Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 12:26
                           "Scènes familiales" - Gravure à l'eau-forte - imprimée sur Arches 38 x 57 cm - 1980

"Scènes familiales" - Gravure à l'eau-forte - imprimée sur Arches 38 x 57 cm - 1980

Espaces clos

et claustrophobie

 

              Oui, je sais, je me répète mais la formule est toujours d’actualité : « C’était jadis, au bon vieux temps ».  Quand la terre était plate. Avec des creux et des bosses, évidemment, puisque rien n’est parfait. Mais en gros c’était                                                 
rassurant tant la terre était vaste et l’espace disponible.

              Plus tard, comme prévu l’humanité s’est développée. Assoiffée de découvertes elle est partie à l’assaut du vaste monde pour se l’approprier. Et dès lors la technique a toujours été la même. Si l’animal se contentait de s’attribuer un territoire pour pouvoir assurer sa subsistance et la continuité de l’espèce, très vite le bipède vertical a eu d’autres ambitions. Non content d’uriner pour marquer les limites, puis de cerner une aire méthodiquement définie à l’aide d’obstacles physiques, il n’a eu de cesse de faire respecter ses décisions qu’il imposait de la façon la plus arbitraire. En gros il a inventé les frontières, d’abord matérialisées par des piquets, ensuite ornées de barbelés parce que c’est plus convaincant, avant d’en arriver à des solutions plus sophistiquées.

              Après avoir creusé des tranchées, construit des lignes Maginot, élevé des barricades et parsemé les alentours de pièges, il a pensé, raisonnablement, qu’il fallait envisager les choses de façon plus sérieuse en étudiant le problème avec rigueur. Alors il a installé des champs de mine et truffé le terrain de surprises diverses. Le napalm était aussi une assez bonne solution. Quand le terrain est bien nettoyé on ne s’y aventure plus guère.

              Mais l’espèce humaine est animée d’une idée fixe : se répandre. Semblable à tout ce qui existe et croît sous le soleil du Bon Dieu elle n’a de cesse qu’elle n’ait réussi à s’approprier tout ce qui émerge au dessus des océans.  Océans qu’elle a également divisés en zones maritimes ou tout lui appartient depuis la surface jusqu’aux ultimes profondeurs et au-delà puisque de prodigieuses richesses minières s’y cachent. N’oublions pas tout ce qui nage et rampe et dérive au fil des courants, du plancton aux calmars géants.

              Ainsi donc l’humain veut tout s’approprier et c’est le drapeau américain que les premiers cosmonautes ont planté sur la lune, pendant que leurs collègues russes en faisaient le tour en s’emparant symboliquement de la face cachée au moyen de photos et d’enregistrements divers. On peut considérer cela comme une heureuse coopération, chacun jouant son rôle limité et complémentaire mais il se pourrait aussi qu’au fond chacun aurait bien aimé jouer en plus le rôle de l’autre prédateur.

              Croître et se développer est certainement très légitime. C’est en tout cas l’idée fixe que la vie biologique n’a cessé d’affirmer depuis ses premiers balbutiements au bon vieux temps de la soupe primordiale. Dès cette époque, toute cellule bien née n’a jamais eu qu’une obsession : se diviser en deux, en

quatre, en huit…inlassablement. La sophistication des moyens n’a fait ensuite que compliquer ce petit jeu à l’infini. L’unique problème est que tout ce qui vit a cette ambition et que très vite une forme particulière rencontre d’autres formes dont l’idée est la même et l’ambition équivalente. Or l’espace est fini et la terre est ronde. A tel point qu’une espèce proliférante finirait par se retrouver face à elle-même, devenant ainsi sa pire concurrente, en admettant que d’autres ne se soient pas chargées de s’opposer à cette marche triomphale.

              Depuis quelque temps la terre est entrée en effervescence. Progrès technique, mondialisation et conquête de tout ce qui se présente. A force de s’approprier des terres et des eaux inconnues l’humanité a presque fait le tour du problème. Certes il reste des contrées inconnues, sous la surface des eaux et au plus profond des abysses marins. L’exploration n’est pas terminée. Mais l’inconnu se rétrécit comme peau de chagrin. Il reste l’espace infini me direz-vous. Et il est vrai que c’est plus vaste et que à cette échelle les lois de la physique classique révèlent leurs lacunes. Alors on découvre la physique quantique, les espaces non-euclidiens et leurs joyeux paradoxes…De ce côté-là il y a de l’espoir et si l’histoire humaine est une histoire de fous, pleine de bruit et de fureur il se peut que cela débouche sur des épisodes assez délirants. Mais sans doute ne serons nous plus là pour y assister. C’est probable. Souhaitons donc bonne chance à nos descendants. Tant qu’il y a de la vie… il y a de l’expansion.

 

 

                                                                  La Brosse Conge le 7 juin 2013

                                                                  Copyright Christian Lepère

 

 

 

 

 

 

Espaces clos

et claustrophobie

 

              Oui, je sais, je me répète mais la formule est toujours d’actualité : « C’était jadis, au bon vieux temps ».  Quand la terre était plate. Avec des creux et des bosses, évidemment, puisque rien n’est parfait. Mais en gros c’était                                                 
rassurant tant la terre était vaste et l’espace disponible.

