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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 08:25

121 Enlèvement des Sabines 100 x 81

                                                                        "L'enlèvement des Sabines" - huile sur toile - 100 x 81 cm

 

 

HISTOIRE D’UN NAUFRAGE (suite)

Installations

 

             Je voudrais maintenant m’excuser auprès de l’honnête lecteur qui pourrait croire que je méprise l’art de l’installation. Il n’en est rien car celui-ci a fait ses preuves depuis les temps les plus immémoriaux. En effet, que fait le petit artisan sur la place du marché? Disposant avec art ses poteries ou ses pipes en terre, il va dès l’aube et si il a un peu de goût choisir le tissus adéquat, le support indispensable, peut-être même l’éclairage qui vont mettre en valeur sa production, exalter les pièces maîtresses, guider le regard et créer chez le chaland l’envie de s’offrir l’objet qui va compléter sa collection

                    Les vitrines de Noël réchauffent la nuit des grands boulevards en attirant les petits. Le traiteur décore le salon où va se dérouler un repas de mariage. Tendre des guirlandes et allumer des bougies sont des actions de base de l’installation.

             Non, ce qui m’attriste et me fait douter c’est ce que l’on peut découvrir dans les musées les plus officiels et les plus prestigieux sous couvert de modernité. A savoir, par exemple, deux chaises en bois posées sur une estrade (ce qui est leur droit le plus strict) mais accompagnées d’un texte qui va nous éclairer sur le sens sous-jacent et cependant pérenne dont l’auteur, autodidacte mais engagé sociologiquement dans la contestation post-moderne de la notion d’appartenance à une classe de possédants prolétarisés issue des mouvances de la contestation marxiste tendance Groucho va tenter de justifier  pour l’édification d’un vain peuple qui ne lui a rien demandé.

             Tentons de préciser le message : s’agit-il de dénoncer l’angoisse existentielle de celui qui est assis entre deux chaises ou ne s’agirait-il pas plutôt de la frustration de l’ego qui ne saurait se contenter d’une seule  et chez qui la vue de la seconde va éveiller des pulsions suicidaires anti-sociales? A moins que l’appropriation ludique d’un espace muséal pérennisé ne soit un antidote contre la morosité de la personne sociétale dont l’épanouissement différé par les aléas conjoncturels ne puisse se réaliser que par le truchement d’un artifice culturel issu d’une idéologie post soixanthuitarde? « Comme t-y veux t’y choises » comme dirait mon copain Ahmed qui lui n’est pas totalement dénué de bon sens.

 

                                                                                              A suivre…

 

                                                                            Le Chesnay – février 2010

                                                                            Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

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Published by L'imaginaire
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