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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:01
"Le temps retrouvé" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2005

"Le temps retrouvé" - huile sur toile - 100 x 81 cm - 2005

 

D’avant à plus tard

 

       Sans arrêt l’avenir se tricote. Eparpillés aux quatre coins de la planète tous les ingrédients mijotent en attendant leur heure. Celle ci surviendra le moment venu, quand les conditions nécessaires seront remplies. Quand elle n’aura plus le choix.

            Alors de cette réunion problématique surgira un événement, éclosion d’une fleur de pissenlit ou chute de l’Empire Romain. Fin  du Ramadan  ou invention du tricycle à pédale. De toute façon nous serons surpris, incapables que nous sommes de connaître tous les tenants et les aboutissants qui en découlent. C’est comme pour la météo, multipliez les paramètres, les satellites géostationnaires, les sondes et les mesures hygrométriques, vous n’obtiendrez qu’une approximation douteuse qui permettra de fêter Noël au balcon et Pâques aux tisons…

            Le problème c’est que nos humeurs vont s’en ressentir. Serons nous réjouis ou accablés ? Réjouis par un Cognac vieilli en fût de chêne  ou atterrés par un brouet infâme qui ferait le délice des cancrelats blottis sous la plinthe de la salle de bain ? Serons nous contentés ou amères et déçus en voyant se faner les papillons bleus de nos rêves secrets ?

            Envisageons maintenant le passé. Là c’est plus simple. Enfin si l’on veut…Car tout est déjà dit, fixé, enregistré. Rien ne peut y être changé. Tout est dans la boîte. In the box ! Donc les archives sont complètes, celles qu’on connaît et dont on se souvient avec nostalgie ou amertume. Mais aussi toutes les autres planquées au plus profond de nos oubliettes. Celles qu’on aimerait pas trop voir surgir de leur boîte, renaître de leurs cendres et se révéler encore vivaces alors qu’elles gisaient discrètes sous la poussière des ans. Mais rien ne peut disparaître et même la momie de Toutankhamon, pour inerte et desséchée qu’elle soit, même si elle se tient peinarde, va susciter encore bien des passions et des querelles de spécialistes qui n’auront pas compté les dents selon une méthodologie stricte. Un chicot est-il encore une dent ? Et un fragment de chicot ? Et une trace de fragment ? Dormez en paix puissants de la terre, vous qui avez régné sur les terres immémoriales de la Haute Egypte.

            Hélas tout est bon pour recycler les plus improbables vestiges, les traces les plus infinitésimales des artefacts préhistoriques ou de la chlamyde qu’une discrète fibule retenait sur l’épaule gracieuse d’une péripatéticienne de Lesbos. Tout est bon et inlassablement on continuera ce petit jeu créatif, faire du neuf avec du vieux. Fût-il hors d’âge.

            C’est ainsi. Le monde est implacable. Entre le passé révolu et l’avenir qui en découle il n’y a plus que l’éternel présent. Ce moment fugace où se réalise en relief et en cinémascope tout ce qui était prévu depuis le big-bang et qui s’accomplira avant le big-crunch qui devrait tout naturellement en découler.

                                                     La Brosse Conge le 27 août 2013

                                                     Copyright Christian Lepère

 

 

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

"Petits rats de bibliothèque" - huile sur panneau - 27 x 22 cm - 2005

La prochaine fois : 

Le sujet sera digne d’intérêt au yeux de tous (ou presque)

car il parlera d’un français moyen

dans lequel chacun pourra se reconnaître au moins en partie.

Même si il est une femme.

                                                                          

 

 

 

             

 

 

 

La prochaine fois :

 

Le sujet sera digne d’intérêt au yeux de tous (ou presque)

car

il parlera d’un français moyen

dans lequel chacun pourra se reconnaître au moins en partie.

Même si il est une femme.

                                                                          

            

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Published by L'imaginaire
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