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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 06:23
184 - Attention travaux (suite)

 

Attention travaux

 

(Suite et fin)

 

            Et tout cela est regroupé selon des thèmes : le « Coin bleu » comporte toute sorte d’objets bleus, de nuances diverses, du plus pâle au plus profond, du bleu myosotis au bleu de Prusse. Et cela n’est pas anodin et mérite justification. A chacun ses préférences  et une personne peut très bien aimer le bleu par-dessus tout. En réalité tel n’était pas le cas. Si mon épouse aimait presque toutes les couleurs, à part le jaune qui, allez savoir pourquoi lui évoquait le Tour de France, elle n’avait en revanche pas d’attrait particulier pour l’infinie diversité des bleus. Oui mais voila, dans son enfance, sa maman qui aimait décorer son intérieur et collectionner des revues spécialisées telles qu’ « Art et Décoration » lui avait confié le secret de son intime conviction : « Tout est possible dans un intérieur, à part le bleu qui, décidément, n’est pas vraiment supportable pour une personne de goût normalement civilisée ! ». Et voila que devant un tel diktat la piété filiale s’était transformée en opposition discrète mais définitive. Ce qui avec toute la diplomatie nécessaire ne nuisait en rien à la bonne entente familiale. Mais à partir de là il s’était révélé indispensable qu’une barricade fût dressée, symboliquement, et que le bleu y fût la tonalité absolue, réparant par un extrémisme contraire un excès évident.

            Un autre penchant que nous partagions volontiers était un attrait pour la mystique orientale  et ses œuvres d’art inspiré. Dans cette optique une petite pièce, ancienne chambre de ma nièce était devenue la « Chambre des Bouddhas », toute ornée qu’elle était de statues, statuettes, mandalas et tangkas dédiés au Panthéon des divinités tibétaines tant bienveillantes que courroucées, accompagnées d’autres chinoises ou hindoues.

Et tout cela était fort beau et accueillant et baignait dans une atmosphère méditative. Mais là aussi le maçon, d’ailleurs modérément intéressé a tenu absolument à ce que je retire tout pour pouvoir intervenir sur les murs et installer sa laine de roche et ses panneaux de placoplâtre.

            En fait c’était une excellente occasion pour faire un peu de tri et ne garder que le meilleur. Il y avait dans tout ça pas mal de bricoles sympathiques mais pas vraiment nécessaires. Mais maintenant comment s’en débarrasser ? Les Compagnons d’Emmaüs sont des gens fort utiles, ouverts et accueillants aux nécessiteux. De plus ils ont un dépôt à Avallon, petite ville toute proche. Je m’y rends donc mais pour trouver la porte close. Après enquête j’apprends que la fermeture est définitive et que désormais il faudra faire cinquante kilomètres pour déposer ses dons. Dommage ! Car je souhaitais aussi les inviter à domicile pour leur faire cadeau de plusieurs encombrants. Par exemple un piano dont la mine est encore avenante mais dont l’usure des cordes et des marteaux rebute l’accordeur qui ne s’estime plus capable de remédier aux dysfonctionnements qu’a provoqué des ans l’irréparable outrage.

            Me voila donc avec des meubles sur les bras. Depuis l’énorme glace encadrée de belles moulures « fin de siècle » léguée par tonton Georges en passant par le paravent qui ménageait un espace intime autour du lavabo dans notre chambre. Enfin bien d’autres choses tellement utiles pour ceux qui en ont besoin. Et un peu moins pour les autres.

            Enfin tout se règle petit à petit. Deux jeunes maçons pleins d’allant ont pu attaquer les travaux. Depuis quatre jours je suis dans une atmosphère affairée, allant, venant, répondant à des questions et en posant d’autres. Mais…Il y a un mais…

            En partant de chez moi je n’ai pas réussi à faire le transfert d’appel du téléphone. Il est vrai qu’on m’a installé la fibre optique avec wi fi  pour Internet et que à la campagne c’est toujours le bon vieux fil téléphonique. Pourtant j’avais fait un essai réussi auparavant. Et voila que dimanche matin ça ne marche plus. J’essaie donc de me faire dépanner avec un numéro d’urgence payant. Là le temps d’attente est très long avant qu’un conseiller me prenne en ligne. Après une écoute attentive il m’avoue ne rien pouvoir faire pour moi car cela relève des compétences d’un autre service plus spécialisé. Mais qui hélas est fermé le dimanche ! « Oui, mais c’est aujourd’hui que je pars… » . « Désolé c’est la seule solution ! ».

