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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 09:38
"Baigneurs épanouis" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2006

"Baigneurs épanouis" - huile sur toile - 73 x 60 cm - 2006

Autour de la piscine

 

              Au centre il y a la piscine, bleue comme il se doit. Autour s’étend un tapis d’herbe et la nature verdoyante. Au loin enfin, resplendissant sous le soleil les monts d’Ardèche se perdent dans la brume de chaleur.

              Tout est paisible et accueillant. Dans ce cadre estival chacun peut vaquer à sa guise et ne s’en prive pas. Depuis celui qui lézarde en se faisant rôtir, jusqu’à ceux qui batifolent sans souci de tout éclabousser. Des messieurs et des dames, certains jeunes, d’autres moins. Et tout ce petit monde s’épanouit au soleil. Pour le physique il y a de tout, comme sur n’importe quelle plage. Des gros, des bien plantés, des allégés, des qui font attention à leur taux de cholestérol et à leur ligne surtout si elle est féminine et d’autres qui se laissent vivre sans inquiétude, assumant leur physique tel quel, brut de coffrage

              Dans de telles conditions on peut laisser la nature s’épanouir à l’aise en oubliant quelques conventions. Alors on saute dans l’eau, on plonge, on éclabousse. Ca va du saut pelotonné, style « pavé dans la mare » à la gracieuse arabesque, de la chute presque libre à la trajectoire maîtrisée, du n’importe quoi brouillon et bon enfant à la rigueur zen. Puis on commence à chahuter et à améliorer les performances dans la joie et la bonne humeur. Des sauts, des cabrioles, des faux plats et des vrais accompagnés de glous glous et de borborygmes.

              Et à l’intérieur des crânes ? Parce qu’enfin, même si on régresse joyeusement dans les comportements enfantins, on n’en reste pas moins une créature pourvue d’une tête pensante. On a beau dire et faire, on n’est pas un jeune poulain qui s’ébat dans la prairie ou un chat qui bondit guidé par son seul instinct et ses réflexes félins. On a une colonne vertébrale, axe et support d’une structure osseuse qui ne fait pas de nous des dauphins. Et la souplesse articulaire a des limites que ne connaissent pas les boas constrictors ou les couleuvres familières.

              Alors on fait avec. On laisse le corps retrouver une candeur enfantine, on se permet l’improvisation mais il suffit d’observer les enfants avec bienveillance pour constater que leur liberté reste sous contrôle. Car il faut bien tenir compte de l’autre et de ses réactions familières et prévisibles. Et puis, quoiqu’ on dise on reste quand même poli et bien élevé, même si on se permet ce qu’on n’oserait jamais faire ailleurs, en ville ou dans le métro. On reste, Dieu merci, des gens bien.

              Et puis l’on pense, on cogite, on projette, on anticipe. Peut-être par moment y a-t-il un réel lâcher prise ? Il ne saurait durer…Et quand on voit comment les techniques d’abandon radical à l’instinct ont été récupérées pour les besoins de la compétition. On mesure à quel point l’ego de base fait feu de tout bois. Le champion du monde de judo est justement champion parce qu’il veut s’imposer à tout prix. Cela va loin. D’ailleurs pour les champions cyclistes qui sont souvent prêts à risquer leur santé et leur vie pour gagner l’étape, franchir le col en tête et régner sur le Tour de France sept fois de suite. Mais c’est de bonne guerre. Les autres le font bien…Et puis on invente sans cesse de nouveaux moyens, de nouveaux produits qui ne sont pas encore interdits et qu’on n’est pas encore capables de déceler.

              C’est le petit jeu du chat et de la souris. Celui dans lequel tout le monde excelle sans même s’en apercevoir. Sans doute l’avez-vous remarqué, mais les radars le long des routes sont en train de modifier nos comportements de façon assez efficace. Ca en devient une sorte de défi. Comment prévoir et ne pas se laisser surprendre ? En étant vigilant bien sûr !

              Mais c’est l’été et les vacances pour beaucoup. Alors tant pis si il y a quelques bavures. Il sera temps de reprendre pied à la rentrée. Pour le moment rejoignons le bord de la piscine avant de fouler à nouveau l’herbe verte et de nous mêler à nos semblables joyeux et bronzés !

 

 

                                                            La Brosse Conge le 24 juillet 2013

                                                            Copyright Christian Lepère 

 

 

 

Autour de la piscine

 

              Au centre il y a la piscine, bleue comme il se doit. Autour s’étend un tapis d’herbe et la nature verdoyante. Au loin enfin, resplendissant sous le soleil les monts d’Ardèche se perdent dans la brume de chaleur.

