ai retenu qu'une certaine pratique de l'imaginaire n'était pas une fantaisie gratuite    ni un nombrilisme  auto-satisfait mais débouchait au contraire sur une conscience élargie et accueillante à la diversité. Plus on peut exprimer son propre monde intérieur et plus on peut s'ouvrir à celui des autres. Paradoxal ? Mais la Réalité, ce qui sous-tend    et engendre notre monde matériel qui se voudrait tellement solide et rationnel    est plus riche et multiforme.

            Croyez moi ou pas, ou plutôt essayez de vérifier par vous-même, mais le jeu des forces du Yin et du Yang se complètent en s'opposant et permettent l'apparition de l'infinie richesse du monde où nos vies se déroulent selon les lois de la manifestation.

            Bien entendu si mes propos vous paraissent un peu abrupts, vous pouvez m'en faire part. Vos remarques pertinentes seront accueillies ici sans problème.

 

                                                                Le Chesnay le 15 septembre 2014

                                                                Copyright Christian Lepère     

 

 

 

Peinture de Michel Naze - "Toit et mur"

Peinture de Michel Naze - "Toit et mur"

Peinture de Sylvia Karle Marquet - "Maestria"

Peinture de Sylvia Karle Marquet - "Maestria"

La prochaine fois ?

 

Nous verrons bien le moment venu.

Car demain est un autre jour !

 

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 06:57

Chose promise, chose due!

Voici donc le texte fondateur 

de la

Charte FABER 21

203 - CHARTE FABER 21
203 - CHARTE FABER 21

Information personnelle

J'ai l'honneur de participer à l'exposition suivante 

en excellente compagnie

 

203 - CHARTE FABER 21
203 - CHARTE FABER 21
Peinture de Lamy - "A sotte question pas de réponse"

Peinture de Lamy - "A sotte question pas de réponse"

De quoi vous parlerai-je la prochaine fois?

On verra bien...

 

Pour le moment vous pouvez vous exprimer

à propos de la  Charter Faber 21

(selon votre humeur)

 

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 10:00
"Course-poursuite" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm - 1994

"Course-poursuite" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm - 1994

I love Facebook !

 

       Alors j'aime ou j'aime pas ? Pas d'hésitation il faut se décider. Sous chaque photo, sous chaque intervention vous êtes invités à acquiescer et à vous conjoindre chaleureusement! Et si t'hésites, pas de clic !

             Voilà où nous en sommes avec les réseaux sociaux jeunes, contemporains et dynamiques. Il faut trancher. Il faut dire si c'est nul ou génial. Car on a le droit de ne pas aimer et de le proclamer derechef !

             Jadis ces comportements étaient réservés aux adolescents. Car il faut bien que jeunesse se passe et que depuis Neandertal tout un chacun se construit et devient adulte en s'opposant et en se montrant péremptoire. Et définitif.

             Donc Facebook nous met au pied du mur. Il nous somme de prendre parti. Il a horreur de l'indécision. Cela s'applique à tout, de la recette de gratin aux aubergines au téléfilm le plus scandaleux (Mais tellement courageux dans sa dénonciation des ultimes tabous qui nous oppriment encore…) Il faut agir ! Il faut protester ! Il faut condamner le condamnable pour savoir enfin qui est qui et où se cache le mal, l'ennemi, le planqué, celui qui ne partage pas le consensus. Celui qui ne dit ni oui ni non, le diplomate, le normand, l'irrécupérable. Celui qui refuse le classement au hit-parade.

             Enfin, Dieu merci tout excès a son antidote, ses aménagements. Après avoir tranché vous pouvez commenter. Et dire pourquoi ça vous a plu ou ulcéré au dernier degré. Après l'élan, le coup de cœur, la pulsion initiale, place à la réflexion et à la justification. Enfin on peut dire pourquoi l'adrénaline vous submerge en écoutant Johnny hurler sa révolte et sa déréliction devant des foules en délire à Bercy ou ailleurs ou pourquoi Lady Gaga est sublime d'intensité contestatrice. Ou pourquoi Paris Match est une insondable source de réflexion sur le devenir du monde.

             Mais il y a aussi le positif absolu, le progrès exponentiel qui nous conduit vers les lendemains confraternels, ceux qui chanteront après l'ultime révolution numérique. C'est qu'on peut se faire des amis avec les amis de ses amis. Finie l'époque où pour tisser des liens il fallait prospecter le voisin de palier ou de bureau avant  de réussir à s'immiscer au sein d'une association de copocléphiles ou de Chevaliers du Tastevin. A moins que la chaude confraternité du sport ne vous pousse à supporter l'équipe de rugby locale.

             Maintenant on peut compter ses amis par centaines, voire plus. Tant pis si on ne les connaît que par leur pseudo et si leur réalité biologique ne correspond pas véritablement aux promesses virtuelles. De toute manière on n'est pas forcé de prendre le petit déjeuner avec eux ni de partager leur passion pour le saut à l'élastique.

Alors cliquons. Relions-nous. Branchons-nous sur des réseaux multiples englobant la planète de son maillage convivial. Inondons la toile de messages sublimes indéfiniment  répercutés et rebondissant de site en site à vitesse électronique.

