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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 07:51
Dessin de Jean-François Millet

Dessin de Jean-François Millet

 

Van Gogh et Millet

 

             En ce temps-là j'étais jeune et enthousiaste. Excusez moi mais il faut bien que jeunesse se passe. Plein d'énergie exubérante j'avais besoin d'idoles à vénérer. Avouez que Vincent Van Gogh était un sujet alléchant. Révolté, excessif, tenaillé par une soif d'idéal et prêt à tout remettre en cause pour défier la grisaille du monde, il incarnait à mes yeux l'âme noble et indomptable qui ose défier les lourdeurs du quotidien.

             Mais comme on sait le monde est complexe et la nature a besoin d'équilibre pour suivre son cours. Donc un excès, quel qu'il soit, doit impérativement être compensé. Toute admiration enthousiaste ne peut s'affirmer qu'en opposition à son contraire. Lorgnant vers le Bien Absolu il faut automatiquement dénoncer le Mal. D'ailleurs tous ceux qui conservent un souvenir précis de leur adolescence le savent bien.  Tout ce qui s'offre à notre appréciation doit être trié impitoyablement. Ce sera donc jugé nul ou génial. « Trop bien » ou « caca boudin ». C'était déjà notre façon de faire dans l'âge enfantin et ensuite la puberté n'a fait que radicaliser la tendance. La vision à cet âge est manichéenne et définitive, même si c'est de façon très provisoire et si les extrêmes sont interchangeables.

             Mais j'en reviens à Vincent. Génial et ivre de création il avait quand même des sources et des références. Il ne surgissait pas du néant tout armé de sa seule inspiration. Parmi ses modèles il y avait Jean-François Millet, son aîné lui-même influencé par Courbet et toute la peinture occidentale depuis la Renaissance...Millet fondateur de l'école de Barbizon, chantre des pauvres paysans et de la vie au grand air, encore tout imprégné de christianisme et de vision morale. Millet que « L'angélus » a immortalisé, jusqu'à en faire une des références paranoïaques-critiques de Salvador Dali...Mais pour le jeune que j'étais « l'angélus » faisait partie des références bien pensantes. Des images de catéchisme. A la limite des bondieuseries pour dames patronnesses. C'en était trop ! D'ailleurs cette « peinture » n'en était pas vraiment une avec son réalisme presque photographique et son absence de créativité picturale.

             C'était du moins mon opinion et il m'a fallu pas mal de temps pour la tempérer. Du temps il m'en a fallu aussi pour constater que les œuvres de Millet étaient souvent supérieures aux dérivés dont Vincent était coutumier et qui l'amenaient à reprendre le sujet et la composition pour l’accommoder selon son style. Le résultat en est souvent plus fruste, plus brutal et même un peu systématique avec cette touche  japonisante dégagée d'un réalisme plus académique. Mais enfin l'innovation était géniale, au moins pour ceux qui croient qu'il y a progrès en art et que le 20° siècle triomphant a enfin permis au génie de s'éclater hors de vaines contraintes. C'est donc Van Gogh qui est devenu célèbre.

             Fort critiqué ou même carrément négligé de son vivant Vincent semble avoir pris sa revanche. Mais en est-on bien sûr ? Certes son nom est connu et son œuvre orne toutes sortes de gadgets, du cendrier à l'album de coloriage. Mais est-ce de bon aloi ? Non, en réalité le mérite qu'on lui reconnaît implicitement est d'avoir eu de bonnes idées, de celles qui assurent la promotion des ventes ou vous font progresser au hit-parade. D'abord celle d'être fou, au sens clinique du terme, au sens où ça se soigne, tout au moins maintenant car à son époque les thérapies étaient aussi brutales qu'inefficaces. Ensuite, mais c'est une conséquence de la première, en se coupant une oreille pour des raisons anecdotiques bien peu raisonnables. Enfin en abrégeant sa vie par le suicide, valeur sûre pour laisser un souvenir post-mortem. Ainsi tout y était depuis le génie tourmenté par un besoin d'absolu religieux jusqu'aux épisodes qui font le succès des séries télévisuelles grand public.

             Va-t-on me trouver sévère ? Je reconnais quand même à Van Gogh diverses qualités. Il lui est arrivé de faire de très bonnes peintures et sa sincérité ne saurait être  mise en cause. Alors ? Alors il me semble que ses œuvres maîtresses ne sont pas forcément les meilleures et que l'admiration qu'on leur prodigue peut ressembler à du conformisme. Mais notre époque démente se soucie peu de cela, ce qu'il lui faut c'est du solide, du reconnu par la majorité, du consensuel tacite. En gros des valeurs sûres pour la Grande Distribution. Si possible Mondialisée. Et à cet égard Millet jouit d'une réputation discrète peu valorisante même si au musée d'Orsay on lui reconnaît la place qu'il mérite.

                                                                     Le Chesnay le 4 janvier 2015

                                                                    Copyright Christian Lepère                                                                

Peinture de Jean-François Millet

Peinture de Jean-François Millet

A bientôt !

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 09:04
"Jules Verne" - huile sur toile - 81 x 65 cm - 1988

"Jules Verne" - huile sur toile - 81 x 65 cm - 1988

Je m'en doutais

La logique hyper-complexe

et le simple bon sens

 

            Je m'en doutais un peu mais il arrive parfois que l'on se fasse administrer des preuves accablantes et qui vous laissent assez flottant avec le sentiment d'être manipulé.

            Voici donc le point de départ. Depuis bien longtemps je subodore que le hasard n'existe nullement. Ou, comme l'a dit je ne sais plus qui, il n'est qu'un voile pudique jeté sur notre ignorance. Fort bien, mais ce n'est après tout qu'une opinion de philosophe. Une déduction en apparence imparable mais qui pourrait également être une illusion. En tout cas un concept construit et étayé pour les besoins de la cause et réfutable comme toute élaboration intellectuelle.

            Ceci étant dit et dans la mesure où l'on ne cherche pas à se rassurer avec d'habiles élucubrations, mais au contraire à débusquer la vérité toute nue cachée  derrière nos tours de passe-passe mentaux, j'ai entrepris de vérifier.

            S’il n'y a pas de hasard, il n'y a pas non plus de libre-arbitre. Mais des enchaînements de faits d'une extrême complexité et pour lesquels la plupart des données nous seront à tout jamais inconnues. Ce qui nous fait croire à un certain flottement ou tout au moins à un manque de rigueur dans l'irrémédiabilité des enchaînements.

            Pourquoi se croit-on libre? Mais parce qu'on a le choix. Sans arrêt nous décidons que le clafoutis aux cerises sera plus délectable qu'une île flottante réalisée avec tout le savoir-faire traditionnel d'un grand chef meilleur ouvrier de France. Et si je préfère regarder des inepties à la télé plutôt que de m'émerveiller sur les paysages vertigineux de la Cordillère des Andes, c'est que je peux préférer l'un à l'autre. A moins que l'opposition passionnelle digne des Atrides entre Marine Le Pen et son papa ne retienne mon attention comme une tragédie grecque digne de Sophocle. Ou encore que le spectacle de Sarkozy ne me comble d'aise en me rappelant quelque séance de guignol qui m'avait fasciné jadis au Jardin du Luxembourg.

