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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 08:03
"Bêtes de compagnie" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1998

"Bêtes de compagnie" - huile sur toile - 61 x 50 cm - 1998

A.D.N. canin

 

              Enfin justice sera faite ! Depuis des temps immémoriaux le crime et la licence sévissent sur cette planète et inlassablement notre inextinguible besoin d’ordre et de justice nous a poussé à éradiquer le mal à la base. D’abord par des moyens artisanaux : prenant le coupable sur le fait on s’empressait de le châtier en mettant fin à ses jours (Ainsi il ne recommencerait plus…), ou tout au moins en le rendant inapte. Coupez la main du voleur, privez le violeur de ses attributs et vous aurez la paix, tout au moins momentanément, avant que d’autres n’interviennent.

              Mais c’était un peu court et bien souvent le coupable agissait avec prudence. Il se cachait, il préparait son coup dans la pénombre, il faisait preuve de ruse et de dissimulation. Parfois même il s’arrangeait pour attirer les soupçons sur un malheureux innocent qu’il désignait à la vindicte populaire. Fausses preuves, faux témoignages, manœuvres tortueuses pour tromper les autorités.

              Alors on a inventé la justice. Sereine et implacable, prenant son temps et accumulant les preuves irréfutables. Elle avait belle allure avec sa balance et son objectivité sereine, mais là encore on a vite constaté que le problème était infiniment vaste et subtil et enchevêtré. D’abord tout reposait sur des preuves, matérielles et irréfutables. Mais on pouvait en fabriquer de fausses. Ensuite sur des témoignages humains. Hélas ! La nature humaine est faillible, la mémoire aléatoire et les affirmations, fussent-elles les plus sincères, entachées de flou et d’inexactitudes. Et puis souvent le temps est passé, brouillant les pistes, faisant disparaître les traces et créant de faux souvenirs dans les têtes les mieux faites et les plus attentives. L’homme est faillible, la femme aussi, quand à l’enfant, si il dit la vérité, c’est hélas celle qui est apparue à son esprit immature.

              Dieu merci la science veillait. Assoiffée de vérité, cherchant à comprendre le pourquoi du comment, inlassablement elle inventait de nouvelles voies pour investiguer. De nouvelles approches d’observation et d’analyse, de nouvelles façons de prélever et d’analyser.

              Depuis la recherche d’empreintes digitales jusqu’à la dissection des restes humains, sans cesse elle a traqué la trace de coups, le traumatisme interne et les aberrations glandulaires avérant la présence de substances illicites. De l’eau dans les poumons ? De l’arsenic dans les viscères ? Un boulon de quinze dans les replis de l’intestin grêle ? Des cheveux autour de la glotte ? Puis on en est arrivé à des analyses plus fines, des investigations plus poussées. Scanner, échographie, résonance magnétique nucléaire, découpage de la matière cérébrale en tranches fines. Enfin la psychiatrie a permis d’aborder les domaines plus intimes de l’esprit et a pu traquer la véracité des dires.

              Mais voici qu’en ce beau mois de juin 2013 une formidable nouvelle est arrivée. Certes l’a.d.n. est connu depuis belle lurette. Et déjà on lui a trouvé de multiples applications. Le fait que chacune de nos cellules contiennent la totalité du code génétique et que celui-ci permette de reconstituer l’organisme complet est déjà fabuleux, mais qu’il permette d’identifier a coup sûr l’identité de la personne est carrément inespéré tout au moins pour la justice, parce que du point de vue du délinquant c’est plus ennuyeux.

              Par exemple pour un paisible retraité, tout blanchi par les ans, et qui se voit soudain rattrapé par son passé. Pourtant tout s’était bien passé. Un jour, cédant à une pulsion aussi brutale qu’inattendue, il avait assassiné son voisin. Et pourtant ce n’était pas dans ses habitudes…Mais justement, sans préméditation, sans arme du crime, sans motivation logique l’enquête avait abouti à un non-lieu. Elle s’était enlisée dans les témoignages contradictoires, les expertises, contre expertises, avis d’experts et le présupposé innocent n’avait plus été inquiété. Sa vie avait repris son cours paisible et le temps s’était écoulé comme à son habitude. Et voilà que tout à coup l’enquête peut reprendre. De nouveaux indices deviennent utilisables et peuvent même devenir accablants.

              Il s’était cru tiré d’affaire, « peinard à perpète… » et voici que des maniaques, des empêcheurs de reposer en paix arrivent avec leur loupe, leurs prélèvements desséchés dans des fioles mises sous scellés. Et voici qu’ils prétendent faire parler les restes. Oui, cette rognure d’ongle, cette trace de salive sur un mouchoir appartiennent bien au présumé innocent. C’est bien lui qui a éternué dans ce sous-vêtement lacéré par un matin pluvieux de décembre sur les bords du canal de l’Ourcq. Là ou on a retrouvé le corps flottant sans vie et d’ailleurs non identifiable…

              Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Les animaux aussi ont leur a.d.n. Et voici que l’on  peut identifier tout être vivant, toute manifestation biologique par ces moyens sophistiqués.

              J’en arrive donc au fait : Capri, merveilleuse petite île sur la côte italienne  est un paradis pour touristes. Tout n’y est que calme, luxe et volupté. Et pour ceux qui en ont les moyens c’est une merveille.  Mais comme partout l’homme ne peut y vivre seul. Il lui faut des animaux de compagnie et la gent canine y est bien présente. Comme chacun sait, nul n’est parfait et si le pipi de chat offusque nos narines, les crottes de chien souillent nos trottoirs  et peuvent provoquer de fâcheux accidents. Depuis les vieilles dames qui se brisent le col du fémur jusqu’au facteur qui dérape avec son vélo. En passant par tout ceux qui risquent une entorse alors qu’ils sont en villégiature.

              Les autorités se sont donc penchées sur le problème et la solution est apparue. Il suffisait d’y penser. Si tous les chiens de l’île, dûment répertoriés et gentiment conviés à se soumettre à une prise de sang, après analyse leur code génétique sera connu. On aura de chaque animal une fiche signalétique indiscutable. Il suffira ensuite, face à n’importe quelle déjection canine, fût-elle sèche ou ancienne, de procéder à une récolte et une analyse déterminant l’identité biologique précise et irréfutable de son auteur. Bien entendu ce sera ensuite à la justice de faire son travail et aux autorités compétentes de donner suite pour exiger réparation financière du maître de l’animal.

              Tout cela est un peu terre à terre  mais que ne ferait-on pas pour préserver un petit paradis sur cette planète qui en comporte si peu ?

              Allons, la télé est quand même bien utile. Car sans elle mon attention n’aurait jamais été informée de ce fait de société qui, bien que d’importance relative, risquerait quand même de gâcher les vacances de bien de nos contemporains. Mais la science veille. Faisons lui confiance

 

                                                           La Brosse Conge le 3 juillet 2013

                                                           Copyright Christian Lepère.

 

 

"Les chiens aboient..." - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2006

"Les chiens aboient..." - huile sur toile - 61 x 50 cm - 2006

 

Et après ?

Après ces préoccupations un peu anecdotiques,

il serait temps

d’en revenir à l’essentiel,

c'est-à-dire les apparences.

« Mais où vont-ils chercher tout ça ? »

traitera le problème de la créativité…

 

 

                

 

 

Et après ?

 

Après ces préoccupations un peu anecdotiques,

il serait temps

d’en revenir à l’essentiel,

c'est-à-dire les apparences.

« Mais où vont-ils chercher tout ça ? »

traitera le problème de la créativité…

 

               

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Published by L'imaginaire
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