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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 06:43

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                                                               "La lumière au bout du couloir" - dessin aquarellé - 50 x 65 cm

 

 

On n’arrête pas le progrès…

ni Matthieu Ricard

 

 

            Il m’arrive de lire « Sciences et Vie ». Cette revue fort sérieuse, réalisée par des gens bien informés se tenant soigneusement au courant de tout ce qui bouge dans le domaine scientifique m’inspire confiance. Certes les vues qui y sont exposées ne me satisfont pas totalement. Considérer que la réalité se limite à tout ce qui est observable, enregistrable, analysable, quantifiable et reproductible est un peu limitatif. Le monde réel réduit aux simples apparences, fussent-elles subtiles, hors d’atteinte de nos sens et immensément lointaines dans le temps et l’espace me semble un peu timide. Mais enfin la croyance au Big Bang et à l’expansion universelle semble confortée par des preuves scientifiques non négligeables.

            Mais voici que, ô stupeur,  dans le numéro 1139 d’août 2012 le titre de la couverture nous saute aux yeux : « Nous ne sommes pas seuls ! ». Donc on envisage sérieusement que la vie ne soit pas  une exclusivité terrestre. Viennent ensuite des articles très étayés illustrés très abondamment avec de vives couleurs. A partir de là la preuve semble faite, tout au moins pour une bonne part de la communauté scientifique. Désormais nos connaissances « prouvées » sont suffisantes. On peut les résumer. D’abord l’univers (en expansion) est infiniment plus vaste que tout ce que l’on pouvait supposer. Ses limites sont celles de notre capacité d’observation qui est en train de devenir colossale avec l’apport des nouveaux radio-téléscopes. Ceux-ci, reliés par des ordinateurs peuvent additionner leurs données et fonctionner en réseaux. Déjà « Hubble » nous fournissait des images d’une finesse inégalée, à partir de son orbite située bien au-delà des perturbations atmosphériques qui rendent les images plus ou moins floues. Ensuite le nombre d’exo planètes où la vie a pu trouver les circonstances nécessaires à son apparition n’a cessé de croître depuis la découverte de la première cependant assez récente. Enfin il semble que la plupart des étoiles possèdent un cortège de planètes dont un bon nombre  gravitent à la distance favorable. Pour rappel notre galaxie, la Voie Lactée comporte des milliards d’étoiles et n’est qu’une formation modeste parmi les milliards d’autres galaxies qui lui tiennent compagnie. Voilà qui relativise…

            Donc j’ai été vivement intéressé et cela m’a replongé dans un passé pas très lointain. C’était en 1970 et j’avais vingt huit ans. Très attiré par la métaphysique mais cependant fort prudent, voire un peu sceptique, je cherchais des sources d’information sérieuses. Ainsi un livre avait attiré mon attention : « Le hasard et la nécessité » écrit par un certain Jacques Monod. Cet éminent biologiste, directeur de l’Institut Pasteur  s’était vu, avec son complice François Jacob attribuer le prix Nobel de physiologie pour leurs travaux dans le domaine de la biologie moléculaire. Ils venaient de faire des découvertes décisives sur l’a.r.n et le code génétique. C’était leur tasse de thé, ils avaient tout misé dessus et de ce point de vue ils étaient irréprochables. Or la vision du  « monde selon Jacques… » était simple et péremptoire. Athée et matérialiste le monde lui apparaissait comme le résultat d’enchaînements implacables de causes et d’effets (jusque là le Bouddha est d’accord…) mais sans aucune justification, sans plan directeur et surtout sans aucune transcendance (là le Bouddha commence à faire la moue…). Tout cela était fort bien expliqué dans « Le hasard et la nécessité » où il concluait par cette sentence définitive très existentialiste : «  L’ancienne alliance est rompue ; l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers, d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres. » Alors, ça vous plaît ? A moi pas trop, mais si il avait raison ?

            Donc je me méfiais car il n’était pas indispensable de remonter à des époques obscurantistes pour constater à quel point les esprits les plus évolués et les plus avertis ont pu se mettre le doigt dans l’œil et conclure hâtivement.

