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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 08:15
"La visite" - dessin aquarellé - 27,5 x 39,5 cm - 1986

"La visite" - dessin aquarellé - 27,5 x 39,5 cm - 1986

 

Le dragon de Komodo

et autres bêtes antérieures à notre humanité

 

 

         On le sait bien, la vie biologique a toujours évolué en se nourrissant d'elle-même. Dans la nature  proies et prédateurs se complètent, chacun étant à sa place dans la chaîne alimentaire, se nourrissant et servant de nourriture. Mais il existe des façons de chasser fort originales et la force brutale du fauve broyant sa proie n'est pas toujours la solution adéquate.

         C'est sur Arte et par le plus grand des hasards que j'ai vu un documentaire sur les dragons de Komodo.  A huit heures du matin ce n'est pas la meilleure façon de se préparer à déguster son petit déjeuner, mais c'est plus fort que moi j'ai un besoin compulsif de m'instruire.

         Le dragon de Komodo est un varan et le plus grand des lézards depuis Jurassic Parc. Cependant ses deux mètres et ses soixante-dix kilos le font paraître un peu chétif à côté d'un buffle. Car il aime se délecter de cet herbivore quand il n'a pas de charogne en état de décomposition avancée à se mettre sous la dent. C'est un délicat et il ne se contente de viande fraîche que quand il n'a rien d'autre à croquer.

         Le voilà donc tapi à côté d'un buffle vautré dans une mare boueuse et accablé par la chaleur ambiante. Le dragon s'avance, mine de rien, sans éveiller autre chose qu’un intérêt ennuyé pour un intrus. Il n'est qu'un gêneur qui ne respecte pas les distances convenables. Mais soudain il attaque. Il se jette et mord le mammifère au jarret. L'autre se met en garde et se fait mordre à nouveau. Mais  les blessures sont peu profondes. C'est tout juste si un peu de sang coule et voilà que le reptile cesse son attaque. L'adversaire est beaucoup trop grand, inutile d'insister… Mais l'odeur du sang va attirer d'autres varans. Vont-ils attaquer en meute ? Pas du tout ! Ils vont rester à proximité et former une petite colonie qui va suivre discrètement le buffle dans ses déplacements. Et ça va durer longtemps. Trois semaines selon les commentaires de la voix off.

         Mais petit à petit la victime va commencer à dépérir rongée par un mal mystérieux. C'est que les morsures bénignes du lézard lui ont inoculé un venin redoutable à action très lente mais continue jusqu'à ce que mort s'en suive. L’animal est donc condamné et il n’y a plus qu’à attendre sa mort par épuisement pour pouvoir s’en régaler. C’est ce que fait notre petite bande de prédateurs. Pouvant se passer de nourriture pendant un mois ils ne s’affolent pas. Ils n’ont plus qu’à attendre l’issue fatale qui va sonner l’heure du festin. C’est vrai qu’ensuite ils ne vont pas s’embarrasser de bonnes manières ou se faire des politesses. Ils ont faim et c’est tout. C’est simple et vital et tout commentaire est superflu.

         Mais la nature nous réserve d’autres surprises. Certains comportements peuvent paraître beaucoup plus altruistes au moins dans leur forme. Ainsi une espèce de grenouilles de bonne taille mais de mine assez patibulaire et dont j’ignore le nom parce que j’ai raté le début du film, suite à un changement de chaîne.

         Ces batraciens, comme d’autres, s’accouplent en respectant les rituels de leur espèce. Ne cherchant pas à séduire leur partenaire ils vont employer les grands moyens en roulant des mécaniques pour évincer les adversaires. Que le plus fort gagne ! Ce sera lui le géniteur. Donc les mâles s’affrontent. Ils se jettent les uns sur les autres avec vigueur et après un choc brutal ils récidivent tels des catcheurs implacables. « L’Ange de Béthune » ou « Fredo le massacreur » ne feraient pas plus ni mieux. Et ils remettent ça jusqu’à ce que, comme disait le poète, « …le combat cessât faute de combattants. »

         Enfin les accouplements ont lieu car il n’y a quand même pas un unique vainqueur régnant sur un harem innombrable. Non car il y a plusieurs « meilleurs ». Ensuite les femelles pondent des œufs qui éclosent, puis les têtards se lancent dans la mêlée au sein de leur mare natale. Mais dans sa sagesse la nature a prévu un gardien pour assurer la sécurité. C’est un mâle, un seul qui va surveiller tout ce petit monde. Et c’est bien indispensable dans ces pays chauds où l’eau s’évapore sans s’inquiéter des petites bêtes qui risquent de se dessécher. Par bonheur l’adulte veille et en responsable il voit le drame se profiler. Déjà une flaque est en train de s’assécher avec sa population qui frétille désespérément. Heureusement à côté il y en a une autre plus vaste et plus profonde. Alors le mâle gardien va intervenir. Labourant avec son corps il va faire des allers-retours pour creuser un canal. Tel Ferdinand de Lesseps reliant deux mers en creusant  un canal. Et tout à coup l’eau de la flaque va se déverser avec toute sa population dans une cuvette plus propice. Tout cela sous l’œil de l’ange gardien qui observe le sauvetage avec détachement.

         Que se passe-t-il dans sa petite tête de batracien ? Allez donc savoir. En tout cas certainement pas des pensées logiques, organisées en raisonnements rationnels pour élaborer un plan d’urgence. Si cet animal pense ce ne peut être que de façon non-verbale et sans le secours des concepts. Car ce sont là des particularités proprement humaines. Mais décidément l’humanité n’a rien inventé puisque même les ordinateurs qui n’existent pas dans la nature reproduisent malgré tout et de façon encore rudimentaire les fonctionnements cérébraux qui sont eux parfaitement naturels.

 

                                                           Le Chesnay le 31 décembre 2015

                                                           Copyright Christian Lepère

 

"La visite" - détail

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Le vent souffle en rafale

le CAC 40

plonge

et

la Chine

polluée à mort

voit sa croissance ralentir...

Cependant il reste Donald Trump pour nous réjouir!

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Published by L'imaginaire
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