             Ainsi nous saurons tout sur tout ! Rien ne pourra plus nous échapper ! Alors repus de ces orgies relationnelles nous pourrons enfin goûter un apaisement bien légitime. Peut-être même pourrons nous passer la soirée à regarder quelque somptueuse émission télévisuelle à la gloire de l'Art Contemporain le plus branché en grignotant quelque popcorn généreusement arrosés de petites bières venues tout droit des caves du super marché le plus proche.

 

                                                             La Brosse Conge le 27 août 2014

                                                             Copyright Christian Lepère

 

"Relations algébriques" - dessin aquarellé - 13,5 x 13,5 cm - 1996

"Relations algébriques" - dessin aquarellé - 13,5 x 13,5 cm - 1996

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 08:01
"Montgolfiéres" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

"Montgolfiéres" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1987

Le charme piquant des méduses

 

              Elles sont de retour ! Déployant leurs fantasmagories arachnéennes et flottant mollement au sein des eaux propices elles sont à la fête. Le réchauffement climatique est pour elles une aubaine, une chance inespérée, une bénédiction des dieux. D'une nature rêveuse et d'un piquant espiègle les voilà qui palpitent entre deux eaux. Là elles peuvent s'épanouir  et étendre leurs colonies fertiles. Ensuite, doucement portées par les courants elles dérivent vers nos côtes et viennent s'échouer sur nos plages, le long des golfes clairs. Tant pis pour celles qui vont se dessécher sur le sable ou finir tristement leurs jours dans quelque flaque abandonnée par le reflux des vagues. C'est la loi de la vie et les générations suivantes vont pouvoir leur succéder en un ballet grandiose sans cesse recommencé.

              Mais la méduse est un être hybride flottant avec le plancton dont elle fait partie. Elle est bien vieille, sinon pleine de sagesse et c'est depuis 650 millions d'années qu'elle dérive mollement au sein des eaux primordiales. Bien avant l'apparition de l'homme qui ne remonte qu'à six millions d'années.

              Peut-être pour se venger Réaumur les baptisa en 1710 « Gelée de mer » ce qui est bien vu...Mais c'est Linné, féru de mythologie qui compara leurs longs tentacules à la chevelure hideuse d'une des Gorgone.

              Cela n'empêcha pas qu'on leur prêtât des qualités culinaires en Asie où on les consomme séchées et notamment au Japon où l'on en fait des salades succulentes mais peu nutritives. Formées de 98 % d'eau de leur vivant, elles ne sont que des amuse-gueule. Mais le réchauffement climatique et la surpêche nuisible aux sardines, aux thons, aux tortues luth et aux poissons-lune les favorisent et il est possible qu'un jour nous n'ayons plus qu'elles à nous mettre sous la dent...

                 Rassurons-nous certaines méduses sont de bonne taille. Jusqu’à deux mètres de diamètre et quarante mètres de tentacules. De quoi faire ripaille en famille même si l’on ne consomme que l’ombrelle. D’ailleurs des bouddhistes végétariens pourraient  en profiter bien qu’ils respectassent la vie sous toutes ses formes. L’absence de cerveau, si ce n’est de vagues ébauches de cellules nerveuses et des yeux rudimentaires captant des informations vitales en fait des êtres assez peu sensibles bien que témoignant d’une belle vitalité n’entraînant pas automatiquement la compassion.

             Et la sexualité dans tout ça ? Eh bien elles sont au courant et dès ces stades rudimentaires la vie utilise déjà l’opposition-complémentarité du masculin et du féminin pour croître et se multiplier. C’est donc bien une caractéristique fondamentale de la vie n’en déplaise aux tenants du mariage pour tous.

            Cependant certaines méduses paraissent immortelles. D’ingénieux mécanismes  biologiques leur permettent de s’enkyster quand les conditions sont défavorables, puis de se régénérer à l’occasion…Certaines iraient même jusqu’à inverser les processus de vieillissement en contrôlant l’apoptose de leurs cellules. C’est-à-dire le processus naturel qui pousse celles-ci à s’auto- détruire pour laisser la place à leurs petites sœurs.

Hélas cette qualité utile à ces êtres somme toute rudimentaires devient fatale au niveau humain. Sous la forme du cancer. Dans ce cas des cellules refusent de mourir d’elles-mêmes mais périssent en même temps que l’organisme dont elles font partie ! Ce qui est un mauvais calcul…

             De toute manière même si une forme de vie devenait éternelle, ce ne serait que dans les conditions hautement sécurisées d’un laboratoire, avec hygrométrie constante, température finement adaptée et surveillance quasi-maternelle d’un personnel au-dessus de tout soupçon. Dans la nature les causes de décès sont multiples, d’une variété admirable et bien souvent imparables. A moins de se faire empailler ou cryogéniser notre avenir corporel reste assez limité. Et même les momies ne sauraient défier l’usure du temps indéfiniment.

             Mais ce dernier continue de passer sans s’en faire. Il nous offre donc périodiquement ses floraisons de méduses sur nos plages. Si les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, celle-ci n’est pas très bonne. Mais que voulez-vous il faut faire avec ! Se résoudre à soigner ses démangeaisons ou passer les vacances à la montagne.

                                                      

                                                        La Brosse Conge le 12 août 2014

                                                        Copyright Christian Lepère

 

"Les voiliers" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1987

"Les voiliers" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 1987

La prochaine fois ?

 

J’hésite encore un peu…

Alors vous verrez bien !

 

                                                                                                                   

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 07:27
Numéro 200
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La prochaine fois

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