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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 09:19
"Feu d'artifice" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1987

"Feu d'artifice" - Huile sur toile - 46 x 38 cm - 1987

Intermède bourguignon

 

               Le ciel est gris et bas. Depuis ce matin il bruine. Pourtant elles sont là bien alignées sur les fils électriques. Toujours aussi menues, toujours aussi vives, les hirondelles se rassemblent en vue de leur départ vers des contrées lointaines et plus propices. L'Afrique les attend.

               Dans mon enfance c'était une sorte de rendez-vous. En ces temps lointains la rentrée était le 1er octobre et septembre assurait la transition. Les jours raccourcissaient de plus en plus et le soleil souvent voilé se faisait plus bas, plus discret, sombrant dans des crépuscules mystérieux, parfois rougeoyants et souvent précédés d'ambiances dorées voilées de nostalgie.

               Mais des ribambelles de petits migrateurs sont pour lors en train de tournoyer sur le hameau. Et c'est toujours surprenant de les voir d'abord si calmes, alignés comme des images, sans un frémissement et tout à coup s'élancer en tourbillonnant pour accomplir des arabesques pleines d'exubérance. L'explosion est soudaine, le ballet harmonieux bien qu'imprévisible. Il dure l'espace d'un instant et puis tout le monde se repose sur le perchoir le plus proche, fil téléphonique, poteau ou antenne radio de la télévision. En attendant le prochain élan.

               Pour des raisons très personnelles et qui n'intéressent personne je viens d'arriver en Bourgogne pour en repartir demain. Après l'autoroute et les paysages vallonnés baignés d'une petite pluie discrète, incessante et parfaitement inutile pour la végétation j'arrive à la sortie d'Auxerre. C'est là que m'attend mon vieux copain : le péage. Après avoir bénéficié d'un trajet rapide et sans histoire voilà qu'il faut payer pour le service rendu.

               Mais rien n'est simple ! Jadis une personne humaine, souvent aimable et tout au moins polie recevait votre obole. Mais on n'arrête pas le progrès et tout doit être cadré suivant des normes précises. On a donc supprimé la caissière pour laisser place au robot.

               Celui-ci n'accepte plus que les cartes bleues ou à la rigueur des espèces. Oui mais voilà… Pour régler 9 € et 20 centimes on serait tenté de mettre des pièces. Impossible ! Seuls les billets sont acceptés. J'en mets deux de 5 €. Ils me sont restitués sans explication. Je les remets ...Ils me reviennent...Il ne me reste plus qu'à introduire un billet de 50 € qui est avalé goulûment. Alors la suite relève du comique de répétition car j'y ai déjà eu droit en ces lieux par le passé. La machine ne rend la monnaie que sous forme de pièces et pour rembourser 40 € et 80 centimes ça fait beaucoup même si les 2 € sont majoritaires. Le bruit est intéressant. La manœuvre pour récupérer ce tas de pièces sans en faire tomber sous les roues de la voiture l'est également. Enfin ça reste faisable et il est vrai que ça ajoute une petite note de fantaisie dans ce monde où tout est normalisé au nom de la rentabilité.

 

                                                       La Brosse Conge le 5 septembre 2016

                                                       Copyright Christian Lepère

"Feu d'artifice" - détail

"Feu d'artifice" - détail

"Feu d'artifice" - détail

"Feu d'artifice" - détail

Affaire à suivre

de retour dans la région

parisienne.

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Published by L'imaginaire
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