            Je suis donc bien libre de choisir. Mais voilà où je subodore le piège. Certes je choisis, mais est-ce librement ? Que non ! Si je préfère les huîtres de Marennes-Oléron à celles de Cancale, c'est forcément pour des raisons. Certaines gustatives, d'autres plus culturelles et n'oublions pas tout ce qu'on a pu m'en dire dans ma petite enfance, à l'époque où voir mes chers parents se délecter d'huîtres au cours du repas familial et qui plus est pendant les fêtes me remplissait d'horreur. Comment ? Des grandes personnes qui me reprochent de mettre mes doigts dans mon nez et qui m'interdisent de laper ma soupe sont en train sous mes yeux impuissants de gober et de déglutir des créatures vivantes et visqueuses mais dont le goût est paraît-il sublime de délicatesse, finement iodé et plein d'effluves marines.

            Rassurez-vous depuis je suis devenu normal et si vous m'offrez des huîtres je ne vous ferai pas l'affront  de les éliminer discrètement dans la poubelle de table. J'avoue même y trouver maintenant un certain plaisir frais et revigorant.

            Mais revenons-en au hasard. Un fait, fût-il le plus anodin et le plus insignifiant peut-il se produire sans raison ? Non ! Mille fois non ! D'ailleurs c'est tout l'édifice de la science expérimentale qui serait à remettre en cause. Bien sûr certains parlent d'indéterminisme au niveau le plus infinitésimal, reconnaissant les limites de leurs moyens d'investigation. Mais d'autres un peu plus ouverts à l'inconnu et conscients de leurs limites actuelles d'observation ont avancé l'idée toute simple des variables cachées. Et sans doute finira-t-on bien par découvrir ce qui se cache derrière l'apparition miraculeuse de particules que rien ne semble expliquer. Cela n'empêchera pas la science de finir par devoir admettre qu'elle a des limites puisqu'elle ne s'intéresse qu'à ce qui est observable, mesurable, analysable et manipulable. Donc ce qui relève du monde des apparences ou des phénomènes si vous préférez. Et c'est à ce stade que la physique peut enfin s’ouvrir sur la métaphysique.

            Donc pas de libre-arbitre. Mais c'est une croyance, totalement invérifiable me direz-vous ? D'ailleurs dans notre monde moderne personne ne l'envisage et tout un chacun estime être plus ou moins responsable de ses actes et de ses décisions. Bien sûr ! Et c'est heureux ! Le spectacle du monde déjà cauchemardesque le serait encore plus si l'on se prenait pour un pantin totalement manipulé

            Or, c'est là que se situe le nœud de l'affaire. La nature nous a conçus en tant qu'êtres humains. Or, c'est bien connu l'enfant même doté de capacités virtuelles pleines d’espoir  naît prématuré. Il a à se construire avec l'aide de ses parents. Et cette construction  ne peut se dérouler que s’il se croit libre de bien ou de mal faire. Selon les critères de son monde bien entendu. Ceux-ci seront d'une grande diversité et souvent contradictoires.

Des références catholiques, protestantes, orthodoxes, bouddhistes zen ou musulmanes Sunnites s'opposeront. Mais chaque système aura sa logique et sa cohérence. Et à ce stade c'est mieux que rien. Car la croyance au libre arbitre est essentielle pour l'élaboration d'une personnalité  harmonieuse. D’ailleurs la philosophie bouddhiste la plus extrême n’a jamais dit qu’il fallait empêcher l’enfant de se construire un égo. C’est une nécessité naturelle qui existe déjà au niveau animal. Toute « entité » biologique ne peut se maintenir qu’en s’affirmant entourée qu’elle est par un extérieur qui ne lui veut pas forcément du bien. A ce niveau c’est la lutte pour la vie. Or, l’homme est un animal…capable de transcendance. Mais c’est d’abord un animal.

            Mais je parlais de vérification. Car après tout une théorie n’est qu’une hypothèse ce dont sont convaincus les scientifiques les plus rationalistes. Tant qu’on n’a pas confronté l’idée à la pesanteur du réel, du concret et de l’observable on nourrit ses propres rêves.

            Il y a peu j’ai été victime d’un malaise vagal. Pour des raisons obscures mais très suffisantes je me suis retrouvé par terre entouré de pompiers, alors que le venais de faire l’emplette d’un parapluie au Centre Commercial de Parly 2. On m’emmène aux urgences puis on suture habilement deux entailles au cuir chevelu avec des agrafes. Me sentant bien je souhaite retourner chez moi. Mais c’est ne pas tenir compte de la rigueur responsable des services de santé. Apprenant que je prends un traitement pour arythmie cardiaque on décide de  supprimer mon traitement journalier pendant au moins 48 heures. Après on verra si le traitement est bien adapté et si une autre cause plus pernicieuse n’est pas à l’origine du malaise.

            Je suis ressorti au bout de 4 jours en me voyant signifier de reprendre mon traitement habituel. Tout allait pour le mieux mais ce petit intermède n’était pas prévu dans mon planning. J’étais très ennuyé. D’abord parce que j’étais censé porter mes œuvres à la Fondation Taylor qui accueille le « Musée de l’Imaginaire » dont j’ai été un élément permanent pendant 18 ans. Or le jour dit j’étais encore en attente d’être libéré. Le lendemain je peux enfin faire le nécessaire. Il était temps, le vernissage étant le surlendemain. Donc je suis retombé sur mes pieds et j’ai pu retrouver mes amis artistes et accueillir mes invités personnels sans problème. Fin de l’épisode. Mais rien n’est simple. Voici que je me réveille la nuit complètement trempé, bon à tordre. Je connais ce genre d’aléas. Ce peut être le début d’une grippe. Mais mon mal de gorge ressemble beaucoup plus à une allergie à  des pollens peut-être aggravée par la pollution qui plombe la région parisienne.

            Au lieu de se dissiper rapidement tout cela va durer de jour en jour et de façon de moins en moins conventionnelle. Des légères poussées de fièvre se succèdent me réveillant complètement moite au cœur de la nuit, mais ça ne coupe en rien mon appétit qui me permet de me sustenter sans risquer l’affaiblissement…J’ai aussi des douleurs assez violentes dans les mollets totalement inexpliquées et surtout je passe une bonne partie de mes journées à dormir sans nuire à mon cycle diurne. Tout cela peut paraître assez anodin et l’est très certainement. Mais pose question. C’est surtout la preuve que mon organisme réagit, s’adapte, prend des mesures sans rien me demander. Je suis face à ma réalité biologique exactement dans le même état que devant mon ordinateur Windows 8. Très subtil et très perfectionné il n’est cependant pas toujours très fiable. Le nombre toujours plus impressionnant de fonctions   provoque très souvent des interférences entre les logiciels qui par eux-mêmes ne font pas toujours preuve d’une rigueur exemplaire. Le courant passe ou ne passe pas, sauf que parfois il passe quand il ne devrait pas ou s’abstient pour des raisons de lui-seul connues.

