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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 07:19

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                                                           "Visite guidée" - huile sur toile - 65 x 54 cm - 2003

 

 

AVERTISSEMENT

Le document suivant ne va pas intéresser tout le monde

Mais au moins

ceux qui ont fréquenté l’ecole

(En tant qu’élève ou en tant qu’enseignant)

et à qui

L’ART CONTEMPORAIN

donne de l’urticaire

 

 

 

 

RAPPORT D’INSPECTION

Madame Meyer Inspectrice Pédagogique Régionale

Le 11 mai 1982

 

         Avec 21 élèves de 5em Monsieur Lepère conduisait un exercice au crayon, sur le thème « Le monde et l’industrie ».

         Très méthodologiquement la procédure de travail était exposée. Dans un cadre de 1 ou 2 cm du bord de la feuille, on inscrivait la mise en place au crayon :

               -     Les bâtiments assez simples.                                                                       

On pouvait ajouter des éléments mobiles : véhicules etc…

Puis des objets plus petits et si l’on jugeait bon, des personnages.

Afin de mieux préciser ce qu’il était souhaitable de faire, le professeur avait réalisé le travail et le montrait aux élèves : une vue frontale de dock et autres éléments industriels avec un camion au premier plan.

         Cette étude ainsi que des documents photographiques étaient accrochés au tableau pendant la séance et les élèves avaient le droit de puiser des informations dans leur livre de géographie.

         Lorsque la mise en place serait terminée on aborderait à la séance suivante les valeurs au crayon et dans une 3eme heure le problème de couleurs aquarellées. Pendant que les élèves se sont mis en place avec de nombreux rappels au silence, Mr Lepère a relevé les exercices de la semaine précédente « travaux d’application d’une perspective cavalière ».

 

         La pédagogie de Mr Lepère basée sur l’acquisition des moyens, le soucis de réinstaurer la concentration et le savoir-faire est cohérente dans les objectifs qu’elle sous-tend et la directivité du travail rend opérationnelle l’action mise en œuvre. Tout est pensé, prévu et gradué. Les exigences techniques sont assez clairement imposées pour que les résultats soient sinon gratifiants, au moins dans la ligne du projet de l’enseignant.

         Si l’on peut apprécier la stricte méthodologie d’une pédagogie directive on est en droit de s’interroger sur l’opportunité d’une telle procédure dans le cadre d’une discipline d’Eveil où les objectifs tendent justement à élargir la capacité de libre choix de l’élève et la divergence des productions dans des démarches expérimentales et d’investigation. Ces démarches visent à mettre en évidence les potentialités sensibles de l’adolescent et le « vécu » dans ce projet a au moins autant d’importance que le résultat. Mr Lepère extrêmement soucieux de la formation de ses élèves réalise avec eux des travaux élaborés, mais on aimerait le voir délaisser le souci du « référent ». Qu’il soit personnel ou culturel, celui- reste toujours « normatif » et restrictif. Il serait souhaitable que le professeur laisse un peu le registre des acquisitions et polarise son action sur des objectifs plus conformes aux projets éducatifs actuels. On peut aussi conseiller à Mr Lepère d’ouvrir sa pédagogie aux problèmes contemporains posés par l’Image et ses mécanismes. Qu’il s’agisse de publicité, de télé, de B.D., un éducateur, à fortiori un plasticien, ne peut ignorer ce fait contemporain même si il garde le droit de le déplorer.

         C’est en dominant ce qui fait partie intégrante de la vie des adolescents que l’on peut, non seulement provoquer la motivation et l’intérêt de ceux-ci pour l’Ecole mais, mieux encore, les aider à maîtriser un fait de société et à ne pas être submergé par lui.

         Mr Lepère trouverait intérêt à suivre l’an prochain les séances de formation continue qui se tiendront dans l’Académie de Versailles , le jeudi matin. Par des échanges avec ses collègues et des informations sur « les pédagogies » appliquées aux Arts Plastiques ; il pourrait élargir sa pratique et mesurer mieux ce qui, pour l’instant, rend son enseignement limité.

 

Commentaire de ce jour : 20 août 2012

           

         Tout va bien ! L’Inspectrice est dans son rôle. Elle fait remarquer très justement à Mr Lepère qu’il pourrait améliorer son enseignement. Ce dont il est certainement tout a fait conscient. Cependant il a un doute. Il hésite. Et il ne se rend pas aux réunions d’information qu’on lui propose et dont des collègues lui parlent.

         Puis le temps passe. Il côtoie de nouveaux collègues formés à la pédagogie nouvelle. Ce sont des manipulateurs de concepts. Ils ne savent pas dessiner (on ne leur a pas appris…). Et leur optique est parfois un peu inquiétante. Ainsi un jeune, père d’une ancienne élève de Mr Lepère qui lui explique avec conviction que l’art n’est surtout pas fait pour plaire mais pour provoquer. Si une œuvre d’art ne vous met pas mal à l’aise en vous inquiétant elle est nulle et non avenue. Inutile. Donc on confie à ce nouveau collègue non encore titularisé la noble mission d’épanouir la jeunesse.

                                                                                             A suivre…

 

SUITE en AVRIL 1994

 

         L’Académie de Versailles, soucieuse d’aider les enseignants leur fait parvenir des bulletins d’information.

         Voici des extraits du numéro 3 de Mai 1994

Dans le cadre de leur formation, l’Inspection a réuni des stagiaires pour une journée. On leur a donné des consignes et fourni tout un bric à brac pour réaliser leurs projets, puis on leur a demandé de juger d’un œil critique les divers résultats, y compris le leur.

 

DOCUMENT 1

 

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DOCUMENT 2

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DOCUMENT 3

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DOCUMENT 4

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         Aujourd’hui, 20 août 2012, totalement dépassé et maladivement incapable d’expliciter les concepts, je lance un appel au secours. C’est une bouteille jetée à la mer…

Eclairez moi par pitié

Je ne veux pas mourir idiot !

                                                                                Christian Lepère retraité

 

                                    ____________________________

 

EN PREVISION

 

             Après hésitation le prochain article ne s’intitulera pas : « Y a-t-il une vie avant la mort ? » et traitera d’un sujet sans aucun rapport. Il sera montré comment l’auteur cédant à ses folles pulsions s’est lancé sur les traces du Facteur Cheval sans parvenir à le rejoindre.

 

                                                                              

A bientôt !

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Published by L'imaginaire
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commentaires

lougira 01/09/2012 14:42

Je suppose que bon nombre d'enseignants ont dû feindre la docilité des nouveaux "initiés" devant les injonctions des diafoirus de la pédagogie. Mais cela n'a pas suffi pour s'en débarrasser et
déclencher un rire salutaire.
De quoi ce jargon obscur et frénétique est-il le signe ? Peut-être du mal à en finir du siècle précédent et d'une renaissance à venir ? Le monde est vaste et beaucoup d'artistes restent hors
d'atteinte de la glossolalie des "intellectuels" parisiens.