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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 08:55

Jour-de-gloire.jpg

                                                                                              "Jour de gloire" -  huile sur toile - 73 x 60 cm

 

 

HISTOIRE D’UN NAUFRAGE (suite)

 

Notions d’éthique

 

             Veuillez m’en pardonner, mais je vais faire frémir bien des âmes en développant des idées politiquement incorrectes. En l’occurrence elles ne sont pas neuves et je crois bien que la sagesse traditionnelle n’en ignorait rien. Voici donc l’idée de base : l’homme, créature multiple et complexe a toujours été hanté par les notions de Bien et de Mal. C’est en fait ce qui distingue l’espèce puisque les animaux n’ont pas vraiment d’éthique. Leur instinct, totalement irraisonné semble suffire pour assurer leur survie.

             Pour le lion qui a faim, c’est évident, si la chance lui permet d’attraper une gazelle, il va la dévorer sans coup férir et sans le moindre état d’âme. J’ai faim, je mange. Pas de problème. C’est ce qu’en termes humains on peut résumer par « chacun pour soi et le Bon Dieu pour tous ». Le Bon Dieu étant ici la nature qui fournit aimablement au lion sa subsistance.

             Mais l’homme est moins simple car l’appartenance à la tribu est vitale. Seul, livré à ses ressources personnelles  il est vite condamné. Il a donc impérativement besoin de partager des valeurs communes avec le groupe. Et c’est ainsi qu’apparaissent notions morales et tabous. Je sais bien que le lion, ou plutôt les lionnes chassent en groupe et que beaucoup d’animaux ont des comportements sociaux fort complexes, mais cela n’étant pas intellectualisé n’entraîne pas  de notion  sur le Bien et le Mal. Non, à ce stade le bien et le mal peuvent suffire, ou si l’on préfère ce qui assure la survie et ce qui l’interdit.

             Au niveau de la tribu,  sera Bien tout ce qui la favorise et Mal tout ce qui lui nuit. Et d’une tribu à l’autre on aura peu de chance d’être d’accord…Les guerres tribales n’ont pas cessé d’occuper les loisirs de l’humanité et la guerre de 14-18 n’est évidemment pas la dernière.

             Donc pour l’homme c’est simple. Il y a le Bien et le Mal, le bien étant ce qui m’est favorable (à moi, à ma famille, à mon groupe et à son idéal) le mal étant tout le reste, tout ce qui m’est hostile et déplaisant et qui l’est aussi pour le groupe, la nation ou le parti auquel j’appartiens.

             Ainsi le Bien d’un islamiste intégriste aspirant à atteindre le paradis d’Allah pour y connaître des houris éternellement vierges est-il un peu différent de celui que je suppose être celui de monseigneur Lefèvre. Les deux ayant leur légitimité aux yeux des intéressés. Bien sûr cela ne les mettra pas d’accord  avec un sauvageon de banlieue pour qui le Bien est de casser du flic et de mettre le feu à des bus, symboles d’un monde moderne qui est le Mal absolu. Car il s’agit toujours de symboles.

De son point de vue égocentrique ou « tribucentrique » chacun aura raison. Aussi étriqué qu’intolérant chacun saura au moins qui combattre et anéantir pour qu’enfin on puisse vivre aimablement entre gens de bien.

            Au fait, Hitler n’avait-il pas la même intention humanitaire ? Si les juifs sont à la source de tous les maux de l’humanité, le but de tout homme raisonnable ne doit-il pas être d’anéantir le mal à sa racine ? Comme disait Boris Vian, « On tuera tous les affreux ». Et on se retrouvera enfin dans une paix merveilleuse, la paix romaine, ou celle du 3° Reich, peu importe pourvu que le bien triomphe enfin. Ah j’oubliais les délices de la révolution culturelle au temps du bon tonton Mao et la croisade du président des Etats-Unis contre l’axe du mal.

            C’est donc au nom du bien que les peuples se sont entre déchirés depuis toujours et qu’actuellement les enthousiasmes en ce domaine ne semblent pas fléchir. Tuer le mal personnifié par l’autre est une entreprise longue et hasardeuse et qui, de toute façon, est à double tranchant puisque on est toujours soi-même l’autre d’un autre, le mal de l’autre.

 

                                                                                         A suivre…

 

                                                                        Le Chesnay – février 2010

                                                                        Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by L'imaginaire
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