            Voilà, je vous ai tout dit ou presque. Vous ai-je dit la vérité ? Toute la vérité ?, Rien que la vérité ? A vous de voir et surtout en ce qui vous concerne. Mais à cela nulle obligation. Ca fait bien longtemps que le monde tourne, que les philosophies s’opposent et que de braves gens animés de louables intentions cherchent à convaincre les autres de la justesse de leurs vues ; D’abord avec un discours, des arguments, des preuves irréfutables. Puis avec leur kalachnikov quand l’opposant refuse d’entendre raison ce qui décidément n’est pas du tout raisonnable. 

            J’arrêterai donc là et de la façon la plus provisoirement définitive. A moins qu’une autre idée ne surgisse de mes neurones enfiévrés. Auquel cas je vous en ferai part. A moins que ce ne soit à vous de me suggérer quelque piste inédite qui m’aurait échappée.

 

                                                                              Le Chesnay le 16 avril 2015

                                                                              Copyright Christian Lepère 

"Jules Verne" - détail

"Jules Verne" - détail

'Jules Verne" - détail

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:16
"Le doux rêveur" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

"Le doux rêveur" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

Blog...blog...blog

Cinq ans de blog

 

 

               Il y a cinq ans une personne sympathique et qui me voulait du bien m'a glissé à l'oreille qu'un site de peintre pouvait se compléter avec un blog permettant de faire part de ses réflexions sur la création picturale.

               Depuis fort longtemps il m'arrivait de gribouiller sur du papier des textes où je dévoilais mes convictions et mes états d'âme. Mais cela restait plus que confidentiel quand ça échappait à la corbeille. J'avais bien eu parfois l'occasion de rédiger des sortes de « manifestes » joints à des lettres officielles envoyées par la voie hiérarchique à mon inspectrice. Le professeur d'arts plastiques que j'étais alors y exposait ses perplexités et ses doutes sur l'évolution officielle d'une discipline devenue très joyeusement soixante-huitarde. Mais la machine était en marche et la seule résistance ne pouvait être que passive. D'ailleurs on attendait patiemment que les hurluberlus de mon espèce soient atteints par la limite d'âge. Et je n'étais pas le seul dans ce cas. Enfin le problème fut résolu, les différents protagonistes disparaissant de la scène suivant les plans de carrière administratifs.

               Cependant certains textes ont été publiés par la suite atteignant un plus vaste public. Donc je disposais de matière utilisable et pendant un certain temps je me bornais à puiser dans mes réserves. Celles-ci n'étant pas inépuisables, je fus amené à concocter de nouvelles mises au point sur mon vécu, mon ressenti et sur la marche du vaste monde qui nous cerne de toute part et nous traque jusque dans notre intimité par le biais de l'étrange lucarne télévisuelle qui nous inonde d'informations en temps réel.

               Je viens donc de résumer mon propos. Faire le point parmi toutes les nouvelles sources d'information aussi bien visuelles qu'intellectuelles et à partir desquelles nous nous formons une image du monde. Image subjective, partielle mais que l'on peut améliorer en faisant preuve d'un peu de rigueur. Car tout est là. L'artiste joyeusement déjanté qui passe du coq à l'âne et fait voler des ovnis dans le ciel de la salle à manger se doit, s'il n'est pas un simple farfelu de tenter d'élucider le mystère du monde. Ce qui est impossible mais confronte à un challenge très efficace pour ne pas se diluer dans le n'importe quoi.

               Qui suis-je ? Où cours-je ? Où vais-je ? De toute façon on verra bien et si les grandes traditions donnent des réponses assez précises, les plus intègres nous exhortent sans relâche à vérifier par nous-mêmes. Sans doute parce que c'est possible. Bien qu'ardu ! Et pas très attirant pour qui veut devenir riche et célèbre et jouir de l'estime bien-pensante de ses contemporains. La réussite sociale n'est pas automatiquement promise au véritable chercheur qui a d'autres chats à fouetter.

               Je termine donc la 5ème année de mon blog. J'ai encore du grain à moudre sous le coude et le monde qui m'entoure me fournit des tas d'occasions de jeter le doute sur ce qui me semble absurde mais ne gêne pas trop tout un chacun.

               Après les délires les plus cauchemardesques du 20ème siècle reposant comme il se doit sur d'excellentes intentions puisque le but a toujours été d'arriver à la paix universelle par des mesures coercitives  efficaces en détruisant le mal à la base… Et de façon radicalement définitive. Plus jamais ça !

               On a bien remarqué que ça ne marchait que pendant « un certain temps » et que les réactions inévitables étaient souvent pires que ce à quoi on portait remède. Mais c'est dur de renoncer à ses illusions. C'est d'ailleurs l'unique problème qui fait qu'entre les intentions louables et les retombées dans le concret un gouffre béant surgit vite comblé, Dieu soit loué, par la survenue d'un homme ou d'une femme providentiels qui savent très bien ce qu'il FAUT faire pour tout arranger ! Boris Vian avec son humour corrosif avait trouvé une formule magique : « On tuera tous les affreux ! » Pour vivre enfin entre gens biens, évidemment.

               Demain j'arrête de zapper ! Demain j'arrête de me mentir à moi-même ! Demain j'atteins la transcendance absolue ! Ou après-demain… Ou dans quelques siècles… N'allons pas chipoter sur des subtilités…

               A chacun et chacune de voir. Mais entre-temps vivons joyeux, mangeons, buvons, gobergeons-nous, envoyons des mails. Inondons nos amis de sms. A condition de le faire en toute lucidité.

 

                                                                   Le Chesnay le 15 avril 2015

                                                                   Copyright Christian Lepère

"Les migrateurs" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

"Les migrateurs" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

En route

pour la 6 ème année!

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 08:24
"Le petit blanc" - eau-forte imprimée sur papier Arches - 9 x 12 cm - 1981

"Le petit blanc" - eau-forte imprimée sur papier Arches - 9 x 12 cm - 1981

Psychologie des foules

 

               Il y a quelque temps un vieil ami attablé dans un restaurant devant sa pizza « Quatre saisons » m'a conseillé un livre pour mon édification. C'était « Psychologie des foules » d'un certain Gustave Le Bon. J'avais noté puis rangé mes notes avant de passer à autre chose. D'autres priorités étaient plus contraignantes et l'oubli est tellement reposant… Or, voici qu'à nouveau l'ami en question réitère son conseil, attablé à nouveau devant une autre pizza tout aussi alléchante.

