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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 08:46
"Baptême de l'air" - Acrylique sur panneau - 40 x 61 - 1984

"Baptême de l'air" - Acrylique sur panneau - 40 x 61 - 1984

L'enfant prodigue de la gloire

 

            C'est parti, l'affaire est sur les rails. Ce n'est pas le tout de proclamer de bonnes intentions, d'ailleurs l'enfer en est pavé, encore faut-il ensuite les appliquer. Après avoir mis au point entre complices les articles de la Charte FABER 21, il nous reste maintenant à les mettre en pratique.

            Je me dois donc de réaliser pour le prochain Salon du Mont-Dore une toile qui corresponde au thème des grands événements historiques. J'ai donc opté pour Napoléon dont le souvenir glorieux a été chanté avec tant de ferveur par Tino Rossi.

            Parmi tous les hauts faits j'ai choisi la campagne de Russie pour son ampleur et sa démesure. Ah ! L’élan de tous les peuples d'Europe, réunis sous l'aile de l'aigle impérial et lancés dans l'aventure la plus grandiose ! 600.000 hommes unis, tous fraternels pour aller porter l'ordre et la paix impériale aux confins de ces terres déshéritées ! La révolution en marche, camarades !

            Seulement voilà Napoléon restait humain, donc soumis à quelques contingences. Le surhomme avait mal à l'estomac et avait aussi attrapé la gale qui le démangeait comme ce n'est pas permis. Certes ses capacités cérébrales étaient  estimables comme celles d'un calculateur prodige qui vous extrait des racines cubiques sans hésitation et à la demande. A l'époque on ne mesurait pas le q.i. avec cette précision fabuleuse qui permet de distinguer  à coup sûr le bon grain de l'ivraie mais on savait reconnaître le mérite des esprits distingués. D’ailleurs l’élite des arts et de la pensée  se laissa parfois aller à un enthousiasme enivrant. Beethoven dédia sa 3° symphonie « Héroïque » à Napoléon Bonaparte, avant de réfléchir un peu plus posément.

            Après avoir fait tout le nécessaire pour disposer du pouvoir commodément l’Empereur passa à l’application pratique.  Pourquoi s’en priver ? Il en avait les moyens ! Il s’est donc élancé sur les chemins de la gloire, ceux qui conduisent aux lointains qui font rêver. Si loin qu’ils sont tout nimbés de fantastique légendaire. Moscou c’est autre chose que Bécon-les-Bruyères.

            Voilà donc la Grande Armée s’élançant vers l’est. Pour assurer l’intendance on compte sur l’aide généreuse des populations investies, comme d’habitude. D’ailleurs l’accueil ne peut être qu’enthousiaste puisque on apporte les bienfaits d’un esprit nouveau. Mais tout s’use et l’élan décroit. C’est que le général en chef Koutouzov est un vieux de la vieille. Il a combattu les Turcs. Et au lieu de faire tuer consciencieusement ceux qui sont sous ses ordres, ce qui serait très légitime et que nul ne saurait lui reprocher, il pratique l’art de l’esquive et de la terre brûlée.

            Ce n’est pas vraiment non-violent mais ça ressemble un peu aux arts martiaux. Se dérober pour éviter le choc frontal et rendre l’adversaire perplexe pour nuire à son enthousiasme…Il va même pousser la ruse machiavélique jusqu’à laisser l’Empereur entrer à Moscou et s’installer au Kremlin où il va se retrouver un peu penaud. Sans vaincu qui vienne honnêtement lui rendre allégeance.

            Enfin, dans une ultime perfidie les russes vont mettre le feu à la ville amenant les soldats français à tenter de sauver la ville…

            Pourtant le spectacle doit être assez joli en hiver. Mais voilà, c’en est trop ! Profondément dépité l’Empereur va décider de battre en retraite. Un peu tard hélas car il ne renonce pas facilement. La suite on la connaît. Le lent retour cerné par des dangers mortels. Le long voyage à reculons. Harcelée par l’hiver, la neige, le froid et les cosaques la Grande Armée va fondre avant que les derniers rescapés ne retrouvent le sol de leur Patrie Bien Aimée.

            L’histoire m’a parue exemplaire. Elle s’est répétée suffisamment au cours de l’histoire dans des lieux et des conditions tellement divers qu’on peut s’aventurer à en tirer des conclusions.

            Certains hommes dotés d’un bon ordinateur cérébral, habités par des pulsions puissantes et forts d’un pragmatisme à tout crin éprouvent le besoin de dominer. Jusque -là rien que de très ordinaire. Mais si en plus ils disposent de l’esprit pratique, du charisme et du cynisme nécessaires, alors ils peuvent agglutiner la masse autour d’eux. Leur but est évidemment de faire le Bien. Que pourrait-on faire d’autre ? Mais le Bien selon leurs vues qui peuvent être un peu courtes et nettement autocentrées. Et si celles-ci sont  impérialistes, pas de problème.

            En général après des succès stupéfiants ils connaissent des revers comme Alexandre le Grand. Mais parfois ils réussissent à perdurer, voire à continuer d’être idolâtrés après leur fin biologique. Sans aller jusqu’à Lénine et son mausolée, Staline et Mao le Grand Timonier ont encore des adeptes, même si ils se font plus discrets. Il paraît même qu’Adolf a encore quelques partisans…

            Mais tout cela nous dépasse un peu. Et après tout nous avons aussi d’autres sujets de préoccupation qui nous concernent nous directement. Alors connais-toi toi-même et tu connaîtras tout sur Napoléon !

 

                                                                       Le Chesnay le 25 septembre 2014

                                                                       Copyright Christian Lepère 

 

"La danse" - Dessin aquarellé et acrylique - 60 x 80 cm - 1984

"La danse" - Dessin aquarellé et acrylique - 60 x 80 cm - 1984

 

C’est promis !

 

Je vous parlerai du « Mythe de Babel »

un peu plus tard

à moins qu’un sujet d’une brûlante actualité ne vienne s’immiscer

entre- temps.

Alors patience !

 

 

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Published by L'imaginaire
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