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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 12:58
"La guerre de l'Anneau" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1984

"La guerre de l'Anneau" - Eau-forte imprimée sur papier Arches format demi-Jésus - 1984

Apocalypse Hitler

 

            Pourtant j’étais devenu méfiant et je m’étais bien promis de ne plus m’y laisser prendre. Q u’en avais je à faire des turpitudes humaines et des imbroglios de l’histoire ? A d’autres de se laisser prendre au feuilleton débile  et de frémir aux soubresauts de l’enchaînement implacable des erreurs humaines.

            Mais ce soir là, allez donc savoir pourquoi je me suis laissé aller. On annonçait à la télé un documentaire sur la montée du nazisme, enfant chéri d’Adolf et sur le pourquoi du comment de cette invraisemblable dérive de l’âme  humaine.

            D’emblée le film m’a paru digne d’intérêt. Enfin un assemblage de documents d’époque, archives d’actualités, photos retrouvées au fond des tiroirs et témoignages pris sur le vif. Le tout soigneusement monté et commenté de façon sobre, comme il convient, par Matthieu Kassowitz. Bien sûr les images colorisées ajoutaient un parfum suranné à des images capturées dans des conditions extrêmes. Documents bruts sans complaisance.

            Ainsi l’on découvrait le jeune visage d’Adolf. Mon Dieu qu’il avait donc les yeux bleus cet enfant révolté mais parfois rêveur…Puis ce moustachu féroce haranguant les foules nazifiées du stade de Nuremberg. On comprend mieux son succès auprès des âmes sensibles des midinettes. Car, paraît-il il recevait des lettres d’amour comme n’importe quelle idole qui vous exalte l’âme et vous fait rêver…

            Mais revenons à son berceau. Né en Autriche, élevé dans la tradition et le bon air pur entre son papa autoritaire et sa maman si bonne, il allait hésiter bien longtemps entre idéal chevaleresque et révolte devant l’imperfection du monde. Pris de passion pour l’Art il allait souffrir cruellement de ses échecs pour entrer à l’Académie. Pourtant ses petites aquarelles ne manquaient pas de charme et son goût pour l’architecture, bien qu’un peu vieillot et académique faisaient preuve de connaissances et d’un véritable intérêt.

            Mais l’Allemagne vaincue en 1918 et soigneusement humiliée par les autorités françaises et alliées rongeait son frein. Ajoutez qu’à cela elle perdait une partie de son territoire, qu’elle avait des dettes énormes à éponger, qu’on lui faisait payer des dommages dont elle n’était qu’en partie responsable et que la bonne conscience méprisante des vainqueurs frôlait l’ubuesque. Ajoutez encore qu’Adolf après avoir été engagé volontaire en tant qu’estafette faisant circuler l’information entre ses malheureux camarades s’était retrouvé blessé et ensuite un  peu désoeuvré.

            On sait où peut mener l’oisiveté. Une âme noble se verra contrainte à se lancer dans des aventures délirantes. Cervantès nous a bien expliqué tout cela  avec son Don Quichotte et ses moulins à vent. Y avait-il une telle candeur chez Adolf ? Au fait, Hitler était-il juif ? La question semble oiseuse et les preuves n’abondent pas. Voulait-il prendre le pouvoir ? Sans doute mais c’est après bien des hésitations, des essais avortés, des déboires cuisants allant jusqu’à l’emprisonnement qu’il a fini par trouver sa voie enfin triomphale.

            Mais son destin l’attendait et il a bénéficié de toutes les aides indispensables pour réaliser son rêve. De grands hommes, en vérité des hommes providentiels l’y ont aidé. D’abord le maréchal Hindenburg et son casque à pointe. Héros de la guerre de 1870, puis de la Grande Guerre, apprécié de Guillaume 2 avant de devenir dictateur militaire puis Président sous la république de Weimar il finira par nommer Adolf lui-même Président lui conférant une indispensable légitimité.

            Ensuite il y eut Mussolini, le Duce montrant la voie de la détermination virile en s’emparant du pouvoir par des moyens énergiques fort efficaces. De plus n’oublions pas les S.A., les Chemises Brunes qui avaient le bon goût de mépriser les juifs, les communistes et autres bolcheviques qui auraient pu se répandre en Allemagne pour y faire des bêtises !

            A partir de ces éléments favorables quoique incertains et contradictoires la résistible ascension de Hitler a pu se déployer. N’hésitant jamais à trahir ses plus fidèles alliés, prêt à utiliser toutes les opportunités mais pour la bonne cause, il n’avait plus qu’à suivre sa pente en la montant. Arriver au pouvoir suprême, devenir le Fûhrer, le guide des Aryens grands et blonds  et surtout l’implacable justicier qui va régner en divisant et en supprimant tout ce qui gêne.

            Mais après tout n’est-il pas ainsi l’humain par excellence, c'est-à-dire pour le meilleur et pour le pire ce centre du monde qui peut et doit exiger que tout lui obéisse au doigt et à l’œil. Œil qu’il avait bleu comme il a été mentionné précédemment.

            Mais son âme était multiple et contradictoire et ça n’est pas sans une légitime émotion qu’on pouvait le voir tapoter gentiment la joue d’une petite fille blonde avec de grandes nattes et une jolie robe typique de son Tyrol natal, belle enfant lui offrant des fleurs dans son beau pays enfin pacifié et débarrassé des méchants qui nous font tant de peine.

 

                                                     Le Chesnay  le 25 novembre 2013

                                                     Copyright Christian Lepère

 

Détails de la Guerre de l'Anneau

Détails de la Guerre de l'Anneau

166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler
166 - Apocalypse Hitler

 

La prochaine fois :

Avec un peu de retard

je vous inviterai dans le

 « Wagon de Dali »

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Published by L'imaginaire
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