               Cette fois-ci il a appuyé sur le bon bouton au bon moment. Me voici donc achetant en ligne l'ouvrage précité. Dix euros. D'occasion. Pas cher et en bon état. Je m'y plonge et d'emblée je suis convaincu par le propos. D'abord parce que ce petit livre édité en 1895, il y a donc 120 ans me semble d'une actualité brûlante. Ensuite parce que tout ce qui y est affirmé paraît aussi indiscutable qu'adapté à l'humanité la plus contemporaine. Bien sûr il y a le style de l'époque et ses façons de dire un peu surannées. Bien sûr tous les exemples cités sont anciens, qu'il s'agisse de la révolution de 1789 ou de l'empire Napoléonien qui en découle. Seulement voilà, tout ce qui est expliqué éclaire d'un jour implacable les pires égarements du 20ème siècle. Depuis l'idéal communiste menant tout droit à Staline en passant par Lénine et sa vision du monde idéal totalitaire. Suivi par le nazisme, conséquence parmi d'autres facteurs politiques et économiques de la victoire des Alliés en 1918. Suivi encore par le maoïsme et tous les ismes qui ont fleuri avec enthousiasme et persévérance au cours du siècle.

               J'avoue avoir tiqué sur le mot « race » employé par l'auteur. Mais quand Gustave parle de race allemande, de race italienne ou de race anglaise on comprend très vite qu'il n'y a rien de biologique derrière ce terme, mais seulement une façon d'être et de se comporter commune à tous ceux qui partagent une même culture.

               Donc l'auteur nous parle des foules, rassemblements en général hétérogènes d'individus variés. Et il en observe les caractéristiques très souvent négatives dues au nivellement par le bas. Ainsi on voit disparaître la rigueur intellectuelle et la raison. Le savoir-vivre et la diplomatie. Et enfin toute retenue contraignant la nature du mammifère supérieur. Je ne sais plus qui a dit que l'homme était un animal capable de transcendance ? Ce qui est une grande vérité. Mais sans la transcendance il ne reste plus que l'animal livré à ses instincts et ses pulsions de base. L'étape suivante est la soumission du groupe à un chef sans lequel il éclaterait en individualités inconciliables et en guerres intestines. La meute de loups est l'ancêtre de la foule humaine. N'importe quel leader charismatique peut faire l'affaire. Tant mieux si c'est un saint, tant pis si c'est le Grand Timonier cher aux masses sous-prolétariennes.

               Ainsi une foule s'égalise par le bas et le philosophe le plus sophistiqué n'y pèse pas plus lourd que le naïf prompt à s'enflammer. Tout est facilité par le niveau infantile du comportement viscéral spontané. On sait bien que la foule qui porte le héros en triomphe peut le molester un peu plus tard ou se réunir joyeusement autour de la guillotine en chantant des hymnes révolutionnaires. Cela n'exclut pas, bien sûr, la réhabilitation posthume parfois immédiate mais tellement sincère. Ou, comme disait un soldat anglais au pied du Bûcher de Jeanne : « Dieu nous pardonne ! Nous avons brûlé une sainte ! ». Trop tard ! Mais c'est une belle histoire ! Bien édifiante.

               J’ai donc lu ce livre avec intérêt, surtout parce qu’il rappelle que la foule débute avec peu de gens et que le niveau intellectuel des participants ne pèse pas bien lourd. Ainsi une assemblée parlementaire composée en principe de gens cultivés ayant reçu une bonne éducation régresse facilement au niveau du viscéral. Evidemment la présence de caméras de télévision les calme car ils se savent épiés par leurs électeurs. Cela ne les empêche pas de s’invectiver et de se traiter comme jadis dans la cour de récré. Dieu soit loué le passage à l’acte est gêné par la topographie des lieux, escaliers, pupitres et majesté du décor. Enfin le pire est évité mais que se passerait-il en cas de trouble extrême si la patrie était en danger ?

               Mais pendant ce temps le destin veille sur nos destinées, la mienne entre autres pour tout vous dire. Ainsi après avoir lu Gustave Le Bon, pris du désir de faire partager mes convictions j’en parle à des amis, incidemment, au cours de réunions conviviales. En retour ils m’informent de ce qui a éveillé leur intérêt. Un spectacle, un polar, une b.d. particulièrement sulfureuse… Et voilà que l’on m’oriente vers un roman de Jean Teulé paru en 2009. Le titre est bizarre : « Mangez-le si vous voulez. ». Mis en appétit je me procure cette œuvre de fiction. Or, même si le texte est un délire poétique écrit dans un style flamboyant très accrocheur, c’est malgré tout un compte-rendu de faits réels. Rédigé à partir de documents historiques indéniables il relate un fait divers abominable survenu au 19ème siècle. Plus précisément pendant la guerre de 1870 avec la Prusse.

               L’histoire est celle d’un bouc émissaire qui va donner à de « braves gens » l’occasion de se défouler et d’exorciser leurs démons. L’action se passe dans un paisible village du Limousin. Un jeune homme se rend à la foire où il rencontre ses connaissances, amis d’enfance, voisins et relations amicales. Tout va bien. Tout est conforme. Mais soudain le drame se noue. On a cru l’entendre dire « Vive la Prusse » alors qu’il est volontaire pour aller combattre l’ennemi odieux. Malentendu. Quiproquo. La rumeur se répand et bientôt il est cerné par une foule haineuse prête à faire justice ! Prête à écraser le Mal Absolu, l’Ennemi, le Prussien ! La suite est à l’avenant…Il va finir par être brûlé encore vivant et même consommé par les plus déterminés.

               Mais la justice veille et après le procès on amène la guillotine depuis Paris pour châtier les meneurs sur la place du village. Justice est faite ! On va pouvoir vivre à nouveau paisiblement dans la douce France.

               Mais tout cela m’intrigue et je me rends sur Wikipédia pour m’informer un peu plus. Oui, c’est bien ça… Gustave Le Bon (1841-1931) a forcément été au courant du fait divers qui a eu lieu en 1870. Son livre est paru en 1895. J’apprends aussi que Freud s’est intéressé à ses conceptions ainsi que d’autres intellectuels et que, cerise sur le gâteau, il a vu venir le nazisme et la prise de pouvoir de « meneurs de foule ». Il a même été un des rares esprits lucides à prédire la guerre suivante dès la signature du traité de Versailles qui mettait fin à la guerre de 14. De Gaulle l’avait lu et en tirait profit. Et ses thèses ont intéressé des hommes de pouvoir, Roosevelt et Churchill parmi d’autres. Voilà qui donne du poids à ses affirmations.

               Si son livre n’est pas un morceau de littérature dont on se délecte en revanche celui de Jean Teulé est un régal pour tout amateur de style débridé et de délire poétique. La langue est riche, le style percutant et les images surréalistes y abondent bien que reposant sur des faits réels. Voilà donc deux textes qui se complètent et s’éclairent mutuellement. Le style en est très différent mais il en faut pour tous les goûts. Multiplions les points de vue, nous finirons bien par atteindre le juste milieu cher au Bouddha et qui réconcilie les paradoxes les plus perturbants.

