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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 08:36
"Dali et ses muses" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2007

"Dali et ses muses" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2007

QUAND L'INTROVERTI SORT DE SES GONDS

Dès l'âge le plus tendre nous sommes déterminés. D'abord par l'hérédité et son chapelet de chromosomes dont le coeur est délicatement torsadé en hélices d'a.d.n. Ensuite par l'ambiance familiale avec ses us et coutumes et enfin par ce que nous apportons de plus intime en débarquant dans ce vaste monde, mémoire stratifiée d'un lointain passé. Car même si nous sommes quelque peu amnésiques nous ne naissons pas totalement innocents.

Pour ma part l'orientation était nette et sans équivoque : j'étais introverti, porté sur la réflexion et, de plus, hanté par un besoin d'harmonie et de cohérence. Et cela, malgré tout est un peu inhabituel chez un enfant. Il y avait donc quelques problèmes avec l'environnement. Au sein de la turbulence de mes petits camarades j'étais un îlot de rêverie intériorisée. Certes les passions ne m'étaient pas étrangères mais elles se cachaient derrière une grande réserve, pour ne pas dire une timidité irrémédiable. Le couvercle était solidement posé sur la marmite et à l'intérieur, cela bouillonnait,

Pour éviter le pire une soupape de sécurité était indispensable et par chance elle existait. Une habileté précoce jointe à un infatigable besoin d'expérimenter me porta donc vers des essais variés avec toutes les techniques qui s'offraient à ma curiosité. La nature me fascinait et depuis les papillons capturés à la main jusqu'aux fossiles ramassés dans les champs bourguignons après les labours j'observai avec délice et effroi les formes naturelles. Formes qui finiraient par constituer le vocabulaire plastique que je n'ai cessé ensuite d'utiliser avec la plus grande liberté. Car nous ne sommes en rien créateurs. Notre seul talent est de pouvoir jouer avec des assemblages inattendus d'éléments préexistants. Et c'est aussi vrai pour qui prétend se livrer à la rigueur de l'abstraction car personne n'a "créé" le carré ou l'octaèdre. Pas plus que le "concept, d’ailleurs déjà parfaitement maîtrisé par le plus primitif des néanderthaliens…et tant pis pour la vaine prétention de quelques-uns de nos contemporains.

Le besoin de s'épancher confidentiellement me poussa donc à quinze ans vers la gravure et pendant au moins vingt cinq ans cela parut suffire. C'est vers la quarantaine que je commençais à éprouver d'autres besoins : I'espace, la verticalité, la couleur... Et tout naturellement je me mis à peindre.

Depuis je n'ai cessé de poursuivre l'exploration du pays magique qui me hante mais dont les ciels et les paysages ne cessent d'appartenir à notre bonne vieille planète pourtant bien malmenée en ces temps incertains. Si l'histoire de l'art au 20° siècle ressemble à mes yeux à un terrifiant naufrage, une régression puérile et arrogante, je suis malgré tout rassuré par le fait que, à l'écart des modes et des avant-gardes, des artistes authentiques ont continué à faire preuve de sincérité et de rigueur. Verlinde, Roland Cat, Halingre et tant d'autres : graveurs sculpteurs et même Inventeurs de techniques nouvelles, vidéo et images de synthèse.

Mais notre époque est prodigieuse. De l'effroyable gâchis résultant des pouvoirs inouïs donnés par le progrès technique aux enfants gâtés que nous sommes va sans doute surgir un monde transformé. Le prix à payer est exorbitant mais sans doute nécessaire pour que l'humanité devienne enfin adulte. Alors patientons...

 

 

 

 

                                                    Le Chesnay le 19 mai 2001

                                                    Copyright Christian Lepère

QUAND L'INTROVERTI SORT DE SES GONDS

Dès l'âge le plus tendre nous sommes déterminés. D'abord par l'hérédité et son chapelet de chromosomes dont le coeur est délicatement torsadé en hélices d'a.d.n. Ensuite par l'ambiance familiale avec ses us et coutumes et enfin par ce que nous apportons de plus intime en débarquant dans ce vaste monde, mémoire stratifiée d'un lointain passé. Car même si nous sommes quelque peu amnésiques nous ne naissons pas totalement innocents.

Pour ma part l'orientation était nette et sans équivoque : j'étais introverti, porté sur la réflexion et, de plus, hanté par un besoin d'harmonie et de cohérence. Et cela, malgré tout est un peu inhabituel chez un enfant. Il y avait donc quelques problèmes avec l'environnement. Au sein de la turbulence de mes petits camarades j'étais un îlot de rêverie intériorisée. Certes les passions ne m'étaient pas étrangères mais elles se cachaient derrière une grande réserve, pour ne pas dire une timidité irrémédiable. Le couvercle était solidement posé sur la marmite et à l'intérieur, cela bouillonnait,

Pour éviter le pire une soupape de sécurité était indispensable et par chance elle existait. Une habileté précoce jointe à un infatigable besoin d'expérimenter me porta donc vers des essais variés avec toutes les techniques qui s'offraient à ma curiosité. La nature me fascinait et depuis les papillons capturés à la main jusqu'aux fossiles ramassés dans les champs bourguignons après les labours j'observai avec délice et effroi les formes naturelles. Formes qui finiraient par constituer le vocabulaire plastique que je n'ai cessé ensuite d'utiliser avec la plus grande liberté. Car nous ne sommes en rien créateurs. Notre seul talent est de pouvoir jouer avec des assemblages inattendus d'éléments préexistants. Et c'est aussi vrai pour qui prétend se livrer à la rigueur de l'abstraction car personne n'a "créé" le carré ou l'octaèdre. Pas plus que le "concept, d’ailleurs déjà parfaitement maîtrisé par le plus primitif des néanderthaliens…et tant pis pour la vaine prétention de quelques-uns de nos contemporains.

Le besoin de s'épancher confidentiellement me poussa donc à quinze ans vers la gravure et pendant au moins vingt cinq ans cela parut suffire. C'est vers la quarantaine que je commençais à éprouver d'autres besoins : I'espace, la verticalité, la couleur... Et tout naturellement je me mis à peindre.

Depuis je n'ai cessé de poursuivre l'exploration du pays magique qui me hante mais dont les ciels et les paysages ne cessent d'appartenir à notre bonne vieille planète pourtant bien malmenée en ces temps incertains. Si l'histoire de l'art au 20° siècle ressemble à mes yeux à un terrifiant naufrage, une régression puérile et arrogante, je suis malgré tout rassuré par le fait que, à l'écart des modes et des avant-gardes, des artistes authentiques ont continué à faire preuve de sincérité et de rigueur. Verlinde, Roland Cat, Halingre et tant d'autres : graveurs sculpteurs et même Inventeurs de techniques nouvelles, vidéo et images de synthèse.

Mais notre époque est prodigieuse. De l'effroyable gâchis résultant des pouvoirs inouïs donnés par le progrès technique aux enfants gâtés que nous sommes va sans doute surgir un monde transformé. Le prix à payer est exorbitant mais sans doute nécessaire pour que l'humanité devienne enfin adulte. Alors patientons...

 

                                                    Le Chesnay le 19 mai 2001

                                                    Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

La prochaine fois…

Ce sera

Le numéro 150 de ce blog

Avec : « Le temps ne fait rien à l’affaire »

 

 

 

 

"Dali et ses muses" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2007

"Dali et ses muses" - huile sur toile - 130 x 97 cm - 2007

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Published by L'imaginaire
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