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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:16
"Le doux rêveur" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

"Le doux rêveur" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1990

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Cinq ans de blog

 

 

               Il y a cinq ans une personne sympathique et qui me voulait du bien m'a glissé à l'oreille qu'un site de peintre pouvait se compléter avec un blog permettant de faire part de ses réflexions sur la création picturale.

               Depuis fort longtemps il m'arrivait de gribouiller sur du papier des textes où je dévoilais mes convictions et mes états d'âme. Mais cela restait plus que confidentiel quand ça échappait à la corbeille. J'avais bien eu parfois l'occasion de rédiger des sortes de « manifestes » joints à des lettres officielles envoyées par la voie hiérarchique à mon inspectrice. Le professeur d'arts plastiques que j'étais alors y exposait ses perplexités et ses doutes sur l'évolution officielle d'une discipline devenue très joyeusement soixante-huitarde. Mais la machine était en marche et la seule résistance ne pouvait être que passive. D'ailleurs on attendait patiemment que les hurluberlus de mon espèce soient atteints par la limite d'âge. Et je n'étais pas le seul dans ce cas. Enfin le problème fut résolu, les différents protagonistes disparaissant de la scène suivant les plans de carrière administratifs.

               Cependant certains textes ont été publiés par la suite atteignant un plus vaste public. Donc je disposais de matière utilisable et pendant un certain temps je me bornais à puiser dans mes réserves. Celles-ci n'étant pas inépuisables, je fus amené à concocter de nouvelles mises au point sur mon vécu, mon ressenti et sur la marche du vaste monde qui nous cerne de toute part et nous traque jusque dans notre intimité par le biais de l'étrange lucarne télévisuelle qui nous inonde d'informations en temps réel.

               Je viens donc de résumer mon propos. Faire le point parmi toutes les nouvelles sources d'information aussi bien visuelles qu'intellectuelles et à partir desquelles nous nous formons une image du monde. Image subjective, partielle mais que l'on peut améliorer en faisant preuve d'un peu de rigueur. Car tout est là. L'artiste joyeusement déjanté qui passe du coq à l'âne et fait voler des ovnis dans le ciel de la salle à manger se doit, s'il n'est pas un simple farfelu de tenter d'élucider le mystère du monde. Ce qui est impossible mais confronte à un challenge très efficace pour ne pas se diluer dans le n'importe quoi.

               Qui suis-je ? Où cours-je ? Où vais-je ? De toute façon on verra bien et si les grandes traditions donnent des réponses assez précises, les plus intègres nous exhortent sans relâche à vérifier par nous-mêmes. Sans doute parce que c'est possible. Bien qu'ardu ! Et pas très attirant pour qui veut devenir riche et célèbre et jouir de l'estime bien-pensante de ses contemporains. La réussite sociale n'est pas automatiquement promise au véritable chercheur qui a d'autres chats à fouetter.

               Je termine donc la 5ème année de mon blog. J'ai encore du grain à moudre sous le coude et le monde qui m'entoure me fournit des tas d'occasions de jeter le doute sur ce qui me semble absurde mais ne gêne pas trop tout un chacun.

               Après les délires les plus cauchemardesques du 20ème siècle reposant comme il se doit sur d'excellentes intentions puisque le but a toujours été d'arriver à la paix universelle par des mesures coercitives  efficaces en détruisant le mal à la base… Et de façon radicalement définitive. Plus jamais ça !

               On a bien remarqué que ça ne marchait que pendant « un certain temps » et que les réactions inévitables étaient souvent pires que ce à quoi on portait remède. Mais c'est dur de renoncer à ses illusions. C'est d'ailleurs l'unique problème qui fait qu'entre les intentions louables et les retombées dans le concret un gouffre béant surgit vite comblé, Dieu soit loué, par la survenue d'un homme ou d'une femme providentiels qui savent très bien ce qu'il FAUT faire pour tout arranger ! Boris Vian avec son humour corrosif avait trouvé une formule magique : « On tuera tous les affreux ! » Pour vivre enfin entre gens biens, évidemment.

               Demain j'arrête de zapper ! Demain j'arrête de me mentir à moi-même ! Demain j'atteins la transcendance absolue ! Ou après-demain… Ou dans quelques siècles… N'allons pas chipoter sur des subtilités…

               A chacun et chacune de voir. Mais entre-temps vivons joyeux, mangeons, buvons, gobergeons-nous, envoyons des mails. Inondons nos amis de sms. A condition de le faire en toute lucidité.

 

                                                                   Le Chesnay le 15 avril 2015

                                                                   Copyright Christian Lepère

"Les migrateurs" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

"Les migrateurs" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1990

En route

pour la 6 ème année!

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Published by L'imaginaire
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commentaires

conrad 21/04/2015 22:07

Les écoles de Beaux françaises ont perdu leur âme dans la révolution de 68. A force de transgressions factices, à force de vouloir tuer "le père" : l'Art millénaire des anciens sans cesse revu au goût des époques qu'ils traversaient, elles n'enseignent plus rien que le discours qu'il y a autour du prétexte artistique. L’œuvre est devenue secondaire, ce qui importe désormais c'est le discours !
Toutefois, à y regarder de plus près, de cette peinture millénaire, si ces évolutions en mouvements ou écoles, étaient d'un pur formalisme où il restait l'essentiel : la compréhension. La fracture avec mai 68 a été fatale à l'Art et celui-ci ne s'en remettra jamais sauf à admettre qu'il existe désormais deux entité distincte.
1. L'ART ÉTERNELLEMENT MAJEUR connecté au passé, au présent et au futur. Celui qui demande des connaissances, du travail, de la composition, du goût, de l'expression et qui est toujours apprécié par le public, quoi qu'en dise les prêtres de la contemporanéité.
2. L'ART BUSINESS. Une sorte d'industrie qui prétend faire de l'art, mais qui en fait ne fait que de l'argent et qui fonctionne comme des bulles spéculatives, faites pour exploser les unes après les autres au fil des cotes bidon d'initiés-artistes dument agréées par nos ministères de l'inculture.