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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:03

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                                                "Le grand canyon" - huile sur toile - 65 x 54 cm

 

VOUS AVEZ DIT DIPLOMATIE ?

 

            Alors, Sarkophobe ou Sarkolâtre ? Les deux mon adjudant-chef. Complexe et versatile l’humain oscille sans cesse entre diplomatie et grands principes intangibles. Entre idéal et petites magouilles.

            Barak était copain avec Nicolas et ça faisait plaisir à voir. Le voilà à tu et à toi avec François et c’est fort sympathique. C’est mieux que de se vilipender ou de se faire des croche-pattes.

            Angela avait un complice et ils s’entendaient comme larrons en foire dans une optique sarkolibérale. Avec évidemment quelques arrières pensées plus ou moins avouables et des rapports de force amicaux mais difficilement négociables.  Comme d’habitude la conjoncture évolue, les cartes se redistribuent et voilà qu’avec François le jeu peut reprendre dans un registre plus sobre mais pas forcément édulcoré.

            Avec les beaux jours me revoilà maintenant en Bourgogne. Terre de gens bien enracinés et de sens plutôt rassis. Du solide et du traditionnel. C’est là que la petite Marine a fait un gros score dernièrement, alors que le Grand Méchant Mélenchon était jeté aux orties. Mais voici qu’une seconde échéance approche avec les législatives qui vont infléchir ou conforter la tendance actuelle. Donc plus question de rigoler. Qui va faire la loi ?

            Tel père, telle fille, comme il se doit la dynamique candidate inonde la région de son portrait souriant cent fois placardé. Partout, le long des routes nationales et secondaires, au dos des panneaux son air avenant rappelle qu’elle existe et qu’elle veut le faire savoir.

            Hélas, trahie par les intempéries et la qualité médiocre des pigments colorés employés,  ses affiches pâlissent et déteignent. Pour le peintre c’est un enchantement ! Au côté clinquant des couleurs brutes d’impression voici que succèdent des gris bleutés et des beiges tirant sur le mauve à moins que ce ne soit sur le gorge de pigeon ou même le gris souris. Loin d’agresser le paysage, une symphonie de nuances délicates enrichit les bas-côtés et les abords des routes, d’un intérêt souvent restreint quand ces dernières traversent des lotissements et des zones commerciales pleines de stations service et de Mammouth qui écrasent les prix.

            Mais l’ambiance politique n’est pas de tout repos. Comme toujours quand il s’agit d’arriver au pouvoir ou de disposer de moyens efficaces pour l’orienter. Les ambitions personnelles se réveillent a droite comme à gauche, sans oublier le centre.

            Mais voilà que me reviennent en mémoire des souvenirs de ma jeunesse studieuse. En ce temps là j’étais élève professeur, fonctionnaire stagiaire à l’ENSET et je m’efforçais d’acquérir toutes les connaissances nécessaires à mon futur sacerdoce d’enseignant. Pour nous orner l’esprit on nous parlait de civilisation et d’histoire de l’art. Et pour ma promotion on avait jugé opportun de nous enseigner les merveilles et les turpitudes de cette époque féconde et chaotique qu’avait été le Quattrocento italien. Car c’est de là que tout était parti pour un renouveau éclatant. Enfin la Renaissance mettant fin à des siècles d’obscurantisme et de stagnation allait se lancer à la conquête du Monde et assurer la promotion de l’Homme. Cette optique triomphaliste était cependant un peu simple, si ce n’est simpliste. En fait le Moyen-âge n’avait pas été si obscur et l’irrationnel et ses vues ne reposaient pas toujours sur une foi naïve et crédule. C’était une autre approche, traditionnelle,  et qui avait l’immense qualité d’être ouverte à la transcendance.

            Cependant soyons juste, la Renaissance a été une période de créativité débordante où le talent et la maîtrise de beaucoup a permis l’apparition de quelques chef-d’œuvres notoires. Aussi bien à Florence que dans les Flandres avant de se répandre dans toute l’Europe pour finir par fleurir dans la douceur angevine du Val de Loire.

            Donc tout a déjà été fait. Cependant notre époque a quand même innové sur un point et de façon grandiose : la production de déchets industriels et l’incapacité à s’en débarrasser ou tout au moins à les gérer. Jadis on était malpropre, tout au moins dans la douce France, mais même en jetant le contenu du pot de chambre par la fenêtre dans la ruelle en contrebas, on ne pouvait nuire qu’à ses proches voisins, ceux contre qui on a des griefs. On ne pouvait donc pas nuire durablement à la nature. D’ailleurs tout ou presque était biodégradable.

            Depuis on a inventé des nuisances beaucoup plus efficaces. Et si certains pays se montrent vertueux en rétrogradant sur le nucléaire, le journal télévisé nous apprend incidemment que cela peut aussi les amener à intensifier l’exploitation de mines de charbon à ciel ouvert. Et à massacrer le paysage, supprimer des terres arables et  condamner des villages entiers à une prochaine expropriation. Dieu merci ces populations beaucoup plus disciplinées que nous  font contre mauvaise fortune bon cœur.

            Mais ne soyons pas pessimiste. Dans peu de temps les affiches de la petite Marine auront disparues sous les effets du soleil et de la pluie. Dans le bleu d’un beau ciel d’été les papillons pourront voleter de fleur en fleur, si les pesticides leur en laissent le loisir. Mais nous ne sommes pas des insectes bien que certaines substances prodiguées largement par les firmes internationales les plus attentives à notre bien-être puissent aussi avoir pour nous quelques effets secondaires. Enfin avec un peu de chance…

 

                                                                La Brosse Conge   le 28 mai 2012

                                                                   Copyright Christian Lepère 

 

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                                                   "Où allons nous?" - gravure à l'eau forte - 1961      

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Published by L'imaginaire
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