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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:21

 

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                                                                   "Temps incertain" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1989

 

 

Au bon vieux temps jadis

 

                 C’était au bon vieux temps jadis, quand il y avait encore des saisons. Dans ces temps bénis les hivers étaient froids et les étés caniculaires. Mais au moins on savait à quoi faire face. On pouvait se préparer, mettre sa laine ou laisser choir de vains oripeaux quand on était tout suant et ramollis. Même la fin de l’école, le 14 juillet venu, nous accablait de chaleur et nous rendait moites en attendant les départs vers des cieux plus estivaux. En ce temps là la Toussaint était triste et le premier mai tout embaumé des senteurs du muguet.

                 En ce temps là…Bien sûr en y songeant un peu plus, il faut bien admettre que parfois il y avait de l’inattendu ! Mais c’était exceptionnel, donc pardonnable et d’ailleurs c’est ce qui mettait le reste en valeur et évitait l’ennui.

                 Ainsi il me souvient de vacances de Pâques où, blotti au cœur de la maison en Bourgogne, devant la cuisinière avec le four ouvert, les pieds réchauffés et l’âme exaltée je me berçais de lectures. Depuis de belles histoires, contes ou légendes jusqu’aux aventures de Pif le chien. Le soir venu on réintégrait les draps humides d’une chambre froide en attendant l’accalmie du lendemain qui parfois se faisait attendre…

                 Me reviennent aussi des souvenirs de 15 août tout inondés ou noyés de bruine persistante. Mais au moins ça faisait des souvenirs et c’était tellement agréable quand ça s’arrêtait.

                 Aujourd’hui la terre se réchauffe, le climat se dérègle, les conditions se font aléatoires. L’exception devient la règle et le bon sens est chamboulé. Tournoyant sans relâche et espionnant tout des batteries de satellites scrutent inlassablement les perturbations. Ils dénoncent l’anticyclone qui se permet des fantaisies inadmissibles , prévoient l’évolution des masses nuageuses, calculent avec une précision électronique le taux d’humidité, l’accumulation des charges électriques au sein des masses orageuses et l’arrivée perfide de courants d’air froid refoulés par l’atmosphère estivale de la banquise qui en fond de plaisir.

                 Nous sommes dans un monde globalisé où tout réagit sur tout. Où le battement d’aile d’un papillon dans la forêt amazonienne déclenche un mini tsunami quelque part en Thaïlande et détourne les baleines à bosse de leur voyage immémorial au fil des courants transocéaniques.

                 Or tout cela n’est pas nouveau. Et de tout temps les événements se sont enchaînés implacablement selon les lois de la nature, ainsi que de la culture, apparemment plus aléatoires mais tout aussi déterminés dans leur déroulement facétieux. Car après tout l’évolution des mentalités et le changement des mœurs semblent bien obéir à des lois aussi incontournables que celles de la matière pesante. Pourquoi le printemps du Quattrocento ? L’hystérie révolutionnaire de 1789 ?Le rouleau compresseur du 3° Reich ? Ou même de façon plus modeste l’effervescence de mai 1968 ?

                 Tout cela est observable, analysable, démontrable et les doctes peuvent ensuite constater que ça c’est passé comme ça parce que c’était inévitable. Même si d’autres doctes ne peuvent s’empêcher de rétorquer : « Oui, bien sûr, mais si… » et d’évoquer des hypothèses dont le péché originel est de reposer sur le désir de leur auteur qui voudrait tant que l’on remarque enfin son originalité dans un premier temps, avant d’admirer qu’il est au dessus de la mêlée et que le Bon Dieu aurait grand intérêt à tenir compte de ses conseils. « Ah ! Si on m’avait consulté… ». Mais le monde est immense, implacable et indifférent. Il n’a que faire de notre avis et n’en fait qu’à sa tête.

                 Voilà pour la marche générale. Mais depuis quelque temps le temps s’affole. Notamment avec des inondations. Non pas qu’on ait oublié celles parisiennes de 1910, plus que respectables, mais ces temps derniers l’Europe Centrale a été gâtée. Elle a pu s’ébattre et se rafraîchir. Des tas de gens, laborieux à l’ordinaire, ont occupé leurs loisirs à remplir et empiler de petits sacs de sable  le long des rives de leurs fleuves. Et le niveau de monter. Et les grands bâtiments de Prague de jouer les palais vénitiens au bord de la Moldau ou à Budapest sur les rives du beau Danube bleu.

                 Maintenant ce sont les Pyrénées qui font trempette. Sur les rives de l’Adour et de la Garonne un tas de bourgades voient avec effroi les suites de la fonte des neiges et des orages cataclysmiques qui se déchaînent. Comme souvent on constate que les prévisions ont été un peu sous estimées. Donc de petits torrents parfois à sec se mettent à gonfler, gonfler, emportant dans leurs flots tempétueux des matériaux d’érosion qui deviennent de dangereux instruments de sape. Car c’est par-dessous que les bases des ponts et des parapets se retrouvent rongées, provoquant l’effondrement de maisons riveraines et surtout de digues protectrices qui ne retiennent plus rien…

                 Encore une fois tout cela n’est pas nouveau. Mais la différence c’est que maintenant on est informés. Tout de suite et de façon détaillée. Les ondes nous font assister à ce qui se passe en direct et avec force témoignages humains. Ah ! Quelle chance nous avons ! Au moins nous sommes au courant et nous pouvons nous enorgueillir de l’être même si ça n’y change pas grand-chose…

 

 

                                                                  La Brosse Conge le 20 juin 2013

                                                                  Copyright Christian Lepère  

 

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                                                                               "Au gré des vents" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1991

 

 

Avons-nous fait le tour du problème ?

Sans doute pas !

Alors à la semaine prochaine où nous aborderons

« Les espaces clos »

 

Et la claustrophobie q’ils induisent irrémédiablement…

 

 

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Humour noir

Dans le Vieux Cimetière de Vézelay

il y a quelques jours...

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Published by L'imaginaire
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