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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:40

110-Correspondance

                                                          "Correspondance" - eau-forte imprimée sur Arches 38 x 57 cm - 1971

 

 

Avertissement

 

         Chose promise, chose due. Le prochain chapitre, numéro 102 devant traiter d’un sujet bien précis, un rapport d’inspection datant de 1982,  paraîtra comme prévu. Mais l’actualité, sans me demander mon avis, m’a amené à écrire un 101 bis pour rendre compte d’un épisode de mon quotidien qui ne peut attendre sans perdre de son actualité.

 

Le voici donc.

 

«Transports en commun »

 

            En ce matin du 17 août 2012 je me dirige joyeusement vers la gare Rive Droite de Versailles. Je viens de quitter mon domicile et comme d’habitude j’ai prévu mes horaires : Une demi- heure pour atteindre la gare, un train à 11 heures 35. Un itinéraire que je connais par cœur.  Ensuite c’est la gare St Lazare et après un petit intermède souterrain  le métro va me débarquer à Montparnasse, là où j’ai rendez- vous avec un vieil ami. Nous ne nous sommes pas vus depuis un certain temps et nous allons pouvoir refaire le monde avec enthousiasme à la terrasse d’une brasserie. Fustigeant les méchants et tressant des couronnes à ceux qui nous sont sympathiques. C’est une façon de passer le temps qui ne coûte rien, ou si peu, et qui permet de faire le point avant la rentrée.

 

« Le ciel est bleu, la route est large

Et le clairon sonne la charge ! »

 

            La vie est belle quoique un peu chaude. Fièrement dressée dans son style noble et classique la gare Rive Droite m’accueille. Ah ! Les distributeurs automatiques de tickets refusent les billets, ils n’acceptent que la monnaie. Pas grave ! Une personne humaine, quand même planquée derrière une vitre, va faire le nécessaire. Puis l’escalator me hisse jusqu’au tourniquet où je peux composter mon billet. Le train est là à quelques mètres.

            Une petite sonnerie discrète, les portes se ferment sans hâte et le train démarre paresseusement…Raté ! Je suis là les bras ballants mais la cervelle est active. Voyons voir…Le prochain train dans une demi-heure ? Ou une demi-heure à pied pour aller chercher ma voiture ? Suis-je bête, il y a des taxis devant la gare. Je ressors donc. La place est ensoleillée et agréablement vide. La station de taxi aussi hélas ! Des passants questionnés avec insistance avouent qu’ils ne savent pas et la brasserie à côté est fermée pour cause de mois d’août. Il y a bien des arrêts de bus à proximité, mais les lignes d’intérêt local vont refuser de m’aider à atteindre la capitale. Leur ambition est beaucoup plus limitée. Elles ne dépasseront pas Ville d’Avray.                     

            Une idée germe dans mon esprit. L’autre gare, Versailles Rive Gauche est à dix minutes en marchant d’un pas décidé. Je vais l’atteindre et là pas de problème. C’est la principale voie d’accès des touristes qui de Paris viennent à Versailles voir le château. Des Espagnols, des Allemands, des Anglais perdus au sein de la multitude japonaise se déversent de la gare et vont soit à pied, soit en bus atteindre la splendeur du Grand Siècle.

            Hélas ! Trois fois hélas ! A ma grande honte je constate que ce lieu que je fréquente depuis quarante cinq ans, que j’ai parcouru à pied, de jour comme de nuit des centaines de fois est dénué de stations de taxis. Tout au long de la vaste avenue, ni à droite ni à gauche. Peut-être derrière la station routière ? Apparemment pas. Un s.d.f. à qui je ne demande rien répond à la place d’un autre que j’ai sollicité. « Si !Si ! Taxis ! Là bas …Là bas… » Et de me désigner la direction d’où je viens. Je passe outre et j’achète mon billet. Ah oui …sur ce parcours les trains circulent avec une lenteur digne du Grand Siècle. Pas d’affolement. Les démarrages sont lents, la progression circonspecte et l’on s’arrête prudemment à toutes les stations. Au loin la capitale où le rythme sera celui d’un honnête métro, sans plus.

            Je vais vous épargner la suite. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Sachez cependant que j’ai retrouvé mon ami et que nous avons pu refaire le monde en abordant les questions essentielles. Mais c’est encore les vacances et je ne voudrais pas vous importuner avec des sujets sérieux. Simplement prenons date, ce sera pour plus tard.

 

                                                                               Le Chesnay le 18 août 2012

                                                                               Copyright Christian Lepère

 

 

197-Transhumance.jpg

                             "Transhumance" - eau-forte imprimée sur Arches 38 x 57 cm - 1974

 

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Published by L'imaginaire
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