 

                                                                       Le Chesnay le 22 mars 2015

                                                                       Copyright Christian Lepère

                                                                                     

 

"Nectar local" - eau-forte - 9 x 12 cm -1981

"Nectar local" - eau-forte - 9 x 12 cm -1981

Voilà c'est jeté!

Il ne reste plus qu'à se préparer pour la prochaine

édition...

qui ne saurait trop se faire attendre!

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 16:07
"Bacchanale champêtre" - dessin aquarellé - 43 x 32 cm - 1995

"Bacchanale champêtre" - dessin aquarellé - 43 x 32 cm - 1995

Du haut de sa mansarde

histoire presque vraie

 

           C'était un loup solitaire mais son âme était noble. Du haut de sa mansarde il dominait la ville, la vraie, la capitale. Paris aux mille lumières qui resplendissait à ses pieds. Et il en était content. Non qu'il fût imbu immodérément de sa personne, mais enfin une position dominante peut assurer un confort et une sécurité morale refusées aux s.d.f. du périphérique et de la grande couronne.

           Pourtant la vie ne l'avait pas épargné. Rejeton d'un père alcoolique et d'une mère indigne, il avait été abandonné derrière les poubelles de l'arrière-cour du 29 bis impasse de Marrakech , située au cœur de Belleville à moins que ce ne soit aux abords de la station de métro Stalingrad. Pardonnez-moi l'imprécision mais mes sources sont confidentielles et des impératifs moraux me poussent à ne dévoiler la vérité qu'à bon escient. Et même avec parcimonie.

           Il avait cependant survécu et d'adoption monoparentale par une mère lesbienne en famille redécomposée il avait réussi à éviter le pire. Tout cela avait enrichi son expérience humaine en le confrontant aux aléas de base et en forgeant son âme au cœur de l'adversité. Bon an mal an il avait quand même pu faire des études et passer son bac. Ce qui n'est pas suffisant pour l'obtenir. Alors, de petits boulots en intérim il avait été successivement et à tour de rôle : plongeur dans une soupe populaire, manutentionnaire chez Conforama, employé surnuméraire au ministère des affaires en instance d'être classées et inlassable chercheur d'emplois dans des secteurs de pointe offrant des perspectives de promotion. Parfois il faisait la manche dans le métro en chantant « Petit papa Noël » à l'époque adéquate, c'est à dire pas très souvent.

           Pour lors il domine la grande ville et son activité incessante. Rien ne lui échappe. De son balcon il peut suivre la collecte des éboueurs, les allées et venues des taxis, le transit quotidien des voitures d'enfants et la sortie des écoles concomitantes. Avec un peu de chance il va même assister à un braquage de banque ou au passage des premières communiantes revenant de l'église paroissiale comme un vol de blanches colombes. Il va donc se tenir aux aguets, être au courant, fidèle témoin de son époque. Il ne manquera à cela que les activités souterraines du métro et ce qui se passe à l'Assemblée Nationale. Car si son intelligence est vive, ses sens sont limités comme pour tout un chacun. Mais il a la télé pour pallier à ses manques. Et par chance il a tout son temps pour zapper.

           C'est cette opportunité qui va faire basculer son destin. Car il se sent un peu seul. Seule une présence féminine pourrait mettre un peu de baume sur son âme et adoucir son incomplétude.

          Se laissant happer par un spot publicitaire, il a appris que des rencontres étaient possibles. Qu'il y avait des clubs réservés à cet usage. Ceux-ci sont évidemment payants, ce qui garantit leur sérieux. Mais il est un peu démuni car le livret A vient encore de voir son taux d'intérêt baisser. Il va donc devoir trouver une autre solution en faisant appel à son intelligence dont les ressources sont multiples.

           Alors il va chercher. Analysant soigneusement l'argumentaire des publicités il va en comprendre les stratégies et le bien fondé. Comme le dit dans un spot une jeune femme ravissante mais pleine de retenue ce qui est primordial c'est de ne pas prendre de risques et d'être exigeante. En matière de cœur on ne rigole pas ! Ça se négocie avec fermeté. D'abord il faut être sûr de son fait. De quoi ai-je l'air ? Suis-je dans la norme ? Et mon q.i. dans tout ça ? Il faut donc savoir se remettre en question. Aura-t-on besoin d'un coach, C'est à voir. Ce n'est pas exclu. Mais ce n'est pas forcé non plus…

           Il a donc décidé de rechercher l'âme sœur par ses propres moyens. Négligeant la voisine de palier décidément trop proche et voulant éviter toute promiscuité il va étendre sa recherche à de plus vastes horizons.

           Fréquenter le club Med serait une solution. Mais banale et tellement convenue. En tout cas indigne de son exigence morale. Il va donc essayer d'innover. Internet est aussi trop facile et comporte tant de pièges. Et puis il y a le risque du virus, pas celui du sida bien connu et qu'on apprend à gérer  avec des trithérapies efficaces. Mais celui des hackers et autres bandits numérisés qui vous envoient des espions sous forme de spys  dans le plus banal encart publicitaire. C'est affreux à dire mais même les soldes les plus alléchants peuvent servir de couverture à une invasion humiliante vous prenant par traîtrise.

           Draguer dans le métro est peu coûteux mais bien aléatoire, surtout avec les interruptions de service inopinées causées par l'agression d'un contrôleur à qui on reproche d'être fermé à la juste cause  de Boko Haram et d'être un planqué qui se goberge aux frais de la RATP en exerçant une répression injuste et tatillonne.

           Rencontrer de jeunes personnes dynamiques au club d'aérobic est risqué. Sûres de leur fait elles vont toiser de haut votre musculature un peu indécise pour un adepte du body building. Et puis si vous n'avez pas de tatouages ni de boucle dans la narine gauche vous allez être démasqué. Malgré vos prétentions vous n'êtes qu'un attardé, un has been  irrécupérable. Exit le minable ! Alors il reste les domaines plus New Age. Peut-être êtes-vous tourmenté par des problèmes existentiels. C'est fréquent dans notre époque moderne libérée de tous les tabous et post- psychanalytique. Là au moins les clubs et sectes et confréries ne manquent pas. Avec un peu de chance vous arriverez à éviter les membres rescapés de l'Ordre du Temple Solaire ou les Hare Krishna sympathiques mais un peu trop bruyants.

           Voilà donc où il en était. Il avait éliminé définitivement les petites annonces et ne lisait plus son horoscope. Il ne scrutait plus les visages dans la rue, ne s'attardait plus sur une chute de reins. Il n'allait plus aux mariages ni aux enterrements. Et pourtant il cherchait.

