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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 08:08
562 - Prenant son temps (2)
562 - Prenant son temps (2)
"Farandole" - dessin à la mine de plomb - 38 x 50 cm -octobre 2021

"Farandole" - dessin à la mine de plomb - 38 x 50 cm -octobre 2021

 

 

Prenant son temps

(suite 2)

                 Mais l’écoulement du temps a une conséquence non négligeable : l’impermanence. Ainsi rien n’est fixe et tout change sans arrêt. Arrivé sans trop d’encombre à l’automne de ma vie j’ai vu, comme il est naturel, disparaître un nombre sans cesse croissant de mes contemporains, tous âges confondus. Les plus vieux que moi, ce qui paraît normal, mais aussi de beaucoup plus jeunes.

                 Récemment, au moment de m’endormir j’ai vu surgir dans ma mémoire la procession  des chers disparus. Chers, c’est un peu vite dit pour certains ! Ma mémoire a procédé par les moyens habituels : association d’idées, de thèmes, de périodes de temps, ressemblances et oppositions, sans oublier la part de ce qui est peu explicable pour qui ne se connaît pas trop bien et dont le subconscient ne veut pas s’ avouer, par peur de disparaître.

                 Je suis à la campagne. Dans cette nature paisible le cimetière du village, tout proche, me rappelle l’impermanence  de mes amis et connaissances.  De ma famille aussi,  qui repose là après avoir vécu. Vécu ou fait semblant, allez donc savoir car la plupart sont repartis avec un sentiment d’échec, frustrés ou déçus. Mon père, ma mère, mon grand-père et tonton Raymond ainsi que mon grand-frère, mort plus récemment et disparu de façon très contemporaine après une longue suite de dépressions et gavé d’anxiolytiques. Aucun d’eux ne semblait prêt au grand départ, à la mutation ultime. Bref au retour paisible à la source dont ils étaient issus.

                 Sans doute étais-ce aussi le cas de mes amis d’enfance, top tôt disparus pour pouvoir donner toute leur mesure et vivre tous leurs désirs. Le cas aussi des vieux de la vieille, ceux de « la classe » qui avaient fait 14 en même temps que mon grand-père et dont le nom  ne  figure pas au monument aux mort parc qu’ils ont persisté au-delà du raisonnable en ne mourant pas pour la patrie. Roués et combinards ils ont même réussi à atteindre un âge plus respectable avec l’aide du gros rouge local ou de  liqueurs de la région qui vous redonnent le moral mais pas le sens de l’équilibre. Je me souviens du père Robert jovial et campagnard qui remontait à la ferme familiale soutenu par son vieux vélo. Rendant visite à pépé Louis il venait trinquer et s’envoyer « un canon » en souvenir du bon vieux temps. Celui de leur jeunesse enfuie même si elle n’avait pas toujours été fraîche et joyeuse comme Apollinaire ( ?) le chante à propos de la grande guerre, qu’il aurait pu éviter mais qu’il lui avait tenu à cœur de partager avec les autres. Une façon un peu spéciale de s’intégrer au troupeau…en y risquant son intégrité physique.

 

                                                                                              A suivre

 

 

 

 

 

562 - Prenant son temps (2)
562 - Prenant son temps (2)
562 - Prenant son temps (2)

 

 

Le gai soleil brille au firmament.

La vie est belle

et nos chers

disparus

ne vont pas 

s'en offusquer plus

qu'il n'est raisonnable de le faire

 

 

 

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