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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 08:40
328 - Retour de la chaîne des Puys - suite et fin

 

Retour de la chaîne des Puys

Suite et fin

 

           Au fil des circonstances j’ai pu m’entretenir avec les uns et les autres et découvrir leur originalité irremplaçable.

           Dès l’entrée on découvre Michel Bassot qui a de la bouteille mais dont la fraîcheur juvénile s’appuie sur une maîtrise technique complexe. Ainsi il se permet de faire poser des modèles vivants dans des postures acrobatiques extravagantes sans recourir aux facilités offertes par la photo, ce que d’autres se permettent sans hésitation alors que quelques exaltés négligeant les garde-fous se lancent dans des improvisations sans filet mais non sans talent.

           Andrée Bars, l’Invitée d’Honneur, possède un métier d’une précision admirable, toute en finesse et en sensualité. Etrangement elle a retouché son tableau après l’avoir donné à reproduire dans le catalogue. Et l’amélioration est évidente…Pardonnez-moi de vous montrer la version incomplète.

           David de Graef est un personnage truculent au physique de bon vivant mais au comportement imprévisible. Curieusement il réalise avec un raffinement extrême des sujets improbables pleins d’anatomies convulsées traduisant toute l’ambivalence des pulsions humaines. Il est Belge comme Michel Barthélémy qui en pédagogue impénitent et curateur de ce salon n’oublie cependant ni la sensibilité ni l’humour. Enfin Jef Bertels vient des mêmes horizons pour nous plonger dans des paysages fantastiques peuplés de créatures venues d’ailleurs. Sa matière est riche et sa palette délicatement nuancée.

           Tony Quimbel est un grand professionnel qui enseigne ce qu’il pratique. Son métier est impeccable, sa rigueur et son savoir-faire à la hauteur de son idéal. En n’utilisant que les trois couleurs primaires il obtient une richesse chromatique remarquable et la perfection du travail le rapproche des maîtres du trompe-l’œil.

Mais laissons-nous glisser vers le Sud pour y trouver le Romain Giorgio Brunacci. Issu d’une tradition toute de beauté et d’harmonie il nous charme avec des tonalité d’ocre et de terre de Sienne en nous emmenant en Toscane. Les encadrements qu’il réalise lui-même habillent somptueusement ses fantasmes. C’est aussi le cas de Bruno Altmayer qui enrichit le pourtour d’œuvres multiples et complexes avec des assemblages de matériaux récupérés complétant le sujet principal. C’est plein d’idées et la réalisation est à la hauteur bien que fortement chronophage. Mais il faut savoir ce qu’on veut…

           Si Monica Fagan nous plonge dans un univers musical peuplé de reines de légende et de divas, c’est dans des décors d’opéra riches en personnages costumés. L’ambiance est plutôt celle du carnaval de Venise avec ses fastes et ses atours. A l’opposé se tient Thierry van Quickenborne, venu du Nord, du froid et de la rigueur. Nous sommes pourtant dans un monde de rêve, oui mais de rêve étrange, désert et inquiétant. La technique est parfaitement adaptée : précise, géométrique et rigoureuse cependant enrichie par l’élégance de réminiscences Modern Style qui viennent adoucir un univers pas toujours très accueillant.

           A côté le monde d’Howard Fox est un Jardin des Délices ! Ici nous sommes en présence d’images enluminées somptueuses. Certains le classeraient dans les naïfs. Attention ! Ce n’est pas une critique car c’est merveilleusement réalisé, plein de charme et d’une ingéniosité déconcertante. Quand l’anecdote est poussée à ce point elle devient grandiose.

           Jean-Marie Gasteuil est aussi un de ceux qui se laissent visiter par l’inspiration et accueillent le surgissement de l’inattendu. Cela repose évidemment sur l’acquis d’un métier très sûr. Cependant il lui arrive de se soumettre à des modèles et c’est étrange de voir à quel point il peut respecter les plis d’un vêtement surtout s’il s’agit d’un sari dont les motifs traditionnels sont alors scrupuleusement reproduits.

            J’en arrive maintenant à Marifey, sculptrice Belge qui travaille la porcelaine de Limoges pour en faire des objets étranges, sortes d’Ovnis réellement non identifiés qui peuvent laisser perplexe. Mais l’esthétique est subtile, le métier impeccable et on peut se laisser visiter par un certain mystère. Celui de la création qui vient du plus profond.

           Enfin pour terminer « The last but not the least… » Christophe Vacher qui vient d’obtenir le « Trophée Apocalypse Dore ». Né en Auvergne et vivant aux Etats-Unis il a traversé l’Atlantique pour venir se joindre à nous. Formé par le cinéma, la B.D. et les techniques digitales il a réalisé une peinture très classique prouvant que le modernisme et la tradition sont parfaitement conciliables. Le prix lui a été décerné pour une peinture discrète mais fort attachante si l’on y prête attention.

En voici le sujet : dans les Thermes du Mont Dore parfaitement restitués se dresse en haut d’un escalier une femme élégante et énigmatique. Peut-être est-elle notre muse ? Celle qui nous enjoint d’aller rechercher nos racines au-delà de tous les délires de la modernité ? A nous de la suivre et de nous laisser guider hors de la vaine agitation de notre vieux monde qui n’en peut plus de se caricaturer lui-même et de se nier dans l’autodérision de l’art officiel.

 

                                                    Le Chesnay le 6 Février 2017

                                                    Copyright Christian Lepère

328 - Retour de la chaîne des Puys - suite et fin
328 - Retour de la chaîne des Puys - suite et fin

Voilà

Vous savez tout... ou presque!

Alors

Rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles aventures

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Published by L'imaginaire
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