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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 08:02
'Le grand rassemblement" - Dessin aquarellé- 47 x 62 cm - 1996

'Le grand rassemblement" - Dessin aquarellé- 47 x 62 cm - 1996

Tout est relatif

 

 

          A chaque instant des milliards d’opérations s’effectuent. Chimiques, nerveuses, neuronales, profondes ou superficielles. A chaque instant des flux se propagent, des réactions se produisent déclenchant des contre réactions tout aussi fulgurantes. Des flots d’informations circulent, multiples, contradictoires sans cesse divergents et réorientés.

             Mais, Dieu merci ! Popaul veille !

          A chaque instant des millions de cellules se scindent, se dupliquent, s’auto détruisent pour laisser place aux autres. A chaque instant, a chaque milliardième de seconde des cellules naissent absorbant la substance vives de celles qui s’effacent, leurs petites sœurs, les moitiés d’elles mêmes, les jumelles sacrifiées pour la croissance de l’organisme. Spectacle hallucinant ! Source d’effroi !

             Mais, Dieu merci ! Popaul veille !

          Et cet invraisemblable ballet s’appelle la vie. Il a commencé un beau jour par la rencontre hasardeuse d’un ovule et d’un spermatozoïde, après une course éperdue et une rencontre unique. Et puis l’un s’est fait deux, puis quatre dans un élan irrésistible. Désormais c’est une frénésie insensée qui va mener la croissance. Puis à l’explosion simple du début vont succéder des myriades de phases de plus en plus subtiles, de plus en plus complexes. Et la prodigieuse machinerie vivante va se complexifier sans cesse faisant surgir d’improbables architectures. Puis un autre jour se sera la naissance, l’accès à une autre vie. Après la phase aqueuse, la vie au grand air…

          Mais la question se pose, pourquoi toute cette extravagance ? Quel est le but en admettant qu’il y en ait un ou tout au moins que l’on ait besoin de cette béquille pour ne pas perdre raison ? Mais, Dieu merci ! Popaul veille !

          Et maintenant voici Popaul. Droit dans ses bottes il ne va pas s’en laisser compter. C’est qu’il a son caractère et son quand à soi. Ses petites manies également. En fait il est comme ses copains, joyeux compagnons avec qui il s’exalte au café du coin fort justement baptisé « L’Entrepote ».

          Bien informé par la télé, lecteur assidu de son journal quotidien ni de droite ni de gauche et qui le tient au courant des soubresauts du monde, il peut dire le vrai et le faux. Le vraisemblable et ce qui ne se peut pas parce que c’est impossible. En gros il est sûr de lui et pourrait parfaitement donner de judicieux conseils à Obama ou même au pape si ceux-ci avaient le bon goût de venir prendre conseil à la base. Hélas les grands l’ignorent ! C’est qu’ils sont tout confits dans leur vaine supériorité de spécialistes dûment portés au pouvoir par le suffrage universel  ou reconnus par la perspicacité de leurs pairs.

           Alors Popaul ronge son frein. Il se limite à informer son entourage des jugements péremptoires et définitifs que lui inspire le spectacle décourageant du monde et de ses turpitudes. Pourtant tout serait si simple si…

        Mais Popaul a un gros orteil qui lui fait des misères, des douleurs vagabondes au niveau du sacrum et une fâcheuse tendance a avoir la goutte au nez. Ces petites misères sont excusables car nul n’est parfait et que c’est le lot de tout un chacun d’avoir des problèmes de prostate à l’âge réglementaire. Pourtant son fils Popaul bis a parfois des doutes. Comment se fait-il qu’un esprit ouvert, brillant et bien informé comme celui de son géniteur, capable de résoudre la plus mondiale des crises se laisse-t-il impressionner par d’odieux magouilleurs s’obstinant à semer la pagaille  et à tout corrompre avec leurs virus et leurs spéculations démentes sur le net ? Sans cesse ils répandent les rumeurs les plus alarmantes, jettent le doute dans les esprits et suscitent  des réactions en chaîne immaîtrisables