              Tout est paisible et accueillant. Dans ce cadre estival chacun peut vaquer à sa guise et ne s’en prive pas. Depuis celui qui lézarde en se faisant rôtir, jusqu’à ceux qui batifolent sans souci de tout éclabousser. Des messieurs et des dames, certains jeunes, d’autres moins. Et tout ce petit monde s’épanouit au soleil. Pour le physique il y a de tout, comme sur n’importe quelle plage. Des gros, des bien plantés, des allégés, des qui font attention à leur taux de cholestérol et à leur ligne surtout si elle est féminine et d’autres qui se laissent vivre sans inquiétude, assumant leur physique tel quel, brut de coffrage

              Dans de telles conditions on peut laisser la nature s’épanouir à l’aise en oubliant quelques conventions. Alors on saute dans l’eau, on plonge, on éclabousse. Ca va du saut pelotonné, style « pavé dans la mare » à la gracieuse arabesque, de la chute presque libre à la trajectoire maîtrisée, du n’importe quoi brouillon et bon enfant à la rigueur zen. Puis on commence à chahuter et à améliorer les performances dans la joie et la bonne humeur. Des sauts, des cabrioles, des faux plats et des vrais accompagnés de glous glous et de borborygmes.

              Et à l’intérieur des crânes ? Parce qu’enfin, même si on régresse joyeusement dans les comportements enfantins, on n’en reste pas moins une créature pourvue d’une tête pensante. On a beau dire et faire, on n’est pas un jeune poulain qui s’ébat dans la prairie ou un chat qui bondit guidé par son seul instinct et ses réflexes félins. On a une colonne vertébrale, axe et support d’une structure osseuse qui ne fait pas de nous des dauphins. Et la souplesse articulaire a des limites que ne connaissent pas les boas constrictors ou les couleuvres familières.

              Alors on fait avec. On laisse le corps retrouver une candeur enfantine, on se permet l’improvisation mais il suffit d’observer les enfants avec bienveillance pour constater que leur liberté reste sous contrôle. Car il faut bien tenir compte de l’autre et de ses réactions familières et prévisibles. Et puis, quoiqu’ on dise on reste quand même poli et bien élevé, même si on se permet ce qu’on n’oserait jamais faire ailleurs, en ville ou dans le métro. On reste, Dieu merci, des gens bien.

              Et puis l’on pense, on cogite, on projette, on anticipe. Peut-être par moment y a-t-il un réel lâcher prise ? Il ne saurait durer…Et quand on voit comment les techniques d’abandon radical à l’instinct ont été récupérées pour les besoins de la compétition. On mesure à quel point l’ego de base fait feu de tout bois. Le champion du monde de judo est justement champion parce qu’il veut s’imposer à tout prix. Cela va loin. D’ailleurs pour les champions cyclistes qui sont souvent prêts à risquer leur santé et leur vie pour gagner l’étape, franchir le col en tête et régner sur le Tour de France sept fois de suite. Mais c’est de bonne guerre. Les autres le font bien…Et puis on invente sans cesse de nouveaux moyens, de nouveaux produits qui ne sont pas encore interdits et qu’on n’est pas encore capables de déceler.

              C’est le petit jeu du chat et de la souris. Celui dans lequel tout le monde excelle sans même s’en apercevoir. Sans doute l’avez-vous remarqué, mais les radars le long des routes sont en train de modifier nos comportements de façon assez efficace. Ca en devient une sorte de défi. Comment prévoir et ne pas se laisser surprendre ? En étant vigilant bien sûr !

              Mais c’est l’été et les vacances pour beaucoup. Alors tant pis si il y a quelques bavures. Il sera temps de reprendre pied à la rentrée. Pour le moment rejoignons le bord de la piscine avant de fouler à nouveau l’herbe verte et de nous mêler à nos semblables joyeux et bronzés !

 

                                                            La Brosse Conge le 24 juillet 2013

                                                            Copyright Christian Lepère 



La suite sera plus polémique

Avec un petit texte ancien :

« Quand l’introverti sort de ses gonds »

 

 

 

 

 

"Plongeoir" - huile sur panneau - 46 x 38 cm - 2001

"Plongeoir" - huile sur panneau - 46 x 38 cm - 2001

La suite sera plus polémique

Avec un petit texte ancien :

« Quand l’introverti sort de ses gonds »

 

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Published by L'imaginaire
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