            J’ai donc décidé de quitter l’appartement en fermant le compteur électrique et en ne laissant ouvert que ce qui alimente le téléphone et son répondeur. Vous pouvez donc toujours appeler, je prendrai connaissance de vos messages à mon retour, si le destin m’accorde cette chance.

            Enfin je pars et j’arrive en Bourgogne ; Une surprise m’y attend : Les deux téléphones fixes sont muets, pas de tonalité ! Instant d’abattement. J’ai bien un téléphone portable dont je ne fais guère usage et qui dispose du forfait minimal. C'est-à-dire très peu. Il est donc réservé aux urgences extrêmes. Un dernier point m’intrigue car malgré tout je dispose librement d’Internet qui est pourtant véhiculé par le câble ordinaire. Cela me permet d’apprendre qu’il y a une agence Orange à Avallon. Je m’y rends donc et là on me conseille d’appeler le service dépannage et comme je suis bien démuni on me prête un portable. Temps d’attente assez long avec petite musique crispante pour faire patienter…Enfin j’ai une interlocutrice qui me conseille : « Rentrez chez vous, débranchez les téléphones pour que je puisse tester la ligne et attendez mon appel sue votre portable ».

            Impeccable ! Je rentre donc, mais après ça cafouille car je ne suis pas très aguerri. Je loupe deux messages et les indications qu’on me donne pour les récupérer ne marchent pas. Pourtant c’est simple ! Quand ça marche… Enfin la dame qui m’avait conseillé, grande âme, un peu intriguée de mon silence  me rappelle avec succès. Elle peut enfin tester la ligne pour constater qu’effectivement ça ne marche pas. Il n’y a plus qu’à se faire dépanner sur place et rendez vous est pris pour le mercredi.

            Le jour dit je vois débarquer la camionnette de dépannage. A son bord un monsieur plein d’expérience et une dame très efficace. La dame monte dans la nacelle et l’autre reste au sol pour guider. Ils vont me changer la ligne aérienne sur trente mètres. Comme ça ne marche toujours pas ils vont se renseigner auprès de la mairie histoire de voir si ça ne proviendrait pas du poste central ou de la ligne collective enterrée. Puis ils reviennent bricoler chez moi.

            Enfin ça marche ! Le téléphone de mon atelier est opérationnel ! Quand à celui d’en bas, il faudra rajouter un filtre ADSL qui pour le moment fait défaut. J’en prends bonne note et après leur départ je découvre dans un tiroir un  exemplaire de ce filtre indispensable. Je vais le mettre sur la prise et je branche le téléphone. Je décroche…et rien ! Pas de tonalité ! D’ailleurs le réparateur me l’avait bien dit, il est toujours possible qu’il y ait plusieurs causes à une panne. Un train peut en cacher un autre. Là c’est évident. Il faudra donc reprendre rendez- vous pour une autre intervention et cette fois-ci ce sera payant car ce sera dans mon espace privé.

            Oui vraiment nous vivons une époque prodigieuse où nous sommes environnés d’anges gardiens prêts à nous porter secours. Ce qui n’a pas toujours été le cas au cours des âges. Il est vrai qu’on avait aussi un peu moins de besoins et d’exigences mais en fin de compte, l’un dans l’autre nous vivons plus vieux  et nous restons plus présentables. Ce n’est pas le modeste retraité que je suis qui va y voir malice. Les prothèses et les crèmes anti-âge ont beaucoup progressé et l’on adouci bien des sévices. De toute façon il faut faire avec en attendant le retour des beaux jours.

 

                                                   La Brosse Conge le 28 mars 2014

                                                   Copyright Christian Lepère

 

 

"Danse de Shiva" - bronze

"Danse de Shiva" - bronze

De turpitude en turpitude…

 

…il serait grand temps de reprendre pied !

Je vous donne donc rendez-vous

la prochaine fois

pour établir

un

 

« Camp de base »

 

               

"Danse de Sjhiva"

"Danse de Sjhiva"

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Published by L'imaginaire
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