           C'est au Père Lachaise qu'enfin il la rencontra. Un beau jour, bien qu'un peu frais pour la saison, il se trouva qu'il y déambulait promenant la tristesse de son âme. Et tout à coup il la vit. Oui ! C'était elle ! Elle était là frêle et pensive devant la tombe d’Édith Piaf. A moins que ce ne fût celle d'Oscar Wilde...Il s'approcha...la contourna. Puis il se racla la gorge… « Excusez-moi, mais sauriez-vous où repose Jim Morrison ? Et voici qu'elle répondit : « Le leader des Doors ? »  « Lui-même enchaîna-t-il en déglutissant…

           Le silence sépulcral s'approfondit alors puis tout redevint normal. Alors de fil en aiguille et de propos échangés en confidences plus intimes ils en arrivèrent à un accord non verbal, au-delà des concepts.

           Qu'il fût doux le trajet de retour dans les allées de la grande nécropole ! Qu'elle fût joyeuse l'ascension jusqu'à son  6eme sans ascenseur !

           Depuis ils ont continué à se voir et à se revoir. Puis à partager la mansarde dont la modestie leur tient chaud au cœur. Chaque soir ils dominent la ville et son agitation coutumière. Chaque matin ils prennent une douche avant de plonger dans la vie trépidante de la capitale. Et les années passent. Et la terre tourne. Mais qu'importent les aléas et les turpitudes quand on a trouvé l'essentiel.

 

                                                Le Chesnay le 22 février 2015

                                                Copyright Christian Lepère

 

"Bacchanale champêtre" - détail

"Bacchanale champêtre" - détail

Demain

sera-t-il faste ou grognon?

Allez donc savoir...

Et quel sera mon propos?

On verra bien...

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 11:57

Message collectif

 

J'ai l'honneur et le plaisir de participer

à une exposition collective

qui aura lieu à la

Fondation Taylor

 

"Le Musée de l'Imaginaire"

 

(Peinture-sculpture-gravure)

 

 

Vous y êtes très cordialement invité.

 

Participants : Bruno Baratier – Yo Coquelin – Thérèse Covarel – Monica Fagan – Hugues Gillet – Marc Halingre – Lukas Kandl – Jean-Jacques Lamenthe – Christian Lepère – Jean-Pierre Monnot – Jean-Michel Pilard – François Schlesser – Siudmak – Thierry Van Quickenborne – Michel Dubré

                                                         (J’y expose 21 peintures, dessins et gravures)

 

 

Vernissage

Jeudi 9 avril de 17 à 21 heures

 

Exposition du 9 avril au 2 mai

Du mardi au samedi de 14 à 20 heures

 

1, rue La Bruyère 75 009 Paris

Tel : 01 48 74 85 24

 

 

 

 

 

 

"Dali et ses muses" - huile sur toile - 100 x 97 cm - 2007

"Dali et ses muses" - huile sur toile - 100 x 97 cm - 2007

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 07:22
La Brosse-Conge - été 2014

La Brosse-Conge - été 2014

Dur comme pierre

Suite et fin

 

 

              Plus tard j’ai commencé à assembler des pierres pour faire des allées dans le jardin familial, puis je les ai empilées pour faire de petits murs, puis des murs plus grands et de moins en moins rectilignes et de plus en plus imprévus. Petit à petit j’ai réinventé la voûte pour créer des arches avant de bâtir un pont en pierre. Mais tout cela n’était que prémisses. Car j’en suis arrivé à clore un espace et construire une grotte hors sol mais suffisamment profonde et sombre pour devenir crédible. Maintenant je peux jouer avec les pleins et les vides, les murs porteurs et les espaces intérieurs, les escaliers et les surplombs.

              Pour faire plus naturel j’ai d’abord utilisé les ressources locales, notamment des pierres à trous que l’on trouve encore dans les sous-bois au sommet des collines avoisinantes. Du Boulu au Broly sans oublier les bois des Hérodats lieux de mes expéditions et de mes chapardages. Mais les ressources naturelles se sont raréfiées. Elles sont protégées par la loi et un souci écologique. Tant mieux car les autochtones avaient pris l’habitude traditionnelle de prélever ces pierres étranges pour orner leurs jardins et leurs demeures. Avec plus ou moins de succès dans le réemploi.

             Donc, privé de ressources naturelles j’ai dû y suppléer. Acheter des pierres est possible, même sur internet où on les vend pour des aquariums. Mais elles sont petites et onéreuses. Et puis une certaine fierté m’interdit les solutions commerciales. Il ne me restait donc plus qu’à en fabriquer. Je m’y suis mis et j’ai pu constater qu’en assemblant des pierres ordinaires de formes variées et en les assemblant avec du mortier on pouvait arriver à des résultats très convaincants avec des moyens très réduits et dans des délais très raisonnables. Car, bien sûr le mortier frais même grossier fait un peu « neuf ». Mais qu’importe ! Faisons confiance à la nature et aux intempéries. Très vite, même sur du ciment les mousses et les lichens vont commencer à s’installer. Ils le font d’ailleurs aussi sur les tuiles du toit au grand dam des occupants et à la satisfaction des fabricants de produits anti-mousse et autres produits herbicides. Si l’on complète avec un bon coup de Karcher pour faire plaisir à Sarkozy il ne reste plus qu’à appliquer un vernis protecteur pour être tranquille dans la décennie.

              C’est très exactement ce que je ne souhaite pas. Au contraire je fais tout pour que la nature reprenne  ses droits au plus vite. Ainsi, deux ans plus tard mon intervention tapageuse est masquée, réintégrée au cycle du biodégradable et souvent cachée par le lierre qui se porte à merveille dans nos régions tempérées. Les visiteurs peuvent arriver. En toute candeur ils croiront être en présence de murs anciens laissés à l’abandon et retournant à la nature. Ils ne verront que vestiges de saisons plus anciennes préservés par un nostalgique du bon vieux temps qui, par nonchalance  et un coupable laisser-aller ne daigne même pas faire l’acquisition d’une tondeuse. Pourtant les prix en sont imbattables dans les grandes surfaces qui rendent la région  un peu plus civilisée et plus fréquentable pour les honnêtes gens. Je veux dire ceux qui à juste titre se méfient des insectes et autres créatures douteuses que la nature s’obstine à nous imposer sans tenir aucun compte de nos souhaits les plus légitimes.

 

                                                                      Le Chesnay le 19 février 2015

                                                                      Copyright Christian Lepère

 

Été 2014

Été 2014

Terre cuite dans la grotte - été 2014

Terre cuite dans la grotte - été 2014

Terre cuite dans la grotte - été 2014

Terre cuite dans la grotte - été 2014

L'avenir est imprévisible.

Toutefois

si tout va bien

vous aurez droit la prochaine fois

à

"Du haut de sa mansarde"

histoire presque vraie

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 08:42
Vraies et fausses pierres assemblées - La Brosse Conge

Vraies et fausses pierres assemblées - La Brosse Conge

Dur comme pierre

 

              Quoi de plus rassurant que le minéral ? Droit et altier il est prêt à défier les siècles, voire les millénaires. Dressé en colonnes ou empilé en blocs cyclopéens il a servi à édifier des monuments qui vont perdurer par-delà les agitations humaines et les remous de l'histoire. De Carnac et ses pierres levées à l'amoncellement grandiose des grandes pyramides la pierre est là, présente, et affirme la durée.

