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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 08:49
"Supplice de Tantale" - huile sur panneau - 22 x 27 cm - 2007

"Supplice de Tantale" - huile sur panneau - 22 x 27 cm - 2007

 

 

 

Fondation Maeght

Suite et fin

 

              Donc la fondation Maeght m’avait laissé sur ma faim. Or ne voilà-t-il pas que cinquante ans plus tard je regarde les informations à la télé. Sur la 2 c’est un reportage sur cette institution qui persiste dans l’actualité. Je m’installe pour vérifier et je constate que rien n’a changé ou si peu. Ce que je vois je l’avais déjà vu ou à peu près. D’emblée j’éprouve toujours le même ennui devant les mêmes gadgets. Giacometti est génial et son œuvre un pur message métaphysique me dit-on. Pourquoi pas ? Mais plastiquement ? Concrètement ne serait-ce pas un peu simpliste ? Un peu maladroit ? D’autre part, qui y porterait véritablement attention si ce n’était pas signé de sa main mais de celle d’un sympathique retraité du gaz s’adonnant à sa passion pour le fil de fer dans son garage dans le but louable de participer au salon des artistes du cru.

              Je sais j’ai très mauvais esprit. Des intellectuels éminents, des têtes pensantes, de doctes diplômés et même des philosophes ont chanté les louanges du sculpteur. Parce que cela entrait dans leurs vues ou justifiait leur vision du monde ou simplement leur permettait de prouver qu’ils étaient bien de leur temps et libres d’un passé révolu. Paraître jeune et le rester envers et contre tout cela mérite de petits ajustements. Le conformisme est rampant et il sait très bien se faire passer pour son contraire.

              Mais au fait une œuvre d’art ne serait-elle pas censée enrichir notre sensibilité ? Par de la beauté et de la profondeur ? Mais surtout par elle-même. En elle-même. Sans avoir besoin des commentaires et des justifications fournis par d’autres fussent-ils éminents.

Pour le naïf que je suis une création peut être appréciée sans rien savoir de son auteur. C’est d’ailleurs le cas pour beaucoup d’œuvres du passé. A part Léonard, Michel-Ange ou Turner la vie et le nom de l’auteur restent souvent incertains. On parle d’attributions…Je me souviens du jour où l’on nous a appris qu’un des chefs-d’œuvre de Rembrandt « L’homme au casque d’or » n’était pas de lui. Ça ne m’a fait ni chaud ni froid. La peinture était toujours aussi belle et prouvait que le peintre le plus connu n’était pas le seul à son époque, ce qui est très positif.

              En sens inverse on me dit que le « Guernica » de Picasso est une création magistrale. Permettez- moi de quitter l’institution Maeght où il ne figure pas. C’est une œuvre monumentale d’une intensité dramatique bouleversante. Une prise de position héroïque. Un cri de révolte devant la barbarie nazie et tout cela est fort beau ! Mais je me demande qui, tel Candide se retrouvant à l’improviste devant cette toile  y verrait les intentions supposées du peintre ? Pour ma part j’y distingue une scène comportant des actes de violence assez extrêmes. Tellement d’ailleurs que traités avec  désinvolture comme une caricature outrancière ils en perdent tout caractère crédible. A la limite j’aurais plutôt tendance à en sourire. D’ailleurs que sait-on des véritables sentiments de l’auteur. Son égocentrisme forcené m’inclinerait à croire qu’il avait trouvé un bon sujet  pour choquer et provoquer comme à son habitude. Car il avait compris que cette attitude était payante. Et que penser des malheureux d’abord victimes de la barbarie puis soumis au traitement du maître, sorte de massacre à la tronçonneuse. Traitement qu’il a aussi réservé à ses femmes en les portraiturant. Mais c’était un hommage et une preuve d’amour m’a-t-on assuré. Enfin il aurait pu composer son œuvre pour la rendre véritablement plastique. Je sais bien qu’on y décèle un triangle, des diagonales et peut-être des subtilités qui m’ont échappé. Mais vous savez bien qu’on peut en découvrir tout autant dans  n’importe quelle photo de journal à prétention artistique minimale.

              Ceci étant dit, je suis maintenant en train de me questionner. Suis-je un monstre ? Un cœur sec ? Un ancien fonctionnaire desséché ? J’en ai bien peur si je me réfère aux commentaires politiquement corrects des critiques officiels sur ce chef d’œuvre du 20° siècle. Mon étroitesse d’esprit en prend plein les gencives. Alors honte à moi qui ose porter atteinte au génie le plus universellement reconnu. Honte à celui qui ose douter devant une œuvre monumentale de 3,5 mètres de haut sur 7,8 mètres de large. De toute manière ce chef-d’œuvre de créativité sauvage est révéré dans le monde entier. L’insignifiant que je suis ne peut donc que s’incliner devant un témoignage d’une telle intensité dont l’effet sur la jeunesse ne peut être que bénéfique en lui rappelant que ses auteurs de  bandes dessinées favorites ont un grand ancêtre vénéré par tous.

 

                                                            Le Chesnay le 30 janvier 2015

                                                            Copyright Christian Lepère

             

"L'offrande" - huile sur panneau - 22 x 27 cm - 2007

"L'offrande" - huile sur panneau - 22 x 27 cm - 2007

226 - Fondation Maeght - suite et fin

Deux nouvelles galeries de peinture

sont visibles sur mon site

 

                                                              www.christian-lepere-peintre.odexpo.com

 

Bonne visite!

 

 

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Published by L'imaginaire
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