              Plus tard, comme prévu l’humanité s’est développée. Assoiffée de découvertes elle est partie à l’assaut du vaste monde pour se l’approprier. Et dès lors la technique a toujours été la même. Si l’animal se contentait de s’attribuer un territoire pour pouvoir assurer sa subsistance et la continuité de l’espèce, très vite le bipède vertical a eu d’autres ambitions. Non content d’uriner pour marquer les limites, puis de cerner une aire méthodiquement définie à l’aide d’obstacles physiques, il n’a eu de cesse de faire respecter ses décisions qu’il imposait de la façon la plus arbitraire. En gros il a inventé les frontières, d’abord matérialisées par des piquets, ensuite ornées de barbelés parce que c’est plus convaincant, avant d’en arriver à des solutions plus sophistiquées.

              Après avoir creusé des tranchées, construit des lignes Maginot, élevé des barricades et parsemé les alentours de pièges, il a pensé, raisonnablement, qu’il fallait envisager les choses de façon plus sérieuse en étudiant le problème avec rigueur. Alors il a installé des champs de mine et truffé le terrain de surprises diverses. Le napalm était aussi une assez bonne solution. Quand le terrain est bien nettoyé on ne s’y aventure plus guère.

              Mais l’espèce humaine est animée d’une idée fixe : se répandre. Semblable à tout ce qui existe et croît sous le soleil du Bon Dieu elle n’a de cesse qu’elle n’ait réussi à s’approprier tout ce qui émerge au dessus des océans.  Océans qu’elle a également divisés en zones maritimes ou tout lui appartient depuis la surface jusqu’aux ultimes profondeurs et au-delà puisque de prodigieuses richesses minières s’y cachent. N’oublions pas tout ce qui nage et rampe et dérive au fil des courants, du plancton aux calmars géants.

              Ainsi donc l’humain veut tout s’approprier et c’est le drapeau américain que les premiers cosmonautes ont planté sur la lune, pendant que leurs collègues russes en faisaient le tour en s’emparant symboliquement de la face cachée au moyen de photos et d’enregistrements divers. On peut considérer cela comme une heureuse coopération, chacun jouant son rôle limité et complémentaire mais il se pourrait aussi qu’au fond chacun aurait bien aimé jouer en plus le rôle de l’autre prédateur.

              Croître et se développer est certainement très légitime. C’est en tout cas l’idée fixe que la vie biologique n’a cessé d’affirmer depuis ses premiers balbutiements au bon vieux temps de la soupe primordiale. Dès cette époque, toute cellule bien née n’a jamais eu qu’une obsession : se diviser en deux, en

quatre, en huit…inlassablement. La sophistication des moyens n’a fait ensuite que compliquer ce petit jeu à l’infini. L’unique problème est que tout ce qui vit a cette ambition et que très vite une forme particulière rencontre d’autres formes dont l’idée est la même et l’ambition équivalente. Or l’espace est fini et la terre est ronde. A tel point qu’une espèce proliférante finirait par se retrouver face à elle-même, devenant ainsi sa pire concurrente, en admettant que d’autres ne se soient pas chargées de s’opposer à cette marche triomphale.

              Depuis quelque temps la terre est entrée en effervescence. Progrès technique, mondialisation et conquête de tout ce qui se présente. A force de s’approprier des terres et des eaux inconnues l’humanité a presque fait le tour du problème. Certes il reste des contrées inconnues, sous la surface des eaux et au plus profond des abysses marins. L’exploration n’est pas terminée. Mais l’inconnu se rétrécit comme peau de chagrin. Il reste l’espace infini me direz-vous. Et il est vrai que c’est plus vaste et que à cette échelle les lois de la physique classique révèlent leurs lacunes. Alors on découvre la physique quantique, les espaces non-euclidiens et leurs joyeux paradoxes…De ce côté-là il y a de l’espoir et si l’histoire humaine est une histoire de fous, pleine de bruit et de fureur il se peut que cela débouche sur des épisodes assez délirants. Mais sans doute ne serons nous plus là pour y assister. C’est probable. Souhaitons donc bonne chance à nos descendants. Tant qu’il y a de la vie… il y a de l’expansion.

 

                                                                  La Brosse Conge le 7 juin 2013

                                                                  Copyright Christian Lepère

 

 

 

La prochaine fois…

j’aborderai un sujet préoccupant

en cette saison estivale

peut-on déambuler au soleil, les mains dans les poches

sans risquer l’accident stupide ?

OUI !

Grâce à la science et à ses avancées 

Dans « A.D.N. canin »

 

 

 

 

 

"Tendres assauts héliportés" - gravure à l'eau-forte - imprimée sur Arches 38 x 57 cm - 1990

"Tendres assauts héliportés" - gravure à l'eau-forte - imprimée sur Arches 38 x 57 cm - 1990

La prochaine fois…

j’aborderai un sujet préoccupant

en cette saison estivale

peut-on déambuler au soleil, les mains dans les poches

sans risquer l’accident stupide ?

OUI !

Grâce à la science et à ses avancées 

Dans « A.D.N. canin »

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by L'imaginaire
commenter cet article

commentaires