              Mais rien n'est parfait et le meilleur a ses faiblesses. Petit à petit des dégradations vont apparaître. L'usure du temps qui passe et l'action inexorable des micro-organismes vont finir par avoir raison du matériau  le plus coriace. Même la végétation de nos régions tempérées, en prenant son temps, en contournant l'obstacle finira par disjoindre les pierres grossières  de la grange ou les sculptures finement travaillées  de la petite église de campagne. Vous savez, celle qui est blottie sous les ombrages et veille avec ferveur sur les dalles du vieux cimetière. D'ailleurs celles-ci sont aussi en danger. La nature n'a que faire des concessions à perpétuité et autres exigences humaines aussi naïves qu'illusoires. Après un temps de répit convenable, pour faire plaisir aux bonnes gens et les rassurer sur leur bon droit elle va commencer sa progression insidieuse et irrémédiable au fil du temps qui passe. Les ronces vont se répandre, les racines s'immiscer et même les pissenlits que pourtant les défunts sont censés manger par la racine vont participer à cette invasion. N'oublions pas la faune, les lézards adorent se chauffer au soleil sur une belle pierre ornée de sentences définitives et de vœux pieux. Mais les couleuvres n'hésiteront pas à se glisser sournoisement sous la dalle qui est en train de chavirer, trahie par une absence de fondations solides autour de la fosse en pleine terre. D'ailleurs, si elle va à vau-l'eau c'est que l'action du gel l'a fissurée avant qu'elle ait à subir les rigueurs caniculaires du plein été.

              Le minéral est donc paradoxal. Symbole de puissance orgueilleuse il se laisse aussi dégrader dès que sa texture présente des faiblesses. Depuis toujours je hante la Bourgogne et ses collines accueillantes. La région est calcaire, située aux confins du bassin parisien et les formations rocheuses naturelles ont toutes les caractéristiques de cette pierre blanche plutôt tendre et facile à travailler. Des falaises se dressent parfois sur les bords de la Cure qui y a creusé son lit en coupant parfois au plus court, s’infiltrant sous terre pour creuser les grottes d'Arcy et d'autres moins connues, gratuites et plus accueillantes pour les gamins dont je faisais partie en mon jeune âge. Mais les vraies grottes sont vastes, visitables en toute sécurité, payantes comme il se doit et nos lointains ancêtres les ont habitées et y ont même laissé des traces de leur créativité sur les parois. L’intérêt reste local. Ce n’est pas Lascaux. Mais quand même…

              Mais qui dit calcaire dit aussi fossiles puisque cette roche s’est formée par dépôt sédimentaire au fond des mers à l’époque lointaine où notre beau pays était submergé en attendant nos ancêtres les gaulois. La chose me fascinait et je me souviens, bien jeune encore, avoir erré dans les champs labourés ou dans les ornières des chemins communaux. Je cheminais à pas lents, courbé vers le sol, le regard aux aguets et souvent je remarquais quelque détail insolite, une forme de coquille, des structures trop régulières pour être dues au hasard, des traces de vie fort anciennes.

              Parfois je découvrais une ammonite ou, les jours moins fastes des coquillages plus proches des moules communes ou des bigorneaux sans histoire.  Et j’étais content, rassuré. La vie existait depuis si longtemps et l’usure du temps n’avait pas tout anéanti. Dans ma candeur je côtoyais l’éternité.

              Je me souviens aussi du jour où marraine Alice qui avait charge d’assurer le salut de l’âme de mon grand frère en cas de malheur m’a emmené visiter le muséum d’histoire naturelle. Là j’ai découvert avec effroi et délices des squelettes de dinosaure et de tricératops dans une pénombre propice à tous les fantasmes. C’était du haut de gamme, voire du très haut. En réalité de l’insurpassable. Il était clair que mes expéditions bourguignonnes m’en promettaient beaucoup moins. Mais déjà j’avais compris qu’il faut relativiser et faire avec ce dont on dispose en Bourgogne ou ailleurs…

              Qu’importe ! Ma collection de fossiles bien que modeste commençait à peser son poids. C’est du moins ce que m’assurait mon pauvre père qui me voyait alourdir le véhicule familial avec des cailloux sans grand intérêt pour une personne raisonnable pendant les voyages qui nous emmenaient en vacances sur les routes de France et de Navarre. Au retour j’étais tout content d’avoir fait la nique au temps et à l’impermanence. Mon besoin de transcendance y trouvait son compte à peu de frais.

                                                                                         à suivre...

 

 

 

Le maître des lieux.

Le maître des lieux.

Grotte à la Brosse Conge

Grotte à la Brosse Conge

231 - Dur comme pierre
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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 08:16
"Vaisseau mal famé" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1988

"Vaisseau mal famé" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1988

Il n'y a pas de pilote dans l'avion

 

             Atteint de convulsions le monde part à la dérive, bouillonne, s'oppose et s'entre-déchire. Partout ce ne sont que conflits d'intérêts, menées expansionnistes et âpres luttes d'egos sordides et boursouflés. Des vagues de prosélytisme délirant, des flambées d'enthousiasme xénophobe, des proclamations exaltées s'opposant à des vues cyniques. Des enthousiasmes délirants se brisant sur des oppositions farouches.

              Cela rappelle assez la grande époque de la Renaissance. Un prodigieux renouveau, un essor humaniste sur fond de turpitudes ravageuses. Partout en Europe et notamment dans cette Italie qui n'existait pas encore ce ne sont que luttes fratricides, combats incertains, alliances hâtives et trahisons inévitables. Les duchés s'opposent aux villes libres, les royaumes aux comtés. Et pour assurer l'ambiance des hordes de mercenaires combattent sans états d'âme pour le plus offrant, quitte à changer de camp dans la nuit parce que c'est mieux payé.

              Devant l'état actuel du monde on est tenté de conclure que décidément il n'y a pas de pilote dans l'avion...J'en parlais avec mon fils il y a peu au téléphone et voilà qu'il me rétorque : « Mais si ! Il y a des pilotes dans l'avion ! » Et d'enchaîner preuves à l'appui. Bon sang ! Mais bien sûr ! Il y a tout un tas de pilotes. Des hommes, des femmes et non des moindres. Vous voulez des noms ? Barack, Wladimir, les chefs de Daesh et de Boko Haram et Angela et jadis Margaret Thatcher… Le problème est qu'ils sont tous dans la cabine, pleins de fougue et d'enthousiasme, sûrs de leur fait et en total désaccord sur les mesures à prendre.

              Certains voudraient remettre les gaz pour reprendre de l'altitude tandis que d'autres sont pour un atterrissage en catastrophe. Certains voudraient économiser le carburant pour atteindre des lieux plus sûrs et d'autres sont en train d'endosser leur parachute  ou de presser le bouton de leur siège éjectable. D'autres enfin sont prêts à s'emparer des commandes pour aller au septième ciel après s'être écrasés sur les tours jumelles du Worl Trade Center.

