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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 06:50
"Etape de montagne" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2008 - première ébauche

"Etape de montagne" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2008 - première ébauche

suite

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147 - Mais où vont-ils chercher tout ça?
147 - Mais où vont-ils chercher tout ça?

MAIS OU VONT-ILS CHERCHER TOUT ÇA?

Me voici devant une toile blanche avec un vague projet en tête. Je m'installe et je fais le tri dans mes désirs. Si j'attaque ce sujet, adieu à tel autre. Si j'aborde un thème aérien les fonds sous marins m'échappent.

Enfin le pinceau glisse sur la toile, ébauchant à la hâte un personnage, puis un autre puis le fauteuil qui l'accueille puis le chien à ses pieds et la procession qui se rapproche en brandissant des bannières...

Maintenant les idées s'organisent, se précisent puis se ramifient en s'engendrant réciproquement. Le dessin s'affine petit à petit. Il gagne en précision et s'intègre en ébauche cohérente. Le temps passe et maintenant la surface semble structurée. Il n'y a plus qu'à la laisser reposer.

Le lendemain, l'esprit dispos, je peux commencer à ébaucher une ambiance colorée, en peignant des fonds. D'abord de façon plus que sommaire, puis en modifiant par endroit les nuances et qu'importé si un personnage est verdâtre parce qu'il est sur un fond de forêt. Les superpositions viendront facilement à bout de ce qui pourrait le chagriner. Le corps de la nymphe sera, en fin de compte, de couleur chair comme il se doit.

Une nuit passe et la peinture sèche. Je peux maintenant continuer à préciser les couleurs et penser à l'éclairage qui va les nuancer. Encore une nuit ou deux et voici que je plonge dans les détails. A ce stade il s'agit d'enrichir et de travailler un morceau particulier, puis un autre, puis un autre jusqu'à satiété.

Enfin vient le moment où des glacis et des restructurations de lignes permettront de réintégrer cet élément dans l'ensemble de la composition. Car nous voici maintenant au cœur du sujet : un tableau n'est pas qu'une image ou un sujet, ni un simple assemblage de parties, aussi intéressantes et réussies soient-elles. Il est avant tout un ensemble organique, cohérent et naturel, comme un animal ou un corps humain. Aussi la richesse de la diversité ne doit jamais faire oublier l'unité de l'ensemble. Un détail très réussi par lui-même doit souvent être sacrifié au bénéfice du tout. Et cela nous amènerait directement à la métaphysique si je ne craignais de vous importuner...

Se pose maintenant la question de l'auteur : qui crée et comment? J'ai bien peur que toutes les idées romantiques cultivées à l'égard des génies autoproclamés de l'art moderne ne soient que fabulations pour amuser un vain peuple. En réalité nous ne sommes que des médiums et tout se passe comme si la présence de l'artiste, certes indispensable, était comparable à celle du poste de télévision qui ne fait que rendre manifeste ce qui l'informe de façon subtile. Bien sûr l'artiste est conscient et il vibre, il éprouve des émotions, il est animé par des désirs et est contraint par des peurs. En un mot il incarne la nature humaine comme vous et moi. Mais l'essentiel ne vient-il pas de plus loin, d'un fond plus vaste et plus universel? C'est en surface que nous nous imaginons être des entités autonomes et indépendantes. Au niveau des racines c'est une autre histoire. Or le rôle de l'artiste est justement de faire émerger ce fond commun à toute humanité qui fait que rien de ce qui concerne l'autre ne nous est totalement étranger.

 

                                        Le Chesnay le 29 septembre 2006

                                                  Copyright Christian Lepère            

 

MAIS OU VONT-ILS CHERCHER TOUT ÇA?

Me voici devant une toile blanche avec un vague projet en tête. Je m'installe et je fais le tri dans mes désirs. Si j'attaque ce sujet, adieu à tel autre. Si j'aborde un thème aérien les fonds sous marins m'échappent.

Enfin le pinceau glisse sur la toile, ébauchant à la hâte un personnage, puis un autre puis le fauteuil qui l'accueille puis le chien à ses pieds et la procession qui se rapproche en brandissant des bannières...

Maintenant les idées s'organisent, se précisent puis se ramifient en s'engendrant réciproquement. Le dessin s'affine petit à petit. Il gagne en précision et s'intègre en ébauche cohérente. Le temps passe et maintenant la surface semble structurée. Il n'y a plus qu'à la laisser reposer.

Le lendemain, l'esprit dispos, je peux commencer à ébaucher une ambiance colorée, en peignant des fonds. D'abord de façon plus que sommaire, puis en modifiant par endroit les nuances et qu'importé si un personnage est verdâtre parce qu'il est sur un fond de forêt. Les superpositions viendront facilement à bout de ce qui pourrait le chagriner. Le corps de la nymphe sera, en fin de compte, de couleur chair comme il se doit.

Une nuit passe et la peinture sèche. Je peux maintenant continuer à préciser les couleurs et penser à l'éclairage qui va les nuancer. Encore une nuit ou deux et voici que je plonge dans les détails. A ce stade il s'agit d'enrichir et de travailler un morceau particulier, puis un autre, puis un autre jusqu'à satiété.

Enfin vient le moment où des glacis et des restructurations de lignes permettront de réintégrer cet élément dans l'ensemble de la composition. Car nous voici maintenant au cœur du sujet : un tableau n'est pas qu'une image ou un sujet, ni un simple assemblage de parties, aussi intéressantes et réussies soient-elles. Il est avant tout un ensemble organique, cohérent et naturel, comme un animal ou un corps humain. Aussi la richesse de la diversité ne doit jamais faire oublier l'unité de l'ensemble. Un détail très réussi par lui-même doit souvent être sacrifié au bénéfice du tout. Et cela nous amènerait directement à la métaphysique si je ne craignais de vous importuner...

Se pose maintenant la question de l'auteur : qui crée et comment? J'ai bien peur que toutes les idées romantiques cultivées à l'égard des génies autoproclamés de l'art moderne ne soient que fabulations pour amuser un vain peuple. En réalité nous ne sommes que des médiums et tout se passe comme si la présence de l'artiste, certes indispensable, était comparable à celle du poste de télévision qui ne fait que rendre manifeste ce qui l'informe de façon subtile. Bien sûr l'artiste est conscient et il vibre, il éprouve des émotions, il est animé par des désirs et est contraint par des peurs. En un mot il incarne la nature humaine comme vous et moi. Mais l'essentiel ne vient-il pas de plus loin, d'un fond plus vaste et plus universel? C'est en surface que nous nous imaginons être des entités autonomes et indépendantes. Au niveau des racines c'est une autre histoire. Or le rôle de l'artiste est justement de faire émerger ce fond commun à toute humanité qui fait que rien de ce qui concerne l'autre ne nous est totalement étranger.

 

                                                              Le Chesnay le 29 septembre 2006

                                                                  Copyright Christian Lepére

 

 

La prochaine fois…

… nous nous réunirons autour de la piscine !

A moins qu’une actualité aussi brûlante qu’inattendue

Ne détourne notre attention.

 

 

 

 

 

 

"Etape de montagne" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2008

"Etape de montagne" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2008

La prochaine fois…

… nous nous réunirons autour de la piscine !

A moins qu’une actualité aussi brûlante qu’inattendue

Ne détourne notre attention.

 

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Published by L'imaginaire
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