            Ainsi quelqu’un avait dit à propos d’aérolithes : « Il ne peut pas tomber de pierres du ciel pour la simple raison qu’il n’y a pas de pierres dans le ciel ! ». Entre parenthèse je confirme puisque je n’ai personnellement jamais vu tomber de pierres du ciel. Et vous au fait ? Ensuite un éminent savant avait prouvé devant la Royal Académie de Londres qu’il serait à tout jamais impossible de faire voler un plus lourd que l’air. Puis d’autre scientifiques avaient prédit vers les années cinquante qu’une fusée ne pourrait jamais s’arracher à l’attraction terrestre, la masse de carburant nécessaire la clouant au sol irrémédiablement.

            Les exemples sont donc nombreux et variés. D’ailleurs qui avait prévu la télévision numérique, le téléphone portable et la transplantation cardiaque ? Personne à part quelques illuminés et de doux rêveurs.

            Donc dans ce monde de fou qui nous sert de cadre de vie, tout est en train de changer. Euh…enfin…excusez moi…je m’égare. En fait rien ne change véritablement. C’est simplement notre vision du monde qui s’approfondit et devient plus objective. Les ondes électro magnétiques ont toujours existé et le génome avec son code génétique était bien présent chez l’homme de Cro Magnon qui d’ailleurs pouvait déjà mourir d’un cancer, même si le sida n’avait pas encore été in venté ( ?).

            Revenons enfin à « Ici - aujourd’hui – maintenant - tout de suite… » . La science progresse de façon exponentielle et si l’humanité ne se suicide pas le processus va se poursuivre. Modifiant radicalement notre vision du monde et de nous-même elle va nous contraindre à perdre quelques illusions. La physique commence à explorer la métaphysique qui n’est que la partie cachée de l’iceberg et qui lui revient de plein droit. Mais tout cela a une limite absolue que seuls le Christ, le Bouddha et  les koans zen peuvent franchir car ils ne sont pas du domaine de l’observable.

            Pour terminer je ne peux m’empêcher de vous faire part de ce petit clin d’œil du destin : Jacques Monod, athée et matérialiste a eu un « disciple ». Un certain Matthieu Ricard, fils de Jean François Revel qui, pour sa part était un philosophe athée  mais très intègre dans sa démarche et nullement crispé sur ses convictions. Brillant élève Matthieu a pu poursuivre des études puis des recherches en biologie moléculaire à l’institut Pasteur. Un jour à vingt ans il a rencontré un sage lama tibétain de haut rang, Dilgo Kientsé Rimpoché au cours d’un voyage en Inde. Intéressé par la méditation il a cependant continué ses recherches biologiques et ce n’est qu’à l’âge de trente ans, après l’obtention de son diplôme qu’il a tout quitté. Hélas Jacques Monod et François Jacob s’étaient occupé de lui en pensant qu’il était comme eux-mêmes un futur prix Nobel. Leur sentiment a été bien amer quand ils ont réalisé que son but ultérieur était de pouvoir « se consacrer enfin à la science véritable » c'est-à-dire les enseignements ésotériques tibétains de haut niveau.

            Depuis, Matthieu Ricard moine bouddhiste est devenu célèbre en tant que photographe, ce qui lui fait gagner de l’argent qu’il redonne à une association tibétaine pour respecter son vœu de pauvreté. Enfin il est devenu aussi tout à fait « par hasard » interprète français du Dalaï Lama et apparaît de temps à autre à la télévision. Mais vous pouvez aussi vérifier sur internet au cas où je n’aurais pas tout compris.

 

                                                                     Le Chesnay le 5 août 2012

                                                                     Copyright Christian Lepère 

 

 

 

PREVISIONS METEOROLOGIQUES

           

            Si l’anticyclone des Açores n’attire pas notre attention vigilante entre temps, le prochain article paraîtra sur ce blog la semaine prochaine et traitera d’un sujet qui peut vous laisser indifférent. Il s’agit d’un rapport d’inspection adressé à l’auteur en juin 1982. Il sera quand même accompagné de quelques documents sur la pédagogie moderne qui ne sont pas tristes et méritent d’être enfin diffusés.

                                                      Sincères congratulations

 

 

139-Lever-de-rideau-R.jpg

                                         "Lever de rideau" - dessin aquarellé - 47 x 35 cm - 1995

 

 

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Published by L'imaginaire
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