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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 06:53
"Inconscient collectif" - dessin aquarellé - 28 x 39 cm - 1983

"Inconscient collectif" - dessin aquarellé - 28 x 39 cm - 1983

« Les pouvoirs du cerveau »

 

            Rassurez-vous braves gens ! Une fois n'est pas coutume mais je vais vous entretenir aujourd'hui d'un sujet sérieux avec toute la rigueur nécessaire.

            Nous disposons pour vaquer dans la vie d'un cerveau comportant 80 ou 100 milliards de neurones...ne chipotons pas… Or c'est d'une importance primordiale puisque c'est avec les résultats de ses élucubrations que nous pensons et que nous croyons vivre dans le vrai monde.

            Et c'est bien là que réside le problème car en fait nous ne percevons pas directement le monde qui entoure notre personne, ni d'ailleurs ce qui constitue la personne en question. Il se passe en nous un phénomène étrange. Notre conscience, c'est à dire ce que nous pensons être nous-mêmes de la façon la plus intime n'appréhende tout ce spectacle qu'au second degré. Nous ne voyons, n'entendons, ne ressentons que ce qui est élaboré sur place, même si c'est à partir d'informations dûment reçues de l'extérieur. Nos images sont des images mentales. C'est facile à vérifier d'ailleurs car elles sont en perspective, illusion notoire due aux lois de l'optique et qui n'existerait pas si je n'étais pas là. Serait-ce l'homme qui a inventé la perspective ? Pas même car les animaux, qu'ils soient chats, chiens, pingouins ou cob de Buffon perçoivent leur environnement selon des modalités comparables. Tout aussi peu conformes à ce qui nous entoure réellement. Mais on a eu le temps de s'y faire et même de trouver cela parfaitement naturel…

            Mais je vous parle de ces évidences après avoir vu un documentaire sur Arte. Le titre en était clair : «  Les pouvoirs du cerveau » et l'enquête portait sur diverses recherches menées en laboratoire avec des matériels sophistiqués, très performants et dénués de toute subjectivité. Même si les résultats, graphiques, enregistrements, électro-encéphalogrammes et autres échographies étaient ensuite soumis à l'appréciation humaine des expérimentateurs. Car bien sûr la science la plus rigoureuse  finit par être observée et interprétée par un humain capable de sur ou de sous-estimer ou de mal interpréter des données objectives implacables.

            Ce film, réalisé par Cécile Denjean et montrant des chercheurs de pointe tels qu'Antonio Damasio ou Stanislas Demaene cherche donc à expliquer le fonctionnement cérébral.

            On y expose le rôle manipulateur du cerveau qui non content de traduire les informations qui lui parviennent des organes des sens pour en faire quelque chose de « signifiant » se permet aussi de «  bidouiller » et parfois de créer de toute pièce ce qui lui manque et dont il a besoin pour nous rassurer. Cela débouche sur des illusions d'optique dont certaines, bien connues, laissent quand même perplexe. Ainsi le cerveau peut occulter des parties d'images qui deviennent invisibles, en distordre d'autres et compléter des pièces manquantes au puzzle selon sa logique propre qui peut être surprenante…

            Puis on passe à d'autres thèmes. On se demande, par exemple, comment la conscience apparaît chez le bébé. Comment il passe de la perception brute à la perception dirigée, orientée vers des stratégies de survie et d'affirmation de soi. Tout cela pour arriver à la conception d'être une entité qui observe et s'observe elle-même. C'est ce dernier point qui manque aux animaux, même supérieurs, jusqu'à preuve du contraire…

            On constate de façon fort simple que c'est à deux ans que le petit qui se voit dans un miroir avec une tache de couleur inattendue sur la joue porte aussitôt la main vers son propre visage et non sur le reflet qui le surprend.

            On insiste ensuite sur le fait que l'enfant apprend à « lire » la réalité qui l'entoure pour ne remarquer que ce qui lui paraît opportun, négligeant superbement le reste. Et s'enfermant très vite dans le consensus culturel de la société qui constitue son milieu naturel. L'essentiel est de s'intégrer au groupe en partageant ses valeurs, ses préoccupations, voire ses petites manies pas toujours innocentes. Ainsi devient-on musulman, catholique, nazi ou libre-penseur selon le groupe auquel on est amené à s'identifier. Car on a un tel besoin d'être réconforté et rassuré par les autres que l'objectivité est bien le dernier de nos soucis. Sauf pour quelques philosophes ou chercheurs impénitents qui ne peuvent s'empêcher de poser les questions qui fâchent. Mais le tout petit a tellement besoin d'amour et de compréhension qu'il est prêt à se mentir à lui-même, en toute innocence et inconscience bien entendu.

 

 

                                                                                                   A suivre

 

 

« Les pouvoirs du cerveau »

                                              Déchiffrer la conscience              

Rediffusion prévue sur Arte le vendredi 13 mai à 16 h 20

 

 

 

"Inconscient collectif" - détail

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Published by L'imaginaire
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