              Entre les tenants des méthodes bio et les adeptes du productivisme intensif, entre les frileux, les timorés, les pisse-vinaigre et les jusqu'au boutistes, toutes les options s'opposent, se conjuguent, se déclinent, se négocient et signent des alliances avant de se combattre au lance-flamme dans des terrains truffés de mines anti-personnel.

              Donc le monde est piloté. Surabondamment piloté. Soumis à des ordres impératifs ne souffrant nulle discussion. Et chacun est sûr d'avoir raison. Libéralisation tous azimuts laissant le renard libre dans la basse-cour libre ? Dirigisme précautionneux ? Dictature du sous-prolétariat ? Bio ? O.g.m. ? Et quoi encore ? A Fukushima ce n'est pas terminé. Il y a des fuites d'eau radioactives...En France on va construire de nouvelles centrales nucléaires, mais simplement pour remplacer les anciennes bien obsolètes...Rassurez-vous ! Les glaces de l'Arctique s'obstinent bêtement à fondre sans tenir compte des désirs les plus légitimes des ours polaires. Et la vallée de Chamonix est une des plus polluées de France, mais c'est dû à une sorte de microclimat qui forme une sorte de couvercle sur la vallée et qui stagne sur place avec obstination. On n’a pas idée ! Et que fait la police pendant ce temps ?

              Allons ! Pas de panique ! Nous sommes gouvernés et encadrés. Il n’y a plus qu’à faire confiance. A qui ? Mais aux responsables puisque c’est leur rôle. Ils ne sont pas d’accord entre eux ? Ça peut s’arranger, il suffit de débattre et de peaufiner les arguments. D’ailleurs tant qu’on discute ça prouve qu’on est encore en démocratie. Et puis tant qu’on a la santé…La grippe réattaque ? Les vaccins n’ont pas vraiment ciblé la bonne souche de virus ? On va revoir ça. Les essais sont en cours. Faites confiance !

Et en attendant portez-vous bien !

 

                                                          Le Chesnay le 25/février 2015

                                                          Copyright Christian Lepère  

"Vaisseau mal famé" - détail

"Vaisseau mal famé" - détail

"Vaisseau mal famé" - détail

"Vaisseau mal famé" - détail

Après ces considérations planétaires

il sera temps de reprendre pied

sur la pesante matière.

J'envisage donc

pour la prochaine fois

de vous parler du minéral et de ses qualités

avec

"Dur comme pierre"

A moins que les aléas conjoncturels ne me détournent de ce projet.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 08:16
"Maya" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 1987

"Maya" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 1987

L’instant présent

polyvalent

suite et fin

 

 

              On ne réécrit pas le passé. Il faut donc en assumer les conséquences. Mais quand même…Si Laetitia avait été stérile ou même si simplement elle avait glissé sur un trognon de pomme la faisant chuter lamentablement c'eut été fatal pour le fœtus qu'elle portait. Fâcheux ! Surtout que le petit était un Bonaparte et qu'on lui destinait le beau prénom de Napoléon qui sonne si bien à des oreilles corses. Songez aux conséquences. Historiques, sociologiques et sentimentales. Mais c'est vrai dans tous les cas car même les prix Nobel les plus méritants et les dictateurs les plus odieux ont souvent eu une origine un peu obscure et un destin imprévisible. Kadhafi mort-né ? Léon Zitrone heurtant un réverbère, lancé sur ses patins à roulette à dix ans ? Et devenant paraplégique...Mais aussi Jeanne d'Arc et la Grande Catherine et Sarkozy et la petite Marine…

              « Si le nez de Cléopâtre avait été plus court, la face du monde en eut été changée. » Je ne sais plus qui l'a dit mais c'est péremptoire et indiscutable. Je m'abstiendrai donc de commentaires inutiles. En attendant il m'a fallu un certain temps pour rédiger ce texte. Je ne suis pas aux pièces et n'ai donc pas calculé. D'ailleurs entre-temps j'ai marqué des pauses, pour faire cuire mes nouilles et préparer mon modeste repas. J'ai même déjeuné de fort bon appétit, rassurez-vous. Il n'empêche que pendant ce temps relativement négligeable le nombre de décès paisibles ou d'une extrême violence, le nombre de naissances légales et homologuées ou illégales et frappées de suspicion, le nombre d'accidents bénins ou pas, (Ca me rappelle Claire Bretécher nous informant que : « Un autocar tombe dans un ravin : dix morts dont cinq grièvement... », le nombre de rendez-vous manqués, le nombre de gains mirifiques au Super Loto, le nombre d'infarctus, de gastros, de démangeaisons abdominales et d'éternuements au cours d'une minute de silence a continué de s'accumuler !

              Et tout cela nous prépare la suite, l'avenir, les lendemains qui chantent ou les longues stagnations moroses, l'élan de la vie qui jaillit et l'apaisement des fins d'histoire qui préparent les rebonds, les sursauts ou les débâcles du pire et du meilleur. Et tout cela est en train de se produire inlassablement.

              En cette fraction de seconde somme toute banale et sans aucune importance particulière, c'est tout le sort du monde qui se joue. Tous les acteurs sont là, de Barack Obama aux micro-organismes qui nous assurent une digestion heureuse ou des ballonnements pour le moins pénibles accompagnés de flatulences. Les lions dévorent les gazelles qui se repaissent des herbes de la savane. Au moins de celles que les derniers combats au lance-flamme et à la grenade offensive ont épargnées. Le napalm aurait fait plus propre, mais rien n'est parfait.

              Qui a dit que la vie était une fine couche de moisissure à la surface de la planète bleue ? Un sage éclairé ou un cynique qui se débarrasse de sa mauvaise conscience à bon compte ? Ou une vision  sereine de l'impermanence. Tout se suit, tout s'enchaîne, tout se bouscule, tout se répercute et tout dépend de tout et du reste.

Et malgré cela on persiste à se croire libre et autonome. Étrange, non ?

              Mais je vous en avais déjà parlé et je persiste et réitère en affirmant haut et fort que je suis le centre du monde. Le seul légitime en tout cas. Qui osera me dire le contraire? Qui aura l'impudence de nier cette légitime affirmation. Je ne vais quand même pas me laisser impressionner par vos sottes dénégations ! Et si vous voulez me contraindre je sens que je vais me fâcher ! J'irai jusqu'à vous tirer les oreilles comme disait pépé Louis qui avait fait 14. Dans ce monde où toutes les valeurs sont bafouées c'est ce que l'on devrait faire aux garnements de votre espèce ! Non mais !

 

                                                        Le Chesnay le 12 février 2015

                                                        Copyright Christian Lepère

"Maya" - détail

"Maya" - détail

"Maya" - détail

"Maya" - détail

"Maya" - détail

"Maya" - détail

La prochaine fois

toute la vérité va vous être enfin révélée

accrochez vos ceintures!

car

"Il n'y a pas de pilote dans l'avion"

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