          Alors la question se pose ! D’autant plus que Popaul bis avec tout le respect qu’il doit à son père est bien forcé de constater qu’il en sait au moins autant et qu’il serait capable de trouver des solutions plus radicales. Parce que plus contemporaines. C’est qu’il est jeune et qu’il n’a pas été formé, j’allais dire formaté, à l’ancienne…Et puis sa vision est branchée sur l’actualité la plus immédiate. Au moins il ne croit plus à des vieilleries. Il a dépassé l’aliénation aux espoirs utopiques du passé. Mai 68 est loin et le monde réel est là sous  ses yeux.

D’ailleurs sa tablette tactile l’informe de tout en temps réel et il sait avant Poutine que la ménagère de moins de cinquante ans de Kiev ne partage pas l’optimisme musclé du maître du Kremlin. Et qu’elle saura bien le lui faire savoir en formant un groupe rock dissident avec ses copines et en dévoilant des seins qu’elle a généreux, à l’issue de la messe dominicale sur le parvis de la cathédrale, à moins que ce ne soit dans l’obscurité suggestive des fonds baptismaux.

          Sous ses yeux un message furtif, presque subliminal vient d’apparaître sur l’écran : « Et si l’on tuait la classe moyenne ? » L’idée est séduisante mais difficile à réaliser. Enfin on va y réfléchir…

          Donc Popaul bis doute. Et c’est mauvais pour son moral. En réalité il ne sait plus à quels seins se vouer. Même pas à ceux de la ménagère de moins de cinquante ans égérie d’un groupuscule de Kiev.

          Pourtant à chaque instant des milliards d’opérations chimiques, nerveuses, d’élaboration et de défense se déroulent en un prodigieux ballet. A chaque instant des cellules donnent des ordres, soumises aux directives de leur ADN. Elles fabriquent des protéines à l’agencement délicat dont la configuration précise va jouer le rôle de clé pour venir s’ajuster à quelque site récepteur, serrure biologique et y délivrer des messages chimiques codés aussi impératifs qu’abscons pour le non spécialiste.

          Inlassablement le système immunitaire va déployer ses cohortes de lymphocytes et les lancer dans de gigantesques opérations de police et de pacification. La fièvre va monter. Virus et germes vont muter, inventant sans cesse des stratégies inédites. Partout la lutte pour la vie va déployer ses conflits incessants. Et tout cela au cœur et à l’insu  de Popaul et de son fils. Tels de glorieux tyrans les voila   comme Napoléon galvanisant le peuple de France et ses voisins pour parvenir à ses fins : devenir le maître du monde, ou au moins de la partie occidentale, jusqu’à Moscou, jusqu’à très loin. Avant d’aller voir au –delà…

          Car tout le problème est là. La personne, l’ego, celui qui prétend tout régenter n’est même pas capable de faire la police chez lui. Et j’ai bien peur que Napoléon lui-même n’ait eu des problèmes d’acouphènes ou de vésicule biliaire.

Mais loin de moi l’idée de ternir la mémoire des grands hommes à qui la Patrie  est reconnaissante. D’ailleurs et puisqu’un homme sur deux est une femme, il n’est que juste qu’elles accèdent enfin à l’immortalité et qu’elles reposent aussi au Panthéon. A tout jamais. Même si en définitive : « l’éternité c’est très long, surtout vers le fin ». Mais là je ne fais que répéter une formule dont j’ignore l’auteur véritable et que je ne peux que transmettre pour votre édification.

 

                                                     Le Chesnay 14  mars 2014

                                                     Copyright Christian Lepère  

         

 

"Le grand rassemblement" - Détail

"Le grand rassemblement" - Détail

"Le grand rassemblement - Détail

"Le grand rassemblement - Détail

La semaine prochaine

 

Bien sûr tout est relatif

mais quand même il faut  être prudent

alors :

« Attention travaux ! »

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Published by L'imaginaire
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