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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 07:54
"Portique Gaïa" - gravure

"Portique Gaïa" - gravure

Djaipi

(Jean-Pierre Tingaud selon l’état-civil)

 

              Jean-Pierre Tingaud est comme moi un ancien élève de l’Ecole des Arts Appliqués. Ensuite il est passé par les Beaux-Arts où il a été initié à la gravure ce qui le différencie de l’autodidacte que je suis. Enfin il est aussi devenu enseignant.

              Mais c’est avant tout sa vision du monde qui m’intéresse. Voué au noir et blanc mais d’un noir pas si noir que ça opposé à des blancs subtilement cassés, il est par nature plus porté sur le graphisme que sur le volume. Bien que, accessoirement il se soit aussi laissé attirer…Il était donc plutôt destiné à la gravure et tombé tout jeune dans la marmite il se devait de suivre son destin tel un Obélix prédestiné.

              Ce moyen d’expression intime et confidentiel s’accordait d’ailleurs très bien à sa vision du monde. A la fois introverti mais simultanément grand ouvert sur la profondeur, il découvrit que c’est au plus intime de soi-même qu’on a des chances de s’ouvrir véritablement à l’immensité du monde. En tout cas beaucoup plus qu’en se lançant frénétiquement dans des aventures qui ne nous font expérimenter que la surface des choses et peuvent nous mener au bout de nos possibilités mais pour jouir d’illusions multiples en y croyant dur comme fer. Ce qui est la caractéristique essentielle de notre monde contemporain multiforme et convulsé.

              Jean-Pierre s’est donc voué à la profondeur. D’abord en livrant ses confidences à la plaque de métal. Puis en privilégiant des sujets qui ne sont pas anodins. Par exemple une série de compositions organisées librement sur un schéma géométrique de carrés et de cercles emboîtés ressemblant fort à des mandalas. C'est-à-dire des images symboliques dont la vision, mystérieusement nous guide vers le centre de notre être. Du moins si nous avons quelque attirance pour cette région de nous-même qui peut faire peur. Et si nous ne nous accrochons pas trop au paraître. En un mot si nous n’avons pas trop besoin de l’accord intéressé de nos complices en humanité qui permet de nous prendre au sérieux.

              Certes il est bien naturel de souhaiter être reconnu et apprécié, mais il faut savoir à quel niveau. Celui du pittoresque et de l’anecdotique qui fait l’attrait de notre personnage et qui crée tout ce qui rend l’émission « Plus belle la vie » tellement captivante. Ou bien d’un autre point de vue  peut-être moins excitant mais un peu plus consistant 

              Seulement voila, Jean-Pierre est attiré par l’au-delà du par-delà. Sous les apparences il pressent la palpitation du monde. Le jeu subtil des énergies cachées, la danse des particules au cœur de la matière la plus opaque.

              Après la gravure ou en même temps, voila qu’il se met à observer le monde à travers le viseur de son appareil photo. Le numérique lui semble plein de possibilités et les nouvelles technologies ne lui paraissent pas contre nature. Après tout ce ne sont que des techniques qui nous offrent d’immenses possibilités, pour le meilleur et pour le pire comme d’habitude…Tout dépend de qui les utilise. Ainsi la photo et le cinéma après avoir été d’amusantes curiosités, puis des outils de travail efficaces sont-ils devenus des arts à part entière et mêmes des créateurs d’âme.

    

"dessin photographique" de la Géode

"dessin photographique" de la Géode

          Vivant dans le nord-est de la capitale, non loin de la Géode de la Villette, Jean-Pierre s’est laissé fasciner par cet étrange objet. Cette sphère à multiples facettes reflétant tout ce qui l’entoure et recréant le monde selon les aléas des lois de l’optique : reflets, brisures, élongations et compressions. Cet œil gigantesque qui, à l’instar de ceux de certains insectes recompose les apparences en les éclatant et les multipliant pour en faire une sorte de puzzle aléatoire.

           La chose pourrait sembler simplement amusante et certains n’y verront peut-être que des exercices de style gratuits. Il s’agit donc ici de  ce que la Géode a pu suggérer à une sensibilité curieuse de l'au-delà du convenu.Mais non content de voir des choses surprenantes notre "Graveur photographe" créateur de "dessins photographiques", passionné de pixels et affligé d'une addiction au numérique s'est permis après avoir choisi son angle de vision et appuyé sur le déclencheur de retravailler ses documents bruts. Car après tout il aurait pu, comme un touriste japonais photographier la tour Eiffel avant de retourner chez lui admirer ses souvenirs. Mais non! Avec la complicité de Photoshop il s'est donc permis de recadrer, déformer, disjoindre et recomposer, modifiant les contrastes et organisant l'aléatoire. Le résultat est un petit livre où il nous confie le meilleur de ses réalisations : "Contes de la Géodéesse". Les images sont accompagnées des textes d'Ali Lham qui est aussi chanteur. Et il y a une préface fort pertinente qui en dit un peu plus long...

            Alors, si vous voulez en voir et savoir plus cliquez sur les liens suivants. Vous verrez bien...

 

 

                                            http://www.ipernity.com/doc/63711

 

                                        http://www.ipernity.com/doc/63711/album

 

                                     http://www.ipernity.com/doc/63711/album/358695

 

 

 

                                                           Le Chesnay le 14 janvier 2014

                                                           Copyright Christian Lepère

 

 

"Laude - 7"

"Laude - 7"

La prochaine fois :

 

« Il fait encore noir »

Quand le quotidien le plus anodin passe aux aveux…

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Published by L'imaginaire
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