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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 08:11
"Sardanapale" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1992

"Sardanapale" - huile sur toile - 46 x 38 cm - 1992

 

Gay,gay marions nous !

Et tout le monde il est content (ou presque)

 

               J’avoue avoir hésité longuement. Comment aborder un sujet qui touche les tréfonds de la nature humaine et qui peut provoquer des réactions viscérales fort peu raisonnables ? Je vais donc vous parler du « Mariage pour tous »

          Comme beaucoup j’ai été un peu surpris par la rapidité de l’évolution. Certes la situation mijotait depuis longtemps. Le mariage religieux traditionnel quelque peu délaissé et dévalué devenait de plus en plus une affaire strictement civile. Le divorce se démocratisait. Les familles se disloquaient et se recomposaient dans un élan de créativité rebondissant. Toutes sortes de situations imprévues, pleines de bruit et de fureur mais aussi d’enthousiasme juvénile pouvaient amener de salutaires remises en question avec des mises à plat des subconscients. Comment changer des mœurs devenues trop rigides sans sombrer dans le n’importe quoi ?

           Certes l’homosexualité est un fait de nature. Beaucoup d’espèces animales la pratiquent sous des formes plus ou moins pittoresques et ce, jusqu’aux mammifères supérieurs. Ce n’est pas réservé à des insectes exotiques ou à des gastéropodes qui d’ailleurs sont androgynes ou à d’autres qui changent de sexe au cours de leur existence. La nature est exubérante et pleine de fantaisie. Tout ce qui n’est pas totalement impossible est donc tenté avec un bel élan vital.

          Fort bien ! Mais il y en a deux autres sortes. D’abord celle qui repose sur des besoins psychiques. Dans ce cas on pourrait parler d’homosexualité de l’âme. Il est vrai qu’un corps d’homme peut être habité par une psyché délicatement féminine et qu’un corps de femme peut servir d’habitacle à une grosse brute macho ne rêvant que plaies et bosses. Comment l’expliquer ? Les fantasmes issus des traumatismes de la petite enfance et des contraintes d’une éducation religieuse intégriste ne sauraient rendre compte de tous les cas

          La tradition tibétaine nous parlerait de vies antérieures qui laisseraient des traces et qu’il faudrait assumer. Pourquoi pas ? Mais c’est une piste aventureuse où n’importe qui peut raconter n’importe quoi pour se faire mousser. Même si certains témoignages ont un parfum d’authenticité.

             Enfin il y a l’homosexualité culturelle. La plus récente, celle qui fait qu’identifié à une tradition, à ses mœurs et à ses idéaux, on se croit tenu d’adopter certains comportements pour faire partie d’une élite. Et là le snobisme pointe l’oreille…C’est évident pour la période de la Renaissance où bien des artistes trouvaient plus noble d’avoir des relations viriles pour être dignes des anciens Grecs, fondateurs de notre culture, la seule véritablement civilisée. Cela ne les empêchait d’ailleurs pas d’avoir des relations plus ordinaires pour assurer leur descendance.

          Dans le même ordre d’idées on peut comparer avec d’autres comportements sociaux. Depuis l’idéal du kamikaze japonais à la rigueur implacable à celui de la chevalerie médiévale sans oublier le capitaine d’industrie qui se devait d’occire sur le pré le goujat qui avait pincé les fesses de sa sœur derrière les bosquets du Jardin de la Reine. A chaque époque ses obligations morales et ses nobles comportements qui distinguent les grandes âmes. Avec dans tout ça une grosse part de conformisme, de prétention égotique extrême, voire de peur du qu’en dira-t-on… surtout ne pas perdre la face ! Mais Marcel Proust nous a expliqué tout cela en long et en large et avec toute la finesse nécessaire.

          Donc homosexualité il y a. Qu’ils soient gays ou lesbiennes certains de nos contemporains sont attirés par « le même ». Et si certaines de leurs raisons sont discutables, d’autres paraissent au contraire évidentes. De même qu’il ne faut pas contrarier un vrai gaucher, il est maladroit et même criminel de nier certains penchants naturels des autres ou de soi-même. « Qui veut faire l’ange fait la bête. » Et l’on sait quelles furent les conséquences de contraintes imposées  au cours des siècles au nom de principes religieux rigides ou d’idéologies totalitaires.

          Tout cela est bien connu. Imposer la chasteté à tout prêtre sans se demander si il en est capable à long terme et sans risquer de graves dysfonctionnements psychiques est tout bonnement criminel. Même si l’intention de se consacrer à la transcendance peut être légitime et fécond pour ceux qui on atteint le niveau d’évolution  et de maîtrise  requis. Qu’on demande cela à un moine est ^possible car ce n’est pas à la légère qu’il s’est engagé. Une préparation longue et exigeante lui a fait découvrir ses limites et ses possibilitésA lui ensuite de ne pas se surestimer. Et puis malgré tout il y a quand même une porte de sortie.

          Tout cela étant posé, il reste à assumer le quotidien. A vivre au jour le jour les aléas de la vie. Qu’un homosexuel souhaite partager la vie d’un autre semble assez légitime. Qu’il veuille vivre comme tout le monde avec les mêmes droits et la même couverture sociale, qu’il souhaite posséder et transmettre un patrimoine paraît raisonnable à notre époque. Mais tout cela relève de la loi et la loi est faite pour être adaptée aux situations du moment.

                                                                                           À suivre...     

 

"Sardanapale" - Détail

"Sardanapale" - Détail

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Published by L'imaginaire
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